La mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser








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titreLa mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser
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il faut un peu de temps pour que le public capte le concept de l’émission, il en faut encore un peu plus pour qu’il s’attache aux personnages et encore un tout petit peu plus pour qu’il soit fidélisé.

Eva Solal a laissé de nombreux cartons dans la cave de leur appartement, elle doit emménager prochainement dans un nouvel logement et comme elle n’a plus assez de place pour entreposer ses affaires chez elle, le couple s’est proposé d’en conserver une partie chez eux, Guillaume ne sait pas quoi faire, il s’en veut d’être dans cet état là, passif et sur la défensive, l’absence de Faustine lui pèse un peu, surtout après son après-midi perdu à courir sans raison derrière un Verdier fuyant, une pointe de jalousie envers Eva, avec laquelle Faustine passe la soirée, l’incite à se venger d’elle à sa manière, à distance, une vengeance anecdotique, croit-il, qui ne prête pas à conséquences.

On verra qu’il se trompe, mais pas tout de suite, car il ne le sait pas encore ce qu’il y a dans ce geste anodin et nonchalant, cette insignifiante curiosité, qui va bouleverser le fragile équilibre de son existence, il se lève donc pour fouiller dans ces cartons épars, satisfaire momentanément sa curiosité maladive, examiner les photographies de cet album qui n'est pas le sien, dont il est exclu (ou presque), avec un regard bienveillant comme s'il s'agissait du sien, tout en continuant à regarder la télévision d'un œil distrait, celle-ci faisant plutôt office de fond sonore, cela tombe bien, la mode est au “revival”.


Inspecter méticuleusement les cartons que la jeune femme a barrés de la mention photos à l'aide d'un feutre noir à pointe large, a vrai dire il est plutôt déçu par ces milliers de clichés, la plupart sont sans aucun intérêt, photographies professionnelles et photos de vacances mêlées, car c’est comme ça que c’est venu, il connaît très bien les limites de ce qu'il est en train de faire, il aime jouer avec les interdits, l'intimité des autres l’a toujours fascinée, les limites de son métier.

Il est attiré par cette femme depuis si longtemps.
Au milieu de tous ces clichés, Guillaume déniche un peu par hasard une planche-contact où la jeune femme est nue, dans l'ensemble des photos, le format particulier de celle-ci attire son attention, sur les photogrammes, surprise de la découverte du corps d'Eva qu'il a pu envisager mentalement sous tous ses aspects, mais qu'il n'a fait qu'imaginer jusqu'à présent, elle est très belle, ce n’est qu’une confirmation, très attirante, mais ce qui le surprend surtout, c'est la surprenante ressemblance de son corps avec celui de sa femme, le couple est allongé tête-bêche sur un lit.
Je ne me souviens pas la première fois que je l'ai vue, se lamente Guillaume, c'est une femme, je crois l'avoir toujours connue, il est allongé sur le dos, il écarte légèrement les fesses de sa partenaire, la tête relevée pour lui lécher le derrière, sa tête semble dire non, non, non, sa langue rose s'enfonce dans le trou de son cul, elle s'est cambrée, ouverte, offerte, ses cuisses roses sont amples et harmonieuses.


Il a baissé le son de la télévision, après avoir choisi une chaîne au hasard, c’est juste l’histoire de ne pas éteindre la télé, vieille habitude, garder dans la pièce sa fausse présence lumineuse, cette légère ondulation des flux colorés que son corps perçoit presque malgré lui, le son pareil au froissement de vieux papiers, doublage d’un feu crépitant dans l’âtre d’une cheminée imaginaire, c’est bien ça sourit-il ironique : la chaleur du foyer, elle le suce avec méthode : sa main monte et descend rapidement le long de son sexe, il se dirige vers la cuisine pour s'y désaltérer, le mouvement qu'il impose à son corps lui fait beaucoup de bien.
Son geste a quelque chose d'automatique ainsi lié au mouvement saccadé de sa tête (ses cheveux blonds ondulant) dans son va-et-vient, elle avale le sexe de son amant, sa bouche grande ouverte pour aller jusqu'au bout, ses lèvres ourlées, humides, pour l'exciter plus encore, lorsque sa main remonte en s'éloignant des couilles et parvient jusqu'au prépuce elle bute contre elle à mi-chemin, répétition du geste jusqu'à la jouissance.

Le film en boucle.

Je pense à ces actrices qui font oublier tout le film par leur simple présence, cette façon qu'elles ont de rentrer dans le personnage et de ne plus le quitter, ni lui ni vous du reste, c'est un peu pareil ici, la même impression, le mot qui me vient - banal - c'est l'amour, une femme que vous ne connaissiez pas, par exemple une actrice dans un film, des personnes auxquelles rien ne vous attachait jusque-là et auxquelles a fortiori, plus rien ne vous attachera par la suite, des gens de passage, on appelle çà le coup de foudre, mais l'expression est galvaudée, je la trouve et puérile et désuète, elle donne surtout l'image fausse et dénaturée d'une passion fugitive, la Nature recouvre ses droits et vous impose l'un à l'autre, alors là pas du tout, c'est un hasard, et c'est lent à venir, ça se transforme en vous très lentement, patiemment, comme un sourire, sans que vous ne le maîtrisiez, cela vous est impossible et vous ne le souhaitez pas, surtout pas, tout serait gâché, dénaturé, détruit.

Un goût de déjà vu.

Sur un canapé au motif rayé, un couple fait l'amour, la femme brune, n'ayant gardé sur elle que ses bas noir, chevauche son amant avachi sur le dos, et se penche pour sucer son voisin habillé d'une chemise bleue, au rythme des coups de butoirs que lui assène son amant, ce dernier tient sa croupe à pleine main, ferme les yeux et se tourne juste à la fin pour regarder le sexe de son ami (la main posée sur la nuque de la femme il accompagne son geste d'une tendresse insoupçonnée) s'enfoncer au rythme de son propre sexe dans la bouche de sa femme, l'homme à la chemise bleue a la tête légèrement penchée vers la droite pour regarder le spectacle de son sexe dont cette femme avale le bout, l'enserrant dans sa main experte, plaisir des yeux avant tout, l'homme à la chemise bleue s'est levé pour aller se placer derrière la femme de son ami qui continue à lutiner sa femme avec une régularité de métronome, il enfonce son sexe dans le cul de la femme qu'il pénètre sans mal pour suivre le rythme de son ami, leur deux sexes s'enfoncent en même temps, qui dans le vagin de la femme, qui dans le cul de celle-ci, se touchent, se frôlent, la femme disparaît pour n'être plus que le jouet de leur propre jouissance, entre eux, les séparant pour mieux les faire se rejoindre dans leur coït.
Sur certains clichés où l'on ne voit pas son corps en entier, mais une partie du buste seulement (la tête coupée hors champs), il a cru voir dans un premier temps le corps de sa femme, ce qui le trouble très franchement, l'aveu de Faustine, quelques années plus tôt, son attirance pour Eva, attirance qui avec les années s'est estompée à ses dires, avant de disparaître tout à fait, l'a profondément troublé, il ne cesse d'y repenser de loin en loin, gardant secret pour lui ce troublant mais fantomatique désir qui ne l'a jamais plus quitté.
Images formatées de ces filles des magazines, top-models des publicités, nues sans l'être, de dos, de face, de profil, allongées, jambes écartées, offertes, nues, toutes nues comme la vérité, on dit nu comme un ver, ce que l'on dit, ce que l'on prétend, ce que l'on voudrait voir, propres, sans traces, sans ombres, sans taches, en un mot : parfaites, d'une beauté de trucage numérique, d'effets spéciaux, corrigées par logiciels interposés, ou fards et poudres, totalement relookées, inventées de A à Z.

