Bulletin des BioTechnologies Septembre 2002








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Les Productions Végétales


Les gènes et les génomes

8. Le génome chloroplastique comporte de multiples copies qui sont condensées en nucléoïdes. Des protéines particulières contribuent à cette condensation. Parmi elles DCP68 du soja, une protéine liant l'ADN, qui compacte ce dernier in vitro, et réprime sa réplication. On vient de montrer que c'est une protéine bifonctionnelle qui assure, d'une part, l'assimilation réductrice du soufre dans la cystéine (!!!) et la méthionine (sirohème protéine sulfite réductase, une ferredoxine-dépendante) et condense, de l'autre, le nucléoïde. Elle est apparemment régulée par phosphorylation/déphosphorylation. CL Chi-Ham et al.; Plant Molecular Biology 49 (AUG02) 621-631.

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9. Le riz semi-nain de la révolution verte a permis d'augmenter sensiblement les récoltes asiatiques des années 60s. L'allèle majeur qui en est responsable, sd-1, est encore largement utilisé dans les variétés modernes. On vient de montrer que le gène Os20Ox2 contenu dans ce locus code une gibberelline 20-oxydase, et qu'il est localisé sur le chromosome 1. La localisation a été déduite des séquences actuellement connues du génome du riz. Deux allèles indépendants ont été séquencés. L'un, caractérisé dans une variété indica (Doongara, les indica sont tropicaux ou semi-tropicaux) contient une délétion de 280pb et l'autre, chez un japonica égalemen semi-nain (Calrose76, les japonica sont les riz plus septentrionaux), une substitution en position 266 dans un site très conservé chez les dioxygénases. W Spielmeyer et al.; Proceedings of the National Academy of Sciences USA 99 (25JUN02) 9043-9048.

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10. L'analyse fonctionnelle du génome du maïs a, du fait des difficultés techniques liées à sa grande taille (voir le Bulletin d'Août 2001 §10), la durée de son cycle de reproduction (100 jours), perdu du terrain par rapport à celui du riz et surtout d'Arabidopsis. L'extrapolation à partir d'Arabidopsis aide sérieusement, mais il s'est quand même écoulé 130 millions d'années depuis la divergence des mono- et dicotylédones. .

La génétique "directe" couvre l'utilisation classique des transposons pour marquer les gènes inactivés et les cloner.

Une approche de génétique inverse consiste à modifier une séquence présentant les caractéristiques d'une séquence exprimée et à repérer le phénotype éventuellement modifié, contrairement à ce qui se passe pour la génétique classique qui passe d'un phénotype muté à l'identification de la séquence. La technique est, cependant, encore très coûteuse.

Activator (Ac) et Mutator (Mu) sont utilisés. Leurs différences de comportement sont utilisables, les rendant complémentaires.

Activator a été découvert chez le maïs, il y a une cinquantaine d'années par Barbara McClintock. Ac et sa forme défective pour la transposition Ds (exigeant Ac pour donner lieu à la transposition) ont été analysés intensément depuis. Curieusement, ce transposon a surtout été utilisé (pour le marquage de gènes, la capture d'enhancer et de gènes) dans des systèmes hétérologues plutôt que dans son hôte d'origine. Sa faiblesse est sa fainéantise (10-6mutation/gène/génération).Les populations d'Ac sont donc 100 fois moins efficaces que celles de Mutator. Par ailleurs, Ac et Ds transposent généralement au voisinage du site d'insertion (10 cM du site donneur). Voir, par exemple, Cowperthwaite et al.; The Plant Cell 14 (MAR02) 713-726. Par ailleurs l'excision germinale est relativement fréquente. Cela peut être une qualité.

La famille Mutator est relativement diverse chez le maïs et caractérisée par ses répétitions terminales inversées de ~220 pb. Là encore on connaît des formes autonomes (MuDR) et défectives (Mu). Son efficacité pose alors le problème de la surcharge en mutations se pose à long terme, ce qui fait qu'on ne peut utiliser une lignée marquée que pour quelques générations. Contrairement à ce qui se passe pour Ac, les excisions transmises par voie germinale sont rares.

