La nature peut-elle nous aider à mieux comprendre le ressort de la culture ?








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Introduction

La nature peut-elle nous aider à mieux comprendre le ressort de la culture ?

par Denis Duclos

    1. INTRODUCTION



Le traitement social des paradoxes du rapport Nature-Culture.
Jusqu’à quel point l’Humain peut-il utiliser la nature sans s’asservir lui-même ? Dans quelle mesure la nature est-elle seule­ment un ensemble d’objets exté­rieurs et transformables sans effet sur l’Humain ? Et dans ce cas, lorsque la Cour Suprême améri­caine affirme que “tout ce qui est sous le soleil -hormis l’Humain- peut-être vendu”, ou que la loi française stipule que “nul n’a le droit de modifier l’espèce hu­maine”, n’avons-nous pas affaire à des paradoxes, à des impossibilités, si Nature et Humain ne sont qu’une seule et même chose, ou qu’un seul et même être ?
Ces questions traversent la so­ciété contemporaine, suscitées par l’apparition de limites à notre action sur l’environnement et sur nous-mêmes. Elles soulèvent un problème tout-à-fait passionnant pour les Sociologues, les Anthropologues ou les Culturologues : celui de comprendre comment la spécificité des formes sociales humaines s’appuie sur un réglage de leurs relations avec ce qui est présumé non-humain, “environnemental”, ou “naturel”.
Ce problème est classique en Anthropologie, mais la surgescence des “grandes peurs” de l’an 2000 liées aux impacts technologiques et démographi-ques de l’anthropisation de la planète, le repose avec insistance. les sciences humaines sont invitées à commenter l’expression moderne de la question anthropologique qui nous travaille tous.
Pour reprendre ce débat, en tenant compte des acquis importants et récents, nous proposons l’hypothèse suivante : la Nature a en premier lieu une fonction de miroir : c’est en elle que nous nous voyons, et qu’en retour nous la définissons (ou inversement). Cette fonction que l’on peut appeler celle de l’Epistémè ou du Paradigme scientifique , est le lieu de la science et de la philosophie du Monde. Par exemple, aujour-d’hui, le miroir que nous avions établi entre une humanité supposée “agonique” (en conflit ou en compétition pacifique) et une nature “interactionniste”, est en train de se troubler : du côté scientifique, le chaos, les apories des systèmes axiomatiques, les limites de la calculabilité, etc. font deviner une nature plus “ouverte”, que même la notion de “système ouvert”, ne suffira peut-être pas à représenter. Que cette ouverture inquiète ceux qui font profession de mesurer, est significatif pour des gens de sciences humaines, étant donné la grande importance prise par la technoscience contemporaine. Plus encore, du côté de la société, cette image floue de la nature gêne ceux qui tentent d’y fonder une représentation de la nature humaine, qui soit, par exemple” neuronale” ou “réticulaire”. Aucune représentation sérieuse de la société ne peut désormais être enfermée dans une représentation systémique, même amendée par les “attracteurs étranges”. Il y a donc une crise des fondements naturalistes de la société humaine, parce qu’il y a une crise de la représentation sociologique de la nature.
Cette crise est grave, parce que nous comprenons tous que c’est de cette représentation “objective” que dépend la rationalité de notre réponse collective aux nécessités créées par la conquête industrielle du monde. Si nous ne pouvons plus définir l’histoire naturelle de l’espèce humaine, parce que nos symboles scientifiques se dérobent, sur quoi allons nous fonder une stratégie cohérente de réponse à la pénurie et à la pollution ?
La Nature semble ensuite avoir une deuxième fonction sociale : celle d’étayer un sentiment de spontanéité parmi les Humains, fondant les motifs de leurs actions, mais impliquant aussi du pouvoir et de l’autorité. C’est cet aspect, que l’on peut appeler Mètis (en référence à l’épouse de Zeus, déesse de la Ruse, de la Prestance et de l’opposition des Contraires) , parce qu’il s’agit ici des identités actives (leTymos platonicien). Nous savons que c’est de cette dimension conflic­tuelle que découle la tendance à réagir à la pénurie par l’exclusion ou la domination, et la stratification sociale.