Monstres de baudruches dans des décors de fantaisie.
Le couple est allongé tête-bêche sur un lit aux draps blancs, sur les murs de la chambre deux portraits dessinés à la mine de plomb, les étagères d'une bibliothèque chargées d'épais volumes, la tête de la femme brune aux cheveux défaits, est légèrement rejetée en arrière, son collier se balance autour de son cou, ses seins blancs caressent le nombril de son amant, elle regarde les yeux à demi clos, son sexe tendu plein de sang, le bout rose et joue avec le tenant d'une main à la base des couilles, s'en humectant les lèvres, le caressant, avant de l'avaler avec gourmandise, tandis que le bas de son corps remue encore sensiblement au rythme des caresses de son amant.

Un doigt dans le cul.
Des filles nues, mais de moins en moins de nudité, prolifération des pseudo-corps, des pseudopodes asexués dans un monde parfait, lisse et sans faille, un monde virtuel, hygiéniste où le corps, la réalité triviale des corps, les rapports et contacts physiques, étaient rejetés, abandonnés, honnis, marginaux, comme ces publicités détournées par Philippe Meste, le visage d'un mannequin effacé par les traces d'une éjaculation, sperme séché qui la rend monstrueuse, qui nous montre le monstre qu'elle est, qu'elle est laide.

Il est debout, son bras droit le long de son corps très blanc, le gauche posé avec délicatesse et décontraction sur le poste de télévision disposé dans une étagère supportant à proximité une chaîne Hi-Fi, elle est agenouillée à ses pieds, il bande, elle lui lèche les couilles, sa langue s'y attarde longuement, avec des attitudes de chattes, les mordille, puis se redresse en laissant glisser sa langue humide le long de son sexe droit, elle fait face à son sexe qu'elle fixe un instant après avoir ramené ses mains sur les cuisses velues de son amant toujours immobile, on dirait une statue de marbre, elle lui mordille le prépuce avant d'enfourner d'un coup brusque sa verge dans sa bouche et de la masturber en cadence.

Elle est grande, élancée, ce qui vous attire en elle avant tout c'est son visage, ses yeux pétillants, ses mèches de cheveux roux coiffés en parenthèses autour de son front bombé, blanc, son teint laiteux, elle avance vers vous, et quand elle sourit - naturellement - ses dents sont blanches, soignées, pointent ses incisives supérieures, qui vous rappellent au souvenir d'un autre sourire, d'une autre actrice, son nom voué à l'oubli depuis le premier jour, seul le titre du film vous reste en mémoire, et l'on voit bien pourquoi : A nos amours, on dirait un souhait, comme on fait un vœux, on trinque, un toast, verres levés.

Tout un programme.
Dans une grande chambre nue, il s'est allongé sur le dos, une jeune femme blonde à demi dévêtue s'est assise sur son visage à califourchon, elle enlève son tee-shirt blanc, ses petits seins fermes et ronds apparaissent, minuscules aréoles, comme deux points isolés sur son buste très blanc, elle remet ses longs cheveux droits en ordre à l'aide d'un léger mouvement de sa main gauche, pendant ce temps, son amie, une jeune femme aux longs cheveux noirs, une longue frange échevelée sur le front, suce méthodiquement la verge épaisse et blanche du jeune homme en lui massant les couilles d'une main gantée de rouge, la jeune femme blonde est désormais un genou sur le lit l'autre relevé, les bras ballants le long du corps, l'homme la suce par intermittence, pour parvenir à ses lèvres il doit lever légèrement le buste dans une tension qui fait sérieusement travailler ses abdominaux.

Ce que se dit Guillaume admiratif.

La jeune femme brune aux gants rouges s'est accroupie à son tour sur lui, s'empalant avec vigueur et détermination sur son sexe sucé précédemment, penchée, elle se maintient accroupie à l'aide de son bras gauche, posé sur le banal dessus-de-lit, elle passe sa main droite dans ses longs cheveux noirs d'eurasienne puis la pose sur son genoux droit pour faciliter les mouvements répétés de son bassin, la jeune femme blonde se penche en avant pour caresser vivement le clitoris de son amie qui elle, dans un mouvement harmonieux de vase communicant, se penche en arrière en laissant traîner sa main gantée sur son sein minuscule, l'homme continue son travail de sape.

Régulier comme un métronome.

C'est discret, pourtant vous le voyez de suite, sa voix est douce et mélodieuse, vous l'écoutez sans vous lasser, c'est une femme dont on ne remarque pas d'emblée la beauté, mais dont la séduction discrète et sereine, sur d'elle même mais sans aucune exagération, sans prétention aucune, fait doucement son chemin et s'impose en vous, et ne vous quitte plus, assise par terre, une jeune femme blonde aux longs cheveux couleur filasse, s'applique à faire glisser ses mains le long du sexe de son amant couché sur le bord du lit devant elle, avec une lenteur et une application qui fait penser qu'elle essaye d'y enfiler un préservatif invisible, sa main droite encercle la verge, la gauche suit celle-ci l'index pointé vers le haut, la bouche ouverte, les dents serrées, respirant à peine, toute son attention placée dans son geste, son regard droit, concentré, presque féroce, Tout éclate soudain dans un rire qu'elle a du mal à contenir, son amant éjacule entre ses doigts, elle regarde les filets de liquide blanchâtre s'échapper en gerbe de sa verge.

Comble de joie.

Elle a besoin de votre regard pour devenir belle, c'est dans cet échange spéculaire indispensable que s'établit, pourrait-on dire, son magnétisme enchanteur, avec elle vous devenez beau, réciprocité des regards, partage des émotions, elle est grande, élancée, et vous aimez sa façon de se vêtir, ce n'est pas dans vos habitudes, vous négligez le reste du temps ce genre de détail que vous jugez superflu, révélateur ce mot détail du peu d'intérêt que vous portez d'habitude à ce que porte une femme, sa tenue, mais là, dans sa façon de marcher - elle vient vers vous, ses bras se balancent légèrement le long du corps, élégant balancier qui rythme son pas nonchalant : des collants foncés, une robe légère en matière synthétique soyeuse, plusieurs couches de bustiers et tee-shirt moulant, qui dessinent et renforcent le galbe de ses seins aux formes harmonieuses, Vous aimez cette femme pour sa tenue et l'ambivalence de ce mot pour ses éclats, et c'est une évidence qui m'atteint maintenant.

