Preface et objectifs du document 1








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TABLE DES MATIERES

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PREFACE ET OBJECTIFS DU DOCUMENT 1
RESUME 3
I. INTRODUCTION 4
A. Revue de la taxinomie et la biologie générale 4
B. Situation générale dans la région 8
C. Importance écologique 9
II. SITUATION NATIONALE DANS CHAQUE PAYS 10
III. ACTIVITES A COURT ET A LONG TERMES RECOMMANDEES 42
A. Mesures prioritaires 44
B. Mesures de protection à long terme 51
C. Actions proposées pour des pays spécifiques 56
D. Collecte de fonds 61

IV. REFERENCES 63
APPENDICE I - Liste des collaborateurs 70
APPENDIX II - Agences et organisations engagées dans la recherche et la protection du lamantin 74
APPENDICE III - Répertoire de spécialistes caribéens en lamantins 79
Tableau 1 - Statut juridique 110

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PREFACE ET OBJECTIFS

Le Protocole concernant les zones et la vie sauvage spécialement protégées (SPAW), adopté par les Gouvernements de la région des Caraïbes lors de la Conférence des plénipotentiaires, qui s'est tenue à Kingston, Jamaïque, du 15 au 18 janvier 1990, appelle à la formulation et à la mise en oeuvre d'un Programme régional pour le SPAW, dans le cadre du Programme pour l'environnement des Caraïbes (PEC). En 1991, les Gouvernements ont adopté les annexes au protocole SPAW où figurent les listes des espèces de flore et de faune d'intérêt régional nécessitant une protection en vertu dudit Protocole.

Le présent document a été préparé conformément aux dispositions des Articles 11 et 21 du Protocole SPAW qui demandent la formulation, la publication ainsi que la diffusion de principes directeurs et de critères généraux pour la gestion et la sauvegarde des espèces en danger et menacées d'extinction de la région sous forme de plans de gestion régionaux. En effet, les Gouvernements de la région ont identifié le lamantin antillais, Trichechus manatus, comme une des espèces de la région nécessitant une protection prioritaire. En conséquence, ils ont demandé la rédaction de ce plan de gestion régional, lequel a été préparé par l'Unité de coordination régionale (UCR) du PEC du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), en collaboration avec le Bureau pour la protection des ressources naturelles (NRCA) du Gouvernement de la Jamaïque.

Le Comité consultatif, scientifique et technique intérimaire (CCSTI) du Protocole SPAW s'est réuni deux fois depuis l'adoption du Protocole afin de fournir des conseils pour la formulation et la mise en oeuvre du plan de travail et du budget du Programme régional SPAW, ainsi que pour l'identification d'activités de protection pour les espèces prioritaires. La Première réunion du CCSTI a été convoquée à Kingston, Jamaïque, du 4 au 8 mai 1992 tandis que la Deuxième réunion s'est tenue en Guyane française du 3 au 5 mai 1993.

Les pays de la région où se trouve le lamantin ont atteint différents niveaux de connaissance en ce qui concerne la situation et la répartition des populations des lamantins, de même, ils en sont à différentes étapes de protection. Or, malgré un intérêt croissant pour les lamantins chez les biologistes de la région des Caraïbes au cours des dernières années, il n'y a pas eu beaucoup de progrès réalisés en raison d'un niveau réduit de financement et du fait qu'un réseau de coordination régional n'a pas encore été établi pour l'échange d'informations. De plus, avant d'élaborer des mesures détaillées pour la gestion des pays spécifiques, il est nécessaire d'évaluer la situation actuelle des lamantins, d'identifier les zones prioritaires où il faut entamer rapidement une action, et développer/utiliser activement en route un réseau technique régional.