Or, la question est ici de savoir dans quelle mesure l’agressivité humaine (motivant la conquète de la nature ainsi que son partage inégal), ainsi que le simple désir d’occuper la place (naturalité hobbienne) ne sont pas des construits sociaux et culturels. Une nouvelle épistémè (première fonction) pourrait nous faire entrevoir que, même dans les sociations moléculaires ou les sociétés animales, l’agressivité est loin d’être le seul moteur. Autrement dit, définir l’identité humaine comme fondamentalement expansive, peut s’opposer à d’autres représentations de l’ Humain. Pour classique qu’elle soit, cette discussion est réactivée aujourd’hui, par tous les thèmes liés à l’eugénisme, et aux neuros­ciences. Biotechnologies et pro­création assistée ne sont-elles pas de nouvelles manifestations de pouvoir, des façons “biaisées” de vouloir changer l’Humain, alors que celui-ci ne réside pas dans les représentations qu’elles impliquent ? En croyant toucher à l’a­gressivité ou au pathologique, n’allons-nous pas toucher à ce qui dans l’Humain représente “l’ouvert”, le “libre” ? De la même façon, en dressant des ins­titutions de plus en plus auto-normatives, de mieux en mieux aptes à contrôler toute velleité de désir, et ceci de l’assistance so­ciale à la surveillance orbitale des activités humaines, ne sommes-nous pas en train de réaliser le fantasme de la pure puissance, en prétendant l’éteindre ? La gestion “multicritères” de l’environne­ment n’est-elle pas encore plus “dénaturante” et plus asservis­sante que la non intervention ? Et s’il doit exister une “préser-vation” de la nature, n’est-ce pas plutôt par le retrait négocié, que par un surcroît de contrôle ?

Une troisième fonction de la Nature paraît être de servir de ressource dans un système humain d’appropriation et de répartition. Ici, la Nature sert de référence au “bien” défini par le Droit et l’Economie, en poussant les Humains dans un “lien social” de réciprocité, de démocratie, à la source permanente d’un “tissu social”. Là encore, rien, dans la sociobiologie sérieuse, ne nous autorise à fonder la nécessité d’un lien équitable et réciproque. Dans la nature individualisme et singularité, altruisme et simple indiffé­rence, solidarités organiques et autonomies, etc. sont aussi pré­sents, chacun dans une richesse de formes déconcertante, et ja­mais réductible à un seul type de métaphore. Car, doctrinaire ou spontanée, la métaphore du “lien social” est peut-être l’une des plus imaginaires qui soient : ce qui n’est pas sans bousculer la sociologie académique qui s’est fondée sur elle, mais aussi tous les discours normatifs qui parlent “au nom de la réalité”, et notam­ment l’économie libérale (ou celle de l’Etat omniscient). Les limites actuelles de l’action collective sur la nature ne nous im­posent-elles pas, en conséquence, de retrouver des formes de débat sociétal et de décision qui ne s’enferment pas dans une règle ou un système trop formels, et ad­mettent aussi une part d’arbitraire et de compassion humaine ?
Les disciplines humaines vont-elles accepter le défi d’un bouleversement des références, tel qu’il surgit à l’évidence du brouillage des relations Nature-Culture dans chacune de ces trois dimensions, ou préféront-elles rester dans une “science normale” d’autant plus amollie ? Tel est, je crois, l’enjeu aussi bien scientifique que social.
Si nous acceptons de relever le gant, alors nous sommes amenés à faire l’hypothèse d’une qua-trième dimension de la Nature  celle de représenter pour les Humains leur propre liberté de refonder toutes leurs références, ou même de les dissoudre. Dans ce que nous pouvons appeler la fonction de Tychè (la rencontre heureuse, l’aventure, qui est le contraire de la fuite dans la métaphysique), le monde apparaît inépuisé, plus riche que les lignes que nous croyons y discerner un moment. Nous pouvons, par exemple, découvrir d’autres qualités du social, d’autres types de rapports insoupçonnés, libres des cadres de lecture déjà bien établies.
Cette fonction se rapport directement à “la nature de la culture” en tant que cette dernière semble fondée sur une aptitude à ne pas confondre symbole et réalité, si­gnifiant et objet représenté. La culture, entièrement issue de la nature, apparaît en effet un dis­positif de captation des individus biologiques par un fonctionne­ment symbolique qui exclut dé­finitivement la possibilité d’une adéquation symbole-chose (com-me dans les phéromones ou tout autre système de communi-cation). C’est en tant qu’aptitude à se perdre dans l’indéterminable (à partir de la question de la détermination) que la culture humaine est elle-même.