J'ai toujours connu cette femme.
Sur le lit, dans la position d’un Sphinx, le cul relevé en arrière, ses seins bougent dans tous les sens sous les grands coups de reins réguliers que lui assènent son amant en lui tirant les cheveux en arrière d'une poigne viril, puis elle relève légèrement le buste en tendant ses bras, allongée sur le dos, les jambes maintenues largement ouvertes par un grand gaillard noir qui la pénètre méthodiquement, ses larges seins flasques aux aréoles noires remuent au rythme de ces coups de reins tandis qu'elle suce la verge de l'homme qui se tient juste derrière elle, légèrement au-dessus, laissant glisser ses lèvres, s'en servant comme d'un harmonica.
J'ai toujours connu cette femme, c'est elle qui me le dit d'ailleurs, je vous connais depuis toujours, Vous m'attendiez et je venais vers vous, je venais à vous, rectifie-t-elle, soucieuse de choisir le mot exact pour décrire au mieux notre rencontre, notre amour, je l'ai déjà croisée, plusieurs fois je le sais, sans la voir, sans le vouloir, je ne pouvais pas la voir, là, c'est enfin clair, elle m'apparaît dans toute sa beauté, sa grâce élégante, et quand elle se déshabille sous mes yeux, c'est une autre femme que je découvre, son corps est plus musclé que ne le laissaient deviner ses vêtements, les formes qu'ils dessinaient, et dans ses mouvements, les femmes qu'il inventait, ses jambes notamment, ses cuisses fermes blanches parcourues de veines et de bleus.
C'est une grande femme aux longs cheveux bruns bouclés, elle porte des bas blancs qui monte jusqu'à mi-cuisse, son corps est long et mince, elle a gardé son soutien-gorge dentelés, elle ne quitte pas son amant des yeux tout en le suçant avec une vigueur méthodique, Tout son buste remue au rythme de ces mouvements saccadés, un peu automatique, a croupetons sur un dessus-de-lit aux motifs vieillots, ses fesses relevées en arrière, tendues vers son amant au corps nu et blanc, les cheveux coupés courts, elle fait le Sphinx comme d’autres le singe, il a posé sa main gauche à plat sur le haut de sa fesse, l'autre main conduit son sexe tendu vers son anus avant de l'y introduire, elle gémit de plus en plus fort.

Son souffle devient rauque jusqu'à se transformer en cri.

J'ai toujours connu cette femme mais je ne la reconnais qu'aujourd'hui, il se masturbe longuement, de grands coups rageurs de son membre épais sous le regard d'une belle jeune femme aux cheveux châtains, le front perlé de sueur, elle crie, gesticule, tire la langue (souple, extensible, étonnante d'élasticité) sous la verge agitée, les yeux fermés, elle semble l'encourager, l'appeler à la secousse, lorsqu'enfin il jouit sur elle, elle avale son sexe, le bout rond et humide, comme pour le faire taire.

Boire ses dernières paroles.
La jeune japonaise maintient le sexe de son ami dans sa bouche et le suce en gardant les yeux fermés, elle associe un mouvement de rotation manuelle de gauche à droite à une succion entre ses lèvres inclinant régulièrement la tête de droite à gauche, puis elle laisse échapper le sexe de son ami et le titille délicatement de sa langue effilée, jouant à exciter le gland en le regardant fixement, quand elle lève les yeux, elle commence à lui parler (au sexe directement), à même la peau, son compagnon lui passe tendrement la main dans les cheveux.

Elle lui sourit, amoureusement.
Ce qui est vrai c'est ce besoin de parler, on n'arrête jamais, on veut tout dire, tout raconter, peu importe quoi au fond, car ce qui compte vraiment c'est de parler - de soi ? par forcément, non - s'exprimer, c'est dire, c'est parler, formuler, relater, raconter à l'autre, c'est s'exposer, exposer, révéler, se révéler, informer, notifier, communiquer, énoncer, émettre, annoncer je crois, rapporter sûrement, transmettre à coup sûr, renseigner, avertir, dévoiler, divulguer, répandre, accréditer, colporter, propager, publier, ébruiter, alléguer, affirmer, déclarer, assurer, causer, proférer, insinuer, prétendre, articuler, stipuler, objecter, répéter, ressasser, insister, seriner, c'est développer, crier, prononcer, chuchoter, murmurer, souffler, lâcher, la liste est longue, mais non exhaustive, on se plaît à la réciter, comme un poème, pour l'apprendre à force de l'entendre, se lâcher.

Se lâcher.
Faustine a récemment montré à Guillaume des photographies d'Eva Solal plus jeune, c'était une petite fille laide, pas vraiment laide non, mais pas gracieuse du tout, sans charme, elle portait d'odieuses lunettes en écailles qui mangeaient littéralement son petit visage triste et pâlichon de rate docile, adolescente, elle était toute mince, menue, presque maladive, elle était sans forme, une tige raide et gauche, sans vie, Anne ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? même ses cheveux qui attiraient aujourd'hui le regard de tous les hommes qu’elle croisait dans la rue, étaient flétris et ternes, sa coiffure ridicule, on ne se retournait pas sur son passage ça non, c'est à peine si on la remarquait.

Je ne vois que le ciel qui poudroie, et l'herbe qui verdoie.


Au fond qu'est-ce qui m'attire chez cette femme ? se demande Guillaume, si je peux passer toute ma vie à la voir sans lui dire les sentiments que j'ai pour elle, l'envie que j'ai de son corps, ses seins généreux dans la paume de mes mains moites, ses lèvres ourlées contre les miennes, ses fesses rebondies contre mes hanches, l'effet formidable qu'elle a sur moi, son empreinte, lorsqu'elle me regarde, lorsqu'elle me parle, le trouble qui s'installe en moi quand à ses côtés j'imagine l'approcher, la caresser, la prendre dans mes bras, l'embrasser, la déshabiller, lui faire l'amour.

