Nous sommes tous d’étranges fous








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Slavoj Žižek
Nous sommes tous d’étranges fous
(Article qui est paru le 7 avril 2016 dans “Die Zeit”. Citations et commentaires)

« La peur d’une invasion de réfugiés à travers l’Europe prend une proportion paranoïde. (…) Les réfugiés, qui fuient la terreur, sont assimilés à des terroristes auxquels ils essaient d’échapper. »1.
Žižek (Ž.) parle de la masse des migrants qui partent en direction de l’Europe comme de réfugiés (« des réfugiés qui fuient la terreur »). Mais énormément de ceux qui arrivent en petites ou grandes fournées en Italie, en Grèce, etc., ou qui proviennent d’Afrique, du Proche ou du Moyen Orient, sont des immigrants qui quittent leur pays pour des raisons très diverses : politiques, économiques, culturelles, religieuses, etc. : pas de véritables réfugiés au sens traditionnel du terme, à savoir des êtres humains qui pour sauver leur vie devant des catastrophes naturelles, la guerre, la guerre civile, la terreur, l’oppression, fuient hors de leur patrie, et qui désirent ardemment y revenir le plus tôt possible.

Pour Ž., toute réaction d’inquiétude des autochtones par rapport à l’immigration d’Asiatiques et d’Africains, ou même de personnes venant d’ailleurs, par exemple en provenance des Balkans, est paranoïde.

« Et avant tout, comme d’habitude, la cause des problèmes aigus du capitalisme global d’aujourd'hui est projetée sur un intrus extérieur. ».

« … obsession d’un danger d’immigration… »

« … paranoïa raciste… »
Et donc immigration (« danger d’immigration ») !?

J’attribue à Ž. À peu près la position classiquement marxiste-antifasciste suivante : « Les gardiens obsessionnels de la pureté de la race ou de l’ethnie, les pantins de la bourgeoisie nationaliste, détournent - ah, comme l’on a bien connu ce phénomène dans l’histoire ! - de la lutte des classes prolétarienne anticapitaliste et internationaliste contre le capitalisme mondial en vue de l’établissement d’un socialisme global sans frontières, qu’elles soient d’État ou d’autre chose ».

Il découle de cela que ne serait-ce que la moindre réserve à l’égard d’étrangers (quant à la nation, la culture, la religion, la race, la mentalité, etc.) est dénoncé comme raciste. Celui qui trouve que l’immigration de personnes d’origine étrangère est problématique et qui exprime par exemple des doutes écologiques-démographiques ou culturels (relatifs au danger de la perte de l’intégrité culturelle et du danger de conflits ethniques internes à tendance chauvine, voir infra) est déclaré raciste.
« L’autre dimension est le spectacle tragi-comique de l’auto-incrimination sans fin de l’Europe, qui aurait soi-disant perdu son humanité. Elle laisserait les cadavres de milliers de noyés être déposés par les flots à ses frontières. ».

« Qu’une telle auto-flagellation généreuse par des appels humanitaires à notre compassion et à notre sentiment de solidarité ne provoque rien ne devrait surprendre personne. ».
Qu’espère donc Ž. : qu’il devrait sortir quelque chose des accès massifs de sentiments humanitaires et des actions correspondantes ? La révolution des offensés de la terre contre le capitalisme global ? Ce serait naïf d’attendre cela.
« Si nous voulons vaincre réellement le racisme en Occident, nous devons tout d’abord nous débarrasser de l’auto-accusation politiquement correcte sans fin.

« Il [Pascal Bruckner] reconnaît dans l’auto-flagellation européenne politiquement correcte le fait de s’accrocher à sa propre supériorité, mais seulement maintenant avec un signe négatif. ».

Laissons de côté le fait que vaincre le racisme n’est pas le grand problème de l’Occident. Le véritable racisme (= le suprématisme racial) s’est vu retirer toute base avec le mélange en cours de toutes les races et de toutes les nations ; tout particularisme chauvin de groupe trouve pourtant, comme affirmation de sa suprématie polémique, sa “différence” également en dehors de caractéristiques raciales, ethniques ou autres, comme les violents affrontements entre supporters de clubs de football indifférenciables le démontrent : les couleurs et les emblèmes qu’ils portent, comme jadis les symboles héraldiques du Moyen-âge, créent assez de distinction et de raison pour se balancer des bouteilles à la tête.