De cette aptitude au “renoncement” d’une emprise sur soi-même et les autres (par la raison) , une autre raison surgit : celle du “laisser être”, (contraire du “laisser aller”) qui pourrait bien être, demain, la devise d’une hu­manité respectueuse de la nature en nous-mêmes et autour de nous. Que la nature puisse créer de tels systèmes culturels paradoxaux (mais si efficaces) est peut-être une indication sur la nature extra-scientifique du monde (ou sur le type de rapport entre la science et le non scientifique). C’est en tout cas ici qu’il nous faudrait re­prendre le fil interrompu
avec la pensée structurale, tout en marquant ses limites.

Les quatre fonctions ainsi sup­posées de la Nature (miroir de l’Humain, source de l’Humain, référence des règles de société, et rappel de l’Indéterminable dans l’aventure humaine) peuvent se conjoindre en une seule formule : la nature est la condition de la culture humaine. En d’autres termes, la question de sa préser­vation n’est pas d’abord physique (le péril du réchauffement, etc.) mais culturelle . Il n’y a peut-être pas d’autre risque dans la dispari­tion de la nature, son assimilia­tion, sa retotalisation anthropique, son contrôle généralisé, que pour la culture humaine qui n’existe qu’en référence à l’ouvert du réel. Pas de risque pour la Nature, sinon que la Société humaine est en question. Serait-ce là le motif profond de la vaste et multiforme mouvance écologique ? C’est en tout cas la proposition que nous soumettons ici, comme question de savoir sur l’Humain, et comme chance pour échapper aux retours du mysticisme.

Denis Duclos *


Sociologue, directeur de recherche au CNRS, auteur de

De la Civilité : ou comment les sociétés apprivoisent la puissance.”, La Découverte, Février 1993.


PREMIERE PARTIE : EPISTEME
Quel naturalisme, pour inspirer les sciences humaines ?


1. Une nature plus ouverte ?
Lionel Charles, Luc Abbadie et Gérard Lacroix : La nature saisie par la science. Enjeux et frontières de l’écologie scientifique.
M. .Barbault : Biodiversité : significations en nature et en société

Yves .Le Treut : La modélisation du monde naturel, succès et limites.

2. Nature et Société en miroir
F. BEATO : La sociologie et l’environnement entre deux globalisations.
Ulrich Briefs; : Structure du mode de production industriel et nature.
Peter Dickens : La science, le risque environnemental et la reconstruction de la théorie.(TEXTE à AJOUTER)
Riley .Dunlap : constructivisme et objectivisme dans la sociologie de l’environnement : une comparaison de perspectives.(TEXTE à AJOUTER)
Eugene A. Rosa; : Miroirs et lentilles : vers une méthode théorique dans l’étude de la dialectique nature-culture.
Jussi Raumolin L’anthropologie et le développement des sociétés humaines

DEUXIEME PARTIE : THEMIS
1. La Nature, nouvelle présence civile, opinions et perceptions?

