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Tiens, à propos de la Star…


Il déclara à la mage :

  • Je vais faire un tour, surveiller les environs.

Scale ne lui répondit pas, sans doute trop absorbée par sa méditation. Raith sortit du local, et s’éloigna de quelques pas, puis sortit son téléphone pour contacter le Johnson.

  • Oui ?

  • M. Johnson, ici Simon Raith, je tenais à préciser que nous avons retrouvé le colis que vous aviez perdu.

  • Ah, merci bien.

La voix de Johnson paraissait soulagée. Peut-être même trop, pour être naturelle. Mais Raith refusait de se laisser aller à la parano.

  • Nous vous l’apportons dans une heure, grand maximum.

  • Mais si vous l’avez tout de suite, je suis disposé à venir le chercher. Cela vous évitera sans doute certains désagréments.

Tu parles ! Plus vite on se débarrasse de lui, plus vite on est payé, et plus vite on rentre chez nous…

  • Très bien, alors vous pouvez nous retrouver dans le secteur H4 de Puyallup, 56ème rue, au numéro 3.

  • Merci bien, j’arrive…

Le Johnson raccrocha.
Jason avait espéré se retrouver en cœur de Seattle, mais il était arrivé au Caire. Et se sentit tout de suite dépaysé : des minarets perçaient l’horizon, un soleil de plomb l’accablait, et le vent chaud du désert frappa sa figure. Tout autour de lui, de grandes tentes abritaient diverses attractions : cirques, échoppes, fumoirs d’opium. Ces attractions n’étaient pas visitables pour l’utilisateur, elles ne servaient qu’à le mettre dans le contexte. Et quel contexte. Ce n’était pas une représentation du Caire de 2060, mais celui du Moyen-âge. Des gardes maures circulaient, armés de grandes lances, des danseuses du ventre se trémoussaient en rythme, de gros marchands promettaient monts et merveilles aux touristes.

A ce propos, Jason cherche du regard le touriste qu’il devait retrouver, Ringo. Il ne le repéra pas tout de suite, avec le nombre élevé d’icones factices (les marchands, gardes et danseuses) et d’utilisateurs, ayant tous des formes plus bizarres les unes que les autres.

Il finit par repérer les traces de sang, au sol, qui menaient jusqu’à un homme gigantesque, possédant six bras, qui était en train de danser devant une fille de joie factice. Il semblait bien s’amuser, loin de tous ses soucis réels.

Redwraith s’approcha de lui et tapa à son épaule. L’homme se retourna. Il avait de splendides yeux de chats et de fines moustaches sous doute issues du même animal. Ringo fit un mouvement de recul en apercevant l’icône rouge sang de Jason. Puis il se rassura et sourit :

  • Salut ! Putain, il est classe ton déguisement.

  • Tu es Ringo ?

Les sourcils de l’intéressé se froncèrent.

  • Oui, mais qui t’es, toi ?

  • Mon nom est Redwraith, et je suis un decker. Ton père m’a chargé de te retrouver. Il s’inquiète pour toi.

  • Qu’il aille se faire foutre. Il n’a jamais été là pour moi, alors qu’il me lâche.

  • S’il m’a envoyé à te recherche, c’est qu’il se fait du souci. Tu devrais peut-être retourner le voir, le rassurer et revenir ici une fois qu’il sera calmer.

  • Tu parles ! Si je reviens à la maison, il ne me laissera jamais partir.

Jason commença à s’impatienter.

  • Bon, Ringo, je vais t’emmener le voir, que ce soit en douceur ou par la force. Je te déconseille de faire le con.

  • Dégage, connard.

Le géant pris l’icône de Jason entre ses quatre mains et commença à serrer.

  • Ok, tu l’auras voulu, lâcha le decker.

Au lieu de se défendre dans le Cybercombat qui venait de commencer, Jason lança une opération Invalidation de Compte, rendant faisant passer l’icône de Ringo du statut d’utilisateur autorisé à celui d’icône intruse. Ringo se rendit compte du changement. Il ne bénéficiait pas de la dissimulation qui protège en temps normal le decker, du fait que sa console n’était pas prévue pour ça. Et le système s’en rendit compte lui-aussi. Aussitôt, les gardes maures se dirigèrent en courant vers Ringo. Celui-ci lâcha Jason.