Concernant : « l’auto-accusation politiquement correcte sans fin ». À mon avis, l’Europe s’est rendue coupable d’une grosse faute dans l’histoire du monde. C'est là en particulier que le capitalisme est né et qu’il y a triomphé complètement. C'est à partir de l’Europe qu’il s’est répandu de manière coloniale-impérialiste sur l’ensemble du globe terrestre avec des moyens militaires et économiques, et qu’il a été imposé à tous les peuples et à toutes les cultures. Aujourd'hui, il n’y a plus qu’une seule civilisation sur la terre : la civilisation capitaliste, techniciste, démocratique, naturellement dans ses différents modèles et stades de maturité. Mais cela n’en est absolument pas au point que la culture européenne, qui a donné naissance à la civilisation capitaliste, n’ait pas été supérieure, et ne le soit pas encore à bien des égards, aux peuples, aux empires et aux cultures situés à l’extérieur de l’Europe. Que le capital, la technologie et la démocratie, aient été ou soient pourtant imposés à tous les peuples, par exemple aussi à la sphère culturelle arabo-musulmane, est un fait criminel.

C'est par conséquent paradoxal : l’Europe et son rejeton américain sont “meilleurs” que le reste de l’humanité, que ce soit dans le bien ou dans le mal. Si l’on refuse tout modèle de développement pour l’histoire de l’humanité afin de mettre le holà à toute possibilité de suprématisme, on s’empêtre alors inévitablement dans le paradoxe de l’auto-incrimination, telle que Bruckner, et également Ž. à sa suite, la dénoncent.
« Si nous ne faisons plus l’affaire comme seigneurs bienveillants du tiers-monde, alors faisons la au moins comme source privilégiée du mal, laquelle diminue avec condescendance pour ses habitants la responsabilité de leur propre destin ». [Ž. cite P. Bruckner].

« … nous avons besoin des clichés sur les graves situations en Afrique, etc., pour conforter notre cliché de l’Occident rapace et meurtrier. ».

« … Chacun de nous est coupable devant tous pour tous et pour tout, et moi peut-être plus que les autres » [Ž. cite le starets Zosime des Frères Karamazov de Dostoïevski].

« Si l’auto-flagellation permanente de l’Occident pour le mal infligé au tiers-monde représente une tentative désespérée pour préserver notre supériorité, alors la véritable raison pour laquelle le tiers monde déteste l’Occident ne consiste pas en son passé colonial et ses répercussions, mais en un esprit empreint d’autocritique avec lequel l’Occident a abjuré son passé - avec l’invitation implicite adressée aux autres de se joindre à cette démarche autocritique. ».
Ž. argumente ici de manière très subtile : l’Occident a effectué la soumission arrogante du monde entier à sa civilisation capitaliste, laquelle est née sur le terrain de sa culture élaborée de manière unique en son genre dans l’histoire du monde, mais il abandonne ensuite cette soumission dans la phase de la décolonisation (après que tous les peuples ont accepté nolens volens le capital, le technicisme et la démocratie) - et il soumet aujourd'hui le tiers monde (et ses pays émergents) à une autocritique masochiste envahissante.

La question se pose-t-elle de savoir si le tiers monde (et les pays émergents) flairent avant tout derrière cette autocritique une prétention à la direction du monde qui continuerait à exister de manière latente, c'est-à-dire une grande hypocrisie (du fait des pratiques postcoloniales, de l’interventionnisme OTAN-US et de la primauté économique du marché) de l’Occident, ou bien si, étant donné autant de repentirs et de scrupules, tels qu’ils sont exprimés maintenant par les anciens maîtres, ils ressentent la contrainte morale de devenir eux aussi autocritiques ?

De plus : il ne faut pas oublier que le “nous” ou bien “l’Occident” - le nom des sujets pour lesquels Ž. parle - ne représente pas une voix unique. S’il y a depuis bientôt 200 ans la voix du capital sous la forme du discours libéral, impérialiste, missionnaire au niveau mondial, il y a cependant depuis autant de temps la voix contradictoire du côté socialiste, mais aussi réactionnaire, qui refuse catégoriquement tout expansionnisme, toute activité missionnaire et tout colonialisme ! Ce “nous”, ce “l’Occident”, est donc l’expression d’un discours mystificateur ; ce n’est pas un hasard si Ž. le tient : c'est la rhétorique du libéralisme dans lequel débouche presque tout ce qui était autrefois révolutionnaire-socialiste après la percée de la démocratie de masse consumériste qui a suivi la Seconde Guerre mondiale ; et c'est ce qui constitue l’aile sociale de ce libéralisme.

Repentirs et scrupules sont des valeurs de la culture européenne (la plupart du temps présentées du côté “gauche” - chrétien-socialiste), qui, à mon avis, sont plutôt faiblement développées dans d’autres cultures du monde. Qu’il est difficile par exemple pour la Turquie (relativement à ce qui a de l’influence là-bas) d’avouer la culpabilité du régime d’Atatürk concernant l’expulsion des Arméniens (il y a maintenant 100 ans) ; ou bien, voici un autre exemple, quelqu’un a-t-il jamais entendu dire que de vastes milieux du monde arabe ont critiqué ou critiquent l’impérialisme religieux musulman ? En tout cas, pas moi. Une grande partie du monde non-européen pourrait absolument apprendre “de l’Occident” la capacité à l’autocritique !

