Table des matières








titreTable des matières
page5/25
date de publication18.01.2018
taille0.7 Mb.
typeDocumentos
b.21-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   25

2.2. Les résultats du petit sondage


Malgré toute l’amabilité de nos interlocuteurs cantonaux, leurs réponses se sont une fois encore révélées relativement vagues, et cela pour une raison très simple : l’instruction civique est toujours intégrée à une autre matière, de sorte que son enseignement ne peut tout simplement pas être présenté de manière précise. Un petit tableau ci-dessous tente de présenter les réponses aux questions posées, quant à savoir su cette matière fait l’objet d’un enseignement spécifique, avec un horaire, un programme et des notes spécifiques : les réponses sont pratiquement toujours négatives.

Les cantons du sondage

Canton

Matière spécifique

Horaire

Programme

Notes

Matière Intégrée ou pas

BE

NON

NON

NON

NON

Transversal

BS

En 8ème et 9ème

En 8ème et 9ème

En 8ème et 9ème

NON (toujours histoire)

 7ème

Histoire

FR (F)

En 3ème seulement

NON

OUI

NON




FR (D)

NON

NON

NON

NON

Histoire

GR

NON

Partiel

NON

NON

Histoire, économie et Etat

LU

NON

NON

NON

NON

Histoire

TG

NON

NON

NON

NON

Histoire
Allemand
Lebenskunde

ZH

NON

NON

NON

NON

Homme et environnement
Présent, passé, futur
Mode de vie et réalités

En plus des cantons contactés expressément pour le sondage, il a été possible de trouver les réponses aux questions posées par le recoupement d’informations trouvées par d’autres canaux, par exemple dans des interventions parlementaires, des études ou des articles de presse.

Quelques cantons hors sondage

Canton

Matière spécifique

Matière Intégrée

GE

1 heure au secondaire




JU

NON

Histoire

NE

1 heure au secondaire




SG

NON

« Expérimenter et vivre la collectivité »

VD

NON

IVCP37

VS

6 périodes de « civisme » au cycle d’orientation

Histoire


2.2.1. Les cantons représentatifs : plus de détails


Quoique pratique, le tableau est trop succinct pour exprimer la complexité d’une branche étudiée transversalement et dont les rares spécificités varient d’un canton à l’autre. Voici donc quelques compléments d’information venus illustrer la manière dont l’éducation civique est enseignée. La diversité de ces informations tirées du sondage reflète une fois encore l’hétérogénéité de cet enseignement. Elles sont présentées dans les annexes sous « B. Autre documentation cantonale ».

Berne :
Il s’agit d’une valeur transversale enseignée dans les cours d’allemand et de « Natur-Mensch-Mitwelt ».
Les buts et thèmes sont étudiés et notés dans différentes branches.

Bâle-Ville :
En principe l’éducation civique est intégrée dans l’histoire, et les évaluations tombent exclusivement sous la note « histoire ».

Fribourg (partie francophone) :
Les élèves de la partie francophone bénéficient d’une heure hebdomadaire en troisième année. Le cours d’éducation à la citoyenneté s’organise en trois dimensions et quatre échelles (communale, cantonale, fédérale et mondiale) :
- La dimension politique de la citoyenneté (14 heures), avec notamment les régimes et les systèmes politiques, l’Etat suisse et ses institutions politiques et judiciaires,
- La dimension socio-économique de la citoyenneté (8 heures)
- La dimension socio-culturelle de la citoyenneté (10 heures).

Fribourg (partie germanophone) :
Dans les CO alémaniques, l’éducation à la citoyenneté ne fait pas l’objet d’un cours en soi comme c’est le cas dans les établissements francophones du canton, mais elle est intégrée au cours d’histoire.

Grisons :
L’instruction civique est intégrée dans le domaine « Homme et environnement », qui comprend au Secondaire I les domaines partiels A) histoire, Etat et économie, B) géographie et C) sciences naturelles (« Naturlehre »). Le paquet global est doté de 6 leçons par année (7ème, 8ème et 9ème). Un domaine partiel comporte environ deux semaines de leçons. L’instruction civique fait partie du domaine A et ainsi du point de vue de l’horaire elle est intégrée dans le domaine histoire, économie et Etat.