  • Connard ! Qu’est-ce que tu as fait ?

  • Déconnecte-toi avant qu’ils ne te tuent ! Je m’occupe d’eux…

Redwraith s’avança vers les gardes et engagea le combat pendant que Ringo se déconnecta en douceur, évitant ainsi le choc d’éjection.

Imbécile. Il n’est même pas fichu de reconnaître la couleur d’une glace.

Ces gardes n’étaient en réalité que des CI sondes, et ne risquaient pas de mettre en danger la vie de Ringo. Il était tombé en plein dans le panneau…

Après les avoir planté sans difficultés, Jason se déconnecta à son tour.
Raith rentra dans la salle quelques minutes avant que Ringo ne sorte de la Matrice. Scale l’attendait le pied ferme :

  • Avec qui as-tu discuté ?

  • Hein ? Tu m’espionnes ? répondit Raith, énervé.

  • Non, je faisais mon boulot. J’étais en reconnaissance astrale, et je t’ai entendu. Alors ?

  • Je téléphonais au Johnson pour lui dire de venir récupérer son fils.

  • On aurait pu attendre…

Scale fut coupé par l’un des gangers, Manu, qui s’écria :

  • Quoi ? Vous êtes venus ici de la part de ce connard de corpo ?

  • Oui, répondit Raith. Pourquoi ? Ça te dérange ?

Scale, elle, ne répondit rien. Son instinct animal, certainement plus développé que celui de Raith, remarqua un détail d’importance. Le ganger avait parlé d’un connard de corpo, et pas d’un connard de flic. Et dans l’esprit d’un ganger, un mec de la Star était un connard de flic, pas un connard de corpo.

  • Ouais, ça me dérange. On vous a permis de rencontrer Ringo, et pas de le ramener à son père.

Raith sortit son flingue et le canon de Predator de posa sur le front du ganger.

  • Quoi ? Tu veux d’opposer à moi ?

Les autres gangers sortirent à leur tour leurs pistolets, dont la taille était ridicule comparée au gros Predator. Scale intervint :

  • Dis-moi, Manu, tu connais son père ?

  • Qu’est-ce tu dis, mage ? demanda Raith. Tu vois pas qu’on est déjà en pleine discussion ?

Manu, des grosses gouttes de sueur se formant sur le front, hocha la tête lentement, de peur que ce geste ne pousse le runner à appuyer sur la détente. Scale continua :

  • Et il fait quoi dans la vie ?

Le ganger répondit, hésitant.

  • Il dirige une corpo, je crois.

  • Quelle corpo, tu le sais ?

Raith jeta un coup d’œil en biais à Scale.

Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

Scale lui fit signe de ne pas s’inquiéter.

  • Jimson & Ferry, une compagnie de transport de marchandise.

  • Et tu l’as déjà rencontré ?

  • Oh, non, ce gars-là, il est dingue, il se prend pour Dieu. Et il en a rien à foutre de son fils et de nous.

Ringo commença à reprendre pleinement conscience dans le monde réel. Il regarda autour de lui et fut surpris de voir ce runner baraqué avec un flingue énorme posé sur le front de son pote. Scale sourit.

  • Tiens, notre prince charmant est réveillé. Nous pouvons directement lui poser la question.

  • Quoi ? bafouilla Ringo.

  • Ton père, il ressemble à quoi ?

  • Mon père ? Vous aussi, vous êtes là pour me récupérer ?

Raith s’impatienta.

  • Bon, tu vas répondre ou je descends ton copain ?

  • Ok, t’énerve pas. Mon père, c’est un gars assez gros, très imbu de lui même qui traite tout le monde pour de la merde.

  • Et il bosse où, ton paternel ?

  • Euh… Il dirige la J&F, une corpo de transport dans le sud de Fort Lewis.

Jason, de son côté, reprenait conscience. Raith enleva son Predator du front humide de sueur de Manu. Il continua son interrogatoire.

  • Et tu connais un flic de la Star du nom de Derringer ?

Là, tout le gang poussa un soupir de soulagement. Manu, encore tremblant, sourit maladroitement.

