Traditionnellement, l'utilisation de l'espace marin, en particulier la pêche, a été réglementée par les populations locales afin de protéger des ressources








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III - Concilier nature et développement.



Le but affiché de la protection des espaces naturels n’est pas de figer des paysages à un moment donné mais de permettre un développement de ces espaces comme le montre bien la législation sur les PNR. Pourtant il semble parfois difficile de concilier ces deux aspects, notamment dans le cadre d’un développement du tourisme. En effet, les espaces protégés sont souvent à la fois des paysages remarquables mais aussi des espaces où l’économie est mal en point (agriculture peu rentable, exode rural…). Il s’agit donc d’aider ces espaces à se développer tout en conservant leurs caractères exceptionnels ce qui ne va pas toujours sans mal. A partir de quelques exemples, on peut facilement mettre en évidence le jeu des différents acteurs et les conflits d’usages qu’engendrent ces espaces convoités.




1) Entre nature et développement : le bilan nuancé des PNR.




Il est difficile d’établir un bilan pour l’ensemble des PNR car tout dépend de la voie choisie par les parcs. Dans le domaine de la protection de la nature et des sites, souci premier des PNR, la réussite est inégale car ils manquent à la fois de moyens réglementaires et de moyens financiers pour arriver à leurs fins. La lourdeur de la mise en place d’une réserve naturelle (loi de 1976) a souvent fait pencher les parcs pour une solution plus souple telles que les réserves de chasse (parc du Pilat, Corse), les parcs animaliers (Vercors, Brière) ou la protection de forêts (forêt d’Orient, forêt de l’Aigoual). Dans le cadre de la protection des paysages, les PNR ont également une politique de préservation de l’architecture typique de la région (toits en chaume) ce qui a permis une survivance de l’artisanat local la plupart du temps.

Les PNR ont incontestablement contribué à mieux faire connaître le patrimoine naturel et culturel de leur région ; un souci pédagogique anime les équipes des PNR. Elles s’adressent en premier lieu aux jeunes qu’il faut sensibiliser à l’environnement, à un public d’élus et au grand public. La forme la plus spectaculaire de promotion est l’écomusée (1er écomusée à Maquèze dans les Landes). Les maisons des parcs, siège administratif et sociaux, sont également le centre d’animations, d’échanges, d’expositions….La réussite est ici plus évidente car elle demande moins de moyens et dépend surtout du dynamisme des équipes en charge du parc.

Enfin, un des but des PNR est de favoriser la création d’emplois, de façon à maintenir la population locale ou du moins de freiner l’exode rural. Ce développement doit éviter les activités polluantes, être adapter au mode de vie rurale et utiliser au maximum les ressources locales. C’est, on s’en doute, l’objectif le plus difficile à atteindre d’autant plus que c’est sur ce point que les conflits sont les plus importants : que favoriser, comment favoriser ? L’effort a surtout porté sur le tourisme, nous y reviendrons en 2e partie, sur l’agriculture et sur l’artisanat. Il peut s’agir de relance générale de l’activité agricole (l’île d’Ouessant était tombée en friche totale) ou du redémarrage de cultures traditionnelles (les plantes médicinales dans le Morvan). Certains parcs ont aidé à la création de circuits de distribution efficaces pour les produits locaux (dans le PNR du Haut-Jura une Maison du fromage a été mise en place pour mieux faire connaître le bleu de Gex) ou ont reçu des labels pour des productions de qualité. L’artisanat, quant à lui, est bien adapté au monde rural car diffus et non polluant.

Les réussites sont inégales car il faut avant tout des clients. C’est pourquoi les PNR développent une politique de mise en tourisme des espaces. Les régions considèrent de plus en plus les PNR comme des outils de valorisation touristique en insistant sur la qualité de l’environnement. Ils deviennent en quelques sortes des « produits d’appel ». Les PNR représentent 28 % de la fréquentation touristique du territoire. Pourtant cette mise en tourisme se révèle être parfois en contradiction avec les objectifs premiers qui sont la préservation de la nature notamment dans les zone les plus convoitées comme la haute montagne ou le littoral.

2) entre nature et tourisme : la difficile répartition de l’usage des sols .