Lorsque j'imagine ses mains sur moi, le regard troublé, le sourire gêné, la voix tremblante, je la vois qui défait la braguette de mon pantalon, son geste lent, les yeux dans les yeux, et sa main, avec ses longs doigts fin aux ongles blancs durs et bien limés, un sourire à peine, elle baisse les yeux et prend mon sexe et le fait sortir, mon sexe qui rejoint sa main autant que cette main le rejoint, l'entoure, le conduit, le caresse, et sa bouche qui s'ouvre, sa langue sur mon sexe, ses yeux qui se lèvent une dernière fois vers moi, ce regard, avant que je ferme mes yeux, mon sexe aspiré par sa bouche, ses mains sur mes fesses, je sens ses doigts, ses ongles blancs s'enfoncer légèrement dans ma chair blanche, la caressant mollement avant de lâcher prise, tout m'attire en elle, se lamente Guillaume.
Deux jeunes femmes aux allures de jeunes filles, une brune l'autre blonde, sveltes aux seins menus, pointes délicates, penchées l'une à côté de l'autre au-dessus d'une table, offrent leurs culs à la curiosité d'un homme ressemblant vaguement à Serge Gainsbourg, celui-ci lui écarte les fesses avec application avant de les embrasser, la trace de ses doigts restant un instant sur la peau diaphane de la jeune femme blonde qui se pâme sous ce baiser, sa voisine brune se penche pour lui embrasser l'épaule, baiser fugitif, regard en arrière, plaintif, comme pour se rappeler au souvenir de l'homme qui abandonne alors la blonde pour s'occuper de son derrière.
C'est elle, parce que c'est la meilleure amie de ma femme, ce n'est pas ce qui m'attire en elle, pas la part principale de ce qui m'attire en elle, au contraire, non, ce qui me fascine est ailleurs, son corps fantasmé, sa présence régulière aux côtés de ma femme, elle vient nous voir souvent maintenant, c'est ma femme qu'elle vient voir bien sûr, elle me salue avec un enthousiasme feint, m'embrasse en enlevant son manteau quand elle pénètre dans l'appartement (c'est son manteau qu'elle enlève, rien d'autre), je fais partie des meubles, elle ne me voit même pas.

Le trouble que je ressens quand ses joues froides effleurent les miennes, son sourire quand elle me tend ses joues rondes, ses petits yeux plissés et rieurs, et cette façon si particulière qu'elle a de coller ses lèvres à la commissure des miennes pour un baiser de bienvenue, chaste baiser qui me rend fou, très vite elle retrouve ma femme pour discuter avec elle, et dès lors elles m'échappent, elles trouvent un prétexte pour s'isoler dans une pièce (ma femme lui parle d’un travail en cours, lui montre quelques photographies), et je ne les revois plus, je les entends simplement discuter toutes les deux de loin, elles papotent, murmure à peine audible dont l'assourdis mélodie m'émeut encore une fois.

C'est un peu la fascination qu'exerce sur nous les collègues de travail ou le voisinage, au début c'est l'indifférence, bonjour bonsoir, et puis ce sont les premiers regards, un sourire, une complicité lointaine qui s'installe peu à peu, on discute, on se voit dans un endroit différent, on regarde l'autre avec un œil différent, sous un angle distinct, qui accentue souvent la perception positive qu'on a de lui, une intimité s'installe lentement, mais cette intimité est factice, c'est une intimité fantôme, de soi à soi, le rapport qu'on entretient avec le fantasme que l'on a de l'autre, cette personne que l'on croise régulièrement, à chaque fois on pense à quelque chose de nouveau, une image, un désir, un fantasme, un son, une odeur, une vision, une musique, un rêve, Notre désir est fait de l'accumulation de tous ces éléments, et peu à peu ces éléments interagissent avec ceux de l'autre (une image, un désir, un fantasme, un son, une odeur, une vision, une musique, un rêve), avec ceux de cette personne que l'on croise tous les jours dans la rue ou dans la cage d'escalier de notre immeuble dont peu à peu l’on prend conscience, et l'on croit découvrir un beau jour ce qui était évident depuis longtemps.

Le désir se matérialise, il prend forme sous nos yeux ébahis, des mots permettent de le communiquer aux autres, des anecdotes le résument sous un jour enjoué, on ouvre les yeux, le désir est là, le désir de l'autre au grand jour, mais là rien, comment lui dire ? et si je ne dis rien, est-ce pour autant qu'il n'y a rien (à dire) entre nous ? je ne dis rien, ce n'est pas à proprement parler pour sauver mon couple, le préserver, puisque ma femme sait tout de mon désir pour son amie, elle sait que je suis attirée par elle, nous en avons déjà discutée suite à ce qu'elle m'avait avouée elle même de son désir pour Eva, elle sait que je suis attirée par elle, elle le lui a même laissé entendre à plusieurs reprises, pour me taquiner, pour jouer avec elle, avec moi.

Enfin, il me semble.

J'aime Faustine, j'aime ma femme et je la désire, ce n'est pas une question de désir opposé au sentiment amoureux, plus complexe, c'est pour cela que je n'y comprends plus rien, je n'ai jamais autant désiré Eva que depuis qu'elle est seule, et ce n'est pas parce qu'elle est seule, cela me gène plutôt ce célibat car il me laisse le champ libre, c'est parce qu'elle n'est plus, même momentanément, avec quelqu'un, elle l'a quitté, ou cela n'a pas fonctionné, ou ce n'est qu'un flirt de passage, un substitut d'amant, un homme rencontré sur un tournage ou lors de ses nombreux voyages, dans le cadre de ses stages de plongée par exemple, il y a eu le touriste tchèque en Espagne, le noir ténébreux des hauts plateaux du Mali, le moniteur de plongée en Martinique.

Que des amants de passages, des bons coups.

Quand j'apprends qu'elle fréquente à nouveau quelqu'un je retiens mon souffle, malheureusement cela ne fonctionne pas longtemps, Très vite elle se retrouve seule, s'en plaint à ma femme, qui ne peut rien me cacher et m’en parle, et mon désir revient plus fort que jamais, c'est comme s’il s'enrichissait du désir de ses amants de passages, n'y a-t-il pas de fin pour un tel désir ? Si je faisais l'amour avec elle, n'aurais-je plus aucun désir pour elle ou bien deviendrais-je follement amoureux au risque de perdre ma femme ?

Pourraient-elles rester amies ?
Elle s'est allongée sur le dos, au milieu d'un désordre de papiers et d'affaires jonchant son bureau, les jambes relevées, Il s'introduit doucement en elle, sa verge est épaisse et luisante, elle porte ses bras mince et blanc derrière elle, au-dessus de sa tête, ses seins sont minuscules mais leurs bouts carrés et foncés de femme mûre; de femme qui a enfantée, étonnent vue son allure de jeune fille.

Guillaume a sous les yeux la planche-contact sur laquelle il reconnaît d'emblée le visage d'Eva figurant sur trois photographies, sur les autres, séquence répétée de photographies de son buste, le plus souvent du haut de son pubis à la base de son cou, il éloigne la feuille de ses yeux, respire un grand coup, il n'en croit pas ses yeux, il en a tellement rêvé, de si nombreuses fois il a dessiné mentalement les formes les plus secrètes d'Eva, avant de s'endormir, en se masturbant dans ses toilettes, il le reconnaît sans honte, dans sa douche, de moins en moins souvent cependant, devant la télé, parfois même dans l'obscurité de sa cuisine.
Quand elle passe leur rendre visite, il imagine son corps frémissant sous ses vêtements, surtout l'été quand vêtue d'une courte jupe, d'un chemisier léger sans porter de soutien-gorge, et que sa peau de blonde au soleil a pris cette teinte délicieuse de pain d'épice, ses longs cheveux bouclés et dorés tombent sur sa nuque tendue, odorante.

