«L’histoire de l’humanité est l’histoire des idoles et deleurs règnes successifs… Et l’on dirait qu’à mesure que l’humanité viellit, le pouvoir de l’idole est plus vaste et plus meurtrier… Les maîtres ont changé; les esclaves sont les mêmes.»








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JULLIEN TEPPE
L’IDOLE PATRIE
« L’histoire de l’humanité est l’histoire des idoles et deleurs règnes successifs… Et l’on dirait qu’à mesure que l’humanité viellit, le pouvoir de l’idole est plus vaste et plus meurtrier… Les maîtres ont changé ; les esclaves sont les mêmes. »
Romain ROLLAND
Sur l'idolâtrie

Le culte dû au seul Absolu, l'idolâtrie est l'action de le rendre à une vaine image — en grec « eidolôn », idole. Bacon appelle ainsi les classes d'erreurs les plus générales et les plus profondément invétérées contre la résistance des­quelles il est nécessaire de se prémunir si l'on veut accom­plir l'œuvre d'instauration des sciences. Pour lui, les idoles s'opposent aux idées, comme nos imaginations à ce que les choses sont réellement pour l'Esprit. En employant « idola» pour (fausse) apparence. Bacon manifeste également son intention d'évoquer le sens de « faux-dieu ».

*

« Le plus grand crime du genre humain, le forfait qui comprend tous les autres, la cause tout entière de sa con­damnation, c'est l'idolâtrie... Que celui-là nie que l'idolâtrie soit un homicide, qui peut nier qu'il ait perdu son âme. D'après ce principe, vous trouverez encore en lui l'adultère et l'impudicité. Car quiconque sert les faux dieux altère indubitablement la vérité ; or, toute altération de la vérité est adultère... Ce qui constitue le vol, j'imagine, c'est d'en­lever le bien d'un autre ou de nier ce qu'on lui doit ; le vol commis envers l'homme est regardé comme un grand crime. L'idolâtrie fait un vol à Dieu en lui dérobant les hommages qui lui sont dus pour les transporter à d'autres, ajoutant ainsi l'outrage au larcin. Que si le vol, la fornica­tion, l'adultère causent la mort, c'en est assez pour que l'idolâtrie ne soit pas innocente d'homicide. Toute négation de la vérité est une idolâtrie, de même que toute idolâtrie, est une négation, soit en acte soit en parole ».

Tertullien.

AVANT-PROPOS

Même si le goût et la recherche éperdue de la vérité infléchissent certaines pages vers le sforzando, j'aimerais qu'on tînt ce livre pour ce qu'il est : une œuvre d'humilité et de raison. D'humilité : sans laisser jamais la bride sur le cou au « pronom haïssable » pour s'adonner à de fracassants manifestes métaphysiciens ou poétesques, j'ai préféré éta­blir les pièces du dossier en cédant la parole très largement aux avocats comme aux procureurs. (D'ailleurs, mon dessein premier était de composer une anthologie parallèle des auteurs pro et anti-nationalistes ; d'où l'accumulation des citations). De raison — frémissante : solitaire à tous crins, ne me sentant à l'aise dans aucun milieu, et pas même dans ma peau, je ne saurais être suspecté de partialité, dans un sens ou dans l'autre, pour aucun pays, fût-il le mien, ce qui me met dans les conditions requises d'objectivité et m'épargnera les incongruités, soit adulatrices du berceau (elles sont myriades !) soit reniatrices, à la façon d'un Schopenhauer : « En prévision de ma mort, je fais cette confession que je méprise la nation allemande, à cause de sa bêtise et que je rougis de lui appartenir » — ou d'un Aragon première mouture : « Mon pays, remarquez bien, que je déteste, où tout ce qui est français me révolte à pro­portion que c'est français... J'ai bien l'honneur, chez moi, dans ce livre, à cette place, de dire que, très consciemment, je conchie l'armée française... ». Non, préservé de telles polissonneries par le scepticisme, je ne suis pas de ceux qui, crachant sur leurs pénates, se figurent qu'ils « seraient mieux ailleurs ». Sans attachement ni intérêt profond à aucun groupe terrestre, étranger à tout souci politique, uniquement sensible à l'Absolu où qu'il se trouve, mal en point, en tout cas, du seul fait de vivre, je ne suis peut-être pas trop mal placé, en raison de cette morbide complexion biologico-psychologique, pour essayer de parler, autant que faire se peut, « sub specie aeternitatis », du point de vue de Sirius. Inadapté — hélas ; déraciné, ou plutôt a-raciné — dieux merci, mes jugements ne sont du moins teintés d'au­cun atavisme et peuvent prétendre à considérer d'un œil impartial la France et les autres peuples.