Dans cette mesure, la critique de Ž. adressée à la manie de l’autocritique elle-même est une forme supérieure de masochisme ; pourquoi, par exemple, ne pas reconnaître honnêtement et ouvertement que des éléments de sa propre culture sont de bons éléments ?
« L’héritage occidental est tout compte fait non seulement la suprématie impérialiste (post-)coloniale, mais aussi la remise en question autocritique de toute violence et de toute exploitation que l’Occident a apportées au tiers monde. ».
Exactement.

« En dépit de sa perte (des colonies), l’Occident est quand même gagnant puisqu’il impose sa forme sociale aux autres. ».
D’accord. Le renvoi des colonies (c'est-à-dire des peuples et des tribus) à leur indépendance ne pouvait pas signifier un retour à leurs racines.
« Quand les libéraux de gauche répètent que la vague de terrorisme est la conséquence des interventions coloniales et militaires occidentales au Proche Orient, de sorte que nous en porterions en fin de compte la responsabilité, c'est un racisme flagrant et condescendant qui saute aux yeux avec leur analyse. En effet, celle-ci réduit l’autre à l’état de victime passive et elle lui dénie tout but qui lui soit propre. ».
Absolument d’accord. Ce qui est dérangeant, c’est le scandale du racisme qui est une fois de plus dénoncé. (Le racisme semble être ce qui est largement la pire chose qui existe dans le comportement humain). Ž. insiste sur le victimisme : c'est là tout à fait une conquête théorique pour une personne de gauche. Or il ne faut cependant pas oublier maintenant que le chaos chronique au Proche Orient, en Libye, en Afghanistan, au Yémen, etc., doit être attribué en grande partie aux interventions américaines ou de l’OTAN au cours des 20 dernières années, et en outre, depuis un passé plus éloigné, à l’existence provocatrice de l’État d’Israël. En grande partie, mais certainement pas totalement : il existe aussi un impérialisme des États du Golfe, de l’Arabie Saoudite et de l’Iran (pour se limiter à cette grande région).
« L’héritage émancipateur de l’Europe doit (…) être protégé au premier chef contre les Européens eux-mêmes, à savoir contre ces populistes hostiles à l’immigration qui considèrent que l’Europe est menacée par une gauche multiculturelle trop tolérante. ».
Il n’y a aucun doute qu’ils existent, y compris et surtout en Europe centrale : à peu de choses près, des couches de population archaïques ayant un comportement atavique qui ressent immédiatement ce qui est autre, étranger, comme une menace existentielle et une perturbation/destruction de soi, et qui réagit spontanément avec de pauvres modèles de bouc émissaire et de projection sur l’étranger. Mais, avec l’extension, qui franchit toutes les frontières, du paysage relatif aux transports, aux communications et aux médias, elles sont réduites à l’état de minorités négligeables, sans importance.
« Il est très facile de dire que les immigrants musulmans, qui enfreignent nos règles, doivent être expulsés et renvoyés dans leurs pays d’origine - mais qu’en est-il avec ceux qui, parmi nous-mêmes, violent notre héritage d’émancipation ? ».
Ž., comme presque tous les gens de gauche, ne semble posséder aucune sensibilité pour la “culture”, l’“ethnie”, pour ce que l’on n’ose presque plus désigner aujourd'hui comme le peuple ! Et pourtant il est comme ceux qui sont proches des milieux qui interviennent noblement en faveur des droits et de l’intégrité des peuples primitifs encore existants, et qui ressentent des sentiments de culpabilité pour le fait que leurs ancêtres aient envahi par exemple sans scrupules les deux Amériques et qu’ils aient volé ou extorqué par la ruse la terre à la population indigène !

Une ethnie, une communauté culturelle, est quelque chose de relativement fermé car, comme tout ordre dans le monde, elle est menacée de dissolution par le chaos. Un organisme - et une communauté culturelle de mœurs, de langue, d’histoire commune, de destin, etc., a quelque chose d’un être intrinsèquement biologique - a besoin d’une limite (perméable), d’un mécanisme de défense contre la décomposition par l’hybridation, par le mélange, par l’anéantissement. D’autre part, toute ethnie a besoin de nouvelles idées, de stimulations afin de ne pas se scléroser, et donc de facto de relations avec les autres “organismes”, avec un “extérieur”.

