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LASER DE LUNE – Numéro 8 - Aout 2001





Numéro 8 – Aout 2001


Sommaire
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La Résolution Werner Daegann 2

Le Bâtard de Dieu Angelus 9

Darkside : Prologue Daegann 17

Le Dernier Run Angelus 19

Des Dragons et des Hommes Beast 35

Le Petit Hors la Loi Morkaï 63

EDITO

Vous manquez de lecture ? Laser de Lune pourvoit à vos petits besoins alors que le reste du monde ne pense qu'à la plage ou fait partie des malchanceux qui passent leur été a regarder les autres bronzer pendant qu'ils bossent. Un grand merci à ceux qui ont pris sur leur temps pour veiller à nos loisirs communs !!

Le Petit Hors la Loi de ce numéro vous emmène un peu partout ou il se passe des choses, surtout au soleil (Espagne, Réunion...).

Pour ceux qui ont envie d'un trip sur le coté ténébreux de Shadowrun, comptez sur Daegann et Angelus pour vous raconter ce qui se passe lorsque ceux qui ont de jolies cravates estiment que vos services n'ont plus grande importance... les "gens comme il faut" sont vraiment infréquentables. Plus l'intro de la nouvelle inspi de Daegann et une petite nouvelle d'Angelus.

Dans la catégorie des gens comme il faut à éviter, Beast nous invite dans la suite de sa série Tsuba a une balade à Essen (oui, en Allemagne) pour aller voir vous savez qui... (c'est lui qu'il faut éviter, pas Beast, vous l'aurez compris).

Bon, je pense que vous avez de quoi fatiguer vos petits yeux maintenant. Bonne lecture.
Pénombre


La Résolution Werner
(auteur : Daegann)


  Les alentours de Pittsburgh abritaient les gigantesques installations de la ChemCo Industrial, cette nuit, le plomb y volait bas. L’énorme complexe n’était pas imprenable, un homme avait réussi à pénétrer dans l’usine. Zeitgeist était adossé à un mur, il tenait un Colt Manhunter dans chacune de ses mains cybernétiques.
  Putain, y sont cons ! On leur a pas dit que c’était dangereux de tirer sur un mec à proximité de cuves chimiques ?!
  _ Bande d’abrutis, vous allez faire sauter l’usine !
  Zeitgeist avait la carrure d’un grand ork pourtant, ce n’était qu’un humain, la cybernétique n’y était pas pour rien.
  _ Pas si on vise bien !
  Les cons.
  C’était le chef de la sécurité qui venait de parler, paroles suivies d’une rafale. Zeitgeist avait déjà abattu trois sentinelles à l’extérieur du bâtiment et les cuves qui contenaient le dangereux produit chimique étaient à plusieurs mètres de lui, ce qui n’était pas tout à fait le cas des gars de la sécu.
  Oh et puis merde, après tout, il a raison, si on vise bien…
  Zeitgeist fit une sortie, il était rapide comme l’éclair, il fit feu à deux reprises avec ses deux Colt Manhunter avant de passer de l’autre coté du mur. Trois gardes à terre.
  Zeitgeist était venu pour prendre un baril de "Cyglox", c’était la substance chimique que produisait l’usine, avec ce produit, on pouvait fabriquer d’excellentes bombes chimiques ou incendiaires artisanales. Mais vu comment se présentait le coup, c’était raté.
  Foutu pour foutu… et un feu chimique, un... M’ont énervé, ça va me détendre.
  Zeitgeist fit une nouvelle apparition, les gardes ouvrirent le feu et Zeitgeist aussi, dans tous les sens du terme d’ailleurs, il tira sur une cuve qui prit feu et explosa immédiatement. Cette fois il ne s’arrêta pas de l’autre coté du mur, il continua dans le couloir, courant jusqu'à la sortie avec une rapidité déconcertante. Entre deux explosions, on entendait les alarmes de l’usine mais ce n’était pas les explosions qui étaient les plus dévastatrices, c’était le feu. L’usine pourtant gigantesque brûlait déjà sous les flammes d’un incendie chimique destructeur crachant un nuage noir géant dans le ciel rougeoyant. Zeitgeist profita de la confusion pour "emprunter" un véhicule et s’enfuir à toute vitesse. La sécurité était trop occupée à sauver ce qui pouvait encore l’être. En quelques instant, tout le complexe avait pris feu et l’incendie menaçait désormais les énormes silos renfermant des milliers de tonnes de produits chimiques. Quelques minutes plus tard, Zeitgeist, à présent en sécurité, regardait de loin cet enfer. Même si les silos n’étaient pas touchés il faudrait plusieurs jours pour éteindre l’incendie.

