Theorie de l’heredite1 Francis galton








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 Serge R. Nicolas. http://histoire.psychologie.googlepages.com


THEORIE DE L’HEREDITE1




Francis GALTON


(1875)


Dans une préface publiée en 1868, M. Darwin (Variations of plants and animals under domestication, t. II, p. 370) nous dit "qu'il semble généralement admis que le corps se compose d'une multitudes d'unités organiques, dont chacune possède ses attributs propres et est, jusqu'à un certain point, indépendante de toutes les autres". Nous pouvons affirmer, sans craindre de nous tromper, que l'expression générale de l'opinion des biologistes n'a pas changé depuis que ces lignes ont été écrites. Il est donc certain que l'hypothèse des unités organiques, avec toutes ses conséquences, est un des fondements de la théorie de l'hérédité. Il nous reste à déterminer les autres points de cette théorie, à examiner dans quelle mesure l'hypothèse des unités organiques s'applique à tous ses détails, et ce que l'on peut dire lorsqu'il y a désaccord.

Nous pouvons, pour simplifier cette étude, diviser en deux groupes les faits que doit expliquer une théorie complète de l'hérédité ; le premier comprendra les particularités congénitales qui l'étaient également chez un ou plusieurs des ascendants du sujet en question ; le second, les particularités congénitales qui, sans l’être chez aucun des ascendants, ont été acquises par un ou plusieurs d'entre eux pendant leur vie, par suite d'un changement dans les conditions de cette vie, changement de climat, de nourriture ou d'habitudes, maladie ou mutilation.

Le premier de ces deux groupes a une importance toute particulière par suite du nombre de faits bien constatés qu'il contient, faits qui s'expliquent d'une manière générale par plus d'une des théories qui s'appuient sur l'hypothèse des unités organiques. Le second groupe contient beaucoup de faits discutables, faits dont la vérification est presque toujours fort difficile, et dont la plupart, selon moi, sont loin de justifier les conclusions que l'on prétend en tirer. Dans ce travail, j'ai partagé la théorie générale de l'hérédité en deux parties correspondant chacune à un de ces deux groupes. La première se soutient d'elle-même, la seconde est absolument supplémentaire et subordonnée à l'autre.

Aucune théorie de l'hérédité n'a été énoncée d'une manière plus claire et plus complète que celle de la Pangenèse de M. Darwin, et l'introduction de cette théorie contient le résumé le plus consciencieux qui existe des faits si variés qu'une théorie complète de l'hérédité doit pouvoir expliquer. Ce que je vais dire ici s'appuie en grande partie sur les arguments et les considérations indiquées par M. Darwin; et cependant l'on verra que mes conclusions diffèrent essentiellement des siennes. La pangenèse semble s'appliquer d'une manière plus spéciale aux cas qui appartiennent au second groupe, cas dont la signification est secondaire et souvent douteuse; et l'on verra que j'accepte cette théorie, avec des modifications toutefois, comme partie supplémentaire et accessoire d'une théorie complète de l'hérédité, mais nullement comme partie essentielle et la plus importante.

Avant d'entrer en matière, je demanderai la permission d'employer dans un sens particulier le mot stirpe, que je tire du latin stirpes, racine, pour exprimer la somme des germes, gemmules - quel que soit le nom qu'on leur donne - qui, selon toutes les théories des unités organiques, se trouvent dans l'œuf récemment fécondé, c'est-à-dire au début même de la phase pré-embryonique, moment à partir duquel l'œuf ne reçoit plus, même de la mère, autre chose que la nourriture (je n'ai pas besoin de rappeler au lecteur que pas une goutte de sang de la mère ne pénètre dans les vaisseaux de l'embryon, mais que les deux circulations sont absolument distinctes, le placenta auquel l'embryon est attaché, et avec lequel il est en rapport vasculaire, recevant lui-même sa nourriture de la mère uniquement par imbibition.) Ce mot de stirpe, que je me permets d'introduire ici, s'applique également au contenu des bourgeons ; il est fort commode et nous met, je crois, à l'abri de toute confusion de langage.

