Génétique et société : une lecture de l’innéisme contemporain 1








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la lecture du génome humain est alors une exégèse”41.

La deuxième partie de la métaphore est également à analyser. “Le grand livre de la Vie” : que signifie la “vie”? Quelles connotations, qui dépassent largement les seuls problèmes génétiques, ce terme entraîne-t-il? De même, le terme “identité” est souvent évoqué. Si on peut accepter que le génome est à la base de notre “identité génétique” (c’est à dire ce qui fait que, génétiquement, nous sommes différents de notre voisin), il n’est pas acceptable, comme le font certains chercheurs et journalistes, de dire qu’il est à la base de notre identité.
E) LA TRANSMISSION DE L’INFORMATION

1) Les propos rapides des chercheurs.

Bertrand Jordan fait son “mea culpa” en disant que les chercheurs sont en partie responsables des simplifications qui se diffusent dans le public et aboutissent à la croyance dans l’existence d’un “gène de...”. En effet, ils parlent, par commodité, “du gène de la mucoviscidose” là où il faudrait parler du “gène qui est défectueux chez les personnes atteintes de mucoviscidose et qui, sous sa forme normale, évite d’être atteint de cette maladie”42.
2) La mauvaise compréhension des termes scientifiques.

Chaque discipline élabore son propre jargon mais un terme peut être d’autant plus mal compris qu’il a l’air d’être “simple”. De même, les concepts et les métaphores peuvent être mal compris. Nous passerons vite sur les cas ci-dessous car ils ont déjà été abordés à un endroit ou un autre de l’article : c’est le cas de l’image du “grand livre de la vie”, de l’utilisation du terme “erreur” dans la métaphore du programme ou du grand livre (“erreur de programmation“ ou “erreur de copie“).

+ De l’image du programme ou du grand livre, on tire l’idée qu’il existe de “mauvais gènes” (ce qui est parfois réel) et en découle parois l’idée de “bon gène” (ce qu’on a jusqu’à présent pas trouvé, s’il s’agit de gènes qui amélioreraient certaines performances).

+ Se pose également le problème du sens des termes “prédisposition” et “risque” : dans un domaine aussi sensible que les maladies génétiques et la médecine prédictive, il est souvent difficile de faire comprendre la notion de risque qui repose sur une probabilité et surtout celle de “prédisposition” quand il s’agit d’une maladie poly factorielle où l’environnement entre en ligne de compte. Il n’est pas toujours facile d’expliquer qu’être porteur d’un gène de “prédisposition” ne veut pas dire être porteur de la maladie.

+ Enfin, nous avons déjà longuement vu comment le terme d’héritabilité, qui recouvre un calcul très spécifique, peut être trompeur à cause de sa proximité sémantique avec les notions d’héritage et d’hérédité.
3) Les couvertures accrocheuses.

L’objectif des journaux de vulgarisation est de transmettre un savoir et des problématiques mais c’est aussi de vendre, or les titres chocs et simples sont souvent les plus vendeurs même s’ils sont en contradiction avec le contenu de l’article.

Le magazine « Sciences et Avenir » ( Hors-série de Janvier 2000), consacré aux « grandes idées du siècle » nous en donne une excellente illustration.

En couverture nous avons une photo de Francis Crick (co “découvreur” de la structure en hélice de l’ADN) avec la phrase “Nous sommes pilotés par nos gènes” mais sans point d’interrogation ou guillemets, bref sans ce qui permettrait de prendre un recul critique. Le lecteur pressé ou le fureteur des rayons des buralistes serait tenté de s’arrêter là et d’y voir la confirmation que “C’est évident tout est génétique”. Le lecteur plus intéressé ira chercher l’article de Michel Morange, biologiste et professeur à l’E. N .S, et là, surprise!, le nom de Francis Crick n’est mentionné qu’une seule fois et surtout voilà ce qui est écrit dans le “chapeau” de l’article : “Alors que le concept de gène permet d’expliquer les mécanismes de reproduction des êtres vivants, on lui a prêté à tort le sens d’un déterminisme des comportements”. Ce qui, à l’évidence, est en contradiction avec le titre de couverture. Mieux encore, la fin de l’article : “Ces difficultés suggèrent que le concept de gène n’est pas un concept d’avenir (...) Peut être, dans quelques décennies, l’usage du terme ne sera plus nécessaire”.