***
  Jason était tranquillement installé dans son canapé en cuir, il se trouvait à Cleveland, dans "son" appartement ; celui de sa corpo en réalité. Il regardait une chaîne d’information à la tridéo. Il était près de minuit et il restait songeur. Il était ce que l’on appelle communément un "Johnson", un cadre corpo chargé de représenter les intérêts de sa boite dans un milieux autre que celui de la légalité. Dernièrement, on lui avait confié la direction d’une opération, rien d’inhabituel à priori, cette opération avait tout l’air de ce qu’il y a de plus banal dans son milieux : une série d’assassinats et la destruction de "succursales". Il était habitué à traiter des affaires de ce genre mais cette fois c’était différent, le patron voulait faire table rase, il avait ordonné la "Résolution Werner"…
  Aucun des runners habituels ne pourra convenir, il me faut des fous, et ces fous ne doivent pas être d’ici…
   Jason soupira, il regardait toujours la tridéo, sans vraiment y penser en fait. On voyait un complexe gigantesque vu d’un hélicoptère, c’était l’usine de la ChemCo Industrial, un monstre ayant des protections digne d’un entrepôt d’armes nucléaire, pourtant l’usine brûlait et pas qu’un peu…
  Pourquoi a-t-il déclenché la Résolution Werner… Exterminer la mafia de Cleveland… C’est du suicide, pourquoi a-t-il donné l’ordre ? Et qui vais-je engager ? Il faudrait être fou pour accepter un tel "contrat". Tiens, ce serait comme d’avoir voulue foutre le feu à ce complexe de Pittsburg…
  A cet instant, le journaliste annonçait que le feu était d’origine criminelle, il disait qu’un homme avait réussi à pénétrer dans le complexe après avoir tué trois gardes puis aurait volontairement allumé l’incendie. Jason resta bouche bée durant quelques secondes.
  Si l’homme qui a fait ça est encore en vie, il me le faut pour ce contrat.

***
  La chambre baignait dans une pénombre envahissante, le silence régnait. Quelqu’un était allongé sur le lit un ork si on se fiait à sa carrure. Il était calme, il n’arrivait pas encore à trouver le sommeil après cette nuit agité. Il sursauta lorsque le calme fut subitement rompu par une sonnerie de téléphone.
  Putain, j’suis trop stressé moi…
  Il se leva et pris son téléphone bracelet.
  _ Ouais ?

  _ Zeitgeist ? Ca va mon vieux, t’as l’air tendu…
  Zeitgeist reconnu la voit de J.J. Yeley, son arrangeur.
  _ Qu’est ce ça peut t’foutre. C’est pour me demander si ça va qu’tu m’dérange à deux heure du mat ?

  _ Nan, j’ai du boulot pour toi je pense. Mais dit moi t’as fait quoi ce soir ?

  _ Un barbecue… C’est quoi ton job ?

  _ Je sais pas exactement, un gros boulot, bien payé et très dangereux, sur Cleveland. T’as rendez vous demain à 20 heures, chez moi, avec Johnson.
  Zeitgeist raccrocha et se rallongea.
  Mmmh, un job très dangereux sur Cleveland, je me demande ce que c’est… Boaf, on verra ça demain.

