«L’histoire de l’humanité est l’histoire des idoles et deleurs règnes successifs… Et l’on dirait qu’à mesure que l’humanité viellit, le pouvoir de l’idole est plus vaste et plus meurtrier… Les maîtres ont changé; les esclaves sont les mêmes.»








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titre«L’histoire de l’humanité est l’histoire des idoles et deleurs règnes successifs… Et l’on dirait qu’à mesure que l’humanité viellit, le pouvoir de l’idole est plus vaste et plus meurtrier… Les maîtres ont changé; les esclaves sont les mêmes.»
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» (Paul VI, janvier 1964, onze mois avant d'affirmer solennellement son opposition au natio­nalisme « qui dresse entre les peuples des barrières d'idéologies con­traires, de psychologie fermée, d'intérêts exclusifs, de prétentions à se suffire à soi-même » et d'exhorter au soutien des organismes inter­nationaux comme au transfert des budgets militaires à l'aide aux pays-sous-développés.), il faut mettre hors de pair l'auteur du « Christ et la Patrie » (1901), Grillot de Givry, croyant persuadé et persuasif de l'antinomie entre le Messie et le Nationalisme :

« La suprême erreur des catholiques modernes, à la­quelle ils sont encore plus invinciblement attachés qu'à leurs dogmes, c'est d'être patriotes, voire même plus pa­triotes que catholiques, et de vouloir servir ainsi contre l'ordre formel du Christ deux maîtres inconciliables. Or, l'idée de Patrie, divisant les hommes et les chrétiens eux-mêmes en factions ennemies consiste à se proclamer supé­rieur aux autres et est antichrétienne. Rien n'est plus apte à retarder la conquête du monde par l'Eglise que le pa­triotisme... Tout catholique qui, politiquement, n'est pas un antipatriote, un sans-patrie, n'est pas un vrai catholique, puisqu'il a perdu la signification totalisatrice de ce mot... Que nous importe que la Patrie périsse, puisque nous savons que l'Eglise est éternelle ? En voulant sauver les nations modernes, en voulant servir deux maîtres, les chré­tiens perdront l'Eglise. Enseigner que la France est 1' « âme du monde » est préjugé aussi ridicule que celui d'Epicure qui prétendait que seuls les Grecs pouvaient s'adonner à la philosophie. Nous ne pouvons sans danger conserver une notion surannée que tous les esprits éclairés, doux, sensibles et humains commencent à rejeter avec hor­reur. Le patriotisme serait volontiers toléré s'il n'était qu'une forme bénigne de la vanité humaine et s'il ne consistait qu'à sonner des trompettes, agiter des drapeaux, se parer de rutilants uniformes et passer des revues. Le philosophe aurait pour lui un sourire d'indulgence et de bienveillante pitié, s'il ne s'appuyait pas sur une chose terrible et féroce, impie et infâme, et qu'on veut rendre obligatoire, une chose qui nous répugne et dont nous ne voulons plus : la guerre. La Guerre ! Telle est la chose maudite que nous haïssons de toutes nos forces, parce qu'elle est la cause et le but prin­cipal du nationalisme. C'est l'idée de Patrie qui provoque la guerre et c'est sur la guerre que s'appuie l'idée de Patrie... Lorsqu'un de Maistre affirme que la guerre est nécessaire, lorsque, au nom du Christ, il la justifie et s'empresse de dé­clarer qu'elle n'est pas un meurtre, la critique littéraire et religieuse a, pour de telles affirmations, des trésors d'indul­gence et de vastes excuses. Mais on n'hésite pas à qualifier de monstre le pacifiste dénonçant le système patriotique des frontières comme une source de discordes... C'est au sein du catholicisme que la théorie du désarmement est la plus défa­vorablement accueillie. Les chrétiens d'aujourd'hui ont ap­plaudi à toutes les entreprises nationales, à tous les massa­cres coloniaux. Mgr Richard célèbre pontificalement à Notre-Dame une messe pour le succès des troupes françaises à Madagascar, c'est-à-dire le massacre de beaucoup de nè­gres, l'Eglise se félicitant de pareilles entreprises militaires qui permettraient d'apporter au lointain les lumières du catholicisme sous l'égide de la Patrie ! » (Cf. Bacon : « Les rois n'ont aucune excuse de ne pas propager la religion chré­tienne à l'aide de leurs armes ou de leurs richesses »). « Dieu et Patrie », c'est l'expression de toutes les idées rétrogrades, obscurantistes et antihumanitaires... L'idée de placer une guerrière sur les autels de l'Eglise, tandis que l'Eglise ordon­nait autrefois des pénitences à tous ceux qui avaient com­battu dans une guerre même juste, est une idée bien moderne, décadente, et tout à fait dïgne de ce XIXe siècle qui a étonné le monde par son chauvinisme. Jeanne d'Arc incarne bien l'esprit patriotique, l' « âme de la France », mais non l'âme catholique ; elle est une gloire incontes­tablement nationaliste, mais ne saurait être une gloire chré­tienne. Elle apparaît au déclin des idées religieuses, à la façon du spectre échevelé de la Patrie dans Lucain — Patriae trepidantis imago — et au même moment psycholo­gique que chez les Romains, lorsque les hommes, ne croyant plus en Dieu, se forgent une idole ridicule : l'Etat. Elle apporte avec elle le préjugé tout patriotique de la supré­matie du concitoyen sur les autres hommes. La vue du sang français seul l'afflige et lui fait dresser les cheveux sur la tête, mais elle a perdu la notion du sang chrétien, à plus forte raison du sang humain. On ne trouve en sa carrière aucune pensée pacifique, aucune tentative de conciliation et d'effacement, aucun essai d'exhortation, aucune inspi­ration de prendre en main le crucifix au lieu de l'épée. Elle ne connaît que l'emploi de la force, le principe de la revan­che militaire, de l'honneur national à tout prix... L'antimilitarisme doit être chrétien. C'est par l'Eglise que doit être réalisé l'oeuvre définitive de la suppression des frontières, des armes et de la guerre. Tel est le vœu que doit formuler tout catholique sincère qui désire vraiment voir s'accom­plir un jour la réalisation complète de l'Evangile ».
Maurice Blondel (1938) : « Ne voit-on pas les plus pa­triotes définir l'amour de la patrie par la haine des autres ? De même que l'amour normal et bon de soi-même n'a pas de pire ennemi que l'autocentrisme individuel, lequel est aux antipodes de la personne morale, de même ce natio­nalisme exacerbé est le pire ennemi du culte noble, clair­voyant, généreux et humain de la Patrie ».
Ici mention « assez bien » seulement au philosophe spiritualiste qui donne dans le godan d'avancer que, par le truchement de la foi, le culte de la Patrie et de l'Humanité sont « compossibles et simultanément surnaturalisables et distinctement sanctifiées ». Mais si Blondel a su du moins protester contre la prétention chauvine qu'aucune unité n'est possible ni même souhaitable au-dessus du patrio­tisme, vouloir fonder la morale sociale sur la valeur de la personne humaine n'étant qu'appel à un mysticisme dégoû­tant, combien de ses coreligionnaires ont, eux, sacrifié sans barguigner à l'idole — avec une telle frénésie qu'on en demeure hors d'haleine. Oyez plutôt ce petit florilège, signé — notons-le soigneusement — non de chrétiens francs-tireurs, d'avant-garde ou sentant le fagot, mais de prêtres ou de laïques tout ce qu'il y a d'orthodoxes, dûment adornés de l'imprimatur. En route pour ce voyage en zigzag à travers ces croyants incroyables :