Lucerne :
A Lucerne, il n’y a pas d’horaire spécifiquement consacré à l’étude de l’instruction civique. Ce n’est pas non plus une branche autonome, mais elle fait partie de la branche « Histoire ». Elle fait également partie du Plan d’études « Histoire et politique » qui forme la base pour la branche « Histoire ». Celui-ci comprend avec la géographie dans le tableau/programme hebdomadaire du Secondaire 3 heures d’enseignement par classe, en tout en 7ème – 9ème (ou dans la 1ère – 3ème du secondaire) neuf leçons comme branche obligatoire. Pour la branche histoire à laquelle vient s’intégrer l’instruction civique, il y a donc 1.5 heure d’enseignement à disposition, ce qui est fort peu.
Selon les informations fournies, les « Grobziele » politiques devraient proportionnellement représenter à peu près un tiers de toute la matière « histoire et politique », mais en 7ème année cela peut représenter un peu moins.
Le « Übersicht Grobziele » en matière d’histoire et de politique en 7ème, 8ème et 9ème année compte au programme tous les grands événements historiques, qui comportent forcément une dimension politique, mais on peut craindre que l’absence d’une base fasse que les élèves ne comprennent pas forcément l’enseignement qui leur est dispensé, ni ne puissent faire la différence entre la dimension « historique » et la dimension « institutionnelle », et cela même si on trouve plusieurs modules comportant une étude de la Suisse, comme la fondation de la Confédération, la Suisse au XIXème, la Suisse pendant la Guerre etc.

Thurgovie :
Un sondage oral portant sur l’éducation civique a été réalisé auprès des enseignants du secondaire. Les résultats sont édifiants quant au manque de rigueur et à la diversité des possibles. Elle est enseignée essentiellement en 2ème secondaire, parfois dans l’histoire, parfois dans l’allemand, parfois comme branche autonome ou même en « Lebenskunde ».
Par ailleurs la réduction du temps d’enseignement de l’histoire implique aussi une réduction du temps d’enseignement de l’instruction civique. Et finalement, il ressort du sondage qu’un manuel clair et unique et des instructions uniques font défaut.

2.2.2. Hors sondage


En plus des cantons qui ont été contactés pour le sondage, il a été possible d’obtenir par recoupement certaines réponses aux mêmes questions.

Genève :
« Les élèves de l’école publique genevoise ne suivent actuellement qu’une heure hebdomadaire d’éducation citoyenne au cours de leur 9ème année […] De plus, le programme du cours d’éducation citoyenne au cycle d’orientation est défini de manière très générale »38. Avec une certaine surprise, on découvre au hasard d’une autre motion que : « En 2001, lors de l’élaboration de la nouvelle grille-horaire, il fut attribué à l’éducation citoyenne une heure tous les quinze jours, pour tous les élèves pendant les trois ans du cycle d’orientation. Cette dotation désormais clairement identifiée doit permettre que cet enseignement n’ait plus le caractère parfois sporadique qu’il avait pu connaître jusqu’alors »39. Il semble donc que la situation se soit détériorée depuis 2001.

Neuchâtel :
Un rapport sur motion contient une présentation détaillée de la situation dans le canton, accompagné d’un satisfecit général pour tout ce qui est accompli en la matière40.

Ecole obligatoire : L'horaire de 11ème année comprend aussi une heure de civisme et aborde également bien la Constitution fédérale et cantonale, les rôles des pouvoirs, les droits et devoirs, etc. Le Canton de Neuchâtel applique exactement le Plan d'études romand.

Formation professionnelle : Dans le cadre de l'enseignement de la branche de culture générale, branche commune à tous les apprentissages menant à une attestation fédérale ou à un certificat fédéral de capacité, le civisme est enseigné spécifiquement en lien avec l'actualité, et cela pendant toute la durée de formation (2, 3 ou 4 ans selon les apprentissages considérés). Cette branche compte dans les conditions de réussite pour l'obtention du titre.

Formation générale : Dans le cadre de la formation gymnasiale, les différentes disciplines apportent des éléments relatifs à une formation citoyenne : introduction au droit, géographie, philosophie, français, sciences expérimentales, assorties des visites du Grand Conseil, du Palais fédéral ou d'autres institutions ponctuellement organisées.

