Traditionnellement, l'utilisation de l'espace marin, en particulier la pêche, a été réglementée par les populations locales afin de protéger des ressources








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L’UNESCO désigne 22 nouvelles réserves de biosphère

Paris, 26 mai



  • © Fraser Coast South Burnett Tourism

  • Great Sandy, Australie

Lors de sa 21e session qui se tient du 25 au 29 mai 2009 sur l'île de Jeju (République de Corée), le Conseil international de coordination du Programme L'Homme et la biosphère (MAB-CIC) a ajouté 22 nouveaux sites, situés dans 17 pays, au Réseau mondial de réserves de biosphère de l'UNESCO (RMRB), qui en compte désormais 553 dans 107 pays.

Les nouvelles réserves sont :

Vhembe, Afrique du Sud. Réputée pour sa diversité biologique et culturelle, la réserve comprend la partie nord du Kruger National Park, le site Ramsar des Makuleke Wetlands, les Soutpansberg et le Blouberg qui sont des éléments clés de la biodiversité, le paysage culturel du Mapungube et le plateau du Makgabeng, riche en art rupestre. Les activités humaines sur le site sont surtout agricoles, avec notamment la production de fruits et légumes tropicaux, l’élevage et des réserves de chasse. Les principaux groupes de la région - Venda, Shangaan et Sepedi – disposent d’un savoir autochtone particulièrement riche, qui va de la sculpture sur bois et de la confection de tambours à la médecine traditionnelle.

Bliesgau, Allemagne. Cette réserve applique le concept d'« entre-ville » pour relier deux paysages très contrastés : l'un, densément peuplé et urbanisé au nord avec la ville de St-Ingbert et l'autre, faiblement peuplé et rural au sud. Le site soutient actuellement des recherches approfondies sur les évolutions écologiques de ses zones urbaines, suburbaines et rurales dans le cadre du changement climatique. Les diverses activités menées en faveur du développement durable, notamment des initiatives pédagogiques et de sensibilisation à l'environnement, constituent une source d'inspiration pour la région. Une association pour la biosphère a été spécialement créée pour le site.

Swabian Alb (Jura souabe), Allemagne. Située dans le Jura européen, cette réserve est couverte de forêts de hêtres, de pins et d'épicéas, de vastes vergers, pâturages et prairies. Proche de Stuttgart, le site couvre une surface de 84 500 ha et compte 150 000 habitants. Les programmes de développement durable pour la biosphère sont liés à l'agriculture et à la sylviculture, aux entreprises vertes et à l'écotourisme, ainsi qu'à la promotion des produits locaux et des industries artisanales. Des plans ont également été mis en place pour renforcer l'utilisation des énergies renouvelables, notamment pour les transports. La réserve intègre le camp d'entraînement militaire de Münsingen, situé dans le Jura vallonné. Cette zone, interdite au public pendant 110 ans (jusqu'en 2005), est restée intacte et a conservé les caractéristiques des paysages culturels des XVIIIe et XIXe siècles. C'est l'une des plus grandes zones non morcelée et préservée des nuisances sonores du Bade-Wurtemberg.

Great Sandy, Australie. Couvrant des territoires terrestres, côtiers et marins, la réserve abrite les plus grandes forêts pluviales poussant sur le sable. Elle comprend le site naturel de l'île Fraser et ses lacs dunaires d'eau douce, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1992. La communauté locale Burnett Mary Regional Group for Natural Resources Management a promu la désignation de la zone comme réserve de biosphère encourageant l'écotourisme et l'agriculture biologique de niche.

Fuerteventura, Espagne. Deuxième plus grande île de l'archipel des Canaries, elle est la plus proche de la côte d'Afrique occidentale. Le site est constitué d'un vaste ensemble d'écosystèmes comprenant aussi bien des zones désertiques ou semi-désertiques que des habitats côtiers et marins. L'île est caractérisée par une riche diversité d'espèces marines (dauphins, cachalots, tortues marines qui se reproduisent sur ses plages, etc.). La réserve de biosphère constitue également l'un des principaux observatoires géo-paléontologiques du monde. La population du site met l’accent sur le développement de pratiques d’écotourisme durable. L’île investit aussi afin d’augmenter sa capacité énergétique renouvelable, principalement grâce à l’éolien et au solaire. Elle se veut un modèle de la mise en place de la directive de l’Union européenne sur l’énergie renouvelable.

Altaisky, Fédération de Russie. Cette réserve s'étend sur les parties nord-est et est de l'Altaï, le long d'immenses chaînes de montagne. Remarquable par sa biodiversité et son patrimoine culturel, elle couvre 3 532 234 ha et compte 15 000 habitants. L’aire centrale fait partie des Montagnes dorées de l'Altaï, site naturel inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. La réserve, qui coopère avec celle d’Ubsunurskaya Kotlovina et celle de Khakassky, joue un rôle clé pour le tourisme, notamment le développement de l’écotourisme. La zone, qui a le statut de réserve depuis 1932, compte parmi les espaces du monde les moins affectés par l'intervention humaine et recèle une faune et flore très riche. Plusieurs peuples autochtones vivent dans l’aire de transition de la réserve : Toubalars, Tchelkanes, Télenguites, Koumandines, Téléoutes...