Mgr Sagot du Vauroux (1916) : « S'il est une vérité éclatante cent fois prouvée par l'histoire, c'est que la reli­gion catholique, non seulement est, en principe, favorable au développement du patriotisme mais qu'en réalité elle l'a toujours favorisé... Partout et toujours, les catholiques, et qu'on me permette de le dire avec une particulière énergie, les prêtres, ont été les porte-drapeaux les plus fiers de l'idée nationale, les plus éloquents prédicateurs du senti­ment patriotique... Ce que nous trouvons de si bon, de si pur, de si grand dans notre patrie d'ici-bas nous représente déjà en quelque sorte la lumière du paradis et le bonheur et la paix, et nous y goûterons, s'il plaît à Dieu de nous y introduire. Les instincts par lesquels nous nous attachons à notre pays sont bien ceux qui nous font désirer ardem­ment le Ciel. Oui, l'attrait invincible pour ce séjour bien­heureux, c'est le patriotisme à sa plus complète puissance, l'un et l'autre sentiment consistant à aimer le chez soi avec tout ce que ce terme désigne de douceur, de charme, de repos ».

Quelles satisfactions éthérées pour celui qui, deux lignes plus haut, postulait : « L'antipatriotisme est le fils légitime de la philosophie matérialiste » ! Alors, ce n'est pas être «  matérialiste » qu'écrire comme lui : « L'amour de la pa­trie, dans sa forme la plus simple, me paraît être un senti­ment intéressé ; il n'en est que plus tenace. On ne s'en dépouille pas sans faire violence à des instincts vitaux... L'homme a le devoir de s'aimer, et c'est pourquoi il lui est tout naturel de chérir dans la patrie son propre moi » ?

Plus lyrico-terrestre encore, si possible, Mgr Gibier, évêque de Versailles, s'épanche élégiaquement en 460 pages sur « cette merveille d'harmonie géographique qui s'appelle la France », et évoque, les yeux mouillés d'eau bénite, tel artilleur de sa connaissance jurant que c'est son jardin, son cimetière, qu'il voit en se ruant au combat. Sur sa lancée, notre intrépide Gibier fonce, chèvre-chouteur :
« Tâchons de constituer une France rayonnante... qui gardera son nationalisme intégral (ah, ah !), mais un natio­nalisme ouvert à tous les progrès, sympathique à tous les nobles élans, identifiant sa cause avec la cause de la Civili­sation ; qui gardera son expansion coloniale (Suivant Georges Goyau, qui en rajoutait avec son « patriotis­me national » (repris a Balzac, en sa préface des « Chouans »), accom­plir des conquêtes coloniales, c'est, pour la France, « remplir sous d'autres latitudes ses fonctions historiques de fille aînée de l'Eglise ».) (oh, oh !), mais qui lui donnera toute son efficacité en la rattachant fortement à la métropole, et en tirant le rendement moral et matériel (faites suer le burnous !) que la mère-patrie « nos ancêtres les Gaulois », comme psalmodiaient les Sé­négalais) est en droit (?) d'attendre... Avec Napoléon, elle entre dans les capitales de l'Europe. Avec Charles X et Louis-Philippe, elle s'établit sur la terre d'Afrique, et hier, continuant l'édifice commencé, elle ajoutait à Alger, Tunis, le Maroc, le Soudan, Madagascar et l'Indo-Chine ». Ben, mon colon(isateur) ! Où est le spirituel dans cette liste de spoliations — aujourd'hui enfin réparées ? Après une inter­minable litanie sur la vigueur de l'épée des Francs, ce véri­table répertoire des clichés et mensonges « qui nous ont fait tant de mal » ne dédaigne point, on se demande pourquoi, d'exalter « le sacrifice de l'employé de chemin de fer qui nous entraîne à travers les distances sans que nous y pen­sions », ou « nos provinces, si différentes et si caractéri­sées, malgré l'uniformité départementale et malgré les che­mins de fer ».

