Pensées de Claire Leconte mises en partage pour les membres de l’atelier 1 du groupe 2








télécharger 133.72 Kb.
titrePensées de Claire Leconte mises en partage pour les membres de l’atelier 1 du groupe 2
page1/4
date de publication22.01.2018
taille133.72 Kb.
typeAtelier
b.21-bal.com > loi > Atelier
  1   2   3   4
Refonder l’école : belle utopie ou réelle possibilité ?

Des rythmes scolaires aux Projets Éducatifs Locaux :

Pour une école dans la Cité

Pensées de Claire Leconte mises en partage pour les membres de l’atelier 1 du groupe 2

Certes il nous a été demandé de « faire court » pour toute proposition que nous aimerions déposer sur le site de la concertation.

Mais ce dossier est bien trop important, trop « sensible » comme le disait Luc Châtel qui a jeté l’éponge et a refusé de le faire aboutir après avoir lancé une opération médiatique de grande envergure pour conduire une consultation Grand Public autour de ce seul dossier qui a duré un an. On ne peut donc pas ne pas lui accorder la place qui lui revient et on doit s’autoriser à y apporter toutes les données nécessaires à acquérir par l’ensemble des acteurs, telle une culture commune, pour s’assurer de bien l’appréhender.

En fait je m’appuie sur un entretien récent du ministre Vincent Peillon, au Café Pédagogique, pour me lancer dans des explications qui me semblent primordiales si on veut réellement aller jusqu’au bout de la réflexion à mener pour réorganiser intelligemment les temps de vie des enfants.

« Il faut reconstruire cette maison sur des fondements solides si l’on veut que tous les élèves réussissent », a-t-il déclaré, c’est exactement ce que je pense.

À propos de l’implication des collectivités locales dans la refondation, il affirme que « … pour les rythmes (entre autres, nda), l’Éducation nationale doit travailler en étroite collaboration avec elles, c’est essentiel », à nouveau, j’approuve totalement.

Puis, « l’objectif de la refondation c’est de changer l’École pour permettre la réussite de tous les élèves. C’est un objectif très clair. Cela suppose de trancher de grandes questions courageusement et de traiter des problèmes que l’on a mis sous le tapis pendant trop longtemps, comme le temps scolaire ». J’applaudis des deux mains.

Et enfin, à la question « la question des rythmes scolaires semble une des plus difficiles. Allez-vous aboutir » il répond « C’est un sujet que les ministres précédents n’ont pu faire aboutir alors même qu’il est essentiel. J’ai confiance. [….] Il faut qu’il y ait de vraies évolutions et pas seulement des petits aménagements à la marge, si l’on veut rendre service aux élèves. Mon rôle c’est donc de pousser et qu’on aille le plus loin possible ». En toute modestie j’avais envie de penser qu’il me retirait les mots de la bouche.

Par ailleurs je ne peux qu’approuver largement Bernadette Groison, qui le 5 septembre dernier, au titre de la FSU, annonce parmi les propositions faites par son organisation, la volonté d’une « amélioration qualitative du temps éducatif » ! On est bien loin d’un aménagement des rythmes scolaires !

Depuis plus de trente ans, ce dossier est régulièrement enterré et tout aussi régulièrement ressorti des tiroirs du Ministère mais toujours comme s’il était vide et que rien ne s’était fait auparavant.

Rien d’autre qu’une passion pour l’École de la République, seule à pouvoir apporter l’équité nécessaire à la réussite de tous les enfants me pousse à me mobiliser une fois de plus pour faire avancer et surtout pour faire aboutir ce dossier en particulier.

Il me semble que les enfants valent bien que pour une fois, le temps politique entre en synchronie avec le temps de la réflexion nécessaire au montage de projets qui apporteront une pierre de soubassement à l’édifice de la refondation de l’école. En effet pour moi, ce dossier est fondamental car il est l’un des outils majeurs à utiliser pour cette refondation.

Pourquoi ce dossier a-t-il toujours été très vite enterré ? J’ose affirmer que c’est parce qu’aucun politique n’a, jusqu’à ce jour, eu le courage nécessaire de l’aborder sous toutes ses dimensions et de lui accorder le temps nécessaire à son appropriation par tous les acteurs concernés. Mais aussi, et j’y reviendrai, parce qu’on s’obstine à n’en parler que comme « le dossier des rythmes scolaires ».

