Les deux théories (la dissonance cognitive et l’influence minoritaire)








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Zimbrado :important monsieur de la psychologie sociale
Zimbardo, un psychologue américain s’est penché sur les prblèmes de prison. Pourquoi y-t-il des prisons ? Pourquoi, malgré les lois et la morale certaines personnes persistent à commetre des délis ou des crimes ? Sachant que la plupars des incarcérés on un taut de récidive importante. La justice fait souvent appel à des spécialistes en sociologie ou en psycologie sociale comme des agents de référence pour mieux comprendre ce qui a poussé un criminel à agir de la sorte. Les violeurs ne sont-ils pas aussi les boucs émissaires d’une société hypocrite où la misogynie est une norme sociale ? Les voleurs ne sont-ils pas les victimes d’un monde qui les pousse à possèder d’avantage ?

Ces trois phénomènes expliquent le décalage entre la réalité et les prégujés.

  1. Il existe des mécanismes qui réduisent ces décalages entre notre perception, notre jugement et la réalité. On appelle ce processus « l’effet pygmalion ». Ce terme a été étudié en psychologie sociale par Rosenthal et en sociologie par Merton. On appelle aussi ce phénomène la « prophetie autoréalisatrice » en sociologie.



Pygmalion était un sculteur grecque. Il sculpta une statue si belle qu’il en tomba amoureux. Il a alors demandé à la Déesse Aphrodite de lui donner vie pour la transformer en vraie femme.

L’effet pygmalion définit donc le fait qu’un préjugé se transforme en réalité. Par exemple si un professeur estime que les élèves de Paris 8 sont sérieux et travailleurs, il sera d’avantage investi dans sa tâche d’enseignant et les élèves auront donc en effet de bonnes notes ce qui confirmera son opinion. Dans le cas contraire, le professur pense que les élèves de Paris 8 sont fainéants et peu sérieux, alors il ne sera pas aussi rigoureux dans son travail qu’il estimera être une perte de temps. Les élèves auront donc de mauvaise notes ce qui confirmera les dires du professeur.

Dans un autre contexte, si je pense qu’une personne est gentille, je me présenterais à elle de façon chaleureuse et agréable. La personne me répondra donc avec un comportement adequat ce qui confirmera ma thèse. Si au contraite je pense qu’une personne est méchante ou froide je ne ferais pas d’effort de gentillesse envers elle, elle me répondra de la même façon ce qui confirmera encore ma thèse.

Robert Rosental, un grand docteur en psychologie de l’université de Riverside au Etats-Unis a demandé à ses étudiants de travailler avec des rats. A un premier groupe il a donné des rats dit « intelligents » et a demandé au étudiant de les dresser afin qu’ils parviennent à se sortir d’un labyrinthe le plus rapidement possible. A un second groupe il a donné des rats plutôt classiques et peu intelligents. Une fois les rats entrainés les résulats montraient que les rats qu’il avait dit être plus intelligent avait de meilleurs score au jeu du labyrinthe et les rats supposés stupides avaient un scrore mon important. En réalité, les rats n’étaient ni plus ni moins intelligents que les autres. Mais faire croire aux étudiants qu’ils l’étaient a changé la donne.

Dans une autre experience, un professeur a demandé à ses élèves de faire deviner aux gens depuis une photo si la personne représentée a une vie pleine de succès ou plutôt d’echec. Les étudiants ne devaient biensur divulguer aucune information aux gens même s’ils savaient si la personne avait en effet réussi sa vie ou non. Les résultats montrèrent que même sans parole de la part des étudiants, ces derniers ont quand-même influencé les réponses des gens. Les étudiants possèdant la photo d’une personne ayant réussi on eu une majorité de de sujets répondant positif quand au succès de la personne photographiée et inversement.

Lors que l’on met un nouveau médicament sur le marché, il est évident qu’il faut avant tout faire des tests d’efficacité. Pour cela des cobayes sont choisis les tester. Les medcins qui prescrivent et analysent les cobayes se savent pas eux-même si le médicament est un vrai médicament ou un simple placebo pour ne pas influencer les cobayes.

