Camoufler l’intérêt privé en intérêt général ?








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 Camoufler l’intérêt privé en intérêt général ?

Nous évoquions la difficulté de la classification des groupes de lobby. Encore faut-il aussi les identifier et remonter les ramifications des appartenances de leurs membres. Voici quelques exemples issus du monde des biotechnologies.

En France, dans le domaine des OGM, deux sites Internet, liés entre eux, ont été créés : un « centre de ressources médias » qui se définissait, selon ses propres termes, comme « le centre de ressources médias de Deba [qui] a pour vocation de […] faciliter un accès direct à l’information sur les biotechnologies végétales en agriculture [12] » et Actu-OGM [13] dont le sous-titre est « le site d’information sur les plantes transgéniques au service de l’agriculture [14] ». Tous deux étant pilotés par l’association Deba (Débats et échanges sur les biotechnologies en agriculture) qui compte, parmi ses membres fondateurs, les six plus importantes entreprises engagées dans la production d’OGM, à savoir BASF, Bayer CropScience, Dow AgroSciences, Pioneer, Monsanto et Syngenta. Le premier site a été fermé, sans doute du fait de la mauvaise publicité réalisée par l’étude du cabinet C4iFR [15] qui avait mis en avant notamment que « les concepteurs du site souhait[ai]ent brouiller les frontières entre les systèmes […] pour que l’internaute ne distingue plus les techniques transgéniques des techniques traditionnelles [16] ».

Ces entreprises espèrent, grâce à une charte graphique et à des codes couleurs « naturalisants », que les internautes ne chercheront pas qui se cachent derrière ces sites. Les techniques utilisées sont connues, même si parfois non perceptibles : ne donner qu’une version partielle d’une information, utiliser la « nov’langue »… C’est ainsi que fin 2009, à propos de la polémique concernant les conséquences des PGM sur les quantités d’herbicides utilisées, Inf’OGMa cité deux rapports (l’un rédigé par Charles Benbrook, affirmant l’augmentation de la quantité d’herbicides, et l’autre publié par PG Economics, certifiant sa diminution) [17], alors que le site Actu-OGM n’évoque que le rapport de PG Economics.
 Lobby et PGM : quelques entreprises en action

Pour obtenir l’autorisation des PGM, faire baisser des seuils de tolérance avant étiquetage, diminuer les niveaux d’exigence des tests… les pressions des fabricants et distributeurs de PGM sont nombreuses et incessantes.

Par exemple, face à la vigilance de l’UE pour ne pas laisser entrer d’OGM non autorisés sur le marché européen, l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA) a fait circuler un rapport daté du 15 juillet 2009, intitulé « Le dossier de la chaîne alimentaire humaine et animale au vu de la présence d’événements GM non encore autorisés dans l’Union européenne dans les produits d’importations, notamment soja et graines de soja [20] ». Selon le Bureau des producteurs alimentaires néerlandais (PDV), qui répondait à Inf’OGM, ce dossier a été rédigé et adressé aux représentants nationaux d’industries agroalimentaires par des agroindustriels de l’UE [21]. Son objectif est de demander à l’UE, via la pression sur chaque État, la définition d’un seuil de tolérance « réaliste » des PGM non autorisées…

Le lobby à Bruxelles s’adresse principalement à la Commission car c’est elle qui a l’initiative des lois. Or, on le sait, la philosophie initiale d’un texte proposé en première lecture, même si des amendements sont par la suite votés, restera globalement inchangée. Mais le Conseil des ministres ou le Parlement ne sont pas pour autant oubliés par les lobbyistes, notamment du fait de l’extension des pouvoirs du Parlement européen et de la mise en place de la codécision, avec le traité de Lisbonne. Déjà, en mars 2004, « la Société des professionnels en affaires européennes (SEAP) a adressé une lettre au président du Parlement européen pour se plaindre qu’il n’y avait pas assez de sièges et de casques-écouteurs traducteurs pour les lobbyistes. L’on compte près de 5 000 lobbyistes accrédités possédant des laissez-passer leur donnant un accès permanent à tous les immeubles occupés par le Parlement [22] ».

