Une nouvelle de Rupert Goodwins








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Chapitre 16

Il se réveilla. Tout son corps lui faisait mal, comme s’il avait parcouru une dizaine de kilomètres en jogging. Il était en nage, et son coeur battait la chamade. L’espace d’un court instant, il crut même que sa dernière heure était arrivée, un ralentissement de son corps et ses pensées qu’il perçut comme un intense soulagement.

Le radioréveil était en marche. Suivant les conseils du médecin, il pressa le plus vite possible la touche RECORD. Il était sur le point de commencer à décrire son rêve, mais la musique continua. Oh, il avait juste oublié de presser le bouton arrêtant la radio. Il le fit, et sans prendre la peine de rembobiner la bande commença sa description.

Sa tâche terminée, il s’allongea. Il commençait à se faire tard - bien qu’il s’était réveillé à l’heure habituelle, le récit du rêve avait duré plus d’un quart d’heure. En essayant de se lever, il eut l’impression d’être resté éveillé toute la nuit. Aucune énergie. Et pourtant il était déjà allé travailler avec une gueule de bois pire que celle là... Il se leva, s’habilla et mis la cassette sous pli en vue de l’envoyer au docteur Jacobsen sur le chemin du travail. Il se demanda si la boîte de comprimés qu’il avait postée plus tôt était déjà arrivée.
Au bureau, quelqu’un d’autre que Steve avait l’air fatigué : Emily. Ses yeux étaient cernés, ses cheveux en bataille, et elle répondait à toute tentative d’interrogation sur son aspect par « pas dormi ». C’était vrai, dans un sens, mais aussi vrai que si Neil Armstrong avait dit à sa femme « je suis sorti faire un tour ». Dès le moment ou elle avait senti la Force l’attaquer, elle avait su qu’elle avait devoir lutter pour sa propre survie. Même si elle sortait vainqueur, pensait-elle tout en se préparant à la bataille, les ondes de choc provoquées par ce combat auraient tôt fait d’attirer l’attention d’un Gardien. Et même s’il ne lui était pas interdit de se défendre durant son exil, il lui serait certainement demandé de s’expliquer sur les évènements ayant provoqué la venue de cette Force. Les preuves qu’elle s’en était pris à un mortel seraient alors irréfutables.

Mais elle avait tout le temps pour s’inquiéter de ça, alors que la pénombre s’abattait déjà sur ses pensées, la ralentissant dans toutes actions. Première étape : devenir affamée, vide. Ne plus rien ressentir sinon un irrépressible besoin de substance. Cela présentait deux avantages : Tout d’abord, la Force en serait désorientée, incapable de dire si elle avait vraiment réussi à l’absorber et en faire une partie de sa propre et éternelle faim. Deuxièmement, même si la Force devait la distinguer de sa propre entité, elle ne serait pas intéressée par l’absorption d’un être si vain et peu attractif. La contrepartie était, en dehors de l’éventualité que le subterfuge ne prenne pas, qu’elle même ne soit plus capable de détecter le début d’une fusion entre elle et la Force.

Elle était prise au piège de ses propres désirs, et se garderait de tout contact avec l’Autre avant que l’attente et la douleur ne lui soient devenues insupportables. Elle tenta de détecter une présence... rien. Etait-elle partie ?...Qu’est-ce...

Avec un hurlement psychique de triomphe, la Force commença à se nourrir de son être.

Un dernier effort, désespéré. Elle s’empara des méandres dans lesquels elle commençait à être attirée, et de toute la force qui lui restait, les repoussa le plus loin possible vers l’obscurité qui l’entourait. La douleur ressentie en se séparant de la Force fut insupportable, et pour la première fois en trois mille ans, elle perdit connaissance. Elle se réveilla un instant plus tard, et sut que si elle était éveillée, c’est qu’elle avait réussi. Elle explora ses pensées confuses, et ne détecta aucune présence. Elle continua à passer en revue son champ psychique, et soudain capta une disjonction démoniaque entourée d’un bouclier dont l’énergie grandissait à une vitesse inimaginable. Le Chercheur d’Ames avait, dans sa recherche constante de nourriture, pris la direction d’une autre dimension.

Elle savait que cette téléportation serait remarquée, et son commencement dans l’espace et le temps dûment noté par les Gardiens. Lorsque cela se produirait, ils la trouveraient rapidement, et contre eux elle ne connaissait aucune défense possible. Il fallait qu’elle en finisse avec son histoire, et règle le plus vite possible tous les détails. Elle pourrait alors, pensait-elle, convaincre les Gardiens que son combat était fortuit, provoqué par aucun agissement coupable de sa part.

Steve n’était nulle part en vue pour apporter quelque preuve du contraire. Ils ne pourraient certes pas l’interroger, mais elle préférait ne pas prendre de risque. De toute façon, c’était de sa faute si elle s’était retrouvée impliquée dans cette bruyante bataille. Il fallait donc se débarrasser de lui le plus vite possible.

