«L’histoire de l’humanité est l’histoire des idoles et deleurs règnes successifs… Et l’on dirait qu’à mesure que l’humanité viellit, le pouvoir de l’idole est plus vaste et plus meurtrier… Les maîtres ont changé; les esclaves sont les mêmes.»








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Le patriotisme dans l'antiquité

Dans un livre qui, pour être plus que centenaire et appeler quelques retouches, n'en demeure pas moins fonda­mental, Fustel de Coulanges nous a lumineusement exposé comment et combien « La Cité Antique » confondait patrio­tisme et religion : « Chez les Anciens, le mot Patrie signifiait la terre des pères, terra patria. La patrie de chaque homme était la part du sol que sa religion domestique ou nationale avait sanctifiée, la terre où étaient déposés les ossements de ses ancêtres et que leurs âmes occupaient. La petite patrie était l'enclos de la famille, avec son tombeau et son foyer. La grande patrie était la cité, avec son prytanée et ses héros, avec son enceinte sacrée et son territoire marqué par la religion. « Terre sacrée de la patrie », disaient les Grecs. Ce n'était pas un vain mot. Ce sol était véritablement sacré pour l'homme, car il était habité par ses dieux. Etat, Cité, Patrie, ces mots n'étaient pas une abstraction, comme chez les modernes ; ils représentaient réellement tout un ensemble de divinités locales, avec un culte de chaque jour et des croyances puissantes sur l'âme. On s'explique par là le patriotisme des Anciens, sentiment énergique qui était pour eux la vertu suprême et auquel toutes les autres vertus devaient aboutir ».

Ainsi, pour un Grec ou un Romain (Nous nous en tenons à ces seuls Anciens, parce que nous avons davantage hérité d’eux, mais sans ignorer qu’on pourrait également interroger, avec une sécurité relative, diverses autres civilisations, y compris la plus vieille de toutes, celle de Sumer, apparue trois ou quatre mille ans avant notre ère, avec des vestiges remontant à huit millénaires.), s'attaquer à sa patrie, c'était s'attaquer à sa religion. Il n'y avait pas dis­sociation, la divinité protectrice de la nation ne se distin­guait pas de la nation elle-même, toutes deux ayant pris naissance dans le foyer familial. Le Grec ou le Romain combattait, au pied de la lettre, pour son autel, ses dieux « pro aris et focis », qu'il craignait de voir profaner ou détruire par l'ennemi. Davantage : fût-ce en dehors du champ de bataille, l'étranger restait le fils d'un dieu ennemi et il n'y avait pas de droit pour lui (« Hospes, Hostis »). Pourtant surnommé « Le Juste », Aristide déclarait : « La justice n'est pas obligatoire d'une cité à l'autre ». Partout, dans le monde antique, l'Etat était une communauté reli­gieuse ; le roi, un pontife ; les magistrats, un prêtre ; la loi, une formule rituelle ; l'exil, une excommunication. L'omnipotence de l'Etat s'étendait jusqu'aux plus petites choses (à Rhodes, défense de se raser la barbe ; à Sparte, ordre de se raser la moustache), et ne tolérait pas les écarts de la nature même : un enfant né difforme était voué à la mort. On pouvait ne pas croire à une divinité d'un caractère « transcendant », comme Jupiter ou Junon. II ne fallait pas s'aviser de douter d'Athena Polias ou d'Erechthée. La législation athénienne prononçait ses peines contre ceux qui s'abstenaient de célébrer pieusement une fête natio­nale. Le citoyen n'avait pas le choix de ses croyances — Socrate fut condamné à la ciguë sur accusation d'impiété envers les dieux d'Athènes — et sa vie n'était en rien garan­tie dès qu'il s'agissait de l'intérêt de la cité (laquelle — unité politique par excellence — ne devait compter que 10.000 habitants au maximum, selon Aristote, sous peine de n'être plus viable. Rien de commun avec les mastodontes d'aujourd'hui, chinois, indien, russe ou américain).