Une expérience montre également ce phénomème. On a demandé à des élèves, des garçons de travailler avec des filles en binomes pour leurs cours. Ils ne connaissaient pas les filles et devaient les appeler au téléphone pour faire connaissance. A un premier groupe on montra les photos des filles plutôt jolies, au deuxième groupe, des photos de filles plutôt moches. Les coups de téléphones étaient enregistrés et on a pu conclure de façon flagrante que les garçons qui avaient eu une photo de jolie fille étaient nettement plus aimables et gentils que ceux qui avaient eu la photo d’une fille moche.

La même expérience a été faite avec les rôles garçons filles inversés et les résultats ont été les mêmes.

A la fin des années 1960, une équipe de psychologues est arrivée dans une école primaire pour soumettre les élèves à des tests d’intelligence. Un premier test type QI évaluait l’intelligence et les connaissances des enfants. Un autre test évaluait ses capacités de développement intellectuel. Les tests finis, ils donnèrent les résultats aux professeurs. Un an plus tard ils révérèrent afin de voir l’évolution des choses. Le niveau scolaire des élèves qui avaient été bien notés au test de capacité de développement avait augmenté. Le test en soit n’était pas valable et il n’y a aucun test permettant de connaître l’évolution ou le développement de l’intelligence ou des capacités d’une personne. Les professeurs ont été influencé par ce test fictif et ont donc apporté un plus grand soutien et eu plus de patience avec leurs soi-disant « génies ».

Word Zanna Cooper en 1974 voulait démontrer la discrimination à l’embauche. Il demanda a des compères acteurs noirs et blancs d’apprendre leur rôle par cœur à la virgule près pour passer un entretien d’embauche. Une fois devant le recruteur, celui-ci avait une attitude différente lorsqu’il était face à un noir ou un blanc. Dans le cas des noirs, son comportement était distant, l’entretien dura moins longtemps et il bafouillait plus qu’avec les compères blancs.

La même expérience a été établie dans l’autre sens. De faux recruteurs blancs avec des demandeurs d’emplois blancs. Les faux recruteurs se comportaient soient de manières agréable et polie, soit, comme dans la précédente expérience de façon froide, distante, ils bafouillaient et écourtèrent l’entretien. Les personnes reçues dans ces conditions la expliquèrent par la suite qu’elles étaient très mal à l’aise. Ce mal-être se serait certainement reflété lors d’un véritable entretien et peut-être qu’elles n’auraient pas été engagées à cause de ce fait.

Ici encore nous revenons à l’effet pygmalion. Dans ce cas-là, le mal-être ressenti par les demandeurs d’emploi qui étaient noirs aurait pu être une bonne raison de ne pas être engagé, ce qui confirmerait le cliché que les noirs ne travaillent pas car ils en sont incapables ou parce qu’ils sont trop fainéant.

Comment peut-on justifier que si une personne est malheureuse c’est de sa faute et qu’il n’en tient qu’à elle d’être épanouie ?

Melvin Lerner psychologue social fait partie des grands de son domaine sur les thèmes du monde juste. De manière générale, nous avons une tendance à croire que le monde est forcément juste. Les punitions et les récompenses font partie intégrante de notre compréhension du monde. Or, le psychologue avance la théorie que suivre cette pensée amène à un comportement pervers. Il explique cela par l’expérience de Milgram durant laquelle les sujets ont consciemment et volontairement électrocuté une autre personne (bien que personne n’ai été électrocuté réellement). Lors qu’on demanda aux sujets pourquoi ils ont continué à envoyer des chocs électriques, ces derniers ont répondu que les personnes électrocutées l’avaient mérité car elles recevaient des chocs électriques à chaque mauvaise réponse.

Cependant, cette croyance ne nous vient pas de nulle part. Il semble vitale pour les individus en groupe de croire en une morale immuable afin d’expliquer certaines difficultés, peines et douleurs de la réalité de la vie.

Au cours d’une expérience, un professeur demanda à ses élèves d’observer une femme se faire électrocuter (bien entendu personne n’a été réellement électrocuté). Ses étudiants, sujets naïfs étaient plusieurs groupes distincts et chaque groupe observa la femme électrocutée (pour la recherche scientifique) de façon différente, du moins avec des connaissances différentes.

