Lutte contre le monilia de la fleur de l’abricotier en Agriculture Biologique : résultats d’essai








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date de publication06.01.2017
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Lutte contre le monilia de la fleur de l’abricotier en Agriculture Biologique : résultats d’essai



L’abricot est une espèce fruitière relativement facile à conduire en AB, pour peu que la moniliose et le gel épargnent les fleurs ! Le monilia est en effet le premier pathogène affectant l’abricot, et réduisant le potentiel de récolte, parfois à zéro, si la protection n’a pu être réalisée à temps, avec des produits performants (Remarque : aucun fongicide n’est à la fois autorisé en AB, et homologué sur monilia de la fleur précisément).

Le manque de références significatives concernant la sensibilité variétale (mises à part des variétés très sensibles comme Bergeron ou Lambertin n°1) ne permet aujourd’hui pas de préconiser certaines variétés adaptées à une conduite extensive : la réduction des intrants n’est à ce jour possible qu’en travaillant sur des stratégies de produits moins polluants, plus persistants (cf. encadré).
PRESENTATION DU PATHOGENE
La moniliose attaquant, dès le stade bouton rouge, toutes les parties de la fleur (sépales, pétales, anthères, stigmates) est provoquée par l’espèce Monilia laxa, seule espèce ayant une biologie lui permettant de se développer aux températures du mois de février (M. fructicola peut aussi être impliquée, mais nous ne connaissons pas son extension en France aujourd’hui). La fleur (ou le bouquet floral) envahie par M.laxa se dessèche (elle apparaît comme gelée), reste accrochée à la branche, tandis que de petits coussinets gris se forment sur ses pédoncules (cf. photo). Le champignon peut ensuite remonter dans le rameau.

Les fructifications sur les fleurs ou les chancres donnent des spores pouvant infecter ensuite les fruits sains plus tard en saison. Les fruits pourris non récoltés sèchent et se momifient. Ce sont ces momies, restées sur l’arbre ou tombées au sol, et les chancres sur rameaux qui constituent l’inoculum d’infection pour l’année suivante.

PRESENTATION DE L’ESSAI
Un essai a été conduit sur une parcelle de Lambertin n°1, mise à disposition par la SERFEL (Saint-Gilles, 30). Les modalités testées sont les suivantes :

-témoin traité a l’eau

- hydroxyde de cuivre (référence) à 200g/hl

- bouillie sulfo-calcique (BSC) italienne a 2%

- bouillie sulfo-calcique (BSC) française a 2%
Chaque modalité était répétée 6 fois, avec un arbre par répétition.

Deux applications ont été faites, en pleine floraison, soit les 13 et 20 février 2002, à un mouillage avoisinant les 1000 l/ha.
Voici les conditions météorologiques enregistrées à la SERFEL pendant l’essai :




On peut y observer des précipitations rapprochées, suffisamment importantes pour provoquer des contaminations primaires conséquentes sur les fleurs non protégées.

Les observations ont été réalisées le 12 mars 2002 ; elles portaient sur 10 rameaux homogènes par arbre (protocole CEB), chaque rameau portant environ 25 organes floraux.
RESULTATS
Les observations permettent de dresser le graphique suivant :
La modalité témoin présente un taux de fleurs viables allant de 8 à 67% (65% de dégâts en moyenne), tandis que les modalités à base d’hydroxyde ou de BSC italienne notamment donnent de meilleurs résultats. L’analyse statistique (réalisée à un seuil d’erreur de 5%) donne les groupes statistiques indiqués par des lettres dans le graphe.

A un seuil d’1%, seul l’hydroxyde se distingue du témoin.

Ce comptage a permis de montrer une différence entre :

  • le témoin très attaqué, en raison de traitements à l’eau mais surtout de conditions climatiques très favorables comme le montre le graphique

  • l’hydroxyde de cuivre, qui offre une protection relativement correcte (61% d’efficacité), tout en amenant environ 2 kg de cuivre métal/ha en deux traitements,

  • les deux polysulfures de calcium, la formulation italienne étant (encore une fois) plus performante (47% d’efficacité) que son homologue française (25%).


Le premier traitement a probablement été bien positionné, et efficace, tandis que le deuxième a été réalisé trop tard après le lessivage, et a certainement été inutile.
CONCLUSION
Les produits testés cette année, s’ils donnent de bons résultats, ne sont pas homologués pour cet usage :


  • l’hydroxyde de cuivre est autorisé en AB, mais n’est pas homologué sur les monilioses, quelque soit l’espèce fruitière,

  • la BSC italienne est autorisée en AB, mais pas homologuée en France,

  • la BSC française est autorisée en AB mais homologuée contre tavelure et oïdium des pommiers-poiriers et vigne uniquement.


Les produits légalement utilisables en AB contre le monilia de la fleur sont probablement moins performants que ces produits testés ou conventionnels, voire insuffisants en cas de forte pression.
En tout état de cause, il semble admis qu’il est préférable d’utiliser un produit moyen mais de bien le positionner, au tout début de la floraison et avant les pluies, plutôt qu’un produit performant mal positionné. Il semble également souhaitable de renouveler un traitement à demi-dose si le produit est partiellement lessivé : cela peut alors impliquer des passages en pleine floraison.
Encore une fois, les sensibilités variétales devraient être mieux connues, évaluées en conditions de forte pression, afin de permettre aux professionnels de disposer de matériel plus rustique. Il serait donc intéressant que les instituts de sélection végétale démarrent des programmes d’observation, en évitant les traitements sur fleur, pour isoler quelques variétés particulièrement tolérantes à la moniliose.

STRATEGIES ET PROPHYLAXIE


Les produits cupriques ne sont pas autorisés en tant que fongicides sur cette maladie. Les producteurs agrobiologistes ont alors recours à d’autres spécialités fertilisantes, dont l’action fongicide ou fongistatique est reconnue, car elles contiennent du cuivre, des éléments gênant la pénétration du champignon dans le végétal, ou permettent à l’arbre de mieux se défendre contre les attaques parasitaires. Parmi ces produits, le lithothamne (poudres d’algues, aussi appelé maërl), les décoctions végétales ou les crèmes d’algues sont des produit réputés efficaces. Leur efficacité n’a cependant pas été évaluée précisément, en les comparant à un témoin non traité.

Rappelons toutefois quelques règles importantes dans la gestion de la maladie, à avoir en tête dès la plantation :

  • densité assez faible pour favoriser l’aération des frondaisons

  • fertilisation adaptée, taille annuelle évitant les pousses vigoureuses

  • retrait des fruits pourris à la récolte, retrait des chancres et sources d’inoculum et de conservation pendant la taille (été ou hiver).


Remerciements à la SERFEL (Valérie Gallia) pour la mise à disposition

de la parcelle d’essai et d’informations pour la bonne réalisation de l’essai

Références bibliographiques :


  • Collectif. Produire des fruits en Agriculture biologique, 2002. Editions ITAB-GRAB, 316 pages.

  • CTIFL, L’abricotier, monographie, 1989, 386 pages.

  • Integrated Pest Management for Stone Fruits, 1999. Editions University of California DANR, publication # 3389, 264 pages

  • ACTA, Index phytosanitaire 2002, 788 pages

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