Il va enfin pouvoir regarder à sa guise le corps de cette femme qu'il a tant désirée, scrutée dans ses moindres détails ce corps, l'apprendre par cœur, une manière de se l'approprier, pense-t-il, il rapporte la planche-contact sous ses yeux en se forçant à regarder chaque photographie dans l'ordre de sa prise de vue, afin de ne pas gâcher l'ensemble de sa vision, il commence donc en haut à gauche, il s'agit de quatre bandes de six photos noir et blanc, sur la première photo prise verticalement, un portrait d'Eva fixant l'objectif, on remarque immédiatement qu'elle est allongée sur des draps colorés que la teinte noir et blanc fonce nettement les plis, eva a placé ses deux mains à côté de son visage, tout proche, la main droite reposant dans la paume ouverte de sa main gauche, son visage est serein, de petites touches lumineuses viennent en moduler l'expression, sur le front bombé de la jeune femme et ses cheveux flamboyants, sur ses pommettes saillantes, le long de son bras.


La deuxième photo est complètement noire, sans doute ratée, on ne parvient à rien déceler dans ce rectangle obscure, la troisième photographies de la bande, de nouveau le portrait d'Eva, le cadrage un peu plus serré, une lumière moins forte et donc de moins grande définition, eva vient de fermer les yeux, sa main gauche remonté contre son front, sa bouche d'une grande sensualité, les trois derniers clichés de cette première bande reprennent tous le même motif, comme si on avait cherché à s'entraîner à travers leur prise à quelques secrets exercices, car le sens de ces clichés restent mystérieux, il s'agit de cadre de portes (sur l'un des clichés on reconnaît nettement un pas de vis) ou du bord d'un miroir, mais ces photos gardent, par leur abstraction, un mystère entier.

La deuxième bande de six photos débute par le visage d'Eva photographié comme pour la première photo de la première bande, et comme le visage d'Eva est inversé sur ce cliché, Guillaume en déduit que cette deuxième bande n'est pas la suite de la première, mais opère plutôt la jonction du début des photos avec l'autre bande, celle qu'il a d'abord considérée comme étant la première parce qu'on l'a placé à l'extrême gauche ; entre-temps cependant Eva a fermé les yeux et placé ses mains en prière tout contre sa joue gauche, la lumière tremble sur son visage et donne l'impression d'un léger sourire sur ses lèvres, les cinq clichés restant systématise le même plan, à l'exception de la première photo verticale, le corps d'Eva nu, compris entre le dessus du pubis de la jeune femme et (à l'exception d'un cliché ou l'on aperçoit le menton et la bouche fermée) le haut de ses seins, enchâssé dans le volume des draps noirs qui présente corps comme découpé, sans bras, sans tête, et sans jambe, sur les deux premiers de ces clichés Eva a placé ses avant-bras sur ses seins, les cachant comme on le ferait dans un geste d'extrême pudeur, écrasant quelque peu ses seins, dans les trois derniers clichés au contraire, Eva a levé les bras loin au-dessus de sa tête et ses seins se sont aplatis, leur aréole prenant une forme d'amande.
La troisième bande est sans doute la plus uniforme, sur des draps froissés, qui semblent beaucoup plus clairs que les précédents, le corps d'Eva étendue, et le photographe au-dessus du corps de la jeune femme, eva croise les bras à la hauteur de son cou, comme si elle avait voulu embrasser un fantomatique partenaire, les mains cachés derrière ses épaules, ces photographies évoquent les cadrages de l'allemand Billy Brandt à la fin de sa carrière, magnifiant le corps féminin et lui donnant des allures de déesses immenses.

Sur le dernier cliché de cette troisième bande, Eva a desserré son étreinte invisible et laisse sa paume nue reposant ouverte sur les plis du draps, comme le sable de la grève à marée descendante, cette photo est doublée, en haut de la quatrième bande, légèrement surexposée, c'est sans doute la plus belle de l'ensemble, par son cadrage tout d'abord, et le rythme qu'il impose au regard.

Le visage d'Eva est caché par les pointes de ses coudes, elle croise ses bras au-dessus de son visage, on aperçoit seulement son front bombé, l'un de ses sourcils, et quelques rares mèches de ses cheveux blonds ondulant à proximité, et le mouvement de son bras, avec cette paume ouverte, offerte, l'index et le majeur à peine joints, forme avec la masse éclairée de son buste un rythme captivant qu'il admire en connaisseur.

Les deux clichés suivants tournent autour de cette forme primitive sans pouvoir en retrouver la grâce, simple information distante et plate sur l'anatomie d'Eva, le quatrième cliché méduse Guillaume, les doigts d'une main qu’il est tenté d’attribuer à Eva, tient un retardateur photographique, l'objet que l'on tient du bout des doigt, comme pour le présenter à l'objectif plutôt que pour réaliser soi-même le cliché, a des allures de seringues, et le dépouillement de ce plan nu et un peu froid, renforce l'impression clinique qu'il donne dans un premier temps.

Guillaume s'amuse à peine de ces incessants aller-retours, il continue néanmoins, ce qui a semblé cocasse au commencement, lui parait très rapidement s'inscrire dans une grille de programme tout à fait convenue, admise, et le passage d'une séquence à l'autre, d'un univers à l'autre, dépendant de sa seule volonté peut-être en partie amoindrie par la fatigue, sans l'invalider pour autant, se gomme peu à peu, le mouvement de balancier finit par unir ces deux parties au départ disjointes, comme un puzzle.

Guillaume regarde une nouvelle fois l'ensemble des vues sur la planche-contact pour s'apercevoir qu'à de rares endroits seulement, les mains d'Eva disparaissent du cadre, elle n'a donc pas pu prendre tous ses clichés à l'aide de ce retardateur, un complice l'y a assurément aidé, c'est ce que c'est imaginé jalousement Guillaume, car il ne conçoit pas Verdier dans ce rôle de photographe complice, cette photo avec le retardateur est très mise en scène cependant, ce qui surprend Guillaume et le laisse même un peu rêveur, qu'est-ce que tout cela signifie ? qui a bien pu prendre ces photographies ?
Les poses d'Eva ne sont guère provocantes, sur la plupart d'entre-elles elle abandonne son corps au regard d'autrui, elle cache le plus souvent son visage comme si elle avait souhaité qu'on ne la reconnaisse pas, ou avec l'intention de disparaître dans ce corps et n'être plus que cela, un corps qu'on regarde, qu'on observe, un corps offert dont on dispose à sa guise, les derniers clichés montrant le lit vide, déserté, avec les traces d'une présence lointaine, renforcent cette idée.


