Note : Underground contient certains passages en anglais, ils ont été traduits en français dans la version roman l'Attente de Paris








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Mais Edwin a raison, il existe tout de même une jeune génération à travers l'Europe, plus spécifiquement à Paris, qui adore les États-Unis. Et pour paraphraser Jacques Godbout et UNE HISTOIRE AMÉRICAINE, le mythe se construit dans les laboratoires de la Californie. New York en tire son profit. Et puis ça impressionne d'être New Yorkais. Moi-même, j'étais fier d'avoir couché avec un Américain. Où s'arrêtera donc la bêtise? Et quelle est donc la sensation que l'on ressent lorsque l'on couche avec un Allemand? Un juif? Je n'en dis pas davantage. Mais s'il existe une différence entre Bruno et Edwin, elle est psychologique, et mes sentiments pour l'un et l'autre semblent indépendants de ma volonté.
Quelle extraordinaireté que de croire qu'Ed soit straight, puis de finalement savoir qu'il est gai, puis de coucher avec. Jamais je n'aurais osé croire qu'il était comme moi, et qu'il me tiendrait dans ses bras un jour. Comme je l'appellerais tout de suite et l'inviterais à retourner à Paris. Mais n'aimerais-je pas mieux m'assurer un avenir avec Bruno? He's still very beautiful, especially when he's nude. Je ne peux en dire autant de Ed. Mais Edwin en caleçon et T-Shirt, avec son bedon qui se voit un peu, c'est incroyable. J'explorerais son corps de A à Z s'il revenait. Mais il m'a bien spécifié qu'il ne recoucherait pas avec moi, car Bruno est son ami... et c'est vrai qu'il serait définitivement immorale de bâtir une double relation dans le dos de Bruno. Mais devrais-je le laisser là? What a tricky situation. And what about if I had never slept with Edwin? Je sais que mes regrets auraient été énormes. Mais j'aurais peut-être oublié plus vite cette aventure. À moins que je me serais mis à souhaiter son retour dans l'espoir que la chose se produise? Il m'arrivait de me poser la question à savoir si j'en arriverais à coucher avec Neil un jour. Plus spécifiquement qu'il dort souvent ici et que nous sommes seuls dans la maison le matin. Je sais qu'il s'exhiberait un peu plus s'il en avait la chance, et qu'il brûle peut-être de me voir m'exhiber. Il lui est arrivé à deux reprises d'entrer dans ma chambre sans frapper, chose qu'il n'avait jamais fait depuis les deux dernières années. Mais après l'histoire d'Edwin, je comprends que tout cela était futile, même, je n'y aucun intérêt. La séduction est impossible, et dangereuse. Qui me dira si cela ne se retournera pas contre moi? Je réentends Ed me dire: «I tried so hard to resist you!» J'imagine qu'il voulait dire qu'il avait essayé un peu plus que s'il n'y avait eu aucune barrière. Car tout s'est passé si rapidement. Quelle expérience! Je me revois allumer la lumière, le voir étendu sur le lit, me coller contre lui. D'avoir sa bouche contre la mienne. Chacun des détails de sa personnalité refait surface. Son petit case où il range sa brosse à dent, sa soie dentaire. Sa voiture, ses cassettes, on me dirait en admiration totale. Ô Edwin, je revois même le gros ED écrit au crayon feutre sur ta tasse. Si tu a pu sentir que j'étais en érection lorsque je t'ai pris dans mes bras à l'Hôtel des Gouverneurs à Montréal, cela ne me surprends pas. Je pense même que Bruno l'a remarqué, il s'est retourné deux fois pour regarder. Tant pis, j'ai tant besoin de cela, je ne pourrais même pas reprocher à qui que ce soit la tournure des événements. Serait-ce là l'âme soeur? Je n'ai pas choisi Bruno que je sache. J'ai bien pris un an et demi pour ressentir un sentiment qui ressemblait à de l'amour, sans toutefois me transporter à la passion. Que dis-je, j'ai aimé me retrouver dans ses bras ce soir. Si Ed dispaissait, je continuerais très bien avec Bruno. Je vais essayer de ne plus y penser. Ed serait-il l'âme soeur? J'espère que non.