Maintenant, un brin d'histoire : au lieu que la Prusse, « péché de l'Europe », est née d'un vol sacrilège, nous autres, « nous sommes nés à Tolbiac d'un acte de foi sur un champ de Bataille, à Reims, sous la triple égide d'un loyal guerrier, Clovis (Clovis, nouveau converti, fit assassiner les autres rois des pe­tites tribus franques : Ragnacaire, Regnomer, Havaric, Sigebert, afin de rester lui seul roi des Francs. Pouvons-nous, avec Frodoard, admet­tre l'intervention du Seigneur à la prière ardente de Clovis pour faire tomber miraculeusement les murailles d'Angoulème, massacrant jus­qu'au dernier les Goths qui s'y trouvaient enfermés ? Si l'on note que c'est pour avoir seulement cabossé — et non brisé — un vase, qu'il fendit le crâne d'un de ses soldats, on comprend qu'après la lecture du « Baptême de Clovis », dû à Georges Tessier, de l'Institut, André Billy ait admis que « Clovis était une brute ».), d'un saint évêque, Rémi, d'une femme chrétienne, Clotilde. Les influences les plus nobles et les plus pures en­tourent notre berceau... La France s'agrandit normalement sans violenter personne, sans déranger l'équilibre européen ; généralement (sic), elle fait coïncider ses ambitions avec l'amour et le respect de la justice... On trouve toutes les splendeurs dans l'histoire de France. Les splendeurs mili­taires d'abord. Tolbiac, Poitiers, Châlons, Bouvines, Rouen, Denain, Valmy, Fleurus, Marengo, Iéna. Austerlitz, Solférino, sont des noms étincelants de gloire et qui rappellent avec cent autres les victoires de nos aïeux sur tous les champs de bataille de l'Europe ». Comment ne pas aimer un pays qui met à notre service une telle « organisation militaire ». Franchement, en dépit de cet abus d'armes, on est désarmé en face de ces cris païens, où ne manque pas la réprobation du geste de Saint-Louis dont un scrupule de conscience lui fit céder la Guyenne à l'Angleterre (à la vive rage des Quercinois qui ne voulurent pas chômer sa fête lorsque Louis XI fut canonisé). Résolument idolâtre, l'épiscope versaillais ne mâche pas ses mots : « Donnons à notre patriotisme un caractère nettement religieux et sacré ». Aïe !
Paul Barbier : « L'idée de patrie, et, conséquemment, l'amour de la Patrie est fondée sur la Religion. La Religion est le ciment qui unit les hommes en nations... Un peuple qui perd sa religion se condamne à perdre la vie (L'U.R.S.S. ou la Chine n'ont guère l'air moribondes, pourtant...). L'église catholique est une grande école de patriotisme... La religion catholique n'est pas seulement l'âme créatrice et conservatrice de la France, mais encore la grande et peut-être l'unique institutrice de patriotisme au milieu de notre peuple... Elle seule offre aux citoyens le motif natio­nal de maintenir le pacte patriotique ».
André David (1944) : «Le déménageur allemand aura beau faire, il ne pourra jamais enlever le ciel de l'Ile-de-Françe. C'est un grand mystère, mais, je vous le dis, les Anges parlent à la France... Notre terre est bénie. Il est naturel qu'ils nous l'envient, l'autre côté du Rhin... Je vous le dis, c'est une terre merveilleuse qui doit avoir un secret avec Dieu. Ce secret, j'en avais déjà le pressentiment quand ma nourrice accrochait au-dessus de mon lit un sim­ple rameau de buis (! ! !)... Il n'existe pas de chevauchée comparable à celle de la nature à travers nos provinces. Pour la poésie, on ne fait pas mieux. Ah ! que ne donnerais-je pour le moindre de ces paysages classiques ! Une ferme au chaume piqué d'iris, dont le four dore le pain bis, dont les jattes de crème fraîche, les barattes de beurre, les ton­neaux de cidre, tout comme dans un conte de Perrault, avec son fumier malodorant, son abreuvoir rustique, son lavoir entouré d'ifs, sa mare boueuse où la truie se vautre avec ses petits ». Inepte déjà sous l'angle naturel (quel pays ne compte ses truies ou des fermiers malodorants ?) un tel morceau, pour touchant qu'il soit, ne saurait se recomman­der de la moindre spiritualité et témoigne du seul attachechement charnel à son patelin, ce qui n'aurait rien que de louable s'il n'engendrait inévitablement le mépris des voi­sins. Cependant, a beau David rebricher : « Nous t'aimons parce que tu es la France », nous défions n'importe quel lec­teur de distinguer qu'il s'agit d'icelle plutôt que de toute autre nation quand on lit : « 0 Patrie, toi qui es pétrie de terre et d'eau, toi qui es tout ensemble la brindille d'herbe, le reflet d'un caillou et la nuance du ciel, le climat et le parfum, la musique qui berce et le souvenir qu'on emporte, l'allégresse et la souffrance, révèle-toi surhumaine à tes fils prédestinés qui ne tremblent pas devant ta nudité pudique et désolée, pour eux matrice primitive en même temps que terme de la vie... 0 Patrie voilée, déesse invisible, logique, évidente et fatale, tu t'agenouilles partout sur les champs, où, à perte de vue, tes fils ont tant combattu et combattront encore et où, toujours, leurs os blanchiront sous les coque­licots... Et quand, en ce moment précis, par un ordre invrai­semblable de la volonté de Dieu, s'effacerait tout ce qui fut ta grandeur, ta gloire et ta beauté, et succomberait notre espoir de dormir à jamais sur ton sein délivré, nous ne re­nierions pas un seul mot de notre invocation... ».
Clos ici ce bref échantillonnage de la confusion christo-nationale, pire est le spectacle que va nous offrir la collusion du chrétien et du belliqueux (le belliqueux étant une fatale émanation du national) ; tant il est impossible de concevoir des principes aussi opposés à la guerre que ceux promul­gués par le Nazaréen, notre stupeur est même, d'abord, plus intellectuelle qu'affective. Littéralement parlant, on ne comprend plus, avant d'avoir feuilleté les annales, comment a pu éclater pareil contresens faisant jaillir de maximes continûment pacifiantes une sorte de justification de Bellone, sinon, en certains cas, son apologie. Invoquer celui qui, en fait de carnage, s'est contenté de guérir l'oreille de Malchus, quelle dérision s'il s'agit d'excuser telle ou telle forme de guerre ! Et ne vaut pas plus l'argument que Jésus n'ait point condamné la profession des armes (il n'a pas davan­tage cloué au pilori l'esclavage). A l'encontre, où l'Evangile édicte-t-il qu'on doive faire couler des flots de sang pour venger l'hypothétique « insulte » faite à un drapeau ou à une frontière, la phrase : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais la guerre » concernant la seule résistance aux tentations du Démon ? Sans s'abandonner au rêve de per­fection d'apaisement défini par : « Vous avez entendu qu'il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent, et moi je vous dis de ne pas résister aux mauvais traitements ; mais, si quel­qu'un t'a frappé sur la joue droite, présente-lui encore l'autre », comment les Herméneutes [ « (Les commentateurs) n'ont pas cherché dans l'Ecriture ce qu'il faut croire, mais ce qu'ils croient eux-mêmes, ils ne l'ont pas regardé comme un livre où étaient contenus les dogmes qu'ils de­vaient recevoir, mais comme un ouvrage qui pourrait donner de l'auto­rité à leurs propres idées ; c'est pour cela qu'ils en ont corrompu tous les sens et donné la torture à tous les passages. » (Lettres Per­sanes - Montesquieu).] se sont-ils arrogé si facilement la liberté de décider que l'homicide n'est pas toujours un meurtre, alors que l'adultère, le viol ou le blas­phème sont réputés péchés mortels en soi ? C'est ce que va nous indiquer un survol des positions officielles de l'Eglise sur ce sujet.