Sur un seul cliché Eva regarde l'objectif droit dans les yeux, c'est-à-dire le photographe, car désormais Guillaume en a la certitude, Eva n'a pas pu les prendre seule ces photographies, la douceur du noir et blanc, la lumière baignant l'ensemble des clichés, rappellent les photographies prises l'été pendant la sieste, dans la fraîcheur de la chambre aux volets fermés.

Les deux derniers clichés montre en effet le lit abandonné, deux photographies quasi identiques de draps froissés qui immanquablement, après la surprenante mise en scène du retardateur, évoque des ébats tumultueux, ce qui a d'abord attiré le regard de Guillaume, le corps de cette femme qu'il désire, et qu'il a dû dompter, en se forçant à regarder avec une minutie et un ordre dont il n'ait pas usé d'emblée en découvrant l'ensemble de ces clichés, a disparu, un trouble le remplace, qui avive son désir.


Guillaume sait qu'il existe deux sortes de planche-contact, celles qui progressivement vous mènent vers le cliché réussi, et celles qui par des biais divers, des errances multiples cherchent leur voie jusqu'à dénicher la perle rare, l'une évoque le film tandis que l'autre ressemble plutôt au collage surréaliste.

Guillaume se rappelle les séquences narratives de Duane Michals qu'il a découvert avec Faustine lors d'une rétrospective de l'artiste à New-York, Rencontre fortuite, deux hommes vêtus de noirs se croisent dans une minuscule ruelle New-Yorkaise, l'un après l'autre, ils se retournent comme s'ils se rappelaient, mais un peu tard, qu'ils se connaissent ; cet homme qu'il vient de croiser ne lui est pas inconnu, il y a également cette série de neuf photographies intitulée : Les choses sont bizarres, une salle de bain composée d'un lavabo (au-dessus duquel est accroché une photographie plutôt sombre), d'une baignoire, d'un bidet et d'un W, -C, ne s'avère être qu'une salle de bain miniature quand on la voit dissimulée par des jambes poilues, ces pieds appartiennent à un homme barbu vêtu d'un short noir et d'un tee-shirt blanc dans une vitrine.

La photo de cet homme pied nu dans sa vitrine à côté d'une salle de bain miniature, figure reproduite dans un livre, ce livre, un homme est en train de le lire en marchant dans un couloir sombre, l'image de cet homme avançant dans ce couloir sombre en lisant un livre, s’avère être une photographie, cette photographie figure accrochée au-dessus du lavabos d'une salle de bain, la salle de bain de la première photographie, cQFD, Je pense qu'il est important de ne pas s'occuper des apparences mais de ce que les gens sont réellement, c'est ce que les gens représentent dans votre vie qui veut dire quelque chose, non pas ce à quoi ils ressemblent aujourd'hui ou hier.
Les photographies que Guillaume a sous les yeux racontent une histoire qu'il ne comprend pas, fragmentée, parcellaire, bribe d'un récit qu'il s'oblige à relire plusieurs fois de suite, cherchant dans cette lecture comme un secret caché lui échappant sans cesse, se refusant à la compréhension, dissimulé, comment dire, littéralement sous ses yeux, Guillaume se souvient du message de Duane Michals : "L'important n'est pas l'apparence des choses, mais leur nature philosophique."
Dans la rue, je me retourne souvent au passage des femmes que je croise, un détail de leur anatomie, une particularité vestimentaire, leurs gestes ou leur attitude générale m'attirent, une image évasive se forme en moi l'espace d'un instant, elle peut disparaître si je n'y prête pas plus attention, cette main c'est autour de mon sexe que je la vois, ce cou dévoré de baisers tièdes, ces cheveux glissent entre mes doigts, je me retourne, ils tombent sur ses épaules nues, ses yeux fermés sous ma langue je les cherche, je les baise et les humidifie, je vois tout ce qu'elle a vu, efface par la douceur de ce contact momentané toute la douleur oculaire, cette joue rose et pimpante je la mordille sans retenue laissant marques et rougeurs honteuses, ces oreilles et ces lèvres sucées, avalées, aspirées, ces fesses arrondies entre mes mains blotties, ces jambes sous mes doigts, mes ongles dans sa chair, images fugaces, parfois plus fortes, que je garde volontairement ou non en moi, suivant mon désir, je les mets bout à bout et remonte la scène à ma guise, je peux me repasser plusieurs fois de suite le film de mon désir.

Le film évolue au fil des images enregistrées la veille, je reviens en arrière, revois la scène autant de fois que je veux, autant de fois que nécessaire, j'ajoute du son, ce qu'elle me dit, ses murmures, et les bruits environnants, j'invente, c'est toujours pareil et pourtant un détail suffit (comme dans nos rêves une position du corps) pour rendre tout cela magnifique, hors du commun, du jamais vu, je vous dis, je m'étais dit à une époque, si mon désir d'Eva résiste au temps, peut-être devrais-je y voir un signe, peut-être y a-t-il entre nous quelque chose de plus fort que ce que je croyais y déceler au préalable ? Mais aucun signe d'elle ne me laisse penser qu'elle est attirée par moi, à peine peut-être, depuis son divorce, lorsque nous nous voyons, Eva parle-t-elle plus ouvertement de sexe avec ma femme et moi, le sujet vient presque à chaque fois dans notre conversation, sans préméditation de part et d'autre, il s'installe gaillardement entre nous, Eva est plus libre désormais, elle aborde ces sujets avec plus d'humour et d'audace qu'avant, mais cela n'a bien entendu que très peu de rapport avec moi, sans doute sa vie sexuelle est-elle redevenue plus intense et lui permet-elle d'en parler ainsi plus explicitement ?
Je suis déjà allé dans son appartement pour une autre raison que celle pour laquelle je devais m’y rendre (arroser ses plantes par exemple), elle ne se doute pas de ce que j’y ai fais, j’ai visité son appartement comme je consulte ce soir toutes ces photos d’elle, j'ai fouillé dans ses affaires, examiné ses tiroirs, inspecté ses cartons de rangement, ses armoires,

J'ai reniflé ses petites culottes de soie verte, je me suis allongé sur son lit, j'ai déplié ses soutiens-gorge pour en admirer l’ampleur, je me suis masturbé dans sa sombre et minuscule salle de bain en frottant sur mon sexe ses dessous affriolants, j'ai cherché dans son appartement des photos érotiques sans jamais en dénicher, j'ai photographié son sexe à partir d'un film amateur que Faustine avait tourné avec elle à la faculté : on voyait vaguement le corps d'Eva nu, je garde le polaroïd sur moi jour après jour, il s'abîme mais je ne peux pas m’en séparer, l'image est floue et blanche et laiteuse, on dirait l'apparition fantomatique d'un rêve érotique,

Quand je me retrouve seul avec elle une gène passagère s'installe, silence pesant, qui va parler et que dire ? Sa présence physique me trouble elle qui n'est qu'une image prend corps tout à coup et ce corps est image troublante,