Dans les deux cas des signatures de transposition se manifestant par de petites duplications qui peuvent persister après excision et parfois par des réarrangements locaux. De ce fait, le faible rayon d'action d'Ac peut semer le trouble, la mutation persistant après excision et transposition, alors que le transposon marqueur est allé se loger un peu plus loin, ce qui fausse l'identification.

Les lignées Mu actives contiennent souvent des centaines d'éléments qui ségrègent et augmentent les chances d'obtenir un phénotype mutant, même si la plupart sont réprimées par un mécanisme de défense qui peut, d'ailleurs, modifier le rythme de transposition des éléments actifs.

Il faut, cependant, vérifier la fonction par expression d'un transgène fonctionnel, ce qui est évidemment lourd. Une alternative à cette complémentation consiste à caractériser plusieurs mutations indépendantes dans une même séquence, ce qui renforce l'identification séquence-fonction. L'excision germinale de Mutator, qui restaure la fonction, permet également une confirmation mais, comme indiqué plus haut, ces excisions sont rares.

La génétique inverse permet d'identifier, grâce aux séquences, les individus dans une population qui portent une lésion dans un gène donné. Cette approche permet de se passer de criblage des phénotypes à grande échelle de la génétique classique, ce qui, pour le maïs, consiste à planter des hectares. Les microréseaux ADN peuvent être utilisés pour identifier les insertions de transposons dans un gène donné. On peut, enfin, n'utiliser que des bases de données comme celle de l'Universiy of Iowa. On caractériserait les séquences flanquant le transposon (celles du gène où il est inséré) et on les associent avec un lot de graines. Mais ce n'est certainement pas pour tout de suite.

Des ressources génétiques issues de cette approche inverse se sont considérablement développées avec les réalisations de Pioneer Hi-Bred et Cold Spring Harbor.

Pioneer Hi-Bred a été la première compagnie à utiliser Mutator sur une grande échelle dans le cadre du programme de génétique inverse "Trait Utility System for Corn, TUSC) lancé en 1995. La population de départ était relativement limitée (42 000 plants), et pourtant a permis d'identifier des centaines de mutants présentant une insertion.

La Maize Targeted Mutagenesis database (MTMdB) de Cold Spring Harbor contient une collection publique d'environ 40 000 familles contenant Mu, produits d'un contrat de 12,6 millions de dollars de la NSF démarré en 1999. On estime que chaque plant F1 de la collection MTMdB contient une dizaine d'évènements indépendants de transposition, soit 400 000 insertions au total.

Une approche différente est celle de Virginia Walbot à Stanford. Elle utilise un élément Mu trafiqué, RescueMu, qui contient des séquences pBluescript de Stratagene flanquées par les séquences terminales conservées de Mu. Cette construction est rassemblée avec Mu par croisement avec des lignées Mu actives. La construction peut alors vadrouiller dans le génome bien qu'elle soit, par elle-même inactive. On traite les ADNs avec une enzyme de restriction coupant en dehors du vecteur et on récupère, ainsi, des séquences flanquant le vecteur inséré. L'ADN est alors circularisé, amplifié dans E.coli où l'on constitue une bibliothèque plasmidique de toutes les séquences flanquant les insertions. On identifie ces séquences par comparaison avec des banques de données. Sur le papier cela est séduisant, mais on se heurte au silencing et à la perte de l'activité de MU et les progrès sont ralentis (http://gremlin3.zool.iastate.edu/zmdb/RescueMu.html). On trouve la procédure d'exploitation par un demandeur extérieur dans (http://gremlin3.zool.iastate.edu/zmdb/library-plate/ordering.html). TP Brutnell; Functional & Integrative Genomics 2 (MAY02) 4-12.***

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La transformation cellulaire

12. On augmente la fréquence de transformation d'Arabidopsis par Agrobacterium en utilisant une surexpression de la protéine nucléaire VIP1 de la plante.