La stirpe tout entière, avec une certaine quantité de substances nutritives, présente un volume qui ne surpasse pas celui d'une tête d'épingle; et, chose curieuse, ce volume est le même pour l'œuf récemment fécondé de tous les mammifères. Il est évident que l'observation directe ne peut rien nous apprendre sur la forme d'objets aussi petits que le sont les germes contenus dans a stirpe, non plus que sur la manière dont ils se comportent; ces germes échapperaient au microscope le plus puissant, quand même l'action de chacun d'eux sur la lumière serait différente. Or, cette différence d'action n'existe pas, car l'œuf fécondé présente une couleur presque identique en tous ses points. Les cellules et leur contenu sont pour les biologistes qui les regardent au microscope à peu près ce que les sacs de dépêches et les monceaux de lettres qui s'en échappent sont pour les curieux qui les regardent à travers les vitres d'un bureau de poste. Ces curieux peuvent bien tirer de ce qu'ils voient des conclusions exactes au sujet des communications postales en général, mais ils ne peuvent lire un seul mot du contenu des lettres elles-mêmes. Le raisonnement seul, et non l'observation directe, peut nous apprendre quelque chose sur les éléments de la stirpe ; nous sommes donc réduits à faire une théorie.

Nous commencerons par poser les quatre postulata qui semblent presque nécessairement compris dans toute hypothèse d'unités organiques, et qui le sont dans celle de la pangenèse. Premièrement, chacune des innombrables unités pour ainsi dire indépendantes dont le corps se compose a une origine ou un germe séparé. En second lieu, la stirpe contient une multitude de germes, bien plus variés et plus nombreux que ne le sont les unités organiques du corps qui va sortir de ces germes ; de sorte que le nombre des germes qui arrivent à se développer est relativement assez petit. Troisièmement, les germes qui ne se développent pas conservent leur vitalité ; ils se propagent tout en restant à l'état latent, et contribuent à former les stirpes des rejetons. Quatrièmement, enfin, l'organisation dépend d'une façon absolue des affinités et des répulsions qui existent entre les germes séparés, d'abord à l'état de stirpe, et ensuite dans toutes les périodes de leur développement.

C'est surtout dans les arguments de M. Darwin qu'il faut chercher les raisons que l'on peut invoquer en faveur de ces postulats ; mais il n'est impossible de montrer en passant qu'il existe au moins des motifs plausibles de les admettre comme raisonnable. Ainsi, par exemple, en faveur de l'origine indépendante des différentes parties du corps, on peut citer le fait si souvent observé de la provenance différente de certains traits. Si un enfant a les yeux de son père et la bouche de sa mère, ces deux traits ont donc une origine distincte. Or, on a constaté que certaines particularités, quelquefois de dimensions microscopiques, peuvent se transmettre par hérédité, d'où l'on peut conclure que les parties du corps même les plus minimes ont une origine distincte. Nous avons dit aussi que la stirpe contient beaucoup plus de germes qu'il ne s'en développe ; ce qui le prouve, c'est qu'un individu peut transmettre à ses enfants certains traits de leurs ancêtres qu'il ne possédait pas lui-même. Tout ce que l'individu avait reçu de ses ancêtres devait être enfermé dans sa stirpe ; donc cette stirpe contenait non seulement les traits qui se sont développés dans son propre organisme, mais encore tous les autres traits de ses ancêtres que l'individu lui-même n'avait pas, mais qu'il a légués à un ou plusieurs de ses descendants. Il faut donc admettre que la stirpe contient bien d'autres germes que ceux qui arrivent à se développer dans l'individu produit par la stirpe. De plus, il faut que ces germes non développés conservent leur vitalité et contribuent à former la stirpe des descendants, comme nous l'expliquerons tout à l'heure plus en détail. Enfin le quatrième et dernier postulatum, d'après lequel l'organisation dépend entièrement des affinités qui existent entre les différentes unités organiques, ce postulatum s'impose pour ainsi dire par la simplicité et la suffisance de ce qui est demandé ; presque tout ce qui me reste à dire ici en sera la preuve. N'oublions pas non plus que l'autre hypothèse, celle d'une force plastique générale, ressemble à toutes les autres conceptions mystiques qui ont eu cours au début de plusieurs des sciences physiques, et qui toutes ont été remplacées par des théories moléculaires à mesure que les connaissances s'étendaient. La science de l'hérédité n'en est encore qu'à son début, et l'analogie nous porte à croire qu'elle suivra la même marche que ses devancières. Quant à la possibilité pour des objets aussi petits que le sont les germes de posséder une perception assez délicate pour permettre à chacun d'eux, malgré leur grand nombre, de trouver sa place, M. Darwin en a donné pour preuve la délicatesse de perception des grains de pollen des différentes plantes. "Le nombre des plantes composites, nous dit-il (Variation des plantes et des animaux à l'état domestique), est d'environ 10 000, et il n'est pas douteux que, si l'on pouvait mettre ensemble ou successivement des grains de pollen de toutes les espèces sur le stigmate d'une espèce donnée, celle-ci choisirait infailliblement son propre pollen." Les cas mêmes où ces affinités s'égarent en partie sont des plus instructifs ; comme, par exemple, lorsqu'une certaine marque sur la peau se transmet par hérédité en se reportant sur une partie voisine ou homologue. Ces préliminaires une fois posés, nous pouvons avancer librement.

