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COMMENT ANALYSER
LE COMPORTEMENT CRIMINEL


À la lumière de ces théories, quelle sera la démarche du chercheur [21] lorsqu'il entreprendra l'étude du comportement criminel ? Rappelons, d'abord la définition de la culture. La culture est l'ensemble des croyances, des mœurs et des genres de vie intégrés en fonction de certaines valeurs généralement admises, qui s'imposent avec une certaine permanence dans une société donnée 34.

Dans une recherche sociologique, il y a donc lieu de s'informer des éléments culturels qui encadrent la société soumise à l'analyse. On distinguera avec soin les valeurs dans lesquelles se cristallisent les règles de conduite, les normes qui donnent un sens à l'activité organisée des groupes et des individus. C'est ainsi qu'une société peut être caractérisée par des valeurs traditionnelles telles que le respect de la vie de famille basée sur un grand nombre d'enfants, organisée en une économie domestique et gouvernée par l'autorité patriarcale, sur le respect de la religion et de l'autorité établie, un genre de vie lié à la terre, avec peu de mobilité tant géographique que sociale, etc. Une autre société peut se caractériser par des préférences pour une vie sociale plus extravertie, moins centrée sur la famille ; elle respectera plutôt les valeurs rationnelles représentées par les sciences qu'elle jugera contraires à l'esprit religieux ; elle aura une attitude critique à l'égard de toute autorité établie et trouvera sa fortune dans une mobilité sociale très poussée. Il est évident que les cultures de ces deux types de société seront fort différentes ainsi que les conflits qui surgiront.

Nous entendons par société l'ensemble des groupes sociaux stratifiés suivant des critères d'ordre biologique (âge, sexe), économique (niveau de vie, métier) et culturel (classes sociales, groupes de prestige). [22] La répercussion des conflits, nés des tensions surgies au niveau de la culture, sera sensible sur le plan "social" du phénomène humain. Si des groupes ethniquement, religieusement, économiquement et écologiquement en conflit les uns avec les autres forment ensemble une structure sociale, les "lignes de conflits" seront d'autant plus nombreuses que les oppositions seront plus intenses. De la surface de frottement entre les divers groupes en conflit dépendra le niveau de la criminalité. En effet, une société constituée par des groupes ethniques différents, ayant chacun sa religion propre, un niveau de vie fortement contrasté par rapport à celui des autres groupes, risque d'avoir une délinquance plus élevée qu'une autre société, plus homogène au point de vue socioculturel.

Les individus qui s'insèrent dans les divers groupes primaires et secondaires font partie d'une structure sociale et sont également intégrés dans un système culturel. Leurs activités sont réglées par l'ensemble de la culture et se déroulent au sein des groupes sociaux dont ils font partie. Les comportements individuels et ceux des groupes ne sont compréhensibles qu'en tant qu'éléments d'une culture donnée. Ces personnes socialisées représentent la synthèse dynamique des éléments résultant de l'hérédité, du tempérament bio-physique et de l'apprentissage socioculturel.

En définitive, l'analyse du sociologue se situe à la fois à trois niveaux différents :

- au niveau de la culture, il scrute les valeurs, les normes qui modèlent le comportement social, il recherche la signification des actions humaines ;

[23]

- au niveau de la société, il établit les critères qui articulent les groupes sociaux en structures ainsi que les traits démographiques de la population ;

- au niveau de la personnalité, le sociologue recherche les sources sociales de la motivation de l'acte criminel et considère celui-ci comme l'expression d'un destin, certes individuel, mais inséré entre les limites des normes inspirées par la culture.

Pour nombre d'anciens criminologues, les faits criminels relevaient d'un ordre "infra-humain" et l'acte criminel était d'une essence radicalement différente de celle des autres actions humaines. Ces conceptions appartiennent définitivement au passé. Il faut bien constater cependant que le fossé reste entier entre le point de vue "singularisant" du travail clinique et le point de vue "généralisant" du travail scientifique. S'il y a une large interpénétration des techniques d'analyse et même des divers concepts entre plusieurs disciplines, aucun sociologue ne peut ignorer la théorie freudienne des complexes, comme aucun psychiatre ne saurait laisser dans l'ombre la théorie de l'anomie par exemple, la finalité de ces deux types de recherche demeure incompatible.