Dès les premiers siècles, la question se posa de savoir s'il était permis à des chrétiens de recourir à la guerre, fau­trice de massacres et de ruines, et dont on eût pu attendre l'ablation (Cf. cette malencontreuse prophétie du trop optimiste Saint Athanase : « Quand ils étaient encore idolâtres, les Grecs et les Ro­mains, toujours prêts à recourir aux armes, mettaient en elles tout leur espoir ; mais, depuis qu'ils sont devenus chrétiens, ils ne songent plus à tuer leurs semblables. Ces hommes qui n'auraient pu vivre une heure seulement sans armes, les ont, dès qu'ils ont connu la doctrine chrétienne, abandonnées pour se livrer à l'agriculture, et leurs mains, habituées à tenir l'épée, s'élèvent vers le ciel dans la prière. Au lieu des guerres mutuelles qu'ils se faisaient, c'est maintenant contre le démon qu'ils luttent par la vertu et la pureté de l'âme. Ceux qui ont appris la doctrine du Christ ne font plus la guerre que contre les tentations, et leurs armes sont la vertu et l'excellence des mœurs ». En voilà un qui n'a guère été visité par le Paraclet quand il griffonna ces turlutaines ! ) ou l'atténuation depuis qu'était apparue la « bonne nouvelle » — Evangile — dictée par le « Prince de la Paix » dont le legs suprême fut : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » et qui ignora tout lors des affrontements de nation à nation et de leurs agents, plutôt mal vus au début : « Y a-t-il des désordres dont soient exempts les gens de guerre ?... Y a-t-il un vice qui ne règne en eux ? » (Saint Jean Chrysostome). Après Origène, anti­militariste avant la lettre, les Africains Tertullien et Lactance se déchaînèrent : « Un chrétien ne peut s'enrôler dans l'armée ; un soldat qui reçoit le baptême doit quitter l'ar­mée... En désarmant Pierre, le Seigneur a désarmé tous les soldats. Personne ne peut regarder comme licite un unifor­me qui représente des actes illicites » (Tertullien). « II n'y a pas une seule exception à faire au précepte divin : tuer un homme est toujours un acte criminel » (Lactance). Un de leurs disciples est à saluer : le 12 mars 295, dans le camp de Théveste, en Numidie, Maximilien refusa le service mili­taire : « Je ne puis servir, je ne puis mal faire ; je suis chrétien ». Il fut décapité après avoir crié « Vive Dieu ! ». D'ailleurs, sans aller jusqu'à compter comme crimes les meurtres de guerre, il fut un temps où l'Eglise condamnait à une pénitence de quarante jours tout homme qui en avait occis un autre au combat, fût-ce en se défendant, et, au XVIIe siècle encore, le Hollandais Hugo Grotius estimait : « il est d'une extraordinaire sainteté de ne point participer à la guerre », thèse reprise par les Quakers, Memnomites et Anabaptistes.

Cependant, les durs et purs, à la Tertullien, ne préva­lurent pas. Après une période d'hésitations, il s'opéra vers l'an 400, une cristallisation des opinions ecclésiastiques, grâce surtout à Saint Augustin (+ 430), dont les idées com­plétées par Isidore de Séville (+ 636) exercèrent un empire indiscuté à l'orée du moyen-âge. Encore, la doctri­ne, systématisée par Thomas d'Aquin (+ 1274), ne revêtit-elle toute son ampleur qu'avec François de Vitoria (+ 1546). De ces autorités procèdent, à quelques détails près, les thè­ses traditionnelles toujours en vigueur et qui portent essen­tiellement sur la licéité de la guerre. Plus question de l'ex­communier d'un feu radical ; on se borne à se demander dans quelles conditions elle est moralement acceptable. C'est le fameux et inextricable (tant qu'il y aura des nations) problème de la GUERRE JUSTE. Car, exclue — par la force des choses et la nature des hommes — la position même du Christ (non-violence, pardon des offenses, etc.), nul ne contestera la nécessité de châtier les méchants (châtier ne signifiant pas forcément exterminer). Le hic est de déter­miner les « méchants », lesquels apparaissent invariable­ment être « les autres pays » lorsqu'on raisonne nationalement [Les guerres de religion — entreprises entre religions antago­nistes ou entre sectes à l'intérieur d'une religion déterminée — sont hors de notre thème. Mais il est difficile de ne pas faire allusion aux haines inexpiables que se vouèrent les uns aux autres catholiques et protestants. Jacques Pirenne (« Les grands courants de l'Histoire Universelle ») évalue à plus de 30.000 le nombre des victimes de l'Inquisition et du duc d'Albe, et, lors de la croisade contre les Albi­geois, les catholiques égorgèrent à Béziers des dizaines de milliers de cathares, dévastèrent le Languedoc, pillèrent Carcassonne, rasèrent Lavaur et brûlèrent vifs, à Montségur, les « hérétiques » répugnant à se convertir. On s'en doute, les huguenots ne furent pas en reste sur les papistes. A Nîmes, par exemple, le 30 septembre 1567, le lende­main de la Saint Michel — d'où le nom de « michelade » donné à cette sauvage exécution — les protestants massacrèrent les catholi­ques et les jetèrent dans un puits dont ils fermèrent l'orifice avec de la terre. De part et d'autre, au cri de « Vive Dieu », ce furent des orgies de haine et de mousquetades. A propos du duel entre frères du Christ, qu'on savoure ce texte contemporain (1950) : « Les propagan­distes de la Réforme sont des gens grossiers et pervers au plus haut point, en même temps qu'hypocrites ; ces gens usent d'astuces pour insinuer peu à peu leur évangile diabolique, qu'ils appellent la bon­ne nouvelle, mais qui, en réalité, est une nouvelle fatale, car elle n'est autre chose qu'une ordure d'hérésies supérieurement ridicules et monstrueuses. Il faut éprouver une juste et légitime horreur envers ce protestantisme, envers ce pur évangile, envers cette réforme trom­peuse dont le nom seul, rien qu'à l'entendre prononcer au loin, doit nous faire trembler » (Catéchisme de Juan Perrone, S.J., publié à Barcelone avec l'estampille de la hiérarchie et par ordre du Révérendissime Andres Ausio, pro-secrétaire de la Chancellerie). ].

Donc, ferme principe : pas de recours aux armes, sauf en cas de force majeure, pour maintenir le droit, soit par une guerre défensive, soit par une guerre offensive contre l'adversaire s'obstinant à garder le bien d'autrui ou à refu­ser de réparer une offense. Il faut, en outre, que cette action belliqueuse constitue l'UNIQUE et ULTIME moyen de répa­rer le préjudice, lequel, enfin, doit être de taille : que l'en­jeu en vaille la peine ! Quant aux exécutants, François de Vitoria a beau eu insister : « Si, pour le sujet, l'injustice de la guerre est évidente, il ne lui est pas permis de se battre, même si le Prince le lui ordonne. Cela est l'évidence même », d'autres eurent tôt fait de protester : « Qui est juge de la justice et de l'injustice ? Tant que subsiste le doute, il y a présomption en faveur de l'autorité, l'obéissance s'impose », et, selon le dominicain Prümmer, dans son « Manuel de Théologie morale » ;

