La VI ième république Française








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LA RENCONTRE



Le téléphone sonna plusieurs fois avant que son interlocuteur ne décroche. « Vous êtes bien Gilles DE VECHTER, né en 1947, journaliste et romancier ? » demanda Hubert. « Oui », répondit une voix grave, avec un léger accent du Sud. « Qui êtes vous et que me voulez vous ? »
La voix n’était pas agressive mais elle n’engageait pas à la confidence. Hubert fut tenté de raccrocher, mais il n’avait pas le choix. Il fallait faire ce reportage à tout prix. « Je m’appelle Hubert DESJARDIN. J’ai 25 ans et je travaille au Matin de Paris, sur le site internet. Mon patron souhaite que je fasse un papier sur vous pour les 20 ans de la 6ième république ».
Il y eut un moment de silence, puis Gilles DE VECHTER répondit : « Je ne suis pas contre, mais en revanche il n’est pas question que nous fassions ça sur un coin de table. Ce que vous me demandez, c’est de raconter 20 ans de vie, à une époque détestable, ou les choses se sont faites à l’allure d’un escargot, pendant que les gens souffraient, se détestaient, n’avaient plus d’avenir, ne croyaient plus en rien. Je suis d’accord pour vous rencontrer, on verra après. En tout cas, si vous ne me plaisez pas, on ne fait rien ».
Hubert n’attendit pas pour répondre et lui donna rendez vous pour le jeudi suivant, le contact se faisant au bar du progrès sur le port du Grau du roi. Il lui restait deux jours pour tout préparer et en plus il avait une visite médicale avant de partir. Le téléphone sonna et la voix enamouré d’Eloise retentir dans son oreille « je suis en congé aujourd’hui, tu ne voudrais pas m’emmener au ciné. Je te paie à manger et je t’invite à passer la soirée chez moi ».

« Pourquoi pas », répondit Hubert, en se disant qu’il fallait bien aller plus loin un jour ou l’autre. En plus, franchement, elle était plutôt pas mal, rigolote et pas prise de tête. « Je passe te chercher vers 18 heures. A tout à l’heure ».
« Monsieur veut un café ? » murmura la voix de Charles. Hubert répondit par l’affirmatif tout en faisant le numéro de téléphone de son médecin. Une chance, il était libre en début d’après midi. Il faut dire que les visites ne duraient pas longtemps. Il ‘s’habilla et partit rapidement en avertissant Charles qu’il ne mangeait pas la ce soir.
Il sonna à la porte du cabinet, en fait une clinique, car les médecins privés avaient peu à peu disparut, faisant place à des soins gratuit dans de grands établissements de santé. Depuis les années 2025, chaque citoyen passait régulièrement des visites, d’ailleurs obligatoires, ce qui n’embêtait personne sachant qu’elle se faisait pendant les heures de travail. Les soins médicaux avaient beaucoup évolué et comme en chine depuis toujours, on privilégiait la prévention. De ce fait, les frais liés aux soins médicaux avaient été divisés par cinq puis rapidement était devenu portion congrue. La science avait permis des progrès incroyable, tant sur les analyses que sur les soins proprement dit. Grâce à ces analyses extra performantes, on pouvait également prédire les maladies dans le corps même du fœtus et le traiter à l’origine. La contrepartie de ces résultats était une durée de vie en 2040 de 102 ans en moyenne, c’est à dire qu’il n’était pas rare de croiser des gens de plus de 120 ans, en excellente santé.
Hubert entra dans un vestibule et s’adressa à l’hôtesse d’accueil « Bonjour, je suis Hubert DESJARDIN. Je viens pour ma visite mensuelle. Je suis pucé donc je n’ai pas de carte »
La jeune femme lui montra une porte de couleur jaune et lui demanda de se déshabiller complètement ce qu’il fit. Il entra alors dans une grande pièce ronde, baignée d’une lumière bleuté, ou pour seul meuble, trônait un pupitre avec comme un guidon munie de deux poignées. Une voix l’accueillit et lui demanda de se rendre devant ce pupitre, de poser ses pieds bien à plat sur l’endroit indiqué et de tenir les poignées fortement pendant 5 minutes. Puis de rester parfaitement immobile au même endroit. Du dessus de lui, descendit alors un cercle qui descendit tout au long de son corps. En fait un scanner. En un quart d’heure, la visite fut faite : les mains sur le guidon donnaient toutes les indications cardiaques, les pieds nu sur une plaque de métal reliée à un ordinateur analysait toutes les tensions et la circulation sanguine, une minuscule aiguille avait pris un peu de sang et en vérifiait toutes les données et le scanner le découpait virtuellement en fine lamelle. Le moindre problème était détecté immédiatement et soigné si besoin.