Il arrive aussi que la croyance dans le “génétisme” provienne de bonnes intentions. Ainsi, “Canal Plus” a consacré il y a peu de temps une soirée thématique aux danger de l’eugénisme, soirée composée du film “Bienvenue à Gattaca” (d’Andrew Niccol) et de documentaires. Dans l’un de ces documentaires, les journalistes enquêtent sur un institut chargé de faire des dépistages de quatre grandes maladies héréditaires (dont la mucoviscidose) et les documentaristes, pour en dénoncer les dangers, mettent en vis-à-vis un extrait de “Bienvenue à Gattaca” où les médecins sont, dès la naissance du nouveau-né, capables de lire son “avenir génétique” (troubles neurologiques : 60% de probabilités, psychose maniaco-dépressive : 42%; troubles de l’attention : 89% de probabilités; maladie de cœur : 99%; fin prématurée; espérance de vie : 30,2 ans).On peut tout accepter de la part d’une œuvre de fiction (très bonne au demeurant), y compris l’absurdité qui consiste à calculer l’espérance de vie d’un individu en particulier (alors que ce calcul n’est possible que sur une population) mais la juxtaposition des scènes du film et du documentaire risque d’inciter à croire que ces prévisions sont possibles dans la réalité. A vouloir lutter contre les dangers de l’eugénisme, on risque paradoxalement de renforcer la croyance dans la toute puissance du gène.
4) La rumeur

On sait que la rumeur est une information qui cherche à se faire passer pour vraie et circule de manière informelle ou non officielle par le “bouche à oreille”, les tracts, voire les journaux. Sa caractéristique est que la source n’est pas directement vérifiable et qu’elle gagne en force et en persuasion à mesure qu’elle est colportée43. Trois histoires vraies permettent de le constater.

a) Bertrand Jordan nous rapporte un exemple précis de déformation de l’information44. En 1996, l’hebdomadaire “Courrier International” reproduit un article sur le “gène de la criminalité” . Celui ci fait référence au syndrome de “l’X fragile”, syndrome qui implique un retard mental et quelques signes anatomiques particuliers (visage allongé, grandes oreilles,...) mais rien qui pourrait être en relation avec le crime. D’où peut bien provenir cette information? A l’origine, il semble que le journal “Sunday Times” ait interrogé par téléphone un généticien de l’université de Leeds à propos d’une enquête visant à évaluer la fréquence de “l’X fragile dans la population britannique. Puis le “Sunday Times” fit un article liant “l’X fragile” à la criminalité. et article fut repris et déformé par le “Daily Mail”, au lectorat plus populaire, puis par la Stampa. Et c’est l’article de la Stampa qui fut traduit par le “Courrier International”. La parution de l’article dans le “Sunday Times” souleva des protestations de la part des parents d’enfants atteints “d’X fragile” et le “Sunday Times” dut publier un rectificatif et des excuses. Évidemment, rien de tel ne fut fait par le “Daily Mail”, la “Stampa” ou le “Courrier International”45.

b) Albert Jacquard rapporte une histoire semblable où à partir des travaux de Cyril Burt (aux résultats manipulés), certains ont cru pouvoir prétendre que l’intelligence est à 80% d’origine génétique46. Cette idée fut reprise dans un article d’ Arthur Jensen. En France, elle passa de journal en journal et à chaque citation, acquérait une apparence de véracité supplémentaire. Parmi tous ceux qui avaient transmis cette rumeur il y avait des journalistes, des historiens, des psychologues, un pédo-psychiatre,...mais pas de généticiens.

c) Il vaut mieux avoir une formation scientifique pour ne pas s’en laisser conter mais ce n’est pas une garantie contre les effets de la rumeur. Evelyne Sullerot nous en donne un exemple croquignolet. Favorable à l’analyse d’A.D.N. pour la recherche de paternité, elle s’est vu rétorquer maintes fois que cela détruirait la paix des familles car “10% des enfants légitimes ne sont pas de leur père” (suivant les versions, la proportion pouvait atteindre10, 12,5 voire 30%). Étonnante rumeur qui circule exclusivement dans les milieux masculins et dans les milieux scientifiques (on la retrouve même dans un manuel de génétique britannique) mais dont on ne trouve aucun fondement écrit sérieux. Après enquête, il semblerait qu’elle provienne d’un travail fait sur 300 familles du Sud -Est de l’Angleterre qui avait été arrêté car on s’est aperçu que 30% des enfants ne pouvaient être de leur père; mais ce travail n’a jamais été publié. En revanche, on a vite généralisé à partir de ce cas touchant 300 familles. Le plus étonnant est que cette rumeur ait pu circuler dans des milieux scientifiques censés avoir un esprit critique plus aiguisé que la moyenne. C’est probablement du en partie au fait que ce type d’informations échappait aux structures institutionnelles traditionnelles : quand E. Sullerot profite d’une réunion de l’I.N.E.D. (Institut National d’Études Démographiques) pour demander à un démographe reconnu ce qu’il sait de cette information, sa réaction est de dire qu’il en a entendu parler mais que ce n’est pas l’affaire des démographes, mieux vaut demander aux collègues de l’INSERM (Institut National de Statistiques et de Recherches Médicales). Du côté de l’INSERM, même réponse : “Je sais qu’il existe des études là-dessus mais nous, côté médical, nous n’avons rien. Demandez aux démographes...”47
F) LES INTÉRÊTS DES GROUPES EN PRÉSENCE.