***
  Malgré la présence du siège d’Ares, malgré les patrouilles fréquentes de Knight Errant, il restait à Detroit quelques ruelles sombres où tout pouvait arriver…
  _ Allez, grouillez vous, filez moi vos flingues.
  La voie provenait de l’une de ces ruelles, deux cadavres de gangers gisait sur le sol, au pied d’une voiture de patrouille de la Knight Errant, quelque chose clochait dans cette scène mais quoi ?
  _ Allez les "chevaliers", maintenant… filez moi… Mmmh, vos montres tiens.
  Voilà ce qui ne collait pas, c’était les flics qui ce faisaient braquer… L’homme qui tenait les deux policiers en respect était plutôt frêle mais il arborait un bras droit cybernétique surboosté portant un minigun Vindicator… Il s’appelait PsychoBoy Fury, un vrai fou. Il venait d’abattre deux gangers qui voulaient lui refourguer une BTL de mauvaise qualité, une patrouille de Knight Errant passait à ce moment et…
  _ Bon, tant pis pour vous, vous êtes trop lents.
  Le canon rotatif du Vindicator commença à tourner de plus en plus vite, les flics tentèrent de se lever mais il était déjà trop tard, le canon avait atteint une vitesse de rotation optimale et l’arme commença à cracher ses diaboliques munitions. Les deux policiers furent criblé de balle en un rien de temps, leur voiture aussi. Le rire hystérique de PsychoBoy Fury se mêlait au son si caractéristique du minigun jusqu'à ce qu’il ne s’arrête brusquement de rire.
  _ Oh bah merde, je leur aurait bien piqué leur caisse moi. Pff… et pis, je doit aller à Pittsburgh en plus…

***
  A présent il était 20 heures, cela faisait à peu près dix minutes que Zeitgeist attendait chez son intermédiaire. Il y avait avec lui trois shadowrunners, il en connaissait deux, l’un était de Buffalo et l’autre de Baltimore. Il n’avait pas la moindre idée d’où le troisième pouvait venir. Il ne connaissait les deux autres que de vue. Il avait seulement runné un fois avec l’un d’eux et les deux hommes avaient à peu près la même réputation : des fous suicidaires près à tout pour de l’argent. Zeitgeist ce demanda ce qu’il faisait là, était-il considéré lui aussi comme un fou ? Puis il repensa à la nuit précédente et à l’incendie qu’il avait déclenché. Après tout, il était un peut être un peu fou lui aussi.

  J.J. Yeley entra suivit d’un "costard", Johnson très certainement. J.J. Yeley resta debout contre le mur, à coté de la porte tandis que Johnson allait s’asseoir. La pièce était grande et mal éclairée, elle ressemblait à une salle de briefing. Deux runners étaient assis les autres préféraient rester debout.
  _ Appelez moi Johnson. Je vous prévient tout de suite, ce que je vais vous proposez est très dangereux, et cela risque d'être assez long mais pour ceux qui survivront, il y a beaucoup d’argent à la clef : 100 000 nuyens. La run est simple : elle consiste à éliminer tout les membres de la mafia de Cleveland.
  La pièce jusqu’alors animé, devint relativement calme. Le prix annoncé était élevé mais c’était une mission suicide et personne ne pouvait refuser, il ne faisait aucun doute que Johnson ne laisserait partir personne en vie avec une telle information sans un accord pour la run…

  Finalement, tout le monde accepta et l’entretien se poursuivit. Les runners devaient se séparer en deux binômes, ils devaient attaquer respectivement les familles Siragusa et Marconi en faisant porter le chapeau à l’autre famille. Mais tout d’abord, les runners devaient orchestrer la mort de Don Curtiss…
Lorsque l’entretien fut terminé, Zeitgeist sortit, pensif. Johnson devait leur dire ultérieurement quand et où tuer Don Curtiss, jusque là il faudrait qu’il trouve une planque sur Cleveland. Il devait faire équipe avec un gus nommé PsychoBoy Fury, un vrai psychopathe… Quelques rues après être sorti de chez J.J. Yeley, Zeitgeist vit un attroupement de flics de la Lone Star autour d’une voiture de patrouille… de Knight Errant. La voiture avait une multitude d’impacts sur le coté droit, on aurait dit qu’un type c’était acharné dessus avec une mitrailleuse… Puis il vit que la voiture était immatriculée dans le Michigan.
  Merde ! Il était sérieux en plus ! Eh bé, ça risque d’être gai cette run…