Aussi, le présent projet de Plan de gestion régional pour le lamantin antillais a-t-il pour objectif général de servir de document-cadre pour la protection du lamantin et de son habitat dans la région. Ce projet de Plan de gestion a pour objectifs spécifiques: a) de compiler des informations sur la répartition et l'état du lamantin antillais dans les pays de la région des Caraïbes où il y en a (Bélize, la Colombie, le Costa Rica, Cuba, La République dominicaine, la Guyane française, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, la Jamaïque, le Mexique, le Nicaragua, le Panama, Porto Rico, le Surinam, la Trinité et Tobago, et la Floride aux Etats-Unis) et b) d'identifier les priorités pour la gestion de cette espèce menacée d'extinction. Par ailleurs l'accent a été surtout mis sur les populations se trouvant dans les zones autres que la Floride (Etats-Unis) puisque celles-ci semblent avoir des problèmes et des besoins de protection similaires. Enfin, ce plan a été discuté et passé en revue lors de l'Atelier régional sur la protection du lamantin antillais de la région des Caraïbes, qui s'est tenu à Kingston, Jamaïque, du 1 au 4 mars 1994, et a été conjointement organisé par le NRCA du Gouvernement de la Jamaïque et par le PEC du PNUE.

Le présent document est basé sur les rapports nationaux présentés à l'UCR par plusieurs des pays ayant des populations de lamantins à la suite des recommandations de la Deuxième réunion du CCSTI, ainsi que sur les informations obtenues par l'auteur, à partir de renseignements, de la littérature publiée et de rapports inédits.
RESUME
Les lamantins antillais (Trichechus manatus), en tant que mammifères herbivores et aquatiques, occupent un biotope spécifique dans l'écosystème, et ce caractère unique les rend vulnérables à la surexploitation. Les lamantins ont une longue espérance de vie, mais un cycle reproductif lent. Par suite, le taux de croissance naturellement bas de leur population conjugué aux niveaux actuels de mortalité empêche l'augmentation des populations potentielles et peut en effet contribuer à l'accélération de leur déclin. Les lamantins se trouvent dans dix-neuf (19) pays de la région des Caraïbes mais on estime que la plupart des populations atteignent moins de cent (100) têtes. Très recherchés autrefois, les lamantins ont toujours joué un rôle important dans le folklore et les traditions des peuples autochtones de la région des Caraïbes. Aujourd'hui, ils peuvent jouer un rôle sur le plan écologique dans le cycle des éléments nutritifs et dans le nettoyage des cours d'eau en se nourrissant exclusivement des plantes aquatiques.

Tout d'abord, des facteurs socioéconomiques nuisent aux efforts de protection du lamantin de la région des Caraïbes. En effet, les lamantins antillais habitent dans des zones où vivent les populations qui sont parmi les plus défavorisées de l'Hémisphère occidental. De plus, leurs habitats préférés sont en général situés dans des zones attirant les établissements humains, et plus récemment, les grandes entreprises de service ainsi que les projets ayant trait à l'industrie et au développement. Or, les lamantins sont vulnérables aux perturbations anthropogéniques et naturelles, y compris les catastrophes environnementales, le harcèlement et la pollution. Bien qu'il y ait eu une diminution de la tradition de chasse au lamantin, ceux-ci continuent à être capturés pour la subsistance dans les Caraïbes, et de nouvelles menaces ont surgi. Les principaux dangers varient légèrement d'un pays à l'autre, mais la prise accidentelle, la chasse et les changements de l'habitat sont parmi les plus importants. De plus, l'étendue de la zone où vivent les lamantins entrave la continuité des activités liées à l'application des lois, et les programmes d'éducation environnementale élaborés pour promouvoir une sensibilisation à l'environnement sont peu nombreux et sont restreints en ce qui concerne leur champ d'activités.

L'expérience démontre que les lamantins de Floride ont des modèles de comportement souples et s'adaptent rapidement aux actions prises dans leur intérêt. Par suite, certaines populations ont le potentiel pour se reconstituer graduellement si elles ne subissent aucune perturbation. Les solutions pour la protection du lamantin dans les pays pris individuellement comprennent l'estimation de leur répartition et de leur abondance, la protection de leurs habitats et le lancement d'un programme intégré d'éducation/de protection et d'application des lois afin d'assurer l'immunité de ces populations contre les menaces liées à l'homme.

Etant donné que les lamantins peuvent circuler individuellement dans les eaux territoriales de plusieurs pays, leur protection définitive dépendra beaucoup de la coopération internationale. Certains systèmes (ex. à Bélize, au Guatemala, et au Venezuela) ont été identifiés comme des sources potentielles de lamantins pour les zones plus appauvries, mais ceci ne sera vrai que si on accorde et assure une protection immédiate aux lamantins tout le long de leur zone.

