Génétique et société : une lecture de l’innéisme contemporain 1








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a priori sur les liens de causalité éventuels qu’entretiennent A et B. Deux séries de problèmes se posent :

+ D’abord, il faut que les composantes A et B soient clairement délimitées et simples à définir.

+ Le deuxième problème est celui des liens qu’entretiennent A et B. Formellement, nous avons au moins sept possibilités10 :

- A est cause de B : A==>B

- B est cause de A : B==>A

- A et B entretiennent des causalités mutuelles (phénomènes de rétroactions) :

A <==> B

Dans les cas suivants un troisième paramètre X peut intervenir (dans le cas qui nous concerne on peut supposer que X représente l’influence de l’environnement).

- A et X sont conjointement des causes de B (Par exemple un patrimoine génétique, A, et une bonne alimentation, X, peuvent être cause de la taille, B, de l’individu).

- A peut entraîner X qui lui même entraîne B : A==>X==>B

- X peut être à la fois cause de A et de B

- A, X et B peuvent entretenir des liens de causalité mutuels.
Comme la plupart des recherches portant sur la génétique des comportements s’appuient sur des comparaisons (entre vrais et faux jumeaux, entre jumeaux séparés ou élevés ensemble, enfants nés dans un milieu et élevés dans un autre ou sur l’analyse de pathologies dominantes dans une famille), les enseignements tirés de ces comparaisons ne constituent, a priori, que des présomptions. Il est ensuite nécessaire de découvrir un gène (une séquence d’A.D.N.) commun aux différents porteurs du phénotype qu’on cherche à analyser. Puis il faut déterminer qu’il y a bien une relation de causalité entre le gène et le phénotype et non une corrélation qui serait due soit au hasard, soit à un autre facteur non identifié. Un gène sera alors plus ou moins soupçonné s’il code pour une protéine qui participe au comportement étudié (c’est le cas pour certaines pathologies; en revanche, on est souvent éloigné de cette situation quand il s’agit d’étudier un comportement).

Il faudra ensuite déterminer l’importance du gène dans la réalisation du comportement :

+ Est ce une cause unique?

+ Constitue-t-il un facteur parmi d’autres?

+ Est ce un facteur qui favorise l’émergence d’un comportement mais n’en est pas la cause?
C) APPLICATION AU CAS DE LA GÉNÉTIQUE DU COMPORTEMENT.

1) Application de la chaîne classique.

Le schéma classique de la génétique du comportement suppose donc le schéma suivant : Gène ===> comportement. Parfois, comme le fait Bouchard, on complique le schéma en estimant qu’il n’y a pas un déterminisme aussi simple mais que les individus prédisposés à un comportement par un gène donné auront tendance à chercher l’environnement qui leur est le plus favorable. (Ainsi, il estime que les individus ayant un “gène de prédisposition à la religiosité” chercheront un environnement religieux11). Dans ce cas l’environnement constitue un facteur qui aide

au développement ou qui, au contraire, le freine mais n’en est pas la cause.
2) Détermination de A (le génotype), de B (le phénotype) et de X (l’environnement).

a) Est il si facile de déterminer le génotype?

D’abord, remarquons que dans beaucoup de ces travaux on soupçonne la présence d’un gène mais que ce gène n’a pas été trouvé. D’autre part, un autre problème, essentiel mais qui échappe au professeur de sciences sociales, est celui des interactions entre les séquences d’A.D.N. et leur environnement biologique - les protéines, l’activité de la cellule, la structure du génome. Si la cellule, par exemple, a une influence essentielle sur le gène dans l’apparition d’un phénotype, on pourra toujours parler “d’inné” ou de déterminisme biologique mais pourra-t-on parler de “déterminisme génétique”? Le gène est peut-être un concept flou tout autant qu’une réalité (voir annexe 1).
b) Détermination du phénotype.