On peut dire un mot sur une autre façon de soigner, qui tenait de la prévention également : le refus des produits malsains (tabac, alcool, drogues diverses, le sucre, le sel, le gras). De fait les années 2008 furent prépondérantes. En effet, le surpoids, quand ce n’était pas l’obésité, était devenu le problème numéro un. La plupart des affections étaient liées à cette maladie devenu l’ennemie public n°1. Le premier médicament fut trouvé en 2009, grâce aux expériences faites sur des rats dans les années 2000. Mais il aura fallu 10 ans de plus pour que l’on puisse s’adapter à une autre réalité. C’est ce que l’on mange qui fait ce que l’on est. Ce sont donc des lois, poussés par la pression des consommateurs qui obligea les entreprises culinaires à produire des aliments plus sains Evidemment ce ne fut pas que cela. La deuxième raison des maladies était le stress, et il fallut plus longtemps pour y remédier. D’abord il fallut chercher, analyser, conclure en définitive que les raisons du stress pouvaient être liées à la vie sociale.
FREUD avait pourtant bien expliqué les choses, même si sur le moment cela était difficile à comprendre : l’humain est mu par des désirs inconscients, venue du fond des ages, qu’il faut canaliser pour permettre la vie sociale. On ne pourrait accepter que des gens ne fassent que ce qu’ils veulent : prendre ce qu’il trouve, vouloir faire des enfants à n’importe quelle femme, s’approprier par la force ce qu’ils désirent. Ce sont les premiers interdits s’opposants aux premiers désirs qui forment le conscient, mais en même temps provoquent les premières refoulements. Ces refoulements provoquent des névroses. Nous sommes tous des névrosés disent les psychologues et cela est sans doute vrai puisque ces névroses sont l’indicateur de notre adaptation à la vie en commun.
D’ailleurs, les guerres dans les pays sous-développés (et l’on ne parle pas d’économie mais bien de sous développement intellectuel), ou l’on égorge, viole, vole ne sont t’ils pas des lieux ou le subconscient n’intervient pas. Freud (toujours lui), disait que le subconscient s’est le gendarme de notre cerveau psychologique. Il se situe entre l’inconscient et le conscient.
Le problème principal est que d’une certaine façon, la société, structure et restructure a qui mieux mieux. On aurait pu remarquer que ce sont toujours de vrais raisons qui poussent les députés à légiférer : la sécurité, l’économie, mais aussi la résistance aux changements, la passion du pouvoir. Ne disait on pas dans les années 2008 que c’en était trop des lois : la fin du tabac dans les lieux publics, les ceintures dans les voitures, l’interdiction du téléphone dans les voitures, les limitations de vitesse et les radars, le travail obligatoire. En fait, la vie sociale n’était plus devenue que des règles à suivre.
Un auteur des années 2009 avait écrit un livre concernant le stress lié aux contraintes, qui n’était pas le même stress que celui qui nous permettait d’agir. L’un permet de faire face aux dangers (courir, se battre), mais l’autre, né de l’impossibilité d’agir ne peut que nous rendre malade. Le docteur henry LABORIT, dans les années 1980, avait travaillé sur ces sujets et écrit un livre « l’éloge de la fuite ». Ou l’on comprenait alors qu’il n’était pas possible de survivre à des contraintes permanentes. Il faut pouvoir évacuer ses tensions ou plus simplement atténuer les interdits. Dans ses expériences avec des rats, il a prouvé que l’impossibilité d’agir et de fuir amenait chez l’animal des débuts de cancer ou des ulcères d’estomac. Dés lors que le rat pouvait s’échapper ou se battre, il ne somatisait plus. Il restait en bonne santé.
Imaginons un ouvrier, qui tous les jours vissent des écrous, avec une cadence insupportable, dans un bruit d’enfer, tous les jours, en faisant les 3 huit, et qui de surcroît supporte un contre-maître irascible et mal dans sa peau, lui même subissant la pression de son patron et celle de sa famille, entre ses enfants qu’il ne connaît pas et une femme qui le déteste. Il ne peut fuir. Il ne peut se battre au risque de se faire virer. Alors il tombe malade. Dans les années 2000, la plus grande cause d’absentéisme au travail est celle liée aux conditions de travail. De là à penser que le travail (forcé puisque on ne pouvait faire autrement) loin d’être une source d’épanouissement (ou de rédemption comme disent les ecclésiastiques) était une des cause véritables du stress et du mal être du moment il n’y a qu’un pas qui fut franchi dans les années 2010.
Hubert se rhabilla et rejoignit le docteur qui l’attendait à l’entrée « pas de problème, cher monsieur. Tout est parfait. Peut être faudrait il que vous fassiez du sport plus régulièrement. Mais bon. En tout cas rien à dire. Au mois prochain » . Parfait pensa Hubert, il ne me reste plus qu’à aller à la salle de musculation, prendre une douche et filer au rendez vous. Il fila à sa voiture, donna l’adresse et sa voiture démarra doucement et en silence. La plupart du temps dans la ville , le moteur électrique était privilégié. Il passa 1 heures dans la salle de sport, 30 mn dans le bain à bulle, pris sa douche « sèche », passa des vêtements propre et en route vers l’aventure.
L’histoire ne dira pas le contenu de la nuit, mais finalement entre les années 2008 et 2040 les relations entre les hommes et les femmes n’avaient pas beaucoup changé. En revanche, les histoires de couple s’étaient transformées. La famille telle qu’elle existait avait changé, les gens se quittaient très vite et la famille 2040 se recomposait plusieurs fois dans la vie. Mais finalement c’était devenu la norme, et cela ne posait plus de problème aux enfants. Ce qui était important pour les enfants c’étaient d’être dans la norme.