VIP1 est importée dans le noyau par la voie caryopherine  dépendante. Il est vraisemblable qu'elle facilite la translocation du T-DNA vers le noyau. T Tzfira et al.; Proceedings of the National Academy of Sciences USA 99 (06AUG02) 10435-10440.

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L'expression génique

13. Le mécanisme du "silencing" d'un transgène marqueur commandé par le promoteur du virus bacilliforme tungro du riz, a été analysé par les groupes de Potrykus et de Futterer. A Kloti et al.; Proceedings of the National Academy of Sciences USA 99 (06AUG02) 10881-10886.

Le gène est progressivement méthylé, d'abord au niveau du promoteur, ce qui entraîne l'extinction de l'expression dans les tissus vasculaires. Il n'est observé que chez des plants homozygotes. Ce patron ressemble à celui d'un promoteur dont la séquence d'expression dans les tissus vasculaires a été délétée. La méthylation, en soi, n'a pas d'effet sur les facteurs de transcription "normaux" fonctionnant sur les séquences non méthylées. Par contre la méthylation des séquences permet le recrutement d'une protéine alternative spécifique, à la fois, de la séquence et de sa méthylation. La méthylation s'étend, ensuite, progressivement aux séquences codantes au cours des générations successives d'auto-fécondation et l'expression cesse, alors, dans des tissus non vasculaires. Le phénomène est donc progressif.

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La reproduction

14. Les chercheurs de DNA Plant Technology (filiale de la firme mexicaine Seminis Vegetable Seeds) décrivent comment piloter de façon précise une stérilité mâle. DG Burgess et al.; Plant Journal 31 (JUL02) 113-125.

L'ablation de cellules par expression d'un gène létal comme celui de la barnase (une RNase de Bacillus amyloliquefaciens pour obtenir une stérilité mâle a été utilisée, mais la spécificité d'expression doit être étroitement pilotée, faute de quoi des dommages collatéraux peuvent s'en suivre. Elle correspond à l'US Patent n°6 392 119 du 21MAY02. La technique consiste à renforcer la spécificité de l'expression en utilisant deux promoteurs tissus spécifiques avec recouvrement de spécificité tissulaire, pour piloter indépendamment l'expression de deux moitiés d'une protéine toxique comme la barnase. Les deux moitiés de cette enzyme de 110 aa à un seul domaine, isolément inactives, restituent l'activité quand elles sont co-exprimées dans la même cellule.

Les auteurs montrent, dans un premier temps que la reconstitution de l'activité est possible, puis que les deux moitiés exprimées dans des plantes séparées donnent lieu à une reconstitution quand elles sont croisées.

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15. Des chercheurs de Strasbourg décrivent une nouvelle isoforme d'-tubuline spécifique du pollen chez le Tournesol. Cette () tubuline est la plus divergente connue, avec une délétion de la boucle H1/B2 et une extrémité C-terminale riche en glutamine associée à la -tubuline. Parmi les plantes étudiées, seuls les cosmos (également des composées) en possèdent. JL Evrard et al.; Plant Molecular Biology 49 (AUG02) 611-620.

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Le développement

16. Le pommier possède deux gènes orthologues (copies résultant de la spéciation) des gènes FLORICAULA/LEAFY, AFL1 et AFL2 (Apple FLO/LFY). Les deux gènes sont actifs, bien qu'AFL2 soit plus efficace. La surexpression d'AFL2 entraîne une floraison précoce. M Wada et al.;Plant Molecular Biology 49 (AUG02) 567-577.

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La Physiologie des Plantes

19. Le groupe de Willmitzer a identifié, dans un premier temps, un clone de –amylase chloroplastique de la pomme de terre. Il l'a ensuite déprimée son expression par antisens. Il constate, alors, une accumulation d'amidon dans la feuille de la plante. Cette enzyme intervient donc dans une phase transitoire de transfert des sucres de la feuille vers les organismes de stockage, ici le tubercule. A Scheidig et al.; Plant Journal 30 (JUN02) 581-591. Curieusement, c'est le premier rôle physiologique assigné à une-amylase chez les plantes.