« II ne revient pas aux simples soldats ni aux officiers inférieurs d'apprécier la licéité ou l'illicéité de la guerre. Il est en effet tout à fait impossible à un homme privé de con­naître tous les motifs qui provoquèrent la guerre... Si bien qu'en pratique, chaque soldat et chaque officier subalterne peut suspendre son jugement quant à la justice ou à l'injus­tice de la guerre, et, s'il y est forcé, combattre en toute sûreté de conscience ».
Rien de plus fréquent que le défaut d'information chez le citoyen, mais, précisément, une civilisation « chrétienne » n'eût-elle pas été plus fidèle à sa source en renversant la proposition et en promulguant : « Dans le doute, abstiens-toi... Ne saisis le glaive que si tu as tous les motifs de penser que ton adversaire est un méchant » ? Au lieu de quoi nous avons, en substance, le sinistre : « Tuez-les tous. Dieu recon­naîtra les siens ». D'où, toute licence accordée au latitudinarisme le plus éhonté, comme il ressort des livres les plus récents, telle la « Doctrine catholique » du chanoine Boulenger, parue en 1955, tirée à 261.000 exemplaires, et où par­mi les 5 pages (sur 900 !) réservées à ce chapitre, nous rele­vons : « En principe, il leur est bien difficile de savoir si les chefs de l'Etat n'ont pas eu de justes raisons de déclarer la guerre. En tout cas, dans les pays d'esprit pacifique comme la France, la question ne peut se poser (?). Tous les citoyens doivent répondre à l'appel des gouvernements (Survivance païenne : chez les Grecs et les Romains, le problè­me de la guerre ne ressortissait qu'à l'autorité de l'Etat, qui n'avait à en rendre compte à personne. (L'expression « justum bellum » avait une acception formelle, sans impliquer le souci de la justice, et signi­fiait seulement que les formalités requises par le rituel avaient été bien observées avant de déclencher les hostilités : on se mettait en règle avec les dieux, de crainte de s'attirer leur défaveur par une né­gligence).

De toute façon, même dans un conflit entre nations réputé « juste » de part et d'autre, il y a mise à mort d'innocents sans culpabilité per­sonnelle, ce qui devrait inciter à sentir combien le fléau de la guerre est souvent pire que celui d'une injustice irréparée. « Quoi qu'il en soit des illusions subjectives d'un patriotisme sincère et ardent, la guerre est objectivement injuste, au moins chez l'un des deux adver­saires... La guerre ne pourra jamais être objectivement juste des deux côtés à la fois » (R.P. Yves de La Brière). De là, l'acharnement de chaque camp à s'octroyer les gants de pareille objectivité.) : l'objection de conscience serait plus qu'une lâcheté, elle serait un crime de lèse-patrie ». Moins sectaire, Boulenger, en une précédente édition, avait d'abord écrit :
« La guerre défensive est toujours légitime quand on est assailli par un agresseur injuste. Si, au contraire, l'agres­sion est juste, la nation attaquée doit se soumettre aux légi­times revendications de l'agresseur, pour éviter la guerre... Si la guerre est manifestement injuste, il n'est pas permis d'y prendre part : les soldats, quoique forcés de prendre les armes, n'ont pas le droit de tuer l'ennemi, mais, si celui-ci ne veut pas leur faire grâce lorsqu'ils se rendent, ils peu­vent alors se défendre, vu qu'il ont été enrôlés de force ».
Le bulletin « Notre clocher », du chanoine Schaefer, s'était empourpré, au lu de ces lignes. Comme s'il siéait de recorder aux adolescents que la règle des règles est d'écouter la voix de sa conscience ? (Cf. Saint-Augustin :
« Ne nous laissons pas tromper par une vaine et stérile emphase ; ne nous laissons pas impressionner par les mots sonores des choses dont on nous parle : peuples, royaumes, provinces... car l'homme INDIVIDUEL est l'élément de la cité et du royaume. Et donc la même règle d'équité subsiste entre deux peuples et deux royaumes, comme entre deux hommes »).
Les Eglises ne paraissent pas avoir été remuées par ce scrupule, et Voltaire fait figure de trouble-fête, par cette remarque de bon sens :
« Le merveilleux de cette entreprise infernale, c'est que chaque chef des meurtriers fait bénir ses drapeaux et invo­que Dieu solennellement avant d'aller exterminer son pro­chain... Chacun marche gaiement au crime sous la bannière de son saint... Dans tous ces discours, à peine en trouverez-vous deux où l'orateur ose s'élever contre ce fléau et ce crime de la guerre, qui contient tous les fléaux et tous les crimes. Les malheureux harangueurs parlent sans cesse contre l'amour, qui est la seule consolation du genre humain et la seule manière de le réparer ; ils ne disent rien des efforts abominables que nous faisons pour le détruire... Tous les vi­ces réunis de tous les âges et de tous les lieux n'égaleront jamais les maux que produit une seule campagne... Tant que le caprice de quelques hommes fera loyalement égorger des milliers de nos frères, la partie du genre humain consacrée à l'héroïsme sera ce qu'il y a de plus affreux dans la nature entière ».
Par la « trêve de Dieu » prohibant tout acte de violence du mercredi soir au lundi matin ou par la « paix de Dieu », l'Eglise catholique s'efforça, bien sûr, de soustraire au pil­lage et au massacre certaines catégories de personnes — clercs, moines, femmes, enfants, vieillards — mais ces me­sures mitigatives eurent d'autant moins d'effet qu'elles concomitaient parfois avec des appels à la Croisade. Lorsque, le 27 novembre 1095, Urbain II lança l'appel à la Première Croisade, il n'y avait pas dix jours qu'il avait proclamé la « Paix de Dieu » ! Quoique plusieurs d'entre elles (celles engagées par Clément V contre les Vénitiens (1209) ou par Boniface VIII contre les Colonna (1297) ne fussent sans doute pas exemptes d'ambitions personnelles, elles passent généralement pour une « œuvre de patriotisme et de foi » (Abbé Rouzic, assez serein pour ajouter, à propos de la croisade contre les Albigeois : « Rien de plus naturel ; toute nation, toute puissance qui est insultée dans son ambas­sadeur en réclame justice par la guerre : ce fut parce que le dey d'Alger avait effleuré du bout de son éventail notre envoyé que la France lui déclara la guerre en 1830 et commença la conquête de l'Algérie ». Belle justification pour un prêtre, ventrebleu ! Il est vrai qu'un Louis Veuillot jubilait : « Le Français, dans l'excellence de sa nature, naît prêtre ou naît soldat. L'épée est pour lui comme un huitiè­me sacrement, créé exprès pour son usage et qui le rend meilleur ». Et Armand' Albertino, évêque de Patti, en Sicile, soutenait que, les infidèles se trouvant en état de péché mortel (ceux que l'on veut agresser sont toujours déclarés «; en état de péché mortel »...) et par là même privés du droit civil et moral de propriété, les chrétiens pouvaient librement s'emparer de leurs biens. Le Pape qui désapprou­va l'usage de l'arbalète sous peine d'excommunication, dai­gna spécifier, par une bienveillante attention, que ce lance-traits capable de percer les cuirasses devait être réservé à la lutte contre les infidèles.