Par ailleurs, le canton de Neuchâtel est cité dans la discussion parlementaire entourant une motion jurassienne : « A titre de comparaison intercantonale, le canton de Neuchâtel a adopté un système similaire en introduisant un cours d’instruction civique enseigné une heure par semaine en 9ème année secondaire. Pour cela, il a créé un manuel d’enseignement neuchâtelois et utilise, de surcroît, le livre «Institutions politiques suisses» que voici ! »41

Saint-Gall :
A l’école primaire, des thèmes politiques font obligatoirement partie des domaines « Individu et société » ainsi que « Espaces et temps »42. Au niveau secondaire, l’« instruction civique » prend plus d’espace, quand bien même elle ne fait pas l’objet d’un enseignement spécifique, comme l’histoire d’ailleurs. Elle fait partie d’un ensemble « Richtziel » baptisé « Expérimenter et vivre la collectivité ». A Saint-Gall donc, même l’histoire ne fait plus l’objet d’un enseignement spécifique43.

Schaffhouse44:
[Interview du Directeur de l’Instruction publique]
Q : Combien d’heures par années sont-elles consacrées à l’enseignement de l’éducation politique ?
R : Cela dépend des instituteurs, qui sont les clés de cet enseignement. Une base horaire n’est pas efficace.
Q : Dans quelle branche souhaiteriez-vous intégrer le savoir de nature politique ?
R : Définitivement pas dans une seule branche. On peut le faire dans les cours d’allemand, d’histoire, mais aussi dans les leçons de musique. Il s’agit d’un processus permanent engageant l’intégralité de la formation scolaire.

Valais :
Le « Programme provisoire au cycle d’orientation : Objectifs du civisme : 9ème » prévoit 6 périodes pour distinguer les trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) et comprendre le fonctionnement des institutions communales, cantonales et fédérales. Cela paraît bien peu face à l’ampleur de la tâche, d’autant que dans sa réponse à un postulat45, le Conseil d’Etat rappelle que, comme les semaines scolaires ne sont pas extensibles, il paraît impossible d’ajouter une heure hebdomadaire d’éducation civique aux grilles horaires qui représentent déjà un savant dosage des disciplines.

Vaud :
Actuellement, l’enseignement de l’instruction civique dans les écoles vaudoises ne fait pas l’objet d’un horaire réservé, même si sur le plan formel, la grille horaire atteste d’une présence associée à l’histoire de l’initiation à la vie civile et politique (IVCP)46.

2.2.3. Pas de branche spécifique


Ainsi donc, il apparait que l’instruction civique ne fait pratiquement jamais l’objet d’un enseignement spécifique. Elle est toujours rattachée à un ou plusieurs autres enseignements. Nous le verrons ci-après (cf. supra 3.1.), cette constatation n’est pas anecdotique. Elle est le reflet d’un véritable changement de paradigme dans cette matière.

Cette absence de spécificité pose des problèmes quant aux thèmes étudiés. Cette nouvelle façon d’aborder l’enseignement des sciences humaines, dont relève l’instruction civique, peut être illustrée par la manière dont l’histoire est traitée. Ainsi le PER (Plan d’études romand), avec la phraséologie ampoulée qui est la sienne, en donne un autre exemple47 : à l’école obligatoire, l’apprentissage de la seconde guerre mondiale est optionnel.

« En clair, aucun sujet n'est imposé, il suffit de traiter des domaines compatibles avec d'autres objectifs que l'on trouve dans une partie dénommée "Etude des permanences et changements dans l'organisation des sociétés" […]
Dans un tel cas de figure, on se retrouvera avec des jeunes qui sauront identifier les références historiques dans des représentations documentaires ou de fiction (bien que sans connaissances préalables, cela reste à démontrer) ou identifier la pluralité des organisations du temps
mais qui n'auront jamais entendu parler d'Hitler, de Staline ou autre Stalingrad. »

2.2.4. Pas d’horaire


C’est évidemment une lapalissade : comme la branche n’est pas autonome, elle n’a pas ou peu d’horaire dédié. On l’a vu ci-dessus dans les résultats du petit sondage (cf. supra 2.2.1. et 2.2.2.) seuls certains cantons (p. ex. Fribourg romand (FR-F), Grisons (GR) ou Vaud (VD) avec 6 périodes) garantissent une heure de « civisme ». Sinon la branche doit s’insérer dans d’autres matières. Et dans ce domaine la concurrence est rude, et les autres branches répugnent à (re)faire de la place à l’instruction civique. Même les initiants tessinois envisagent de l’incorporer aux cours d’histoire…

Parfois, cette lacune est exprimée avec précision. Ainsi, le courriel de Ruedi Puentener est clair dans sa brièveté : à Lucerne (LU), il n’y a pas d’horaire spécifiquement consacré à l’étude de l’instruction civique ; dans le canton de Vaud (VD) non plus48.

