Un tournant géopolitique vers le nouvel ordre mondial et la gestion de l’environnement ?








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L'Environnement et la globalisation du thème sécuritaire




Chapitre 1

Les grands facteurs de conflit et de désordre

Les Problèmes généralisés



La question de l’environnement n’apparaît que fort rarement à l’état isolé, détaché des autres préoccupations humaines : elle se manifeste à travers la disponibilité des ressources mises en vis-à-vis de la population humaine. La brutalité du face-à-face population-ressources, qui conduirait à une urgence de diminution immédiate de la densité humaine, n’est pas envisagée directement, mais tout ce qui en éloigne la dramatique nécessité (gains de productivité, meilleure gestion) est aussitôt remis en perspective de moyen ou court terme par les effets de désastre, les externalités négatives cumulées de la pollution ou des désordres sociaux et politiques. L’environnement apparaît alors comme le lieu où se défont les projections purement technocratiques et les projets palliatifs miraculeux.

Une dérive, difficile à éviter, conduit cependant nombre de chercheurs à mettre en cause la population en tant que telle, considérant l’impact humain comme une fonction plus ou moins inflexible de la densité. Personne n’ose penser à des solutions “exterminationistes”, mais dans plusieurs milieux, au demeurant fort bien pensants, l’idée qu’une catégorie de personnes peut être amenée à payer d’une vie abrégée ou de moindre qualité, le prix de la présence anthropique, s’entend ici ou là, parfois sur le mode de la plaisanterie amère : l’idée entendue en Russie que la reconversion libérale de l’économie se payera d’une mortalité forte des personnes âgées, dont l’épargne a disparu dans l’inflation, fait écho à la remarque qu’en France, quatre-vingt pour cent des dépenses de santé ne sont le fait que de 20% de personnes (âgées). Dans ce genre de chiffrage, la vie et le haut revenu font l’objet d’un glissement sémantique, donnant à penser que l’on pourrait partager le droit à la vie comme on partage les impôts. Un arrière plan “anti-populationnel” est donc constamment présent, souvent de façon non explicite, dans les débats sur la globalisation : la planète se serait rétrécie jusqu’à ne pas pouvoir supporter l’humanité.

D’autres chercheurs préfèrent ignorer radicalement cet aspect, ce “préalable”, pour opter pour une visée plus classique d’aide à l’allègement des souffrances induites. Cette distinction entre deux types de préoccupations, pourrait dans l’avenir devenir une véritable divergence entre ceux qui s’imaginent en charge d’un eugénisme dans sa dimension numérique, et ceux qui s’en tiennent aux devoirs liés au serment d’Hippocrate, ou aux autres interventions de bienfaisance humanitaire.

La question de la population



Le chercheur brésilien George Martine traite des relations, entre population, environnement, développement et paix mondiale pour un scénario de fin de siècle. Les profondes transformations politiques qui ont balayé le monde ont, selon Martine, déplacé les responsabilités de la croissance, de la préservation environnementale et de la protection sociale vers le modèle de l’intégration mondiale par le marché.

Mais les implications en sont peu claires. Il n’est pas évident qu’une gestion de sauvegarde puisse en résulter. L’internationalisation croissante des effets de dégradation semble inévitable.

Pourtant il faut sang-froid garder, en commençant par bien envisager les types de problèmes environnementaux qui sont les plus menaçants pour la sécurité globale. Les problèmes écologiques liés à la surpopulation et à la pauvreté sont probablement sérieux, mais jusqu’à quel point ? Les efforts par les PVD pour moderniser leurs économies provoquent-ils les mêmes types de problèmes que ceux qui ont accompagné le dévelloppement occidental ? La croissance à l’aide de niveaux technologiques inférieurs n’intensifiera-t-elle pas la dégradation environnementale globale ? Ce n’est pas évident.

L’association entre population et environnement est complexe et politiquement chargée, estime Martine. Des interprétations quelque peu simplistes et orientées tendent à prévaloir. Jusqu’à quel point la dynamique démographique affecte (et et affectée par) les changements environnementaux est une question qui devrait être abordée avec plus d’objectivité, de distance, de précision. L’importance relative de la croissance et de la taille de la population, en situation de pauvreté, aussi bien que dans un contexte de croissance, doit être réévaluée. On devrait aussi, propose George Martine, se centrer davantage sur la relation entre l’intégration économique au niveau global, la croissance des préoccupations environnementales, le commerce international et la redistribution de la population mondiale.