Ž. fait comme si tous les hommes n’étaient tout simplement que des membres de l’espèce Homo sapiens sapiens, et non pas également des membres de collectivités, de cultures, de communautés religieuses, etc., qui se sont développées au cours de l’histoire et qui possèdent leur cercle de confiance interne et naturel d’échange « de biens, de mots, de femmes » (Claude Lévi-Strauss). Comme toute la gauche, il a fait siens le marché libre capitaliste mondial, la dépendance exclusive des hommes vis-à-vis du capital, avec l’abandon concomitant de toutes les obligations naturelles et culturelles passées et traditionnelles, à tel point qu’il rejette comme absurdes et impossibles tous les rapports humains plus anciens, non capitalistes (tels que ceux que l’on ne voudrait certes pas tout simplement défendre : le féodalisme, le despotisme asiatique, l’Antiquité esclavagiste, le tribalisme). Il rêve en effet à une société mondiale, socialiste, indifférenciée, homogène, … pour laquelle la société capitaliste mondiale entièrement globalisée, avec un marché totalement libre et une dépersonnalisation totale des rapports serait la plate-forme idéale de départ.

Il existe une loi universelle de par le monde, dans les sociétés traditionnelles, selon laquelle un hôte qui se comporte de manière inconvenante dans la maison où il est invité et qui dédaigne les règles les plus élémentaires qui sont connues (car elles existent) de tous les hommes, quelle que soit leur culture, est expulsé de cette maison. Un membre de la maison qui se rend coupable de la même faute n’est exclu de la collectivité que dans des cas extrêmes exceptionnels. Différentes lois s’appliquent donc manifestement à des groupes humains différents ! Naturellement, cela ne saute pas aux yeux d’un ultra-démocrate de gauche (c'est-à-dire social-libéral) comme Ž.

Les immigrants musulmans qui veulent pratiquer la charia, disons en France, doivent être expulsés du pays. Mais avec les Européens convertis à l’islam, l’on n’a pas le droit de procéder de la sorte ; il y a là un conflit à l’intérieur de la communauté culturelle française elle-même.

Naturellement, ce qui constitue la culture française, en tant que produit d’un passé qui est marqué par exemple par des rapports de classe et d’états (que l’on refuse) est absolument problématique. Mais un homme ne peut pas vivre en dehors d’une culture - même si c'est la plus condamnable qui soit.

« Ces gens qui, dans nos pays, bafouent avec persévérance le droit à l’avortement et le mariage des personnes de même sexe se transforment d’un seul coup en avocats des libertés occidentales ! ».
C'est en effet quelque chose de paradoxal, ou mieux, d’illogique, quand des gens “de droite” - c'est là un autre exemple - mettent en accusation l’irréligiosité de la société postmoderne, et d’un autre côté refusent aux immigrés musulmans la pratique de leurs mœurs et coutumes religieuses (et la construction d’une mosquée). À vrai dire, il s’agit de toute façon pour ces gens de droite (nous le concédons volontiers : cet étiquetage est par trop sommaire) du rejet des immigrants étrangers, d’où qu’ils viennent.

Je dois avouer honnêtement que je n’aime pas les immigrants en Suisse en provenance d’Allemagne. Non pas parce qu’ils me sont personnellement moins sympathiques que mes “compatriotes” - c’est plutôt le contraire -, mais parce qu’ils sont culturellement différents. Lorsque l’on m’aborde au bureau de poste en me parlant en bon allemand, je ressens cela comme une perte réelle de mon pays, de mon sentiment de sécurité, à cause du fait que le dialecte suisse est devenu une langue aborigène, quelque chose de minoritaire.

Revenons brièvement sur l’injonction selon laquelle les immigrants devraient s’“intégrer”. Je trouve que la pression exercée en vue de l’intégration est peut-être une exigence excessive. Que doit-on faire reproche aux grands ghettos de Maghrébins en France, de Turcs en Allemagne : de mal s’intégrer, c'est-à-dire seulement de mal accepter la nature de leur peuple hôte ? Des immigrants individuels et de petits groupes doivent bon gré, mal gré abandonner leur langue, leur religion, etc., et donc leurs pratiques sociales, dans un environnement étranger. Mais les grands groupes ? Dans le cas idéal, ils colonisent, comme au temps des grandes invasions des tribus germaniques, des niches et des espaces libres dans les pays envahis, ce qui leur permettait de maintenir sans entraves leur culture, au moins durant plusieurs générations. Ce qu’est en fin de compte la culture dominante, c’est une question de pouvoir qui n’est pas décidée principalement par la force démographique.