  • Ah, mais c’est ce mec qui vous envoie ? demanda-t-il à Raith.

  • Ouais. Pourquoi ? C’est qui, pour vous ?

  • C’est celui qui nous fournit en BTL offline. Un connard de première. Enfin, qui nous fournissait. Parce que sa dope, on n’en prend plus. Elle a tué mon frère et celui de Ringo. Et en plus, on a déménagé, sans lui laisser notre nouvelle adresse.

Jason, les yeux grands ouverts, demanda :

  • J’ai raté quelque chose ?

  • A peu près rien, répondit Scale. Notre Johnson n’est pas le père de Ringo, mais un ripoux qui leur fournissait de la drogue. Apparemment, il souhaite renouer contact avec eux, soit pour les fournir de nouveau, soit pour faire disparaître certaines preuves.

Manu regarda la chamane :

  • Quelles preuves ?

  • Vous.

Il resta estomaqué. Raith prit la parole.

  • Vu qu’il arrive en quatrième vitesse, je propose qu’on bouge, et vite.

Le gang commença à faire ses « valises ».
Ils déménagèrent jusqu’à une usine désaffectée d’Universal Omnitech, usine dont les portes ne condamnaient plus l’accès. Ils s’installèrent en cœur de la fabrique, au milieu de machines gigantesques à moitié rouillées et tuyaux percés. Le lieu était particulièrement glacial : le toit en plastiverre était en ruine, laissant passer en de nombreux endroits un souffle froid.

Ils attendirent quelques minutes, puis Scale et Jason partirent se poster en embuscade, tandis que Raith surveillait Ringo, de peur que son histoire ne soit qu’un tissu de mensonges destinés à berner les runners le temps qu’il prenne la fuite.

La chamane et le decker se placèrent sur un toit voisin, ayant bien en vue l’unique entrée de l’usine. Jason s’installa derrière son Ranger SM-3, et s’interfaça.

Puis Raith les prévint qu’il venait de recevoir un coup de téléphone de Johnson et qu’il lui avait indiqué la nouvelle adresse. Scale se prépara aussitôt à lancer ses sorts.
Un van noir se gara à proximité de l’entrée de l’usine, et quatre hommes en descendirent. Vêtus de l’uniforme de la Lone Star. Le Johnson, Lieutenant Derringer, était parmi eux. Ils s’avancèrent vers l’entrée lorsque Raith fit son apparition, tenant en otage Ringo. Ou plutôt Manu, déguisé magiquement à l’image de Ringo.

Raith leur cria :

  • Vous lui voulez quoi, à ce gosse ?

Derringer prit la parole :

  • Merci, monsieur Raith. Votre travail s’arrête ici. Voici votre argent.

Il sortit de sa poche très lentement trois créditubes, qu’il envoya aux pieds du runner. Puis il sourit :

  • Nous savons que vos amis nous surveillent, il serait donc vain pour nous de tenter de vous avoir. Rendez nous Ringo, et tout se passera bien.

  • Pourquoi vous voulez ce gosse ?

  • Je suis désolé, M. Raith, mais cette information ne vous concerne pas. Vous avez fait un travail, et vous avez été payé. Le reste n’est pas de votre ressort.

Raith parla calmement :

  • Ecoute, connard. Ringo et moi, on a une passion en commun, on n’aime pas les flics. Encore plus quand ils nous mentent sur leur famille.

  • Je ne vais pas vous apprendre votre métier. Je ne suis sans doute pas le premier à vous avoir menti, et je ne serais pas le dernier. Votre boulot, c’est de vous faire manipuler. Vous l’acceptez ou vous changez de job.

Le Lieutenant Derringer commençait à montrer de sérieux signes de stress.

Raith continua :

  • Ecoute mon pote, tu me dis pourquoi tu le veux ou je le bute.

  • Ok. Butez-le.

L’espace d’un instant, Raith crut que le Johnson s’adressait à lui, puis il remarqua que les trois flics venaient de sortir leurs Ruger Thunderbolt. Il plongea à terre, entraînant Manu avec lui. Au même moment, Scale dressa une barrière magique de protection autour du runner et du ganger, au prix d’une fatigue énorme.