Pour Pierre Matarasso, chercheur au CIRED, la question de la population ne doit pas être posée en soi, mais d’abord, en rapport avec un facteur souvent sous-estimé voire complètement ignoré, qui est la constitution de la population en peuple inscrit dans l’état de droit. Selon lui, la démographie en expansion rapide des pays en développement s’accompagne de situations variables concernant les institutions permettant l’état de droit : état civil, statistiques, fiscalité, enregistrement, réseaux, scolarité, santé, emplois. Ce déficit relatif handicape l’apparition et le développement d’une économie “moderne”, qui ne peut s’établir que sur un fond institutionnel d’état de droit. Un répertoire des individus et des entreprises est nécessaire pour que fonctionnent les formes de redistribution de l’économie. En l’absence de tels faits d’enregistrement doublant l’économie matérielle, qui sert de base aux mécanismes d’arbitrage, de régulation et au système statistique, l’économie ne peut échapper aux aspects informels que l’on souhaite faire régresser. Mais si la part de la population mondiale qui vit hors d’un état de droit, progresse rapidement, comment contrôlera-t-on l’impact des activités économiques sur l’environnement ?

L’existence de vastes populations en dehors des cadres de base de la citoyenneté a également pour effet -et c’est peut-être encore plus important que l’absence de données fiables- de rendre extrêmement improbable la mobilisation politique contre les effets de dévastation par somme d’impacts ponctuels, anarchiques. En un sens, la démocratie est une urgence dans les PVD parce qu’elle seule peut constituer l’organisation d’une société qui ne détruise pas à vitesse accélérée sa propre base naturelle et sociale.

Il nous semble que Pierre Matarasso tend un peu trop à se fier aux projections les plus catastrophiques d’augmentation de la population. On sait, par exemple que les prévisions sur la Chine ou le Mexique ont du être révisées en baisse au vu de chiffres récents plus précis. Par ailleurs; l’augmentation rapide en Afrique subsaharienne doit être prise en relation d’une part avec des chiffres de départ fort bas, d’autre part avec des différences extrêmement fortes entre pays, et enfin avec des contre tendances puissantes liées à la morbidité ou la conflictualité. Il a en revanche sans doute raison d’affirmer qu’une croissance démographique prend un sens tout différend dans le contexte d’une éducation de niveau élevé et de masse, et plus encore dans le cadre de choix démocratiques.

Boire, c’est vivre



La rencontre la plus immédiate entre pollution et pénurie due à la surpopulation passe par l’eau. Peter Gleick estime que l’une des causes probables des guerres au siècle prochain sera l’eau, du fait même que sa présence et sa circulation distribuent des ressources inégales et rares, et que tant la pollution des nappes et des fleuves que les possibilités techniques de détourner les cours, accroîtront ici et là les occasions de disputes violentes. L’urbanisation accélérée des populations vivant en pays où l’eau est rare, accentuera le caractère massif des enjeux et la tendance à les dpélacer d’emblée au niveau des relations entre Etats.

Pour Peter Gleick, la sécurité “environnementale” ou “écologique” est devenue l’une des thématiques les plus controversées et les plus stimulantes du champ de la sécurité internationale aujour-d’hui. Les relations entre l’environnement et la coopération ou les conflits internationaux attirent l’attention à plusieurs niveaux, depuis le militaire jusqu’au politique, du local au global.

Selon Gleick, alors que le concept des aspects non-militaires de la sécurité n’est pas nouveau, il a capté l’intérêt au cours des cinq dernières années, largement à cause d’un souci grandissant pour les problèmes environnementaux internationaux et dans le contexte de l’apaisement de la guerre froide. Plusieurs graves et nouvelles menaces pour l’environnement ayant des implications politiques internationales ont désormais été reconnues : parmi lesquelles, l’abus et la dégradation des biens et des services essentiels, comme ceux procurés par la couche d’ozone et notre climat global, et par les inégalités croissantes entre les nations, dans l’accès et l’utilisation des ressources. Cette situation a conduit, à son tour, à un vif débat sur le besoin de nouvelles définitions de la sécurité qui incorpore explicitement les préoccupations environnementales. L’objet de la réflexion de Peter Gleick est la connection entre les ressources d’eau pure et les conflits violents. Il rappelle que l’histoire est pleine d’exemples de compétitions et de luttes pour le partage des ressources d’eau pure, et il y a des raisons de croire que les tensions à propos de l’eau augmenteront avec la croissance de la population, à mesure que l’amélioration des niveaux de vie hausse la demande en eau, et parce qu’un futur changement climatique pourrait rendre l’approvisionnement et la .i.qualité des eaux; problématique. Il existe beaucoup de niveaux et d’échelles de conflits possibles : batailles locales au niveau du village, conflits à l’intérieur des subdivisions politiques nationales, à la frontière entre deux nations, ou frictions impliquant plusieurs nations qui peuvent ne partager aucune frontière. Ces conflits peuvent être politiques ou économiques, diplomatiques ou violents. Les travaux existants suggèrent que les conflits surgissent plus probablement aux niveaux locaux et régionaux, et dans les PVD, où les ressources de propriété commune, peuvent être à la fois plus indispensables à la survie, et moins facilement augmentés ou remplacés. Dans ce débat, implicite est l’idée que l’instabilité locale et régionale, surgissant d’une combinaison de facteurs d’environnement, d’approvisionnement, et de politique, peut s’amplifier au niveau international, requérant l’intervention de puissances extérieures, si le conflit doit être réduit. Ainsi, il est impératif de clarifier les termes du débat, et d’identifier, d’analyser les cas dans lesquels les variables environnementales menacent la sécurité. Comprendre ces risques est vital. Manquer de les percevoir et d’y répondre de façon appropriée empirera les problèmes environnementaux et accroîtra les dangers de conflits liés à l’eau.