  • Dans un premier groupe les élèves observèrent la femme se faire électrocutée pendant dit minutes.

  • Dans un deuxième groupe, les élèves observèrent la femme se faire électrocuter pendant 10 minutes, il était également dit aux élèves que par la suite elle devrait supporter 10 minutes en plus d’électrocution.

En suite le professeur demanda aux élèves d’évaluer le taux d’empathie qu’ils ressentaient pour la femme. La logique voudrait que le deuxième groupe se sente d’avantage blessé pour la femme car elle soufra deux fois plus. Or, c’est le premier groupe qui a été plus compatissant envers la demoiselle. En effet cette morale immuable qui nous possède ne pourrait jamais laisser une femme se faire torturer si longtemps si cette femme était intelligente, douce ou aimante. C’est qu’elle doit être stupide ou coupable : elle a donc mérité cette peine.

Pour la deuxième partie de l’expérimentation, deux groupes d’élèves ont été confrontés à une variation au début de l’expérimentation.

  • Dans un premier cas, la femme annonçât avant que l’expérience ne commence quelle était anxieuse mais que pour la science elle était prête à se sacrifier.

  • Dans un deuxième cas, la femme annonçât seulement qu’elle était anxieuse.

Là encore, la logique de la morale voudrait que les élèves éprouvent plus d’empathie pour la femme qui se dévoue corps et âme à la recherche scientifique que pour une autre qui ne semble avoir aucune motivation précise. Mais encore, les élèves eurent une préférence pour celle qui n’avait pas de but précis. Parce qu’une femme qui 1 se sacrifie pour la science et 2 souffre sur une chaise électrique ne peut que mériter sa peine : la morale ne laisserait jamais une chose aussi affreuse se produire. « C’est qu’elle devait surement le mériter cette morue ! »
Dans une troisième partie, à l’issue de l’expérience, le psychologue testa ses élèves sur une récompense donnée à la femme torturée :

  • Au premier groupe il expliqua que la femme à été récompensée

  • Au deuxième groupe il ne donna aucune précision sur cet aspect


On pourrait penser que la femme qui a été récompensée soit moins appréciée puisqu’après tout elle a tout de même gagné quelque chose. Or les élèves eurent plus de compassion pour elle car dans le deuxième cas, dans le cas où la femme n’avait peut-être pas été récompensée il aurait été injuste aux yeux de la morale de ne pas recevoir une compensation après avoir traversé de telles épreuves. Si elle n’a pas été payée, c’est qu’elle avait forcément un peu mérité sa peine.

Cependant, l’erreur fondamentale d’attribution (EFA) ne serait pas quelque chose de biologique mais un apprentissage social. Ainsi, le racisme justifie l’injustice sociale. Le racisme arrange le système, la société. S’il n’y avait pas de racisme il faudrait alors changer radicalement le fonctionnement de la société et ça, c’est un effort beaucoup trop important, un changement trop grand pour une société. Se produit alors les situations à effet pygmalion qui produisent donc confirment d’avantage le préjugé. C’est le serpent qui se mort la queue.


Paul Vatzlawick est cofondateur avec Palo Alto de la systémie : une théorie qui se base sur le système, l’environnement.


Selon la logique de Lerner si le monde était juste alors les riches mériteraient leur richesse, les pauvres leur pauvreté, les malades leurs maladies et les violées mériteraient leur(s) viol(s). Tout ce qui va contre la morale ne peut être acceptable donc tout ce qui va contre la morale est forcément coupable. On appelle aussi ce phénomène la dissonance cognitive. Lors que chose va contre nos valeurs ou nos croyances, nous « transformons » la réalité pour la rendre acceptable.


Dans les expériences sur la dissonance, on amène par exemple le sujet à donner des arguments en faveur de la peine de mort alors qu’il est contre (il réalise donc un acte dit « problématique »). La réalisation de cet acte l’amène à ressentir un état d’inconfort. On étudie ensuite les conséquences en termes d’opinions ou de comportements liées à cet inconfort : le sujet se prononcera par exemple, en définitive, comme étant moins défavorable à la peine de mort qu’il ne l’était auparavant (il ajustera son attitude initiale, de manière à la rendre davantage conforme à l’acte problématique réalisé). 

