«Les choses en tant que fins naturelles sont des êtres organisés», écrit Kant au §65 de la








télécharger 77.52 Kb.
titre«Les choses en tant que fins naturelles sont des êtres organisés», écrit Kant au §65 de la
page2/5
date de publication19.10.2016
taille77.52 Kb.
typeDocumentos
b.21-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5

Le brin d’herbe est bien là comme signe des limites de notre intelligence – mais ici, l’essentiel est qu’il soit placé sur le même plan que le flocon de neige, entité bien peu organique s’il en est. Autrement dit, comprendre la genèse de la troisième Critique c’est comprendre pourquoi la solidarité du brin d’herbe et du flocon, emblématiques tous deux de l’inconnaissable en 1764, se brise au profit du seul brin d’herbe. En quoi Kant en vient-il à voir celui-ci comme le seul obstacle aux Newton susceptibles de s’éveiller dans l’avenir ?


Dans la phrase, l’argument repose sur une différence fondamentale d’échelle : le système solaire se laisse plus facilement comprendre que le flocon ou l’herbe car il est plus grand ; son engendrement résulte de peu de lois (explicitées dans l’Histoire universelle et théorie du ciel, le grand livre de physique dont l’Unique argument est la métaphysique) et comporte de l’imprécision. Au contraire, flocon et brin sont si minutieux que leur assemblage comportent de nombreuses lois dont l’accord entraîne Un résultat parfait, mais cet accord est d’une autre nature que le pur et simple concours de lois dans la formation des systèmes planétaires. Cette distinction d’échelle dans l’Unique argument n’a donc plus cours dans la troisième critique, où elle est remplacée par la distinction être organisé / matière inerte, différence qui résulte précisément du concept de fin naturelle. Mais dans l’ Unique argument, son sens repose sur une distinction profonde au sein même du concept d’ordre, distinction qui forme le contexte initial de la pensée de Kant sur la finalité.

Une relation ordonnée entre plusieurs parties, telles que chacune s’ordonne aux autres en des rapports quasi mathématiques, un peu comme toutes les planètes se meuvent autour du soleil, est un ordre. Celui-ci peut être soit nécessaire, soit contingent. Il est nécessaire s’il résulte du simple jeu des lois de la nature : ainsi en est-il du système solaire, et du fait que toutes les planètes sont sur le même plan (la seule rotation de la matière primitive selon les lois de l’attraction donne un tel résultat, contrairement à ce que pensait Newton qui avait besoin d’un acte divin pour expliquer la coplanarité des trajectoires). Chaque partie semble alors bien avoir été faite pour les autres. L’ordre est contingent s’il pouvait ne pas être, c’est-à-dire si outre l’action spontanée des lois de la nature il a fallu quelque intervention spécifique pour qu’elles s’accordent à constituer l’entité ordonnée, de telle sorte que ces parties semblent avoir été indépendamment faites les unes pour les autres. Le premier est un « système », le second est ce que Kant appelle une « technique ». Souvent, le système fonctionne « en gros » ; la technique, elle, est absolument parfaite. Système solaire relève de l’ordre nécessaire, le flocon et le brin d’herbe de l’ordre contingent. Le premier, précisément parce que la seule connaissance des lois l’élucide, est connaissable, le second est épistémologiquement opaque.

Mais – et c’est là l’essentiel de l’usage de ces concepts – ce qui semble être ordre contingent apparaît souvent, à une plus grande attention, résultat de l’action systématique des lois, soit ordre nécessaire (Ak. II, 117). L’intérêt du système, c’est que les divers éléments ou parties voient leur nécessité élucidée d’un coup simultanément. Tandis que dans la technique, chacun des éléments a dû être en quelque sorte conçu et créé pour lui-même afin de s’ajointer au tout. Or souvent, des dispositions qui nous semblent explicables par leur effet bénéfique, donc comme résultant d’une technique de la nature ne sont que l’effet aveugle des lois – ainsi, les courants d’air chaud qui rendent certaines parties du globe agréables à habiter, mais qui au fond dérivent des simples lois de la circulation de l’air sans égard aucun pour les hommes1.

Alors, le vivant lui-même semble problématique. Kant hésite dans le texte sur son statut : parfois paradigme de la technique (Ak. II, 107 ; 125), d’autres fois entité telle que l’on ignore encore jusqu’où la réduction à l’ordre systématique (ce qu’on appellerait de nos jours « réductionnisme ») pourra dissiper ces apparences de technique1. Cette dualité fondamentale de la finalité, la tension profonde qui fait que la première semble toujours proche d’absorber la seconde, et le statut trouble du vivant comme lieu où une telle absorption fait au maximum problème, est l’arrière fond métaphysique de la pensée kantienne de la finalité.
1   2   3   4   5

similaire:

«Les choses en tant que fins naturelles sont des êtres organisés», écrit Kant au §65 de la iconI. Point de vue mécaniste : les êtres vivants sont des machines naturelles

«Les choses en tant que fins naturelles sont des êtres organisés», écrit Kant au §65 de la iconI. Point de vue mécaniste : les êtres vivants sont des machines naturelles

«Les choses en tant que fins naturelles sont des êtres organisés», écrit Kant au §65 de la iconChapitre 1 : La recherche de parenté chez les Vertébrés : l’établissement de phylogénies
«le cours historique de la descendance des êtres organisés» = établissement des liens de parenté entre espèces à partir de l’étude...

«Les choses en tant que fins naturelles sont des êtres organisés», écrit Kant au §65 de la iconLe docteur Éric Ancelet a rédigé, en 1998, un ouvrage passionnant...
«le matérialisme moderne est né de la peur.» Et «les êtres qui ont peur sont d'involontaires tyrans, des fanatiques de l'ordre, obnubilés...

«Les choses en tant que fins naturelles sont des êtres organisés», écrit Kant au §65 de la iconL'écologie est l'étude des interactions entre les êtres vivants et...
«( ) la science des relations des organismes avec le monde environnant, c'est-à-dire, dans un sens large, la science des conditions...

«Les choses en tant que fins naturelles sont des êtres organisés», écrit Kant au §65 de la iconEssai d’histoire de l’homme
«Détermination du concept de race humaine», répond à des mécompréhensions de Georg Forster et de manière plus indirecte vise à contrer...

«Les choses en tant que fins naturelles sont des êtres organisés», écrit Kant au §65 de la iconSelon Dajoz "l'Ecologie est la science qui étudie les conditions...

«Les choses en tant que fins naturelles sont des êtres organisés», écrit Kant au §65 de la iconI définitions I a Individus vs société
«Tend à comprendre et à expliquer comment les pensées, les sentiments, les comportements moteurs des êtres humains sont influencés...

«Les choses en tant que fins naturelles sont des êtres organisés», écrit Kant au §65 de la iconU. F. R. Lettres, arts et sciences humaines
«Nous sommes attachés aux êtres et aux choses par des liens si fragiles qu’ils se brisent, souvent, à notre insu.» (Edmond Jabès,...

«Les choses en tant que fins naturelles sont des êtres organisés», écrit Kant au §65 de la iconLes cancers de l'enfant sont rares, puisqu'ils ne représentent que...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com