Nokrek, Inde. Situé dans l'Etat de Meghalaya, ce point clé pour la biodiversité présente des écosystèmes et des paysages naturels préservés. Peuplée d'éléphants, de tigres, de léopards et de gibbons houlocks, la zone est également réputée pour ses variétés sauvages d'agrumes qui serviront peut-être de pool génétique pour la production commerciale d’agrumes.

Pachmarhi, Inde. Situé au cœur de l'Inde, dans l'état du Madhya Pradesh, ce site abrite des réserves de tigres et d'autres réserves de faune. Sa situation, à l'interface entre des forêts tropicales, humides et sèches, et des forêts de basses montagnes subtropicales, en fait un paradis pour les botanistes. Grâce à leurs traditions sociales et culturelles, les tribus locales contribuent à la préservation de la forêt tout en tirant profit des diverses ressources alimentaires, agricoles et économiques de la zone.

Similipal, Inde. Cette réserve de tigres située dans l'est de l'Inde, dans l'Etat d'Orissa, était autrefois le terrain de chasse du maharadjah du Mayurbhanj. Cet environnement tropical abonde en tigres, éléphants, panthères, cervidés et héberge de nombreuses espèces de plantes, ce qui en fait un laboratoire vivant pour les spécialistes de l'environnement. Les populations tribales de la zone vivent de l'agriculture, de la chasse et de la cueillette des produits de la forêt, mais ils ont désespérément besoin de sources de revenus complémentaires pour sortir de la pauvreté.

Giam Siak Kecil – Bukit Batu, Indonésie. Cette zone de tourbières de Sumatra se distingue par son exploitation durable du bois et deux réserves de faune qui hébergent des tigres de Sumatra, des éléphants, des tapirs et des ours à collier. Le suivi des espèces phares et l'étude approfondie de l'écologie des tourbières figurent parmi les activités de recherche menées sur place. Les résultats des premières études montrent que la faune et la flore pourraient contribuer au développement économique durable de la zone et à l'amélioration de la situation économique des habitants. Le site offre aussi une expérience intéressante en matière de dioxyde de carbone (CO2) dans le cadre des mécanismes de commerce du carbone.

Jabal Moussa, Liban. Ce site, qui fait face à la mer Méditerranée à l'ouest, s'étend sur les hauteurs du versant occidental de la chaîne du Mont Liban située au nord du pays. Cette zone relativement étendue (6 500 ha), sauvage et préservée, est protégée par des arrêtés municipaux visant à sauvegarder son intégrité écologique, ses systèmes naturels et ses espèces. Jabal Moussa est réputée pour la vallée d'Adonis, espace historique préservé qui inclut d’anciennes terrasses agricoles et des sentiers datant de la période romaine. Son paysage est parsemé de cours d'eau, de pacages, de forêts mixtes composées de chênaies, de pinèdes, d'oliveraies et de nombreuses espèces de plantes importantes pour l'économie. La vallée sert également d'habitat préservé à une faune variée : loups, hyènes, damans, oiseaux et reptiles.

Tasik Chini, Malaisie, est la première réserve de biosphère UNESCO dans ce pays. Situé au sud de la péninsule, le site est le bassin versant du lac Tasik Chini, sanctuaire de nombreuses espèces endémiques d’eau douce. Des recherches intensives et un suivi sont menés par de nombreuses institutions. Autour du lac et des rivières qui l’alimentent, l’artisanat (textiles par exemple) devrait représenter un important potentiel pour le développement de toute la région.

Lagunes de Montebello, Mexique. La réserve s'étend sur une zone hydrologique d'une riche diversité biologique. Sa situation, dans le massif central mexicain, à la frontière de la région montagneuse du Chiapas et de la plaine côtière du Golfe du Mexique, lui confère une importance particulière. Son paysage karstique et sa cinquantaine de lagons de tailles diverses en font une région d'une incroyable beauté. Le site est d'une importance cruciale pour la collecte d'eau douce et la régulation climatique. Les communautés locales sont associées à la gestion des ressources écologiques du site. Elles pratiquent diverses activités agricoles en mettant de plus en plus l’accent sur les pratiques compatibles avec la protection du site. Ainsi, la production traditionnelle de café est passée à une production de café bio, alors que la reforestation et les activités touristiques sont des alternatives qui contribuent au développement durable de la zone.

Ile Flores, Portugal. Cette île, qui fait partie du groupe occidental de l'archipel des Açores, constitue la partie émergée d'un mont sous-marin situé près du rift médio-atlantique. Elle est née d'une activité volcanique qui a commencé il y a moins de dix millions d'années. La réserve de biosphère comprend toute la partie émergée de l'île Flores et certaines zones marines adjacentes qui bénéficient de paysages magnifiques et d'atouts géologiques, environnementaux et culturels incontestables. De hautes falaises surplombent une grande partie de la côte parsemée d'îlots. Territoire de pêche traditionnelle, le site attire également les touristes, en particulier les adeptes de la plongée sous-marine, de la marche et de l'observation des baleines et des dauphins.

Geres / Xures est une réserve transfrontalière (Espagne et Portugal), établie sur la base de la continuité biogéographique des chaînes Galaico-Miñotas et des vallées associées que se partagent les deux pays. L’importance du site d’un point de vue écologique tient à sa richesse en écosystèmes de forêts et de tourbières, ainsi qu’au grand nombre d’espèces endémiques qui se sont développées sous les influences croisées des climats océanique et méditerranéen. Avec des communautés locales qui font partie intégrante du paysage régional, des centres de développement durable ont été installés dans la réserve de biosphère. Un plan conjoint de gestion permettra aux deux pays de profiter mutuellement de leurs expériences et de coopérer à la gestion durable des écosystèmes.