L’explication génétique, dès qu’elle passe pour sérieuse, peut être instrumentalisée; chacun s’en servira pour défendre et légitimer ses positions.

1) Ainsi de nombreux homosexuels américains ont bien accueilli la thèse de Dean Hamer sur l’origine génétique de l’homosexualité car cela leur permet de ne pas être tenus pour responsables de leur comportement qui est “dans leur nature” (ou dans “leurs gènes”). Cependant, il est évident que l’argument génétique est à double tranchant : il ne serait pas difficile de prétendre, par exemple, que l’homosexualité ne constitue plus un crime ou une perversion mais une “maladie” génétique.

On voit donc différents groupes, homosexuels, noirs, femmes,..., s’emparer de l’explication génétique pour légitimer leurs différences supposées.
2) Chacun pourrait s’en servir également pour s’exonérer de ses responsabilités. De même qu’une vision “sociologiste” extrême a jadis désiré exonérer la responsabilité individuelle au nom des déterminismes sociaux, on pourrait assister à une argumentation similaire du côté génétique. “Si je suis violent, ce n’est plus la faute de la société, c’est inscrit dans mes gènes”.
3) Cela permettrait également de se décharger des politiques sociales. Puisque, selon certains, les noirs sont génétiquement moins intelligents que les blancs, il est inutile de faire pour eux des dépenses sociales (“Affirmative Action”, éducation,...). On retrouve ici l’inspiration de certaines thèses selon lesquelles les aides sociales sont non seulement inutiles mais ont, en plus, des effets pervers : l’aide aux pauvres crée les pauvres, le chômage est volontaire,... Mais il faut bien voir que la thèse du déterminisme génétique est beaucoup plus redoutable parce que “non réfutable” (au sens de Popper) : ainsi, si on réduit les aides sociales et que cela ne se traduit pas par une amélioration du sort des plus pauvres, on pourra réfuter les thèses libérales traditionnelles (Laffer, Gilder,...) (puisque, selon ces thèses, la fin de l’aide aurait du inciter les pauvres à améliorer leur situation); en revanche, la thèse génétique ne sera pas réfutée (même si elle est fausse) puisqu’elle suppose que le sort des noirs ou des pauvres est de toutes façons scellé dans leurs gènes.
4) le déterminisme génétique peut, en plus, être instrumentalisé par les institutions et leur permettre de contourner les difficiles décisions qui s’imposent dans les domaines psychologiques et sociaux.

Ainsi, faire un dépistage pour découvrir qui est le “vrai père” (le père biologique) évitera de se poser des questions plus difficiles du type “Qui s’est occupé de l’enfant?”, “Y a-t-il eu désir d’enfant?”,... Comme l’indiquent Nelkin et Lindee, avec l’instrumentalisation du gène, les débats publics changent de nature : l’alcoolisme et la toxicomanie, le crime ou l’échec scolaire ne renvoient plus à des dimensions psychologiques et sociales mais à un simple problème de santé publique qui ne donne plus lieu à un débat mais relève de la “technique” génétique.
G) UNE RÉPONSE AUX INCERTITUDES ACTUELLES.

Le changement social à l’œuvre depuis le milieu des années 60 a été suffisamment important pour qu’il remette en cause des certitudes passées; c’est dans ce contexte que l’explication génétique a gagné en force. Le changement social récent est marqué par quelques grandes transformations48 : la remise en cause et la transformation des institutions sociales traditionnelles, notamment la famille avec, corrélativement, une incertitude plus grande sur le statut de chacun. Une remise en cause des institutions symboliques de référence : École, partis politiques, Etat, Église, armée,... Un individualisme croissant. Liée à cet individualisme, une croissance de marchés et de la monétarisation de l’économie. Enfin, il semble se développer un désir impératif d’authenticité, le “désir d’être soi”49, mais l’individu n’a, bien souvent, pas la capacité à “s’autodéfinir”, d’où une source d’incertitude.

Le recours à l’explication génétique donne alors une apparence de réponse à ces doutes puisque, dans cette optique, le gène permet de dire “qui on est” et constitue une réponse face au déclin des grandes explications, qu’elles soient religieuses ou qu’elles relèvent des utopies ou des messianismes politiques.
H) L’EXPLICATION CULTURELLE.

Cette explication repose sur le constat que, malgré des exceptions comme Alexis Carrel, la France a été largement épargnée par les propos eugénistes de l’entre deux-guerres et, aujourd’hui, la génétique du comportement y trouve peu de prise, contrairement à ce qui se passe aux U.S.A.

On donne en général quatre explications à ce phénomène :

1) La structure de la recherche en France fait que l’interrogation sur les comportements a été plus prise en charge, dans les hôpitaux, par les pédiatres que par les scientifiques (généticiens, par exemple...).