***
  Jason s’en était bien sorti, il avait gardé son sang froid tout au long de l’entretien et avec les runners qu’il venait d’engager, c’était une performance. Ces types était peut être des fous mais ils étaient aussi de foutues frappes.
  Après tout, peut être que ça marchera, on a toutes nos chances si personne ne nous balance à la mafia. Il n’y a que moi, le patron, l’intermédiaire et les quatre runners au courant. Le patron ne parlera jamais et moi non plus. S’il y a une fuite elle sera commise par l’un des cinq autres. Cinq… C’est peu, mais un seul suffit. Si personne ne parle, ça peut marcher et si ça marche… Les familles mafieuses sont déjà sous tension, s’ils arrivent à tuer Curtiss, les autres s’entre-déchireront pour prendre le pouvoir. Les attaques des familles Siragusa et Marconi seront l’étincelle qui mettra le feu aux poudres, la guerre des familles éclatera, ensuite il n’y aura qu’a "équilibrer" les choses : attaquer la famille qui prend le dessus et ce jusqu'à ce que la mafia disparaisse de Cleveland. On pourra même tenter un arrangement avec les triades pour pimenter un peu les choses… Si ça pouvait marcher…
Jason était rentré à Cleveland, il attendait certains renseignements : Don Curtiss organisait une petite réunion avec l’un des sous chef des Raiders. Les Raiders étaient le plus grand gang de Cleveland, ils pouvaient presque prétendre au statut de syndicat. Jason savait que la rencontre se ferait dans deux jours mais il ne savait ni l’heure exacte, ni le lieu…

***
  Les runners étaient arrivés à Cleveland quelques heures plus tôt et ils étaient déjà installé dans une planque. Ils avaient trouvé un bon squat dans les Death Camps, le quartier le plus chaud de Cleveland, Ni Daisaka Security ni Knight Errant, les deux corpo policière de la ville, ne souhaitaient intervenir dans les Death Camps sans une très bonne raison. Ils avaient attribué au quartier entier un niveau de sécurité "Z" avec la mention ZFU pour Zone de Feu Urbaine. Cleveland était comme ça, divisée en trois. D’un coté les zones "civilisées" de Downtown et bien protégées. Un peu plus loin se trouvait "l’Industrial Complex of Cleveland" ou ICC, déjà moins bien protégé mais avec une sécurité relative. Et puis il y avait les Death Camps qui étaient presque indépendantes du gouvernement des UCAS. Ceux qui y vivaient n’avaient bien souvent aucune existence légale, d’ailleurs la loi était celle du plus fort. Les agressions n’étaient pas rare dans cette zone mais l’image véhiculé à l’extérieur était exagéré. Beaucoup s’imaginaient que des dizaines de meurtres étaient commis toute les heures. Si cela était le cas, le tiers de la population du quartier serais morte en moins d’un an… Ce méfier des images véhiculées, c’est une chose que Zeitgeist avait appris.
  Bon, ici, on risque rien de KE ou de Daisaka. Maintenant, l’ennemi, c’est la mafia et je suis pas sur que eux ils hésitent longtemps pour nous rendre une petite visite. Faudrait limite ce rapprocher des flics, comme ça les mafieux limiteront au moins leur artillerie… Bof, le mieux c’est encore de pas se faire repérer. Elle est bien cette piaule, reste plus qu’à s’assurer le "soutien" du gang local…

***
  PsychoBoy Fury était affalé dans un vieux fauteuil qui avait été éventré il y a bien longtemps déjà. Il n’avait pas bougé depuis que Zeitgeist était sorti pour rencontrer le chef du gang local. Psychoboy avait la tête tournée vers les deux autres runners : Black Storm et Dillon. Ces derniers jouaient avec un jeu de carte, ils semblaient bien se connaître. PsychoBoy, lui, réfléchissait un peu.
   Ca pue ici, c’est une infection. J’espère qu’on aura pas besoin de rester trop longtemps dans le coin. Eliminer toute la mafia de la ville, avec un coup comme ça, on va être de vrais légendes… Ouais, « PsychoBoy le tueur de mafieux » ! Yek yek yek !
  A ce moment un téléphone se mit à sonner, les runners se regardèrent. Psychoboy lança :
  _ Bah c’est pas a vous l’truck qui sonne ?
  Il se leva de son fauteuil et chercha un peu. C’était le portable de Zeitgeist qui sonnait, il l’avait laissé là au cas ou Johnson appellerait. PsychoBoy décrocha.
  _ Salut ma poule, ça roule ?