Sans cette barrière, les balles des mecs de la Star auraient déchiré à coup sûr les corps de Raith et de Manu, mais la protection ralentit les rafales, si bien que la veste pare-balle du samouraï des rues le protégea ainsi que son « otage ».

De son côté, Jason aligna un des flics et pressa la détente. Un mort. Il en visa un second. Un mort. Puis un troisième. Un m… Ah non, le troisième parvint à éviter la balle au moment où elle aurait dû exploser son crane. Qu’à cela ne tienne ! Jason réajusta sa lunette sur l’homme qui commençait à courir, pour se mettre à l’abri. Un tir. Une balle. Un mort.

Il visa le dernier debout. Le lieutenant Derringer.

Raith se releva, puis se tourna lentement vers le lieutenant. Celui-ci savait pertinemment qu’il n’allait pas être abattu. Pas tant qu’il ne leur aurait pas dit pourquoi il voulait Ringo. Une sorte d’immunité temporaire.

Raith s’avança vers l’homme d’un pas lent. Il traversa la barrière magique qui disparut, dissipée par Scale, et s’arrêta à quelques mètres du flic.

  • Alors, pourquoi ?

Le lieutenant regarda autour de lui. Trois cadavres, la tête explosée, reposaient dans une marre de sang. Ses vêtements étaient ensanglantés.

  • Je ne vais pas vous le dire, sinon vous me tuerez.

  • Nous ne tuons pas de flic de la Lone Star sans qu’il ne l’aient bien cherché.

  • Allez crever. Moi, je me barre.

  • Non, tu ne…

Raith ne termina pas sa phrase. Il fut éclaboussé par la cervelle de Derringer qui lui explosa en plein visage. Le corps du ripoux tomba comme une masse, dans une position grotesque. Il lui manquait la partie gauche de son visage.

  • Putain, Jason, tu fais chier ! cria le runner dans son micro-émetteur.

  • Mais c’est toujours pas moi, rétorqua le decker, stupéfait.


A ce moment, une dizaine de soldats en armure lourde de combat sortirent de leurs cachettes, tous armés de fusils d’assaut. Certains étaient sur le toit, et menaçaient Jason et Scale. D’autres étaient en bas, aux côtés de Raith, leurs armes dirigées contre lui.

L’un d’entre eux s’exprima d’une voix déformée par un amplificateur vocal :

  • Messieurs et mademoiselle, merci de votre coopération. Sans vous, le plan de M. Derringer aurait abouti. Ce que vous ignorez sans doute, c’est que M. Jimson est décédé durant la nuit à l’hôpital central de Seattle, laissant M. Jimson Junior, surnommé Ringo, comme seul héritier de son empire financier. Le lieutenant Derringer avait sans doute l’intention de faire chanter M. Jimson Junior, nouvellement riche, en raison de son penchant immoral pour la drogue. Grâce à vous, nous avons pu retrouver M. Jimson Junior, et nous allons le conduire en lieu sûr. Vous recevrez dans les quelques jours à suivre une compensation pour le dérangement. Soyez assurés que M. Jimson Junior est entre de bonnes mains.

Raith parvint à articuler quelques mots :

  • Mais vous êtes qui, bordel ?

  • Nous constituons l’unité de défense mobile 13-Alpha, de Cross Applied Technologies. Jimson & Ferry nous appartiennent. Bien que ces informations soient confidentielles, il est important que vous sachiez à qui vous avez à faire. Merci de votre écoute.


Les runners regardèrent passer les troupes de Cross avec le corps endormi de Ringo, ou plutôt « M. Jimson Junior », sans faire le moindre geste. Que faire face à une telle équipe de professionnels ? Puis ils rentrèrent chez eux, sous une pluie battante et un froid glacial. Quelques jours plus tard, ils reçurent chacun un créditude suffisamment rempli pour leur faire oublier toute cette affaire. A la tridéo, ils apprirent que le jeune Martin Jimson Junior avait pris la tête de J&F à la suite de son père, décédé tragiquement d’une crise cardiaque à l’hôpital central de Seattle, et les économistes s’étonnaient de voir que le jeune PDG souhaitait développer son entreprise dans le domaine de la production.

On n’oublie jamais ses origines.





Darkside : Prologue
Par Daegann

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