Mont Myohyang, République populaire démocratique de Corée. Selon la légende, ce site sacré aurait vu naître le roi Tangun, ancêtre du peuple coréen. Cette splendide zone montagneuse s'élève à près de 2 000 mètres d'altitude. Ses rochers et falaises spectaculaires offrent un habitat à 30 espèces de plantes endémiques, 16 espèces de plantes en danger dans le monde et 12 espèces animales également menacées. Le site recèle par ailleurs une grande variété de plantes médicinales.

Shinan Dadohae, République de Corée. Le site couvre un archipel du sud-ouest du pays. Il est constitué de zones terrestres et marines ainsi que de grandes zones intertidales qui hébergent une extraordinaire variété d'espèces et servent de lieux de repos à des oiseaux migrateurs rares. Des formes traditionnelles de pêche (la pêche à la main, par exemple) et la production de sel continuent d'y être pratiquées.

Lajat, Syrie. Situé à l'extrême sud de la Syrie, à la frontière avec la Jordanie, ce site, célèbre pour sa richesse biologique, offre quelques-uns des paysages les plus impressionnants de la région. Les dispositifs existants de pâturage en rotation, la restauration des paysages, les fouilles et la mise en valeur des ruines archéologiques de Lajat constituent autant de possibilités de développement de l'activité humaine dans le respect de la durabilité écologique. Lajat peut également servir d’outil pédagogique illustrant l'importance de la faune et la flore dans la vie et l'économie locales ainsi que l'interdépendance de la diversité culturelle et biologique.

Desnianskyi, Ukraine. Situé en Polésie orientale, le long de la rivière Desna, le site de 58 000 hectares recouvre toute une mosaïque d’écosystèmes : forêts, rivières, lacs, plaines d’inondation, marécages. Il est très important pour la recherche environnementale, notamment le suivi d’espèces rares, comme les ours et les lynxs. Les principales activités humaines sont l’agriculture, la sylviculture, la pêche et la chasse sportive. Parmi les activités relevant du développement durable, on trouve de l’agriculture biologique et de l’écotourisme le long de la Desna, ainsi que des activités éducatives développées dans le cadre du camp pour écoliers Desnianski Zori. Le développement d’un tourisme transfrontalier durable se fait en collaboration avec la Fédération de Russie, à travers un projet de création d’une réserve de biosphère à cheval sur les deux pays.

Delta de l'Orénoque, Venezuela. Ce site se caractérise par la remarquable biodiversité de ses écosystèmes terrestres et aquatiques, qui hébergent plus de 2 000 espèces de plantes et une faune terrestre et aquatique très variée. La diversité biologique de la réserve de biosphère est complétée par la richesse culturelle du peuple Warao. La promotion des activités de production au sein du site contribue au renforcement de la communauté Warao, à la protection de leur territoire et à l'amélioration de leurs conditions de vie.

Mui Ca Mau, Viet Nam. Située à la pointe sud du pays, cette réserve montre des systèmes de succession écologique sur des terres alluviales récentes. Elle joue également un rôle important en termes de conservation de la nature car elle se trouve à la frontière de la mangrove et des forêts de niaoulis. Elle constitue en outre une zone de reproduction et de nidification d'espèces aquatiques. Les programmes de développement durable de ce site concernent principalement l'écotourisme et le tourisme culturel qui ont pour mission de mettre en valeur le riche patrimoine de ses habitants. Des formations sont également prévues pour améliorer l'agriculture et la pêche.

Cu Lao Cham – Hoi An est un site à la fois côtier, ilien et marin de la partie centrale du Vietnam qui est célèbre pour ses espèces marines : coraux, mollusques, crustacés et algues. La réserve de biosphère inclut également Hoi An, un site culturel du patrimoine mondial qui est un ancien port illustrant la fusion des cultures européenne et vietnamienne. En mariant des atouts culturels et des avantages naturels en termes de biodiversité, Cu Lao Cham –Hoi An est bien placé pour l’écotourisme durable.

Le Conseil international de coordination a également approuvé l’extension de 4 réserves déjà existantes : Mata Atlantica (Brésil), La Campana-Peñuelas (Chili), Carélie du nord (Finlande), et Dyfi (Royaume-Uni), désormais rebaptisé Biosffer Dyfi Biosphere.

Les réserves de biosphère sont des sites reconnus par l’UNESCO, dans le cadre de son Programme sur l’Homme et la biosphère, qui innovent et font la démonstration de nouvelles approches de gestion intégrée de la biodiversité et des ressources terrestres, côtières et marines. Les réserves sont aussi des sites d’expérimentation et d’étude pour le développement durable, en particulier lors de l’actuelle Décennie pour l’éducation au service du développement durable.

Lancé au début des années 70, le MAB propose un agenda de recherche interdisciplinaire et de renforcement des capacités, en vue d’améliorer les relations des hommes avec leur environnement. Il s’intéresse notamment aux dimensions écologiques, sociales et économiques de la perte de biodiversité et à la limitation de cette perte. Il utilise son Réseau mondial de réserves de biosphère comme un outil d'échange de connaissances, de recherche et de surveillance continue, d'éducation et de formation, ainsi que de prise de décision participative.