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20. Un symport (transport dans le même sens) de saccharose et de protons assure l'étape principale dans l'exportation des sucres hors des feuilles. Ce transport est régulé négativement par le sucre. Le symport constitué par BvSUT1 de la betterave (Beta vulgaris SUcrose Transporter 1) est régulé par le saccharose. Le messager de BvSUT1 est localisé dans les cellules compagnes du phloème dans les nervures de la feuille.

C'est au niveau de la transcription que se situe sa régulation dans ces cellules. Le messager et la protéine sont rapidement détruits. MW Vaughn et al.; Proceedings of the National Academy of Sciences USA 99 (06AUG02) 10876-10880.

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21. De nombreux signaux de toutes origines déclenchent des voies d'activation ou de répression de gènes chez les plantes comme ailleurs. Une coordination entre toutes ces voies est indispensable. C'est l'objet d'un numéro de Juin-Juillet de Plant Molecular Biology. L'auxine est au carrefour de ces voies. On trouvera un commentaire général avec R Swarup et al.; Plant Molecular Biology 49 (JUN-JUL02) 411-426. Les facteurs permettant la régulation par l'auxine sont traités par G Hagen et al.; p.373-385. Cette revue analyse les ARFs (Auxin Response Factors) et leurs cibles dans les régions régulatrices des gènes cibles avec les AuxREs (Auxin-Response Elements). Un autre groupe de protéines intervient également avec les Aux/IAA qui interagissent avec les précédentes.

J Priml et al.; p. 273-284, discutent des hypothèses issues de la physiologie classique sur le transport orienté de l'auxine (transport polaire), et des faits récents qui conduisent à la remanier.

GF Scherer ; p.357-372, discute de la transmission du signal auxine. On n'en a finalement qu'une idée encore vague. Il y a de bonnes raisons de penser que la protéine ABP1 (Auxin Binding Protein) est le récepteur fonctionnel de l'hormone ou un de ses éléments. Le rôle des différents acteurs potentiels, comme les protéines G, les protons ou l'ion calcium restent à démontrer clairement. Les phospholipases C et D semblent hors-jeu, mais l'intervention de la phospholipase A2 prend du poil de la bête. Une MAPK (Mitogen-Activated Protein Kinase) est modulée par l'auxine, tandis que la protéine kinase PINOID module le transport de l'auxine. Ubiquitination et protéasome modulent la durée du signal et sa force, et sont des participants importants de la régulation.

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22. On trouvera, dans H Weber et al.; Trends in Plant Science 7 (JUN02) 217-224, une revue sur les signaux dérivés des acides gras chez les plantes. On gagnera à lire en parallèle celle de Liechti et al.; Science 296 (31MAY02) 1649-1650.

Les jasmonates et son ester méthylique volatil en sont un exemple bien connu. Mais ils comprennent également des acides gras céto, hydroxy et hydroperoxy qu'on pense impliqués dans l'expression de gènes de stress, ainsi que dans la mort cellulaire. Bruchines et volicitines sont des signaux, provenant d'insectes, perçus par les plantes à des niveaux très faibles (pico à femtomole).

La revue est cependant surtout centrée sur les jasmonates. La synthèse en est résumée, ainsi que les différents mutants intéressants comme coi1, cex1et cev1.

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24. Le ramollissement des tomates, après maturation, résulte de la désintégration des parois cellulaires du fruit, avec dépolymérisation et solubilisation des pectines, dépolymérisation des hémi-celluloses et pertes de galactose des chaine latérales des pectines. La suppression par transgenèse des polygalacturonases n'est que très modérément efficace, mais étend, néanmoins la survie à l'étalage, réduit la sensibilité aux pathogènes et accroît la viscosité de la sauce. La suppression de la pectine méthylestérase ne réduit que modérément le ramollissement du fruit, mais jus et sauce sont plus concentrés et ont une viscosité plus intéressante. On n'a donc pas d'effet sensible sur le ramollissement, mais une amélioration de la fermeté et des qualités de produits de transformation. C'est pourquoi DNA Plant Technology cherche à compléter ces actions. DA Brummell et al.; Postharvest Biology and Technology 25 (JUN02) 209-220.