La fatigue s’empara d’elle à nouveau, et elle tenta de se reposer du mieux qu’elle put.

Chapitre 17
Le jour suivant, au bureau, elle mit au point un plan. Steve, et elle s’en réjouissait, montrait que les rêves avaient sur lui l’effet voulu. Elle aurait aimé continuer à jouer un peu avec lui, mais le temps pressait.

Steve profitait de l’absence du gros sac ce jour là pour lire les livres que le docteur lui avait prêtés. Malgré la complexité de leurs phrases, il commençait à percevoir ce que les auteurs avaient voulu exprimer : La réalité n’est pas fiable. Les choses vécues au quotidien sont, au même titre que les rêves, une fiction créée par l’esprit, à l’exception de quelques détails relevant de l’expérience immédiate. Faites tomber une pierre sur votre orteil dans la vie réelle, et vous marcherez à cloche pied pendant un bon moment. Faites la même chose en rêve, et vous vous réveillerez avec le pied intact. Mais que penser si vous rêvez que la pierre tombe et la nuit suivante, dans un nouveau rêve, votre pied est toujours blessé ? Quelle serait alors la différence entre rêve et réalité ?
Sa tête le faisait souffrir. Ses dents le faisaient souffrir. La seule partie de son corps qui ne le faisait pas souffrir était son pied, et il n’était guère enthousiasmé à l’idée de jeter une pierre dessus pour faire plaisir à un obscur scientifique qui ne cherche qu’une excuse pour rester au lit toute la journée. Pourtant, compte tenu de ses rêves récents, si réels, si étranges, les idées exprimées dans l’ouvrage lui semblaient plutôt intéressantes. Il préférait de loin la réalité, avec sa télévision et ses fast-foods. Surtout, il semblait y mourir bien moins souvent que dans ses rêves.

L’heure du déjeuner était arrivée lorsque Emily, considérablement plus en forme et souriante que la veille vint le voir.

- J’espère que tu n’as pas oublié, pour le fête foraine, Steve. Je suis très impatiente d’y aller.

Il fut surpris.

- Je ne me sens pas très bien, et comme j’avais l’impression que toi non plus, j’avais supposé que tu ne voudrais pas y aller. Mais si tu es partante...

- Oh oui, c’est tout ce qu’il faut pour me remettre sur pied. La grande roue, la barbe à Papa, les autos tamponneuses. Tout ça est si amusant.

Tout ça peut aussi être très dangereux, et elle le savait.

- Bien. Veux tu que je passe te prendre à sept heure et demi ?

- Sept heures et demi, parfait. A toute à l’heure.

Et elle disparut. Sue, qui avait entendu la conversation, l’interrogea.

- Je commence à comprendre pourquoi vous avez les traits tirés le matin. Que faites vous de vos soirées ?

- Même en rêve, je ne fais rien avec Emily, hélas.
Plus tard, le téléphone sonna.

- Steve ? C’est Mike, le docteur Jacobsen. J’ai reçu vos comprimés ce matin, et je les ai donnés à un ami universitaire pour qu’il les analyse au labo. Vous n’avez aucune idée de leur provenance ?

- Non, dit Steve. Comme je vous l’ai dit, c’est Emily qui me les a données. Pourquoi, il y a quoi dedans ?

- Il ne sait pas. Quoique ce soit, cela semble s’être en grande partie neutralisé tout seul, mais il reste tout de même quelques fragments d’un mélange chimique absolument détonnant, pour ne pas dire mortel. Et encore, il n’a pu identifier que 20% tout au plus de ce qu’il y avait au départ dans ces pilules.

- Vous voulez dire que c’est du poison ?

- On ne peut pas vraiment dire ce que c’était lorsque vous les avez prises, mais à l’évidence c’est plus qu’une simple toxine. D’après le nombre et le potentiel des composants qui ont pu être identifiés, il faut s’attendre à tout. Vous devez subir des examens le plus vite possible, demain matin, sinon cet après-midi. Et demandez à votre amie d’où viennent ces comprimés. Il ne faut pas qu’elle en donne à quelqu’un d’autre.

- Bien, je lui demanderai. Voulez vous que je revienne vous consulter ?

- Tout dépend des résultats de vos examens. Appelez le Docteur Wharmby à Freedom Fields, au 342134, dès que possible, et tenez moi au courant. Vous avez noté le numéro ?

- 342134, c’est noté, merci. Au fait, vos livres sont très intéressants, mais je ne pense pas en avoir compris la moitié.

- Excellent, nous en parlerons lors de votre prochaine visite. Vous avez enregistré quelque chose ?

- Oui, et je vous ai expédié les bandes ce matin. C’en était un sacrément dur, j’y suis mort au moins trois fois. Si c’était un jeu vidéo, je crois que j’aurais eu droit au « game over ».

- Merci. Essayez d’être un peu moins morbide. A bientôt, et n’oubliez pas de chercher l’origine de ces comprimés.