Le début vrai d’une réflexion constructive, après une sensibilisation par Langevin et Wallon dans leur projet mort-né de rénovation de l’école, eut lieu sous François Mitterrand ce qu’il concrétisera en confiant dès 1981 à André Henry la création d’un nouveau ministère, celui du Temps libre. Dans un ouvrage rétrospectif paru en 1996, celui-ci réaffirme que la recherche menée par son équipe tendait à déterminer les outils humains de notre temps, capables de transformer la société industrielle de consommation et de profit, au bénéfice d’une société au service de l’homme. « Si nous savons demain, donner un contenu humaniste en même temps que scientifique au temps libéré, alors c’est une fantastique prise de conscience des peuples que nous préparerons avec patience, mais avec persévérance, pour que chacun se sente un peu plus citoyen de son pays et citoyen du monde ».

Le 21 mars 1991, après une décennie de contrats divers et variés autour de l’aménagement des temps de l’enfant, le Comité interministériel de l’évaluation avait décidé, sur la proposition du secrétariat d’État à la Jeunesse et aux Sports, d’évaluer la politique publique d’aménagement des rythmes de vie des enfants. Dans l’avant-propos du rapport d’évaluation sorti à la Documentation Française en octobre 1993, il est écrit : « L’évaluation montre que l’aménagement du temps de l’enfant est un sujet majeur qui va au-delà de la question des rythmes scolaires » (p.10), ce que déjà j’approuvais complètement après avoir participé au montage de deux projets éducatifs, l’un pour un collège en 1982 l’autre pour un groupe scolaire primaire en 1986.

Il est encore dit : « Ce travail sur l’aménagement du temps de l’enfant montre la difficulté à définir la meilleure articulation possible entre les temps scolaires et les temps non scolaires et le chemin qui reste à parcourir pour trouver l’organisation la meilleure de la journée, de la semaine, de l’année qui soit centrée sur l’intérêt de l’enfant, tout en tenant compte de la diversité des acteurs et de leur environnement ». L’instance d’évaluation auteur de ce rapport avait préconisé 10 recommandations qui, en particulier, proposaient que les dispositions contractuelles organisant l’aménagement des temps de l’enfant deviennent un dispositif de droit commun. C’était il y a 20 ans !! Comment en 20 ans n’a-t-on pas réussi à parcourir ce chemin permettant enfin de proposer une organisation temporelle de l’école et de son environnement immédiat en adéquation avec les besoins et l’intérêt des enfants ? Qu’ont fait les politiques successives de ces recommandations ?

Dès 1991, Michel Noir, alors maire de Lyon, profite de l‘ouverture à dérogations offerte par la loi d’orientation de 1989 pour implanter la semaine de 4 jours pour tous sur toute la région lyonnaise (ceci semble-t-il à cause de la pression des instances religieuses qui ont refusé le report du samedi au mercredi primitivement souhaité par Michel Noir). Quoi qu’il en soit, cette organisation a très rapidement montré ses limites pour les enfants des zones péri-urbaines difficiles (Vaulx en Velin, St Priest, Vélizy,..) de l’est lyonnais dans lesquelles les acteurs éducatifs (Francas, Parents d’élèves, Enseignants) ont organisé des soirées débat, avec informations scientifiques, pour faire pression sur les autorités locales afin de revenir à une semaine sur 5 jours. Il faut ici ajouter que les enseignants de ces zones difficiles n’étaient pas seuls à dénoncer l’inadéquation de cet aménagement sur 4 jours puisque de nombreux enseignants de quartiers « favorisés » que j’avais alors rencontrés me disaient avoir constaté assez rapidement après l’implantation de la semaine de 4 jours que les familles les plus aisées profitaient du week-end rallongé pour aller sur les pistes de ski des Alpes pendant la saison d’hiver : or ils n’ont pu qu’entériner le fait qu’un nombre non négligeable d’enfants quittaient l’école dès le vendredi midi parce que n’est-ce pas, « on n’allait quand même pas perdre du temps dans les bouchons du vendredi soir » ! Outre le fait que certains de ces enfants, le vendredi matin, se préparaient déjà dans la tête aux joies du ski, ils avaient le lundi matin une remise en route plus que difficile. C’est en tout et pour tout sur deux jours et demi (au mieux) hebdomadaires d’efficacité dans les apprentissages sur lesquels ces enseignants pouvaient réellement compter. Et si rien n’a changé malgré toutes ces opérations vérité, c’est en grande partie parce qu’à chaque fois des sondages (que je déplore souvent), des enquêtes ont été lancés pour savoir ce qu’en pense la population : évidemment la plupart du temps les seuls sondés acceptant (ou pouvant) remplir le questionnaire ont été ceux qui profitaient pleinement de l’organisation telle qu’elle était et n’avaient donc aucune envie d’en changer. C’est encore le cas aujourd’hui, j’y reviens.