Que le gouvernement fût une monarchie, une aristocra­tie, ou une démocratie, il édictait toujours que le droit, la justice, la morale, tout devait céder devant l'intérêt de la patrie. Gustave Glotz nous dit des Hellènes : « Du jour où l'éphèbe majeur prête le serment civique, il doit à la cité toutes ses pensées et son sang... Dès qu'il sort de ce micro­cosme qu'est la cité, le Grec est en pays étranger. Haine de génos à génos, de dénie à dénie... L'histoire de la Grèce antique n'est qu'un tissu de guerres... où toutes les fureurs dont est susceptible le patriotisme se déchaînent pour la conquête de quelques guérets ou de quelques broussailles... Patriotisme des Grecs, patriotisme de clocher ». Au « ber­ceau du droit », il est à remarquer que les mesures appa remment les plus humaines prises parfois en faveur des vaincus n'avaient pour motif que l'intérêt de la « res romana », ou de ses « imperatores » ; malgré son mérite d'avoir, à l'origine, tempéré l'esprit guerrier, le collège des féciaux lui-même était une institution unilatérale, ignorant le droit des autres peuples, et (im)purement inspiré par des raisons d'opportunité tactique.

Pour tourner la loi qui exigeait que les légions n'entras­sent point en campagne avant que les Féciaux se fussent rendus à la frontière et eussent lancé le javelot sur le sol de l'ennemi (voyage souvent assez long), les Romains ne laissaient-ils pas d'ériger en plein forum un temple dont ils déclaraient froidement qu'il symbolisait leurs frontières, en sorte que l'ennemi pouvait être attaqué incontinent ? Lors d'un litige avec la Grèce, comme les Féciaux étaient dans une région assez éloignée de Rome, on vit même le Sénat, pour ne pas perdre des heures précieuses à les attendre, forcer un Grec de cette région à y acheter un terrain, du coup mué en « sol de l'ennemi ». Les pontifes y lancèrent leur javelot et les troupes romaines foncèrent instantané­ment sur l'adversaire. C'était, dans toute son ampleur, le règne de la funeste maxime que le salut de l'Etat est la loi suprême, la personne humaine ne comptant pas, face à cette « autorité sainte et presque divine qu'on appelait la patrie ou l'Etat. » (Fustel) ( Dans toute l'antiquité, il s'est rencontré un seul souverain qui ne professât point cette conception : Amenophis IV (ou Akh-En-Aton, ou encore Amenothep IV), beau-frère de Toutankhamon (XIV siècle, XVIII° dynastie). Ne remplaça-t-il pas le culte national d'Amon, dont il ferma les temples, par celui d'Aton, « dieu d'amour pour tous le» hommes » ? Prédécesseur de Pythagore, de Bouddha, de Jésus, il enga­geait à chercher un dieu ailleurs que dans la confusion des batailles ou la fumée des sacrifices humains. « Jamais, à notre connaissance, aucun prophète avant lui n'avait conçu une divinité qui ne fût pas pourvue des cinq sens de l'homme » (Fred Bérence). Véritable objec­teur de conscience, il refusa d'entreprendre une guerre contre ses enne­mis de Syrie, estimant que le recours aux armes était une offense à Dieu. Une fois mort, à trente ans, ce singulier pharaon fut déclaré « hérétique », son tombeau violé, sa momie extraite de son cercueil pour y découper le nom royal, son âme « condamnée à errer sur terre ». Mal vu des historiens parce que son indifférence aux choses publiques aurait précipité la ruine de l'empire égyptien, il a été traité par un Eugène Cavaignac d' « adolescent débile, nerveux, efféminé, détraqué et détraqueur ». Ah, s'il avait trucidé vaillamment quelques dizaines de milliers de bonshommes !)

En vertu de ce principe d'une obéissance passive à tous crins, les Lacédémoniens — nous rapportent Strabon, Jus­tin, Polybe — entreprirent une campagne qui dura six ans pour se venger des Messéniens coupables d'avoir violé les filles Spartiates. La guerre se prolongeant, les chefs redou­tèrent que leur précieuse ville ne vînt à se dépeupler. Ils enjoignirent à leurs soldats de violenter à leur tour les femmes qu'ils y trouveraient. (Les enfants issus de ces accouplements furent nommés Parthéniens). Que n'était-on, déjà, incité à faire par patriotisme ? (Cf., chez Lucain, le « vrai langage du soldat » tenu par le centurion Lœlius : « Je jure que, si tu ordonnes de plonger le glaive dans la poitrine de mon frère, ou dans la gorge de mon père, ou dans le sein de mon épouse prête à enfanter, j'obéirai »).