Les expansines, sur lesquelles la firme travaille depuis un certain temps, sont des protéines permettant la relaxation des parois végétales et sont, en particulier, impliquées dans la maturation du fruit de la tomate. Le génome d'Arabidopsis en contient au moins 24 gènes. L'expression du gène de l'expansine LeExp1 (Le pour Lycopersicon esculentum, ce gène est spécifiquement exprimé dans le fruit) peut être réprimée par "silencing". Le fruit est alors beaucoup plus ferme et se conserve mieux (mais autant manger une boule de pétanque). La durée à l'étalage est allongée de 5 à 10 jours. La sauce fabriquée à partir de précipité de ces tomates est 19% plus visqueuse. Cette fermeté n'ajoute cependant rien à la résistance à Botrytis cinerea ou Alternaria alternata.

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26. Nous nous procurons nos vitamines chez les fruits et légumes. Parmi elles, le pyridoxal phosphate (vitamine B6) est un co-facteur de nombreuses enzymes du métabolisme des acides aminés, comme l'aspartate amino transférase et la tryptophane synthase. Une absence de ce co-facteur devrait être létal, mais il existe d'autres enzymes capable d'engendrer du pyridoxal phosphate à partir d'autres substrats, ce qui permet de compenser un défaut en fournissant ces substrats alternatifs. On a récemment montré, ainsi, que la pyridoxal kinase correspondante intervient dans la résistance à la salinité. H Shi et al.; Plant Cell, 14 (MAR02) 575–588. Ces auteurs ont utilisé le mutant sos4 (salt overly sensitive) qui est handicapé dans le fonctionnement de cette kinase. Ils sont très sensibles aux ions alcalins (sodium, lithium et potassium). Voir également le commentaire de S Thomine ; Trends in Plant Science 7 (JUN02) 241.

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Les Symbioses

27. Les facteurs Nod des Rhizobium stimulent les réponses des racines de Légumineuses aux premiers stades de l'établissement de la symbiose fixatrice d'azote. On sait que ce sont des -(1,4)-N-acétylglucosamine N-acylées modifiées (lipochitooligosaccharides). Les gènes nod permettent leur synthèse. Les gènes nodABC sont communs à tous les Rhizobium et codent les protéines responsables de la synthèse du squelette de la molécule.

NodC permet la production des oligomères -(1,4)-N-acétylglucosamine.NodA et NodB assurent la fixation de l'acide gras (N acylation) sur le squelette oligosaccharidique. NodB désacétyle la glucosamine pour permettre l'acylation par l'acyltransférase NodA. D'autres gènes nod assure la spécificité d'hôte. Ainsi NodH de Sinorhizobium meliloti est une sulfotransférase qui est nécessaire pour que la bactérie soit reconnue par les Luzernes. La capacité de ces enzymes à modifier des analogues des facteurs Nod avec des liaisons thio au lieu des liaisons O-glycosidiques (thiochitooligosaccharides) a été explorée par un groupe d'équipes américaines. En effet, les facteurs Nod naturels sont dégradables par des chitinases et l'on pourrait ainsi vérifier si la dégradation intervient dans la reconnaissance. On vient de montrer que NodA, NodB et NodH sont actifs sur les thiochitooligosaccharides permettant de construire des analogues de facteurs Nod. AM Southwick et al.; Journal of Bacteriology 184, n°14 (JUL02) 4039–4043.

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28. Huit gènes, vbsGSO, vbsADL, vbsC et vbsP permettent de synthétiser la vicibactine, un sidérophore cyclique trihydroxamate de Rhizobium leguminosarum biovar viciae qui nodule pois, vesces et lentilles. Aucun de ces gènes vbs n'est indispensable à la fixation de l'azote chez pois et vesces, bien que les besoins en fer soient importants du fait de la nitrogénase (enzyme à fer-soufre).