Dans le domaine des OGM, les entreprises se sont organisées au niveau français ou européen pour faire valoir leur point de vue. On trouve par exemple Europabio, organisation faîtière qui regroupe des organisations nationales telles que France Biotech et des entreprises comme Limagrain, BASF, Bayer, Monsanto, Syngenta, Roquette Frère, etc. Europabio accueille indifféremment des entreprises qui travaillent sur les biotechnologies végétales (en clair, les PGM) ou des entreprises pharmaceutiques. Cet amalgame n’est pas un hasard : il entretient volontairement l’ambiguïté sur les applications des biotechnologies, cherchant à utiliser l’aura sociale de la médecine en assimilant implicitement le champ cultivé, ouvert sur l’environnement, au corps du patient, pourtant fermé et contrôlé par le corps médical. Restent que ces deux catégories d’acteurs (médicaux et agronomiques) ont des intérêts convergents dans le brevetage du vivant. Cette structure organise le lobby au niveau européen pour que les réglementations communautaires leur soient favorables.

Bien d’autres groupes de lobby existent, comme l’Association européenne des semences (AESA) qui souhaite promouvoir l’application d’une version atténuée de la directive européenne concernant les semences, directive qui détermine les seuils pour l’étiquetage des semences génétiquement modifiées. Monsanto, Syngenta, Pioneer et Bayer sont membres de cette organisation.

Actuellement, ces groupes s’activent pour influencer les réglementations qui concernent la coexistence des PGM et des non- PGM. Ils ont compris qu’une coexistence trop stricte serait néfaste à leurs intérêts car elle réduirait les possibilités d’extension des PGM en Europe. Ainsi, en avril 2008, Europabio organisait à Bruxelles une rencontre pour « informer » les membres du Parlement européen et les représentants permanents du risque que représentaient pour l’industrie les mesures prises par certains États membres afin d’assurer la coexistence entre cultures GM et non GM au nom du principe de précaution.

Europabio, toujours elle, serait aussi à l’origine de la manifestation de personnes handicapées au moment du vote de la directive 98/44 relative à la brevetabilité des inventions biotechnologiques. Ainsi, le 17 juillet 1997, les parlementaires européens ont été accueillis à Strasbourg par une manifestation de handicapés moteurs dans des chaises roulantes, portant des tee-shirts sur lesquels on pouvait lire : « Breveter le vivant, c’est sauver des vies. »

 Une fausse manifestation de petits paysans 102

Le paragraphe qui suit doit beaucoup au site Combat Monsanto : « La fausse manif pro-OGM au Sommet de Johannesburg », accessible sur www.combat-monsanto.org/spip.php ?article239Les citations non sourcées en sont extraites.

Autre exemple d’action menée par le lobby pro-OGM : une manifestation de « paysans pauvres » organisée en 2002 lors du Sommet de la Terre à Johannesbourg. Cette manifestation a été décrite dans de très nombreux journaux (en Afrique, en Inde, en Amérique du Nord, en Australie et en Europe) de façon globalement univoque : « L’homme en face de moi, sous sa banderole, faisait clairement partie des plus pauvres des pauvres. Ses chaussures n’étaient pas seulement usées jusqu’à la corde, elles étaient en lambeaux, de véritables haillons tenant à peine ensemble [23]. » Cette manifestation était clairement destinée à limiter les régulations contraignantes au nom de l’environnement. Comme l’a écrit un journaliste sud-africain, « cela devait sûrement être le pire cauchemar des écologistes. De véritables pauvres défilant dans la rue en faveur d’un développement en totale opposition avec l’écoagenda de la gauche écologiste ». Par exemple, un des manifestants, Chengal Reddy, dirigeant de la Fédération des fermiers indiens (Indian Farmers Federation), affirmait à qui voulait l’entendre  : « Les cultures traditionnelles biologiques ont conduit l’Inde à la famine pendant des siècles […] les fermiers indiens ont besoin d’un accès aux nouvelles technologies, et spécialement aux biotechnologies. » Autre fait marquant, l’attribution du « prix de la Foutaise » (Bullshit Awards, attribués par IPN, une ONG qui milite pour le libre commerce) à Vandana Shiva, connue pour ses engagements anti-OGM, pour son rôle dans la « promotion de politiques qui perpétuent la pauvreté et la faim ». Le président de la Biotech Industry Organization (BIO), une organisation faîtière aux États-Unis, écrivait dans Nature Biotechnology, en novembre 2002, que pour la première fois « de véritables et réels paysans du monde en développement » décidaient de « parler pour eux-mêmes » en remettant en cause l’« argumentation vide de sens d’individus s’étant autodéclarés les porte-parole de ces gens ». Hélas ! Cette manifestation n’était pas une manifestation spontanée des petits paysans, auto-organisés au niveau mondial… Loin s’en faut ! Qu’on en juge : le fameux Indien dont la citation a fait le tour du monde n’a rien d’un paysan pauvre. La Fédération des fermiers indiens est « une société de lobby pour les grands producteurs de l’agro-industrie de l’Andhra Pradesh. À plusieurs reprises, Reddy a admis connaître très peu l’agriculture, lui-même n’ayant jamais été fermier de sa vie. En réalité, c’est un politicien et un homme d’affaires dont la famille est très influente dans les cercles de la droite conservatrice de l’Andhra Pradesh [24] ». D’autres éléments permettent d’affirmer qu’il s’agissait d’une manipulation orchestrée par l’industrie : l’attachée de presse des organisateurs, Kendra Okonski, est la fille d’un industriel américain du bois, qui a travaillé pour diverses associations en faveur de la dérégulation. Elle dirigeait le site Internet Counterprotest.net [25] (« Contre-manif ») dont le but est d’aider les lobbyistes à organiser des manifestations pour soutenir leurs intérêts.