2) L’eugénisme s’est largement appuyé sur une lecture particulière du déterminisme, le “darwinisme social”, or la France a été particulièrement marquée par l’empreinte du Lamarckisme qui met l’accent sur l’hérédité des caractères acquis, ainsi que sur le rôle de l’environnement et de l’hygiène.

3) L’explication du déterminisme génétique entre en conflit avec “l’idéologie des Lumières” particulièrement forte en France et entre au contraire en cohérence avec les structures ethniques et communautaires des U.S.A.

4) Enfin de nombreux commentateurs remarquent que la religion protestante s’accommode fort bien de l’idée de “prédestination génétique” qui apparaît alors comme un démarquage de la “prédestination” chez Calvin et appuient leur idée sur le fait que les grandes dérives eugénistes se sont faites sur des terres protestantes (U.S.A., pays nordiques, Allemagne,...) et non catholiques. Thèse à prendre, bien sûr, avec les précautions d’usage.

I) LE “PACK” IDÉOLOGIQUE.

Ce dernier point nous amène à l’idée que nombre de sociétés libérales modernes fondent leur représentation du monde sur un ensemble particulier de thèses et/ou de doctrines : le libéralisme, les thèses malthusiennes sur la pauvreté, la prédestination calviniste, le darwinisme social.

Le libéralisme, avant d’être un libéralisme économique, renvoie à la liberté individuelle. Celle ci peut être mise en oeuvre dans la mesure où la réussite sociale (notamment l’enrichissement) permet de révéler la “vocation” (Beruf) que Dieu nous a transmise (c’est le fondement de l’éthique protestante). Rappelons cependant que chacun devant faire valoir ce qu’il a de mieux, l’aide aux pauvres ne peut, selon Malthus (pasteur protestant), que développer le nombre de pauvres. Et il faut se rappeler que Darwin aurait, selon ses commentateurs, eut l’intuition de la “sélection des espèces” et de la “lutte pour la vie” à la lecture des écrits de Malthus. Mais les idées de Darwin ont ensuite été récupérées dans un vaste courant dit du “darwinisme social”, et dont Herbert Spencer fut un des représentants les plus éminents, courant transposant l’idée de lutte pour la vie dans le domaine humain. Dans ces conditions, le progrès de la collectivité passe par la réussite des plus forts et ne doit pas être freinée par les plus faibles. Donc, et contrairement à ce que pensent Nelkin et Lindee50, le “déterminisme génétique” ne s’oppose pas forcément à l’idée d’individualisme et aux sociétés libérales mais est cohérent avec les fondements culturels du libéralisme et du protestantisme.
J) LA NÉCESSITE D’UNE COSMOGONIE.

De nombreux auteurs (Lewontin, Rifkin) considèrent que toute société a besoin d’une “cosmogonie”, c’est à dire d’une explication de l’ordre naturel dont on se sert pour justifier l’ordre social actuel ou naissant.

Ainsi le darwinisme et le principe de survie des plus forts ont servi de légitimation à la naissance du capitalisme sauvage au 19ème siècle aux U.S.A. Pour Jeremy Rifkin, une nouvelle cosmogonie est en train de se mettre en place. Elle s’appuie à la fois sur l’informatique, la génétique et la théorie de l’information et sur l’idée que les êtres vivants sont avant tout de supports d’information. C’est donc une nouvelle vision de l’ordre de la nature, mais aussi de l’ordre social, qui se met en place et qui rendrait acceptable l’insertion de gènes dans les mécanismes de marché et les interventions sur les gènes à travers le clonage et la thérapie génique puisque le gène, support d’information, deviendrait à la limite plus important que l’individu lui même.
K) LES BESOINS D’EXPLICATION ET DE CROYANCES DES INDIVIDUS.

Au fond, si le génétisme a autant de succès c’est qu’il semble donner des réponses aux questions quotidiennes et aux questions d’identité. Il apparaît alors comme une idéologie et une utopie.

Idéologie, en tant que “représentation du monde”, puisque l’individu ne serait plus qu’un porteur de gène et la société un résultat de l’action génétique. Une idéologie particulièrement bien adaptée aux désirs d’individualité (ce qui n’est pas le cas des idéologies “collectivistes” comme le socialisme).

Utopie, puisqu’on peut imaginer un monde où le gène, le corps et l’esprit seront instrumentalisés et où, par manipulation génétique, on pourrait être plus grand, plus beau, plus fort et plus intelligent (ce discours se lit évidemment au second degré). Il n’y aura plus besoin de “tuer tous les affreux”.

Cependant le génétisme renvoie aussi à des besoins de simplicité dans le raisonnement : nous aimons que la causalité soit simple (A entraîne B) et soit exempte d’exceptions, effets d’interaction ou de rétroaction. Nous aimons aussi que la réalité apparaisse comme transparente : on assimilera alors une corrélation à une causalité.