La transcription de vbsC, vbsGSO et vbsADL (pas vbsP) est stimulée par une carence en fer, ce qui n'est pas inattendu. La transcription de vbsGSO et vbsADL (mais pas celle vbsP et vbsC) requiert l'expression d'un gène de facteur localisé au voisinage, rpoI. Ce dernier est du type des facteurs  spécifiques de fonctions extra-cytoplasmiques. Il faut transférer les 8 gènes plus rpoI pour obtenir une production de vicibactine chez Rhodobacter, Paracoccus et Sinorhizobium. Selon les auteurs VbsS, qui ressemble à une peptide synthétase multienzymes (synthèse non ribosomique des peptides) a un rôle central dans cette synthèse. Ils décrivent un modèle plausible de cette synthèse. RA Carter et al.; Molecular Microbiology 44 (JUN02) 1153-1166.

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Les Pathogènes des Plantes et les Mécanismes de Défense

29. Les plantes utilisent, quand elles le peuvent, la répression post-transcriptionnelle (silencing) pour se défendre contre les acides nucléiques étrangers (présents sous la forme d'ARNs double brins) et notamment contre les virus. Mais comme souvent les virus ont sélectionné des défenses contre ce processus très répandu. La HCPro (Helper Component proteinase) des Potyvirus (virus Y de la pomme de terre) intervient au niveau de la production des siRNAs (small interfering RNAs). Les protéines 2b du virus de la mosaïque du concombre et p25 du virus X de la pomme de terre inhibent, de façons différentes, la transmission dans toute la plante du message d'alerte.

La protéine P0 du Beet Western Yellows Virus (BWYV) supprime ce mécanisme de défense. Des chercheurs du CNRS à Strasbourg montrent qu'elle peut être utilisée après fusion du cDNA de son gène avec celui d'une protéine hétérologue pour éviter le silencing du transgène. S Pfeffer et al.; Journal of Virology 76, n°13 (JUL02) 6815-6824.

P0 est codé par le gène le plus en aval dans le génome du BWYV, mais la protéine n'est que très faiblement exprimée lors d'une infection. Ceci résulte du fait que la traduction est très peu efficace du fait d'un codon intiateur peu actif. Si on cherche à l'optimiser, il est rapidement remplacé par des codons moins efficaces au cours de l'infection d'une plante, comme si le virus ne tenait pas à une forte expression.

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30. La trichosanthine (TCS) est une proteine végétale antifongique de 247 amino-acides inactivant les ribosomes (type-I ribosome-inactivating protein, monocaténaires), produite dans les tubercules et les feuilles de Trichosanthes kirilowii (une cucurbitacée grimpante chinoise). Elle provient d'un précurseur de 289 amino-acides, avec une préséquence N-terminale et une proséquence C-terminale. L'expression du gène de la protéine chez un tabac recombinant indique que la séquence totale du gène est nécessaire à une expression normale, ce qui prouve que les pré- et pro-séquences sont reconnues et traitées par le Tabac. Cette expression diminue (mais n'élimine pas) les symptomes d'une infection par les virus des mosaïques du tabac et du concombre. La pro-séquence est particulièrement nécessaire. R Krishnan et al.; Journal of Biotechnology 97 (17JUL02) 69-88.

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31. Des chercheurs de Tsukuba renforcent les résistances des semences de riz aux attaques par les bactéries nécrotrophes Burkholderia plantarii et B. glumae en y exprimant une thionine pariétale d'avoine. Les thionines de riz sont manifestement insuffisantes de ce point de vue. T Iwai et al.; Molecular Plant Microbe Interactions 15 (JUN02) 515-521.

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32. Phytophthora capsici est un protiste pathogène du sol (Oomycote qui subsiste pendant les périodes de disette sous la forme d'oospores) qui s'attaque à plusieurs solanacées en plusieurs vagues successives au cours d'une saison de culture. Il se disperse de plante à plante en formant des zoospores mobiles flagellées.