Le réveil sonna vers 9 heures et cette fois ci- le petit déjeuner fut servi par Eloise en personne, vêtue d’une nuisette assez transparente. Comme la plupart des gens elle était svelte, mais on voyait bien que ses seins avaient été refaits. C’était une chirurgie assez fréquente et à cette époque il n’était plus nécessaire d’être endormi. La douleur avait obligé les chercheurs à trouver des molécules super efficaces. On avait trouvé également le chemin de la douleur vers le cerveau, et on pouvait supprimer toute douleur, ou qu’elle soit.
Il fila jusqu’à chez lui et trouva ses affaires prêtes et rangées. Il coupa toute l’électricité sauf l’ordinateur. Comme ça, Charles continuait à veiller sur l’appartement. De plus ça lui permettait d’avoir accès à son disque dur depuis l’endroit ou il se trouvait. A 11 heures il était partit, laissant la voiture se conduire toute seule après lui avoir donné son point d’arrivée. Il aurait pu prendre le train, car déjà en 2030 la plupart des voyages en voiture se faisant en routotrain. Tout a été plus facile quand les voitures en questions ont commencé à se garer latéralement. Toutes les roues tournaient à 180 ° et donc on pouvait se garer très facilement. Evidemment, les émissions de fumées s’étaient sérieusement ralentit.
En réalité, les solutions se trouvaient plus facilement depuis que l’on avait décidé de privilégier les gens. Ce n’était pas que des mots. Et puis finalement, ce qui avait changé les choses c’est que les politiques n’avaient plus le pouvoir de changer le cadre. Plus questions de traficoter les textes, voter des lois, ne pas les suivre, voter des décrets comme ça arrangeait les copains, faire passer des lois en force grâce à un article appelé 43, qui permettait à un gouvernement de faire ce qu’il voulait. Depuis 2020, les hommes politiques étaient devenu les gestionnaire du pays plus les patrons. Et puis, chaque fois que c’était un peu « chaud », les textes revenaient vers le conseil des sages qui décidait si cela était constitutionnel ou pas.
Hubert repris la conduite de sa voiture pour sortir de l’autoroute et s’arrêter quelques minutes sur une aire de stationnement. Il pensa qu’il n’était pas si tard et finalement décida de prendre une douche. C’était le mois de juin, il faisait déjà assez chaud dans le sud de la France. Il faut dire qu’en 40 ans, depuis l’an 2000, le climat avait beaucoup changé. En dehors des sautes d’humeur du temps, des orages, des grandes chaleurs mais également des très grands froid, le réchauffement climatique avait continué à sévir. Sans doute parce qu’il était dans l’ordre des choses et pas seulement le fait des hommes. Evidemment, les scientifiques se réunissaient et travaillaient d’arrache pieds mais la lutte était inégale. Il n’empêche que la prise de conscience des gouvernants à partir des années 2005 avaient permis de ralentir le désastre en cours.
Le sud était aride, l’Aquitaine de plus en plus chaud et le centre de la France tempéré. Hubert entra dans la cabine, se doucha avec de l’eau cette fois ci, ressortit tout revigoré et pris un café dans le relais autoroutier. Finalement, c’était presque des vacances son interview. Il espéra même pouvoir aller se jeter dans la Méditerranée, proche du Grau du Roi. Il appela son hôte, lui donna son heure d’arrivée et lui proposa de manger au restaurant. Son accord étant donné, il retourna à sa super voiture qui d’ailleurs l’avait reconnu et lui avait ouvert les portes du carrosse. Il décida de conduire un peu, ce qui lui permettait d’aller un peu plus vite, mais finalement ça le fatigua très vite.
Il commençait à appréhender la rencontre car le ton de la voix n’était pas cordiale peu s’en faut. Il ne fallait pas rater les première minutes de l’entrevue. Mais comment s’y prendre avec un bonhomme de 96 ans qui avait vécu les moments les plus fous de l’histoire de la France. Bizarrement, lui qui ne doutait jamais de rien se dit qu’il était cuit. Comment faire ? Plus il se rapprochait et plus la tache lui paraissait désespéré. Il se dit que la meilleure façon d’entrer en contact s’était d’être honnête.
Il franchit le pont du canal du Rhône à Sète, longea les remparts de cette ville magnifique qu’est Aigues Mortes (d’ailleurs il pensait qu’il y aurait bien mangé). Les dunes de sel, d’une blancheur immaculé, faisait comme des montagnes dont les contreforts se jetaient dans une eau bleu.. Comme un nuage rosé, un vol de flamand cacha le soleil et rapidement les grands oiseaux majestueux s’en retournèrent dans les marais salan. Magnifique, pensa Hubert, en arrivant aux portes du Grau du roi. La voiture le mena directement au pied du restaurant. Il descendit, et reconnu tout de suite celui qu’il était venu voir. Il ne pouvait pas savoir qu’il ne repartirait pas tel qu’il venait d’arriver.


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