Mais revenons au texte : il y a en effet une parenté de mentalité entre les islamistes et les “gens de droite” (avant tout les chrétiens traditionnalistes) : les deux groupes sont fondamentalistes et monothéistes ; ils se considèrent comme les détenteurs DE LA Vérité, ce qui est davantage que la manifestation d’une fidélité à leur tradition : leurs coutumes, leur(s) histoire(s), leur conviction, leur ”axe de vie” communautaire, leur représentation de ce qui est saint. Cela peut conduire à une situation paradoxale : des chrétiens orthodoxes rejettent l’islam, mais en même temps, dans des questions éthiques importantes, ils se retrouvent profondément en accord avec lui, par exemple concernant l’avortement et le mariage homosexuel. Face à la désacralisation-sécularisation du monde par le biais du capital, du technicisme et de la démocratie, il existe une alliance tacite des religions (et elle ne concerne pas seulement celles qui sont monothéistes). Nous constatons également que, dans le domaine éthique, les grandes religions du monde préservent partiellement encore des points de vue sains, par exemple en ce qui concerne l’avortement, la médecine relative à la procréation, l’homophilie, la famille, la fidélité à le terre natale.
« …que ce ne sont pas ses immigrants musulmans qui représentent la menace principale de l’Europe, mais ses défenseurs populistes hostiles à l’immigration. ».
1°) Ž., comme nous l’avons déjà mentionné, a accompli une glissade sémantique : il est maintenant question d’immigrants et non de refugiés.

2°) On souligne ici que le problème, c’est l’immigration ; ce n’est qu’accessoirement que se pose la question de savoir quels sont les hommes, de telle culture, race, etc., qui immigrent. Et ceci avant tout parce que les pays d’immigration sont habités, et même surpeuplés écologiquement et à bien d’autres égards. Il n’y a en Europe de vie bonne, humaine, en harmonie dans une certaine mesure avec la nature, durable, qu’avec une densité de population de 10 hommes au kilomètre carré. Bien sûr, industriellement, on peut en mettre 5000, plus qu’à Taiwan. Celui qui considère cela comme une base de vie humaine (et encore moins donc favorable à la nature) ne peut que faire pitié.

3°) Ž. fait, de manière typiquement antifasciste, de tous les ennemis de l’immigration tout simplement des “racistes” (voir supra). Du reste, ces ennemis de l’immigration ne sont pas forcément des ennemis des immigrants. Et du reste aussi, ils ne sont pas forcément des défenseurs de l’Europe : beaucoup n’ignorent pas le passé extrêmement problématique de l’Europe avec se racines judéo-chrétiennes, grecques, proche-orientales, germaniques, celtes et romaines (etc.), sans qu’ils veuillent les couper.

4°) Un pays appartient à ses habitants, donc aux hommes qui vivent sur et de son sol et qui ont trouvé collectivement une forme traditionnelle de culture sur lui, qui considèrent leur pays comme un refuge, comme le lieu sacré de leurs ancêtres qui y sont enterrés, et qui connaissent ses dangers naturels et ceux d’agression (par des ennemis). C'est là évidemment un idéal ; il n’a rien à voir, absolument rien, avec le chauvinisme et l’expansionnisme nationaux, même si l’on recourt au droit naturel de la défense du pays. Ledit idéal comporte une attitude des habitants qui est pleine de respect pour l’écologie et la nature du pays, et donc un bout de terre avec ses eaux, ses montagnes, ses forêts, ses plaines, appartient autant aux plantes, aux animaux, aux champignons et aux microbes qu’aux hommes. La réalité, comme nous le savons, a un tout autre visage : la terre appartient à des propriétaires fonciers qui ont une manière capitaliste de penser, qui ne constituent certes plus aujourd'hui la fraction prépondérante de la classe capitaliste (c'est la finance), mais qui continuent à être puissants. Il règne en général le jus utendi et abutendi(*) qui n’est limité qu’assez faiblement par la communauté étatique. Le sol, le pays, est, selon le même genre de droit que ledit droit, librement aliénable, et il est donc disponible pour son acquisition à ceux qui, indépendamment de leur nationalité, sont suffisamment solvables. Nous tombons ici sur un cas où un droit de l’homme (“le droit de propriété”) produit des conséquences dévastatrices : les conséquences du capitalisme mondial apatride. Partant, l’on doit ne plus voir, à bon droit, son pays natal comme étant sien, rejeter la défense nationale et finalement, désespérés, parvenir à cette position : nous les moins-que-rien, les méprisés, les sans pouvoir, nous n’avons pas de patrie, la seule que nous connaissions, c'est l’“avenir” (Amadeo Bordiga). Mais cette position ne peut cependant jamais aller jusqu’à refuser tout lien terrestre et national dans un cosmopolitisme abstrait et hédoniste (“ubi bene ibi patria(**)) ! Malheureusement, c'est ce chemin qu’a pris la gauche et elle a atterri dans le libéralisme.
« La politique multiculturelle de l’identité, avec son respect du mode de vie de l’autre, stigmatise au fond les autres dans leur identité - c'est la caractéristique commune des deux positions contraires, celle qui regarde l’islam comme une menace pour notre mode de vie, et celle qui considère les musulmans comme un vis-à-vis amical et qui est capable de reconnaître un enrichissement dans les différences qui nous séparent. Notre réaction de loin prédominante par rapport aux musulmans - à savoir garder ses distances parce qu’on ne les aime pas ou bien parce qu’on les respecte - contribue de cette manière-là à ce que la “menace” devienne réalité. ».
Ci-dessus, il est question de la façon dont les humanistes libéraux de gauche considèrent les musulmans comme « un vis-à-vis amical » (nous préférerons utiliser en général pour cela le terme d’“amis”), et donc non pas comme des hommes avec lesquels l’on doit garder ses distances ; au contraire : qui se réjouit le plus des mariages mixtes, des synthèses et des mélanges de toute sorte entre la population de souche et les immigrés que les gens de gauche et les libéraux ?