  _ Non, ici c’est Johnson, pas "ma poule", désolé mais vous devrez encore attendre un peu votre appel romantique. Votre premier objectif ce trouvera demain soir au « Tony’s Union » à 21 heures. C’est un petit bar clandestin sur Bayron Street. Faites ce que vous savez faire et faites le bien.

  _ Pas de problème, on va te les arranger façon puzzle tes gars. Ahahah !
  PsychoBoy raccrocha après Johnson. Il se repris puis dit aux autres :
  _ J’vais faire des courses, z’avez besoin de matos ? Nan ? Bon bah en avant pour le Bunker Five alors !

***
  L’heure H était maintenant dans 30 minutes, le groupe avait mis un plan au point… ou presque. Le bar possédait seulement deux issus, il y avait trois pièces : le bar, la réserve et une arrière salle. C’était un bar dans le style de ce que l’on appelait autrefois la prohibition, les grandes heures de la mafia, avec son leader légendaire : Al Capone. Le quartier était totalement sous contrôle de la mafia et le bar devait être remplis de mafieux, tout pour dissuader quelqu'un de tenter quelque chose. Pourtant quatre runners s’apprêtaient à entrer par les deux accès et à tuer tous ceux qui se trouvaient à l’intérieur du bar. Dillon était parti à pied devant le bar pour vérifier que tout était normal. Les autres runners ce trouvaient quelques rues plus loin dans un vieux van que Zeitgeist avait réussi à trouver. PsychoBoy parlait à Black Storm tout en astiquant une mitrailleuse légère à haute vélocité, un beau bébé fabriqué par Ares.
  _ Je t’assure, au bunker five, y a tous les genres d’armes, c’est excellent ! Eh, y a même des salles pour les tester…

  _ Et tu l’a testé ta MLHV ?

  _ Ouais, bon c’était juste pour vérifier qu’elle marchait bien paske j’en ai déjà utilisé…
  Pendant que les deux autres parlaient flingues, Zeitgeist, lui, était en train de se remémorer le chemin qu’ils prendraient pour leur retraite. L’assaut devait être très rapide pour ne pas laisser le temps aux mafieux du quartier de rappliquer. L’attaque devait être finie en moins de 30 secondes. Le timing était court, très court. Pas le temps de faire dans la dentelle, de toute façon Johnson voulait quelque chose de violent. Zeitgeist recompta le nombre de grenades qui pendait à sa ceinture. Il y en avait 5, toutes des IPE offensives HE, plus une fumigène qu’il lancera sur la sortie juste avant de quitter les lieux. De cette manière, s’il y avait des snipers dans le coin, ils ne verraient pas sortir les runners, ou en tout cas, leur zone serait plus grande à couvrir ce qui donnait quelques chances supplémentaires a son équipe. H –2 minutes, il était temps de se préparer…

***
  Felipe était un bon client aussi il était l’une des rares personnes à avoir accès au bar lorsque d’importantes réunions s’y tenaient. Il était installé à une table de jeu, regardant le gorille qui gardait la porte et s’amusant de toutes ses petites manies. La réunion de ce soir devait être importante puisqu’il avait vu plus de gorilles dans la soirée que dans l’ensemble du mois dernier… L’ambiance était plutôt calme, la présence des gorilles était tranquillisante. On frappa à la porte, Felipe regarda avec intérêt la réaction du "portier". Ce dernier se déplaça maladroitement jusqu'à la porte, ouvrit la petite lucarne. Cette petite lucarne était l’un des détails qui faisait l’ambiance si particulière de ce bar, ici pas de caméra à l’entrée, juste une petite lucarne comme au siècle dernier. Puis l’enfer se déchaîna et Felipe fut tué sur coup, comme une bonne partie des gorilles présent dans la pièce…