Le cas de l’eau au Moyen-Orient, est , de ce point de vue, tout-à-fait exemplaire. Le Professeur Amikam Nachmani résume ironiquement en une formule la politique implicite de l’Etat d’Israël “Ils ont le pétrole : nous avons l’eau. Qu’ils boivent leur pétrole !” : les politiques de l’eau au Moyen Orient

Le sujet de l’eau au Moyen-Orient est extrêmement problématique, aussi bien parce qu’ils soulève des émotions fortes, que parce qu’il va de pair avec d’extraordinaires découvertes. Nachmani essaie de suggérer une voie, peut -être modeste, hors du labyrinthe des faits, des mythes, des clichés, et des prédictions fatales.

Face à la pénurie globale d’eau en augmentation, et en constatant l’appel à des “régimes de sécurité” concernant l’eau, et la croissance des conflits, Nachmani observe que la solidarité matérielle des habitants de la région autour des réseaux hydrographiques ne pourra être longtemps niée. Face à une politique très dispendieuse et fragile de désalinisation de l’eau de mer ou de recours à des technologies très sophistiquées, il existe des solutions du type “pipelines de la paix”, que renforce la présence de l’eau sur la rive ouest du Jourdain, et dans la bande de Gaza.

Ce cas, comme d’autres, montre, que, vu sous un certain angle, les interdépendances régionales peuvent être facteurs de paix et de coopération technique, plutôt que de chantages pouvant tourner au conflit grave. Mais cela suppose au moins deux facteurs :

-un certain équilibre entre les partenaires, ene évitant quand on le peut qu’une puissance régionale ou mondiale ne dicte sa politique en termes de mise en dépendance unilatérale et d’inégalité.

-une articulation globale des politiques de l’eau et de l’utilisation agricole et industrielle qui évite au maximum l’autodestruction des réserves communes.

La famine et la guerre


Qu’elle soit l’effet de dégradations environnementales ou de tout autre facteur, la famine apparaît comme le stade le plus dramatique où la confrontation la plus inhumaine entre population et ressources a lieu.

Robert E. Ford a travaillé sur la famine au Sahel, cet exemple typique d’insécurité environnementale qui ne peut être traitée seulement comme telle. Récemment, explique Ford, plusieurs Etats africains ont collaboré avec diverses agences donatrices, afin de créer et de faire fonctionner des réseaux nommés SSPF (système de signalement précoce de la famine) Le propos ostensible en est de contrôler et, si possible de prévenir l’apparition de la misère alimentaire, de la faim, et des problèmes liés à la .i.famine;, dans les pays d’.i.Afrique fragiles à ce point de vue. Le SSPF (FEWS en Anglais) utilise à ce propos plusieurs technologies dont l’observation à distance par satellite géostationnaire, aussi bien que des méthodes classiques des sciences sociales, pour évaluer et compiler des données statistiques nationales, des enquêtes de terrains échantillonnés, qui peuvent procurer des indices de vulnérabilité latente ou réelle à la famine. Bien que l’intention de ce système soit louable, les réseaux SSPF rencontrent encore des handicaps majeurs, aussi bien dans leur but que dans leur réalisation. Ils sont dus à la variabilité dans la qualité et au suivi des données, ainsi qu’aux contextes politiques et politiciens. Ford voudrait évaluer le programme SSPF en cours dans la République du Niger, et en tirer quelques “leçons” possibles. Il présente aussi les résultats d’une enquête nationale conduite en septembre-Octobre 1992 pour évaluer les aspects culturels, politiques et comportementaux de la vulnérabilité à la famine au niveau du ménage et de la communauté (plus de 1200 ménages ont été interrogés dans quatre zones écologiques couvrant tout le pays). Les buts pratiques de la recherche sont, nous dit R. E. Ford :