Encore une fois : refuser la proportion excessive d’étrangers, l’invasion d’étrangers, n’est pas forcément identique à la haine de l’étranger. Ce qui importe pour cette position différenciée à ce sujet, c'est la préservation de l’étranger, de l’autre. La promiscuité, la suppression de toutes les limites entre ce qui est étranger et ce qui nous est propre représente un énorme appauvrissement. La possibilité d’une authentique fécondation réciproque entre des cultures différentes va se perdre à long terme si les « laboratoires de formes de vie particulières » sont instantanément court-circuités. La multi-culturalité de l’humanité sur la terre se perd dans la masse homogénéisée d’une nouvelle espèce : Homo zombiens.

« …tandis que, de l’autre côté, l’autoaccusation humanitaire est complètement narcissique et qu’elle disparaît devant le voisin immigré. ».
L’autoaccusation va trop loin quand elle fait des autres a priori des victimes (victimisme) de la politique présente ou passée de l’Europe (de l’Europe, c'est-à-dire de l’impérialisme-colonialisme capitaliste) et qu’elle leur dénie la capacité et le pouvoir de se comporter eux-mêmes de manière impérialiste-agressive (je pense ici à l’agressivité manifeste de l’islam, avant tout dans le fondamentalisme salafiste de l’Arabie saoudite). D’après mon expérience, cette auto-incrimination s’accompagne d’une position vis-à-vis des étrangers (par exemple des musulmans) immigrés devenus des voisins qui est différente d’une fermeture sur soi. Ž. tente ici une mise au pas de la gauche et de la droite : la gauche comme la droite accomplit une projection ; pour les gens de droite les étrangers sont les méchants, et pour les gens de gauche ils sont les victimes de leur propre méchanceté.

Qu’est-ce qui différencie du reste la haine que les gens de gauche attribuent avec plus ou moins de raison aux radicaux de droite vis-à-vis des étrangers, de la haine que les gens de gauche vouent à l’extrême droite ? N’existe-t-il pas là une isomorphie préoccupante (stéréotypes, projections, schéma ami-ennemi) ?
« Notre devoir est par conséquent de parler ouvertement de tous les thèmes désagréables sans faire de compromis avec le racisme. Nous devons donc refuser l’idéalisation humanitaire des réfugiés, car elle rejette toute tentative d’aborder clairement les questions difficiles de la cohabitation des différents modes de vie comme étant une concession à la droite néofasciste. Ce qui est entièrement perdu de vue là-dedans, c'est la véritable rencontre avec un authentique voisin, ou une authentique voisine, dans sa forme de vie spécifique. ».
L’on admet qu’il y a des frictions entre des gens d’origine locale et des gens d’origine étrangère ; un progrès par rapport au kitsch sentimental humaniste. Comment remédier à ces frictions et à ces conflits latents ? Ž. propose une « véritable rencontre » avec le voisin, avec par exemple un Érythréen qui vient juste d’immigrer, qui connaît quelques bribes d’italien, qui mange de la viande de chèvres égorgées, et qui fait exciser ses petites filles. Comment une relation entre voisins est-elle ici possible, une relation par laquelle je n’entendrais guère plus que la manifestation d’intérêt - pour rester sur un exemple - pour la quatrième grossesse de son épouse et que la demande pour savoir si les prestations sociales sont suffisantes ? Une question de convivialité et de constance dans les relations, qui dépendent donc de conditions qui n’existent presque plus dans le maelstrom d’une mobilité et d’une volatilité, d’une innovation, d’une désorganisation et d’une substituabilité, de plus en plus rapides ! On évoluera de manière plutôt tolérante sans se préoccuper des autres selon la devise : chacun pour soi et l’État (social), etc. , pour tous, de manière tout à fait “socialiste”.