Ce document est divisé en trois sections: I) une revue de la biologie des espèces de la région des Caraïbes, II) l'état de la connaissance scientifique et les efforts de protection entrepris dans chaque pays et III) un ensemble d'activités recommandées à entreprendre individuellement par les pays et par la région dans son ensemble.

I. INTRODUCTION

A. REVUE DE LA TAXINOMIE ET LA BIOLOGIE GENERALE
Appellations communes

Le lamantin, également appelé vache marine, est connu dans la plupart des pays caribéens comme vaca marina ou manatí. Le mot est probablement dérivé du mot indien caraïbe manati, qui signifie poitrine, qui fait référence à la façon dont les lamantins nourrissent leurs petits de leur tétons, qui ont une vague ressemblance avec les seins humains (Shaul et Haynes 1986). D'autres appellations en cours dans la région sont: lamantin, zeekoe, amerikaanse lamantijn, et sekoe (Husson, 1978) palpa (chez les indiens miskito) et manatín (maya).
Taxinomie

Les lamantins (Famille des Trichechidae) sont membres de l'Ordre sirénien, groupe unique de mammifères aquatiques qui se nourrissent de substances végétales. Le genre Trichechus ne se trouve que dans les eaux côtières et intérieures du Nouveau monde et comprend trois espèces. Le T. inunguis (le lamantin amazonien) est endémique à la région de l'Amazone et vit exclusivement dans les eaux douces, le T. senegalensis (le lamantin de l'Afrique occidentale) se trouve dans les rivières et les estuaires de l'Afrique occidentale, et le T. manatus (le lamantin antillais) se trouve du sud-est des Etats-Unis au nord de l'Amérique du sud. On croit que le détroit de Floride d'une part, et les basses températures du nord du Golfe du Mexique d'autre part, ont contribué à promouvoir la différentiation de ce dernier en 2 sous-espèces reconnaissables à partir de leurs caractéristiques ostéologiques (Domning et Hayek 1986): le T. m. latirostris (le lamantin de Floride) qui vit sur les côtes de la Floride et le nord du Golfe du Mexique et le T. m. manatus (le lamantin antillais) qui se trouve le long des côtes et des rivières du Mexique au nord-est de l'Amérique du sud y compris la région des Caraïbes. Les lamantins observés en Louisiane et dans l'est sont probablement de Floride, tandis que ceux se rencontrant au Texas sont probablement membres de la population mexicaine. Le seul membre toujours vivant de la famille Dugongidae, le dugong (Dugong dugon) vit dans les eaux indo-pacifiques.
Biologie

Les lamantins ont un corps en forme de fuseau, de couleur allant du gris au noir, une queue horizontalement aplatie et sans pattes de derrière. Les pattes de devant sont modifiées en nageoires en forme de pagaie avec des ongles aux extrémités. Ils ont de petits yeux, et leurs oreilles n'ont pas de pavillon externe. Leur museau est aplati avec des lèvres souples et de poils sensoriels. Ils n'ont ni canines ni incisives et les dents de la joue ne cessent de bouger vers l'avant comme un convoyeur. Leur corps est recouvert de poils plus fins et clairsemés. Leurs os sont très épais, et les os longs ainsi que ceux des côtes n'ont pas de cavité moelleuse.

En ce qui concerne leurs dimensions et leur poids, on sait qu'un échantillon de 33 lamantins antillais capturés au Guyana mesuraient 1,0 à 3,4m de long; le plus petit animal pesait 27Kg et le plus grand dépassait 400 Kg (Bertram et Bertram 1964). Les adultes des lamantins de Floride pèsent entre 400 et 900 kg et mesurent entre 2,8 et 3,5m de long (O'Shea 1992).
Comportement

Les lamantins de Floride sont arrhythmiques (Hartman 1979), mais il leur arrive d'obéir à des modèles de nutrition pendant l'hiver (Bengtson, 1981; Kochman et al., 1985), quittant les sites d'eau chaude afin de se nourrir pendant les périodes chaudes ou entre les périodes de froid (Rathbun et al., 1983a; Powell et Rathbun, 1984); à la Trinité, ils peuvent réagir aux cycles de la marée (Boyle et Khan 1993).