a) d’améliorer la capacité du réseau SSPF à mesurer les paramètres socio-comportementaux et politiques de la vulnérabilité à la famine, et, b) d’améliorer la décision et la collaboration entre les divers acteurs (Gouvernements, .i.ONG;, et donneurs multilatéraux) qui sont partie-prenante dans les aides alimentaires d’urgence. En outre, on doit réflechir davantage sur l’écologie politique de la faim, et son interaction avec une plus vaste dégradation de l’environnement dans le Sahel. Il n’est pas évident que la crise écologique soit liée à la pauvreté comme beaucoup le soutiennent. La vulnérabilité à la famine est miée à la déstabilisation des structures civiles locales et plus d’intervention “sécuritaire” risque de faire plus de mal que de bien, en aggravant l’anomie politique et la dépendance économique.

De façon concordante, Robert Mearns a étudié la sécurité alimentaire dans les conflits pastoraux de l’Est Africain. Mearns semble avoir découvert le caractère traditionnel et structural de ces conflits es .i.terres arides; d’Afrique Orientale sont de type sahélien à haut risque, dans lequel les insécurités alimentaire et environnementale sont toutes les deux endémiques. Les systèmes de production pastorale locaux sont bien adaptés à de grands et imprévisibles risques environnementaux, provenant de fluctuations climatiques largement chaotiques, en permettant un haut degré de mobilité entre différentes sources d’approvisionnement. L’insécurité environnementale est aggravée par les conflits locaux pour l’accès et le contrôle des ressources, entre groupes de pasteurs voisins. Le conflit est lui-même, démontre Mearns, un moyen de réallouer des ressources rares dans un climat de risque. Les raids entre groupes pour s’emparer du bétail est une de ces réponses, et remplit de claires fonctions économiques en termes de diffusion du risque. Au moins jusqu’à la période coloniale, cela fonctionnait comme une forme élaborée de redistribution du bétail, contrôlé par des règles complexes, vraisemblablement dans le cadre d’une conception indigène de la propriété collective effective. Bien que fréquemment menés au delà de ce qui est aujourd’hui frontière nationale (entre le Kenya, le Soudan, l’Ethiopie et la Somalie), ces conflits étaient essentiellement locaux.

Cependant, il y a déstabilisation, souligne R. Mearns, parce que les raids pastoraux modernes, bien que toujours effectués ostensiblement selon des principes similaires et afin diffuser le risque politique, ont été transformés par l’extension des politiques nationales et internationales.

Les conséquences pratiques de l’Etat-Nation on changé la structure du raid indigène. D’abord l’Etat colonial a introduit et fait respecter les frontières nationales par les groupes nomades voisins, et a agi lui-même comme groupe d’attaque, pour s’emparer des troupeaux pour suvenir à ses campagnes militaires. Ensuite, les conflits post-coloniaux externes (guerres civiles) on exacerbé les conflits indigènes en apportant des changemenst technologiques rapides dans les moyens de la violence : les armes automatiques sont maintenant banalisées, là où il fut un temps où seules des lances étaient utilisées. De plus, le raid contre le bétail peut être simplement une couverture commode derrière laquelle se cachent de plus substantiels réalignements politiques à l’échelle régionale. Il serait intéressant d’utiliser des données empiriques récentes du district de Turkana, au Nord-Ouest du .i.Kenya;, cherchant à comprendre combien les coûts et les avantages du raid diffèrent entre les groupes sociaux, selon leur vulnérabilité à l’insécurité environnementale et alimentaire.

En tout état de cause, en contexte de crise écologique et de surpopulation, cette conflictualité traditionnelle devient extrêmement déstabilisante et meurtrière. Est-ce une raison, pourrait-on demander à R. Mearns, pour envisager toute la question du point de vue d’une régulation interventioniste extérieure, qui peut forcer la paix sans pour autant régler les questions écologiques ? Nous savons par ailleurs toute la valeur de fondation du tissu socio-politique élargi que les fêtes de réconciliation ont dans ces régions. Ne risque-t-on pas de détruire les fragiles processus de constitution d’une société civile, en imposant une “pax internationalis” ?


les mouvements de migrants



Très souvent liée à la famine ou à la guerre, la migration de populations est à la fois l’espoir et le drame accru, déplacé, multiplié par les souffrances du déracinement, du dénuement et de l’agression possible dans le rapport aux populations des territoires où l’on se rend. Véritable spectre d’un désastre écologique diffus dans les pays où la nature st particulièrement vulnérable, le mouvement de population correspondant n’a pas fait l’objet d’une réflexion assez approfondie. On ne sait pas même comment définir une telle population. Véronique Magniny a travaillé sur la notion de réfugié écologique, comme victime de l’environnement social et écologique. Elle nous propose une double réflexion de droit d’abord sur la notion de réfugié écologique.

