La mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser








télécharger 1.41 Mb.
titreLa mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser
page25/25
date de publication18.01.2018
taille1.41 Mb.
typeDocumentos
b.21-bal.com > loi > Documentos
1   ...   17   18   19   20   21   22   23   24   25
On ne voit rien,
Faustine se retourne lentement, elle ne peut pas regarder plus longtemps le visage défigurée de son amie,

Elle lève les yeux et se met à regarder quelqu'un dans la foule que les quelques policiers, prévus pour protéger le cortège officiel, tentent de maîtriser et qui, une fois passée la panique, les tirs ne se poursuivant pas, reprennent le dessus, le contrôle progressif de la situation,
Il est trop tard, mais son regard va plus loin, il dépasse le cadre de cette image réductrice,

La caméra enregistre ce qui se passe là précisément, c'est cette précision qu'on attend de lui, présence et précision, le reste ne compte pas, foutaises, futile,
Il attend qu'on vienne lui ouvrir, Il entend des pas crisser sur le parquet en bois, sa femme ouvre finalement la porte, elle n'est pas étonnée de le revoir, elle est heureuse, ce qu'elle se dit intérieurement, trouvant cela un peu ridicule, un peu soulagée tout de même, il lui sourit,
Ce regard, ces larmes, c'est un événement, depuis le temps que ça dure, mais ce n'est pas ce qu'elle filme la caméra,
Ils restent un instant figés tous les deux sur le pas de la porte, on dirait qu'ils se rencontrent pour la première fois, ils se souviennent de cet instant précisément, le jour de leur rencontre, c'est la première fois depuis longtemps que c'est sa femme qui lui ouvre la porte, qui l'accueille ainsi, de retour de voyage,

Mais c'était un curieux voyage,
Ce qu'elle filme, c'est la mort en direct, panique à l'aéroport, le retour dramatique d'otages occidentaux victimes d'un tireur anonyme, la folie meurtrière endeuille Roissy, depuis le temps que nous le voyons,

Ce qu'elle filme c'est le sensationnel, l'événementiel, a peine libérée la jeune femme est sauvagement abattue, l'irraisonnée, l'insensé,

C'est la peur qu'on lit sur tous les visages visibles, la terreur qu'on découvre inscrit dans ces corps jetés les uns sur les autres, projetés, perforés, défigurés, couchés par terre dans la précipitation, la peur,

Ce qu'elle retransmet, c'est la panique qu'on entend dans les cris déchirants, les pleurs, les hurlements pathétiques, les appels au secours stridents et désespérés,

C'est un drame filmé en direct, mis en scène cependant, et ces images seront diffusées en boucle ce soir au Journal Télévisé, commentées, analysées, disséquées jusqu'à la nausée,
Ils se regardent toujours sans rien dire lorsque le téléphone se met à sonner dans le salon, la sonnerie retentit lointaine, son timbre aigrelet se répète,
Faustine ne bouge pas, elle ne fait pas entrer Guillaume, il reste sur le pas de la porte, elle ne va pas répondre précipitamment au téléphone, décrocher à la hâte le combiné comme à son habitude, non, elle regarde son mari, cherche dans ce regard insistant la réponse à une question qu'elle ne peut énoncer autrement,
Tout s’est passé si vite, je n’ai rien pu faire,


Il sourit, la regarde toujours avec insistance,

La jeune femme sent dans ce regard comme un ordre intime auquel il lui plaît de donner à nouveau satisfaction, elle se retourne, attrape à la hâte un manteau pendu sur la patère de l'entrée, l'enfile, glisse son trousseau de clés dans sa poche et claque derrière elle la porte de l'appartement,
Si j’avais su je lui aurais dit plutôt,
Faustine passe la main dans le bas du dos de son mari en se serrant tout contre lui, l'enlace, le fait tourner sur lui-même puis descendre quatre à quatre les escaliers à ses côtés, dans une complicité retrouvée, une tendresse partagée, et le bruit de leurs pas saccadés sur les marches disjointes fait brusquement surgir en eux le souvenir de jours heureux, de mots doux, de sourires et de caresses, et se profiler en écho le prélude d'un bonheur à venir, d'une joie sans cesse renouvelée,
J’ai eu peur de passer à côté de tout, Peur de ne pas vivre assez, J’ai voulu vivre davantage,
L’homme est un monstre et la femme une curieuse,
Il faut mourir,
La curiosité est plus intense que la colère, on dirait que la mort est au bout du regard,
Je ne vois rien venir,

1   ...   17   18   19   20   21   22   23   24   25

similaire:

La mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser iconNotes prises au cours de M. Granel
«De quelque manière et par quelque moyen qu’une connaissance puisse se rapporter à des objets, le mode par lequel elle se rapporte...

La mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser iconRésumé S’il fallait démontrer l’actualité de Pierre Janet, IL suffit...
«La psychologie proprement dite, qui, par peur, de la métaphysique s’était jetée dans les mathématiques dans une prétendue anatomie...

La mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser iconIschémie par spasme artério-capillaire
«Trouble vasomoteur ischémique paroxystique des doigts des mains svt déclenché par le froid et caractérisé par une décoloration suivie...

La mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser iconL’unité du savoir doit-elle être comprise comme l’achèvement d’une...
«aussi bien chez l’homme sain que chez le malade», et qu’elle est corroborée par «notre expérience la plus quotidienne L’universel...

La mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser iconLa médecine est une science qui consiste à restaurer la santé d’un...

La mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser iconL'éternel problème féminin? Les hommes par Alain Rubens Lire, mai...

La mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser iconTraduction de l’Allemand par le Dr. S. Jankélévitch en 1923 revue par l’auteur
«Essais de Psychanalyse» de freud repro­duit le texte déjà traduit une première fois en langue française, avec une fidélité que n'altère...

La mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser iconTraduction de l’Allemand par le Dr. S. Jankélévitch en 1920 revue par l’auteur
«Essais de Psychanalyse» de freud repro­duit le texte déjà traduit une première fois en langue française, avec une fidélité que n'altère...

La mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser iconLes mauvais déchiffreurs Pistes d’aide aux apprentis lecteurs en...
«dyslexique» sur un enfant à l’issue d’un examen diagnostique n’est plus aujourd’hui admissible (Grégoire, 1997, p. 251). Inadmissible,...

La mémoire schématise toujours et, impressionnée par la rémanence d’une dominante forte, comme la rétine par une lumière trop vive, tend à en éclabousser iconPhilosophie générale (L1)
«Je fixais des vertiges». Cette acticité caractérise l’intellectuel appelé par une destinée philosophique; saisir et comprendre des...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com