Le deuxième membre de la relation (B), le phénotype, n’est souvent pas plus facile à caractériser. Certes il y a des phénotypes assez faciles à caractériser : ce peut être le cas d’affections comme la mucoviscidose ou de phénotypes fréquents comme le sexe. Cependant, le dernier cas est particulièrement simple puisqu’il s’agit d’une variable discontinue. Dans le cas de variables continues, on peut se heurter au problème classique des catégorisations : la taille, par exemple, est aisée à définir mais les critères “grand” et “petit” le sont moins et sont soumis en partie à arbitraire. De même la couleur de la peau, si elle est incontestablement d’origine génétique, pose des problèmes de délimitations (blancs, jaunes, noirs, certes ...mais les autres? Café au lait, plus ou moins noirs, plus ou moins blancs,...). Quand on passe à la génétique du comportement, le problème est autrement plus ardu. Ainsi, il est difficile de déterminer s’il y a des origines génétiques à la schizophrénie par le simple fait que la schizophrénie ne correspond pas à un tableau clinique simple et que, même s’il existe une classification internationale tirée du DSM III, les français et les américains n’en ont pas exactement la même définition.

Enfin, la génétique du comportement s’intéresse depuis quelques années aux comportements “normaux” (ou du moins non déviants) comme la tendance à la sociabilité, la recherche de la nouveauté,... La détermination du phénotype ne peut alors se faire que par entretiens ou questionnaires et dépendra de la qualité de ceux ci. Ce problème n’est pas nouveau et est commun aux recherches en psychologie ou en sociologie mais çà permet tout de même d’enlever une partie des prétentions à la “scientificité” (au sens des “sciences dures”) que veulent lui donner certains. On peut ainsi considérer avec un certain recul critique les propos de Thomas Bouchard (psychologue et spécialiste des vrais jumeaux) selon lequel la “théorie génétique du comportement peut expliquer tout ce que la socialisation peut expliquer. Mais mieux, avec des statistiques et des résultats reproductibles”12.

En fait, ces recherches ont un aspect intimidant dans la mesure où elles semblent chercher leurs sources dans les sciences dures (génétiques) alors qu’elles sont en grande partie des sciences tout aussi “molles” que la sociologie ou la psychologie.

c) Caractérisation de l’environnement?

L’environnement peut prendre plusieurs formes.

+ Il peut être physique (alimentation, lieu de vie comme la ville ou les hauts plateaux,...), social (conditions de vie,...), symbolique ou culturel (croyances, valeurs, institutions...).

+ Il peut être post-natal ou pré-natal. Une carence alimentaire pendant la grossesse, dans un pays en développement par exemple, aura bien entendu des conséquences sur la taille ou la santé de l’enfant et relève bien de l’environnement même si ce n’est pas “acquis” au cours de l’enfance de l’individu.

+ Environnement commun ou spécifique?

Il existe un environnement qui est commun à tous : en France, la protection sociale permet une certaine sécurité, les valeurs sont communes, l’école maternelle touche tous les enfants,... En revanche, une partie de l’environnement n’est commune qu’aux membres d’un groupe donné : on peut prendre comme exemple les valeurs, les normes, la culture, l’habitus,...qui seront transmises dans les divers milieux sociaux. C’est une évidence de dire qu’une fille d’ouvriers immigrés en échec scolaire ne partage pas le même environnement qu’un garçon, fils de cadre supérieur, étudiant dans une classe préparatoire d’un lycée de centre-ville.

Mais l’environnement ne se limite pas à l’environnement partagé; chacun a son propre environnement qui est le fruit des interactions qu’il entretient avec les autres membres de la société. Là pourront se créer les images de soi et les stéréotypes. Le fait d’être noir ou femme ou pauvre n’implique pas seulement qu’on sera confronté à une société raciste ou machiste ou à une école qui peine à prendre en compte les différences sociales. Cela veut dire aussi que chaque rencontre d’un noir avec un représentant des institutions (de l’instituteur au portier du Grand Hôtel) sera l’occasion de la mise en oeuvre ou du renouvellement d’une typification particulière13.