En préservant à outrance les prérogatives des princes temporels et en s'abstenant de prononcer contre la guerre un veto catégorique, l'Eglise, aux yeux du strict analyste, se montrait déjà en nette inadéquation avec les paroles les plus claires du Christ. Il est encore davantage extraordinaire de relever avec quelle permanence ses vicaires se sont échi­nés à ostenter comme un modèle de cohérence et de confor­mité à la doctrine initiale l'appel aux armes et l'usage de la violence. Le florilège de ce consternant paradoxe est co­pieux ; nous n'y glanerons que quelques fleurs, particuliè­rement vénéneuses :
Mgr Dupanloup : « Allez, allez, bataillons français, planter la croix à Hippone, chanter le Te Deum à Pékin, délivrer la Syrie et rendre enfin Constantinople à Jésus-Christ. Mon patriotisme enthousiaste salue ce paysan obscur, ce général habile, cette guerre juste, cette armée moderne, parce que j'aime le sacrifice, le génie, le progrès et la Fran­ce. A tous ces titres, honneur à l'armée d'Afrique ! » (Orai­son funèbre de Lamoricière).
R. P. Goffin : « II faut lutter et redresser l'Epée trop longtemps tenue la pointe en bas ! A l'heure présente, il faut tirer. Ah ! l'épée de la France, il est des jours où il faut la saluer avec plus de respect et de solennité que ja­mais. Nous avons reçu le culte de l'épée comme l'héritage le plus sacré de nos ancêtres... Cette épée aux mains des che­valiers a des pudeurs de vierge » (sic).

Si le Cardinal de Richelieu, en son « Testament Politi­que », refusait toute vocation guerrière aux Français, « lé­gers,, facilement grisés et peu affectionnés à leur patrie... Il n'y a pas de nation si peu propre à la guerre que la nôtre », Raymond d'Agiles, chanoine de la cathédrale du Puy, se pâmait à l'idée de la prise de Jérusalem par les Croisés :

« On vit des choses admirables : dans les rues et sur les places de la ville, des monceaux de têtes, de mains, de pieds. Dans le Temple et dans le Portique, on marchait à cheval dans le sang jusqu'aux genoux du cavalier et jusqu'à la bride du cheval... Spectacles célestes: dans l'Eglise et dans toute la ville, le peuple rendait grâce à l'Eternel ».
(En sa « Naissance de l'Europe », Robert Lopez énumère les méfaits des Croisades : elles n'ont pas résolu le problè­me de l'expansion de l'Occident, ni provoqué un essor com­mercial, technique ou intellectuel, mais ont creusé le fossé entre les Byzantins et les chrétiens, exaspéré les nationalis­mes, et, grevant la fiscalité pontificale, conduit au trafic des indulgences).
Mgr Pons, camérier d'honneur de Sa Sainteté : « Partez, mes petits, partez. Allez blesser deux ou trois Prussiens, puisque c'est la loi de la guerre. Tuez-en, même, si vous le pouvez. La baïonnette, qui déchire les muscles de nos sol­dats, réveille l'âme française ».

Abbé Rouzic : « Porter la croix est le moyen de se servir de l'épée. C'est que la croix soutient l'épée ; elle fait frap­per des coups plus forts ». (Cf. la prière récitée, la veille de la torréfaction d'Hiroshima, par l'aumônier de la première escadrille atomique : « Nous mettons en Toi toute notre confiance... Au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ. Amen »).

  1. Mgr Boisgelin, archevêque d'Aix : « II est une seconde religion pour tous les hommes, c'est celle de la patrie » (« L'âme populaire », journal mensuel du Sillon catholique de Paris, a fait entendre un autre son de cloche : « Idole, la Patrie, qui enlumine les fibrilles rouges des vieux chauvins apoplectiques, qui déchaîne les haines stupides, gonflées de préjugés, et les basses jalou­sies des maigres à l'égard des gros. Monstre aux cent bras, qui prend les vies et les dévore. Vocable de réunion catholique qui retentit comme une cymbale creuse. Patrie, honneur, gloire, victoire. Tu crè­veras, la gueule ouverte sur les barbelés ».).

Mgr Sagot du Vauroux : « A l'occasion d'une guerre, surtout si elle a un caractère national, il se fait comme un effort quasi universel vers les sommets où fleurissent les plus magnifiques vertus : le désintéressement, la patience, le mépris du danger, l'amour ardent de la PATRIE, les PUDIQUES délicatesses de l'honneur (!)... Ah, que la puis­sance de provocation de 1914 s'écroule et qu'elle disparaisse pour jamais dans les ruines de leur abominable barbarie ! »

(Pas gentille pour les frères chrétiens du Reich, cette optation !). Et est-ce bien le rôle d'un Nicodème mitré que de bramer :

« A quoi sert l'Armée ? Elle protège, au dehors, non seule­ment l'indépendance, mais l'expansion nationale. Elle va au Tonkin, à Madagascar, en Algérie, en Tunisie, au Maroc, planter le drapeau et donner à la France dans l'occupation. du monde la place qui lui convient, la part qui importe à son prestige, à sa prospérité matérielle, au milieu des na­tions rivales, désireuses de la distancer et de la supplanter... Voyez ce jeune soldat ! II languissait hier dans l'atmosphè­re empoisonnée du monde ; il perdait la foi de son baptê­me, la pureté de sa première communion et l'honneur de ses vingt ans. Le voilà sur un champ de bataille... Il meurt la croix sur les lèvres, après s'être battu, l'épée à la main. Quelle grandeur morale ! L'Armée régénère les hommes et les peuples... Un grand peuple tel que la France ne peut se passer de colonies... Nous devons être fiers de nos colonies, comme un père et une mère sont fiers de leurs enfants. D'un. autre côté, qui ne voit que la population de nos colonies, assure une immense clientèle à l'exportation de la métro­pole ».
Puis, notre Eminence, aux si éthérées préoccupations, hoquette en évoquant la période bénie, au XVIIè siècle, où notre pays « lutte contre l'Europe liguée, soumet Tunis, bombarde Alger et Tripoli ». On ne le lui fait pas dire, à ce Gibier : les canonistes s'expriment trop souvent comme des canonniers. Témoin encore, Mgr Sertillanges, se conges­tionnant à ce tableau : « Vit-on jamais plus farouche et furieux paladin, plus insouciant de la mort — la sienne ou celle d'un adversaire ? Ce gosse (Guynemer) ne goûtait que la joie sauvage de l'attaque, du combat dur, du triomphe net, et, chez lui, l'arrogance du vainqueur était à la fois charmante et terrible ». « Heureux les pacifiques », mur­murait le patron de ce prélat à la hussarde, qui, en 1907, déjà, avait tiré une salve : « Lisez la donc, l'histoire de France, depuis Clovis jusqu'aujourd'hui, et dites si cet ensemble n'équivaut pas à tout ce que l'antiquité nous offre et ne surpasse pas tout ce que l'étranger peut montrer ». Et les voûtes de nos églises retentissent de tels cantiques inspirés paradoxalement par le culte du Sacré-Gœur, em­blème de l'amour de l'humanité :
« Si l'étranger sur nous s'avance,

Si la patrie aime nos héros,

Cœur de Jésus, sauvez la France.