Les physiologistes s'étonnent de voir qu'aucune race d'un degré un peu élevé ne peut se propager longtemps par génération unisexuelle ; bientôt la race s'altère, probablement faute de quelqu'un des éléments de sa structure, et finit par périr. Il semble qu'en vertu d'une loi universelle l'union de deux parents soit une condition très importante, essentielle même selon quelques-uns, pour la persistance d'une race d'organisation complexe ; et, pour moi, je suis porté à croire que la différence des sexes dans une race est le résultat, et non la cause de cette nécessité. Dans les organismes les moins élevés, il y a deux parents, mais il n'y a point de sexe apparent, parce que deux cellules quelconques peuvent se réunir, et mêler leur contenu dans une même cellule ; de plus, ces êtres admettent facilement la multiplication unisexuelle par voie de division et de bourgeonnement. Si nous nous élevons dans l'échelle des êtres, nous voyons la différence des sexes se prononcer davantage ; en même temps, la propagation unisexuelle devient plus rare. Puis nous finissons par atteindre un niveau à partir duquel la différence des sexes est complète; dès lors la propagation par un seul sexe disparaît entièrement. Or, la nécessité spéciale de deux parents pour les organismes complexes découle d'une façon immédiate de la théorie des unités organiques et des germes. Considérons une série déterminée de générations unisexuelles, et suivons l'histoire de cette série: supposons que nous ayons choisi, coupé et planté le deuxième bourgeon, et que, celui-ci une fois arrivé à maturité, nous prenions de même son deuxième bourgeon, et ainsi de suite. À chaque génération successive il y a toujours une chance pour qu'une ou plusieurs des différentes espèces de germes que contient la stirpe meurent ou disparaissent ; et, une fois partis, ces germes sont perdus à jamais et ne peuvent être remplacés par d'autres. De temps en temps, cette chance défavorable doit avoir son effet, et amener la disparition de quelque élément organique, et par suite la détérioration de la race. Si l'élément perdu est un élément indispensable, la race périra sur-le-champ ; s'il est moins important, la race languira et subira nécessairement d'autres pertes dont l'accumulation finira par lui devenir fatale. Ce qui est vrai pour la série des deuxièmes bourgeons l'est nécessairement pour une série quelconque, comme les jardiniers, par exemple, pourraient le vérifier dans leur pratique (1). Le même raisonnement s'applique à tout autre mode de reproduction unisexuelle: tous aboutissent à la détérioration et finalement à l'extinction de la race. D'un autre côté, s'il y a deux parents, l'espèce particulière de germe qui pourra manquer par hasard chez l'un se trouvera fournie par l'autre. Sans doute les cas seront rares dans lesquels la même espèce de germe manquera à l'apport des deux parents, et un très petit nombre de familles périront par cette cause. D'ailleurs, quand même elles périraient, le mal ne serait pas grand. Les autres familles sont parfaitement saines, ou tendent à le devenir à la génération suivante, et elles ne comblent que trop facilement le déficit. Ainsi nous voyons qu'avec la génération unisexuelle chaque famille est condamnée à s'éteindre tôt ou tard, tandis qu'avec la génération bisexuelle un très petit nombre seulement de familles s'éteignent, ou même souffrent temporairement de la cause que nous étudions en ce moment ; la grande majorité ne souffre en aucune façon, et les autres tendent à se réhabiliter. D'un autre côté, comme la stirpe d'où provient l'enfant ne peut avoir en volume que la moitié de celui des stirpes réunies de ses deux parents, il s'ensuit que la moitié de son héritage possible a dû être supprimée. Ce fait implique une lutte très vive entre les germes qui se disputent la place, et, selon toute probabilité, le succès de la meilleure moitié de leurs nombreuses variétés.