Si sauvage que fût pareille identification de l'éthique et du national, concrétisée en chaque maison par l'autel consacré aux lares et pénates, elle avait du moins pour elle, à son heure d'histoire et d'évolution, d'être cohérente et logique. On est effaré de constater qu'elle subsista, voire se conforta, avec l'avènement du christianisme qui renfermait pourtant le germe d'un complet divorce entre le terrestre et le céleste, son Maître enseignant que tous les hommes sont enfants de Dieu et qu'il doit exister entre eux une fraternité illimitée.
Patriotisme et Christianisme

Désormais, il n'y aura qu'un seul Père, celui qui est dans les cieux, les nations ne seront plus devant le Seigneur que des collectivités d'égale valeur — chacune, une entre mille autres — et le devoir essentiel pour chaque humain ne sera plus de sauver sa cité, mais de sauver son âme. Radicalement différentes des maximes prônant avant tout le culte natio­nal, ces paroles de Jésus placent le prochain au-dessus du concitoyen (ignoré, même) :

— « Cherchez d'abord le royaume de Dieu, et tout le reste vous sera donné par surcroît ; aimez et bénissez vos ennemis comme votre Père du Ciel les aime et les bénit. »

— « Aimez-vous les uns les autres »

— « La Paix soit avec vous ! »

— « Bienheureux les pacifiques »

— « C'est à moi seul qu'appartient la vengeance »

— « Remettez votre épée au fourreau. Celui qui se sert de l'épée périra par l'épée. »

On se doute qu'une révolution de cette envergure, bous­culant tous les préjugés, ne pouvait être que mal reçue par les champions du couple Religion-Etat, quels qu'ils fussent, Romains ou Juifs, malgré le monothéisme de ceux-ci trop portés malheureusement à considérer dans Jahvé, Dieu unique, un dieu qui s'intéressait tout spécialement à eux parce qu'ils étaient les seuls à l'adorer : « Là même où il tend à s'universaliser, le messianisme ne se spiritualise pas ; il repose sur l'idée fondamentale de la restauration d'Israël, c'est-à-dire sur le nationalisme juif. Dans tous les cas, c'est en Palestine et par elle que doit s'organiser le Royau­me messianique » (Charles Guignebert).

Aussi, lorsque, déçus par l'indifférence de Jésus à ren­dre à Israël le territoire aliéné, ses adversaires voulurent lui arracher une déclaration imprudente qui causât sa perte, c'est, bien sûr, sur la question nationale qu'ils le provoquèrent, avec l'insidieuse interrogation : « Est-il permis (non : obligatoire, notons-le) de payer le tribut à César ? ». Par sa réponse : « Rendez ce qui est de César à César et ce qui est de Dieu à Dieu », refus implicite de « délivrer » Israël, Jésus décontenança si fort la multitude que cela suffirait à expliquer le revirement populaire entre les Rameaux et la Passion. D'aucuns pensent même que la trahison de Judas fui: moins un acte de cupidité que « la déception de ses espérances nationalistes qui lui firent en­trevoir l'obéissance au Sanhédrin comme un devoir patrio­tique » (C. Barthas). Ce que les docteurs attendaient du Prince envoyé par Dieu, c'était sans doute qu'il fît régner Jahvé, mais aussi qu'il taillât dans le monde un royaume de choix pour le peuple; élu, provisoirement occupé par une puissance étrangère. Mis en demeure de réaliser les espé­rances de sa race, il rétorqua qu'il était venu pour le salut des âmes — nullement lié à la condition politique de la patrie. Comme, d'autre part, il était originaire de Galilée réputée « cercle des Gentils », et « pays impur », on lui fit cruellement expier son souci des valeurs transcendantes.