14 mars 1994
J'ai enfin passé à travers le calvaire de Ionesco ou presque. Dieu qu'il se répète, et cela me donne un avant-goût de la France. J'y distingue déjà ce que j'omettrai de mes livres déjà écrits. J'ai aussi enfin posté toutes mes demandes d'Universités, en particulier celles de Paris. Mais je suis trop fatigué pour l'apprécier, et découragé de savoir que je suis peut-être trop tard. Edwin m'a téléphoné hier soir. Bruno était en dépression, mais Ed a rappelé un peu plus tard. On s'est masturbé au téléphone! Mais je ne suis pas venu, et Edwin semblait déçu. Il interprête peut-être ça comme s'il ne me faisait pas d'effets, et cela m'affecte. Mais je suis tant fatigué ces temps-ci. Le temps passe vite, c'est indéniable, il me reste moins d'un mois d'école. Mais le physique en prend tout de même pour son rhume. Bientôt les rhumatismes, je le sens. C'est la première fois de ma vie que je ne désire pas finir l'année scolaire. Je n'ai rien à attendre de l'été, plutôt le désert et l'insécurité. Vais-je travailler? M'ennuyer? Repartir pour Jonquière? Demeurer ici pour Bruno? Et comment va aller notre relation alors? Et Ed dans tout cela? Je le répète, un coup venu, cela m'écoeurait un peu d'attendre qu'Ed vienne à son tour. Je sais cependant que la prochaine fois je serai en monde connu, et que j'en ferai plus, le sucer entre autres choses. Je bande à y penser. Il est certain que je voudrais le revoir. Je voudrais même lui parler ce soir. D'où mon besoin d'écrire dans ce journal. J'ai hâte qu'il reçoive ma lettre, en attendant, je souhaite en recevoir une de lui. Le problème c'est aussi que j'ai de la misère à le conceptualiser. Même son visage, je dois faire un effort pour m'en souvenir dans ses moindres traits. Il m'a dit avoir fait un rêve la semaine passée, très réel. J'étais nu dans ses bras, il sentait mes jambes contre les siennes, et il s'est réveillé en sursaut avec un oreiller dans les bras. Est-ce possible? Maybe he's becoming Newyorkais crazy? Mais j'y crois, et je peux apercevoir jusqu'à quel point j'ai laissé ma marque sur ce jeune homme. Comme il est bien de se flatter ainsi. Un jour je ne le pourrai plus, profitons-en. Surtout lorsque je sais que personne ne lira ce journal, mais je serai bien naïf de le croire. Je suis comme André Gide, je n'ai pas d'amour propre. Je laisserais ce journal se faire publier, si cela n'en tenait pas aux gens auxquels je fais mention. Mais à moins de le perdre dans les méandres de l'informatique, ce journal sera publié un jour. Peu importe, je parlais d'Edwin, le beau jeune homme qui n'a plus aucun intérêt pour Cathrine sa copine. Il l'a rencontrée avant hier, et lui a fait comprendre que c'était fini. Il insiste auprès de moi qu'il ne voudrait jamais que par sa faute, moi et Bruno on se laisse. Mais pour moi, il a enfin compris qu'une femme dans sa vie, c'est pas le paradis. C'est triste d'ailleurs, mais ça en prendrait beaucoup pour m'en convaincre définitivement. Car les anciens de l'Université d'Ottawa, que je téléphone en ce moment pour demander de l'argent pour l'Université; Dieu qu'ils semblent avoir une vie plate. Encore que, ma définition de ce qu'est une vie plate prend des proportions inquiétantes. En effet, rien ne va me satisfaire je crois. Ma crucifixion par les critiques, si un jour j'arrive à publier quoi que ce soit, sera peut-être d'un intérêt, mais à entendre Eugène Ionesco, c'est plat. Le succès, c'est plat. Le sexe, c'est plat. Il existe une vie après le succès, et c'est plat. Seul l'argent devient intéressant, et seulement dans le sens où il me permettra de vivre sans faire des choses encore plus plates que ce qui est plat. Paris me réveillera-t-il? Même psychologiquement? Et si Paris était plat? Si je m'écoutais, je prendrais une chire (?) sur la drogue, dure en l'occurrence. On attend tellement de choses de la vie, pourquoi ne nous a-t-on pas dit qu'il n'y avait rien de plus que notre quotidien actuel? Même le sexe ne contente pas!