De ce que l'espace est limité dans la stirpe il s'ensuit que non seulement les variétés de chaque espèce de germe, mais encore le nombre des individus appartenant à chaque variété le sont également. Il ne faut pas perdre de vue cette considération, qui explique le nombre assez restreint des subdivisions auxquelles se transmettent certains traits particuliers. Je ne m'occupe pas ici du cas où tel ou tel caractère d'une race disparaît lentement et par gradations insensibles, car ce changement peut être attribué, du moins en partie, à une altération de la qualité des germes ; je ne parle pas non plus des cas où il est évident que l'une des deux qualités contraires a étouffée l'autre, mais bien de ceux où ces qualités semblent également puissantes, et susceptibles de s'allier. Ainsi, dans la disparition graduelle du sang noir, nous pourrons reconnaître que la couleur d'un mulâtre représente la moitié, et celle d'un quarteron le quart de la noirceur de ses ancêtres nègres ; mais si nous allons plus loin, nous verrons que le fractionnement du sang est très irrégulier, et ne suit pas la progression géométrique décroissante de un huitième, un seizième, etc.; le plus souvent, la présence du sang noir est très marquée, ou au contraire imperceptible, jusqu'à ce qu'il disparaisse entièrement. Il y a, naturellement, des gradations bien plus délicates dans les effets complexes, tels que l'expression de la physionomie, parce que l'un quelconque de ses éléments peut exister ou manquer; et, comme le nombre des combinaisons ou des permutations possibles, même entre un petit nombre d'éléments, est très grand, il doit pouvoir exister un grand nombre de degrés entre la transmission complète de l'expression et sa disparition totale.

La rapidité des changements que l'on peut constater dans la substance de l'œuf nouvellement fécondé prouve que les germes contenus dans la stirpe sont sans cesse en mouvement pour prendre de nouvelles positions d'équilibre organique, sans doute par suite du développement inégal de quelques-uns des germes qui se trouvent être mieux nourris que les autres. Dans ce mouvement, nous voyons des séparations se produire tout autant que des agrégations, et il est raisonnable de supposer que des forces de répulsion, tout aussi bien que d'affinités, concourent à ces résultats. Sur la nature même de ces répulsions et de ces affinités, nous ne savons encore rien; mais il semble presque impossible d'expliquer tout se qui se passe par l'hypothèse d'un simple développement graduel, comme celui que propose la pangenèse, B suivant A, et C venant après B, et ainsi de suite. Il est difficile d'admettre que les influences réciproques des germes ne s'exercent que suivant des lignes comme celles qui réunissent les corpuscules du sang face à face, en longs rouleaux, au début de la coagulation ; nous ne pouvons non plus supposer que ces influences soient bornées à certains plans, comme le sont celles qui gouvernent les groupements harmonieux de la flore et de la faune à la surface d'une contrée abandonnée à l'action de la nature; nous devons plutôt penser qu'elles agissent suivant les trois dimensions de l'espace, comme, par exemple, l'on peut croire que, dans un essaim d'êtres ailés, les goût particuliers ou les aversions d'un des individus dont il se compose doivent déterminer sa position dans cet essaim. Chaque germe a un grand nombre de voisins: une sphère entourée d'autres sphères de même grandeur, comme, par exemple, un boulet de canon dans une pile aussi compacte que l'on peut la construire, est en contact immédiat avec douze autres de ces sphères. Nous pouvons donc être certains que les germes doivent être soumis, de tous côtés, à des forces nombreuses qui varient selon la place qu'ils occupent; ils doivent passer par bien des positions d'équilibre temporaire et momentané, et subir une longue suite de mouvements sans cesse renouvelés, avant d'atteindre séparément les positions définitives qui leur conviennent le mieux. Quoique nous ne sachions encore rien sur le caractère de ces affinités et de ces répulsions, ou de ce que M. Herbert Spencer appelle leur
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