Il est intéressant de constater que même le gouvernement saint-gallois (SG), qui insère l’instruction civique dans des domaines aussi abscons que « Individu et société » ou « Espaces et temps » se préoccupe du fait que l’absence de plage horaire définie pourrait conduire à ce que les thèmes politiques ne se voient pas accorder l’attention qu’ils méritent49.

Dans sa réponse à une motion populaire50, le Conseil d’Etat fribourgeois (FR) est conscient des lacunes actuelles, vu que dans les CO alémaniques, l’éducation à la citoyenneté ne fait pas l’objet d’un cours en soi, mais est intégrée au cours d’histoire : « Si le programme semble complet, ces éléments ne peuvent toutefois pas être approfondis comme cela aurait été le cas dans le cadre d’une plage horaire entièrement consacrée à cet enseignement. Dans la configuration actuelle, les éléments de citoyenneté subissent la concurrence des autres contenus définis dans les plans d’étude de la discipline. » Le gouvernement cantonal ajoute, sans se rendre compte qu’il se trompe complètement dans son analyse prospective : « Il est cependant fort probable que le Lehrplan21 intégrera de manière renouvelée l’éducation à la citoyenneté ».

Il faut noter que la tendance est générale. Au niveau fédéral, la nouvelle ORFO 201251 a vu la disparition progressive de l'enseignement de l'éducation civique. En effet, le Plan de formation du 26.09.2011 a fait passer le nombre d'heures dispensées pour cette branche sur trois ans de 40 à 8 heures dans la formation en apprentissage, respectivement de 80 à 8 heures dans la formation en école52.

2.2.5. Pas d’examens


Autre lapalissade, puisque la branche n’est pas autonome elle ne saurait avoir des examens qui lui sont propres, sauf exceptions. C’est l’information désabusée que l’on découvre dans une motion du canton de Vaud (VD) : « Dans certains cas, les ‘derniers des Mohicans’ qui dispensent encore des cours de civisme doivent même se battre avec leur direction pour maintenir des examens sur cette branche qui ne sont plus obligatoires et se pratiquent dans moins en moins d’établissements. 53»

2.2.6. Peu de manuels


Comme cette matière ne fait pas l’objet d’un enseignement spécifique, les manuels sont rares et leur choix est laissé aux enseignants. La « Interkantonale Lehrmittelzentrale – ilz » publie un ouvrage intitulé « Politik und Demokratie - leben und lernen : Politische Bildung in der Schule, Kindergarten bis Sekundarstufe II »54.

De son côté, le canton de Neuchâtel (NE) a créé un manuel d’enseignement neuchâtelois et utilise, de surcroît, le livre intitulé « Institutions politiques suisses ». Mais en règle générale le choix des ouvrages appartient aux enseignants. L’opacité des moyens pédagogiques est constatée jusqu’au Conseil fédéral : « On ne dispose pas d'une vue d'ensemble du matériel didactique utilisé par les cantons pour l'instruction civique ni de la qualité de ce matériel. » 55. De son côté, le Conseil d’Etat des Grisons (GR) explique « Im Sinne der entsprechenden Lehrpläne richten sich die im Unterricht behandelten Themen nicht nach einem systematisch aufgebauten Lehrmittel, sondern nach der aktuellen Situation der Lernenden. Dies hat zur Folge, dass an den Schulen verschiedene Lehrmittel und Unterrichtsmaterialien zum Einsatz kommen. »56. Plus catégorique, le Conseil d’Etat thurgovien (TG) précise: « Es gibt keine obligatorisch zu verwendenden Lehrmittel für den Staatskundeunterricht »57.

Paradoxalement, c’est en dehors du cadre scolaire qu’on va croiser des instruments pédagogiques intéressants, comme ce cours en ligne de MATU ONLINE intitulé « L’État fédéral - cours d’instruction civique suisse »58.