  • Auteur(s):Communiqué de presse N°2009-48

  • Source:UNESCOPRESSE

  • 26-05-2009

Aires Marines Protégées en Nouvelle Calédonie

Historique

En 1970, la réserve intégrale Y. MERLET est créée en Nouvelle-Calédonie, il s’agit de la première réserve marine si l’on fait exception de la réserve communale de l’île de Pam créée en 1966.

Puis, faisant suite à la création de nouvelles réserves terrestres, le Territoire, par la délibération n° 108 du 9 Mai 1980 (homologuée par la loi 83-1047 du 8 Décembre 1983), institue sa propre nomenclature en matière d’aires protégées.

On distingue ainsi depuis cette date :

  • La Réserve Naturelle Intégrale où il est défendu de pénétrer (à fortiori d’y prélever quoique ce soit )

  • Le Parc Territorial où tout prélèvement est interdit

  • La Réserve Spéciale où certaines activités particulières peuvent être interdites ou réglementées. Dans cette dernière classification on trouve les réserves spéciales de faune et les réserves spéciales botaniques.

Tous ces types de réserves sont instituées après avis du Comité pour la protection de l’Environnement et sont officiellement destinées à assurer la protection de la faune et de la flore mais aussi à l’éducation et à la récréation du public.

1988 : Les Nouvelles Competences Provinciales

Depuis « les accords de Matignon », la loi référendaire a confié aux Provinces des compétences relatives à l’environnement qui étaient autrefois dévolues au Territoire.

Les îles Loyauté sont constituées à majorité de terres coutumières ainsi chaque parcelle de terrain et jusqu’au récif appartient à des clans propriétaires. En ce sens, la culture kanak est indissociable de son environnement et de sa nature de telle sorte que le kanak appartient à la terre et de ce fait a une responsabilité vis-à-vis de cette dernière. Responsabilité en terme de gestion de ce patrimoine hérité des ancêtres afin de le transmettre aux générations futures en bon état d’intégrité.

 Aussi, lorsque quelqu’un souhaite profiter d’un lieu et/ou d’en prélever des ressources (bois, plantes médicinales, animal, …) il doit présenter sa coutume (présentation, motifs de la visite, où, demande d’autorisation,…) au propriétaire concerné.

Lors d’évènements coutumiers tels la célébration de la nouvelle igname, les accès à la mer sont fermés, et personne n’enfreint cette règle pour cause de punition. Le but étant de laisser au milieu le temps de se régénérer, pour être sûr d’avoir du poisson à apporter en offrande à la grande chefferie. La pêche de certaines espèces en certains lieux est interdite pour une période ou pour certains clans et réciproquement.

Dans la Province Sud, les réserves marines qui avaient été mises en place à proximité du Grand Nouméa (Ilot Maître et îlot Amédée en 1981, Parc du Lagon Sud en 1989) et qui étaient peu ou pas surveillées ont bénéficié de ce changement de statut.

En effet, grâce à l’achat d’un premier puis d’un deuxième bateau de surveillance dans le cadre des contrats de Développement Plan et au recrutement d’équipages, ces zones ont rapidement profité des contrôles exercés par ces deux unités.

« L’effet Reserve »

En théorie les principaux effets biologiques attendus après la mise en réserve d’une zone sont :

  • Une protection et un développement des populations de reproducteurs

  • Des apports de recrues supplémentaires susceptibles de coloniser deszones non protégées

  • une émigration de poissons vers les zones non protégées

  • une préservation de la biodiversité naturelle.

Certains « effets bénéfiques » des réserves ont pu êtredémontrés en comparant les données sur la biomasse et la diversité des espèces depoissons échantillonnées en 1990 (avant la surveillance) aux données relevées sur les mêmes sites en 1994 puis en 1998 (après 4 et 8 ans de surveillance). En 1994, il a été notamment constaté une forte augmentation de la densité et de la biomasse et une augmentation de la taille moyenne des individus (à proximité de l’îlot Amédée, la densité de poisson a été multipliée par 7,7 et la biomasse par 6,3) après 4 ans de surveillance. En 1998, les résultats des études menées sur les mêmes sites montrent une diminution de la biomasse et de la densité par rapport à 1994 mais qui restent toutefois nettement supérieures que dans les zones non protégées. Cette méthodologie de suivi des réserves a été à nouveau programmée en 2002.

Les réserves ont aussi un effet bénéfique sur la biodiversité : les espèces commerciales normalement peu abondantes ou absentes sont relativement fréquentes dans les zones protégées (loche truite, perroquet bicolore).

En fait, la création de réserves marines qui s’appuie sur le principe de précaution constitue un moyen de gestion relativement aisé (réglementation simple, facilité des contrôles, etc ...) pour une ressource diversifiées qu’il est autrement difficile de suivre et de gérer.

Toutefois, les études menées par le LERVEM (UFP) et l’Observatoire des Récifs Coralliens piloté par T & W Consultants, ont permis également de mettre en évidence certains effets que l’on peut qualifier de pervers de la mise en réserve, comme par exemple :

  • Une augmentation des dégradations aux abords et sur les îlots due àune plus forte fréquentation

  • Une pression de pêche plus importante dans les zones nonréglementées situées à proximité

  • Une modification des pyramides des âges due à la présence de gros spécimen non pêchés.