Aussi étonnant que cela puisse paraître, lorsque nous sommes amenés à agir contrairement à nos convictions, nous avons ainsi tendance à justifier nos actions et à adapter nos opinions à nos comportements. Mais sans aller jusqu’à la peine de mort, nous sommes tous régulièrement confrontés, dans notre quotidien, à cet état d’inconfort qu’est la dissonance : quand nous venons de dire un petit mensonge, quand nous venons de faire un choix difficile, ou encore, quand ce qui nous paraissait évident s’avère être démenti, etc. La théorie de la dissonance cognitive présente une modélisation de ces phénomènes et nous explique finalement comment l’être humain réagit lorsqu’il possède à l’esprit deux éléments incompatibles l’un avec l’autre.

Source : http://www.psychologie-sociale.com/index.php?option=com_content&task=view&id=366&Itemid=85

En 1973, Jones Arson psychologue a mis en scène un faux viol avec faux rapport de police et faux témoignage. On expliquait aux sujets (hommes et femmes mélangés) qu’il y avait eu un viol sur le campus de la fac. Les sujets naïfs avaient chacun 3 versions différents du viol. On leur demanda de juger d’abord la culpabilité du violeur, ensuite la responsabilité de la femme dans cette affaire. Voici les 3 cas :

  1. La femme était vierge : le violeur est très coupable, la femme est un peu responsable

  2. La femme est mariée : le violeur est très coupable, la femme n’est pas responsable

  3. La femme est divorcée : le violeur est coupable, la femme n’est pas responsable

Pourquoi si une femme est vierge elle est en moyenne plus responsable que si elle est mariée ou divorcée ? Tout simplement parce qu’une femme vierge + violée est un fait qui va tellement à l’encontre de la morale qu’il en est insupportable : on accusera d’avantage la femme : « que fait une jeune fille vierge sur un campus à cette heure là toute seule ? » Les représentations sociales provoquent des réactions qui sont toujours influencées ou médiatisées (par un médiateur) par nos croyances.media_xll_7072042.jpg
La nourriture semble être un objet simple de la vie quotidienne or même cet élément nutritif a une image influencée par la société. Dans certains pays manger une vache est impensable or il est un de nos aliments les plus classique. Manger du chien ou du chat est chose courante dans d’autres pays alors que ces animaux représentent chez nous des animaux domestiques de compagnie. Ces lois sont purement culturelles car la plupart des ces animaux sont tout à fait nutritifs et bon pour notre fonctionnement biologique.

D’autres aspects sont intéressants à observer. Pourquoi est-il acceptable d’embrasser son ou sa petit(e) ami(e) et de mélanger sa salive alors que l’idée de lécher le crachat de cette même personne est répugnante ? Pourtant, bien que ces et habitudes ne soint QUE psychologiques elles nous prennent aux tripes et il nous est souvent impossible de changer ses habitudes tellement elles sont encrées en nous.

Certaines choses restent cependant universelles et taboues dans de nombreuses cultures. L’inceste est un exemple de ces choses, elles trouvent trois explications dans trois domaines :

  • L’explication biologique : l’inceste est source de maladies génétiques

  • La psychanalyse : le complexe d’Oedipe

  • L’anthropologie : pendant longtemps l’échange de femmes d’une tribu à une autre a été pratiqué afin d’éviter l’inceste

  • De manière générale, nos perceptions et nos actes sont influencés par les visions collectives élaborées. Intégrer, apprendre, accepter des choses nouvelles peut parfois être difficile car ces éléments vont à l’encontre de ce que nous connaissons déjà. Il ne s’agit pas d’avoir peur du nouveau mais de rencontrer des difficultés à remettre en question ce qu’on pensait savoir et qui vraisemblablement était faux.10_k84h3.jpg

  • La représentation que nous nous faisons du monde est toujours en décalage avec ce que sont les choses en réalité. Au théâtre par exemple on peut représenter une notion de façon différente, la mort peut être mise en scène par la présence d’un mannequin peint comme un cadavre ou alors par la simple couleur noire. En politique, le peuple vote pour avoir un président, un représentant, or ce représentant n’est pas le peuple. Il pourra faire des erreurs, ne pas suivre les volontés de son peuple. Certains objets sonores ou picturaux comme la musique ou la peinture représentent un objet initial. Or cette représentation n’est pas identique à ce qu’elle était au départ (représenter un paysage par de la musique ou de la musique avec une peinture ou une photo). Ce qui nous intéresse ici c’est justement ce décalage. Le décalage est une façon de repenser une représentation, ce n’est pas une erreur. C’est le résultat d’une construction collective faite par des gens.