Je me dédouble, il y a ce que je pense, il y a ce que je vois, il y a ce que je veux, et tout ce que nous faisons, anodin et stérile,
Je l'accompagne jusqu'à sa voiture, dans le parking souterrain, elle s'installe au volant, je m'approche, elle baisse sa vitre, mon cœur bat plus vite, j'aperçois le geste de sa main qui baisse la vitre manuellement, ce geste répétitif et sensuel,

Elle me sourit, je baisse la tête et je l'embrasse, une bise d'adieu, et comme ce mot tout à coup sonne juste, cruellement juste, c'est un vent sec et froid,

Je rentre chez moi dépité, et pourtant cette image reste gravée en moi - le geste répétitif et sensuel, son sourire comme une invite à la rejoindre, notre solitude dans ce parking et sa pénombre insinuante - j'efface la fin, transforme la bise en baiser, et la fougue de notre étreinte, et la passion dévorante de nos caresses, la découverte de nos corps,

Longtemps je revois ce film en boucle,

Elle porte ce jour là un jean délavé qui lui fait un cul rond et plein, un cul accueillant,

Puis une autre séquence (un autre jour) vient effacer la précédente, jamais je n'arrive à garder toutes ces bribes éparses,

Mon désir pour Eva est un palimpseste difficile à fixer, il m’échappe et ses couches superposés s’accumulent sans que je parvienne à les déchiffrer,
Quand j'apprends qu'elle est triste (je l'apprends toujours par ma femme, jamais elle ne se confie directement à moi, je n'ai aucune chance dans ces conditions) je voudrais la prendre dans mes bras, la consoler,

Je ne comprends pas qu'il ne se trouve aucun homme pour la satisfaire, la protéger, la rendre heureuse, c'est une femme très désirable, je ne comprends pas qu'elle soit encore célibataire, bien sûr à son âge, ce qu'elle cherche maintenant c'est un homme avec qui partager un foyer, avoir des enfants, et les amants de passage n'ont aucune chance, sans doute également ne veulent-ils rien savoir, ils ne la méritent pas,

Je ne pourrais jamais lui dire en face ce que j'éprouve pour elle,

Ma position est intenable, je la désire, je ne parviens pas à lui dire, ni même à le lui faire comprendre à mots couverts (je n'ose pas lui écrire) car je ne veux pas le faire contre ma femme,
Je désire ma femme, je désire Eva, je ne veux pas faire souffrir ma femme, je ne veux pas faire souffrir Eva, le trio a quelque chose de ridicule, de bancal ou de connoté, j'y ai pensé bien entendu, mais le risque est grand de tout casser, de définitivement rompre le charme,

Un désir, quand il s'exprime, on risque de le dénaturer, c'est comme un rêve au matin, on peut tout perdre d'un coup, et se retrouver seul, tout seul, je ne veux pas me retrouver seul, jamais,

Au fond qu'est-ce qui m'attire chez cette femme ? je ne sais pas vraiment, c'est confus, mais si j'y réfléchis bien je crois pouvoir dire : ma femme sans doute, le désir d'une autre femme est un gage d'amour, un repère de l'amour que l'on porte à sa propre femme,

Jusqu'où puis-je aller ? A partir de quand le désir que j'ai pour une autre femme vient-il interférer avec celui que je porte à ma propre femme ?

Peut-il même l'effacer un jour ?

Suis-je fidèle ? Qu'est-ce que la fidélité ?
Des photographies de ses vacances, de son travail, de ses vacances, décembre dernier, quinze jours dans un club de plongée à la Martinique, quelques photos sous-marines, des photos de groupe sur le ponton du bateau, difficile de repérer les affinités entre les différents protagonistes et de déceler celui avec lequel (portrait seul, ou pose avec lui, photographié par un tiers), je le sais puisqu'elle l’a confié à ma femme, qui me l'a répété, elle a couché lors de son séjour, on cherche, on imagine, sans aucune assurance, celui-là sûrement, un bon coup sans aucun doute, qu'attendre de plus d'un séjour plongée à la Martinique ?

Elle a travaillé sur un projet important qui lui a permis de mettre suffisamment d'argent de côté pour se permettre cette folie, cette dépense, son statut d'intermittente du spectacle y contribue largement,
Elle prend deux genres de photos lors de ses séjours, ce n'est pas le premier, Photos en situation comme on l'a vu, sur le bateau, à la plage, au bord de la piscine, lors d'une soirée, en plongée sous-marine, etc, et des photos du pays,

Et ces photos laissent deviner la nature exact de sa profession, elle photographie des murs décrépis, aux nuances subtiles, des couchers de soleils qui n'existent plus que dans les films technicolor de la Metro-Goldwin-Mayer, des architectures splendides aux formes complexes même si depuis longtemps en ruine, des coques de bateaux aux couleurs vives et variées, des plantations de bananes, autant de clichés qui font penser à la photographie dans ce qu'elle a de plus sujet à cautions, photographies de vacances réussies (réussies devant s'accorder au premier terme), un côté publicitaire de la presse spécialisée où leurs couleurs (les photos y sont toujours en couleur, le noir et blanc n'existe pas), appelle presque forcément l'adjectif criardes pour le définir, l'abject,

L'objet qu'affectionne Baudrillard lorsqu'il devient lui-même photographe, dont le modèle entre tous est, pour résumer, la photo d'une bicoque grecque aux murs blanchis à la chaux se détachant avec une rare violence d'un fond bleu d'une rare pureté, En bas la mer, au-dessus le ciel, à l'horizon la barque d'un pécheur dont la coque verte et la voile jaune parachève le tableau, l'évidence du monde des objets, tu parles,

La photo couleur dans ce qu'elle de plus exécrable, Kodak et compagnie, la couleur pour la couleur, s'interroger sur le terme de vacances réussies dont il est difficile de se départir, de se dépêtrer, ce côté Chéri, tu dors ?