Oui, mais — objectera-t-on — vos références ne sont-elles pas le plus souvent puisées dans le domaine français ? Bien sûr, par la force des choses — commodités de documentation et facilités de bibliothèque. Un recensement interminable aurait retardé sans profit une démonstration qu'elle n'aurait pas renforcée, le choix d'exemples topiques ayant chance, même, d'être plus probant. Evoquer le natio­nalisme uruguayen, indonésien, guatémaltèque ou mandchou ne toucherait pas au vif nos fibres ; c'est trop loin. Or, une idée que n'imprègne pas la sensibilité reste lettre morte. En outre, et surtout, houspiller le nationalisme des autres est trop aisé. Ce serait tomber dans l'alibi des Basiles tout prêts à clamer que c'est bien à contrecœur qu'ils ont dû venir au nationalisme, mais qu'ils n'auraient pas demandé mieux que de s'en abstenir si les méchants étrangers ne les avaient contraints à cette déplorable extrémité... Commen­çons par balayer devant notre porte avant de pester contre les immondices entassées au seuil des maisons voisines. Je pousserai toutefois la bonne volonté jusqu'à ne pas trop chicaner Jean Cassou sur son assurance que « l'esprit français ne s'affirme jamais plus français que lorsqu'il atteint l'homme dans sa plus vaste généralité, lorsqu'il tient et rend compte de la solidarité qui engage entre eux les peuples et les hommes, lorsqu'il atteste le caractère un et indivisible de la liberté... », et j'accorderai encore ces pos­tulats que la France n'a pas connu de mouvements jingoïstes de l'ampleur hitlérienne, mussolinienne ou stalinienne, et qu'elle demeure, grosso modo, avec une approximative liberté d'expression, une des nations les moins invivables du monde — très vivable pour les matérialistes (1 ). Puis-je entamer avec plus de tempérance et de sérénité une campa­gne anti-idolâtrique, où je prie instamment les lecteurs, de quelque appartenance qu'ils soient, de ne pas céder au pen­chant de lire en filigrane « leur » patrie, quand est écrit « la » patrie — entité, et non localité. Puisque « vous ne verrez jamais un mathématicien mettre en vedette son propre pays. Nous avons tous le sentiment d'appartenir à une vaste fraternité, aux limites du monde, et qui associe toutes ses intelligences pour venir à bout des zones d'om­bre qui se trouvent devant nous » (Laurent Schwartz), alors, neutres comme des signes d'algèbre, sans coefficient parti­culier ni émotionnel, tels doivent toujours apparaître ici les termes périlleux de « nation » ou de « patrie », afin qu'on ait chance d'approcher du plus près le mode de penser scientifique grâce auquel s'illustrera le mot de Plotin :

« L'âme réduite à l'intelligence est d'autant plus belle ».

  1. En 1963, il y eut sept millions de déclarations de contribua­bles, dont 70 % avouaient des revenus nets annuels de 4.000 à 15.000 Fr., et 1.580 au-dessus de 300 000 Fr. Le quart de l'or thésaurisé dans le monde l'est par les Français, dépassant, avec leurs 20 milliards de F. de métal jaune, l'Asie entière (18 milliards), le reste de l'Eu­rope (16), l'Amérique (14). 25 millions de Français partiront en va­cances pendant 24 jours en 1967 ; ils seront 31 millions dans ce cas en 1970, où, au rythme actuel d'expansion, ils totaliseront 815 millions de journées de congés payés. Le parc de voitures a passé le cap des 10 millions (8.300.000 automobiles particulières, soit une, au moins, par deux ménages). En 1966, 3.380.000.000 F. ont été joués au P.M.U. —- soit le vingtième d'une épargne qui augmente d'un milliard d'an­ciens francs par mois.(Trente millions de nos concitoyens ont un livret de caisse d'épargne). Eloquents sont ces chiffres, même s'ils n'impli­quent évidemment pas la perfection de la justice distributive, pour la­quelle il reste énormément à faire.