Nous aimons aussi que tout phénomène soit issu d’une cause unique (monisme) et, alors que çà fait déjà deux siècles qu’Auguste Comte a montré que la science devait substituer les notions d’interactions et d’interdépendance à l’idée de substance, nous ne pouvons pas nous résoudre à l’abandon de la recherche d’une “substance” qui expliquerait tout. Ainsi, comme le montrent les généticiens, le gène (la séquence d’ADN), entretient des relations d’interaction complexes avec d’autres gènes, la cellule et l’environnement et il apparaît de plus en plus que le gène est dans certains cas dépendant de l’activité cytoplasmique et de l’environnement. De plus, si on met en évidence des corrélations avec divers phénotypes, les liens statistiques sont souvent ténus et les relations de causalité pas toujours démontrées51.

De ce point de vue, on peut se référer aux travaux des sociologues, notamment sur le changement social : en un siècle, ils sont passés de la recherche effrénée de la cause première du changement social, voire d’un “Deus ex machina”, à la compréhension de multiples interactions qui se produisent. Le terme “Deus ex machina” n’est pas innocent car, aussi bien les sociologues Nelkin et Lindee que l’économiste Rifkin, les généticiens Jacquard ou Atlan aboutissent à l’idée que le gène est en passe de devenir un symbole culturel et de prendre une place similaire à celle de l’âme dans la bible ou de Dieu dans les sociétés religieuses. Finalement, n’est ce pas le besoin de foi (la piété comme processus psychologique analysée par Simmel52, par exemple?) qui s’exprime à travers le génétisme?
VI) L’INNÉISME ET L’IDÉOLOGIE DU DON.

Si le discours sur le “génétisme” passe si bien dans notre société c’est peut être aussi parce qu’il s’intègre parfaitement dans un discours beaucoup plus ancien sur l’inné, discours qui a pu prendre les images de la divinité, de la nature ou du biologique.

A) LA CONFUSION DES COUPLES D’OPPOSITION.

Nous employons fréquemment, comme s’ils étaient synonymes, des couples d’opposition comme “héréditaire/acquis”, “génétique/environnemental”, “inné / acquis”, “Nature / Culture”. En fait, ils posent souvent problème car il est non seulement difficile de bien distinguer chaque membre des deux termes l’un de l’autre mais, surtout, parceque ces couples d’opposition ne semblent pas parfaitement superposables.
1) Héréditaire et héritable.

- Nous avons déjà vu les difficultés qu’il y avait à distinguer ce qui est héréditaire de ce qui est héritable ainsi que ce qui est génétique de ce qui est “épigénétique” et de ce qui est “environnemental”.

- De plus, ces termes ont pu changer de sens au cours de l’histoire. On peut, par exemple, reprendre l’histoire du terme “hérédité” : à l’origine, il désigne l’ensemble des biens laissés par une personne en mourant puis désigne, à partir de 1821, la transmission des caractères d’un être vivant à ses descendants et c’est au début du 20ème siècle qu’il sera plus précisément associé à la transmission des caractères selon les “lois de Mendel”53. Parallèlement, il désigne à la fin du 19ème siècle, l’ensemble des dispositions, aptitudes,...qu’une personne reçoit de ses aïeux. Il apparaît nettement dans ce dernier cas qu’on risque d’y inclure des éléments qui relèvent de ce que les sociologues nomment parfois “l’hérédité sociale”.
2) Inné et acquis.

L’inné désigne à l’origine : “ce qui vient en naissant” par opposition à ce qui est acquis; mais se pose alors le problème de l’idée que l’individu n’apparaîtrait qu’à la naissance or, si certaines pathologies peuvent être qualifiées d’innées, que doit on dire de la malformation d’un enfant qui serait la conséquence d’un évènement survenu durant la grossesse (alcoolisme ou toxicomane de la mère, accidents, effets d’un médicament,...)? Le célèbre exemple de la “Thalidomide”, médicament conseillé aux femmes enceintes et donnant la naissance d’enfants aux membres atrophiés, renvoie-t-il à “l’inné” ou à “l’acquis”?
3) Nature et Culture.
Cette opposition est encore plus floue que les autres vue la polysémie des deux termes en jeu.

a) Culture.

On ne s’appesantira pas sur une notion qui est au centre du programme de première E. S. Le problème essentiel est de repérer ce qui est culturel dans les comportements donc dans quelle mesure cela a été transmis de l’extérieur. Le deuxième problème sera de repérer si cette transmission se fait sur le mode de l’imprégnation (socialisation) ou de l’interaction sociale.

b) Nature.

+ A l’origine, “Nature vient de “natus” et désigne “le fait de naître”. Par suite, le terme va désigner l’ordre des choses et la force qui maintient l’ordre de l’Univers et, parallèlement, en philosophie, la substance d’un être ou d’une chose.

Appliqué à l’homme, il désignera à la fois ce qui est inné (vers 1170) et, plus tardivement (vers 1480), le tempérament de l’individu.