La plupart des régions se servent donc de leurs parcs ou zones protégées pour faire de la promotion touristique, le problème étant de savoir jusqu’où on peut développer le tourisme sans remettre en cause l’environnement et le paysage. Sur ce point les avis divergent autant que les intérêts. La majeur partie des PNR ont choisi de développer un tourisme diffus (exclusion des équipements lourds) en privilégiant la création de gîtes ruraux, de chambres d’hôtes, de camping à la ferme…Ils réalisent également des équipements sportifs comme des plans d’eau ou des pistes de ski de fonds pour le parc du Vercors.

Les conflits d’usage sont importants dans les zones convoitées, dans la plupart des PNR de campagne dite « profonde » les enjeux sont de taille nettement moins importante que pour les parcs de haute montagne ou de bord de mer. Nous prendrons trois exemples pour traiter ces problèmes : le PNN de la Vanoise, celui de Port Cros et la politique du conservatoire du littoral.
Le parc de la Vanoise : créé en 1963 dans les Hautes Alpes, ce parc est en concurrence avec le développement de très grandes stations de ski comme Tignes-Val d’Isère, les Trois Vallées, les Arcs, la Plagne et la Haute-Maurienne. Dès 1963, Tignes-Val d’Isère parvient à grignoter 3 000 ha sur le parc ; en 1966, Val d’Isère étend encore son domaine sans autorisation ; en 1973, Tignes obtient une dérogation pour s’étendre. A quoi on peut ajouter les équipements d’EDF. Cet espace en apparence vide d’homme se révèle être un véritable enjeu territorial où s’affrontent des logiques diverses (protection, aménagements touristiques, production d’énergie) et des acteurs difficilement conciliables (élus, population locale, EDF, propriétaires des stations, touristes…)

Le parc de Port Cros : Le PNN de Port Cros a été créé en 1963 dans une zone très fréquentée (littoral varois). Dès sa création, le parc a largement été ouvert au public ; tous les aménagements pratiqués l’ont été dans le cadre de la mise en place d’un tourisme vert : sentiers, visites des forts… tout en imposant une forte restriction de la fréquentation de l’île : il n’y pas de structure d’accueil de nuit sur l’île à part les quelques habitants. Ces mesures ont permis une sauvegarde du patrimoine mais on peut se demander face au nombre de visiteurs

croissant chaque année où se situe le seuil de saturation et s’il n’a pas déjà été dépassé.
Le conservatoire du littoral : l’acquisition de terrain pour les soustraire au développement touristique ne se fait pas toujours sans confits :

soit avec les propriétaires des terrains qui auraient préféré en faire un autre usage et qui avaient de bons espoirs sur l’augmentation du prix de leurs patrimoines.

soit avec les collectivités locales qui rêvaient à la création ou à l’agrandissement de leurs équipements touristiques et à la multiplication des résidences secondaires

L’acquisition se révèle être souvent un affaire de relations tissées avec les interlocuteurs, elle peut parfois durer des années ex : dans la presqu’île de La Hague il a fallu 2 années

de visites hebdomadaires auprès de certains habitants choisis pour leur connaissance du milieu et leur influence auprès des autres habitants pour parvenir à acheter en 1992 la 1er parcelle de ce site de plus de 3 000 ha.

Le conservatoire joue souvent un rôle d’arbitre entre les différents groupes de pression qui ont intérêt à la gestion du site ex : sur les orientations d’un site du Calvados on recense au moins 15 groupes ayant des projets différents pour le devenir de cet espace : touristes plagistes, naturistes, pêcheurs, chasseurs, promeneurs, agriculteurs, les quatre communes riveraines….
Ces trois exemples soulignent la difficile conciliation entre la protection d’un espace et son ouverture au tourisme, seule véritable source de développement. Ils amènent également à s’interroger sur les finalités de cette protection : pour qui protège-t-on, dans quels buts ? Ces questions renvoient à l’idée que l’on a de la nature mais aussi à l’usage que l’on en fait.

3) Entre volontés nationales et préoccupations locales.