En guise de conclusion, on peut donc affirmer qu'à l'heure actuelle les sciences socioculturelles considèrent le comportement criminel comme la manifestation d'un conflit de cultures et comme une déviation par rapport aux normes culturelles en vigueur dans la société. Le délinquant est une personne qui n'a pas pu établir, ou rétablir, l'équilibre entre les forces pulsionnelles de son Moi et les normes de la culture ambiante, telles qu'elles se manifestent dans les stipulations du Code criminel ou dans les us et coutumes. Il reste cependant que, pour les [24] raisons indiquées tantôt, une distinction s'impose entre la conduite déviante et la conduite proprement criminelle. La première est liée à la structure de la personnalité et à celle du milieu socioculturel. La seconde est l'œuvre des forces historiques plus ou moins fortuites, telles qu'elles se manifestent dans les Codes. Raisonner en termes de "conduite déviante" et parler, en fait, de conduite criminelle est la source de regrettables confusions.

Finalement, les aspects individuel et collectif, descriptif et normatif du comportement criminel, dont la dissociation arbitraire a retardé si longtemps la compréhension de l'acte criminel, se trouve enfin réunis dans la science contemporaine. Cette acquisition des sciences socioculturelles aura, nous n'en doutons pas, des répercussions vastes et salutaires dans le domaine de la prophylaxie criminelle.

II. CRIMINOLOGIE -
DISCIPLINES AUXILIAIRES

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La criminologie est une science de synthèse, en ce sens que d'autres disciplines constituent son objet matériel. Son objet formel s'édifie à l'aide d'éléments essentiels de ces disciplines auxiliaires. Pour poursuivre ses fins propres, elle s'appuiera sur des disciplines fondamentales que nous différencierons des disciplines appliquées.

A - DISCIPLINES FONDAMENTALES
DE LA CRIMINOLOGIE ;


1- L'ANTHROPOLOGIE CRIMINELLE étudie chaque type de délinquant dans ses manifestations aussi bien morphologiques que fonctionnelles.

2- LA PSYCHO-PATHOLOGIE et LA PSYCHIATRIE réunissent les enquêtes biologiques, neurologiques, psychologiques et pathologiques nécessaires à l'étude du délinquant ; on y étudie les aspects de la personnalité de l'homme en tant qu'être biologique et psycho-social.

[25]

3- LA SOCIOLOGIE CRIMINELLE étudie :

a) les conditions sociales de la délinquance au niveau de la criminalité (âge, sexe, etc.) ;

b) les sources sociales de la motivation de l'acte délictuel, et la formation de la personnalité criminelle au niveau individuel.

4- LA GÉOGRAPHIE CRIMINELLE OU ÉCOLOGIE CRIMINELLE recherche les variations régionales aussi bien de la criminalité que du crime.

5- LA STATISTIQUE CRIMINELLE dénombre, recense les crimes et les criminels dans tous les pays.

B - AU NIVEAU DE SON APPLICATION,
LA CRIMINOLOGIE SE DIVISE EN HUIT SCIENCES
QUI PEUVENT SE DISTINGUER
DE LA FAÇON SUIVANTE :


1- LA CRIMINALISTIQUE (ou science policière, ou encore police scientifique) fixe les rapports entre l'infraction et la preuve. Elle s'occupe des procédés employés dans l'étude des états de faits criminels et dans la mise en sûreté de la personne du coupable. Dans le cadre de cette discipline s'intègrent la psychologie de l'interrogatoire et ses techniques, de même que l'étude du signalement .

2- LA PÉNOLOGIE (ou science pénitentiaire) comprend :

a) la technique d'application des sanctions ;

b) la recherche concernant l'Influence de l'emprisonnement sur 1'individu ;

c) l'étude du rôle de la détention dans la rééducation, et de tous les problèmes posés "intra muros".

[26]

3 - LE DROIT PÉNAL, branche du droit public, comprend les dispositions écrites (lois et règlements) d'un pays concernant les actions nocives, les sanctions et les moyens de défense de la société contre les malfaiteurs. Non scientifique, le droit pénal est une norme que la société propose et impose selon qu'elle le juge nécessaire à sa protection.