+ C’est à partir de la Renaissance que vont apparaître le concept religieux “d’Etat de Nature” puis “l’Etat de Nature” opposé à l’idée de société (Hobbes) et l’idée de Nature opposée aux productions de la “Civilisation” (1690).

+ Tous ces sens étant encore en vigueur aujourd’hui, on se doute qu’un tel terme va provoquer chez l’auditeur, et a fortiori chez l’élève, des images différentes.

- La Nature, c’est ce qui est opposé à la ville (mais y a-t-il encore beaucoup de “nature naturelle” en France?).

- La Nature c’est ce qui va de soi (on utilisera presqu’ indifféremment les expressions “c’est naturel”, “c’est logique” et “c’est normal”).

- La nature de quelqu'un, c’est son caractère et on comportement (à supposer que celui ci n’ait jamais été influencé par l’environnement).

+ On trouve une autre ambiguïté sur le thème à travers la vulgarisation que l’on fait de la pensée de Rousseau. On voit alors se côtoyer l’idée “d’Etat de nature” et l’image du “bon sauvage”, mais si le “bon sauvage” peut, à la rigueur, être opposé à la civilisation (ou tout le moins à la civilisation urbaine), il ne peut être opposé à l’idée de société. En fait, il y a également chez Rousseau l’idée que “l’état de nature” est avant tout un procédé méthodologique, en cela tout à fait licite, et non une réalité54. Pour Raymond Boudon, avec l’Etat de nature, Rousseau analyse les phénomènes politiques par la méthode des modèles (notamment avec le fameux “Écartons les faits...”55).

Pour toutes ces raisons, il me semble que le couple d’opposition “Nature- Culture” ne peut qu’obscurcir l’analyse et la réflexion.
B) OPPOSER L’INNÉ ET L’ACQUIS.

Admettons pourtant qu’on puisse prendre comme synonymes les couples “inné/acquis”, “Nature/Culture”, “biologique/social”,...Comment peut on faire apparaître le poids de l’un et de l’autre autrement que par les méthodes que nous avons déjà abordées pour la génétique?

1) Une première solution consiste à opposer l’humanité à l’animalité. Dans ces conditions, seule notre part animale serait innée et on la ferait apparaître en mettant en évidence ce qui est commun à l’homme et à l’animal; l’inné serait donc repéré par son caractère universel. Des éthologues mettent ainsi en évidence des expressions faciales par exemple, communes aux hommes et à certains animaux56. On peut également se référer aux démarches des socio-biologistes et notamment à E. O. Wilson.

2) Une deuxième solution consiste à comparer les aptitudes et les comportements des voyants et des non voyants dans certaines expressions faciales que les aveugles de naissance ne peuvent pas avoir vues. Sans avoir la prétention d’aborder ces problèmes, il faut noter encore une fois qu’on en reste au niveau de la corrélation et qu’il reste à dégager les structures de causalité.

3) Une troisième voie de recherche est celle des “enfants sauvages” dont Lucien Malson fait une présentation, dans un ouvrage maintenant classique57. Il s’agit de voir dans quelle mesure un enfant qui a vécu à l’écart de ses semblables est capable ou non d’apprentissage. Malson distingue trois cas typiques “d’enfants sauvages” :

- Les enfants qui ont été recueillis et élevés par des animaux (les deux petites filles du Bengale élevées par des loups).

- Les enfants qui sont apparemment restés à l’écart de tout contact avec les hommes ou avec des animaux (Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron popularisé par le film de François Truffaut).

- Les enfants qui ont vécu reclus dans une pièce et n’ont jamais été éduqués (Kaspar Hauser dont l’histoire a été portée à l’écran par Werner Herzog).

En fait, si ces cas peuvent amener à approfondir notre réflexion, ils ne peuvent constituer des “sujets d’expérience” fiables. La première raison en est le faible nombre de cas qui ne permet pas forcément de distinguer ce qui relèverait de la séparation d’avec le monde des hommes et ce qui relèverait des “constitutions” particulières des individus (de leur “inné”). Une autre raison tient à la complexité qu’il y a à analyser, non pas une ou quelques capacités, mais l’ensemble des capacités d’un individu. Troisièmement, on ne sait pas à quel âge ces enfants ont été abandonnés. Par ailleurs certains auteurs se sont demandés si ces enfants n’ont pas été abandonnés parce que mentalement déficients (thèse que Malson réfute). Enfin, les cas des enfants reclus ne correspondent pas véritablement à une situation où les enfants n’ont pas connu de contact avec l’environnement. Enfermés dans une pièce, probablement sans lumière, n’ayant de contact qu’avec une personne qui leur apporte régulièrement de la nourriture, ils n’ont pas été socialisés, ou si peu, mais ils ont été soumis à un environnement qui n’a rien de “naturel”.
C) L’INNÉISME, LE DON ET L‘ANTHROPOLOGIE.

