Colloque national sur les violences faites aux enfants








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Colloque national sur les violences faites aux enfants

Sénat, Paris, 14 juin 2013

Premiers résultats de l’Enquête « Saint-Ex » (Etude longitudinale menée à la Pouponnière Saint-Exupéry d’Angers)
Daniel Rousseau

Pédopsychiatre

Après deux études transversales (2006, 2009) décrivant l’état sanitaire des enfants de l’ASE 49, notre équipe s’est attaqué à une étude longitudinale, portant sur la reconstitution de la biographie sociale complète de 150 enfants admis en pouponnière avant l’âge de quatre ans entre 1994 et 2000 (causes du placement, santé, parcours, scolarité, évolution) et l’analyse de leur devenir jusqu’à aujourd’hui.
L’étude préalable de faisabilité - combien d’enfants de la cohorte seraient encore placés en fin d’adolescence ? - a permis par extrapolation de conclure qu’au plan national, dans la tranche des moins de 18 ans, plus d’un million d’enfants de chaque génération auraient été suivis par l’ASE dont plus de 500 000 placés à un moment ou l’autre de leur enfance. Environ 5 000 enfants de moins de quatre ans sont ainsi placés chaque année.
Fin avril 2013, il y avait 146 dossiers ouverts dont 26 ont été exclus (adoptés, placements très courts), 120 ont été étudiés (dont 110 étaient complets). Sur l’ensemble des cas analysés 70 enfants ont dépassé 17 ans.

A l’admission.
L’âge moyen à l'admission était de 22 mois mais il s’était écoulé en moyenne un an entre la première alerte et le placement. Si 80% d’entre eux avaient bénéficié d’un suivi à domicile par des intervenants sociaux depuis leur naissance, leur état sanitaire à l’admission était pourtant très alarmant. Une maltraitance était présente dans 2/3 des cas : violences psychologiques (62 cas de violences conjugales graves), violences physiques envers l’enfant (31 cas) et des négligences lourdes (14 cas). Des fractures osseuses ou des lésions cérébrales ont été retrouvées chez 7 enfants (6,5% des cas). La moitié des enfants témoins de violences conjugales ont aussi été eux-mêmes maltraités. La morbidité somatique et psychique est impressionnante, grossesses pas ou peu suivies, prématurité, retards staturo-pondéraux (50%), troubles psychiques graves (78%) et de la structuration de la personnalité chez ces jeunes enfants. Sur l’ensemble de la fratrie de la cohorte, 230 enfants ont été placés sur 266, démontrant le caractère familial et non individuel des causes du placement.

Evolution.
Quatre cinquièmes des jeunes âgés de plus de 17 ans (56/70) sont encore pris en charge par l’ASE. Cette durée longue des parcours met à mal l’objectif d’un retour en famille affiché par la loi. Et ceci est à rapprocher du fait que si la moitié d’entre eux ont bénéficié d’une mesure de restitution dans leur parcours, les deux tiers de ces enfants restitués ont été placés à nouveau.
Si le placement a des effets positifs sur l’évolution de l’enfant, la marge de progression est limitée. On constate une reprise staturo-pondérale, une amélioration de l’état psychique, mais sans parvenir à enrayer l’évolution péjorative des situations les plus graves à l’admission.

Devenir comparatif de trois groupes répartis par tiers.
Dans le premier tiers, les enfants ont été placés assez tôt, avec peu de troubles à l’admission. Ils ont eu peu de lieux de placements (2 à 3 maximum), avec une affiliation en majorité vers la famille d’accueil, accompagné d’une certaine efficience scolaire. Ils vont plutôt bien à la majorité, sans troubles psychiques et sont bien adaptés socialement.
Pour le deuxième tiers, les enfants qui présentaient quelques troubles à l’admission, ont eu un nombre plus conséquent de lieux de placement et certains signes de mal-être persistent (peu d’amis, anxiété, peu de confiance en soi) à la majorité.
Dans le troisième tiers, les enfants présentaient déjà des troubles massifs à l’admission, plus tardive. Par la gravité de leur état ils ont mis à mal leurs placements, d’où leur nombre important (jusqu’à 19) et des montages de prise en charge complexes et partagés entre plusieurs structures. Leur scolarité relevait de l’éducation spécialisée. Ils sont devenus des adultes dépendants, présentant des troubles mentaux et de la personnalité, assistés pour la plupart (AAH, tutelle, curatelle, et plus rarement, incarcération).

Conclusion. Cette étude démontre l’évolution extrêmement disparate des enfants placés jeunes, du meilleur au pire, et dont le déterminant essentiel semble être l’état sanitaire et psychique au moment du placement, selon qu’il est encore un peu préservé ou très détérioré. Cette conclusion est sans doute extensible aux enfants plus grands.
La prévention précoce et la formation à la clinique du jeune âge s’avèrent donc primordiales pour espérer réduire les handicaps résiduels invalidants et les troubles psychiques graves à l’âge adulte (qui pourraient toucher un tiers d’entre eux) chez les 5 000 jeunes enfants placés chaque année en France au titre de la Protection de l’Enfance.





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