Protégrz-nous dans les combats. »
« Dieu de clémence,

Ô Dieu vainqueur !

Sauvez, sauvez la France

par votre Sacré-Coeur.
« En vrais Français, pour Dieu, pour notre France

jusqu'à la mort, s'il faut, nous lutterons, »

« 0 Notre-Dame, ô Reine de Victoire,

sous ton drapeau nous marcherons vainqueurs

……………………………………………………….

Daigne abaisser ton regard vers la France

C'est ton royaume, ah, qu'il soit bien à toi ! »
Quant à Jeanne d'Arc, il va de soi qu'on n'attend point d'elle des miracles de douceur :
« Laisse-nous, Vierge guerrière

laisse-nous suivre ta bannière

…………………………………………………….

Ton épée est vierge d'entailles

mais tu dois mener ces batailles.

Aux frissons de ton oriflamme

notre cœur grandit et s'enflamme

Tu feras de nous des géants,

belle héroïne d'Orléans. »
Comment se livrer à pareilles exaltations des valeurs de brutalité en se plaçant sous le signe de Croix ? Et surtout, comment le faire sans avoir le sentiment de se déjuger, de s'écarter de la voie rectiligne ? En tout cas, les catholiques ne sont pas les seuls à dérailler de la sorte, imités en ces gau­chissements par les protestants, les orthodoxes et les juifs :

In « La guerre et le pacifisme », le pasteur Ménégoz re­grette qu' « on prêche seulement aux soldats de mourir pour la patrie, et qu'on ne leur prêche pas de tuer pour la patrie, ce qui fait partie de l'œuvre assignée par le Seigneur au bon berger ». Dans le même recueil, le pasteur Viénot clame que Dieu se révèle « jusque dans une charge à la baïonnette », et P.-H. Loyon nous jure que « s'il était encore de ce monde, Jésus aurait ramassé un fusil français pour faire le coup de feu », tandis que les pasteurs Schrenk et Correvon (« Jour­nal religieux de Neuchatel », 14 novembre 1914), se félici­taient de ce que ni Jean-Baptiste, ni Jésus, ni les apôtres n'avaient entendu supprimer le militarisme, Noël Vesper, lui, préconisant dans « Les Protestants » (1928) un « huma­nisme chrétien positiviste et national » fondé sur la « prédestination providentielle» de notre pays (Le synode de l'Eglise Réformée, en 1960, a plutôt mis en garde ses fidèles « contre la participation de l'Eglise à des fêtes nationales ou à des cérémonies patriotiques dont l'esprit serait incompatible avec les principes de la foi évangélique, notamment en ce qu'elles im­pliqueraient un culte des morts ».). Comme Vesper sent qu'il frôle ici l'hérésie, il se récrie :
« Cette France n'est pas une Idole de bois ou d'or ou de nuées comme la Liberté, comme le Progrès, c'est une réalité de terre, de chair et de sang, de raison et d'esprit ; elle représente des biens et des valeurs sans lesquelles la vie est une misère brutale et sans lesquelles l'âme elle aussi ne pourrait fleurir. Cet amour n'est donc pas de l'idolâtrie : il reste dans l'ordre, il est à son ordre. »

Du Roumain Horia Sima (1948) : « La spiritualité natio­naliste est inséparable des derniers mystères de notre exis­tence, tels qu'ils furent révélés aux hommes dans l'Evan­gile. Il n'y a pas de mouvement nationaliste qui ne soit tributaire des vérités religieuses. On ne doit pas oublier que les accords de Latran qui ont mis fin au conflit entre l'Etat italien et le Vatican sont l'œuvre d’un mouvement nationaliste, que le phalangisme espagnol s'est élevé sur les fondements du catholicisme, que le gouvernement légionnaire roumain a envoyé ses meilleurs représentants en Espagne, pour la défense de la Croix. Même le National-socialisme n'hésite pas, à ses débuts, à parler du chris­tianisme ». (Cf. Johannes Vorster, ministre de la justice de la république Sud-Africaine en 1942 : « Nous nous pronon­çons pour un nationalisme chrétien, allié du national-socia­lisme »).

Quant au monothéisme juif, conformément à son anti­que tradition, il se plaît aussi à magnifier le feu patriotique.

Georges Davis, président du Consistoire Israélite de Marseille (1922) : « Votre cœur d'Alsacien, toujours souf­frant, depuis 1870, de la cruelle amputation infligée à la Patrie, a tressailli d'espérance quand la guerre qui nous fut imposée vous est prophétiquement apparue comme l'an­nonciatrice de la victoire ». (Lettre au Grand Rabbin Honel Meiss). Et, à Marseille toujours, le 17 janvier 1915 : «C'est que, Messieurs, cet amour de la Patrie, cet amour sacro-saint quand il s'est emparé de nous, quand il s'est infiltré dans notre sang... quand nous sentons un frisson délicieux passer sur notre chair, rien qu'à l'aspect de cette glorieuse étoffe aux trois couleurs, alors toute affection terrestre pâlit, toute autre IDOLE nous semble indigne de notre culte ». Le 31 octobre 1915 : « Aujourd'hui, nous n'avons qu'une seule haine : la haine de l'ennemi qui a ravagé, en véritable sau­vage, une partie de nos départements... ».