Néanmoins, les utilisateurs de la mer n’étant pas que des pêcheurs (plaisanciers ou professionnels) pour qui les réserves sont vraisemblablement le « moins bon » système de gestion (concentration de l’effort de pêche, mauvaise utilisation du stock accessible), le bilan global reste positif car le rôle éducatif des réserves est fondamental, sans parler du vieil adage qui affirme qu’un poisson vivant dans un site touristique rapporte plus d’argent qu’un poisson mis à la consommation.

Conclusions

La protection du lagon par les réserves marines est donc bien une réalité même s’il s’agit d’une des méthodes disponibles dans l’arsenal des mesures de gestion et si certaines questions restent toujours plus ou moins en suspend :

  • Quelle surface mettre en réserve ? (30 % de la superficie totale semble faire l’unanimité chez les scientifiques sans que l’on sache très bien sur quoi cela repose)

  • Faut-il plusieurs petites réserves plutôt qu’une grande réserve ? (les réseaux d’aires de protection seraient un moyen de répartir le risque, mais il est plus facile de surveiller de larges bandes côtières englobant les différents biotopes : mangrove, herbiers, récifs frangeants, etc ...)

  • Quel type de réserve, pour quel type d’utilisation ? (il conviendrait également en plus des « 30 % » de protéger certaines sites remarquables comme les passes où se font les agrégations de ponte).

Dans tous les cas de figure, l’efficacité de la mise en place (ou du renforcement) des zones protégées peut être augmentée en attachant un soin tout particulier d’abord à leur mode de sélection qui doit être fait en fonction de priorités préalablement clairement définies (maintien de la biodiversité, utilisation durable d’espaces, etc ...) puis en mettent en œuvre des programmes permettant l’intégration écologique, sociale et économique (zonage et zone de transition) des périmètres protégés.

Il faut également garder présent à l’esprit que l’établissement d’une réserve crée souvent des conflits avec les communautés riveraines. En effet, les populations vivant à proximité de ces dernières doivent restreindre leur usage de la zone et donc supporter des inconvénients dont profite l’ensemble de la population. Les réserves marines n’échappent pas à ce type de problème même si la domanialité y est « théoriquement » plus claire et plus simple.

Enfin, la mise en place de réserves a un coût, car ces dernières ne sauraient fonctionner sans une surveillance régulière. En Province Sud, outre l’achat des deux unités et les salaires des deux équipages nécessaires à une présence quasi journalière des bateaux dans les réserves, les seuls frais de fonctionnement et d’entretien des unités de surveillance varient entre 11 et 18 millions par an.
Espaces naturels, espaces protégés en France : enjeux et conflits.
Vialatte Camille & Bausson Céline

Introduction :


« Avec l’évolution actuelle des mentalités, la redécouverte de la nature, l’intérêt grandissant porté au patrimoine, et pas seulement au patrimoine bâti – une belle futaie, une rivière propre, une côte ourlée de dunes ont aussi une valeur patrimoniale -, de nouvelles méthodes de gestion apparaissent. Il s’agit d’abord de protéger certains espaces naturels, certains écosystèmes auxquels on reconnaît une valeur particulière » (DAUPHINE A., GARRY G., RICHEZ G.).

Après une phase où on prônait un développement économique sans limite, on assiste à une prise de conscience des problèmes environnementaux, à partir du début des années soixante-dix, et même à un renversement de perception de l’homme face à la nature et au paysage. Les premières mesures de protection des espaces naturels apparaissent. Le terme d’espace naturel « n’est pas entendu comme synonyme de « sauvage » ou de « non anthropisé », mais comme définissant des secteurs où les couverts végétaux et la faune évoluent de manière plus ou moins spontanée depuis une durée variable. Ce sont soit des secteurs à biodiversité élevée, soit des espaces contenant une espèce végétale ou animale particulièrement rare ou menacée » (VEYRET Y.). Néanmoins ces nouvelles mesures sont confrontées aux pressions des groupes locaux mais aussi touristiques qui peuvent aboutir à de véritables conflits. Les politiques de protection doivent s’adapter aux réalités locales en essayant de concilier développement économique et protection de la nature. Il faut s’interroger sur les finalités de la protection : pour qui protège-t-on des espaces ? Et, dans quel but ? Et, selon quels critères ?

Après avoir montré l’évolution de la perception de la nature et la prise de conscience récente des problèmes environnementaux, nous tenterons de dresser un panorama des différentes politiques de protection des espaces naturels. Enfin, dans un dernier temps, au travers d’études de cas, nous établirons un bilan de ces politiques en montrant la difficile conciliation entre nature et tourisme. En effet, la plupart des espaces naturels fragiles sont protégés, mais deviennent, du fait même de leur protection, des espaces labellisés qui les rendent encore plus attractifs et donc plus soumis aux contraintes.


I - Le retard français dans la politique de conservation de la nature.



Le mode de gestion de la nature dépend en grande partie de la perception qu’en ont les sociétés. La protection relève de choix sociétaux, politiques, idéologiques en rapport avec l’évolution de la vision de la nature par la société.

  1. Une nouvelle perception de la nature.




Le goût pour la nature s’est développé parallèlement au mouvement romantique du XIXe siècle, à la naissance du tourisme (avec la création du chemin de fer) et à l’importance prise par les sociétés savantes à cette époque.