Pratiques, mouvements sociaux et représentations
Oleg Yanitsky : valeurs sociales et environnement en Russie.
P. Ester, B. Seuren : Valeurs, religion et l’environnement chez les Européens
Nicole Eizner : les représentations sociales de l’environnement en France, Allemagne et en Italie (TEXTE à AJOUTER)
Vladimir Rukavishnikov : La rationalité et l’opinion publique
Jean Corneloup : Logiques sportives et images sociales de la nature en escalade.
Bernard Kalaora : La forêt revisitée : de l’évolution des usages sociaux de la nature “sauvage” en France (TEXTE PEUT-ETRE)

2 Ethique et droit : inventer du lien social ?
Carlo Jaeger et alli. : L’éthique comme un système de règles : le cas des organismes génétiquement recombinés.
François Ewald : de la précaution(TEXTE ?)
Henry Pierre Jeudy : la naturalisation écologique (TEXTE à AJOUTER)
Martine Rémond-Gouilloud : un droit est il possible à propos de la nature ?(TEXTE ?)
Pierre Lascoumes : la nature : intérêt protégé par le droit pénal (TEXTE ?)

TROISIEME PARTIE : METIS
Maîtriser la nature ou la société : qui?, pour qui ?comment?
1. La société : une nature auto-contrainte, maîtrisée ou dominée ?
Marja Jarvälä : L’effet de serre : régulation sociale ?
Florence Rudolf : Système-environnement dans la sociologie de Niklas Luhman : ou traiter de la nature sans en parler.
Niels .Beckenbach : la mobilisation sociétale
Wolfgang Schluchter : Du management à la conscience environnementale : entre paralysie et action.
2.Maîtrise et conflits, centralité et autonomie.
August Gijswijt : L’Europe, l’agriculture et la nature.
Rauno Sairinen : Rationalité de la planification et conflits environnementaux dans les politiques locales.
Ernest Garcia : Limites incertaines, démocratie et technocratie dans les programmes écologiques.
Nadir Marouf: Rapport nord sud et environnement au Sahara
Jacek et Kasimiera Wodz; : la conscience écologique
Louis Guay : Mètis ou la maîtrise de la nature : un commentaire


QUATRIEME PARTIE : TYCHE

1.Maintenir l’aventure du social, grâce à la nature ?

Michelle Dobré : La nature entre la métaphore animalière et la machine
Stéphanie Pincelt : Espèces en danger et urbanisation de la nature.
André Micoud : Les figures de l’animalité, signes de l’évolution des rapports nature-culture.
2 L’ouverture symbolique en acte : La nature comme sortie du social ?
Nguyen Ne Nhuan : actualité d’un antique paradigme pour le monde post-moderne : parenté et nature (TEXTE ?)
Franck Chaumon : l’enfant autistique : trop de nature ou excès de culture ? (TEXTE à AJOUTER)
3.Les cultures représentent l’ouverture de la nature.
1.Ronald Babin : Ecologie et société : Défi réel, défi symbolique.
Robert Brulle et Th Dietz : Au delà de l’anthropocentrisme
Phil Macnaghten : rhétorique de la nature : la construction de la politique du loisir et les sujets dociles.
Gérard Monédiaire : Le couple infernal culture-nature



PREMIERE PARTIE : EPISTEME


Prerequisites for Transforming Environmental Awareness into Environment-Friendly Behavior


Wolf Schluchter


1. Formulation of the Question

In order of the German Environmental Agency we have a research titled "Environmental Consciousness and the Spread between Acting and Paralyzation".

We have carried out research in order to shed light on the interfaces thanks to which insight and willingness to act lead to real action.

Our purpose is to have a clearer understanding of attitudes promoting action as well as of the complex moderators of action, with a view to working out strategies for furthering environment-friendly and environment-protective behavior.

We will refer to the individual as a subject of his own behavior.