Les lamantins sont plus actifs le soir et à l'aube, moment pendant lequel ils se nourrissent habituellement (Bertram et Bertram 1963). On pense que dans certaines parties des Caraïbes, ils sont devenus crépusculaires et nocturnes en réponse à la chasse (Ackerman, 1992; Rathbun et al., 1983a; Reynolds et al., manuscrit.; Reynolds et Odell, 1992). On observe parfois les lamantins allongés à la surface de l'eau au milieu de la journée, se dorant apparamment au soleil, surtout pendant les périodes de froid (Bertram et Bertram, 1963 ). Malgré leur grande taille, les lamantins sont très discrets et capables de disparaître sans faire de bruit, ou de nager rapidement face au danger. En général, ils nagent sous l'eau à l'aide de leurs nageoires pectorales. Les nageoires peuvent également servir à pousser le corps à la surface jusqu'aux épaules, lorsqu'ils paissent sur les rives (Bertram et Bertram, 1964).

Lorsque la température de l'eau est inférieure à environ 20oC en automne et en hiver, les lamantins de Floride émigrent à la recherche d'eaux chaudes vers le sud, où ils se rassemblent pendant l'hiver (Moore 1951, Irvine 1983, Irvine et Campbell 1978, Powell et Waldron 1981, Powell et Rathbun 1984, Shane 1983). Des déplacements de 600 Km ont été enregistrés (Rathbun et al;. 1983b), et les mâles parcourent de plus grandes distances que les femelles (Bengtson, 1981). Il se peut que des déplacements similaires aient permis des échanges entre les populations de lamantins à Bélize (Bengtson et Magor 1979, O'Shea et Salisbury, 1991), au Mexique (Colmenero et al.; 1990, Benjamin Morales comm. pers.), ainsi qu'au Honduras peut-être (Rathbun et al.; 1983a). Pendant les périodes de crue, les lamantins remontent dans les grandes rivières, les lagunes et les ruisseaux contigus au Mexique, au Costa Rica, au Nicaragua, au Suriname, en Colombie et au Venezuela (Mondolfi 1974, Colmenero 1984, Husson 1978, O'Shea et al. 1988, Reynolds et al; manuscrit; Montoya et Mingucci, données inédites). Par contre, pendant les périodes de sécheresse ils peuvent se trouver en grand nombre dans les rivières et les lagunes permanentes plus grandes, à la recherche de nourriture et d'un abri. Par contraste, on ne trouve aucune preuve d'un tel comportement de migration saisonnière au Panama (Mou Sue et al.; 1990).

Reproduction

La reproduction a lieu pendant toute l'année (Husson 1978, Rathbun et al. 1985a), et il y a des indications de périodes de pointe dans les accouplements entre mars et août (Charnock-Wilson 1968, Gibson, 1992, Janson 1977, Rathbun et al.; 1985a, Quintana 1993). L'accouplement peut être observé en général dans les eaux peu profondes, les lagunes isolées et tranquilles, les anses et les ruisseaux (Bertram et Bertram 1963, Husar 1977).

Afin de s'accoupler, les lamantins de Floride se rassemblent en troupeaux, entre une semaine et un mois, où jusqu'à environ 17 mâles peuvent suivre une femelle sur plus de 150km jusqu'à ce qu'elle s'accouple avec plusieurs d'entre eux les uns à la suite des autres. Parfois, la femelle peut se protéger pour empêcher les actions des mâles (Hartman 1979, Bengtson 1981). De même, de grands groupes (12-16) ont été observés à Bélize et au Guyana (Bertram et Bertram 1964, Charnock-Wilson 1968) où ils "se battent" pendant plus de 2 heures avant de "se mettre sur la plage" et s'accoupler allongés sur le côté (Bertram et Bertram 1964). Des groupes de lamantins d'environ 8 animaux ont été observés à Porto Rico (Mignucci 1989, données inédites).