  • En 1992, une étude a été menée sur les manuels d’Histoire dans les écoles de plusieurs pays. Les récits traitant de la découverte de l’Amérique ont été décortiqués afin de voir comment ces faits sont relatés dans les écoles et de quelle façon les futurs citoyens de chaque pays sont formatés depuis l’enfance sur un fait « relativement » neutre que la découverte de l’Amérique. Aux USA et au Canada par exemple, aucun manuel ne stipule la présence de populations vivant sur ces terres avant l’arrivée des colons : donc pas si neutre que ça !



  • Durkein, un sociologue explique que la représentation collective est un ensemble de phénomènes mentaux collectifs comme la religion, les lois, les mythes ou le sens commun.



  • En 1713, Leibnitz (entre autre) un philosophe et scientifique allemand est le premier à parler de représentation.

  • Dans les années 1861 la psychanalyse fait son apparition en France. Elle a rencontré à cette époque une forte opposition car elle abordait un thème très tabou : la sexualité. Il va sans dire que selon Freud, inventeur de la psychanalyse tout est synonyme de pulsion sexuelle : un scandale à l’époque. On disait même que la psychanalyse était de la pornographie. L’autre opposition rencontrée venait du fait que cette discipline prétendait pouvoir guérir des maladies psychiques grâce à la parole : autant parler de charlatanisme !

Le scientifique Muscovici a par la suite fait une étude quant à la compréhension de la société sur la psychanalyse. La 1ère topic de Freud sur l’inconscient, le préconscient et le conscient a été celle que les gens ont la mieux intégrée car elle leur parlait d’avantage. La 2ème topic en revanche comportait des mots plus savants, l’information est donc moins bien passée. De manière générale, lorsqu’on parle de psychanalyse la population sera en mesure d’expliquer brièvement sans trop de détails les composantes comme celle du schéma suivant :



Globalement, les gens ont un raisonnement basé sur la bipolarité : le chaud et le froid, la droite et la gauche, le haut et le bas. Là, Freud propose une idée composée de trois éléments. Où est donc la rupture entre ces trois parties ? Il n’y en a pas, c’est une transition et c’est plus difficile à comprendre. Il y a donc un décalage entre la véritable théorie psychanalytique et l’image que la pensée sociale a pu s’en faire. Les mots pulsions et libido disparaissent de cette image car ils dérangent trop aux yeux de la morale : c’est quand même de la pornographie ! On appelle aussi cela la « domestication du produit ». Muscovici a pu observer deux types de domestications. Une de la part des catholiques plutôt conservateurs et une autre de la part des travailleurs plutôt communistes. Dans ces deux cas, il a analysé leur compréhension et leur comportement grâce à 2 processus :

  1. Le processus de « l’objectivation », c’est-à-dire que l’idée devient un objet, on parle de matérialisation, de déformation de l’idée. Il y a trois phases à ce processus :

1 – La phase de la construction sélective ou suppression des éléments: c’est la rencontre avec un nouvel élément comme par exemple le Sida dans les années 1980. On a tendance à modifier le contenu de l’information pour mieux le comprendre, pour qu’il soit en accord avec qu’on connait déjà. On retient alors les informations qui vont de pair avec les idées en place. Si les idées sont trop étranges, trop différente : on les refusera. Bien sur ces informations sont choisies différemment en fonction des différentes populations si l’on est catholique, musulman, athées, de droite, de gauche, riche, pauvre, femme, homme etc…). Nous n’avons pas nécessairement autant d’informations les uns et les autres, les populations riches par exemple ont d’avantage d’accès à la culture et à la connaissance, elles lisent plus et on donc plus d’informations : il y a un biais partiel et partial. Partiel parce qu’on n’a pas toujours TOUTES les informations, partiales parce nous ne sommes pas toujours d’accord sur les mêmes points.