Elle est décoratrice de cinéma,

Dans ses cartons, les photos se partagent moitié portrait (moi et les autres) moitié décor, paysage, architecture, pris sous tous les angles, répétition d'un même motif, effets de matière, idées de décor, d'architecture, de formes ou d'aspects, toujours les mêmes photos, aucun intérêt, c'est mon avis,

Je suis là, il est tard, j'ouvre le carton avec l'impression de la faute, la légère excitation du geste voyeuriste, mais les photos, l'ennui qui me prend au fur et à mesure, viennent me dire le contraire, Tu n'as rien à craindre de nous hormis l'affreux ennui de tout ce qui, préparée à outrance pour laisser à penser l'indispensable absence de préparation, mais au contraire une forme d'improvisation et d'allant naturel, de joie de vivre débordante, irradiant littéralement de la photographie, alors que non ce que l'on y découvre est consternant de platitude, de morfondu, de morne,
Dans les îles comme les Antilles d'ailleurs, le morne est une petite montagne isolée au milieu d'une plaine d'érosion, de forme arrondie, dans le nord (notamment en Norvège dont provient le mot), on appelle cette butte isolée, un inselberg, le quotidien dans ce qu'il a de plus préfabriqué, kit ou double, pauvre vie en effet,

La jeune femme brune, allongée désormais à ses côtés, lui attrape la cuisse et la caresse en suivant presque instinctivement le rythme mécanique des allers venues de l'homme qui vient à peine d'accélérer ses coups de butoir, elle est légèrement penchée au-dessus de son amie, son buste en avant, ses seins généreux et ronds pendent dans le vide, elles s'embrassent tendrement,
Guillaume se réveille en sursaut, Son sommeil profond lui a fait un bien notable, l'image sur l'écran de télévision lui parait grotesque, deux femmes s'activant autour d'un sexe d'homme, l'embrassant tour à tour, le dévorant, le léchant à qui mieux mieux, pour le flatter, l'exciter, donnent l'impression de vouloir s'embrasser avec une passion si folle et démesurée qu'elle parait impossible et en devient dérisoire, une frontière les sépare en vain que rien ne pourra réunir,
Guillaume se lève tant bien que mal du canapé, le dos fourbus, il lui faut faire quelques exercices d'assouplissement avant de pouvoir se déplacer sans trop souffrir, a ses pieds dans le plus complet désordre traînent toutes les photographies d'Eva, jonchant le sol, recomposant sous ses yeux fatigués le portrait fragmenté de son impossible désir,

Lorsque j'étais adolescent je désirais déjà les petites amies de mes copains, j'étais jaloux des couples disparates qu'ils formaient, c'est un fait, comment pourrais-je le nier ? Mais surtout je ne percevais aucun amour dans leurs désirs, ils méprisaient les filles avec lesquelles ils sortaient comme souvent les garçons de leur âge, et moi qui restais seul dans mon coin, aucune filles n'étaient attirées par moi,
Et je ne faisais rien pour aller vers elles, empoté et gauche, c'était moi qui semblait différent des autres, seul, timide, en marge, bien sûr j'avais des désirs, je n'étais pas différent des autres sur ce plan là, mais très vite l'amour prit des dimensions disproportionnées dans mes attentes amoureuses,

L'amour est devenu une mécanique compliquée aux arcanes impénétrables,

Je n'arrivais pas à parler avec l'aisance et la nonchalance de mes camarades, leur distance et ce je-m'en-foutisme salvateur qui les caractérisaient et me laissaient envieux, je trouvais ma propre façon de parler, parler avec les mots des autres, la formule fit florès, et cette issue ce fut l'écriture, ma chance,

Dès que je me suis mis à écrire, je fus étonné de repérer la fascination qu'exerçaient les mots sur les autres, les mots c'était mon corps qui parvenait enfin à s'exprimer, à parler, et mon corps pouvait se transformer à ma guise, je pouvais lui faire dire ce que je voulais, ou presque, et ce n'est pas étonnant que ce soit par la lecture de Kierkegaard, Le journal du séducteur, que j'appris à écrire, car l'écriture dès le début, ce fut pour séduire que je m'y lançais à corps perdu,

Le désir me fascine pour ce qu'il est, ce qui suit m'ennuie, l'amour ne se partage pas, on aime qu'une seule personne à la fois, on peut en désirer plusieurs, on peut faire l'amour à sa maîtresse et rentrer faire l'amour à sa femme le même soir, il faut aimer prendre des douches plusieurs fois par jour, c'est tout, on peut prendre plaisir ou non à cette subtile perversion, en matière sexuelle tout ou presque est perversion, pas la peine d'y voir le mal, non, peu importe, mais dans ces cas là la seule personne qu'on aime c'est toujours soi,

Quand on ne veut pas tromper sa femme en prenant maîtresse, la seule personne qu'on aime c'est aussi soi-même, bien évidemment, question de vertu ? je ne crois pas, le respect de soi ? de l'autre ? Peur de tout bouleverser ? Sans doute,

Mais qu'est-ce qui différencie mon attirance pour Eva de la tromperie ? Bien sûr je ne trompe pas ma femme - elle est au courant - il ne s'est rien passé avec Eva, simplement c'est moi que je trompe en croyant vivre sereinement avec mon désir, je ne l'assume pas ce désir, c'est un désir en devenir, il n'est pas figé, ni consommé du reste, désir devient plaisir,

Est-ce que cela me fait plaisir de ne pas passer à l'acte, non, bien sûr, mais c'est toujours mieux que la certitude qu'il n'y aura rien de l'autre côté (la servitude), aucun désir, aucune attirance, pas même un peu d'amitié ? Mais l'amitié c'est autre chose,

J'aurais pu lui écrire depuis longtemps, semer la zizanie en elle, recommencer comme naguère avec Flore, la séduire à distance, à force d'hommages, de troubles jetés, de déclarations enflammées, mais au fond qu'est-ce que ça changerait à la situation actuelle, la distance sera toujours la même et le désir nullement assouvi, pas même calmé, adouci, au contraire, l'excitation de l'écriture...

Nous vivons la globalisation de l'éparpillement, murmure Guillaume littéralement avachi sur son canapé, il a passé une main derrière sa nuque, allongé, les pieds nus relevés sur l'un des larges accoudoirs, il regarde successivement, sur une chaîne hertzienne, l'émission enregistrée quelques semaines plus tôt en Polynésie, diffusée le jour même à 20h50, celle-ci est rediffusée nuitamment, parallèlement à un film porno diffusé sur une chaîne du satellite, Nous surfons, nous cliquons, nous zappons, des petits bouts de la lorgnette, un morceau par-ci par là, jamais rien en entier, surtout pas, trop dangereux la maîtrise indécente, même, seins, ventres, culs, hanches, cuisses, dos, fesses, épaules... close-Up vertigineux qui fragmentent nos actes érotiques, les fétichisent en vitesse,
Guillaume remarque également une vue où Eva et sa femme se tiennent la main, leurs teints cuivrés, leurs regards attendris, cet air détendu qu'on a toujours en vacances, le sourire de la Joconde, Mais les deux amies ne sont plus parties en vacances ensemble depuis bien longtemps, depuis son mariage avec Faustine, se souvient-il,
La photo a été maltraitée, comme si elle avait été longtemps transportée sans protection, dans un agenda ou un portefeuille par exemple,

Guillaume suppose qu’il s’agit d'une photo où les deux inséparables amies sont plus jeunes, mais l'instant de la prise de vue, sous le soleil, a peut-être accusé leurs traits, et les fait paraître plus vieilles qu'en réalité, puis il n'y prête plus attention, il va la reposer dans sa pochette, une pochette transparente de photos variées, de gens et de vues diverses, pêle-mêle, il hésite cependant,

Il décide finalement de garder avec lui cette photo, comme souvenir de son indiscrétion passagère,

CHAPITRE 4

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