La période de gestation parmi les lamantins dure environ une année (Hartman, 1979, Rathbun et al., 1992), et les femelles mettent bas dans les zones abritées et peu profondes (Hartman 1979, Bengtson 1981, Gibson 1992). On observe des jeunes lamantins toute l'année (Belitsky et Belitsky 1980, Powell et al. 1981), bien que certains suggèrent que la plupart des mises à bas se produisent pendant la saison des pluies, entre septembre et mars/avril (Charnock-Wilson 1968, Colmenero et al. 1988, Quintana 1993). En général il naît un seul petit, mais on signale des cas de jumeaux (Charnock-Wilson 1968, Colmenero et al. 1988, Gumilla 1745, Husson 1978). Les nouveaux-nés pèsent entre 27 et 40 kg et mesurent entre 80 et 130 cm (Gumilla 1745, Husson 1978, Mondolfi 1974, Zárate 1993). Le bébé lamantin peut rester auprès de la femelle pendant plus d'une année (Husson 1978). Les pairs mère-petit passent la plupart de leur temps dans des zones protégées près de sources d'eaux douces (Colmenero et al. 1988, Gibson 1992, Morales et al. 1995 rapport inédit). Dans certaines zones, les femelles peuvent laisser leurs petits parmi d'autres dans des endroits rétirés, pendant qu'elles cherchent de la nourriture (Reynolds 1981, Domning 1990). Dans la Baie de Chetumal, on a observé des femelles avec deux petits de tailles différentes, en même temps, ce qui suggère qu'une femelle est capable de nourrir à la fois deux petits d'âges différents (Morales et al. rapport inédit).
Structure sociale

A travers l'aire de répartition, les lamantins sont en général solitaires, mais peuvent être observés en paires ou en petits groupes comptant jusqu'à 13 individus en même temps (Cerrato 1993 rapport inédit, Estrada et Ferrer 1987, Irvine et al. 1982, Mondolfi 1974, Powell et al. 1981, Quintana 1993, Rathbun et al. 1985, Zárate 1993). La plupart de ces relations sont provisoires et saisonnières, sauf dans le cas d'une mère et son petit (Reynolds 1981), qui maintiennent un contact constant par la communication orale (Hartman 1979).

Alimentation

Les lamantins, qui sont essentiellement herbivores, n'ont pas de préférence alimentaire (Bertram et Bertram 1963) et consomment des plantes et des herbes d'eau douce immergées, ou émergeantes ou encore flottant à la surface de l'eau (Ceratophylum, Eichhornia, Echinochloa, Hydrilla, Panicum, Paspallum, Phragmites, Pistia, Pontederia, Potamogeton, Vallisneria), ainsi que des pousses et des feuilles de mangrove Avicennia, Rhizophora, Laguncularia, de moko-moko Montrichardia, et de feuilles de l'Ipomoea (Mondolfi 1974, Duplaix et Reichart 1978, Husson 1978, Hartman 1979, Bengtson 1981, Hurst 1987, Lefebvre et al. 1989, Mou-Sue et al. 1990, Augusta 1992, Boyle et Khan 1993, INDERENA 1993 litt., Reynolds et al; manuscrit.). Les lamantins se nourrissent de Ruppia et de bancs d'algues de Syringodium, Halodule, et Thalassia (Belitsky et Belitsky 1980, Packard 1981; Powell et al. 1981, Rathbun et al. 1983a, Estrada et Ferrer 1987, Colmenero et al. 1988) dans les habitats marins de Porto Rico, de la République dominicaine, de Cuba et de Floride. On a documenté à la Jamaïque des cas de lamantins ayant attrapés des poissons des filets des pêcheurs (Powell 1978).

Les lamantins peuvent consommer quotidiennement des plantes aquatiques représentant l'équivalent d'environ 8% du poids total de leur corps (Best 1981). Ils ont un taux élevé d'efficacité digestive comprise entre 45 et 80% et un taux très faible d'excrément pour un animal à digestion intestinale anale (Best 1981, Lomolino et Ewel 1984, Burn 1985). Hurst (1987) a calculé que les besoins d'énergie d'un adulte lamantin de 600 Kg et ne produisant pas de lait étaient supérieurs à 4 000 Kcal par jour soit environ entre 29,5 et 45 Kg de Ceratophyllum par jour.
Habitat

