Introduction générale : du choc climatique au choc biologique








télécharger 429.45 Kb.
titreIntroduction générale : du choc climatique au choc biologique
page1/10
date de publication18.11.2017
taille429.45 Kb.
typeDocumentos
b.21-bal.com > loi > Documentos
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   10




SOMMAIRE

Pages


introduction générale : du choc climatique au choc biologique $$2

première table ronde : Connaître la biodiversité$$6

Débat$$23

deuxième Table ronde : Protéger la biodiversité $$41

.I Débat$$69

troisième table ronde : Valoriser durablement la biodiversité $$73

Conclusion du colloque$$97

Débat$$101

introduction générale : du choc climatique au choc biologique 


Pierre LAFFITTE

Mesdames et Messieurs, je vous remercie d’assister à cette première audition publique sur la seconde partie de notre étude. Celle-ci a été intitulée « La biodiversité, l’autre choc », en référence à un premier choc, le choc énergétique, dont l’étude des conséquences a été présentée au mois de juin 2006.

La démarche générale de cette étude consiste à analyser les apports de la science et de la technologie au développement durable. La première partie, intitulée « Changement climatique, transition énergétique : dépasser la crise », visait à dénoncer notre modèle énergétique mondial. En effet, à l’occasion des missions que nous avons réalisées dans plusieurs pays étrangers, notamment en Chine, aux Etats-Unis et au Japon, mais également au contact d’un grand nombre de scientifiques, qui nous ont fait part de leur immense inquiétude à ce sujet, nous avons constaté que le changement climatique a déjà produit un certain nombre d’effets.

Notre rapport a été élaboré en suivant la méthode traditionnelle de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, c'est-à-dire en tirant des conclusions à partir d’une série d’auditions d’acteurs scientifiques et en formulant les propositions législatives ou réglementaires nécessaires pour que ce type d’étude ne reste pas dans les tiroirs mais se traduise par des décisions au niveau politique.

Nous avons tout d’abord proposé d’intégrer la prise en compte du changement climatique dans les mécanismes de la mondialisation. Il convient en effet que, lorsqu’ils élaborent des règles internationales, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et les autres organismes internationaux tiennent compte de ces problèmes, qui sont par nature mondiaux et qui concernent l’avenir de la planète.

S’agissant de la France, nous avons indiqué que nous souhaiterions créer une fiscalité spécifique pour financer la transition énergétique. Bien que cette proposition soit loin de faire l’unanimité, elle nous semble constituer une solution concrète nécessaire. Ainsi, avons-nous suggéré :

 que la taxe d’importation sur les produits pétroliers (TIPP) soit augmentée de 1 % chaque année pendant dix ans ;

 qu’une vignette « carbone » soit établie ;

 qu’une taxe spécifique pour la circulation des poids lourds sur autoroute soit introduite.

Il conviendrait également d’élaborer des structures qui intègrent la notion de transition énergétique, au plus haut niveau de l’Etat, avec des responsables de projet pour le développement de chacune des filières énergétiques.

Il s’agit d’opérations lourdes nécessitant une décision à long terme et concernant l’ensemble du pays. C’est pourquoi ce rapport a été élaboré par des représentants des partis politiques de droite comme de gauche. Le développement durable ne doit pas en effet être envisagé comme un problème de « politique politicienne » mais comme une question politique au sens noble du terme, c'est-à-dire un problème d’avenir.

Claude SAUNIER

Je remercie non seulement les intervenants d’avoir répondu à notre invitation mais également les participants qui ont choisi d’assister à cette journée d’audition publique. Celle-ci prend place dans un dispositif institutionnel classique, au cours duquel nous invitons des personnalités scientifiques à nous transmettre un certain nombre d’informations que nous pourrons par la suite intégrer dans notre rapport.

En prolongement des propos de Pierre Laffitte, je vous présenterai le contexte dans lequel s’inscrit ce rapport ainsi que le déroulement de la journée.

Ce rapport, consacré à la biodiversité, constitue la suite logique du travail que nous avons réalisé il y a quelques mois sur la crise climatique. Nous nous sommes inspirés de la même méthode et de la même philosophie, consistant à intégrer la question du développement durable au sein de la réflexion politique. Pour ce faire, nous avons tenu à utiliser une approche positive et constructive et à ne pas nous contenter de lancer des alertes visant à effrayer nos concitoyens.

Néanmoins, nous avons constaté qu’à la différence du sujet précédent, auquel le public commence à être sensibilisé, nous avons un certain retard à rattraper en matière de biodiversité.