Sans s'attarder davantage sur des événements très con­nus mais qui montrent bien l'obstacle posé dès l'abord par l'égoïsme national à l'instauration de l'idée de suprématie de l'universel, on apercevra dans ce heurt entre la Syna­gogue pharisaïque et le Message évangélique un prélude au fantastique paradoxe d'une doctrine aussi parfaitement universaliste que le christianisme (d'ordre naturel ou sur­naturel, peu importe ici), muée bientôt en rempart du na­tionalisme par une foule de ses théologastres acharnés à reboulonner l'Idole Patrie, toute ignorée qu'elle fût dogma­tiquement du Christ. Un païen — du latin « pagus », villa­ge — n'est-il pas très exactement celui qui se cramponne à son... pays, sans rien vouloir entendre de plus large, de plus « catholique » ? Les quelques effusions sentimentales sur le sort des « brebis d'Israël », ou la dizaine de fois — contre plus de deux mille dans la Bible ! — où le titre de « fils d'Israël » se lit dans l'évangile ne changent rien à ce fait capital et irréfragable : non seulement Jésus n'a pas jugé opportun d'agir pour l'indépendance politique de sa patrie et le relèvement du trône de ses ancêtres (pour lui, l'adversaire à abattre était le Malin, non le Romain), mais en vain chercherait-on dans sa prédication trace d'en­seignement patriotique. Pour tout potage les patriomanes doivent se rabattre sur la phrase évasive : « Rendez à César... » (interprétée ainsi par Eisler : « Jetez à la tête de César son argent maudit et gardez pour Jahvé ce qui est à Jahvé ») ou sur une extrapolation du quatrième comman­dement, qui ne parle en termes exprès que de l'hommage dû à nos père et mère — et à quoi, d'ailleurs, s'oppose le cri fulgurant : « Si quelqu'un vient à moi et ne hait pas son père et sa mère, son épouse et ses enfants, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple » (Luc, XIV, 26) —. Franchement, si cette dérivation de « père et mère » en « patrie » est plausible, elle n'a rien de lumineux ni de caté­gorique, et ne peut se concevoir que comme une invite à « honorer », nullement à « déifier » cette espèce de com­munauté. Au demeurant, le nom de « piété » choisi par saint Thomas pour désigner les divers devoirs du patrio­tisme, ce mot exprime en soi les limites qu'il implique : s'il explique le caractère religieux de cette vertu et son lien avec le culte rendu à Dieu, il condamne toute tentative d'ériger la patrie en idole et de la placer au-dessus du Très-Haut (la Vérité, pour les agnostiques). Le «diction­naire de théologie catholique » s'accorde, là, avec le plus sain humanisme en faisant ressortir que « mettre un mor­tel ou la nation plus haut que Dieu, ou, comme on dit, au-dessus de tout, c'est non seulement adopter une ligne de conduite que rien ne justifie et que tout condamne, la raison et la foi, attitude aussi attentatoire aux libertés du citoyen qu'aux droits du Créateur, c'est encore supprimer le plus sublime motif de la piété envers la patrie... ». Ainsi dénoncé « le plus grave des péchés » l'idolâtrie « par laquelle nous adorerions une créature comme si elle était notre Dieu » (Saint Thomas), une fois bien souligné, avec le Doc­teur évangélique, le « titre secondaire » d'une telle piété se bornant à recommander de chérir davantage les personnes qui nous touchent de plus près (hiérarchie des affections !), alias : « parents et patrie, très imparfaite, mais bien réelle image du Père du Ciel », pareil énoncé théorique de la po­sition de l'Eglise sur ce plan est — langage mystique mis à part — approuvable par toute intelligence probe, puisqu'on y distingue la subordination de la cause seconde à la cause première, et l'interdiction de toute apothéose d'un individu ou d'une collectivité — nationale notamment — au détri­ment de l'Universel Quel dommage que la pratique n'ait en rien participé de ce beau point de départ, et que, de gau­chissement doctrinal en gauchissement doctrinal, les pré­ceptes ecclésiastiques aient ajouté à leur regrettable ineffi­cacité le venin d'une subtile glorification de la Nation, plus d'une mise en garde papale contre celle-ci n'ayant pas le sceau de la défense de l'universel, et n'étant que défense de leur propre particularisme d'église, très contingentiel. Rappelons-nous Léon XIII : « S'il faut témoigner de l'affec­tion au pays qui nous a donné le jour, il est nécessaire d'aimer d'une dilection plus ardente l'Eglise à qui nous sommes redevables de la vie immortelle de l'âme » En cette identification de l'église romaine et de l'éternel, au sens philosophique, il y a une mystification analogue à celle du couple Patrie-Absolu. Ecoutons Pie X : « L'amour du sol natal et les liens de fraternité patriotique sont plus forts quand la patrie reste indissolublement unie à l'Egli­se». De là, à glisser vers des suggestions aussi in-œcumé-niques que celle-ci... : « En des temps si malheureux ou si peu favorables à la paix chrétienne, que peut-on souhaiter de plus doux, que de voir fleurir l'amour et le culte des peuples pour la Sainte-Eucharistie ? Car c'est elle encore, mystère d'unité et de charité, qui peut le plus puissamment contribuer à amener la réconciliation entre les hommes ». Autre trait : un tract distribué, en janvier 1964, d'ans le théâtre où se jouait «Le Vicaire », assurait que la « consé­cration au cœur immaculé de Marie » dont s'occupait Pie XII en pleine période de massacre des Juifs constituait une prise de position en leur faveur, puisque Marie était Israé­lite. Voilà qui laisse rêveur ! Allez donc demander à un Chinois, un Soviétique, un bouddhiste, un agnostique ou un athée ce que représente pour lui l'Eucharistie ou la Madone (à l'hyperdulie préconisée par Benoît XV comme palladium contre le fléau de la guerre !). Aucune universa­lité là-dedans.
Pour Mgr Ruch, le refus de la natiolâtrie se fonde sur le postulat que les supérieurs humains, « images de Dieu », perdent leurs pouvoirs légitimes quand ils le contredisent. Alors, le citoyen se voit obligé de refuser obéissance aux ordres de sa patrie. Or, qu'est-ce que contrevenir à la vo­lonté de Dieu, aux yeux de nos catéchistes ? Essentielle­ment : s'attaquer à l'Eglise. A condition de se garder de cette imprudence, on n'aperçoit pas près bien à quoi d'au­tre le citoyen est dispensé d'obéir en matière d'ukases militaro-nationaux.