En 1991 également, les professionnels du ministère Jeunesse et Sports, convaincus de l’importance d’apporter aux personnels concernés par l’éducation des enfants, une bonne connaissance des rythmes de ceux-ci mais aussi des outils pouvant contribuer à alimenter et à approfondir la discussion et éclairer les décisions, ont construit une mallette pédagogique comportant des fiches d’informations et une cassette vidéo portant sur des exemples d’expérimentation menées, évaluées et réussies : cette mallette s’intitule « les rythmes de vie des enfants et des jeunes ». Voici ce qu’on peut lire dans la fiche introductive :

« De quoi sont-ils aujourd’hui synonymes dans l’opinion publique ? De calendrier scolaire, de calendrier des vacances scolaires ; ou encore de la question du mercredi et/ou du samedi comme jour de congé… ou enfin de la fameuse semaine de quatre jours…

Mais alors il est une problématique qui demeure : celle du respect des rythmes de vie des enfants et des jeunes.

C’est justement la problématique que se proposent de traiter les fiches et la cassette vidéo contenues dans cette mallette. Cependant la liste des thèmes traités ici peut ressembler à un inventaire à la Prévert : sommeil, aménagement de l’espace dans une école, projet éducatif local, restaurants d’enfants, anxiété, dynamique sociale… Pourtant, ce n’est que la traduction de toute la richesse, la diversité, mais aussi la complexité des sujets que l’on aborde dès que l’on veut faire évoluer les mentalités, les attitudes, les politiques sur les deux axes autour desquels se structure la vie humaine, en l’occurrence, la vie des enfants et des jeunes : le temps et l’espace.

Avancer dans ce domaine, c’est créer les conditions d’un large débat social, au plus près des réalités de terrain ô combien diversifiées. Et créer les conditions de ce large débat, c’est en donner les éléments à tous ceux et à toutes celles qui, à des moments et à des titres divers, ont en charge ou se préoccupent des enfants et des jeunes….

Un débat social, mais aussi « politique », car en dernière analyse, la décision relève des pouvoirs publics, État et collectivités territoriales. Décision qui implique toutes les structures qui ont en charge l’enfant et le jeune, (établissements scolaires, centres de loisirs, lieux culturels et sportifs, etc.) ainsi que le réseau associatif. Ce projet local, après négociation avec l’État (le préfet, le directeur départemental de la jeunesse et des sports) donne lieu à la signature d’un contrat d’aménagement des rythmes de vie des enfants et des jeunes » !

À qui cette mallette pédagogique, très riche d’informations indispensables à connaître, a-t-elle donc servi ? C’est un mal bien français que de penser sans cesse qu’on réinvente l’eau chaude en oubliant totalement ce que d’autres ont fait avant nous, de ne jamais s’appuyer sur les expériences acquises, de considérer le passé comme bon à enterrer. Je me dois ici de saluer l’idée des contrats de génération, nous verrons ce qu’en font les entreprises.

1995, changement de présidence de la République, les rythmes scolaires sont toutefois toujours à l’honneur. Engagement est pris par Jacques Chirac, dans sa campagne présidentielle, des les modifier fondamentalement.