Les politiques de protection de la nature ont longtemps été mises en place par un pouvoir central qui ne prenait pas forcément en considération les problèmes locaux en ce qui concerne le développement économique de ces espaces. Les PNN ont ainsi pu être ressenti par les populations locales comme des structures extérieures ne s’accordant pas à leurs préoccupations. Les élus locaux se sont battus pour obtenir une plus grande gestion de leurs espaces : ainsi les PNR sont des créations locales (à la demande des communes, départements, régions), de même, les lois montagne et littoral ont été élaborées dans une plus grande collaboration entre élus et Etat. Malgré ces efforts des pouvoirs politiques pour concilier les aspects contradictoires des politiques d’environnement : protéger la nature sans porter atteinte à l’intérêt des populations qui y vivent, les mesures de protections sont encore parfois perçues comme une atteinte à la liberté locale. L’exemple de la Vanoise peut encore être utilisé :

L’apparition de ce parc a pu être perçu par les sociétés locales comme un dépossession de leur espace avec la fin du droit de chasse au chamois en altitude et l’interdiction d’utiliser les prés de fauche en altitude qui sont englobés dans le périmètre du parc. La création de ce parc a pu, en outre, être ressentie comme une nouvelle conquête de ces espaces par le monde extérieur puisque la grande majorité des touristes sont des citadins français ou étrangers. La protection de la nature semble être faite pour les citadins à la recherche d’espaces récréatifs, qui ne se soucient pas forcément des populations locales car ces endroits sont considérés comme des espaces largement vides. On note d’ailleurs souvent une distorsion entre la demande des citadins d’une nature correspondant le plus souvent à un mode d’exploitation agricole en recul voire disparu.

La protection de la nature soulève donc de nombreuses questions : comment concilier développement et préservation, intérêt des populations locales et des visiteurs venus le plus fréquemment de la ville, volonté politique nationale et locale.

Les divergences entre les différents acteurs se retrouvent aussi au niveau local : rares sont les espaces à protéger dont les limites correspondent aux limites communales ou départementales. Les parcs ont parfois dû être créés sur plusieurs collectivités demandant soit la mise en place d’intercommunalité soit au moins la coopération des collectivités concernées qui n’ont pas toujours les mêmes intérêts.  les politiques de protection doivent donc passer outre les découpages classiques administratifs.

Conclusion :

La multiplication des lois de protection de la nature montre la prise de conscience récente des problèmes environnementaux. Les espaces protégés à divers titres occupent une part non négligeable du territoire français. Les espaces naturels les plus concernés sont la montagne et le littoral. Ce sont d’ailleurs les deux seuls secteurs qui bénéficient de lois spécifiques : loi montagne et loi littorale. Face à ces politiques étatiques contraignantes, la mise en place des Parcs Naturels Régionaux a connu un grand succès car elle a permis la prise en charge par les collectivités locales de leur territoire. La politique des parcs a également permis une gestion plus diversifiée et plus souple des espaces naturels concernés. De plus, ces mesures ont amené une valorisation des territoires, en les labellisant. Cependant, cette valorisation tend à renforcer les conflits d’usages et d’acteurs. On peut se demander pour qui et pour quoi on protège les espaces naturels, les principaux bénéficiaires étant les touristes, et non la population locale. De telles pratiques de protection renvoient à la représentation et à la perception de la nature. Le choix des espaces à protéger est forcément subjectif, il dépend des sociétés, des idéologies et des époques.
Bibliographie


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- GERBAUX F., La montagne en politique, 1994, L’Harmattan, Paris, 168p.

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- Guide GALLIMARD, Les parcs régionaux, nouveaux loisirs, 1999, 304p.

- KNAFOU R., La France en Europe et dans le monde, 1997, Belin, 335p, manuel de première.

- LACOSTE J.P., Le conservatoire du littoral, 1975-1998, la politique de protection des espaces naturels littoraux en France in Hérodote, Littoral, frontières marines, n°93, 1999, pp 165-178.

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- LAURENS L., Les parcs naturels, du concept à la pratique d’une agriculture environnementale in Les Annales de Géographie, n°584, 1995, pp 339-359.

- LAURENS L. et COUSSEAU B., La valorisation du tourisme dans les espaces protégés européens : quelles orientations possibles ? in Les Annales de Géographie, n°613, 2000,pp 259-278.

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