Ce type de problème sera encore plus net avec un handicapé physique ou mental puisque rien dans la société ne nous dit comment entrer en relation avec eux, comment établir des “routines” (au sens de Goffman). On voit alors combien le problème peut se compliquer puisque pour une personne touchée par une pathologie d’origine génétique, une partie du comportement pourra provenir de ces origines génétiques, une autre proviendra probablement du regard que tout un chacun porte sur la personne handicapée.
D) Gènes et environnement : coexistence, causalités, interdépendances.

Dans ces débats on cherche généralement à déterminer quelles peuvent être les parts du génétique et de l’environnemental dans un comportement, objectif qui peut sembler raisonnable. En fait, en visant cet objectif on fausse l’analyse dès le départ car cela ne peut se faire que si on retient l’hypothèse que les gènes et l’environnement ont des effets additifs et indépendants. On exclut donc d’emblée les effets d’interaction, et ils sont nombreux.

1) On peut d’abord avoir des cas où le lien entre le génotype et le phénotype est purement fortuit. Ainsi Dean Hamer (qui fait des recherches sur l’origine génétique de l’homosexualité) fait remarquer qu'il y a une corrélation forte entre les gènes responsables des yeux bridés et la capacité à utiliser des baguettes pour manger et il précise que ces problèmes sont “typiques des recherches génétiques”14 (oubliant apparemment que c’est typique de n’importe quelle recherche scientifique).

2) Mais il peut y avoir également de véritables interactions difficiles à mettre en évidence. Par exemple, le psychiatre Théodor Lidz fait remarquer que certaines familles, qu’il appelle “familles biaisées”, sont susceptibles d’être “schizogènes” c’est à dire de générer un comportement schizophrène chez l’enfant15. Dans celles ci, un des deux membres du couple a une perception fausse de la réalité qu’il réussit à imposer à son conjoint et, de fait, à son enfant. On peut supposer que l’enfant, étant socialisé avec une vision inadéquate du monde, sera susceptible de développer des troubles mentaux à l’adolescence. Dans ce cas de figure, il est parfaitement plausible que les troubles mentaux du parent soient d’origine génétique et ceux de l’enfant d’origine environnementale. Mais comment dégager ces deux effets puisqu’ils sont, ici, fortement liés?

3) Une version plus tragique du même phénomène nous est donnée avec la découverte dans les années 50 de cet homme de quarante ans interné dans un centre s’occupant de mongoliens mais ne présentant pas les anomalies chromosomiques de la “trisomie 21”16. Né de mère célibataire européenne, il a suffi que le médecin accoucheur prétende, à la vue de ses yeux bridés, que l’enfant était anormal. Physiquement, l’enfant s’est développé normalement et a marché à l’âge de un an. Mais pour le reste, “comme on n’y pouvait rien”, on n’a pas cherché à lui faire suivre une scolarité. Petit, il est devenu nerveux et n’a jamais eu d’amis pour jouer. Il n’était pas mongolien mais sa mère l’a élevé comme un mongolien; puisqu’on le lui avait dit... Nous sommes en pleine “prédiction créatrice” ou en plein “effet Pygmalion”...

4) Dans les exemples précédents, l’interaction, si interaction il y a, n’est pas directe, cependant il est possible que l’environnement ait une influence sur les gènes.

Certaines expériences faites sur des rats et sur des singes montrent qu’une séparation précoce d’avec la mère entraîne des tendances au stress et à la dépression. Des analyses montent l’importance dans ce domaine de la concentration d’un neuropeptide, le CRF. Donc l’environnement est susceptible d’altérer l’expression de certains gènes17.

5) En conclusion, les interactions entre gènes et environnement sont nombreuses.

L’activité du gène peut avoir une influence sur l’environnement, soit directement (une taille élevée a une influence sur l’environnement spécifique qu’on se façonne), soit indirectement (le gène qui code pour la couleur de la peau a un effet indirect sur l’environnement via les préjugés que la couleur de peau peut entraîner). A l’inverse, l’environnement peut avoir une influence sur le gène ( niveau prénatal ou post-natal). Si on ajoute à cela qu’il y a des effets multiples entre le gène (la séquence d’A. D .N.) et son environnement épigénétique (notamment cellulaire), on comprend combien il est difficile de répondre à la question de la part des gènes et de l’environnement dans la détermination des phénotypes. A fortiori, le problème sera encore plus incertain si on utilise des oppositions binaires plus confuses telles que “inné/acquis” ou “Nature/Culture”.