Nouveau reflet du fossé entre espérances citoyennes et minceur pédagogique, les informations topiques fleurissent sur la Toile, comme la plateforme « Je-veux-voter.ch »59, qui contient des liens vers une dizaine de sites fournissant toutes sortes d’informations sur la politique suisse dans son acception la plus large. Mais en parcourant par exemple la plate-forme interactive d'instruction civique CiviCampus60, qui explique le fonctionnement de l'État et de ses organes, on se rend compte que des questions comme la répartition des sièges selon les systèmes majoritaires ou proportionnels61, avec les majorités relatives et absolues, sont très complexes. Voilà l’exemple de questions fondamentales pour la compréhension du système politique, mais qui nécessitent tellement de temps pour être parfaitement comprises qu’il sera impossible de le faire sans un cours spécifique comportant une dotation suffisante en heures62.

Les difficultés de trouver un tel manuel ne sont pas nouvelles; déjà en 1796, Johann Caspar Faesi avait publié un « Versuch eines Handbuchs der schweizerischen Staatskunde »63.

2.2.7. Différence entre constructivisme et instructionnisme64


Notre propos est plus juridique que pédagogique, mais c’est peut-être ici l’occasion d’aborder une autre distinction – un autre fossé ? – qui se révèle importante pour l’enseignement de l’instruction civique : celle qui oppose le constructivisme et l’instructionnisme.

L’instructionnisme représente la vision traditionnelle d’un enseignement dans lequel le professeur est face à sa classe. La formation pédagogique du professeur va notamment lui apprendre à partir du plus simple pour aller vers le plus compliqué. Quoique très traditionnel, l’instructionnisme a fait ses preuves pendant des décennies en tant que bonne pratique enseignante.

Il est concurrencé aujourd’hui par le constructivisme, voire le « socio-constructivisme », dont on pourrait considérer que l’instruction à la citoyenneté contemporaine est un avatar. Selon Wikipedia « Le constructivisme a été développé, entre autres, par Piaget, dès 1923, en réaction au behaviorisme qui, d’après lui, limitait trop l’apprentissage à l’association stimulus-réponse. L’approche constructiviste met en avant l’activité et la capacité inhérentes à chaque sujet, ce qui lui permet d’appréhender la réalité qui l’entoure. »65 Cette forme de pédagogie consiste à laisser les élèves s’approprier la réalité par leur vécu. L’enseignant devient une sorte de coach.

Ce glissement pédagogique marque clairement l’instruction civique. Ainsi, dans son courriel de réponse, M. Koenig (BS) explique que dans les dernières années de scolarité, les élèves bénéficient en plus des expériences du parlement des écoliers ; les élections/votations sont accompagnées et les contacts avec des politiciens sont recherchés. Cette manière de voir transforme l’élève en participant à la vie politique66. Le Conseil d’Etat fribourgeois (FR) décrit de son côté la « préparation à la vie démocratique dans les écoles secondaires du deuxième degré »67.

Cet apprentissage de la citoyenneté par immersion dans la vie démocratique n’est pas apprécié par tout le monde. Dans le canton d’Appenzell Rhodes intérieures (AI) par exemple, une initiative souhaitait rejeter le Lehrplan21 et favoriser le « Frontalunterrricht »68. Les autorités cantonales, en la personne du Landammann Roland Inauen, considéraient que cela revenait à une mise sous tutelle du personnel enseignant (« Das wäre eine Bevormundung der Lehrpersonen »). L’initiative a été rejetée lors de la Landsgemeidne du 24 avril 2016. On le voit : la question de l’enseignement de l’instruction civique révèle des clivages bien plus larges qu’on ne pourrait l’imaginer de prime abord. L’opposition est encore plus brutale à Berne (BE) : « La pédagogie du développement et la pédagogie révèlent qu’il faut rayer du Lehrplan 21 le modèle scolaire intégratif, promu au nom de l’hétérogénéité et aujourd’hui fortement critiqué »69.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   25

similaire:

Table des matières iconTable des matières

Table des matières iconTable des matières

Table des matières iconTable des matières

Table des matières iconTable des matières

Table des matières iconTable des matières

Table des matières iconTable des matières

Table des matières iconTable des matières

Table des matières iconTable des matieres

Table des matières iconTable des matières
«principes fondamentaux d’économie et de gestion» (pfeg). En 2011, 85% des élèves ont choisi les ses comme enseignement d’exploration,...

Table des matières iconTable des matières
«L'impact du web 0 dans la Production, la Promotion, et la Consommation de Musique Live.»








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com