Monsieur Vandendorpe sera dans mes rêves cette nuit. Mais il ne sera pas nu avec sa chose entre mes jambes. Il sera devant son ordinateur à me réclamer trois mois de travaux hebdomadaires en retard. Je me déshabillerai alors, lui carresserai le crâne dégarni, et le bedon trop gros, et il me suggèrera d'oublier les futilités du cours. Adieu! monsieur Vandendorpe. Je suis Eugène de Rastignac (pas Eugène Ionesco), et je m'en vais me confronter à Paris tout entier. Je me vois déjà le porte-parole des Québécois en France. Leur rappelant qu'il en existe tout de même huit millions et que ce chiffre, il ne pourront plus l'ignorer trop longtemps. Ah ça oui, ils l'ignorent, et pour cause. Ils s'imaginent que nous sommes semi-français, et encore, des habitants. Les grands auteurs Québécois sont publiés au Seuil, Gallimard et cie, et l'on oublie qu'ils sont Québécois. De toute façon ils sont déjà bien suffisamment Français, et c'est là une preuve que la littérature du Québec n'est pas une branche de la littérature française, mais bien une partie intégrée. Godbout, Hébert, Beauchemin, Thériault, (Tremblay? Bouchard?), ce n'est pas la littérature qui manque.
Et moi, le pauvre, qui nage à contre-courant. Qui est d'avant-garde peut-être, mais peut-être davantage de l'arrière-garde comme dirait éventuellement Ionesco dans ses presque 400 pages de bullshit-justifications. S'il existe des règles en littérature, je suis celui qui vient de les apprendre, et celui qui les a vite oubliées. Dieu merci, je déteste avoir une marche à suivre. C'est plus de travail, et inutile peut-être. Tient, ça me tente de relire René le Bon Gars...
15 mars 1994
J'ai certainement des problèmes psychologiques de ce temps-ci. Je me demande bien ce qui peut me pousser à écrire autant au mois de mars. Hier j'ai encore fait des folies. J'ai bu la moitié de la bouteille de vin que Bruno avait laissée par hasard, et j'ai téléphoné le Edwin à Oswego. Le problème c'est que cette fois-ci je suis venu. Je commence à me sentir vraiment coupable, de tous les sens. Il me semble que je me joue de Bruno, qui parle maintenant un peu plus de me suivre à Paris, de même, je me joue d'Edwin, puisque je vais demeurer avec Bruno. J'amplifie un sentiment qu'il a pour moi, pour rien. Je lui ai dit que je l'aimais hier, il m'a dit de même, en spécifiant qu'il s'agissait d'un trop gros mot. Jusqu'où ira la bêtise? Est-ce que les gens straigt se foutent aussi dans des situations comme cela? Je n'en doute pas, le frère de Sherry entre autres, avait deux blondes en même temps, et je le soupçonne de ne pas s'être posé la question, à savoir, était-il bien de se jouer des gens ainsi. Et si j'en crois ma pseudo-philosophie sur le bien et l'expérience, c'est indéniable que je vais apprendre beaucoup, à faire la distinction du bien et du mal entre autres, mais en faisant le mal. Et le problème commence là où je me sens comme si j'avais outrepassé les limites et qu'il n'y avait plus de retour possible. Comme si j'avais failli totalement et qu'il ne me restait plus qu'à oublier ma philosophie. Mais je crois que ce paradoxe n'en est pas un. L'expérience se fout pas mal de l'humain, de ce qu'il est capable de faire. Coucher avec une ou dix personnes, ou mille, ne changera rien. C'est la souffrance que l'on cause qui compte, et celle que l'on reçoit ou en mesure de percevoir. Le problème aussi c'est lorsque je me mettrais à coucher à tort et à travers, sans m'attacher à personne ni connaître personne. Ce serait là une stagnation, une non-possibilité d'avancement sur la ligne de l'expérience. Les interractions entre moi et Bruno, moi et