6) Les cas où il y a une véritable indépendance entre les gènes et l’environnement sont rares. Un des exemples qu’on peut retenir est celui des groupes sanguins. E effet, les groupes sanguins sont strictement déterminés par les gènes, se transmettent selon des critères mendéliens et ne font pas l’objet de discriminations puisqu’invisibles à l'œil nu (ou moins de manière directe puisque la proportion d’individus porteurs d’un groupe sanguin peut différer selon la couleur de peau ou l’origine géographique; ainsi le groupe B+ sera plus fréquent dans les groupes noirs que chez les autres).

Dans ces conditions une corrélation forte entre un groupe sanguin et un résultat aux tests de Q.I., par exemple, auraient une valeur beaucoup plus forte qu’une corrélation entre couleur de peau et résultats du Q.I.
Il est maintenant possible d'illustrer ces propos à l’aide de deux études de cas : les études sur les vrais jumeaux et les recherche sur les origines génétiques de l’intelligence.

IV) GÉNÉTIQUE DU COMPORTEMENT : TROIS ÉTUDES DE CAS.

A) ÉTUDES SUR LES VRAIS JUMEAUX.

1) Présentation.

Ces recherches constituent parmi les travaux les plus troublants en matière de génétique du comportement. En effet, on considère généralement que les jumeaux monozygotes (ou vrais jumeaux) partagent le même patrimoine génétique alors que deux jumeaux hétérozygotes (faux jumeaux), ne venant pas d’un même oeuf, ne sont génétiquement pas plus proches que de frères ou sœurs non jumeaux. Selon Thomas Bouchard la comparaison des vrais jumeaux constituerait en cela une véritable “expérience en laboratoire”.

Les enquêtes s’appuyant sur les jumeaux relèvent de deux démarches :

+ On peut comparer les vrais jumeaux élevés ensemble aux faux jumeaux ou aux frères élevés ensemble; considérant que ces jumeaux ou ces frères partagent le même environnement familial, les différences constatées pourront être mises su le compte du patrimoine génétique.

+ L’autre possibilité est de comparer des jumeaux (vrais ou faux) élevés ensemble avec de vrais jumeaux séparés à la naissance et élevés dans des familles différentes. Si les différences sont plus importantes pour les jumeaux non séparés que pour les jumeaux séparés, on pourra en déduire une forte influence génétique.
2) Une forte détermination génétique.

A partir de ce type d’observations, certains chercheurs ont essayé d’établir l’importance du déterminisme génétique de l’homosexualité entre frères : la corrélation est de 9% entre frères (le frère d’un homosexuel sera lui même homo sexuel dans 9% des cas), de 22% pour les jumeaux dizygotes (faux jumeaux) et de 52% pour les vrais jumeaux.

De même Thomas Bouchard pense que la corrélation entre traits de caractère est de 50% entre vrais jumeaux, 25% entre faux jumeaux, 11% entre frères et 0% entre non apparentés. Ce genre d’observations semble aller, sans appel, dans le sens d’un déterminisme génétique; pourtant, il y a de nombreuses imites à prendre en compte.

3) Limites et critiques.

a) Cyril Burt, dans les années 60, prétendait, à partir de ses observations sur les vrais jumeaux, que l’intelligence est à 80% génétique. On découvrira en 1976 que ses chiffres étaient truqués.

b) D’après Lindee et Nelkin, Bouchard annonçait ses résultats avant même que ses confrères aient procédé à des vérifications18.

c) Les travaux de Bouchard ont souffert de biais de recrutement.

Comme aucun pays, à l’exception des Pays-Bas, ne dispose d’un fichier de jumeaux séparés, les jumeaux ont été recrutés par petites annonces. Tous les jumeaux ne sont pas également tentés par une participation à de telles expériences; n’y a t il pas là le risque d’un biais dans les résultats?