Une réalité inédite

Aujourd'hui — du moins dans les pays à régime libéral où ces positions jouissent d'organes de presse nullement clandestins — il est admis et licite d'être athée, anticlérical, libertin, fasciste, communiste, anarchiste, nudiste, franc-maçon ou pédéraste, sans compter cent et une variétés de menus anticonformismes. Seule subsiste, intouchable, l'ido­le Nation, révérée (d'apparence...) par tous, gouvernements et gouvernés, doctes et ignares, prolétaires et bourgeois, unanimement prêts à lyncher sur-le-champ l'insensé qui hésiterait à se prosterner. Dieu est mort, non pas Bellona-Patria. Ce dernier vestige de religion aurait, au fond, quel­que chose de réconfortant s'il était preuve de moralité ou de solidarité, au moins intérieure, et impliquait vocation de sacrifice. Hélas, les « patriotes » s'entre-d'échirent à l'envi, se traitent mutuellement de traîtres, bref se haïssent, à peine d'accord pour dauber et tomber sur l'étranger dès que l'occasion se présente. Impossible de nier ce fait déplai­sant : c'est la haine, et non l'amour, qui cimente les unions. Ainsi les membres de la Résistance dressés un moment en front commun contre l'envahisseur n'ont-ils, sitôt la Libé­ration venue, rien eu. de plus pressé que de se retourner les uns contre les autres, les yeux et la plume injectés de bile Ah, le beau tableau que voilà, d'intelligence et d'harmonie !

Tous les « A bas ! » imaginables sont tolérés, sauf celui touchant l'Idole. N'y a-t-il pas, là, de quoi frapper de per­plexité le méditateur, ahuri devant une telle déférence envers ce qui, d'expérience, se trouve à la base des pires calamités écrasant le monde ? Le dolorisme, en tout cas, axé aussi bien sur le massacre de la vérité que sur le massacre des inno­cents, ne pouvait manquer de s'émouvoir sur ce paradoxe si propre à pousser au désespoir : « Si, aujourd'hui, le na­tionalisme est devenu la plus importante des religions, c'est que les anciens cultes, adoucis, ne remplissent plus leur antique fonction sacrificielle. Il fallait donc une nouvelle forme de fanatisme, un nouveau culte qui permît de s'entre-tuer de bonne foi » (Gaston Bouthoul).

  1. Qu'ils soient de Fustel de Coulanges (« Soyons de notre temps. Nous avons aujourd'hui quelque chose de mieux que l'histoire pour nous guider ») ou de Lucien Romier (« Nous devons nous contraindre désormais à raisonner sur l'universel. Les idées, l'outillage et les modes de l'humanité tendent à devenir à la fois universels et uniformes, mais chaque groupe se cabre, se rétive... »), ces avertissements, déjà anciens, ont pris un regain de pertinence et d'urgence avec l'avènement de l'âge atomique qui, en quatre lustres, a vu nos connaissances plus se bouleverser — et nos capa­cités d'agir sur la nature plus s'accroître — qu'en ces six mille années dont se compose la chronique de l'homo sapiens. Sans nous livrer à d'emballants développements, familiers à tous depuis deux décennies, sur le phénomène — capital — de la facilité et de la rapidité des communi­cations modernes entre les hommes, disons que l'apparition de l'énergie thermo-nucléaire forme à elle seule une nou­veauté d'une telle taille qu'elle oblige à repenser de fond en comble maints problèmes. Pour le coup, le « nil novi sub sole » est balayé ; de vrai, il y a du neuf sous le soleil — jusqu'à ce que la bombe A ou H le fasse éclater... Une seule bombe de 100 mégatones dépasse la capacité totale d'anéan­tissement possédée par l'ensemble de toutes les armées du monde depuis la nuit des temps. A la lueur d'enfer de ces explosions, on aperçoit d'emblée la caducité des énoncés traditionnels, et, notamment, l'inanité d'un cadre rigide des Nations qui n'est plus d'aplomb avec une époque où le tour du monde se boucle en 80 minutes, où Mars et Séléné sont à notre portée, et où, plus profondément, nous sommes à la veille de commander à l’hérédité, d’altérer le fond génétique de l'espèce, d'intervenir dans le processus de la mémoire et de la sensibilité (Cf. « La vie au XXIè siècle » des Russes S. Goutchtchev et M. Vassiliev, qui nous laissent pantois). Et, en disposant de tels moyens d'action sur la matière vivante que la seule perspective d'en user donne le vertige, on s'opiniâtrerait à tourner en rond, chacun à l'intérieur de son parc clôturé de poteaux frontières aussi inamovibles que peccamineux ! Folle et impossible immobilité, à l'heure où tout bouge, les théologiens eux-mêmes révisant leurs canons, au concile (Au Vatican, le 11 novembre 1964, la majorité des Pères furent d'avis qu'il fallait même réviser la conception quasi immémoriale de guerre « juste », considérant que les dommages causés par l'emploi des armes nucléaires dans une guerre « juste » entraîneraient des maux plus graves que ceux auxquels on prétendait s'opposer.) ou ailleurs ; « L'an­cienne doctrine théologique paraît ne plus convenir exac­tement au monde humain tel que le révèle l'expérience contemporaine... Nous vivons sur une théologie préscientifi­que. Le problème se pose de faire la théologie dont nous avons besoin » (R. P. Dubarle).