2 – La phase de l’organisation ou l’ajout - l’addition des éléments: comment ces informations vont se coordonner avec les plus anciennes ? Comment par exemple comprendre l’homosexualité quand la nature a fait les mâles et les femelles pour s’accoupler ensemble ? En suivant ce raisonnement, on peut être amené à penser que l’homosexualité est une maladie mentale. Elle a même longtemps été décrite comme une pathologie psychiatrique dans le DSM.

En 1989 Echebarria Paez a observé les comportements et les rumeurs qui traitaient du Sida. A cette époque on pensait aisément que si deux trains se croisaient et qu’une personne dans un des trains était contaminée alors elle transmettrait sa maladie à tous les passagers, même ceux de l’autre train. Ou encore qu’en utilisant les WC publiques ou en partageant sa brosse à dent on pouvait être contaminé. Le scientifique a alors mené une expérience qui traitait du sujet. Il a pris deux groupes aux profiles bien spécifiques.

  • Dans le groupe numéro 1 se trouvaient des « conservateurs » majoritairement catholiques, ils pensaient que le Sida ne pouvait toucher que certaines personnes comme les homosexuels, les prostitués, les toxicomanes etc… Ils pensaient aussi que la maladie de transmettait par les rasoirs, la sueur, l’urine, les moustiques, la salive, les larmes etc…

  • Dans le groupe numéro 2 se trouvaient des « libéraux » athées ou non religieux. Ces derniers estimaient que le Sida s’attrapait par le sang et le sperme et que la maladie pouvait toucher n’importe qui.

Aux deux groupes Echebarria Paez donna une brochure contenant des informations sur le Sida. Il était demandé aux participants de mémoriser les éléments de la brochure. Par la suite les sujets ont passé un test sur leurs connaissances sur la maladie. L’objectif était de dire si oui non les affirmations de l’examen étaient vraies ou fausses. Par exemple « Les lesbiennes ont plus de risques d’être touchées par le Sida » ou encore « On peut être contaminé du Sida sans le savoir ». Il y eu peu d’erreurs chez les libéraux, en revanche, les conservateurs gardaient en tête malgré les informations donnés que les Sida touchait plus les homosexuels. « Normal puisqu’ils vivent de la pêché ! » Que cela nous montre-t-il ? Qu’il est plus difficile de mémoriser des informations quand elles ne sont pas en accord avec nos croyances. Il est plus facile de se rappeler des informations si elles ne vont pas à l’encontre de ce que l’on connait déjà.

3 – La phase de naturalisation ou distorsion des éléments c’est lorsque l’idée de départ se transforme en une autre théorie, une décontextualisation de l’idée originelle. Par exemple, le principe de complexe d’infériorité n’a jamais été expliqué par Freud. C’est Adler qui en a parlé en premier. Selon lui c’était un stade durant lequel les enfants veulent être supérieurs à leurs parents las de devoir leur obéir. C’est même un moteur de développement pour les enfants. Aujourd’hui on parle de complexe comme d’un objet, d’une maladie. « J’ai un complexe, il faut que je m’en débarrasse ». Alors on va chez le psy comme on va chez le docteur se faire opérer d’une tumeur. Car c’est bien connu : les psychanalystes sont des chirurgiens qui enlèvent les complexes !

Au Japon le mot « féministe » veut dire « être gentil avec les femmes ». Tu parles d’une définition ! D’ailleurs, là-bas, le chanteur Julio Iglesias est considéré comme féministe pour sa galanterie. En fait le Japon est un pays qui a été très influencé par l’Occident mais il demeure un pays dont la culture et les traditions anciennes sont présentes même dans l’inconscient collectif. Ces traditions restent majoritairement sexistes puisqu’elles présentent les femmes comme inferieures, plus faibles que les hommes. Or la galanterie japonaise appelée ici « féminisme » n’est autre qu’une façon de dire que les femmes ne sont pas assez solides pour supporter les dures lois de la vie. Les hommes japonais ont donc l’illusion d’être féministes mais ne font en fait que déformer la définition pour qu’elle puisse coller avec leurs habitudes patriarcales.