Edwin, Edwin et Bruno, sont déjà forts complexes. Sinon je n'en écrirais pas autant de pages de journal. Et peut-être éventuellement je serai davantage en mesure de distinguer ce que je dois apprendre là-dedans. Encore qu'il s'agit peut-être de m'orienter vers des décisions plus importantes, comme le départ pour Paris. Si tout semble évident en ce qui concerne le futur, je dois cependant avouer qu'il risque de changer encore. Ne serait-ce que les choses tournent et qu'on ne sait jamais si la meilleure solution qui se présente pour l'avenir consistera bien en la meilleure solution dans six mois. Mais pour l'instant, ce n'est pas inutilement si Bruno a la nationnalité française et qu'il se retrouve devant un vide dans sa vie pour septembre prochain. Je vois bien qu'il me suivra en France, il en rêvait, il en a la possibilité, il en a le désir, encore deux semaines de mars, il dira oui, je pars. Et j'avoue que ce serait bien. J'ose croire que je vais oublier Edwin, arrêter de lui dire des choses qui le feront rêver ou espérer, et me concentrer pour raviver la flamme avec Bruno. De toute façon, j'ai de bonnes raisons de croire qu'elle ne sera pas difficile à rallumer, et je crois que l'étape Edwin est accomplie: me faire rêver à la France, me faire courir à l'Ambassade, me tiendre en haleine jusqu'à ce que j'aie posté les lettres de demandes d'admissions. Mais l'avenir m'en dira tant. Il n'y a pas que moi à soutirer des avantages ou désavantages dans tout cela. En attendant, Edwin lui-même traverse une drôle de passe avec sa blonde... il n'y a que Bruno qui semble en retard sur les événements, je ne doute pas que la crise s'en vient.

Mon premier cinq minutes à l'Université fut un rêve. Mais la première heure, un vrai calvaire. La secrétaire du département me connaît si bien qu'elle m'a dit que j'avais un paquet au département. Je dis bonjour à M. Simard, il était de bonne humeur. Je rencontre Pierre-Louis Vaillancourt, il est encore positif relatif au fait qu'il doive m'écrire des lettres de références. Je lui mentionne Paris, et là, la transformation-métamorphose, digne du christianisme, se produisit. «Si tu as besoin de lettres de références, viens me voir!» Ainsi, j'aurai non seulement deux bonnes lettres de références, mais en plus, provenant des deux pires ennemis au département. Ainsi Dominique et Pierre-Louis se détestent, se battent pour la présidence je crois, se cherchent des poux, et voilà qu'ils ne pourront se contredirent sur mon cas, puisque chacun devra normalement prendre ma défense.
En ce moment j'écoute une fille me faire le résumé de Don Quichotte, et Dieu que c'est plate! Il est midi, vais-je survivre jusqu'à 20h30? Impossible. Et le pire, j'ai rien fait à propos de mes travaux pour le cours de Vandendorpe. J'ai un test demain matin plus le plan du travail final en théâtre. Mais demain, il y a mieux: Danielle Forget, à l'intérieur de son cour de stylistique, fera lire mon texte LE PRINCIPE avec l'Hilda la Dame, pour que les gens de la classe l'analysent. Et je dirai ce que j'avais en tête lorsque j'ai écrit ces deux pages. Je serai bien embêté d'ailleurs. Je suis d'abord parti de la théorie des contraires de Socrate: les contraires s'attirent, la vie entraîne la mort, et la mort appelle la vie. Ainsi, tout est doublé pour montrer la dialectique, le mouvement double, avec comme parallèle, la misère appelle la réussite et vice versa. Mais ce n'est pas le cas de l'Hilda la Dame. Cette dernière en plus, est un mélange de moi et de Coco, Claudia qui travaillait à la cafétéria de l'Université. En plus que je substitue Claudia à ma mère, et moi à son fils.