Une circulaire tri-ministérielle est signée fin 1995 (Éducation nationale, Jeunesse et Sports, Culture) mais les « malentendus » entre ministres aboutiront à ce que son application ne se fasse que sous l’égide de Jeunesse et Sports. Or peut-on considérer qu’il est responsable de la part d’un ministre de l’Éducation nationale (François Bayrou pour ne pas le nommer) de diffuser dans toutes les écoles françaises un questionnaire proposant des choix d’aménagement de la semaine de classe parmi lesquels on trouve : une semaine à 4 jours de 6h30 ! (à l’époque, la semaine de l’écolier était de 26 heures, 4 jours à 6 heures imposait davantage de jours dans l’année et donc le plus souvent un raccourcissement des petites vacances intermédiaires). Ce même ministre avait d’ailleurs fait parvenir un courrier aux Inspections Académiques leur suggérant d’interdire aux enseignants d’assister aux conférences débats organisées par les DDJS en vue d’une réflexion à mener pour construire des projets d’aménagement des temps de vie des enfants. Ayant été orateur (parce que le jeu en valait déjà la chandelle, que je travaillais depuis bien avant 1995 avec le MJS et que les appels à projets étaient tout à fait intéressants) pour nombre de ces conférences, j’ai malheureusement eu à lire une telle lettre.

En 1997 ce sont 230 sites pilote (76 en zones rurales de – de 2000 habitants) concernant 859 établissements (dont 7% de collèges) et 108 402 enfants qui fonctionnent en ARS.

Voici ce qu’à l’époque pensaient les présidents respectifs des deux principales fédérations de parents d’élèves :

Jean-Pierre Bocquet, président de la Peep : «Une réflexion sur le rythme de vie de l'enfant»

«Il faut aller de l'avant. Nous sommes pour une généralisation, à condition que ce soit une véritable expérience nationale, que tout le monde aille dans la même direction. Grâce aux expériences Drut, on a enfin lancé, à grande échelle, une vraie réflexion sur les rythmes de vie de l'enfant, qui tient compte de ses intérêts et de son évolution familiale. Nous souhaitons aussi un allègement de la journée scolaire, du nombre d'heures de cours. Cela nécessite peut-être de modifier les programmes, dont tout le monde dit qu'ils sont trop lourds, même si les esprits ne sont pas encore prêts. Il faut notamment lever les réticences corporatistes des enseignants. Le problème des surcoûts qu'imposent les rythmes Drut devra également être résolu avec l'Education nationale. Aujourd'hui, on a l'impression que le ministère freine des deux pieds. ».

Georges Dupon-Lahitte, président de la FCPE «La formation ne se saucissonne pas»

«Les parents, c'est vrai, sont demandeurs de changement. Mais de quels changements? La formation d'un enfant ne se saucissonne pas. Or, l'aménagement des rythmes scolaires que propose Guy Drut repose sur une répartition entre les enseignements dits fondamentaux le matin, les activités sportives, artistiques, l'après-midi. C'est absurde. Cela va à l'encontre d'une vision globale de la formation. Le risque est de réduire le sport, le dessin, etc., à de l'animation, alors qu'il y a là aussi des savoirs à transmettre. Nous ne sommes pas opposés à la présence d'intervenants extérieurs à l'école, pourvu qu'ils soient qualifiés. Mais nous n'acceptons pas que le sport, les activités artistiques, sortent de la responsabilité de l'Education nationale. On ne peut pas généraliser les expériences Drut sans une véritable évaluation.»

Notons ici que ni la circulaire interministérielle du 31 octobre 1995 ni la lettre d’instruction du ministère Jeunesse et Sports du 23 novembre 1995 n’incitaient à désengager l’Éducation nationale des activités sportives ou artistiques. Moi-même ai évalué une dizaine de sites pilote (politiquement de gauche comme de droite), répartis en France, pendant 3 ans, (plus de 12OO enfants concernés), pas un n’avait réalisé la répartition crainte par Georges Dupon-Lahitte. De plus telle que la circulaire avait été rédigée elle avait permis que soit mis en place en 1996 un projet d’aménagement sur 6 jours avec allongement des matinées scolaires au cours desquelles avaient lieu l’EPS, les Arts Plastiques, toutes les activités dites d’éveil. Cet aménagement a fonctionné ainsi jusqu’en 2008 (il est actuellement sur cinq jours toujours avec 4 heures le matin scandées par deux pauses).

Guy Drut annonçait alors que « le passage de l’expérimentation à la généralisation demandera au Parlement de légiférer. Un projet de loi devra être déposé avant la fin de l’année 1997. Tout d’abord pour donner un nouveau cadre à l’aménagement du temps scolaire, quotidien, hebdomadaire et annuel ; ensuite pour donner un statut aux intervenants ». L’échec aux législatives de la majorité en place conséquente de la dissolution par Jacques Chirac de l’Assemblée nationale en 1997 n’a pas permis de légiférer.