Pourquoi des Africains, des Asiatiques (occidentaux), des Sud-américains, etc., immigrent en Europe en formations de masse, mais plus souvent au compte-goutte ? Les hommes devraient pourtant (pouvoir) rester dans leur lieu d’origine partout dans le monde ! Le droit de l’homme de la liberté de circulation individuelle globale est, comme tous les autres droits de l’homme, c'est-à-dire du citoyen du monde, c'est-à-dire du capitaliste (c'est ce qu’ils sont, en effet ! Il n’y a qu’à lire Marx !), une aberration tout aussi grande que la liberté de circulation du capital. « No borders » est le cri de bataille de la bourgeoisie libérale depuis 250 ans. Pendant ce temps, le monde est devenu un non-lieu pour les hommes, et la terre un cimetière pour la nature sauvage.
« René Descartes (…) faisait remarquer que, dans ses jeunes années, les mœurs (…) des étrangers (…) lui paraissaient ridicules. Mais il se demanda par la suite ce que cela ferait si nos mœurs semblaient ridicules (…) à ces étrangers. Le résultat de cette inversion de perspective n’est pas un relativisme culturel général, mais quelque chose de beaucoup plus radical, à savoir l’invitation pressante à se voir soi-même comme excentrique, à reconnaître ses propres habitudes dans toute leur étrangeté et tout leur arbitraire. »
Je me demande comment, à partir de la reconnaissance de l’étrangeté de même niveau des mœurs, les nôtres et les étrangères, il peut résulter autre chose qu’un relativisme culturel, et même un nihilisme pour lequel il n’y a pas de valeurs absolues ! En outre, du point de vue phénoménologique, il se cache là-derrière une profonde malhonnêteté : qui donc soutient que la façon dont l’on vit et l’on pense dans son groupe (culture, peuple, religion, ethnie) n’est pas, dans la vie immédiate et non-réflexive, la seule façon juste ? Naturellement, une introspection qui objective relativise immédiatement cette auto-certitude absolue, sans tomber toutefois en même temps dans un relativisme culturel, avant tout quand il s’agit de jugements réellement éthiques. C'est ainsi que c’est un réel progrès culturel que des pratiques comme la chasse aux sorcières, le jugement de Dieu ou bien le bûcher pour les veuves, soient lourdement frappés d’ostracisme sous nos latitudes. À cet égard, il existe tout à fait une supériorité morale vis-à-vis de nombreux peuples. Ž. parle bien sûr lui-même de l’émancipation comme d’une richesse de grande valeur de la tradition occidentale !
« La vérité, la pure vérité, à propos de homme, c'est qu’il est un être extrêmement étrange, presque comme un étranger sur la terre. (…) Il ne se sent pas bien dans sa peau ; il ne peut pas se fier à ses instincts. Il est en même temps un créateur qui peut bouger mystérieusement les mains et les doigts et une sorte de cul-de-jatte. (…) Il est le seul parmi les animaux à être secoué par la magnifique folie ayant pour nom le rire, comme s’il était au courant d’un quelconque secret de la véritable forme de l’univers qui est étrangère à l’univers lui-même. ». [Ž. cite G.K. Chesterton, L’homme éternel].
Avec l’énonciation figurant ci-dessus, Chesterton vise naturellement le véritable et réel refuge de l’homme : la vie supraterrestre, divine-éternelle dans l’au-delà.