4- LA PSYCHIATRIE JUDICIAIRE comprend tous les enseignements de la psychiatrie applicables à la procédure judiciaire. Elle s'intéresse surtout aux éléments psychopathologiques susceptibles de résoudre le problème de l'imputation de la responsabilité et celui de la nécessité de l'internement. A cette fin, elle fait appel aux services de spécialistes.

5- LA MÉDECINE LÉGALE, opérant dans les cadres du droit pénal et civil, fait appel à toutes les spécialités de la médecine ; elle fournit une partie importante des moyens utilisés par la criminalistique. Elle permet, par exemple, de déterminer les traces de blessures sur les vivants ou les cadavres, de préciser la nature des instruments utilisés pour perpétrer un crime. C'est dans le cadre de la médecine légale qu'on pratique l'autopsie.

6- LA CHIMIE LÉGALE relève de la procédure judiciaire ; elle s'intéresse aux recherchés dans les cas d'empoisonnement, de la falsification et de la nocivité des denrées alimentaires, de même qu'aux méthodes chimiques de relèvement des traces et d'identification des matériaux.

7- LA PSYCHOLOGIE JUDICIAIRE étudie le comportement, au tribunal, du juge, des témoins, de l'accusé.

[27]

8- LA PROPHYLAXIE CRIMINELLE traite des problèmes posés par la prévention du crime et le crime lui-même, des réformes sociales, de l'assainissement des habitudes, du niveau de vie, etc.

C- SOURCE DES ÉTUDES EN CRIMINOLOGIE

1- Statistique criminelle (Bureau fédéral de la Statistique) ;

2- Code pénal annoté du Juge Irénée Lagarde ;

3- Actes législatifs du Parlement ;

4- Comptes rendus de la presse (rôle joué par l'opinion publique en face de certains délits ;

5- Dossiers des greffes de tribunaux ;

6- Dossiers de la police ;

7- Dossiers des institutions pénitentiaires ;

8- Entrevues avec les détenus.

III- NIVEAUX D'INTERPRÉTATION
EN CRIMINOLOGIE 35

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Il existe en criminologie trois niveaux d'interprétation qui sont souvent confondus : celui de la criminalité, du criminel et du crime. Il [28] est essentiel de les distinguer, de savoir grouper les faits recueillis sous la rubrique à laquelle ils correspondent.

A) La criminalité est constituée par l'ensemble des infractions qui se produisent dans un temps et lieu donnés„ Pour étudier scientifiquement la criminalité il faut avoir recours à la méthode comparative qui, selon DURKHEIM, réalise une expérimentation indirecte. Elle est basée sur l'histoire, l'ethnographie et la statistique. Grâce à elle, il est possible de dégager les conditions qui affectent la criminalité, à l'échelle de la société globale 36. Dans cette perspective les statistiques d'ordre démographique et économique peuvent être utilement confrontées avec celles relatives à la criminalité. Elles permettent en particulier de comparer les données relatives à la population en général à celles relatives à la population criminelle. C'est ainsi, par exemple, que M. Van BEMMELEN a mis en regard les chiffres des mariés et des célibataires dans la population totale et la population condamnée 37.

Mais l'interprétation à tirer des données ainsi dégagées doit demeurer circonscrite à l'échelle de la société globale. Elle permet de mettre en lumière les rapports qui existent entre la criminalité et les phénomènes démographiques, économiques, culturels, sanitaires, politiques. Elle ne permet pas d'en déduire des conséquences sur le plan des cas particuliers. Le fait d'être marié ou célibataire doit être apprécié par rapport à l'ensemble des données recueillies sur le plan individuel.