Finally, we will present a scenario in which "homo economicus" can be transformed into "homo ecologicus".
2. Considerations
The Lakota Indians say: "Maka-Ke-Waken - the earth is holy". The absolute nature of this maxim stems from the spirit and the mentality of a people living in perfect harmony with nature for the simple reason that survival would be impossible otherwise. There can be no life without using natural resources. If the effort made is individual, the more you have to work to get these resources the more valuable they seem.
Since each Lakota Indian must furnish a great effort just to live, natural resources in his territory being difficult to develop, he acts with great care.
The ancient German tribes did not destroy nature either. The onset of Christianity brought with it the end of the holy springs and the sacred groves and forests which surely were the necessary foundations of life for them.
Christianity can be characterized by two creation myths which have come to us with contradictory interpretations in terms of the relationship between human beings and the environment: "...be fruitful and multiply and replenish the earth" (Genesis 1.28) and "... He took the man and put him into the garden of Eden to dress it and to keep it" (Genesis 2.15).
The rise of materialism and industrialization increased the discrepancy between man and his relation to the environment. The loss of consensus (the sacred earth) had to be increasingly replaced by laws concerning protection of nature (and of human health). In the final analysis not even laws but rather traditions and values of the state and society prevailed. A person acting against his own values must necessarily feel ashamed.
Transmission and incorporation of societal values is part and parcel of education.The discoveries in Freud's1 depth psychology as well as Fromm's2 additions to this turn the problem of the environment into a part of the research into the foundations of human destructiveness. What sort of spiritual and intellectual world can a person who destroys his environment have?
Both authors refer back to two basic human instincts , the positive Eros and the negative Thanatos.
In terms of behavior, the corollary could be the faithful, loving, helpful, harmony-oriented biophilic human being, on the one hand, and the destructive, power and force-oriented necrophilic human being, on the other. According to Fromm, the biophilic human being who wants to live in harmony with nature can not realize his aspirations to the extent that the necrophile succeeds in taking over thanks to his lust for power and the highest possible use of resources thus conquered. Materialism is the victor over idealism.
The question stemming from this model is which of our societal structures correspond to the necrophile and to what extent can biophilic structures be furthered. This problem is not limited to our own society but has been a planetary one for a very long time. From this vantage point one can state that individuals in all societies do not determine their own values. It all depends on how needs are and can be satisfied. Action is determined to a large extent by satisfaction of needs. At this point our actions today can be characterized by a high degree of satisfaction of needs for which the necessary resources must be developed with a constantly greater effort. Due to this unfortunate relationship between effort and use, the risk of unwanted self-destruction of human beings, damaging or using up natural resources, is growing. There is a considerable widespread store of knowledge in the population on this point. We know what the risk is and we can live with it!
Perrow3 presents an analysis according to which being at loss as to the connection between events, in other words the disconnection between causal factors and effects, leading to loss of control in complex situations, can lead to anxiety. Anxiety involves two facets: it is the driving force behind action, on the one hand, and, on the other hand it leads to paralysis and non-action. It all depends on how a person handles anxiety. This in turn depends on the psychic make-up of the person and on concrete or expected chances of being able to counter the causes of this anxiety. At present, the recognition of these chances depends to an ever lesser extent on individual decisions. Humanity is in a qualitatively new situation which can be described in the following three fashions:
-Humanity taken as a species has become suicidal;

-Humanity has, because of the above, become a single entity; each society is now part of a global society;

-Humanity as such can become extinct simply because of an accident.