- J’essaierai. Au revoir.
Il téléphona à l’hôpital de Freedom Fields. Le Dr Jacobsen avait déjà exposé son cas au Dr Wharmby, qui lui proposa une consultation le soir même à cinq heures. Il accepta, et essaya de prévenir Emily. Elle était au service courrier, bavardant avec Sue.

- Emily, je crains de devoir annuler notre sortie de ce soir.

- Oh non ! Pourquoi ?

- Je viens de parler au Dr Jacobsen. Il veut que fasse un check-up le plus vite possible, et j’ai rendez vous à 5 heures. Ce sont ces comprimés que tu m’as donnés, ils l’inquiètent beaucoup. Ou diable les as tu dénichés ? Elles ont presque fait sauter les plombs du labo à l’université, et les chimistes ont failli avoir une attaque quand ils ont vu leur composition.

- Mais pourquoi les faire analyser ? Je croyais que tu les avais prises ?

Emily réalisa soudain que la colère ne l’aiderait en rien. Sue, sentant le vent tourner, quitta discrètement le bureau, mais continua à écouter la conversation derrière la porte.

- Euh, et bien je les ai prises, mais j’avais encore la bouteille, et il restait un peu de poudre au fond. Le docteur a voulu l’analyser, et je ne voyais pas pourquoi refuser. Tu ne connais pas leur composition, n’est-ce pas ? D’après le docteur, elles contiennent des tas de mauvaises choses, et il aimerait connaître leur origine.

- Je suis désolée, mais je ne m’en souviens pas du tout. Elles pourraient aussi bien venir de l’étranger, puisque je suis allée à Madrid l’été dernier, et j’ai eu la grippe là-bas. Je les ai sûrement achetée à ce moment là, et je n’ai pas cherché à connaître leur composition. Je ne suis pas un laboratoire ambulant, tu sais ?

- Excuse moi, mais il a l’air vraiment inquiet. Tu ne te rappelles pas du nom de la pharmacie, du nom de la rue, quelque chose ?

- Non. C’était l’été dernier, ça fait presque un an, j’avais la grippe et je ne suis pas sûre de me rappeler de l’endroit. Peut-être que si tu récupères la bouteille, en les voyant ça me reviendra. Une sorte de flash, tu vois ?

- Je demanderai, mais je ne sais pas où elle se trouve à présent.

- Fais de ton mieux. Et qu’est-ce qu’elles t’ont fait, ces méchantes pilules, d’après eux ?

- Le docteur ne savait pas exactement, mais rien de bon à priori.

- Ils ont sûrement du mélanger les échantillons. J’ai connu un chimiste de l’université. Il pouvait confondre de l’eau et du sulfate d’aluminium comme taper dans le mille.

Si les échantillons du laboratoire n’avaient pas été mélangés, elle était décidée à faire en sorte qu’ils le soient. Tant pis pour la prudence. De toute façon, l’onde de choc provoquée par le combat de la veille avait sûrement du attirer l’attention des Gardiens, alors elle n’était plus à une petite télékinésie près.

- C’est la chose la plus sensée que j’ai entendue de la journée, dit Steve, tentant de se rassurer.

- Tu es sûr de vouloir aller à cet ennuyeux rendez vous à hôpital plutôt qu’à la fête foraine ?

- Oui, je crois. Il sont annulé des choses importantes pour me consacrer leur temps, et si le Dr Jacobsen dit que c’est important, alors je ferai mieux d’y aller.

- Ca serait embarrassant qu’il ne trouve rien d’anormal, tu sais ?

- La responsabilité en reviendra au docteur, de toute façon. Et si ça peut faire arrêter ces foutus rêves, alors ça vaut le coup.

- Je n’arriverai pas à te convaincre, n’est-ce pas ?

- Non, désolé. Demain soir, peut-être ?

- Pourquoi pas. On finira bien par y aller, j’en suis sûre.

Elle sourit, ce qui soulagea Steve. Elle avait paru en colère quand il lui avait annoncé qu’il n’irait pas à la fête foraine, mais elle semblait à nouveau de bonne humeur.

Chapitre 17 et demi
Steve arriva à hôpital avec quelques minutes d’avance. Il attendit dans une petite salle d’attente poussiéreuse, puis le docteur Wharmby vint le chercher. Il était vêtu de la blouse blanche habituelle, tenant en main un bloc-notes. Son crâne brillant, sa bonhomie et sa moustache grisonnante lui donnaient l’air rassurant du médecin d’expérience.

- Mr Trevathen ? Je viens de recevoir les résultats de l’analyse de ces comprimés, et c’est en effet un mélange bien inhabituel pour un traitement contre la grippe. Savez vous d’où ils viennent ?

- J’ai peur que la demoiselle qui me les a donnés les ait achetés l’an dernier en Espagne, en vacances ou quelque chose comme ça. Si vous avez toujours le flacon, je pourrais lui montrer en espérant que ça lui rafraîchira la mémoire.

