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Le Bâtard de Dieu



Par Angelus

Raith regarda autour de lui. Personne. Ce n’était pas bon signe.

Il était venu dans ce coin des Barrens pour rencontrer les Sons of Fuego, un gang mineur qui terrorisait un bout de trottoir de ce côté-ci de Puyallup.

Bon, tant pis, ils sont en retard.

Raith s’adossa au mur et s’alluma une cigarette.
Il était shadowrunner depuis quelques mois déjà. A Seattle, ce n’était pas les occasions qui manquaient de se faire un peu d’argent si on était bon. Et Raith était bon. Au moins une fois par semaine, il participait à une run, en solo ou en groupe.

Cette fois-ci, ils étaient trois, Raith le samouraï des rues, Scale la mage et Jason le decker. Ils avaient été engagés par un Johnson inhabituel, un flic du nom de Derringer, qui recherchait son fils disparu. Il leur avait fourni une image tridi de celui-ci, montrant un jeune ganger aux couleurs des Sons of Fuego. Et aussitôt, les runners s'étaient rendus sur le territoire de ce gang pour essayer d’y rencontrer le fils de Derringer, surnommé Ringo.
Dans son viseur, Jason voyait très nettement la cigarette de Raith se consumer. Il zooma sur le visage de son collègue. Raith était chauve, et portait un petit bouc de poils blanchis artificiellement. Ses deux yeux avaient été remplacés par deux globes occulaires cybernétiques, qui pouvaient passer pour des lunettes de surfeur. Jason distingua même une petite cicatrice sur le menton du runner, sans doute le souvenir d’une run précédente.

Il n’aimait pas Raith. Il le considérait comme un cyberzombie, à peine capable de ressentir des émotions. L’individu froid par excellence. Mais cela en faisait un allié de choix, efficace et prévisible. Le genre de mec qu’il vaut mieux avoir de son côté qu’en face de soi.
Scale observait les auras devant elle depuis quelques minutes déjà. Il s’agissait des gangers qu’ils recherchaient, au vu de leurs propos. Elle était à peine à quelque mètres d’eux, mais ils ne pouvaient pas la voir : elle se trouvait en projection astrale, et flottait dans un monde de magie pure, quasiment inaccessible pour le non-initié. Elle se déplaça, à la vitesse de la pensée, pour rejoindre Raith. Le monstre Raith. Elle s’approcha de son aura, une aura quasi noire, dont les marques lumineuses, indiquant la présence de la vie, se faisaient rares.

Voici ce qui arrive à ceux qui oublient que le corps n’est pas une machine. Ils le corrompent, et finissent par en mourir, à force d’étouffer la vie qui les anime.

Elle chuchota au runner, sans se manifester visuellement :

  • Ils sont tout autour de toi, deux dans la ruelle de gauche, un derrière la carcasse de Jackrabbit et trois dans un local en bas de l’immeuble d’en face. Ils savent que tu es là, et n’ont pas l’air hostiles.

  • Merci, mage. Je les avait repérés.

Mensonge. Il n’a pas pu les voir d’où il est.

Scae le détestait. C’était à cause de gens comme lui que Mère Terre était dans un tel état de dégradation, polluée et exploitée. Elle repartit néanmoins en reconnaissance.
Les gangers s’avançaient vers Raith. Ils étaient six.

Les six cibles dont la mage m’a parlé.

Le samouraï des rues jeta sa cigarette, qu’il écrasa avec son talon, et s’avança à son tour vers les gangers. Ceux-ci montraient ostensiblement leurs pistolets, des « samedi soir » selon l’expression des Ombres, des flingues pour gosses qui ne troueraient même pas la veste pare-balle du runner. Il les interpella :

  • Eh, les gars ! Je cherche Ringo, vous l’auriez pas vu ?

Le premier des gangers, un noir avec des rastas lui répondit sans hésitation.

Le chef.

  • Ringo ? Mais qui tu es, toi, pour chercher Ringo ?

  • Les Ombres me connaissent sous le nom de Raith, et elles m’ont chargé de le retrouver.

  • T’es un runner ? demanda le noir. Va te faire foutre ! On parle pas aux runners. Ça te cause souvent bien des problèmes.

  • Sans doute en temps normal, mais là, vous avez affaire à Raith et je…

Le chef lui coupa la parole.

  • Raith ou pas, tu dégages. Tu nous as jamais vu et tu ne nous reverras jamais.

Le runner sentit son sang ne faire qu’un tour. Il tolérait à peine le ton qu’employait le ganger, mais alors qu’il lui coupe la parole pour lui dire de dégager…

  • Ecoute petit, tu as intérêt à parler parce que j’ai quelques amis qui pourraient de faire regretter ton silence…

  • Ah ouais ?

Le noir sortit son flingue et le pointa vers Raith. Il continua :

  • Et tu crois qu’ils sont plus rapides qu’une balle ?

Il allait presser la détente lorsqu’un coup de feu lui explosa la cervelle. Son corps tomba lourdement au sol.

Raith plongea sur le côté pour se mettre à couvert. Dans son micro-émetteur, il insultait copieusement Jason :

  • Putain ! T’es trop con, il allait parler. Tu sais ce que c’est le bluff ?