Among the catastrophic developments which people are becoming constantly more aware of and which to date have not proven to be reversible or at least sustainable, you have first and foremost:
-population growth,

-depletion of non-renewable energy,

-pollution of water, soil and air,

-unlimited sophisticated armament technology.
These factors, generally speaking, are common knowledge today and no one can question their problematic nature. What is being discussed is the degree of threat stemming from the above and guesses as to who will be involved in the first instance. The fact is that all of us are subject to these planetary developments.4
Our payments' balance is in the red and this new fact is more or less understood by people.5
There are four types of official reactions as to how to handle this knowledge:
Denial or the smoke-screen strategy used by representatives of economic or political interest groups and their ideological spokesmen among journalists and scientists: this is the ideological position.
- Seeking changes in values and promoting caution is a position defended by true conservatives, some of which are in the Green movement: this is the conservative position

- The technocratic-reformist position, defended by almost all those who stipulate an administratively-determined environmental policy: this is probably the position of most people who are active in protest movements.

- Deep ecology, claiming a revolutionary change of the world, a position defended up to now by lone individuals who often have incompatible positions which can not be expressed yet in direct political terms but which are partly represented in the Environmental-Utopians and also in the New-Age Groups.
Seeking to change values and to move towards simplicity, which in no way camouflages any vested interests, is a position based on a realistic appraisal according to which there can be no countering of catastrophic developments without renunciation. Von Lersner says: "Just as the...main environmental problem today, the ecologically impossible multiplication of the human population, can only be solved by not having children, so there are a host of environmental problems that can not be solved by innovation, at least in the medium term, but most likely only by renunciation".6 The weakness in this position is obvious in that it can hardly be accepted by profit-making companies and by consumption-oriented citizens.
The technocratic-reformist position is based on the premise that today the environment is a problem of similar scope and import as the "social question" of the 19th century. The solution to the problem is the rational application of the conventional controls within the liberal free enterprise system. According to this theory it must become clear that protecting the environment is in the interest of producers and consumers, meaning that the cost for environmental protection has to be included as a cost factor in production and consumption. Given the existing situation, this position, albeit completely insufficient, is absolutely necessary. The reason for this is that purely economically oriented behavior is effective in satisfying needs only as long as the costs involved in managing and eliminating the effects of production and consumption do not counteract the satisfaction of highly developed needs. We have not yet reached this stage in Germany.
Environmental awareness is not automatically transformed into environmentally positive behavior and action. Action always involves a goal. Even non-action can involve a goal, but can also lead to paralysis. The parameters of action go from reaching objectives to paralysis. We therefore must ask what peoples'goals are and what paralyzes them. Anxiety is one factor in paralysis, another one being time-saving expectations. Mystification of hope as a problem-solving strategy is often used as a mass psychological tool to repress anxiety and to avoid paralysis.7
There are differences between anxiety and fear. Whereas fear in the face of concrete danger stimulates vital forces into dealing with one's environment, resulting in fighting or flight, we are subject to a greater or lesser degree of anxiety regarding the loss of physical, mental or even moral integrity whenever our vital forces are paralyzed. Anxiety is not the cause but the expression of paralysis. In so far as life is movement and any ceasing of movement is death, anxiety is essentially the fear of death, increased only when there is an acute threat added to the paralysis of vital forces. This explains the universal nature of anxiety as well as the fact that the individual and collective conscience will do everything to avoid this feeling. Anxiety is therefore part and parcel of the anthropological make-up of human beings. Everywhere at all times anxiety becomes virulent where separation, disintegration and death are threats and where at the same time both fight and flight are impossible or seem to be hopeless.
This is exactly the situation with ecological disasters: nuclear fallout in Chernobyl can hardly be immediately countered just like algal bloom in the Baltic Sea and air pollution this morning in Berlin. Avenues of flight are becoming ever more desperately hopeless: the Mediterranean Sea can become saturated from one moment to the next just like the local water purification plant, and radiation due to the hole in the ozone layer is not just a problem in Australia but also in our city, as we can learn from warnings on the radio!
Spontaneous flight, just like direct action, are ridiculous in the light of ecological catastrophes, or only as symbolic action with pedagogical implications like action by Greenpeace or Robin Wood. Long term political action in protest movements and organizations,on the contrary, seems to have a certain effect, although few people are mobilized in this respect. Even voting, which is the form of political behavior requiring the least activity, hardly seems to stimulate environmental reflexes. The paralysis of individual potentials for action most likely results in anxiety in the light of the complexity and enigmatic nature of the causes of the threats involved and the ineffectiveness of individual action. This anxiety in turn is repressed by an increase in the same defense mechanisms as those which also protect against ever-present latent anxiety.
Up to now we have had to deal less with catastrophic events like Chernobyl than with a multitude of stealthy developments which don't lead to scandals in public opinion, but which gradually undermine the quality of our lives . These events are becoming more and more catastrophic. To understand the situation, namely, that in this case paralysis, anxiety and resistance to anxiety become an effective entity, we must delve into another psycho-social concept: anxiety does not only paralyze individual action but also has a paralyzing effect on emotional expression capabilities.
Anxiety is not limited to motor paralysis but is also produced by emotional paralysis. Elias describes the relationship between anxiety and the civilizing process in the course of which a "self-restraint" system developed gradually. The self-restrained individual always considers himself to be paralyzed when he is in a situation that overstimulates his motor and emotional vitality. Excitation hits up against the internalized walls of the constraints of social discipline, triggering off diffuse anxiety precisely because neither feeling nor reflection is involved any longer at this point. Since inner life and strong expression of feelings exist in a feedback relationship, the inhibition to express anxiety works as an impoverishment of emotional awareness and processing. The fewer affects available for experience, the more the possibilities to work through threatening situations so as to create motivation for action are lacking.
In summary, we are afraid of catastrophes and daily threats. We reject this anxiety in order not to paralyze ourselves. By doing this we also repress the topicality of the threatening situation. As the threats do not appear to be topical, immediate action is not necessary. This means that because we are afraid, we do nothing.
The two main mechanisms used to ward off anxiety are psychic self-stupor and selective inattention. Self-stupor is the attempt to avoid anxiety: the crisis is "normalized", it becomes a risk "that one must live with". It is obvious that the abstract nature of the threat and the fact that it is out of proportion when measured against one's petty existence, as well as the blunting effect due to terrifying news reports every day in the media, all contribute to this phenomenon.8. Environmental catastrophes become daily events, meaning that there are no emotional reactions which correspond to them.
White describes the warding- off mechanism of selective inattention in detail.9 He observes this inattention, this overlooking, non-feeling, non-perception in four areas, levels of knowledge being equal: the real danger of nuclear war, the lack of quality in our relations to the environment, the fact that our enemies are human beings and in terms of our own guilt feelings. Under these circumstances there is no image nor any understanding of the totality of the environmental reality. Neither is it clear that all individual action in this total reality plays a role and modifies the situation. We can therefore state that "others should start first" or "it's the other guy's fault".
What is the impetus for changing behavioral decision-making and for actually acting?
The only possibility lies in eliminating anxiety rejection. We must learn to live with anxiety. Any change in our relationship to nature begins with a change in the relationship to our physical being, and in particular the beginning and the end of life, that is birth and death. These boundary conditions (of human existence) must no longer be eliminated by society. Time is precious: we must go about this with the staying power that rethinking , empathy, research and meditation require.
What are the resulting considerations for our research project?