Marie-George Buffet, devenue ministre de la Jeunesse et des Sports, décide de prolonger pour l'année scolaire 1997-1998 l'opération « sites pilotes » en souhaitant une place plus grande accordée aux collégiens et une priorité pour les zones défavorisées, urbaines et rurales. 242 sites pilotes concerneront alors 120 000 enfants.

Pourtant Claude Allègre, ministre de l’Éducation nationale, ne donnera pas suite et fera paraître une lettre d’Instruction le 9 juillet 1998, Éducation nationale, Jeunesse et Sports, Culture, Ville, concernant la mise en place du « Contrat Éducatif Local ». Il s'agit « d'encourager les activités offertes aux enfants et aux adolescents en dehors des heures scolaires ». On externalise complètement les activités éducatives en séparant bien les temps scolaires et les temps périscolaires. On peut de plus regretter que ce ministre ait cru bon de lancer, devant un parterre d’enseignants : « vous avez vu, on leur a repris les rythmes scolaires à Jeunesse et Sports » ! Quel mépris pour les enfants concernés ! D’autant que les moyens mis par son ministère pour les CEL n’ont jamais été à la hauteur de ceux mis par Jeunesse et Sports pour les sites pilote.

C’est exactement le même mépris pour les enfants qui a permis à Xavier Darcos de faire appliquer la semaine de 4 jours à peu près partout en France, car si les enfants avaient alors été mieux considérés, les conseils d’école auraient tiré partie de la possibilité offerte par la circulaire de mettre en place une semaine sur 9 demi-journées (« L’enseignement scolaire hebdomadaire peut se répartir sur quatre jours ou sur 9 demi-journées du lundi au vendredi » ; « Sur proposition du conseil d’école transmis par l’IEN et après avis de la commune, l’inspecteur d’académie-DSDEN peut modifier la répartition des 24 heures d’enseignement obligatoire dans la semaine, en les répartissant sur neuf demi-journées du lundi au vendredi »).

Et que penser d’un syndicat enseignant qui déclare, le 29 septembre 2007 après l’annonce de ses décisions à venir par Xavier Darcos : «On vient de faxer une demande de rencontre avec Xavier Darcos, on ne peut pas se contenter d'annonces». Responsable du SNUipp, le premier syndicat du primaire, Gilles Moindrot est interloqué par la façon de faire du ministre. Aucune concertation n'a précédé «une annonce si lourde de conséquences, notamment pour les enseignants». «Nous n'avons pas d'opposition de principe, explique-t-il, de plus en plus nos collègues sont pour la suppression du samedi. Mais on ne peut faire de telles annonces en laissant tant d'incertitudes : comment ce soutien scolaire va s'organiser, quelles vont être les conséquences sur les programmes, etc.».

Enfin, qui a accepté de profiter de cette suggestion : « le ministre demande aux communes de laisser les écoles ouvertes le samedi matin pour que puissent y avoir lieu des activités d'accompagnement » ?

Et on ne peut oublier les propos d’un ancien ministre de l’Éducation nationale, à propos de ces décisions. À la question : La suppression du samedi et la semaine de quatre jours, est-ce d’après vous une bonne mesure ?

Réponse de Luc Ferry : « Cela dépend de quel point de vue on se place. Si on se place du point de vue des performances des élèves, ce n’est pas forcément une chose formidable. Si on se place d’un point de vue budgétaire cette suppression à la fois d’heures et de postes [...] est évidemment défendable. [….] on peut dire - ce que je pense personnellement –  les questions budgétaires et de la dette publique sont fondamentales et on ne peut pas exempter l’Education nationale, étant donné le nombre de fonctionnaires qu’il y a dans cette maison, d’un effort y compris sur le plan budgétaire ».