Déjà, les balles pleuvaient autour de lui. Le decker lui répondit :

  • Mais c’est pas moi. Bouge pas, je cherche… Cibles hostiles repérées. Une douzaine. Sur la gauche. Deux Sons of Fuego à terre.

  • Ok, on les défend.

Raith se leva en sortant son Predator de son holster. La paume de sa main s’interfaça avec l’arme. Il devint l’arme. D’un coup d’œil, il repéra les cibles dont Jason avait fait allusion. Et reconnut leur blason. Un aigle de feu. Les Cendres du Phénix.

Il s’agissait d’un gang rival à celui des Sons of Fuego, qui n’hésitait à tuer pour se faire sa place dans cette partie des Barrens.

Raith aligna une cible et tira. Le ganger s’effondra. Puis les flingues des autres se focalisèrent sur lui, le forçant à se mettre à couvert.

Il était derrière un petit muret en ruine. Sur sa droite, il apercevait trois Sons of Fuego au sol. Les autres étaient un peu plus loin, à couvert.
Jason était allongé sur le toit d’un immeuble, un Ranger SM-3 entre les mains. Son boulot, c’était le Decking, mais il tâtait du fusil de temps en temps. Grâce à sa lunette, il avait une vue d’ensemble de la ruelle qui s’était transformée en quelques secondes en champ de bataille. D’en face, venaient, en courant au milieu de la rue, quatre gangers armés de Smith & Wesson légers. Sur la droite, dans le coin où se trouvaient Raith, trois Phénix progressaient à travers les ruines d’un immeuble, à quelques mètres à peine de l’endroit où se cachait le runner. Enfin, sur la gauche, trois autres gangers avançaient à couvert dans la direction des Sons of Fuego survivants. Au milieu de la rue, deux gangers étaient hors-service.

D’un coup, une langue de feu vint cueillir les quatre gangers qui avançaient sans protection. L’espace d’un instant, Jason pensa à une grenade ou à un lance-flamme, jusqu’à ce qu’il se souvienne qu’un mage les accompagnait. Ou plutôt, une chaman. Scale.

L’explosion de feu tétanisa tous les Cendres du Phénix. Jason en aligna un dans son viseur et tira. Un mort. Il en aligna un second. Un mort. Puis un troisième. Un mort. Les Phénix commencèrent à courir dans tous les sens. Raith se leva, et alluma les derniers gangers.

Le silence regagna la rue. Un lourd silence de mort. Douze Cendres du Phénix abattus, deux Sons of Fuego tués, et un blessé.

Raith s’avança, sortant des ruines de l’immeuble. Il était suivi de Scale qui avait réintégré son corps quelques instants auparavant pour pouvoir lancer son sort de Projection de Flammes. Jason restait en position, prêt à abattre les Sons of Fuego survivants à la moindre erreur de leur part. Raith cria :

  • Il reste des mecs vivants par chez vous ?

Deux Sons sortirent de leur cachette, pendant que Scale s’approchait du ganger blessé, au milieu de la rue.

  • Ouais. On est vivants. Tu veux quoi ? Qu’on te remercie ?

Sans chef, le noir ayant été abattu, les gangers semblaient perdus.

  • Ce serait la moindre des choses.

De son côté, Scale invoqua la puissance de son totem pour que la magie guérisse le blessé :

  • Ours, esprit de la Terre qui t’a créé et te fait vivre, esprit de force et de courage, protège le faible et l’innocent, donne lui la vie et l’amour, efface ses souffrance et guérit-le de ses blessures. Qu’il en soit ainsi pour que la vie se perpétue…

L’hémorragie dont souffrait le ganger sembla se stopper, et sa plaie commença à se cicatriser, sous les yeux ébahis des autres membres du gang.

Raith continua :

  • Et en plus, on vous guérit vos blessés.

Le ganger lui répondit, excédé :

  • Vous voulez quoi ? Voir Ringo ?

Il s’adressa aux gangers derrière lui.

  • Eh, Paulo, mène-les jusqu’à Ringo. Toi, Manu, tu emportes les corps de José et Samuel.

Puis, au blessé :

  • Robert, tu peux te lever ? Oui ? Parfait. Ben, on rentre les gars.


Quelques minutes plus tard, Raith, Jason et Scale entraient dans le local servant de quartier général aux Sons of Fuego. Deux autres membres s’y trouvaient. Tous deux branchés à une console de Simsens de mauvaise qualité. L’un d’entre eux était Ringo.

Raith s’avança vers lui, dans la ferme intention de le débrancher, mais il fut arrêté dans son geste par un cri de Jason. Il se retourna pour écouter les explications de celui-ci :

  • Ne fais pas ça ! La console à laquelle il est branchée est une Zumi-Fly 26, un modèle de 2053. Il est sans doute connecté à une BTL on-line, une drogue contenue dans la Matrice. Autrement dit, il est branché directement à la Matrice, et pas juste à une puce BTL. Si tu le débranches maintenant, il va se prendre le choc d’éjection, et vu qu‘il n’a pas de Renfort, ça lui cramera la cervelle.