- Je pense que le labo voudra les garder pour des analyses complémentaires. Leur problème est qu’il n’y a pas grand chose à analyser. En attendant, voyons les symptômes. Avez vous des frissons, des spasmes, des sueurs froides, des insomnies ?

- Non, c’est tout le contraire. Je n’ai aucun problème pour m’endormir, mais je fais des rêves très étranges. Je me réveille en sueur, et même tétanisé, la dernière fois. Mais la journée, je n’ai aucun problème.

- Oui, le Dr Jacobsen a mentionné votre visite au sujet de ces rêves dérangeants, mais ça c’est son domaine. Il pense, et je suis d’accord avec lui, que vous avez subi un dommage neurologique, peut-être du à ce mélange chimique présent dans les comprimés. Il pourrait y avoir également un effet hallucinogène à long terme, mais je pense que ça ne sera pas le cas. En tout cas, il se passe quelque chose et je pense pouvoir vous aider à trouver quoi. Vous a-t-on déjà fait des radiographies de la tête, ou du cerveau, ou bien un scanner, ou bien avez vous déjà suivi un traitement pour un problème nerveux ?

- Rien du tout. J’ai reçu une pierre sur la tête quand j’avais neuf ans, mais je crois que ça c’était soldé par une journée au lit, sans plus. Certainement pas de radio.

- Ils ont du faire une recherche de fracture, au moins. Peut-être que quelque chose s’est passé à l’époque, dont les conséquences ne sont sensibles qu’aujourd’hui... Récemment, avez vous subi des chocs à la tête ?

Steve lui raconta l’épisode du dentiste, lui expliquant que les rêves avaient débuté à cette occasion.

- Nous avons peut-être là une bonne piste. Très bien, mettons nous au travail. Je vais d’abord faire quelques analyses de routine. Veuillez remonter la jambe droite de votre pantalon, et vous asseoir ici.

Le docteur sortit de sa poche un petit maillet, avec lequel il frappa adroitement le genoux de Steve, qui tressaillit.

- Les réflexes sont bons. Bien, veuillez regarder par dessus mon épaule.

Le docteur tira une chaise et s’assit devant Steve. Il alluma une petite lampe de poche, et le dirigea vers les yeux de Steve, l’un après l’autre, en la faisant tourner dans toutes les directions.

- Regardez la lumière, à présent.

Il fit tourner de nouveau la lampe, et observa la façon dont les yeux de Steve la suivaient. Ca doit être marrant d’être docteur, pensa Steve.

- Utilisez vous un ordinateur à votre travail, ou chez vous ?

- Il y en a un au bureau, auquel j’ai accès deux jours par semaine. Pourquoi, cela affecte mes yeux ?

- Ca m’étonnerait. Est-ce que l’écran est en bon état, est-ce qu’il scintille ?

- En général non, mais ce matin il ne marchait pas très bien. J’ai voulu appeler le fournisseur pour qu’il vienne le réparer, mais quelqu’un d’autre l’a essayé et a dit qu’il marchait très bien.

- Ca concorde avec ce que je viens d’observer. Les réactions de vos yeux sont bien plus rapides que la normale. C’est plutôt inhabituel, mais ça arrive. Certaines personnes ont ce problème, et elles sont capables de percevoir des choses que l’œil humain ne voit pas, comme par exemple l’infime scintillement d’un écran cathodique. Certaines sont même totalement incapables de travailler sur un ordinateur à cause de ça. Ca ne vous était jamais arrivé auparavant ?

- Non. J’ai souvent utilisé des ordinateurs depuis le lycée, mais ça ne m’a pas marqué.

- Voilà un symptôme nouveau. Je ne vois pas pour l’instant d’où ça peut venir. Quand quelque chose ne va pas, le temps de réponse des yeux à plutôt tendance à augmenter. Etes vous d’accord pour passer un scanner ?

- Un quoi ?

- Un scanner. C’est un procédé électronique permettant de voir votre cerveau comme s’il était coupé en tranches...

Super, se dit Steve, encore un docteur qui aime bien la torture.

- ... Mais c’est complètement indolore et même plutôt relaxant. Le scanner dont cet hôpital est équipé est un IRM.

- Pourquoi pas.

- J’avais peur que vous refusiez. Nous aurons donc de jolies images des tranches de votre cerveau. En général, le scanner n’est jamais disponible tout de suite, mais il se trouve que je peux l’avoir pour cinq heures et demi, et nous y sommes presque. Venez, c’est juste au fond du couloir.

Le docteur semblait tout excité par ce cas intriguant qui, pensa Steve, excitait son imagination. Il déroula la jambe de son pantalon et sortit du cabinet derrière le praticien.

- Nous y voilà.

Il entrèrent dans une pièce pleine de larges containers blancs, au centre de laquelle se trouvait ce qui ressemblait à un ordinateur équipé de plusieurs écrans, et un grand trou entouré d’autres caisses, ainsi qu’une civière qui semblait prête à entrer dedans. Près de l’ordinateur était assise une femme en blouse blanche tapant sur un clavier.