«  ... au monde humain ». Pourquoi, en effet, la vie serait-elle l'apanage des Terriens ? Les astronomes estiment qu'il y a une centaine de millions (Docteur Calvin, de l'Univer­sité de Californie) de planètes analogues à la nôtre, compo­sées, à l'origine, des mêmes corps, comprenant des plantes et des animaux proches des nôtres, et le professeur Ledorberg, prix Nobel de biologie, avance le chiffre de cent mille planètes susceptibles d'avoir une vie évoluée, à la civilisa­tion égale ou supérieure à celle de la Terre. Déjà, en prévi­sion d'un débarquement sur la Lune ou ses sœurs, on se heurte à un labyrinthe juridique inédit. Les vieilles règles du droit international vacillent. L'espace étant considéré comme res nullius, certains ont proposé d'appliquer à l'es­pace lointain les normes du droit aérien qui reconnaît la souveraineté des divers Etats sur l'espace les surmontant. Cette souveraineté serait simplement étendue usque ad infinitum. Le Conseil international de droit spatial n'a pas retenu cette thèse, arguant que, si l'espace n'appartient à personne, personne n'a le droit de s'approprier cette « res communis omnium ». Jusqu'ici, le droit se concevait en trois dimensions, celles de la personne, de la collectivité, des nations. Maintenant, une quatrième dimension est intro­duite, celle de l'humanité. D'où, cette interprétation transcendentale de Me Bohn : « L'homme pénètre dans le cosmos, c'est-à-dire dans le royaume métaphysique, celui des âmes. Or, nul n'a le droit de violer une propriété sans l'accord de ses possédants légitimes, c'est-à-dire les âmes » (alias :les vivants actuels).

Pour revenir sur terre, comment ne point tenir compte que la solidarité effective des hommes dépasse à présent, par la force des choses, toutes les structures préétablies ? Quels que soient le poids et l'attrait des sentiments ataviques, chacun, bon gré mal gré, devra reconnaître qu'il est rede­vable, dans une proportion sans cesse croissante, plus aux hommes en général qu'à son pays en particulier : « Le système des causes qui commande le sort de chacun de nous s'étend désormais à la totalité du globe, le fait résonner tout entier à chaque ébranlement ; il n'y a plus de ques­tions locales » (Paul Valéry).

Constat dont le moraliste n'a qu'à se réjouir : non moins que l'intérêt de l'humanité — en connexion étroite avec celui-ci — ce qui ordonne impérieusement d'accéder à la vision œcuménique, c'est le souci des valeurs éternelles de Justice et de Vérité (non idéologies factices, elles) qui échap­peront toujours aux prises d'un mortel relativisme. Or, ces valeurs ne sont jamais plus cyniquement bafouées que par l'Idole. (« La patrie, chez les Romains, ne fut jamais que le désir de voler autrui »). Pourquoi Destutt de Traçy, la bête noire de Napoléon, a-t-il restreint sa sévérité aux Romains ?