Le Sénat est néanmoins très en avance dans cette démarche puisqu’il y a quelques mois, à l’initiative de Marie-Christine Blandin, dont je salue la présence parmi nous, de Jean-François Legrand et d’Hubert Reeves, des Assises intitulées « Ensemble pour la biodiversité » y ont été organisées. A l’issue de cette journée, l’idée de la création d’un groupe interparlementaire devant mener une réflexion approfondie sur le développement durable a été lancée.

Ces approches, dont il convient de souligner la convergence, nous semblent d’autant plus nécessaires que la problématique des menaces pesant sur la biodiversité n’est pas encore ancrée dans les esprits de nos concitoyens.

Les premiers contacts que nous avons eus avec différents acteurs scientifiques nous ont amenés à formuler un certain nombre de constats très généraux.

Tout d’abord, en nous entretenant avec certains d’entre vous, nous avons acquis la conviction que nous connaissions, depuis plusieurs décennies, une crise majeure du monde vivant se traduisant par un risque fort d’effondrement de la biodiversité. C’est pourquoi nous avons délibérément choisi de sous-titrer notre rapport « l’autre choc », en guise de réplique au « premier choc », c'est-à-dire le choc énergétique, celui dont tout le monde a conscience.

Par ailleurs, ce choc illustre le télescopage des deux évènements majeurs qui structureront l’avenir de la planète et de l’humanité dans les prochaines décennies.

Il s’agit, d’une part, de l’établissement d’un nouveau rapport de force entre la planète et l’humanité. En effet, nous ne pouvons pas envisager de passer impunément d’une planète peuplée par un milliard d’hommes en 1800 à six milliards d’individus en 2000 et près de neuf milliards en 2050, d’autant plus que, parallèlement, ces individus ont vu leurs pouvoirs scientifiques et technologiques s’accroître considérablement.

D’autre part, qu’il s’agisse de la biodiversité ou de la crise énergétique, il convient de prendre en compte l’accélération du temps. En effet, si au cours de l’histoire notre planète a fait preuve d’une extraordinaire capacité d’adaptation, celle-ci n’a été possible que parce qu’elle s’est effectuée dans des durées longues.

A partir de ces conclusions, nous avons dégagé trois grandes questions qui structurent à la fois notre rapport et l’organisation de nos présents débats.

Nous pouvons tout d’abord nous demander quelle est la réalité de la situation. En d'autres termes, comment évolue la biodiversité et quels sont les risques qui la menacent ?

Et, puisqu’il nous semble acquis que la biodiversité régresse, nous pouvons nous interroger sur les mesures qui doivent être prises, immédiatement et dans le terme, pour éviter le pire.

Enfin, dans le souci de dépasser la crise, la question se pose de savoir comment, à travers une meilleure connaissance de la biodiversité, l’humanité peut se donner de nouvelles perspectives de développement.

En conclusion, aujourd’hui, notre principal objectif consiste à vous écouter. En effet, malgré quelques intuitions, que nous sommes d’ailleurs tout à fait prêts à remettre en cause, nous n’avons aucune certitude. La démarche du politique se distingue sur ce point de celle du scientifique. En effet, alors qu’il est souvent attendu des politiques qu’ils affichent des certitudes, nous allons épouser la démarche scientifique qui consiste à mettre en avant le doute et l’interrogation.
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   10

similaire:

Introduction générale : du choc climatique au choc biologique iconDefinition d’un etat de choc

Introduction générale : du choc climatique au choc biologique icon«La Fin de l'Hisoire», «le Choc des Civilisations» & les perspectives réelles de l'humanité

Introduction générale : du choc climatique au choc biologique iconLe choc de l’orient est de l’occident
«l’eau est mère de toute vie» L’eau est la substance primordiale à l’origine de l’infinie

Introduction générale : du choc climatique au choc biologique iconIntroduction générale au droit

Introduction générale : du choc climatique au choc biologique iconRéchauffement climatique

Introduction générale : du choc climatique au choc biologique iconRéchauffement climatique : Périple scientifique au Groënland

Introduction générale : du choc climatique au choc biologique iconCoordination technique d’expérimentations de lutte biologique
«populations introduites» de 4 équipes de recherche intéressées par la lutte biologique. Son rôle précis sera

Introduction générale : du choc climatique au choc biologique iconIntroduction générale : de quoi parle-t-on ? Quelles sont les questions...
«désordre physiologique» (par exemple une carence minérale), ou à l’action d’un agent pathogène

Introduction générale : du choc climatique au choc biologique iconBibliographie sélective Table des matières introduction generale...
«Santé publique» et est destiné aux étudiants en deuxième année de graduat en Sciences Infirmières pour toute les orientations

Introduction générale : du choc climatique au choc biologique iconIntroduction générale
«key schools», des écoles primaires, des écoles secondaires (comprenant des écoles d'agriculture et professionnelles), des écoles...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com