***

  C’était l’heure, Black Storm frappa à la porte du bar de façon vigoureuse. La lucarne de la porte s’ouvrit et quelques secondes plus tard une grenade explosait à l’intérieur du bar. Puis les deux portes du bar reçurent chacune un coup de shotgun dans la serrure. Dès lors, la confusion régna, la fumé avait envahi la pièce dévasté par la grenade. Chacun des runners relança une autre grenade puis Zeitgeist entreprit de "nettoyer" la réserve tandis que PsychoBoy achevait le travail dans la pièce principale à coup de MLHV. Les mafieux, pris par surprise, n’avait même pas réagi… Jusque là du moins. Black Storm et Dillon s’apprêtaient à investir la dernière pièce, celle où devait ce trouver leur cible mais avant qu’ils ne puissent ouvrir la porte, celle ci vola en éclat révélant un troll armé d’une mitrailleuse lourde, derrière lui on devinait que le mur avait été défoncé et que leur cible s’était enfuie. Dillon fut littéralement balayé par le tir du géant. Black Storm mis à profit ces réflexes cybernétiques et ce jeta sur le coté, esquivant le tir. Il roula sur le sol tout en essayant de vider son chargeur sur le troll. PsychoBoy qui voyait à présent le trou s’élança vers la sortie en criant à l’attention de Zeitgeist :
  _ Y a la cible qu’est en train d’se carapater !!! J’y vais !
  Zeitgeist venait de pacifier la réserve mais le temps de sortir de celle-ci, Black Storm s’était fait refroidir. Le troll était toujours là et avec un sourire au coin des lèvres il ouvrit le feu. Zeitgeist évita la rafale mais pour cela il dut lâcher son Spas 22.
  Et merde ! J’vais devoir me fritter Godzilla à main nues…
Zeitgeist commença une série d’acrobaties, esquivant le tir de l’arme lourde tout en se rapprochant de son servant. Une fois à portée, un coup bien placé désarma le pauvre troll qui visiblement n’était plus aussi sur de lui. Dès lors, un combat très physique commença, chair contre chair, métal contre métal. Zeitgeist n’était qu’un humain et pourtant il encaissait les coups du troll presque sans broncher ce qui était aussi le cas du troll. Le combat aurait pu durer des heures si Zeitgeist n’avait pas changer de stratégie : La force brute ne viendrait pas à bout du troll. Il décocha un coup puissant sous le nez du géant, cela le désorienta. Des larmes incontrôlées apparurent, gênant sa vision. Zeitgeist saisit ce moment de faiblesse pour lui infliger un coup incapacitant. Une fois le troll immobilisé, lui régler son compte fut un jeu d’enfant.
De son coté PsychBoy avait engager une course poursuite… à pied. Il tenait sa MLHV et criblait de balle tous les gardes du corps qui tentaient de le ralentir. Malgré le poids de l’arme qu’il avait dans les mains, il courait plus vite que les mafieux et lorsqu’il les rattrapa, il en fit de la charpie, déversant son chargeur sur des hommes qui n’étaient plus, à présent, que d’immenses plaies sanguinolentes.

***
  Jason était aux anges, son plan prenait forme, Don Curtiss avait été retrouvé mort par les équipes de Daisaka Security. Dès l’annonce de cette mort, les familles mafieuses de la ville avait entamé une lutte pour le pouvoir, lutte "diplomatique" dans un premier temps mais quand les familles Siragusa et Marconi furent attaquées, l’ambiance tourna rapidement au règlement de compte. La violence éclata dans la ville et les fusillades devenaient monnaie courante. Les triades et les Raiders ajoutant au chaos en essayant de récupérer le contrôle de ce que la mafia n’avait plus sous contrôle justement.
Les runners de Jason n’étaient pas pour rien dans cette situation. Ils n’étaient plus que deux mais ils installèrent un climat de terreur en attaquant les structures mafieuse : bars, entrepôts, planques, etc.… Plus aucun endroit contrôlé par la mafia n’était sur et une fusillade pouvait éclater à tout moment. Chacun devait garder un œil ouvert, les chefs de famille étaient tendus et avec la fatigue et le stress, des représailles furent lancées sans réfléchir, augmentant encore les tensions. La ville était prête à éclater et si les conflits se limitèrent à de simples, mais sanglantes, escarmouches ce fut grâce à une seule famille, une famille du réseau russe : la famille Bakmetev. Cette famille n’était impliquée dans aucune action violente et seuls les Bakmetev assuraient désormais le lien avec le reste de la mafia en Amérique du nord.  Jason aurait aimé attaquer les russes mais son patron était contre, la résolution Werner ne concernait pas le réseau russe…