- Il y a un problème, Sally ?

- Non, je refais le calibrage. Ca devrait être fini dans un petit moment.

- Cette machine est d’une précision diabolique, expliqua le docteur à Steve. Imaginez toutes les molécules d’eau qui se promènent dans votre corps comme de minuscules aimants. C’est ce qu’elle sont, d’une certaine manière.

C’est stupide, pensa Steve. L’eau n’est pas attirée par les aimants. Mais bon, si ça peut lui faire plaisir...

- Cette boite fait régner autour de votre cerveau un intense champ magnétique, et toutes les molécules d’eau qu’il contient se mettent à vibrer. Ensuite, on coupe le champ magnétique, mais les molécules continuent à se faire vibrer entre elles, et cette machine peut alors les passer en revue pour voir où elles se trouvent et en quelle quantité. Les différents tissus du cerveau ont différentes densités en eau, ce qui nous permet, ou plutôt ce qui permet à l’ordinateur de créer une image correspondant à ce qui se trouve à l’intérieur. IRM signifie Imagerie par Résonance Magnétique. Impressionnant, non ?

- Fascinant. Mais ce champ magnétique et ces molécules qui vibrent, ça ne va pas endommager mon cerveau ?

- Disons que ça en altérera le fonctionnement pendant une durée qui ne dépassera pas une nanoseconde, et ce sera sans répercussion. Par contre, enlevez votre montre, elle n’y résisterait pas.

- Je suis prête si vous l’êtes, dit l’infirmière. Pourrais-je avoir le nom du patient . C’est juste pour que l’ordinateur l’imprime sur les clichés.

Steve était de plus en plus inquiet.

- Bien, si vous voulez bien vous allonger, la tête dirigée vers l’entrée du scanner. Il n’y en a que pour quelques minutes.

Steve s’allongea, et la machine l’attira lentement en son sein. En dehors de quelques ronflements mécaniques et du bruit émis par l’infirmière en tapant sur le clavier, il n’entendait plus rien. Soudain, la civière se mit en mouvement, et il ressortit du scanner.

- Je peux m’asseoir à présent ?

- Oui, oui... dit le docteur Wharnby, qui ne quittait pas l’écran des yeux.

- Vous êtes sûre ? dit il à l’infirmière, on dirait que cette machine est défectueuse. Ces résultats sont impossibles. Regardez le thalamus et l’hippocampe... Et il n’y a absolument aucun corps calleux. On peut regarder l’arrière ? Je veux dire, ou est la résolution du cortex visuel ? Votre scanner ne fonctionne pas.

- Mais oui, il fonctionne. Il vient d’être calibré, et aujourd’hui on s’en est servi. Les résultats étaient très bons. D’ailleurs, j’ai 12 patients prévus pour demain. Si quelque chose ne va pas, ça ne vient pas de la machine. Ecoutez docteur, j’ai un scan dans 5 minutes et je dois encore calibrer. Revenez dans une demi-heure et vous verrez bien ce que ça à donné.

- Je sais ce que je verrai. Une image absurde comme celle-ci.

- On verra. En attendant, voici votre cliché.

- Je suis désolé, Mr Trevathen, mais il semble qu’on ait un problème matériel, dit le docteur à Steve, jetant un regard glacial à l’infirmière. Si ça ne vous dérange pas d’attendre un petit moment, nous allons faire d’autres tests et nous reviendrons ici voir si quelque chose peut être sauvé de ces clichés.
Lorsqu’ils revinrent, la machine marchait parfaitement. Le docteur appela un autre médecin, puis un autre, et tous s’affairèrent autour de la machine, chuchotant tout en examinant les images du cerveau de Steve sur l’écran.

- Qu’est-ce qui se passe, demanda Steve, qui était à présent totalement effrayé. C’est la machine qui ne marche pas, ou c’est moi qui ai un problème ?

Le docteur Wharmby se leva et s’approcha de lui. Ses deux confrères le regardèrent, puis se tournèrent à nouveau vers l’écran.

- Ca ne vient pas de la machine, j’en ai bien peur. Ou bien vous avez la structure cérébrale la plus étrange jamais vue sur une personne normale, ou bien vous êtes victime d’une infection virale qui affecte les tissus de votre cerveau. Quoi qu’il en soit, si ce nous voyons sur cet écran est votre cerveau, vous devriez être sous respiration artificielle. Nous aimerions vous garder pour la nuit, et faire un électroencéphalogramme de longue durée.

- C’est très grave n’est ce pas ? dit Steve, incapable de croire à ce qu’il venait d’entendre. Ca vient vraiment de ces pilules qu’Emily m’a données ?

- Voilà encore un mystère, répondit le docteur. Ces mystérieuses pilules Nous avons fait d’autres examens sur la bouteille, et ils révèlent à présent qu’elle n’a jamais rien contenu d’autre que de l’aspirine. Oh mon Dieu !!....