Les lamantins habitent dans les rivières, les estuaires ainsi que les zones côtières et circulent librement dans les eaux douces et saumâtres, ainsi que dans les océans (Bengtson et Magor 1979, Lefebvre et al. 1989). Pourtant, il semble qu'ils aient besoin d'un accès aux eaux douces (Crombie 1975 rapport inédit, Campbell et Irvine 1975, Powell et al. 1981, Colmenero et al. 1988, Augusta 1992). Parmi leurs besoins supplémentaires, on relève une végétation aquatique abondante pour se nourrir, la proximité de chenaux profonds, pour se déplacer, et des criques tranquilles pour s'y abriter (Charnock-Wilson 1968, Hartman 1979, Belitsky et Belitsky 1980, Powell et al. 1981, Gallo 1983, Rathbun et al. 1983a, 1985, Powell et Rathbun 1984, Cerrato et al. 1993, Estrada 1993 litt., Ferrer 1993 litt., Zarate 1993, Reynolds et al; manuscrit). En Floride, ils ont besoin également d'un accès aux eaux chaudes pendant l'hiver (Hartman 1979).

Au Suriname on trouve les lamantins dans les marécages inondés ainsi que dans les marécages des savanes (Duplaix et Reichart 1978). Au Venezuela et en Colombie, il y a une augmentation de manière significative du nombre d'habitats disponibles pendant la saison des pluies, permettant ainsi l'accès aux affluents et aux lagunes. Mais il arrive que, pendant la sécheresse, les lamantins se retrouvent coincés dans les eaux profondes (O'Shea et al. 1988, Montoya données inédites).

Interactions avec d'autres organismes

Les lamantins de Mexique partagent un habitat avec les tortues vertes (Chelonia mydas), les crocodiles (Crocodilus acutus), les loutres de rivière (Lutra longicaudis annectens) et les dauphins (Tursiops truncatus), les picudas ou les barracudas (Sphyraena barracuda), les requins (Ginglymostoma cirratum) et les raies (Aetobatus narinaris). Les rémoras (Eheneis neucrotoides) se fixent traditionnellement sur les lamantins (Colmenero et al. 1988). Ainsi, à Porto Rico un grand nombre de rémoras vivent en association étroite avec la plupart des lamantins (Mignucci l989, données inédites). Au Venezuela, les lamantins partagent leur habitat avec des loutres de rivière géantes (Pteronura brasiliensis) et normales (Lutra longicaudis), les dauphins de rivière et d'estuaire (Inia geoffrensis et Sotalia fluviatilis), des capybara (Hydrochaeris hydrochaeris), des caïmans (Cayman crocodilus) et des tortues de rivière (Podocnemis expansa) (Ojeda et al. 1993).

On prétend que les lamantins sont attaqués par les requins au Costa Rica, en République dominicaine, au Guatemala, au Honduras, au Mexique, et au Panama (Belitsky et Belitsky 1980, Colmenero et al. 1988, Colmenero et Zarate 1990, Crombie 1975, Gallo 1983, Janson 1977, Mou Sue et al. 1990, Reynolds et al; manuscrit.). Par contre, il n'existe pas de rapports sur des lamantins attaqués par les requins, les crocodiles ou les barracudas dans la Baie de Chetumal, au Mexique (Morales and Olivera 1993). Cependant, Bertram et Bertram (1964), pensaient que le caïman ainsi que d'autres grands poissons aggressifs pourraient attaquer les lamantins, surtout les spécimens blessés.
Caractéristiques de leur vie

Les lamantins ont une longue espérance de vie et peuvent dépasser les 50 ans. Les femelles atteignent la maturité entre l'âge de 3 et 4 ans. Le taux de mortalité précoce est élevé, mais il devient moins important après la maturité (Marmontel 1993). Ces paramètres contribuent à un taux bas du potentiel maximum de croissance de la population des lamantins de Floride (Packard 1985), et vraisemblablement ceci peut également s'appliquer aux autres populations.

Maladies

Forrester (1992) a étudié les causes de la mortalité et de la morbidité parmi les lamantins de Floride et a signalé que les agents bactériens, viraux et fongiques observés, ainsi que les parasites internes et externes n'ont pas de grande importance sur le plan pathologique et ne causent pas d'épizooties. Les lamantins, surtout les jeunes adultes, sont vulnérables aux températures d'hiver très basses et les organismes de "marée rouge" ont été considérés comme responsables de la mort d'un grand nombre de lamantins en Floride (O'Shea et al. 1985, 1991).
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