A Pâques 1917, encore plus âcre, un de ses collègues applaudissait au psaume de la Bible à l'accent martial, le­quel « s'adapte admirablement à la « religion de la haine » telle que nous la concevons, et qui, en ce moment, doit primer les autres ». Et voilà un nationalisme français greffé sur le particularisme juif, perceptible même chez un Philon, en qui pourtant, « on trouve pour la première fois l'idée de la conscience morale qui commande et qui juge » (Max Egger). Dans l'Ancien Testament, Dieu, roi d'Israël, n'ordonne-t-il pas à son peuple : « Vous détruirez devant vous plusieurs nations, le Réthéen, le Gergéséen, l'Amarrhéen, le Chamanéen, le Phénéréen, le Héréen, et le Jésubéen : sept nations plus grandes et plus fortes que vous, mais Dieu les a livrées entre vos mains, afin que vous les exterminiez de dessus la terre », Rabbi Jesoshua proposant cette maxi­me : « Sauve ton peuple, Israël, même lorsqu'il transgresse les lois », Toute cosmogonie primitive louange l'activité guerrière, que les dieux fomentent, pratiquent, encoura­gent. (Cf. les bienheureux du Walhalla buvant l'hydromel dans le crâne de leurs ennemis, sous le regard attendri d'Odin). Il n'y a pas à s'étonner que le monothéisme juif ait confirmé les attributs de Mars au Dieu unique, «Dieu des armées ». Mais, quel dommage qu'on ne pût transférer à toutes les nations — y compris la juive — la condamna­tion portée par Isaïe, contre les seuls Gentils : «Les dieux des nations ne sont pas des dieux, mais de la pierre et du bois, l'œuvre de la main des hommes », car c'est là une magnifique affirmation anti-idolâtrique, valable plus que jamais en notre temps. Il est vrai que ceux qui s'en récla­meraient trop ouvertement risqueraient le sort d'Isaïe : être sciés entre deux planches sur l'ordre du souverain...

A peine si, dans cet empressement d'Excellences de tou­tes confessions à se vituler dans le vernaculaire, quelques religieux se souviennent du message de Paix :
« Au nom de Jésus-Christ, je suis à vos côtés. Comme-vous, je suis objecteur de conscience profondément, ardemment convaincu. Dans la pleine conscience de mes respon­sabilités sacerdotales, je jette aux foules fanatisées par les mauvais bergers l'appel de l'objection de conscience sous toutes ses formes. L'objection de conscience est un devoir international sacré » (Abbé J. Ude, professeur à l'Université de Graz (Autriche), 1933).
Un an plus tard, l'abbé André Bach recommandait de célébrer comme « héros et pionniers d'un avenir infiniment plus heureux les objecteurs de conscience », ce qui lui valut incontinent d'être traité de « prêtre indigne ». Malgré l'exemple du Curé d'Ars, « réfractaire à la circonscription napoléonienne et cependant canonisé » (R.P. Avril), « l'Egli­se catholique n'approuvera jamais un tel moyen... Nous n'es­timons pas l'objection de conscience acceptable » (R.P. Ducattillon). Pas étonnant : hormis s'il y a offense du «bien divin » (alias : si l'on s'en prend à elle), l'Eglise n'a jamais prêché l'insoumission :
« Vous, esclaves, soyez soumis à vos maîtres avec toutes sortes de respects, non seulement à ceux qui sont bons et doux, mais encore à ceux qui sont difficiles. Car c'est une chose agréable à Dieu que ce soit en vue de lui que l'on en­dure des peines infligées injustement » (Première épître de Saint Pierre).
Non, jamais, en haut et saint lieu, une voix ne s'est élevée pour interdire aux croyants de se grimer en gladiateurs et mayeutes, le vieil apophtegme « Ecclesia abhorret a san­guine » n'étant que refrain de routine : Philippe, évêque de Beauvais, mania à Bouvines non une épée, mais une masse d'arme, excipant qu'assommer n'était pas répandre le sang... Astuce ianthine, à rapprocher du scrupule du R.P. Bourjade, as de 14-18 (28 avions allemands abattus), qui, en plein vol, bénissait d'une main le pilote qu'il venait de mitrailler de l'autre. Ainsi, Dieu et César n'avaient-ils rien à s'envier. (Plus cynique, l'empereur des Tartares éructait : « Nous ado­rons Dieu, et, avec son aide, nous couvrirons la terre de ruines, de l'Est à l'Ouest »). Les plus beaux sermons de cha­rité, les plus malignes exégèses théologiques ne peuvent pré­valoir là-contre et n'autorisent qu'un désespoir absolu par la perspective d'un éternel charnier qui en découle.

Mieux : selon un professeur à l'Université catholique de Paderborn, M. Ermecke, « Tu ne tueras point », cinquième commandement de Dieu, se fonderait sur une traduction erronée, et la transcription exacte du texte hébreu « Pav n'nch ghomed zbar ouloutch » devrait être « Tu ne tueras pas…un homme sans défense », restriction bonne à innocenter une guerre officielle, avec soldats dûment équipés de part et d'autre. N'est-il pas symptomatique que l'Eglise ait songé à remplacer « Homicide point ne seras — de fait ni de consentement » par le circonspect « Homicide point ne seras — sans droit ni volontairement » ? Pour avoir essayé d'in­citer les adversaires à suspendre les hostilités, Benoît XV se vit copieusement injurié, échec où se marque l'ineffica­cité de la religion. Le Pape n'obtint même pas une trêve de Noël, et sa suggestion du 1er octobre 1917 fut boudée :

« Pour prévenir les infractions, on pourrait établir le boycottage universel (contre l'agresseur)... Si on réserve au peuple, par voie de référendum, ou, du moins, au Parlement, le droit de paix et de guerre, la paix entre nations se verrait assurée, autant que cela est possible dans ce monde ».
En vain, encore, le traité de Versailles signé, Benoît XV, lé 7 octobre 1919, manda-t-il au cardinal Amette :
« Nous savons que ce précepte de Notre-Seigneur Jésus-Christ — aimez vos ennemis — ne plaît pas au monde, en sorte que ceux qui en affirment et en défendent le caractère sacré sont en butte à une interprétation perverse de leurs desseins et à toutes sortes d'attaques... Il n'en sera jamais autrement pour quiconque prêchera l'oubli des injures et la charité envers ceux qui nous aurons fait du mal ou au­ront attaqué notre patrie. Mais la crainte de déplaire aux méchants ne doit empêcher personne d'observer et d'incul­quer ce précepte si grave de l'Evangile, sur lequel reposent la tranquillité des relations humaines et la paix des so­ciétés ».
Vaine resta cette timide pointe de Benoît XV vers le supra-national, et, en 1932, le Comité archiépiscopal de l'Action Catholique insinuait : « L'Eglise approuve et favo­rise un juste nationalisme » (opposé, sans doute, à 1' « immoderatum nationis amorem » mis en cause par l'encycli­que « Urbi arcano »). A Noël 1954, pour la première fois un document pontifical employait « nationalisme » dans un sens exclusivement péjoratif : « L'Etat nationaliste, ger­me de rivalités et source de discordes... ». Mais, respectueux de l'intégralisme lusitain, les traducteurs, pour envoyer au Portugal ce message, remplacèrent par « estado nacionalistico » (nationalitaire) le littéral « estado nacionalisto », susceptible de sembler porter condamnation du Salazarisme, étiqueté justement « nationaliste ». La néologie au ser­vice de la diplomatie...

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