Steve vit toute la pièce tourner autour de lui, essaye de s’agripper à une table pour retrouver son équilibre, et s’effondra. Il ne sentit pas le choc contre le sol. Au contraire, il tomba, tomba....

Chapitre 18
Emily avait observé mentalement la scène depuis sa chaise longue. Quelque chose au cours du scanner lui avait donné un mauvais pressentiment, et la vue des images sur l’écran l’effraya. Elle réalisa qu’il était largement temps d’en finir, qu’elle avait pris bien trop de risques. Dans une explosion télépathique, elle se fraya un chemin jusqu’au service de neurochirurgie de hôpital, fit évanouir Steve et se prépara à soumettre son esprit à une boucle infinie et fatale de sentiments factices. Trois minutes de ce traitement, et il serait mort à coup sûr, trois minutes qui lui auraient paru une éternité de souffrance et de confusion.

Elle était à ce point concentrée sur cette tâche que toutes ses alertes d’intrusion psychiques étaient au repos. Ignorées. De toute façon, sa vigilance ne pourrait rien faire pour contrer l’entrée des Gardiens dans Plymouth. Ce qu’elle avait fait les jours précédents avait déclenché diverses alarmes dans le Royaume, et ils s’étaient mis tout de suite en chemin.

- Zelloripus, démon du Chael, exilé en cet endroit pour des crimes et méfaits d’une gravité infinie, sais tu ce que tu es en train de faire ?

Emily sursauta. Elle était à présent suspendue dans un espace blanc, en face de trois Gardiens qui l’observaient du haut d’un autel. Il y avait un Démon Neo-Révisionniste, un Shivaliste et un Elément. Ca n’allait pas être de la tarte.

- Nous répétons, et exigeons une réponse de ta part : Zelloripus, démon du...

- Ok, ok, j’avais entendu la première fois. Et pourquoi tout ce tralala, je vous prie ?

- Réponds à la question, Zelloripus, et pèses chacun des mots que tu prononceras, car les faits dont tu es soupçonné vont bien au delà du simple bannissement.

- Je sais très bien ce que je fais. J’essaie de sauver l’âme d’un pauvre mortel qui est devenu la proie d’un Chercheur d’Ames. Vous avez du noter les ondes de choc d’un combat contre ce monstre dont je suis sorti vainqueur.

Le Démon Neo-Révisionniste, au longues cornes et à la queue argentée, se leva.

- Il suffit. Nous avons détecté la fuite d’un Chercheur d’Ames, et il n’y a pas de châtiment prévu pour ça, mais s’occuper d’affaires mortelles est un crime très grave. Le faire avec malice, et par pur plaisir est encore pire. Et tenter de duper les représentants de l’Omnipotence est le péché le plus grave qui soit. Nous avons décelé l’intrusion mentale forcée du mortel Steve Trevathen en divers endroits, avec en une occasion la reproduction illicite d’une oeuvre littéraire.

- Es tu conscient, continua le Shivaliste à la peau de bronze entourée d’une épaisse brume violacée, que le travail de Sir Ron Rharhay, et même l’homme lui même, ont du être effacés du monde dans lequel tu es exilé ? Ton Trevathen a changé un élément de l’histoire en plein milieu, créant un insoluble problème de continuité. Le résultat est que le pays nommé Royaume Uni n’a plus d’industrie télévisuelle, et les trous qui sont apparus dans toutes les bibliothèques où des exemplaires du livre étaient entreposés ont du être rempli par l’œuvre d’un écrivain nommé Harry Harrison, un anagramme du nom de l’auteur original. Tout cela à donné beaucoup de travail à nos techniciens de maintenance de la réalité.

- Au moins ça les a occupés, dit Emily, qui a présent cherchait un moyen de s’échapper et tentait de faire enrager les Gardiens pour que leur vigilance baisse. Si c’est tout ce que vous avez d’intéressant à raconter, veuillez m’excuser, il faut que je retourne m’occuper de mon patient.

Même un démon comme Emily ne put être qu’impressionné par l’explosion de rage du Shivaliste que son insolence provoqua.

- Je pourrais penser, si ce n’était à l’évidence faux, que tu es fou, ou non désireux de continuer à profiter de la personne physique et morale qui t’a été allouée. Comme je sais que ce n’est pas le cas, tes pitoyables tentatives pour détourner notre attention ne serviront qu’à sceller un peu plus rapidement ton destin. Qu’as tu à dire pour expliquer que ce mortel, soumis à une sévère pression directement liée à tes agissements, ait causé une explosion nucléaire dans le Limbo, noyant toute une secte d’Adorateurs de la Pierre dans de la glace au chocolat fondue ?

- Si j’avais su, je me serais arrangé pour que ça soit de la vanille. De toute façon, je pensais qu’on allait lire les charges retenues contre moi plutôt que de me raconter une série d’historiettes amusantes.