C’est le temps des 1er guerres écologiques :

Le classement d’une partie de la forêt de Fontainebleau en réserve artistique :

Les peintres commencent au XIXe siècle à peindre en dehors des ateliers, ils découvrent la chênaie de Fontainebleau (instaurée par la Grande Ordonnance de Colbert 1669). Les chênes les fascinent ; ces arbres deviennent le symbole de la nature  1er lutte écologique contre la coupe de ces chênes. 1853 la réserve artistique de Fontainebleau est créée  toute coupe d’arbre est interdite (les effets obtenus ne sont pas ceux qui avaient été escomptés car si la forêt présentait de tels arbres c’était grâce à une gestion quotidienne, la fin de cette gestion a entraîné une modification profonde de la forêt : de chênaie, elle est devenue hêtraie)

La naissance du tourisme entraîne également une nouvelle vision de la nature. Ainsi les membres aisés du Club Alpin ou du Touring Club ont fortement contribué à diffuser des représentations spécifiques et des modes spécifiques de gestion de la nature. Ils sont, en partie, à l’origine des 1er lois sur le reboisement des terrains de montagne qui sont les 1er lois de protection de la nature et des 1er conflits d’acteurs autour de ce thème.

1882 loi RTM (restauration des terrains de montagne) résultat d’un véritable conflit de société entre les citadins qui voyaient les sociétés montagnardes responsables du déboisement par un pratique trop importante du pâturage et ces mêmes sociétés montagnardes qui refusaient d’abandonner leurs espaces de production. Dès le départ, il n’existe pas de consensus sur la protection de la nature ; les opinions divergent selon les acteurs et leurs pratiques de la nature : conflit entre locaux et monde extérieur se retrouve tout au long des différentes politiques de protection de la nature. qui protège et pourquoi ?


  1. Les 1er lois.



La 1er véritable idée de conservation de la nature plus générale qu’un seul secteur (montagne) se trouve dans la loi de 1906 : loi de protection des sites naturels  les communes et les départements doivent souscrire les espaces classées aux usages agricoles  1er interrogation sur la sauvegarde. (Ces 1er idées de protections de la nature peuvent être rapprochées aux 1er lois sur la sauvegarde du patrimoine architectural 1913 loi sur les monuments historiques)

1927 création de la 1er réserve naturelle en Camargue (facilitée par le fait que c’est un espace très peu agricole)

1930 début du classement des sites naturels et des sites d’intérêt « pittoresque ». Il ne s’agit pas uniquement d’espaces naturels. Dans ce classement le rôle des communes est fondamental car ce sont elles qui font l’inventaire. A partir de ce classement l’Etat met en place une juridiction et des moyens financiers (lois de 1957)

 en un demi siècle mise en place d’une mentalité, volonté de protéger des sites remarquables ; problème de la définition des sites remarquables (pour qui et pour quels usages ?).


  1. La prise de conscience des années 1960-70.



Ces années marquent un nouveau tournant avec l’émergence du mouvement écologiste et d’associations de défense de la nature ainsi que naissance du discours catastrophiste : 1968, publication du rapport du Club de Rome Halte à la croissance  prise de conscience de la limite des ressources, de la pollution, des méfaits de la croissance. Volonté de préserver des espaces de « nature » (du moins ce qu’il en reste).

Deux points forts en politique :

  • création en 1971 du nouveau ministère « de l’environnement et de la qualité de la vie ».

  • loi générale sur la protection de la nature en 1976 : elle prévoyait notamment de faire des études d’impact avant tout aménagement. Elle a été prolongée récemment par la réalisation d’un inventaire du patrimoine naturel (plus de 4000 experts)  réalisation de la carte des ZNIEFF (zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique) – dans cette carte 2 types de zones sont identifiées : - territoires caractérisés par la présence d’espèces, d’association d’espèces ou de milieux rares, remarquables du patrimoine régional ou national. – grands ensembles naturels (massifs forestiers, vallées, plateaux…) riches et peu modifiés ou qui offrent des potentialités biologiques.

Ces années correspondent donc à la mise en place d’un arsenal juridique pour protéger le patrimoine naturel  politiques globales (c’est-à-dire susceptibles de toucher tous les espaces) comme les lois sur les PNR et PNN et des politiques sectorielles (notamment pour la montagne et le littoral qui sont les deux axes privilégiés de ces politiques)

II – Des espaces protégés : les différentes politiques.


  1. Les Parcs Naturels Nationaux et les Parcs Naturels Régionaux.



  1. Les Parcs Naturels Nationaux.


Le premier parc naturel, Yellowstone, est né en 1872 aux Etats-Unis. Après sa mise en place, bien d’autres parcs furent créés : Banff (Canada : 1885), Engadine (Suisse : 1911), le Grand Paradis (Italie : 1922), les Abruzzes (Italie : 1923), etc. Mais, pour ce qui concerne la France, il faut attendre 1960 ! En effet, le premier parc national français, la Vanoise, date de 1963. Depuis six autres parcs ont été créés : Port-Cros (1963), les Pyrénées Occidentales (1967), les Cévennes (1970), les Ecrins (1973), Le Mercantour (1979) et la Guadeloupe – Basse Terre (1989). Le parc des Cévennes, habité en permanence, est soumis à un régime particulier. Cinq parcs sont en projet : un en Guyane sur les îles de la Mer Iroise, deux en Corse (dont un international) au niveau des Bouches de Bonifacio, deux au niveau du Massif du Mont-Blanc (dont un en partenariat avec l’Italie).