La catastrophe écologique, est elle un fait de société.. ou de nature ? se demande-t-elle.

Pour répondre à cette question, elle nous propose une typologie des catastrophes naturelles et anthropiques. On peut les définir par leurs causes, mais aussi, de façon bien plus sûre, par leurs conséquences sur l’environnement naturel et humain.

Par exemple, elles peuvent être liées à la destruction temporaire des capacités de l’environnement à supporter la vie humaine. Ainsi, serait utile, la notion d’”unsustainable” (insoutenable, insupportable), appliquée à des situations écologiques particulières, ainsi reconnues et spécifiées, devenant sujettes à l’action légalement fondée.

Ne faut-il pas développer l’ hypothèse d’environnement activement dangereux pour la population, nous demande V. Magnigny ?

Il faut aussi analyser les caractères du réfugié écologique .

-aurait -t-il un statut interne ou international ?-un statut de réfugié collectif ? Il faudrait aussi réfléchir sur la notion d’urgence écologique, à caractère temporaire.

Véronique Magnigny travaille ensuite à replacer la question du réfugié écologique dans les enjeux d’un nouvel ordre international, tant il est clair que

l’interdépendance écologique remet en cause des règles traditionnelles de la société internationale .

De plus en plus, la souveraineté territoriale, politique des Etats se trouve confrontée aux réalités et aux nécessités écologiques .

Mais cela ne suffit pas en soi : on souhaiterait passer de l’interdépendance reconnue à la solidarité obligée.

Le réfugié écologique est donc une illustration partielle et ponctuelle d’un problème (universel, de fond, de structure) de la gestion par les Etats de l’environnement. Est-ce un exemple pour une esquisse d’ordre humain répondant à l’inhumanité des situations de désastre, et en limitant d’avance l’extension ?

Le point focal de toute cette discussion sur la pénurie, la famine, le déplacement forcé, me semble bien être l’émergence de l’environnement comme d’un repère à constituer, à construire dans les catégories du savoir, du droit, de la politique, pour viser un phénomène d’amplitude immense, et pourtant fort peu repérable en tant que tel. Au fond, les chercheurs de diverses disciplines nous disent que tout est à faire ou presque, mais que c’est indispensable si nous ne voulons pas retomber dans la dénonciation, peut-être dangereuse et trop simple, de la population en tant que telle. Pour “voir” l’environnement pour ce qu’il est, il est indispensable de voir en lui comment l’homme y perd ou y gagne des droits, des statuts, des reconnaissances d’un type de souffrance, des occasions de s’autodétruire ou de tisser des liens de paix.

C’est précisément contre cette simplification “par en haut” que met en garde Jacques Theys, lorsqu’il constate l’écart entre la notion globalisante de “gouvernabilité”, référant à un idéal en construction d’autorité mondiale, et la réalité du terrain ou l’ingouvernabilité est plutôt la marque de l’absence d’une civilité et d’une vie politique locales. Tant que les pouvoirs collectifs sont réduits, dans les pays du sud, à des agrégats faibles et incohérents, l’idéalisme des interventions institutionnelles du nord, aussi pleines de bonne volonté soient-elles, risquent de déraper, voire de se retourner en leur contraire : une dépendance accrue, qui ne favorise pas l’émergence d’un cercle vertueux de développement durable; ne serait-ce que parce que le différentiel des prix imposés par la pauvreté s’y maintien . Intéresser les pays développés à ces réalités pourrait passer par des techniques d’internalisation des coûts de protection de l’environnement dans l’exportation en provenance de ces pays. Mais il n’est pas sûr, rappelle Jacques Theys, qu’il existe une méthode miracle pour imposer la hausse raisonnable des prix des produits des pays du sud. Un débat plus “de principe” sur l’intérêt mutuel d’un développement durable, ne peut sans dooute pas être évité, qui fait appel à la civilité internationale et aux axiomes philosophiques de l’égalité et de l’intérêt commun bien compris. Là encore, l’idéal de “l’Etat mondial” n’e semble pas seulement prématuré, mais apparaît comme une manière de ne pas affronter l’essentiel.
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