Si Joël savait à propos de bien des choses. Et je n'ose même pas en parler ici. Cinquante ans après l'Holocauste, je n'ose même pas parler des juifs. Et ce n'est pas comme si je parlais des noirs (d'eux, je n'en parle pas de peur que l'on me taxe de racisme, pire, de peur que je m'accuse moi-même de racisme), mais plutôt que le racisme envers les juifs est encore virulant et effrayant. Et quand je pense que Joël est non seulement juif, mais qu'il est homosexuel en plus, je me demande quels peuvent être ses espoirs de traverser la vie sans rencontrer de problèmes. Il veut repartir pour Jérusalem, ou du moins Israël, il finira en prison, ou mieux, on l'assassinera. L'homophobie est plus inquiétante que l'anti-sémitisme à l'heure actuelle, car aucune charte des droits et des libertés n'interdit à quiconque d'être juifs. Et plusieurs États américains ainsi que la Chine entre autres, nous disent illégaux explicitement. Mes propres voisins ne m'acceptent pas. Je suis jugé telle une menace constante pour les valeurs de la société, jugé et pendu avant même de naître. Cet idiotisme est surprenant, et à les entendre aujourd'hui, sans les lois, on nous tuerait tous sur-le-champ. Mais sur quoi reposent-ils qu'être homosexuel puisse être illégal? Ou plutôt, sur quels principes interdisent-ils qu'il est illégal d'avoir des relations homosexuelles? En quoi cela les concerne? N'est-ce pas une violation de mon être? M'en vais-je chez mes voisins leur dire ce qu'ils sont en droit de faire lorsqu'ils font l'amour? Pire, est-ce que je m'en vais explicitement écrire dans la charte des droits et libertés qu'il leur est interdit de faire l'amour si ce n'est pas dans le but exclusif de faire un enfant? Pauvres Chinois, ils ont droit à un enfant, ils ne feront l'amour qu'une seule fois dans leur vie, peut-être deux si cela ne fonctionne pas, et dans ce cas, ce serait déjà illégal. Mais leurs principes découlent-ils de la bible? Sodome et Gomorrhe? Pas en Chine en tout cas. Eh bien, en ce qui concerne ceux qui ont une charte où c'est dit qu'on ne peut pas discriminer en rapport à l'orientation sexuelle, ceux là, s'ils ne peuvent comprendre le non-sens de leur sentiment, peut-être finiront-ils par le comprendre de force? Non. C'est sans espoir, la bible a laissé sa marque indélibile dans les guerres planétaires, et cela non plus ils ne le comprendront jamais. Il faut peut-être continuer la sensibilisation, Michel Tremblay l'a compris, il va nous laisser toute une littérature sur le sujet. Michel Marc Bouchard aussi, moi de même probablement, si j'ai la chance. C'est impossible de croire que je pourrais me taire sur le sujet. Le crétinisme des sociétés est sans borne, surtout lorsque celui-ci a été imposé dès l'enfance et fait encore office d'enseignements. Lorsque l'on se décidera à tuer tous les homosexuels de la planète, ce sera 700 millions de personnes minimum que l'on tuera, et ce, à l'intérieur de chaque société ou religion. Autant prendre un humain et lui arracher 10% de son cerveau. Pas de problème, c'est juste 10%, mais le cerveau fonctionnera-t-il très bien après cela? Je n'en doute pas. Et si l'on me réfute encore ce 10% d'homosexuels, j'attaquerai en disant que chez la plupart des gais, il est impossible de voir à l'oeil nu qu'ils le sont. Et dans tous les groupes d'étudiants que j'ai fréquentés en vingt ans, j'ai toujours pu en identifier un où c'était évident. Toujours. Et même deux parfois. Sans compter que je l'étais moi-même, il y a donc toujours ou presque eu deux homosexuels connus de moi, en chaque groupe de 22 à 30 élèves. Nous sommes déjà près du 10%. En comptant maintenant ceux dont j'ignore qu'ils le sont, on saute certainement le 10%. C'est que ce sujet est tellement tabou. Jamais au téléphone ou en un quelconque sondage, je ne divulguerais une telle information. C'est comme l'histoire des femmes battues dont les sondages estimaient leur nombre à 1% avant de se rendre compte qu'avec un sondage anonyme, on récoltait 16% (En France, article intitulé VIVE LES SCÈNES DE MÉNAGE! de Gérard Petitjean dans le Nouvel Observateur, 3-9 avril 1987). Notons aussi ceux qui ne se l'avoueront qu'à 25, 35, 45 ans, ou même jamais! Ce que le lavage de cerveau peut faire, comme ils souffrent, mon Dieu. Montrez-moi une famille de 10 enfants, et je vous jure qu'il y en a au moins un (souvent deux) qui