L’innéisme désigne donc le fait que certaines capacités nous sont données à la naissance et il rejoint alors l’idée d’inéluctabilité dictant notre vie : côté négatif, les déviances et les tares seraient innées, ainsi que les “dons”, côté positif. Dans l’imaginaire populaire, l’idée du Don est restée vivace : le Don est avant tout un don de Dieu, idée reprise à travers la notion de “beruf” (vocation) dans l’éthique protestante mais le Don peut être aussi le fait des fées penchées sur le berceau (on pensera bien entendu aux contes populaires).

Au 19ème siècle, l’innéisme prend un essor nouveau avec certains développements de l’anthropologie. Étudier, c’est d’abord comparer et il est compréhensible que les anthropologues aient d’abord cherché à comparer les éléments physiques mesurables ou certaines données qualitatives : taille, proportions, formes du visage, couleur de la peau,... La dérive de cette anthropologie consistera dans le fait qu’on a vite cherché à relier ces caractéristiques à des comportements ou des qualités et à en faire les causes. De plus, on a généralement cherché à montrer que cette causalité était systématique et qu’on n’y pouvait rien faire. On a vu ainsi se développer les idées de F. J. Gall selon lesquelles il serait possible de connaître les facultés morales et intellectuelles d’un individu à partir de l’observation de la surface du crâne, théorie d’où sortira la “phrénologie”. Un autre scientifique, P. Broca, essaiera de repérer les parties du cerveau qui ont conservé des traces de “l’individu primitif”. Dans cette optique la criminalité, l’alcoolisme, voire le déclin de la civilisation seraient le fait de la prolifération d’individus primitifs. L’italien Lombroso soutiendra la thèse du “criminel né” qui peut être distingué par ses caractères anatomiques et physiologiques, survivance du sauvage primitif (ce n’est pas sans rappeler le “chromosome du crime”). La forme du crâne aura également une grande importance : la thèse, popularisée par Vacher de Lapouge, opposant les brachycéphales aux dolichocéphales, aboutit à l’idée que le déclin de la civilisation serait du à une prolifération de brachycéphales.

Il serait inutile et fastidieux de présenter le autres critères qui ont pu être utilisés allant jusqu’à distinguer les valeurs des groupes sanguins voire la qualité comparée des excréments français et allemands.

Dès la fin du 19ème siècle, ces dérives “naturalistes” de l’anthropologie physique ont été, en France, l’adversaire principal des sociologues, de Tarde à l’École Durkheimienne, et ont été vite invalidées, notamment par Léonce Manouvrier, professeur d’anthropologie physique, qui établit la “nullité scientifique” des thèses de Vacher de Lapouge58. Pourtant ce désir de classification va subsister longtemps comme on peut le voir par exemple dans l’ouvrage de H.V. Vallois paru en 1943, “Anthropologie de la population française” : dans cet ouvrage, l’auteur utilise les critères de couleur, stature, indice céphalique, groupe sanguin, forme du nez, forme du visage, pilosité, proportions du corps,...Vallois est également l’auteur d’un “Que sais je?” sur les races humaines, fondé sur les mêmes critères, édité pour la première fois en 1944 et réédité au moins jusqu’en 1976.
D) L’INNÉISME, CONCEPT POPULAIRE.

La question ne serait pas close si on en restait aux théories qui ont pu être émises par le passé. Nos élèves, ou toute autre personne, n’ont pas besoin de connaître l’existence de Gall ou de Vacher de Lapouge pour tenir des discours sur l’innéisme. La majorité des individus ne tirent pas leurs connaissances de théories mais de leurs observations personnelles (éventuellement influencées par telle ou telle théorie). les économistes connaissent bien ce type de discours : “Moi, je ne fais pas de théorie, je vois ce qu’il se passe!” Dans ces conditions, l’hypothèse de l’innéisme viendra de l’observation de ses propres enfants ou du constat de l’existence de cas exceptionnels. L’explication innéiste interviendra alors dans deux cas :

1) L’inné, c’est ce qu’on ne sait pas expliquer.

On aura recours à cette hypothèse quand on n’arrivera pas à expliquer un phénomène comme l’apparition d’un grand musicien dans un milieu qui ne le prédisposait pas à cela. Dans ce cas, dire que c’est inné c’est dire qu’on ne peut pas expliquer ces capacités par le seul “environnement social partagé” mais que sait on de l’histoire de la personne? De ce qu’elle a vécu? Des personnalités qui ont pu lui servir de modèle? Ce qui apparaît ici, c’est avant tout l’ignorance des interactions qui ont existé tout au long de la vie de l’individu. De plus, il ne semble guère possible d’élaborer une analyse scientifique à partir du cas d’un seul individu. L’exemple de la musique est particulièrement intéressant parce qu’il stimule l’imagination populaire à travers l’image du “génie musical” mais parler d’un “don de la musique“, voire d’un “génie musical”, c’est ignorer, ou faire semblant d’ignorer, que la qualité musicale n’est pas le résultat du seul musicien mais du lien entre l’apport de ce musicien et l’appréciation des auditeurs. Les approches sociologiques en termes “d’étiquetage” ou de “construction sociale de la réalité” seront ici beaucoup plus utiles que les hypothèses génétiques. Bien sûr, les gènes peuvent avoir un effet sur des capacités de base : on pourrait envisager, par exemple, que l’indépendance motrice des deux mains soit fortement soumise à une détermination génétique; mais cela permettrait simplement de dire qu’un individu est avantagé pour réussir des prouesses techniques ou acquérir une certaine virtuosité; en revanche, la virtuosité n’est pas synonyme de qualité artistique, même si cela aide.