B) Le criminel ou si l'on préfère l'auteur de l'acte délictueux doit être étudié individuellement. Il est d'usage à cet égard d'opposer dans une terminologie rigoureuse les méthodes cliniques et les méthodes expérimentales. [29] En criminologie, l'on se contente généralement de ranger sous le terme de méthodes cliniques l'ensemble des méthodes d'approche individuelle. Étymologiquement, la clinique c'est l'examen du malade couché dans son lit. Mais, déjà, en médecine, ce sens étymologique a été étendu à tout examen du malade. On distingue, toutefois, de cet examen direct les examens de laboratoire d'ordre biologique ou chimique, par exemple. Par analogie, on devrait dire qu'en psychologie l'examen clinique est constitué par l'interview du sujet, tandis que les tests sont des examens de laboratoire. De fait, on a opposé pendant longtemps les méthodes de la psychologie clinique à celles de la psychologie expérimentale au détriment de l'unité de la psychologie. Finalement une tendance s'est manifestée qui réunit sous le nom de méthodes cliniques toutes celles qui permettent la connaissance des cas individuels. La criminologie a donc pris comme point de départ ce qui a constitué le terme d'une évolution en psychologie.

Les méthodes cliniques peuvent être utilisées dans le cadre, soit d'une approche transversale, soit d'une approche longitudinale 38. La première a pour objet de mettre en lumière les caractéristiques d'un sujet à un moment donné, tandis que la deuxième consiste à le suivre dans son évolution et à l'étudier à des dates différentes. Les travaux de M. et Mme GLUECK aux États-Unis et de M. FRET en Suisse permettent de suivre des délinquants juvéniles et d'individualiser ceux qui récidivent ou ne récidivent pas.

Il faut souligner que si les données ainsi dégagées sont susceptibles de faire connaître les caractéristiques personnelles des sujets, les facteurs qui influencent la formation et l'évolution de leur personnalité, [30] elles, sont par contre, insuffisantes pour approfondir les mécanismes et les facteurs de l'acte criminel lui-même.

C) LE CRIME ou si l'on préfère l'acte délictueux doit être étudié en l'isolant dans la vie ou la carrière criminelle envisagée. Il doit être considéré comme un épisode qui a un commencement, un développement et une fin. Il s'agit d'une approche très fine, très nuancée qui repose sur le témoignage du sujet ainsi que sur celui des autres acteurs du drame. Elle exige l'étude des documents judiciaires et policiers, elle doit tendre à saisir objectivement la subjectivité. Elle constitue l'approche criminologique par excellence, celle où l'on s'efforce d'appréhender la convergence des facteurs et des mécanismes biologiques, sociaux, psychologiques qui conduisent au passage à l'acte 39.

Mais si les niveaux d'interprétation doivent être obligatoirement séparés dans le recueil des faits, il n'est pas interdit de s'efforcer, dans un deuxième temps, de saisir les rapports qui peuvent s'établir entre passage à l'acte et personnalité, entre personnalité et société globale, entre passage à l'acte et société globale » Il faut ici, cependant, se méfier de la tentation de conclure trop rapidement. C'est, parce que l'interprétation est hérissée de difficultés en criminologie qu'il faut toujours donner la primauté à la description.

IV - PENSÉE CRIMINOLOGIQUE
ET DROIT PÉNAL

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En quels termes tout d'abord, se pose le problème ? L'introduction de l'expertise psychiatrique dans le procès judiciaire a été considérée, par beaucoup, comme une première étape vers l'éviction complète du droit pénal. Un des représentants les plus éminents de la psychiatrie américaine, [31] le Dr Karl MENNINGER, écrivait que l'attitude scientifique qui est propre au psychiatre remplacera tôt ou tard les méthodes juridiques actuelles. Ce même auteur dénonce l'esprit médiéval qui caractériserait la procédure légale et se fait 1'apôtre d'un nouvel humanisme scientifique 40. Selon lui, seuls les experts des sciences du comportement peuvent parler en connaissance de cause de la conduite criminelle : comme les médecins ont remplacé les barbiers il y a un siècle, les psychiatres remplaceront les pénalistes et les geôliers. Pour le représentant de cette tendance, le criminel est un malade. Les crimes ne sont que des symptômes de maladies qu'il faut guérir lorsqu'elles sont signalées à l'attention de la société par l'apparition d'actes antisociaux. Ces actes perdent à ce point leur valeur aux yeux de certains psychiatres que ceux-ci n'hésitent pas à recommander la détention perpétuelle des récidivistes malades dont la conduite antisociale s'avérerait incurable, quelle que soit par ailleurs l'offense dont ils sont convaincus.