Pour le journaliste JamesMac Kinnon, ayant assisté à la marche, la plupart des manifestants étaient des vendeurs de rue mécontentés par la perte de leur emplacement due au Sommet, mais il note que personne dans ces rangs n’était là pour dénoncer l’« éco-agenda de la gauche écologiste » ou encore pour réclamer des « biotechnologies pour le développement » comme l’indiquait le communiqué de presse […]. Mac Kinnon dit avoir relevé des slogans anti-écolo comme « Stop Global Whining » ou encore « Save the Planet from Sustainable Development », « Say no to Eco-imperialism  », « Greens : Stop Hurting the Poor » ou simplement « Biotechnology for Africa [26] ». En interrogeant les manifestants sur ces slogans agressifs, Mac Kinnon découvrit que toutes les pancartes avaient été fournies par les organisateurs, et lorsqu’il essaya de poser des questions sur les slogans pro-OGM, il se rendit compte qu’« ils souriaient timidement, aucun d’eux ne pouvait parler ou lire l’anglais » [27]…

Ce n’est pas la première fois qu’une fausse manifestation était organisée par le lobby pro-OGM. En 1999, un groupe d’Afro- Américains avait perturbé une manifestation contre les OGM avec des slogans tels que « Les biotech sauvent la vie des enfants ». Il s’agissait en fait, apprit le New York Times après enquête, d’une action gérée par Burston-Marsteller (déjà !), responsable des relations publiques de Monsanto. Ce dernier « avait payé une église baptiste d’un quartier pauvre pour que les contre-manifestants soient transportés en bus [28] ».
 Diffuser largement sa vision du monde

Au cours des dix dernières années, plusieurs cibles professionnelles ont été l’objet d’une démarche spécifique de la part des entreprises de biotechnologies. En 2003, Maiz’Europe, organisation fédératrice de la filière française de maïs, a envoyé deux brochures pro-OGM en couleur et sur papier glacé à tous les maires de France. De même, les médecins ont reçu une brochure d’information sur les OGM qui évitait d’évoquer tous les points de controverse ou de débat. Dernière cible : les enseignants, qui ont eu l’honneur de se voir offrir un petit livre, Explique-moi… les OGM, lequel se présente comme un ouvrage neutre, objectif, mais qui a été financé par Prolea et Biogemma (compagnie agroalimentaire et compagnie semencière) [29] Pour Frédéric Jaquemart, médecin, fondateur du Groupe international d’études transdisciplinaires (Giet) et administrateur d’Inf’OGM, « l’argumentation est toujours la même : “On va pouvoir faire des tas de choses nouvelles”  ; et d’autre part : “On a toujours fait ça, ceux qui ont peur des innovations sont ceux qui avaient peur de l’automobile”, etc. [30] ». Ce livre a motivé une réponse de la Confédération paysanne via une autre brochure intitulée Raconte-moi autrement… les OGM [31]. Chaque argument est repris systématiquement et analysé afin d’en montrer les limites, les faiblesses et de dénoncer les raccourcis.