We first have to clarify which environmental factors lead to anxiety in human beings. We then have to determine how individuals deal with anxiety. A further question, logically, is how to assess objective threats (i.e. climate changes, ozone holes, pollution of natural resources, etc.). How do people expect to get out of a threatening situation and what are they ready to do in this context? What are the expected prerequisites for acting or, respectively, for being able to act, and what are the inhibiting factors? What means to satisfy needs can be relinquished and which ones are absolutely necessary?
In the past, psychological intervention with a view to increasing environmental awareness was particularly effective when it went hand in hand with information, financial incentives, and feedback (in terms of calling attention to changes and improvements) and when the measures were directly connected to behavior patterns. The disadvantage of these educational programs is that the new behavior patterns collapse as soon as the incentives are eliminated. These are extrinsic motivations and not a change in value systems (intrinsic motivation 10).
The latest findings in environmental psychology research in the field of structural analysis of comprehensive environmental awareness, and the discovery of new predictors and moderators ( presumptions and control factors) , encourage us to expect more effective strategies for change. In the future, internal modification attributes and perceived genuineness (to the extent that this means perceiving changes in others' behavior or in collective societal action) will become more meaningful. Individual justification or rationalization strategies must become meaningless ("the people on top do what they want anyhow"; "let the big boys start first"; "I can't change anything anyhow", etc.), because many people put the blame on others, on politics or industry, rather than realizing that the they must initiate action. These strategies are based on the fact that human beings rarely see the relationship between individual life and the existence of the species.11
To increase awareness of the problem depends on a socially interactive learning process in which the teacher elucidates recognition, creates perplexity and draws attention to or trains for possible action, and enables control of the resulting effects to be implemented. It is a well known fact that persons with a high degree of internal responsibility tend to draw the consequences of their behavior from their understanding of reality, and that these people tend to be more committed to the environment.
Environmentally aware behavior can also be improved by introducing suitable mediators, public opinion leaders (sportsmen, artists, politicians) in this context. The behavior model presented can be considered as representative of socially desirable behavior in our society.
Attempts at furthering environment-conscious behavior often fail for lack of individual motivation. A change in information policies could have a positive effect in this case. Terrifying news reports lead to helplessness and trigger off the anxiety-repressing mechanisms described above, which in turn lead to paralysis. It would be conceivable to have information which gives a factual view of the environmental situation in all its dramatic facets, while demonstrating how this can be changed by individual and collective action. To this end one can use the findings of research involving media policies and environmental education and culture . Clear data on environmental protection, resulting in better quality of life or leading to financial advantages for one and all, can reduce the effects of paralysis or even prevent it by creating collective standards .12