Avant, cependant, la production de pièces plus aiguës encore sur ces tragiques équivoques, qu'il nous soit donné d'accorder la parole à quelques-uns des rares tenants de l'incompatibilité entre Dieu et Mammon, ou, du moins, de la soumission du second au premier :

Tertullien : « Le disciple de Christ ne se laissera pas tenir par les dieux des nations ; loin de là, il rejettera tou­jours cette bénédiction immonde, et il la purifiera en la reportant à son Dieu... ». « Rien ne nous est plus étranger que la chose publique. Nous ne connaissons qu'une répu­blique, une pour tous, c'est le monde. » (Cf. Sénèque : « Patria mea est totus mundus »).

Pie XI, le 31 décembre 1929, flétrit le nationalisme, « d'une part excessif et trompeur, d'autre part nuisible à la véritable paix comme à la prospérité... Si ce sentiment se transforme en un amour excessif de la nation, lequel ne respecte par les limites du droit et de la justice, il devient une source d'injustice et d'iniquités », et, le 3 mai 1932, condamna « cet amour désordonné de la patrie par lequel un peuple se donne pour propre Dieu l'intérêt de l'Etat » (Cf. son pénultième prédécesseur. Pie X, décrétant « inintelli­gent » l'amour de la patrie quand il est fauteur d'attentats et de séditions). En 1926, Pie XI avait dénoncé comme absolument opposée à la doctrine catholique la notion de la patrie ou de l'Etat d'après laquelle ils seraient à eux-mêmes leur fin dernière, le citoyen n'étant ordonné qu'à la cité, tout devant être rapporté à cette dernière, tout absorbé par elle ! », et n'avait pas craint de faire féliciter par Mgr Gasparri l'abbé Demulier (à la solide maxime : « Le chrétien n'a pas de patrie ici-bas ») pour son initiative de «corres­pondance catholique franco-allemande ».
R.P. Ducattillon (1932) : « La patrie n'est pas une réalité religieuse, mais temporelle. C'est l'emploi à son sujet d'un vocabulaire religieux qui pourrait être soupçonné de sacrilège... Il n'y a que les idoles qui répugnent à ce qu'on examine leurs titres : je ne ferai pas à la patrie l'injure de penser qu'elle peut être une idole » (Ironie ?). Pour la pen­sée chrétienne, l'absolu, c'est la personne humaine, et ce sont les groupes, fussent-ils les patries, qui lui sont relatifs. Ce n'est donc pas l'homme qui est pour la patrie, mais la patrie pour l'homme... On comprend, à ce compte, que la rectitude morale d'un seul vaut mieux que le salut tem­porel de tout le peuple et que jamais le plus formidable intérêt temporel collectif ne justifiera la moindre faute morale personnelle.»

R.P. Gillet (1934 : « Du point de vue chrétien, nos cul­tures, nos races, nos patries n'ont aucune espèce d'impor­tance. Il y a le Christ, et, après cela, peu importe que nous ayons une culture occidentale ou orientale, qu'elle soit européenne, chinoise ou hindoue, ceci ne compte pas. Qu'importent notre race, notre patrie ! Je vais même aller très loin et dire une chose qui semblera à certains doulou­reuse et blasphématoire : peu importe que l'Europe périsse, que la Russie périsse, si l'Evangile demeure » (Remplaçons « Evangile » par « Vérité » — et ce sera exquis).
Mais, pour la rude netteté et la lecture (enfin) sans emberlificotages de l'Evangile (« Nous disons simplement combien il est nécessaire et bénéfique, pour qui veut être véritablement chrétien, d'aller aux sources de no­tre foi, de notre religion. Le retour à l'Evangile doit être notre exer­cice continuel de pensée, de ferveur spirituelle, de renouvellement moral, de sensibilité religieuse et humaine
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