L’objectif de ces parcs est de préserver les milieux naturels qui ont un intérêt particulier contre la dégradation naturelle et les interventions artificielles. Les activités à l’intérieur du parc sont donc soumises à des règles très strictes. Néanmoins, ces parcs nationaux sont entourés d’une zone périphérique qui permet l’accueil du public. Le parc proprement dit correspond en fait à la zone centrale. De plus, une partie de la zone centrale peut être classée en « réserve intégrale ». C’est le cas de l’île de Bagaud dans le parc de Port-Cros. L’accès au public peut alors être interdit. La gestion du parc est confiée à un établissement public à caractère administratif. Le financement est essentiellement étatique.

Les parcs nationaux connaissent un véritable succès visible par leur forte fréquentation, néanmoins, c’est cette même pression touristique qui est à l’origine de ses limites, comme par exemple la volonté d’implanter des stations de sports d’hiver en Vanoise. De plus, de part leur réglementation très sévère, les parcs nationaux ne peuvent être crées que dans des lieux quasi-inhabités. Ceci explique le faible nombre de parcs nationaux sur le territoire français. Ces nombreuses difficultés dans l’établissement et la gestion des parcs naturels ont aboutit à une forme de protection plus souple à savoir la mise en place de parcs naturels régionaux.



  1. Les Parcs Naturels Régionaux.


Les Parcs Naturels Régionaux sont créés par le décret du 1er mars 1967 (depuis, plusieurs autres décrets de lois ont complété ce premier décret). Ils se créent sur « un territoire au patrimoine naturel et culturel riche mais à l’équilibre fragile et menacé ».

Contrairement aux parcs nationaux, leur objectif est double au travers d’une conciliation entre développement économique et conservation des milieux. En effet, la création d’un Parc Naturel Régional a pour mission de :

  • protéger le patrimoine naturel et paysager ;

  • contribuer à l’aménagement du territoire ;

  • favoriser le développement économique, social et culturel et de la qualité de la vie;

  • assurer l’accueil, l’éducation et l‘information au public ;

  • réaliser des actions expérimentales ou exemplaires dans ces domaines et de contribuer à des programmes de recherche.

Il existe actuellement 40 Parcs Naturels Régionaux en France. On peut citer juste à titre d’exemples celui de la Brière (1970), du Vercors (1970), du Pilat (1974), du Verdon (1997), etc. En 1995, alors au nombre de 31, ils étaient rattachés à 2152 communes (1,8 millions d’habitants) représentant 38 309 kilomètres carrés soit 7 % du territoire.

Ces parcs, placés sous la tutelle du ministère de l’Environnement, sont mis en place à l’initiative de la région. La gestion se fait le plus souvent au travers d’un établissement public de type syndicat mixte. Depuis le décret du 1er septembre 1994, les P.N.R. sont dotés d’une Charte établie entre l’Etat d’une part et les collectivités locales, départementales et régionales d’autre part. Cette Charte, conçue pour une période de dix ans, fixe d’une part les objectifs, les moyens financiers, les orientations et les mesures à prendre, et, d’autre part, attribue au territoire classé le label de Parc Naturel Régional qui lui permet de promouvoir une image de qualité. A échéance du contrat, les acteurs redéfinissent un nouveau projet qui permettra ou non au territoire en question la prolongation du label.



  1. Les Réserves Naturelles.


De nombreuses réserves naturelles contiguës aux parcs ont été créées, soit pour des protections particulières, soit pour permettre le maintien d’activités dans des zones habitées ou exploitées.
Les réserves naturelles ont été créées par la loi du 1er juillet 1957 (qui fait suite à la loi de 1930) mais elles n’ont été réellement définies que par la loi du 10 juillet 1976, relative à la protection de la nature. La protection des réserves est devenue plus sévère et donc plus efficace. Leur mission est de favoriser « la conservation et l’évolution des espèces ». Les activités y sont réglementées voire interdites. La gestion est souvent confiée à une association.

Il existe aujourd’hui 149 réserves naturelles en France. Elles sont regroupées en six catégories : montagne (33 réserves naturelles), littoral (30), fleuve et rivière (19), lac, tourbière et marais (32), landes, forêt, prairie (20), roche, fossile, monde souterrain (15).

Les espaces de montagnes sont les mieux représentés. Exemples : Les Aiguilles Rouges face au massif du Mont-Blanc :1974 ; les Hauts Plateaux du Vercors : 1985.


  1. La protection des espaces de montagne.



De nos jours, près de 30 % des espaces de montagnes sont soumis à des mesures de protection.
Les premières mesures de protection des zones de montagne sont anciennes puisqu’elles datent du XIXème siècle avec la politique des R.T.M. (Restauration des Terrains en Montagne) qui consistaient à reboiser pour enrayer l’érosion et diminuer ainsi les risques naturels.

Les zones de montagnes, comme le reste du territoire français, ont été ensuite concernées par la mise en place des Réserves Naturelles, des Parcs Naturels Nationaux, et enfin des Parcs Naturels Régionaux. Ce système de protection a été particulièrement utilisé en montagne.