En mars 2000, sept compagnies spécialisées dans la production de plantes transgéniques ont affecté 52 millions de dollars à des opérations de lobbying et à une campagne de publicité qui présente les avantages des biotechnologies [32]. À titre de comparaison, en 2009, le budget annuel d’Inf’OGMs’élevait à 230000 euros, et celui d’une campagne de Greenpeace sur les OGM pendant un an à 515 000 euros…
 Investir l’administration : entre pantouflage et accès privilégié aux instances

Le lobby s’exerce aussi et sans doute principalement dans l’administration en charge d’exécuter les lois et directives.Aux États- Unis, deux structures, la Food and Drug Administration (FDA) et l’Environmental Protection Agency (EPA), sont en charge de l’autorisation des OGM. Monsanto a investi ces organisations grâce au système du « pantouflage », connu aussi sous le nom de « chaises musicales » ou revolving doors, et ce, dès les années 1980, sous l’administration républicaine de Ronald Reagan. Le site Combat Monsanto précise que « ce terme de pantouflage est utilisé pour décrire la carrière de certaines personnes qui échangent un poste de régulateur public (fonctionnaires ou experts) pour rejoindre un poste au sein du secteur privé, dans le domaine dont elles avaient la charge dans la sphère publique, et vice versa [33] ».

Le pantouflage pose donc directement un problème de conflit d’intérêts et de partialité. De nombreux fonctionnaires ont eu des postes, avant ou après leur mission publique, dans des entreprises de biotechnologies.

En voici quelques exemples non exhaustifs :

– Michael Kantor a été influent dans le milieu des biotechnologies lorsqu’il était secrétaire d’État au Commerce. Après la fin du mandat de Clinton, il est devenu membre du conseil d’administration de Monsanto. 
– Richard Crowder a été nommé en 2005 chef des négociations pour le commerce agricole (Trade Representative Chief Agricultural Negotiator) après avoir occupé pendant trois ans un poste de direction au groupe de lobbying agricole The American Seed Trade Association, représentant les grands groupes agroindustriels américains. Il avait été, de 1994 à 1999, vice-président de DEKALB Genetics Corporation et, de 1989 à 1992, sous-secrétaire au Département de l’agriculture (USDA). 
– Donald Rumsfeld, ancien membre du comité directeur de Searle Pharmacy, entreprise qui a été achetée parMonsanto pour devenir sa filiale pharmaceutique, a été secrétaire à la Défense dans l’administration Bush. 
– Clarence Thomas a été avocat chez Monsanto avant d’être nommé juge à la Cour suprême. 
– George Bush Junior a nommé ministre de l’Agriculture Ann Veneman, ex-membre du directoire de la société californienne de biotechnologie Calgene (qui a produit la première tomate GM). Depuis 2005, elle est directrice générale de l’Unicef. Son nouveau dossier ? Aide humanitaire et OGM ! C’est elle qui, pour le gouvernement des États-Unis, a déposé auprès de l’OMC une plainte contre les barrières européennes visant les OGM.

Et Obama poursuit la tradition :

– La nouvelle directrice (juillet 2009) du Programme de renforcement des capacités dans le domaine de la biosécurité (Program for Biosafety Systems, PBS), Judy Chambers, est en effet l’ancienne directrice des affaires gouvernementales internationales chez Monsanto et une ancienne conseillère principale à l’USAID (United States Agency for International Development), où elle était chargée de l’élaboration du premier programme de l’agence regroupant le secteur public et le secteur privé sur la biotechnologie agricole : le Projet d’appui aux biotechnologies agricoles (Agricultural Biotechnology Support Project, ABSP) [34]. 
– Le 8 juillet 2009, la FDA, agence des États-Unis en charge de la gestion des médicaments et de l’agriculture, annonçait avoir embauché Michael Taylor en tant que conseiller principal du commissaire [35]. Michael Taylor a été un cadre deMonsanto, et la FDA est l’agence qui « valide » les produits, notamment ceux de Monsanto. 
– Le 5 octobre 2009, le Pr Roger Beachy, ancien président du Donald Danforth Plant Science Center (DPSC) qui produit des PGM à titre « humanitaire », a été nommé directeur de la toute nouvelle agence de l’USDA, l’Institut national de l’alimentation et l’agriculture (National Institute of Food andAgriculture,NIFA). 
– Enfin, le président Obama a nommé Islam Siddiqui au poste de négociateur en chef pour l’agriculture au sein du ministère du Commerce. Islam Siddiqui est l’ancien vice-président de Croplife, une organisation de lobbying qui regroupe les producteurs d’OGM et de pesticides (dont Syngenta,Monsanto et Dow Chemical) [36].