De plus, et c’est compréhensible, les jumeaux sont en général placés dans des familles socialement et culturellement proches de la famille d’origine; il est donc difficile de faire la part du génétique et de l’environnement dans ce cas.

d) Il existe également des possibilités de biais dans les interprétations.

- Ces auteurs supposent que les différences de corrélation entre vrais jumeaux et faux jumeaux ne peuvent s’expliquer que par des données génétiques. Mais si seuls les gènes agissent dans ce cas, comment se fait il qu’il y ait une telle différence entre les faux jumeaux (22% dans le cas de l’homosexualité) et les frères (9% pour l’homosexualité), soit une différence de 1 à 2 alors que les faux jumeaux ne sont pas génétiquement plus proches l’un de l’autre que ne le sont deux frères? On peut supposer en revanche que l’environnement non partagé n’est pas le même entre deux faux jumeaux et deux frères d’âges différents.

+ Il faut surtout tenir compte des effets d’interaction entre gènes et environnement. Bouchard considère que les individus cherchent un environnement favorable à leurs gènes. Donc, par définition, il classe les effets d’interaction entre gènes et environnement dans les facteurs génétiques alors qu’on pourrait aussi bien les classer dans les facteurs environnementaux. Il devient alors évident qu’on trouve une influence décisive des déterminants génétiques mais les résultats ne dépendent alors que des hypothèses de départ.
e) le choix des hypothèses de départ.

- L’hypothèse de départ est que le vrais jumeaux, étant monozygotes, ont exactement le même patrimoine génétique. Or ceci est remis en question : pour M. Auroux19, les connexions qui s’établissent dans le cerveau dépendent largement de l’environnement. Donc il n’est pas sûr que deux jumeaux, ne partageant pas forcément le même environnement, aient des cerveaux identiques.

- Toutes ces recherches reposent sur l’hypothèse de l’égalité des environnements. Deux frères, faux jumeaux ou non jumeaux, partageant le même environnement familial devraient donc développer les même comportements et aptitudes : une différence serait alors interprétée comme le résultats des différences de patrimoine génétique. Or, comme tous les parents le constatent, deux frères ne partagent pas le même environnement dans la mesure où l’attitude des autres à leur égard peut dépendre de nombreuses choses comme la place dans la fratrie, l’allure, la beauté physique,...et des interactions que le deux frères mettent en place entre eux. L’hypothèse d’égalité des environnements n’est donc pas vérifiée ou, à tout le moins, doit être nuancée. Donc, même si ces observations sur les vrais jumeaux sont souvent surprenantes, elles ne peuvent pas être considérées comme des “situations idéales”. Elles comportent des biais, comme tout autre type d’approche, d’ailleurs.
B) L’INTELLIGENCE ET LA GÉNÉTIQUE.

1) Un débat sensible.

Les débats sur l’intelligence regroupent l’ensemble des problèmes que nous avons abordés avec, en plus, le fait que ce débat est central dans notre société et touche les individus au cœur de leurs convictions. En effet, “l’intelligence” est la valeur primordiale dans notre société, le vrai titre de noblesse, la source de prestige essentielle. L’école, élément central de la mobilité sociale et de l’égalité des chances, s’appuie dans les présupposés populaires, sur cette idée d’intelligence. D’où l’importance du débat : si l’intelligence est d’origine génétique et non environnementale, c’est la conception même qu’on se fait de l’école qui serait à revoir20. Le problème, nous le verrons, est que l’intelligence n’est pas définissable, qu’il est impossible de distinguer les effets de l’environnement d’éventuelles influences génétiques, et qu’enfin, s’il semble certain qu’il existe des gènes dont le fonctionnement (ou le mauvais fonctionnement) vont dans le sens un retard mental, on ne connaît pas pour autant des gènes qui augmenteraient l’intelligence.
2) Détermination de l’intelligence.

La définition minimale de l’intelligence pourrait être “
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