  • Quoi ? Mais comment on fait ?

  • A moins que tu ne veuilles ramener au Johnson un zombie au cerveau grillé en guise de fils, il faudra attendre qu’il se déconnecte de lui-même.

Un ganger, Paulo, intervint :

  • Oh ben, ça, vous pouvez l’attendre un moment. Des fois, il reste des jours sans manger ni dormir, connecté à la grille.

Raith regarda dans les yeux le decker :

  • Bon, je suis désolé, mais je ne suis pas sûr qu’on ait le temps. Il va falloir le débrancher.

  • Attends, j’ai peut-être une idée.

Jason sortit de son sac sa propre console, une CMT-Avatar.

  • Il suffit que je le rejoigne, et que je le force à se déconnecter, en douceur.

  • Tu peux faire ça ?

  • Je ne l’ai jamais fait, répondit honnêtement le decker. Mais ça vaut le coup d’essayer.

Après avoir analysé la console de Ringo pour être sûr de pouvoir en repérer le signal plus tard, Jason connecta sa console à son datajack, puis à la prise matricielle du local. Son esprit fut aspiré dans la Matrice.
L’icône de Jason était celle d’un fantôme à peine visible de couleur rougeâtre, qui lui avait valu le surnom matriciel de Redwraith. La première chose qu’il sentit, ce fut la mauvaise réception du signal. Sa vision était légèrement brouillée et un son, une sorte de bourdonnement, résonnait dans ses oreilles.

Vive les connexions de merde. Mais tant pis, il faudra faire avec.

Il se trouvait dans une rue virtuelle très fréquentée, où de nombreuses enseignes promettaient extase et jouissance. Une sorte de reproduction d’une rue telle qu’on pouvait en trouver aux Pays-Bas, en Europe, haut lieu de dépravation sexuelle.

Il activa un programme de recherche, basé sur la signature de l’icône de Ringo. Ses yeux devinrent rouges incandescents et des traces de sang apparurent au sol. Sans problème, Redwraith les suivit jusqu’à un magasin de transformation organique.

Jason en avait vu, des choses étranges, au cours de ses passes matricielles, mais là, c’était le ponpon. Le magasin en question mettait à la disposition de ses clients des organes que l’on pouvait se rajouter : des branchies, des ailes, des bras supplémentaires, des verges, des seins, un troisième œil…

Ça promet !

Il trafiqua sans difficulté son code d’accès pour se faire passer pour un utilisateur régulier, d’une apparence corpo standard, puis entra.

L’intérieur du magasin était spacieux. Une lumière blanche éclairait les étalages qui contenaient les divers organes dont il était fait mention dehors. Jason était en pleine contemplation d’une bras-pince de crabe, lorsqu’il fut abordé par le vendeur, un « homme » recouvert d’organes supplémentaires et inutiles.

  • Bonjour monsieur. Le Bazar du Bizarre Organique peut-il vous rendre service ?

  • Euh… C’est à dire, je n’ai pas très bien compris l’intérêt de ces organes… Vous ne faites que rajouter des lignes de code à la persona de vos visiteurs, sans autre effet qu’une différence d’apparence virtuelle ?

  • Oh non, monsieur. Nous faisons bien plus que cela. Nous vous faisons essayer ces organes dans des conditions réelles. Grâce à notre convecteur de réalité Mitsuhama P456, nous vous permettons de tester ces organes dans une reproduction parfaite de la réalité : même pesanteur, même configuration d’espace et de temps, même taux d’oxygène, même luminosité… En ce moment, nous vous proposons deux endroits : le Boulevard Kennedy à Downtown, Seattle et le Grand Souk du Caire. Vous pourrez vous envoler grâce à cette magnifique paire d’ailes pour survoler Downtown, ou visiter les bordels du Caire, armé de deux organes sexuels ou plus !

  • Euh… merci de bien de la proposition. Je mets votre adresse dans mes Favoris et je repasserai.

  • Merci de votre visite, monsieur.

Jason fit semblant de sortir puis passa en mode furtif. Il devint de nouveau ce fantôme rouge sang qui faisait sa réputation. Il apercevait maintenant les détails de l’endroit, détails qui étaient bien entendu cachés à l’utilisateur normal du lieu. Les lignes de code trouées, les invraisemblances, le code source du serveur…

Il lança un programme de localisation d’icône et de nouveau, les traces de sang apparurent. Elles menaient jusqu’à l’une des salles mises à disposition pour les tests. Redwraith força le passage sans difficulté.
Dans le monde réel, Raith commença à s’impatienter. A côté de lui, la mage semblait en pleine méditation. Il regarda les gangers.

Aucun d’entre eux ne s’en serait sortit si les runners n’avaient pas été là. Leurs flingues, des Walter Easy Pistol, n’auraient jamais fait le poids face aux Smith & Wesson de leurs ennemis.

Raith n’avait jamais fait partie d’un gang, et il les méprisait. Pourtant, son boulot l’amenait souvent à les rencontrer, et c’est pourquoi il s’était fait installer un logiciel de connaissance comprenant, entre autres, les noms et symboles représentatifs de la plupart des gangs recensés par la Lone Star.
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