Au Canada,même scénario : Ronald L. Doering, qui a été le président de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), travaille depuis 2002 pour le cabinet d’avocats Gowling Lafleur Henderson qui a représenté… le lobby des OGM contre l’agriculteur, cultivateur de canola, Percy Schmeiser [37].

En Europe, la probité n’est pas beaucoup plus grande. Ainsi, l’association Les Amis de la Terre dénonce l’infiltration de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) par des pro- OGM. L’ONG internationale écrit [38] :

Les membres du comité scientifique sur les OGM doivent déclarer tout intérêt financier direct ou indirect. Alors que la majorité des membres n’ont déclaré aucun lien financier avec l’industrie des biotechnologies,Mike Gasson a déclaré avoir des liens directs. Il est en effet consultant pour Danisco Venture – une compagnie de capital-risque qui investit dans les entreprises de biotechnologies. Pour information, Danisco et Monsanto cherchent à commercialiser des betteraves fourragères GMen Europe. Il a aussi des actions chez Novacta – une compagnie pharmaceutique et biotechnologique. […] D’autres scientifiques ont déclaré avoir des liens indirects avec l’industrie. L’un d’eux, Pere Puigdomenech, travaille dans un institut qui fournit aussi des recherches pour des compagnies de biotechnologies. I l est aussi le co-président du septième Congrès international de biologie moléculaire végétale – événement sponsorisé par Monsanto, Bayer et Dupont. […]Autre élément inquiétant : des membres du comité ne remplissent pas leur déclaration ou bien le site Internet de l’AESA n’est pas actualisé. Hans- Jörg Buhk, par exemple, faisait partie du comité de pilotage de la Conférence internationale des biotechnologies agricoles qui a eu lieu en Allemagne [39] Cette conférence pro-OGM, très médiatisée, était sponsorisée notamment par Bayer, KWS, DuPont et BASF. […] Pour Les Amis de la Terre, les scientifiques qui participent à un comité aussi influent ne devraient avoir aucun engagement qui puisse prêter à suspicion. […] Et comme si cela ne suffisait pas, les deux scientifiques allemands Hans-Jörg Buhk et Detlef Bartsch […] ont même participé à une vidéo produite par l’industrie des biotechnologies pour en faire la promotion. Les Amis de la Terre demandent s’il est normal que des gens qui ont fait publiquement la promotion des biotechnologies puissent jouer un rôle clé dans les autorisations d’OGM.

Dernière en date, Suzy Renckens, ancienne patronne du panel OGM de l’AESA, a quitté son travail en mars 2008 pour être embauchée directement par Syngenta en mai 2008 [40]. Dans son nouveau travail, elle est en interface avec l’AESA pour les autorisations de PGM !

Une autre stratégie développée par les industries, en lien avec l’administration, afin d’influencer les politiques sectorielles qui les concernent, consiste à être présentes dans des groupes de travail. L’exemple du comité de recherche Biofrac (Biofuels Research Advisory Commitee), chargé de conseiller la Commission européenne sur les innovations en matière de biocarburants, est à cet égard riche d’enseignements. Dans ce groupe, l’industrie était représentée par quatre entreprises pétrolières, quatre entreprises d’agrocarburants, une entreprise agroalimentaire, une entreprise forestière, une entreprise d’énergie et EuropaBio. Parmi les autres membres du groupe figuraient un agriculteur et huit universitaires, dont certains avaient des liens étroits avec les industries du pétrole et des biotechnologies. Grandes absentes : les organisations environnementales. La composition même de Biofrac rendait manifeste son objectif : favoriser le point de vue des industries dans le développement des agrocarburants. Son rapport, publié en juin 2006 et intitulé Les Biocarburants dans l’UE, une vision pour 2030 et au-delà, est devenu un document officiel de la Commission européenne. Selon le site de la campagne Alter-EU [41], la Commission européenne a créé approximativement 1350 groupes d’experts similaires à Biofrac, qui s’occupent de préparer le travail de législation de l’UE et dont la composition reste assez largement secrète, mais à dominance industrielle.

 
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