La loi du 9 janvier 1985, dite la « loi montagne », relative au développement et à la protection de la montagne est ensuite créée, certes trop tardivement. Par la création d’un Conseil National de la montagne et de Comités de massifs, elle institutionnalise la reconnaissance de la spécificité de la montagne. « La montagne constitue une entité géographique, économique et sociale dont le relief, le climat, le patrimoine naturel et culturel nécessitent la définition et la mise en œuvre d’une politique spécifique de développement, d’aménagement et de protection » (Article 1er). En ce qui concerne la protection des espaces de montagnes, cette loi prévoit :

  • la préservation des terres agricoles et celles des « espaces, paysages et milieux caractéristiques du patrimoine naturel et culturel montagnard » par la possible annulation d’un P.O.S. (Plan d’Occupation du Sol) ou d’un permis de construire ;

  • la nécessité d’une urbanisation en continuité avec les bourgs et les villages. Ce principe a été redéfini par la loi relative à la protection de l’environnement de 1995. Ceci pour éviter la création de station de sports d’hiver ex-nihilo.


Par ailleurs, la nouvelle loi de 1999 en matière d’environnement a maintenu le principe des D.T.A. (Directives Territoriales d’Aménagement) créées par la loi de 1995. L’Etat peut ainsi « fixer, sur certaines parties du territoire, [ses] orientations fondamentales en matière d’aménagement et d’équipement entre les perspectives de développement, de protection et de mise en valeur des territoires ».


  1. La protection des espaces littoraux.



En ce qui concerne la protection des espaces littoraux, il existe deux mesures spécifiques.



  1. « Le Conservatoire de l’espace littoral ».


Face aux conflits d’usage naissants, un contrôle et une gestion de l’espace se sont avérés nécessaires. Dans ce contexte, il est apparu que seule une action foncière protectrice pourrait assurer aux collectivités la prééminence sur les intérêts privés, en luttant notamment contre une urbanisation abusive. C’est ainsi qu’est né le Conservatoire du littoral. Sa création est tardive puisqu’elle a été officialisée par la loi du 10 juillet 1975.

C’est un établissement public administratif. L’Etat est propriétaire mais la gestion est déléguée à une association, une municipalité ou un organisme public. Cet organisme peut exercer son influence sur 6935 kilomètres de rivages côtiers (D.O.M. inclus).

Ses objectifs consistent à :

  • intervenir sur les espaces menacés soit en les achetant (propriétaire consentant ou expropriation), soit en contraignant leur propriétaire à certaines règles. Une fois acquis, les terrains deviennent inaliénables et inconstructibles.

  • préserver les terrains agricoles qui contribuent au maintient des espaces ouverts.

En mars 1995, le Conservatoire du littoral avait acquis 44 616 hectares de terres réparties sur 339 sites et 622 kilomètres.

L’espace méditerranéen, et plus particulièrement l’Ile de Beauté, est le plus concerné puisqu’il représente la moitié des terrains acquis (52 %) : 15 000 hectares sur le rivage continental et 10 600 hectares en Corse. Cette surreprésentation peut s’expliquer par le fait que cet espace subit la pression touristique et urbanistique la plus forte. Le Conservatoire du littoral concerne 15 % du linéaire côtier corse contre seulement 5 % du littoral méditerranéen ! Paradoxalement, le département des Alpes maritimes très privatisé est le moins bien représenté. Le rivage atlantique quant à lui représente 20 % du domaine du Conservatoire, celui de la mer du Nord 14 % et l’espace maritime des D.O.M. 14 %.

Dans l’ensemble, la création du « Conservatoire de l’espace littoral » est un succès tant par l’ampleur de ces acquisitions que par l’ouverture des espaces littoraux au public mais aussi par la menace d’achat qu’il constitue aux éventuels projets urbanistiques intempestifs. Néanmoins, cet organisme doit faire face à des problèmes budgétaires (coût des achat des terrains).



  1. La loi « littoral ».


La loi « littoral » du 3 janvier 1986 a été créée pour faire face aux conflits d’intérêts privés et garder ainsi une cohérence entre les différents secteurs du littoral.

Son principal objectif est de contrôler au travers du code d’urbanisme les espaces côtiers terrestres, maritimes et lacustres : limitation de la capacité d’accueil des espaces urbains, préservation des espaces et des milieux spécifiques. Par exemple : interdiction de construire, en dehors des espaces urbanisés, sur une bande littorale de 100 mètres. Avec néanmoins une possible dérogation pour les services publics et les activités économiques liées à l’eau. Par exemple : interdiction de construire de nouveaux réseaux routiers à moins de 200 mètres du rivage.


  1. La protection des espaces ruraux.



De nos jours, on assiste à une profonde mutation du monde rural et agricole lisible dans le paysage. En effet, on dénonce :

  • le remembrement et l’agriculture intensive pouvant aboutir à une banalisation des paysages ;

  • la friche qui est synonyme d’abandon ;

  • l’extension de la forêt qui conduit à la fermeture des paysages ;

  • le mitage du nombre de campagnes et le phénomène de rurbanisation qui sont ressentis comme une perte d’identité.


C’est ainsi qu’est née la loi du 8 janvier 1993, dite « loi paysage ». Ses actions sont multiples :

  • elle exige, avant toute autorisation de construction, une étude de l’insertion dans l’environnement et de l’impact visuel.

  • elle renforce les dispositifs de protection en élargissant les compétences du Conservatoire du littoral, renforçant les chartes des P.N.R., et surtout, définit des Zones de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (Z.P.P.A.U.P.).

  • elle implique un inventaire régional paysager mais ne propose pas de critères d’évaluation des zones à protéger.


Les espaces ruraux protégés ou préservés au nom de valeurs écologiques et esthétiques sont donc soumis à diverses réglementations qui tendent à y limiter ou y interdire le développement industriel et immobilier.


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