Ž. ne va pas jusque là. Mais il ajoute pour nous, les naïfs :
«  Nous sommes notre forme de vie, elle est notre seconde nature, laquelle, de ce fait, ne peut pas être modifiée, en tout cas pas directement, par la culture. Pour cela, c'est quelque chose de beaucoup plus radical qui est nécessaire, une sorte de distanciation brechtienne, une expérience existentielle profonde par laquelle apparaît brusquement pour nous combien nos mœurs et nos rituels sont ridicules, absurdes et arbitraires - qu’il n’y a rien de naturel dans la manière dont nous nous serrons dans les bras et nous nous embrassons, nous nous lavons, nous prenons nos repas. ».
Quoi qu’il en soit, ces coutumes, ces axes de vie, ces valeurs, sont devenus une “seconde nature”, et donc presque une nature. Personne ne peut réussir à la relativiser durablement, “de manière noble-raisonnable”, dans une auto-objectivation, sans courir gravement le danger de perdre toute capacité à une consternation affective profonde dans une forme existentielle d’ironie. De manière purement intellectuelle, l’on n’éprouve en effet rien de plus. Naturellement, la méditation qui prend ses distances par rapport aux émotions et aux réactions spontanées est nécessaire, mais cela n’implique pas la suspension de tout jugement de valeur : comme cela a déjà été dit, on trouve chez les différents peuples des mœurs et des habitudes variées ; celles d’un peuple peuvent absolument être plus naturelles, plus saines, plus raisonnables, plus éthiques, que celles d’un autre. Ceci est également valable de manière diachronique pour le même peuple.
« Il ne s’agit donc pas de se reconnaître dans l’étranger et de se targuer de cette conviction commode, mais fausse : ils sont comme nous. Nous devons plutôt reconnaître un étranger en nous-mêmes ; (…) admettre que nous tous, chacun à notre manière, nous sommes d’étranges fous, c’est en cela que consiste l’unique espoir d’une coexistence supportable des différents modes de vie - des étrangers dans un monde étranger. (…) Le paradoxe réside dans le fait que nous devons d’abord franchir ce point zéro de la dénaturalisation si nous voulons nous engager dans le long et difficile processus de la solidarité générale (…). Si nous voulons une solidarité générale, nous devons d’abord devenir généraux en nous-mêmes et nous placer dans un rapport général à nous-mêmes en acquérant de la distance par rapport à notre propre vécu. ».
« … que nous tous, chacun à notre manière, nous sommes d’étranges fous » : quelle rhétorique pastorale est-ce là (« Nous sommes tous des pécheurs ! ») ! Mais il y a tout de même des fous, et des moins fous, n’est-ce pas ? À l’intérieur de sa communauté culturelle de vie, il est parfaitement possible de trouver un consensus sur ce qui est juste et sur ce qui est injuste dans telle ou telle situation collective, ou du moins de mener un débat amical. Mais il vaut mieux toutefois ne pas s’embarquer dans une discussion métaphysique sur la vérité relative ou absolue…

En effet, la voie de l’accord par-dessus les frontières des nations et des cultures est difficile et elle demande beaucoup de temps. Mais ce que nous vivons avec la libéralisation et la délocalisation de la condition humaine depuis 200 ans, lesquelles se sont accélérées à l’extrême maintenant depuis la soi-disant globalisation, c'est la perte du monde. Il pourrait sembler que, avec l’insistance mise sur l’être-étranger au monde, cette perte du monde soit élevée au rang d’idéal. Mais cette fois-ci, non pas de la part d’un homme de la tradition catholique de l’acosmisme (le refus du monde), à savoir Chesterton, mais de celle d’un homme de gauche libertaire-libéral.
« À court terme, l’Union européenne devrait aménager des centres d’accueil dans des lieux le plus rapidement possible sécurisés, par exemple dans le nord de la Syrie, en Turquie ou bien dans les îles grecques. Elle devrait ensuite organiser, avec des ferries et de ponts aériens, le transport direct des refugiés agréés dans leur pays européen de destination. Elle priverait ainsi les passeurs de leur activité (…). À moyen terme, elle devrait recourir à tous les moyens - publics et secrets - de la guerre de l’information à la Wikileasks en allant jusqu’au chantage économique (sur l’Arabie saoudite par exemple) pour finalement mettre un terme à la guerre en Syrie (…). Pour une solution à long terme qui prendrait en main la cause de la crise, un changement bien pus radical est nécessaire. ».
Cela semble très raisonnable ; en particulier, il est ici admis qu’une différence doit être effectuée entre réfugiés et migrants, une différence qui ne concorde pas avec la présentation antérieure où l’immigration est considérée comme quelque chose à quoi seuls les racistes et les néofascistes sont opposés. Ce qui manque, c'est l’insistance sur le fait que les réfugiés, dès que leur vie ne sera plus en danger dans leur pays d’origine, devront rentrer chez eux (on suppose bien sûr que c'est ce que veulent les réfugiés). L’on doit leur apporter toute l’aide imaginable en vue de la restauration d’une existence paisible : c'est aussi évident que l’accueil des réfugiés.

L’on ne peut qu’être d’accord avec l’accent mis sur le fait que la cause du mouvement migratoire doit être combattue. Qu’y a-t-il à attendre relativement à l’exercice massif d’une pression sur tous les groupes de pouvoir intéressés qui sont impliqués au Proche Orient, parmi lesquels l’Arabie saoudite n’est que l’un d’eux et Israël ne doit jamais être oublié (et encore moins les USA) ? Ici, le “Nous les Européens”, au nom desquels Ž. parle, devient bien évidemment fictif-illusoire. L’on s’étonne qu’un ancien marxiste tombe dans une telle mystification.
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