sont gais là-dedans. J'ai connaissance de plusieurs familles de 15 enfants qui contiennent deux et trois gais ouvertement déclarés. Dans la famille de mon père, 16 enfants, je sais qu'il en existe un qui s'est exilé à l'extérieur de la province d'ailleurs. Mais je pense en connaître un deuxième qui pourrait bien se réveiller un jour, peut-être même qu'il possède sa deuxième vie en parallèle de la première, qu'il jouerait bien son jeu. La famille de ma mère cochonne (Ginette), un ou deux se sont déclarés ouvertement. Celui dont je suis certain, racontais la façon dont on l'a battu à Montréal à cause de son orientation sexuelle. J'en aurais d'ailleurs long à dire sur certains de mes amis qui se sont fait suivre ou battre à la sortie d'un bar (je ne parle pas de ceux (que je ne connais pas) qui se sont fait assassiner à chaque mois, on ne s'en sortirait plus (une quinzaine juste à Montréal, depuis 1990). Prenons juste un autre exemple. Dans ma classe actuelle, mon cours de ce matin, avec M. Lemoine, sur 13 étudiants, quatre le sont officiellement (moi inclu). Eh bien, 4/13 nous donne 31% d'homosexuels dans ma classe. Mais nous sommes en Art, paraît-il, il existe davantage d'homosexuels en art. Prenons donc mon ancienne classe de droit, je ne sais plus combien nous étions, et je connaissais peu de gens. Mais j'ai connaissance de deux autres qui le sont, puis des rumeurs pour quelques autres. Sans compter ceux qui se l'avoueront bientôt, et ceux qui le sont mais dont j'ignore l'existence. On dépasse certainement le 10%. Des professeurs à l'Université? J'en ai connu au moins quatre qui l'étaient, et dont les gens en parlent. Même chose au Collège. J'ai même parlé directement avec eux, ou rencontrer dans les bars gais, ou mes amis les ont rencontrés. Vous voyez, une personne sur dix qui est homosexuelle, est un chiffre réaliste, et minimal. Si les tabous disparaissent un jour, la population comprendra enfin qu'elle ne peut s'amputer d'un 10% de la population. Et même, si elle ne le comprend pas, nous, serons dans la capacité de les rendre impuissants face à nous! [23 mars 1994: J'ai parlé avec Joël à propos du pourcentage de gais, il m'a dit qu'il croyait qu'au Québec ce pourcentage selon lui dépasse le 40%. Dans sa classe de séminaire, il a couché avec six gars sur 22. Mais cela est juste un exemple, on pourrait rétorquer que plusieurs gais prennent le chemin des séminaires, bien que ce ne soit pas là un fait vérifiable, c'est habituellement les parents qui décident pour les enfants. Mais enfin, on pourrait rétorquer que ces hommes qui se retrouvent ensemble finissent par se désirer l'un l'autre, mais à ma connaissance, je ne finirai pas par désirer les filles si l'on me place dans un groupe de filles pour cinq ans. On est gai où on l'est pas, puis il y a les degrés entre l'être ou le pas être... bref, partout Joël constate qu'il y en a beaucoup, et selon lui 40% de la population au Québec. Et cela est possible, si héréditaire. Mon grand père l'est, il ne faut plus me le cacher, il loue des films porno gais depuis 10 ans, il se faisait sucer par les petits gars dans le bois, le sujet est tabou, mais j'en ai su suffisamment. Pour Bruno, c'est la même chose, son grand-père, sa mère croit qu'il était gai. Si au Québec les premiers arrivants étaient gais, il est possible qu'un plus haut pourcentage de gens soit homosexuel. J'ai d'ailleurs vu des statistiques, paraît-il, plus de 50% des hommes au Québec ont déjà eu une relation homosexuel au moins une fois dans leur vie. Edwin nous disait que Montréal était reconnu pour être une ville gai fort intéressante en Amérique du Nord, et plus intéressante que New York. Je suis d'ailleurs toujours surpris de voir cette communauté gai à Montréal, ils vivent sans se cacher, aux yeux de tout le monde, ils ont leur magasins, leurs bars, et ce n'est peut-être pas comme cela partout. À Ottawa c'est déjà beaucoup plus caché. Le Tactiks, le 380 Bank et le B, ont tous les trois des entrées cachées ou entrées arrières, ce qui est plus dangereux. Mais bon, je ne vais pas commencer à faire des statistiques, mentionnons toutefois qu'il n'est plus possible de parler d'un simple 3% de la population qui serait gai, ils sont au moins 1 sur 10 au minimum, et il faut bien être gai pour s'en rendre compte.]
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