***

  Zeitgeist et PsychoBoy étaient en route vers un entrepôt de la famille Benedetti. Travailler au coté de PsychoBoy avait beaucoup fait réfléchir Zeitgeist. PsychoBoy n’avait pas de morale, il tuerait n’importe qui et gratuitement en plus. C’était un fou et Zeitgeist ne voulait pas lui ressembler.
  Comme ils l’avaient fait plusieurs fois ces derniers jours, ils pénétrèrent discrètement dans l’entrepôt puis, une fois à l’intérieur, ils commencèrent à abattre tout les mafiosi qu'ils trouvèrent. Une fois le calme revenu, le "plastiquage" de l’entrepôt pouvait commencer. Ils étaient en train d’installer les charges quand ils tombèrent nez à nez avec un gamin d’une douzaine d’années, accroupi dans un coin, tout sanglotant. Immédiatement PsychoBoy le mit en joue, Zeitgeist s’écria :
  _ Arrête ! Nan mais tu vas pas le buter, c’est un gamin… Il est même pas armé, c’est juste un pauvre gosse qu’était au mauvais endroit au mauvais moment.

  _ Ouais, il sera pile là ou il va y avoir mes balles quand je vais tirer.

  _ J’te prévient, si tu le tue, j’te descend. J’commence à en avoir marre de tes conneries. Pourquoi tu veut le tuer d’abord ? Ca va t’avancer à quoi ?

  _ Je vais le tuer parce que tu ne le feras pas. Il a vu nos visages, il sait qu’on est pas de la mafia et il va nous balancer, ça te va comme raison ? Et pis merde tant pis si t’es pas d’accord, t’es trop con. Au moins je serait seul à récolter les honneurs.
  Sur ces paroles la MLHV de PsychoBoy entra en action déchiquetant le pauvre garçon. La mitrailleuse légère continuait à cracher ses balles mais le canon pointait à présent sur Zeitgeist. Ce dernier eu tout juste le temps de viser la tête de PsychoBoy et de presser la détente de son Colt Manhunter avant de recevoir une violente rafale en pleine poitrine.
  L’entrepôt demeura silencieux durant quelques secondes avant que Zeitgeist, abruti par le choc, ne se relèvent bénissant son gilet à plaque et son torse cybernétique. PsychoBoy gisait sur le sol, inerte, une partie de la tête en moins… Zeitgeist quitta l’entrepôt en titubant légèrement, avec la ferme intention de ne jamais plus oublier qu’il avait une conscience.
  Quoi qu’on en dise, cette run est terminé pour moi. Tuer sur commande, j’ai eu ma dose.
  Il sorti de l’entrepôt physiquement exténué mais moralement reposé.


Epilogue


  Jason repensa à ce qu’il avait découvert, son patron travaillait pour la mafia russe et toute cette histoire n’était qu’un coup monté pour que le réseau russe prenne le dessus. La famille Bakmetev avait réussi à unifier toutes les familles de Cleveland contre la famille Siragusa qui était fortement opposée aux russes. Un coup de maître : en balayant leur ennemi, ils accédaient au pouvoir. Les autres familles étaient sorties affaiblies du conflit et elles étaient à présent incapables de s’opposer à ceux qui finalement avaient résolu tout les problèmes.
 Seulement maintenant Jason devait être éliminé, il avait tout découvert et il en savait beaucoup trop. Réalisant cela, Jason avait pris les devants, il se trouvait actuellement à l’aéroport. Une hôtesse venait d’annoncer son avion : le vol 128 à destination de Dallas. Jason relut une dernière fois le nom inscrit sur son nouveau passeport avec un sourire : à présent il s’appelait Peter Johnson

Daegann
Merci à Otaku Mike pour son aide.
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