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CHAPITRE IV



LES CADRES


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Mais ce n'est pas tout que de vouloir observer et recueillir des faits : encore faut-il savoir comment les classer. Ou plutôt : pour observer avec fruit il faut savoir d'avance quels sont les cadres dans lesquels les faits ont été rangés par les chercheurs antérieurs. Plus on sait, plus et mieux on voit. Mais comme le folklore est une science en pleine croissance, comme des milliers de faits sont encore ignorés et attendent qu'on veuille bien les décrire, les manuels et les monographies folkloriques sont nécessairement incomplets. Tant mieux pour nous, puisque nous avons ainsi des chances de faire encore des découvertes, alors qu'en botanique et en zoologie ces chances sont devenues faibles.

J'ai déjà dit que les faits sociaux se présentent sous la forme de « volumes » à facettes : pour les décrire, il faut considérer cependant chacune des facettes successivement, et ceci dans un certain ordre. On peut commencer où l'on veut ; mais ensuite cet ordre doit être maintenu. L'énumération de ces facettes est ce que j'appelle ici un cadre. J'en citerai trois, ayant des points de départ différents ; celui du Folklore de France, de Paul Sébillot (1904-1907), celui du Manuel de la Société anglaise de folklore, et celui de la Bibliographie folklorique annuelle de Hoffmann-Krayer, patronnée par la Société suisse des traditions populaires. Mais il est évident que le progrès de notre science exigera des cadres plus complexes encore et de plus en plus souples. Il faut en ces matières éviter surtout les idées préconçues et la rigidité théorique.

Paul Sébillot a considéré les faits du point de vue extérieur ; il les a classés d'après leurs formes visibles, et non d'après leurs liens internes. D'où sa grande division en quatre parties : tome I, Le ciel et la terre ; tome II, La mer et les eaux douces ; tome III, La faune et la flore ; tome IV, Le peuple et l'histoire. Les subdivisions se font naturellement par exemple dans le tome III, deux livres : la Faune ; la Flore ; dans le livre premier : a) les mammifères sauvages ; b) les mammifères domestiques ; c) les oiseaux sauvages d) les oiseaux domestiques ; e) les reptiles f) les insectes ; g) les poissons. Chacune de ces sections est divisée à son tour en paragraphes autant que possible rangés dans le même ordre. Ainsi pour ce qui concerne les mammifères domestiques : 1° origines ; 2° amours et naissance ; 3° le lait ; 4° erreurs et préjugés ; 5° présages et rencontres, 6° l'homme et ses bêtes 7° les lutins de l'étable et de la pâture ; 8° lutins et esprits sous forme animale 9° sorcellerie ; 10° maladies et médecine ; 11° la rage 12° contes et légendes.

Oit voit que pour étudier par exemple la sorcellerie, il faut refaire entièrement le travail de Sébillot. De même les contes et légendes sont disséminés dans toutes les sections, et il faut se rappeler en outre que ceux qu'il a analysés ne représentent qu'une faible partie des contes et légendes recueillis en France. Plus disséminés encore sont les renseignements sur les cultes populaires et sur les rites du mariage, des funérailles, des pèlerinages ; très rares sont les chansons, et plus rares encore les renseignements sur l'art, la technique, la maison. Sébillot n'a donc décrit sous le nom de Folklore qu’une partie seulement des activités populaires françaises, celle qui constituait l'ancien « traditionnisme ». Aussi l'action de cet ouvrage sur les chercheurs locaux a-t-elle été relativement faible.

C'est à eux que s'adresse en principe le Manuel de la Société de Londres : mais dans ce Manuel, le folklore a été tellement étendu qu'il en est venu à englober toute une partie de l'ethnographie, laquelle s'occupe spécialement des populations, extra-européennes à demi civilisées. Voici le plan de ce Manuel, deuxième édition rédigée par miss Charlotte Burne, 1914.

Livre I : La croyance, et l’observance ; 1° la terre et le ciel 2° le monde végétal ; 3° le monde animal ; 4° les êtres humains ; 5° les objets faits par 1'homme ; 6° l'âme et l'autre vie ; 7° les êtres surhumains ; 8° présages et divinations ; 9° magie ; 11° la maladie et La médecine populaire.

Livre II : Les coutumes : 1° les institutions, politiques et sociales ; 2° les rites de la vie individuelle (ce sont mes Rites de passage) ; 3° les occupations et les industries ; 4° les fêtes calendaires et autres ; 5° les jeux, sports et amusements.

Livre III : Récits, chansons et dictons : 1° histoires (a, racontées comme vraies ; b, racontées comme amusement) ; 2° chansons et ballades ; 3° proverbes et devinettes ; 4° formulettes et dictons.

Plus Livre IV ses appendices : terminologie ; questionnaire ; types des contes indo-européens et bibliographie comparative.

Ce Manuel, comme on voit, embrasse un domaine beaucoup plus considérable que le traité descriptif de Sébillot. Leur but n'est d'ailleurs pas le même. Miss Burne a surtout voulu donner des idées directrices et générales non seulement aux chercheurs locaux mais aussi aux savants en général ; ce n'est pas une description complète du folklore de la Grande-Bretagne, œuvre qui est loin d'être faite, mais une sorte de théorie générale sur la base d'un certain nombre de faits anglais choisis comme typiques et que l'auteur interprète au moyen de la méthode comparative ethnographique.

