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« Les choses en tant que fins naturelles sont les êtres organisés » : sens et conséquences.



Philippe Huneman (IHPST – CNRS/Université Paris I Sorbonne).

« Les choses en tant que fins naturelles sont des êtres organisés », écrit Kant au §65 de la Critique de la faculté de juger. Cet article vise à donner pour cette thèse kantienne un cadre d’interprétation qui, tout en prenant en compte son ancrage dans la problématique du criticisme, fasse ressortir la pertinence du propos pour ce qui est de la spécificité des sciences de la vie. J’y défends l’idée que la thèse kantienne vise à éclairer quelque chose de la nature explicative de la biologie ; ce faisant, malgré son articulation profonde sur l'état des sciences de la vie de 1780, articulation brièvement esquissée ici, elle peut donc prétendre à avoir une signification pour la biologie comme telle. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit ipso facto vraie, mais qu’elle peut constituer une position philosophique digne d’être discutée dans le champ même de la philosophie de la biologie. Les publications récentes de Mc Laughlin, Ratcliffe, Ginsborg, Walsh, Lewens1, tous auteurs qui tentent de réactualiser la référence kantienne dans les discussions philosophiques contemporaines de la fonction et de l’organisme, sont autant d’indices de cette valeur signifiante ici revendiquée. Même si la thèse kantienne se prolonge ultimement en une analyse transcendantale que la fin de cet article analyse, elle n’en est pas solidaire au point de ne pouvoir en être détachée pour enfin entrer dans la discussion de la philosophie de la biologie contemporaine.


Je commencerai par situer brièvement le problème auquel répond l'analyse de la fin naturelle de la 3ème Critique, problème des variétés de finalités apparentes dans la nature, dont la formulation date au moins de l’Unique argument ; je dresserai ensuite une esquisse de la configuration des sciences du vivant telles que Kant pouvait en percevoir le désordre et les énigmes, et qui fait l’arrière fond de la phénoménologie de l’organisme proposée dans le §64 de l’ouvrage. A partir de là j’analyserai en deux temps l’assertion du §65, d’abord par une analyse introductive de la ramification du concept de finalité en tant que réponses à des exigences explicatives diverses, ensuite en expliquant pourquoi selon Kant ce concept de finalité naturelle est réalisé par des êtres qui s’auto organisent. La cinquième partie analysera les conséquences de cette thèse qui, si elle n’est pas de philosophie de la biologie proprement dite, s’y laisse aisément traduire – dans la philosophie transcendantale de la troisième Critique.

  1. Commencer par l’Unique argument.


La vulgate kantienne partout disponible a retenu deux choses de la troisième Critique: la finalité n’est « que » régulatrice, et il n’y a pas de Newton du brin d’herbe. Cette seconde assertion est souvent suivie alors d’une référence à Darwin, son contre-exemple flagrant (initiateur d’une vraie science du vivant, et Anglais de surcroît). Pareille interprétation hâtive est, comme je le montrerai, erronée. Déjà, la formule préoccupait Kant dans l’Unique argument, et dans un contexte bien différent :

On me dira : « on n’est pas capable de rendre claires les causes naturelles par lesquelles le plus vulgaire brin d’herbe est produit (erzeugt) selon des lois pleinement compréhensibles mécaniquement, et on ose se lancer dans l’explication du système du monde en grand ! » Mais aucun philosophe a-t-il jamais réussi à formuler seulement les lois de la croissance et des mouvements intérieurs d’une herbe déjà existante, avec la même clarté et la même certitude mathématique que les lois de tous les mouvements des corps célestes. Les deux objets sont d’une tout autre nature. Le grand, l’étonnant est ici infiniment plus intelligible que le petit et l’admirable, et la formation (Erzeugung) d’une planète en même temps que la cause de cette force de projection qui la meut et qui détermine ses révolutions se laissent en toute apparence plus facilement comprendre que la production d’un seul flocon de neige, en lequel la disposition géométrique en étoile hexagonale offre une allure plus exacte que ne le fait la courbe selon laquelle se fait la révolution d’une planète. (Ak. II, 138).

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