Nous sommes en présence ici d'une attitude qualifiée d' "impérialiste", qui veut balayer le droit pénal pour ne laisser subsister que les sciences criminologiques. Pour ces personnes, le criminel n'est qu'un malade et l'infraction, une manifestation de la maladie. La société a le devoir de guérir le délinquant avec le seul concours des spécialistes, sans recourir aux juges 41.

La réaction des pénalistes ne se fait pas attendre ; ils appuient sur les principes sacro-saints du droit et de la philosophie ; "nulla poena sine lege", et sur la responsabilité, basée sur le libre arbitre et ils défendent avec vigueur le principe de la justice rétributive. [32] Suivant l'importance de l'infraction, du dommage causé et du danger social que représente le prévenu, les juges évaluent l'importance de la sentence qu'ils doivent prononcer. Ils tolèrent à peine les criminologues, ils les considèrent comme des représentants d'une secte nuisible, foulant au pied des principes qui sont à la base de l'ordre social 42.

Vous vous rendez bien compte que j'ai présenté là des cas extrêmes : une partie importante des pénalistes et des psychiatres, des psychologues et des sociologues collaborent en bonne entente comme le prouve le jugement DURHAM versus United States de 1954. Mais une certaine "incompatibilité d'humeur" subsiste. Nous en trouverons l'origine dans l'histoire de la pensée pénale et dans celle de la pensée criminologique.

Comme vous le savez, rien n'est nouveau sous le soleil et c'est ainsi que nous retrouvons déjà chez PLATON la plupart des éléments du problème qui nous occupe. Pour lui, le but de la peine ne doit pas consister à tirer vengeance de l'injustice passée, car rien ne peut faire que ce qui s'est produit ne se soit pas produit, mais à préserver l'avenir et à éviter d'autres crimes de la part de celui qui subit le châtiment. Le système pénitentiaire qu'il propose est, à plus d'un titre, intéressant. À une époque où la prison n'était qu'un lieu de détention provisoire, il préconise l'incarcération permanente dans deux types d'institution correspondant au degré de culpabilité de chaque individu : après le passage dans une maison d'arrêt provisoire, ceux qui méritent la pitié parce qu'ils ont agi sous l'impulsion, hors de leur plein gré, seront versés dans les maisons dites de résipiscence ; ceux qui sont incorrigibles, seront envoyés dans une maison située dans un lieu sauvage [33] et désert dont le nom invoque l'idée que c'est le lieu du châtiment.

Nous trouvons donc chez PLATON l'idée de rééducation et d'incorrigibilité, thème de discussions des siècles qui vont suivre. Faisons un saut de plusieurs siècles et choisissons comme point de départ le XVIIIe siècle. C'est l'époque, comme vous le savez, du pouvoir absolu, de la législation civile et criminelle arbitraire "quod placuit principe :' et différentielle suivant les états auxquels elle s'applique : clercs, nobles ou bourgeois. Les idées des encyclopédistes et des rationalistes, de VOLTAIRE à MONTESQUIEU, se sont répandues, prônant l'égalité, la fraternité et la liberté. Dans le domaine qui nous intéresse, c'est un jeune étudiant en droit de Milan, Cesare BECCARIA, qui résume la pensée de l'époque, dans l'opuscule "Dei Delitti e Délie Penne" paru en 1764. L'ouvrage contient une attaque en règle contre l'arbitraire et la corruption du système judiciaire et pénitentiaire de l'époque et leur oppose les idées qui furent bientôt consacrées par la Révolution Française et la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen 43.

L'idée force de la nouvelle tendance triomphante est l'égalité, l'égalité foncière de tous les hommes devant la loi. Contrairement aux pratiques de l'ancien régime, aucun compte n'était tenu de la qualité du prévenu, de sa personnalité. C'était le gage même de la nouvelle justice qu'à chaque acte criminel on fit correspondre une exacte mesure de peine. Tout le monde est censé connaître la loi qui est la même pour tous et chacun s'expose sciemment à une répression, également connue d'avance, s'il s'écarte de ces prescriptions légales, promulguées par le peuple souverain. Toute punition contraire à la dignité de la personne humaine, la torture, la fameuse "Question", est écartée par principe [34] du nombre de peines. De ces considérations est donc née ce qu'on a appelé l'école classique du droit pénal qui, suivant la philosophie de l'époque, est basée sur les principes suivants.

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