Cravachée par l'évolution terrifique des armes nucléaires, l'intelligentsia contemporaine ne se résoudra-t-elle pas à montrer quel monstrueux discord sépare les merveilles de la technique moderne des antiques et désuètes organisations tribales ? Les concepts de notre droit international public sont millénaires ; le traité conclu en 1278 avant Jésus-Christ entre Ramsès II et Hattousil III ressemble comme un frère, par sa contexture, aux traités de paix du XXè siècle ; debout est toujours cette théorie des juristes bavarois du XVè siècle le « territorium clausum », qui supprime toute exception à la souveraineté du prince dans les limites de son territoire patrimonial ; et l'on continue à tenir, avec Treitschke, que l'orgueil national est le « signe de la valeur morale d'un peuple ». 0 le périlleux contre-sens, quand, plutôt, le peu­ple le plus empli de moralité sera celui qui, le premier, réclamera ou admettra la fusion !

Il serait léger de tenir pour non avenus les contradictions et déchirements issus de la bigarrure des croyances et pré­jugés ; de l'inégale répartition des richesses ; du foisonne­ment de groupes sous-développés ; du conflit des générations aiguisé par l'âge moyen sans cesse grandissant : des dangers présentés par l'accroissement trop rapide du nombre des vivants, hors de tout contrôle, etc. Mais, sans mésestimer l'écueil des théories unilatérales prétendant tout expliquer par un seul facteur, la structure nationale apparaît bien com­me l'indéniable dénominateur commun à tous les désordres collectifs. En particulier, si l'on réfléchit que la guerre ré­sulte essentiellement du règne des Etats souverains, uniques juges de leurs actes, on se persuade que, tant que persiste­ront des anachronismes de cette taille, surgiront fatalement des luttes armées, et, partant, qu'il sied de saper les bases d'une idolâtrie à ce point funeste. Delenda est Natio. La phase platonique d'un certain pacifisme déclamatoire — révolu lui aussi — est close. C'est l'heure de faire un enfant à la paix. Et, pour ce, aucun mouvement ne saurait être considéré comme actif s'il ne commence par concentrer sa pression contre l'institution tyrannique. Voilà le schibboleth d'une volonté pacificatrice. Le reste est littérature.

Clio pue le boucané. Les annales ruissellent de crimes, invasions, prédations, vimères et angaries directement im­putables à la divinisation de la Nation, femelle aux pertes périodiquement sanglantes. Pour stopper cette ménorrhagie, un seul remède : désidolâtrer. Guerre mondiale ou gouvernement mondial, il faut choisir, n'en déplaise aux rhéteurs qui, en refusant de se réformer, au nom de la « civilisation traditionnelle », lui causent le plus grand tort, ne fût-ce qu'auprès des gens de couleur. Ecoutez Frantz Fanon en ses « Damnés de la terre » (préfacé par Jean-Paul Sartre assurant : « Fanon est le premier, depuis Engels, à remettre en lumière l'accoucheuse de l'histoire ») : « Ne payons pas le tribut à l'Europe en créant des Etats, des institutions et des sociétés qui s'en inspirent. L'humanité attend autre chose de nous que cette initiative caricaturale, et, dans l'ensemble, obscène... Mais, si nous voulons que l'humanité avance d'un cran, si nous voulons la porter à un niveau différent de celui où l'Europe le manifeste, alors il faut inventer ».

Le détail de cette « invention », nous en laissons le soin aux juristes, aux politiques, aux technocrates, auxquels nous accordons pleine confiance sur le vu de ce qu'ils arri­vent à réaliser en période de guerre pour mettre sur pied un armement du tonnerre sur terre, mer et air. En travail­lant, cette fois, non les uns contre les autres, mais coude à coude, et non plus pour des œuvres de destruction, que ne parviendraient-ils à organiser avec les moyens ultra-puis­sants à leur portée ! Non, il n'appartient pas aux clercs de se substituer à ces ministres du temporel en proposant des plans et des systèmes minutieux, fermés, mais il leur in­combe d'éveiller les esprits à la pensée supranationale et d'établir une claire position de principes de base qui indi­quent au public la bifurcation à opérer. Tâche cardinale, car faute d'imprégnation générale de la nécessité d'un tel renversement de vapeur, jamais, cela va de soi, rien ne sera entrepris d'une main inédite : les techniciens de la matière n'attendent plus, pour démarrer dans la bonne direction, que le feu vert leur soit donné par les « techniciens de la moralité
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