La lutte est difficile, car elle fait appel au bromure de méthyle guère en odeur de sainteté ou au metalaxyl. De plus la longue persistance des oosporees dans le sol, rend la pratique des rotations de cultures illusoire.

Des récepteurs à la surface de la zoospore perçoivent les signaux du milieu, et notamment des exsudats racinaires qui entraînent une conversion pré-infectieuse en kystes qui germent en un tube s'orientant vers la plante. Des chercheurs du Missouri ont utilisé une exhibition sur phages d'une bibliothèque de peptides susceptibles d'être reconnus. Ceux qui le sont n'ont pas grand chose en commun. Ils induisent l'enkystement prématuré en l'absence d'autres signaux. Il y a donc là une voie de lutte potentielle. SL Bishop-Hurleyet al.; Applied and Environmental Microbiology 68 (JUL02) 3315-3320.

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33. Des chercheurs du CIRAD ont analysé la régulation de l'expression du gène Ltp1 codant une protéine de transfert des lipides du riz. Ce gène est impliqué dans la formation de barrières structurales contre les lésions mécaniques et les attaques de pathogènes. Ils ont utilisé un clone génomique pour isoler la région régulatrice amont qu'ils ont fusionné avec une séquence codante de -glucuronidase servant

de marqueur d'expression, exprimés dans un riz transgénique. Le promoteur est actif surtout dans les parties aériennes de la plante. et l'expression dépend du stade de développement, étant d'abord exprimé dans l'épiderme des tissus en croissance, puis dans les tissus vasculaires. L'expression est limitée au site de coupure dans le limbe foliaire.

Aucune expression n'est détectée lors de la maturation de l'embryon, bien qu'elle ait lieu de façon transitoire, mais forte, au niveau du scutellum, lors des stades précoces de l'embryogenèse somatique. L'inoculation de Magnaporthe grisea entraîne une forte expression dans deux cultivars, l'un sensible et l'autre insensible. E Guiderdoni et al.; Plant Molecular Biology 49 (AUG02) 683-699.

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34. Des chercheurs du centre INRA/CNRS de Toulouse étudient la régulation de la mort cellulaire impliquée dans la réponse hypersensible.

Parmi les gènes activés dans ces conditions chez Arabidopsis, le gène MYB30 est rapidement activé de façon spécifique lors de la réponse de la plante à plusieurs pathogènes bactériens dits "incompatibles", c'est-à-dire reconnus.

Ils montrent que sa surexpression chez Arabidopsis et le Tabac accélère et intensifie la réponse hypersensible aux pathogènes bactériens, mais aussi à un champignon biotrophe, Cercospora nicotianae. Son inhibition par antisens inverse le phénotype. MYB30 est un régulateur positif de la réponse hypersensible. F Vailleau et al.; Proceedings of the National Academy of Sciences USA 99 (23JUL02) 10179-10184.

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Les Plantes recombinantes

36. La déforestation a commencé bien avant l'utilisation à grande échelle moderne du bois. Dans nos contrées la nécessité de bois de chauffage et d'œuvre a entraîné une déforestation massive autour des grandes villes, avant la découverte de l'usage industriel du charbon, que l'on décrie tant actuellement. Pour de nombreux pays africains plus ou moins désertiques, la couverture végétale, qui n'est plus qu'un vestige de périodes plus humides, disparaît à grande allure, la croissance des arbres et arbustes utilisables étant trop lente. Les reboisements, là où ils sont possibles, se heurtent souvent à des difficultés dues au milieu, même la productivité des essences naturelles est insuffisante. Il faut donc augmenter la production du bois et assurer des rotations plus rapides, y compris dans les régions de forte exploitation comme les zones tropicales ou sub-tropicales.

On trouvera dans TM Fenning et al.; Trends in Biotechnology 20 (JUL02) 291-296 une revue de ce qui est possible dans ce domaine en utilisant les techniques biotechnologiques y compris, bien sûr, l'ingéniérie génétique presqu'indispensable du fait des très longues périodes d'immaturité sexulles pour beaucoup de ces plantes, entraînant des cycles reproducteurs trop longs pour une sélection classique.

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