The conditions for discrepancy in behavior between awareness and willingness to act can be described using known variables from environmental psychology research ( predictors and moderators). Knowledge related to action and options which help transform the former into the latter are moderated by the relationship between attitudes and concrete behavior.
Learning theories as well as depth psychology- model presuppositions can contribute to clarification of the background for environmentally aware behavior, for example, personality characteristics, and an individual's social framework , to be considered from the angle of supply, incentives, mediators, and effect-recognition systems.
The following problems must therefore be solved for the research project:
What incentives lead to what effects? What modifications which improve the environment are expected? What are the deficits in terms of the ideal environmentally-oriented action or behavior and what are the justifications or rationalizations for these deficits? Which persons or institutions can be considered to be ideal mediators and what is to be expected from them? Which collective standards are acceptable for the individual?
As regards action, some of the questions and considerations must be studied from the theoretical vantage point, whereas others must be seen from a practical point of view. The latter could for example be depicted and clarified in the form of graphic scenarios concerning certain problem areas (for example: shopping and consumption, transport and the choice of means of transportation, water or energy consumption). This would make it possible to understand inadequate behavior or action.
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«la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié»1, et que l’on peut insister, comme le fait Nietzsche, sur le lien étroit...

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«anti-culture de mort», et un correspondant lui avait écrit en commentaire qu’il s’était sans doute trompé, et qu’il avait voulu...

La nature peut-elle nous aider à mieux comprendre le ressort de la culture ? iconRésumé Le rôle et la nature des publications qui recueillent l’actualité...
«littérature grise» (rapports, textes non publiés). La «littérature» la plus récente constitue l’actualité scientifique qui ne peut...

La nature peut-elle nous aider à mieux comprendre le ressort de la culture ? iconAu cours d’un cycle cellulaire, l’entrée en mitose est un événement...
«Ils» «il» «elle» mais qui ? Je ne vois pas à qu’elle sujet ces pronoms se rapportent. Que dois-je comprendre ?








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