En 1980 est apparue la 1ère Barbie. La poupée blonde aux yeux bleus et aux proportions difficilement atteignables par les femmes n’a eu que très peu de succès. Les japonais ont donc fabriqué Jenny, la poupée qui leur ressemble tout en gardant quelques aspects européens. Dans la même lignée, les japonais ont exprimé avoir une préférence nette pour les publicités dans lesquelles apparait Monica Bellucci plutôt que Cindy Crawford car cette dernière ne ressemble pas du tout aux japonaises. Monica Bellucci avec ses traits métisses était plus accessible aux japonaises qui pouvaient s’identifier à elle.

  1. Le processus de « l’encrage » c’est comprendre comment un nouvel élément sera accepté dans une société qui comporte déjà des connaissances, des idées, une certaine vision du monde. Comment les catholiques ont-ils accepté la psychanalyse ? Leur opinion était mitigée car elle remet en question l’idée que les enfants sont tous innocents et purs. Forcément ! En psychanalyse ils se transforment en des montres sexués désirant la mort de leurs parents : il y a de quoi faire peur. En 1950, la pratique a finalement été acceptée dans le domaine de l’éducation car elle se rapproche de la pratique du confessionnal caractéristique des catholiques pratiquants.


La psychanalyse renvoie à la sphère morale des catholiques. Alors que chez les communistes elle est « accueillie » tout autrement. Selon les communistes, les psychanalystes sont comme des politiques, ils se servent de leur métier pour distraire et détourner l’attention des problèmes des pauvres. C’est un instrument de la bourgeoisie. D’ailleurs, les communistes pensent que la psychanalyse est une invention des Etats-Unis, ennemi numéro 1 du communisme. Ils y voient l’impérialisme américain déguisé en thérapie. Sur un autre aspect, les militants pensent que les personnes psychanalysées sont majoritairement des femmes car celle-ci sont faibles et ne peuvent donc faire face à leur problèmes seules. Les hommes, fort dans leur virilité et masculinité de mâles dominants ne sont bien entendu pas touchés par ces problèmes.

Pour ses recherches, Muscovici lit les journaux « La Croix » et « L’Humanité ».

Lorsque le Sida est apparu dans les années 1980, Muscovici a pu observer deux interprétations de la maladie. L’interprétation selon la morale avait pour explication que le Sida était la conséquence d’une mauvaise vie de débauche sexuelle. C’était comme une punition des années folles de la « Révolution sexuelle » postpartum de mai 68 durant lesquelles la contraception et l’avortement ont été légalisés et l’homosexualité est sortie de son placard (enfin, plus ou moins). De l’autre côté, la position biologique revendiquée les médecins dans les hôpitaux avançaient qu’il fallait « au cas où » nettoyer les draps des patients séropositifs séparément des autres patients. Malgré les connaissances scientifiques sur le sujet on pensait tout de même pouvoir tomber malade par la salive, la sueur etc…
Denis Jodelet a également travaillé sur le Sida. Elle a notamment interviewé un prostitué transsexuel d’origine brésilienne qui lui disait ne jamais se protéger du Sida parce que « Dieu voit tout » et s’il voulait le contaminer du Sida il ne pourrait rien y faire.
Dans un village en France, une expérience d’inclusion des personnes atteintes de maladies mentales a été menée. « La folie et la représentation sociale » D. Jodelet. Les patients vivaient dans des familles qui devaient s’occuper d’eux. Dans la communauté, les personnes saines avaient peur d’être contaminées de la folie alors ils nettoyaient les affaires des personnes malades à part, n’utilisaient pas les mêmes ustensiles de cuisine etc… Les personnes atteintes de troubles mentaux parfois sévères portaient des uniformes pour les différenciés des personnes saines. Lorsqu’on leur retira leurs uniformes, les personnes seines ne se comportaient plus de la même façon avec les patients. Si on accepte la différence, on ne tolère pas la similitude et la promiscuité avec cette différence. On ne supporte pas d’être sur le même pied d’égalité.

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