Le Démon Neo-Révisionniste demanda à ses collègues de garder leur calme.

- Tais toi et écoutes, Zelloripus, démon du Chael, les faits qui te sont reprochés. Un. Mélange et détournement du contenu de 117 cornets réels de crème glacée à des fins oniriques, causant un montant cumulatif de détresse enfantine mortelle de 7 points. Deux. Matérialisation de 12 grammes de substance à potentiel magique, dans le but d’altérer le mental d’un sujet mortel. Trois. Manipulation sur un sujet mortel dans le but de lui faire ingérer l’objet du chef d’accusation numéro deux en le faisant passer pour un objet de médecine mortelle. Quatre...

Et la voix sonore continua sa litanie. Emily, qui avait à présent totalement recouvré sa forme initiale de démon, considérait les options qui s’offraient à elle. Si elle restait, elle serait bientôt transformée en une pierre flottant aux confins de l’Univers, son esprit ne devant à nouveau être libre qu’au prochain Cycle. Il y avait d’autres possibilités, comme celle de demander à ce qu’on la change, en guise de punition, en quelque chose de bon et insipide, mais dans tous les cas la fin de celui qu’on appelait autrefois Zelloripus était inévitable.

- ...Treize. Avec de diaboliques intentions, tentative d’attaque sur le sujet mortel mentionné dans le troisième chef d’accusation plongé dans l’état causé par les agissements mentionnés dans le cinquième chef d’accusation, dans le but de précipiter sa mort...

Il fallait qu’elle s’enfuie. On ne connaissait aucun exemple de démon ayant réussi à échapper aux Gardiens, mais si elle y parvenait, cela ferait grand bruit. Elle avait réussi à repousser le Chercheur d’Ame, après tout. Qui sait de quoi elle ne serait pas capable ? Ce qui avait si bien marché la première fois pourrait bien marcher à nouveau.

- ... Et vingt-deux, tentative de dissimuler la vérité à cette commission de justice à propos de ton implication dans les chefs d’accusation un à vingt et un. Zelloripus, démon du Chael, as-tu entendu et compris les chefs d’accusation ?

C’était sa chance. Elle prit sa voix angoissée la plus crédible.

- Oui, j’ai entendu et compris, Gardiens de la Spirale Mortelle.

- Qu’as tu à répondre aux principaux chefs d’accusation ? Et sois prévenu que notre patience a atteint ses limites.

- A présent que j’ai entendu la liste de mes horribles crimes, je réalise combien j’ai été mauvais et cruel, et mérite les punitions qui m’attendent - jusque là tout était vrai -. Mais j’aimerais que vous considériez le fait que quand j’ai réalisé la détresse dans laquelle j’avais plongé ce malheureux, pour qui même les meilleurs médecins ne pouvaient plus rien, j’ai décidé de lui venir en aide et réparer mes erreur - en partie vrai, les erreurs en question ayant conduit à ce que le malheureux en question soit toujours vivant alors qu’il aurait fallu qu’il soit mort pour qu’il n’y ait aucune preuve contre elle - . Si vous étiez arrivés quelques secondes plus tard, vous auriez découvert une situation bien moins grave - pour elle - .

- Même si tu dis la vérité, et il semble que ce soit le cas, dit l’Elément d’une voix qui trahissait sa surprise, l’ingérence sur les affaires mortelles est une chose intolérable. Ton influence directe et continue sur l’esprit d’un mortel, que nous avons observée personnellement, est un crime en soi, quelque en soit la raison. Cependant, nous tiendrons compte de tes repentirs.

Les choses ne se passaient pas comme prévu, et soudain Emily réalisa qu’elle était en train d’essayer de sauver sa propre vie.

- Mais ne puis-je pas terminer ce que j’avais commencé ? Dix secondes de plus, et je remets le mortel dans un état de santé satisfaisant. Sans ça, les chirurgiens vont examiner son cerveau après sa mort, ce qui révèlera les manipulations auxquelles je me suis livré. Ces gens là ne croient plus à la possession démoniaque. Leur science est avancée, et ils peuvent comprendre bien des choses. Ne pas me laisser réparer les dommages que j’ai causés pourrait être beaucoup plus dangereux que les dommages eux mêmes.

- Non ! Le Shivaliste fulminait. Il est écrit que rien de tel ne saurait être autorisé. Nous ne sommes pas habilités pour de telles expériences, dont les conséquences ne sauraient être évaluées que par l’Omniscient lui même. Les répercussions de tes agissements sont du ressort des techniciens de maintenance de la réalité.

- Mais le pauvre homme va mourir ! Calme toi, pensa-t-elle, surjouer ne te mènera nulle part. Si vous étiez arrivés dix secondes plus tard, tout ceci serait réparé. Si j’avais décidé d’agir dix secondes plus tôt, tout ceci serait réparé. Que sont dix secondes dans votre Eternité ? Laissez mois ces dix secondes, et vous pourrez faire de moi ce que vous voulez, mais ne m’envoyez pas passer un Cycle entier de punition avec l’idée que j’étais à dix secondes de sauver la victime de mes méfaits.