Inversement, une maladie génétique privant un individu d’un doigt, voire d’une main, réduirait ses possibilités techniques (mais dans ces conditions, comment qualifier le “concerto pour la main gauche” écrit par Ravel pour un pianiste qui avait perdu l’usage d’une de ses mains?) Enfin, établir un lien direct entre un patrimoine génétique et l’inspiration d’un individu ne relève pas pour l’instant d’une analyse scientifique.

C’est avec la même approche que des parents diront que certains comportements de leurs enfants sont innés parce que ces comportements ne correspondent à aucun de ceux des deux parents. C’est là aussi ignorer ce que ces enfants ont pu connaître individuellement au cours de leur vie.
2) L’inné, c’est ce qu’on ne peut pas contrôler.

Face aux arguments précédemment avancés, on entend parfois rétorquer : “Si le don musical n’est pas inné alors n’importe qui peut devenir musicien s’il le veut” ou “j’ai élevé mon enfant d’une certaine manière et il se comporte autrement, voilà la preuve que c’est inné”.

Le premier argument assimile l’irréversible à l’inné, or l’acquis peut lui aussi être irréversible; les capacités développées au cours de la petite enfance structurent l’individu et limitent ses possibilités et il est certain qu’un apprentissage intensif du piano dès l’âge de trois ou quatre ans peut amener à développer des capacités techniques hors de portée d’un individu qui commence son apprentissage à l’adolescence.

Le deuxième argument ignore les capacités d’autonomie de l’enfant. A ce titre, on peut rappeler un des points positifs du génétisme qui est que certains manuels à l’usage des parents les incitent à ne pas forcer l’enfant dans de directions qui ne correspondent pas à son “patrimoine génétique” (l’hypothèse du patrimoine génétique est fausse mais au moins cela peut inciter parents à laisser leurs enfants en paix).
VII) L’ILLUSION RACIALE.

Les concepts de”génétique” et “d’inné” sont également liés depuis plus d’un siècle à l’idée de races humaines.

A) Qu’ entend on quand on emploie le terme “race”?

1) Étymologie.

Le terme “race” proviendrait soit du provençal “razza” (bande d’individus qui se concertent), soit de l’italien “razza” (espèce de gens). On suppose que razza est l’aphérèse de “generatio” (génération). La race est donc dès l’origine une population qui se distingue des autres par certains traits héréditaires. On voit alors se dessiner deux images conjointes de la race : la “catégorie” et la “lignée” (ou la génération).

Au 16ème siècle, la race désignera l’ensemble des ascendants et descendants d’une même famille ou d’un même peuple et on retiendra plus précisément l’idée de “race noble”. On est alors dans le cadre d’une race perçue comme lignée plus que comme “sous-catégorie”. De fait, l’imaginaire de la race est intimement lié à l’imaginaire du sang comme on le voit nettement dans la thèse de Montlosier qui distingue deux races en France, l’une issue des Francs qui a donné naissance à la noblesse et l’autre issue des gaulois qui est à la base du peuple.

On cherchera ici à distinguer l’idée de races de l’idée du racisme. Le racisme suppose que chaque groupe racial est aisément déterminable et est caractérisé par des traits non seulement physiologiques mais également psychologiques, transmissibles par hérédité. Ce racisme, dont les théoriciens les plus connus sont Gobineau, Vacher de Lapouge, Gustave Lebon, Chamberlain pouvant amener à la mise en place de mesures discriminatoires59. Il serait aisé de contester la valeur des thèses racistes tant d’un point de vue moral que scientifique ou politique. Cependant, et dans la mesure où les déclarations ouvertement racistes ne sont pas dominantes (notamment chez les élèves), il semble préférable d’analyser l’idée selon laquelle “Monsieur! Je ne suis pas raciste mais, quand même, les races, çà existe! Il y a des jaunes, des blancs et des noirs!” Il est plus difficile de s’attaquer à ce qui a l’apparence de l’évidence et d’expliquer que, s’il existe bien des couleurs de peau, il n’existe peut être pas de races.
2) Race : une première définition.

Les penseurs de la race, de Gobineau à H.V. Vallois, ont essayé de procéder à des classements à partir des phénotypes. Dans ce cas, les races “
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