Voici enfin le cadre qui a été, adopté par Hoffmann-Krayer pour sa Bibliographie folklorique annuelle ; parues sont les années 1917, 1918, 1919 (Bâle). Je n'en indique que les divisions principales, les subdivisions étant pour la plupart géographiques.

I. généralités (bibliographie, méthode, etc.) ; II. le village ; III. Les constructions (maisons, granges, églises, etc.) ; IV. les objets ; V. les signes (marques de propriété, etc.) ; VI. les techniques et l'art populaires (textiles, sculpture, poterie, bois, métaux, etc.) ; VII. la psychologie du peuple ; VIII. le costume et ses éléments (bijoux, etc.) ; IX. la nourriture et les boissons ; X. coutumes (cérémonies de passage, associations, confréries, fêtes calendaires, jeux et jouets, etc.) ; XI. DROIT POPULAIRE ; XII. CROYANCES (religions et mythes, culte des saints, sorcellerie, revenants, présages, amulettes, etc. XIII. MÉDECINE POPULAIRE ; XIV. GÉNÉRALITÉS SUR LA LITTÉRATURE POPULAIRE (théories, etc.) ; XV. POÉSIE POPULAIRE (chansons, dictons, inscriptions, musique, danses, etc.) ; XVI. CONTES (Contes de fées, récits facétieux, légendes) ; XVII. LE THÉÂTRE POPULAIRE (mystères, pastorales) ; XVIII. CALENDRIERS, ALMANACHS, etc. ; XIX. LANGAGE POPULAIRE (dialectologie, énigmes, proverbes, langues spéciales et argots) ; XX. NOMS (de localités, de peuples, de familles, prénoms, noms de divinités, d'animaux, de plantes, de corps célestes, etc.).

On voit nettement quelle extension le folklore a prise de nos jours. Pour certaines de ces sections les savants français ont été les initiateurs du mouvement ; par exemple les cultes populaires ont été étudiés d'abord par Dulaure à la fin du XVIIIe siècle, puis avec maîtrise par Gaidoz au XIXe ; la science spéciale des noms donnés par le peuple aux plantes et aux animaux a pour fondateur et maître incontesté Eugène Rolland ; les énigmes, proverbes et dictons ont été étudiés en détail par Collin de Plancy et Leroux de Lincy il y a près de cent ans ; l'étude scientifique de la maison rurale a été fondée par De Fovielle ; etc.

Mais toutes ces recherches spéciales ont été jusqu'aux premières années du XXe siècle plutôt individuelles et en quelque sorte épisodiques. C'est de nos jours seulement qu’elles ont été groupées systématiquement selon un arrangement ordonné qui a déterminé, la formation du folklore en tant que science autonome. La Bibliographie pour l’année 1917, quoique incomplète à cause des difficultés actuelles des relations internationales, comprend plus de 1700 titres, ce qui est un symptôme de l'intérêt qu'excitent nos recherches. J'ajouterai qu'il existe une vingtaine de revues spéciales et une dizaine de chaires universitaires, notamment en pays germaniques et slaves, uniquement consacrées au folklore et à son enseignement.

Qui donc voudra prendre à cœur l'appel qu'on adresse ici a le choix entre le cadre de Sébillot, celui de Miss Burne et celui de Hoffmann-Krayer pour ma part, je préfère le dernier, parce qu'il est plus complet, et en somme assez souple pour se prêter aux modifications exigées par l'étude directe des faits et par les découvertes imprévues. Il faut toujours, autant que possible, se laisser guider par la réalité observée et ne considérer les classements scientifiques que comme un meuble à tiroirs qu'on peut améliorer conformément aux besoins nouveaux. C'est pourquoi je n'ai pas parlé ici de classement, mais seulement de cadres.

Quand, sous l'influence des circonstances locales et des possibilités personnelles, on a choisi une section particulière du folklore comme sujet de recherche, il est bon de consulter des monographies sur ce même, sujet et de leur emprunter un cadre secondaire. L'on possède ainsi une sorte de guide et on voit plus clairement dans quelles directions subsistent des lacunes. Supposons cette fois qu'il s'agisse de chansons : on pourra adopter les cadres, de Tiersot, Chansons des Alpes françaises, ou de Millien, Chansons du Nivernais, ou de Trébucq, Chansons de la Vendée et des Pyrénées. Voici le cadre de Millien qui est relativement complet :

Tome I : CHANSONS ANECDOTIQUES : 1° Sujets imaginaires ou romanesques ; 2° Guerre et garnison 3° Sujets familiers, petites aventures ; Chansons plaisantes et facétieuses.

Tome II : COMPLAINTES : 1° Sujets religieux, les miracles, le merveilleux ; 2° Complaintes légendaires, tragiques et dramatiques ; 3° Complaintes criminelles ; 4° Chansons historiques.

Ce qu'on peut reprocher à ce cadre, c'est de n'avoir pas fait une section spéciale pour les chansons cérémonielles comme les chansons de mariage, de moisson, etc. Mais cette série est peu représentée en Nivernais, alors qu'elle l'est davantage en d'autres provinces. Bref il faut adapter aux conditions locales les cadres antérieurs.

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