- C’est interdit !

- Attendez. Le Démon Neo-Révisionniste était, Emily en était persuadée, le moins attaché au règlement des trois - La peste soit du règlement et des bureaucrates ! - Nous avons quelques prérogatives, tout de même. Si nous sommes amenés à constater une amélioration sensible de la situation due à une action de l’accusé, alors nous pouvons retirer une partie des charges retenues contre lui. Il nous faudra bien sûr envoyer un message à la Base.

- Mais nous avons déjà statué, dit l’Elément.

- Aucune sentence n’a encore été prononcée. Il est vrai que cette discussion aurait pu avoir lieu dix secondes plus tard, ce qui n’aurait eu pour effet que la survie d’un humain mortel.

- Pouvons nous en être bien sûr ? demanda l’Elément.

- Non, bien sûr. Nous n’avons que la version de l’accusé à ce sujet, qui de toute évidence doit être prise avec réserve. Mais cela ne change rien. Si l’accusé ment, nous le serons dès qu’il aura de nouveau les mains libres. Nous pourrons alors l’éliminer immédiatement, et la sentence sera inchangée. Si par contre il est fiable, le changement par rapport à la précédente sentence ne pourra être que bénéfique. Dans les deux cas, il ne peut s’échapper.

- C’est interdit ! Mais la voix du Shivaliste était moins sûre à présent, et le nuage qui l’entourait se dissipait peu à peu.

- Je ne vois aucune faille dans ce raisonnement, dit l’Elément. J’approuve la proposition de l’accusé.

- Moi aussi, dit le Démon Neo-Révisionniste. Cela signifie que nous avons la majorité et pouvons agir. Veux tu rendre cette décision unanime, mon ami ?

Le Shivaliste resta calme un instant.

- Non. Qu’il reste de cette affaire que je considère les risques à croire ce démon comme disproportionnés par rapport à l’effet bénéfique potentiel.

- Qu’il en soit ainsi, dit le Démon Neo-Révisionniste. Zelloripus, tu as dix secondes pour faire ce que tu as prétendu vouloir faire. Mais nous te surveillons, et toute transgression sera instantanément punie.

- Merci, dit Emily. Et elle sourit.


Chapitre 19



A hôpital, les chirurgiens continuaient à s’interroger devant les clichés du scanner et des radiographies faites par la suite.

- Je ne sais pas ce que nous allons trouver à l’intérieur, dit l’un d’entre eux, mais si c’est un nouveau genre de tumeur, je ne vois ce que nous allons pouvoir faire.

- C’est peut-être l’accumulation d’une embolie et d’une infection virale. De toute façon, nous ne pouvons plus attendre d’autres résultats d’analyse, il faut l’ouvrir tout de suite.

- Quoiqu’il en soit, ça va faire forte impression dans la presse, dit le troisième, et les deux autres approuvèrent. Tout le monde est prêt ? Très bien, on y va.
Emily sentit ses pouvoir lui revenir. Elle s’éloigna des Gardiens et, furtivement, fusionna son esprit à celui de Steve. Ce faisant, elle le fit revenir partiellement à la vie. Maintenant, il allait falloir jouer serré.
- Oh non, pensa Steve, encore un rêve qui commence.

- Malfaisant ! hurla le Démon Neo-Révisionniste, tu as menti ! Encore une charge qui s’ajoute à ton dossier, et le cas le plus grave de manipulation spirituelle que j’ai jamais vu ! Reviens immédiatement, ou nous te supprimons sans nous soucier des douleurs endurées.

- Non… dit Emily. Supprimez moi, et le mortel meurt dans l’instant, par votre faute. Ca serait de l’ingérence de votre part, un crime très grave. Demandez à votre Samouraï en chef ce qu’il en pense. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée.
Ignorant le nuage pourpre provoqué par la colère des Gardiens, elle s’enfonça un peu plus dans l’esprit de Steve, et commença à considérer divers plans d’évasion. Peut-être pourrait-elle abandonner le corps d’Emily pour celui de Steve. Mais il fallait d’abord qu’elle prenne totalement le contrôle de son esprit.
Steve, toujours inconscient, était conduit par l’équipe chirurgicale au bloc opératoire.
Sa lutte pour la survie ne faisait que commencer.


FIN



L’auteur



Britannique, Rupert Goodwins est écrivain et journaliste scientifique. Il travaille pour le magazine en ligne ZDNet (http://news.zdnet.fr), et à écrit un grand nombre de nouvelles de science-fiction qui sont pour beaucoup en libre circulation sur le net. Vous en trouverez aux adresses suivantes :

http://www.intertext.com

http://www.etext.org/Zines/Quanta/winds.html

http://www.fly.net/~rupertg/goofimr.htm
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