Et à la question : « En supprimant le samedi, on fait des économies ? »

la réponse : « Bien sûr, il faut vraiment être technicien pour le savoir. On peut l’expliquer simplement. Le passage de 26 à 24 heures, même dans le primaire, cela change le nombre de postes. Parce que la suppression des deux heures de soutien pour les élèves en difficulté permet de supprimer les RASED, ou réseau d’aide et de soutien à l’éducation dans les départements. Cela fait économiser 8000 postes. Il faut quand même le savoir. C’est un point très important. C’est cela, l’enjeu de cette réduction, outre le fait qu’évidemment cela fait plaisir aux parents, aux élèves et aux professeurs. Vous avez dans cette mesure un avantage politique et une réduction des coûts budgétaires  ». (Europe 1, 2 septembre 2008). Comment les syndicats d’enseignants ont-ils pu rester muets devant de tels propos ???? D’autant qu’il conclut par : « On ne peut pas soutenir raisonnablement qu'en supprimant des heures, les élèves vont apprendre plus de choses ».

Pour en finir avec ce rapide rappel historique, important me semble-t-il pour reprendre le dossier là où il en est à condition qu’on tienne compte du fait qu’on ne part pas de rien, je voudrais ici rappeler certaines propositions faites par divers syndicats de l’éducation nationale à la demande de Luc Châtel suite à la publication du rapport de la conférence sur les rythmes scolaires. Il me semble que ces propositions, pour la plupart d’entre elles, étaient bien centrées sur l’importance à accorder au respect de l’enfant, ce qui ne devrait pas avoir changé avec un changement de gouvernement et ce sur quoi, me semble-t-il, on devrait encore aujourd’hui s’appuyer.

Je ne reprendrai pas la contribution de la CGT-FO car j’ai eu la désagréable surprise de constater que cette confédération a posté récemment une pétition qui ne fait que reprendre les six points sur lesquels elle insistait le 6 octobre 2010 et qui ne sont rien d’autres que des demandes de défenses catégorielles, le mot enfant ou élève n’y apparaît à aucun moment.
  1   2   3   4

similaire:

Pensées de Claire Leconte mises en partage pour les membres de l’atelier 1 du groupe 2 iconMasseur-Kinésithérapeute salarié ou libéral
«groupe» doit être nuancée car on trouve plusieurs types d’association : cela va de la simple mise en commun des moyens tels que...

Pensées de Claire Leconte mises en partage pour les membres de l’atelier 1 du groupe 2 iconSalam à tous les campussiens, comme j'ai constaté sur le groupe,...

Pensées de Claire Leconte mises en partage pour les membres de l’atelier 1 du groupe 2 iconSynthèse des travaux du groupe : première rédaction soumise aux membres du sous-groupe

Pensées de Claire Leconte mises en partage pour les membres de l’atelier 1 du groupe 2 iconAtelier pré-transplantation
«L’objectif de l’atelier est de partager vos connaissances, vos interrogations sur votre insuffisance rénale et de les compléter...

Pensées de Claire Leconte mises en partage pour les membres de l’atelier 1 du groupe 2 iconPhilosophie générale (L1)
«Je fixais des vertiges». Cette acticité caractérise l’intellectuel appelé par une destinée philosophique; saisir et comprendre des...

Pensées de Claire Leconte mises en partage pour les membres de l’atelier 1 du groupe 2 iconManuel Valls, Premier ministre p 16 interview de Thierry Houette,...
«Navires à passagers : écologie, sécurité, design : quels leviers pour la compétitivité des chantiers français ?» p 20

Pensées de Claire Leconte mises en partage pour les membres de l’atelier 1 du groupe 2 iconI définitions I a Individus vs société
«Tend à comprendre et à expliquer comment les pensées, les sentiments, les comportements moteurs des êtres humains sont influencés...

Pensées de Claire Leconte mises en partage pour les membres de l’atelier 1 du groupe 2 iconQu’est-ce qu’un réflexe ? quels sont les structures nerveuses mises en jeu ?

Pensées de Claire Leconte mises en partage pour les membres de l’atelier 1 du groupe 2 iconTuteur : Dr Anne Claire deyon charlotte Donabédian
«il ne lui fait plus à manger, d’ailleurs ça se voit elle a maigrit, on croirait qu’elle sort des camps de concentrations… c’est...

Pensées de Claire Leconte mises en partage pour les membres de l’atelier 1 du groupe 2 iconPreambule
«Accompagnement, Soins et Services à la Personne». Ces documents ont pour la plupart été réalisés avec l’aide du groupe de professeurs...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com