Épisode 7 – Miroir, dis-moi la vérité, partie I








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Londres, 1880


Angelus en avait repéré un. Longue cape noire et chapeau haut-de-forme, se promenant discrètement dans l’East End. Un cri provenant d’une ruelle avait attiré l’attention de l’homme, et Angelus l’avait vu s’en approcher avec peur et incertitude. Le cri était bel et bien un vampire qui venait de mordre sa victime. L’homme se cachait dans l’ombre, attendant le départ du vampire pour aller vérifier le corps de la prostituée, vidée de son sang, qu’il avait laissée choir. Après son inspection, l’homme rebroussa chemin discrètement. Ce fut à ce moment qu’Angelus commença à le pister.

La marche fut assez rapide, et Angelus arriva enfin à destination. Un édifice tout à fait ordinaire servait de repère au Conseil des Observateurs.

  • Décevant… marmonna-t-il.

Il accéléra le pas pour attraper l’homme par l’épaule avant qu’il n’entre à l’intérieur sans préalablement l’avoir invité.

  • Monsieur, je suis de Scotland Yard. J’enquête sur une série de meurtres dont les victimes sont vidées de leur sang et retrouvées avec des blessures au cou.

L’Observateur blêmit, visiblement novice dans sa tâche, ne sachant pas trop comment procéder secrètement avec la police.

  • Je vous ai surpris près d’un cadavre il y a un instant et j’aimerais vous poser quelques questions… reprit Angelus.

  • Oui… entrez, je vais vous expliquer…

Angelus poussa l’homme à l’intérieur, un sourire sadique aux lèvres.

  • Pas besoin, je vais me débrouiller tout seul ! grogna Angelus en prenant son visage vampirique.

Le vampire mordit l’Observateur et laissa retomber son cadavre sur le sol après s’être léché les babines.

  • Comment avez-vous bien pu prendre possession de l’Irlande… Bande d’imbéciles !

Angelus monta à l’étage supérieur de l’édifice, instinctivement guidé par l’idée que les grandes fenêtres qu’il avait aperçues de l’extérieur devaient procurer aux Observateurs le sentiment d’être en sécurité en plein jour. Il ne s’était pas trompé, tombant immédiatement sur une immense bibliothèque.

  • Ça va me prendre un temps fou ! J’aurais pas dû le tuer, finalement…

La chance lui sourit lorsqu’une femme dans la trentaine entra dans la bibliothèque. Le menton carré, elle portait de petite lunettes rondes, un épais dossier dans la main, tenant sa robe encombrante de l’autre. Angelus la fit sursauter lorsqu’il se posta droit devant elle.

  • Madame… Giles, lut-il sur son badge. Je vous laisse vivre si vous m’aidez un peu…

  • Angelus… murmura la femme en tremblant de tous ses membres.

  • Oh, mais je suis célèbre ! claironna-t-il en prenant son bras fortement. Je vais faire une affaire avec vous : si vous me donnez les informations que je veux, je vous raconte une jolie histoire que vous pourrez écrire et je vous signe un autographe !

Trop apeurée pour répondre, l’Observatrice allait perdre connaissance d’une seconde à l’autre. Angelus commença à perdre patience.

  • Allons directement au but, madame Giles. J’ai entendu dire qu’un vampire sauverait le monde parce qu’il a une âme. Dites-moi tout ce que vous savez là-dessus et je vous promets de vous laisser vivre !

L’Observatrice respirait difficilement. Elle pointa le regard en direction d’une étagère. Angelus l’y entraîna, tenant toujours son bras fermement, lui laissant l’autre pour attraper un carnet d’observation et une brochure écrite à la machine dans un tiroir. Le vampire s’en empara et traîna ensuite la femme jusqu’à un fauteuil. Il déchira le bas de sa robe pour lui attacher solidement les bras au fauteuil. Sans plus s’occuper d’elle, il s’installa dans un autre. Sur la petite table trônait une boîte de cigares. Angelus l’ouvrit et se servit, comme s’il était chez lui. Il parcourut d’abord la brochure. Il s’agissait d’une rumeur concernant une prophétie protégée par un loup, un bélier et un cerf.

  • C’est qu’un tas de conneries… dit-il en mettant le feu à la brochure dont il jeta le reste dans le cendrier.

Le carnet d’observateur s’avéra plus utile. Pendant que sa victime gémissait faiblement à côté de lui, Angelus lisait attentivement les écrits. Il s’agissait d’un homme enfermé dans un hôpital psychiatrique qu’un médecin avait engendré. Le patient avait à son tour engendré une passante en s’échappant de l’institut : le récit racontait qu’il avait mordu une jeune femme et que celle-ci, pour se défendre, l’avait mordu au sang, s’engendrant de force. En lisant quelques pages plus loin, Angelus découvrit que la jeune vampire, après quelques années, était terriblement tourmentée. Elle était allée trouver un Observateur pour lui faire part de son histoire, laquelle était mentionnée ici, pour ensuite mettre fin à ses jours en regardant le soleil se lever.

  • Quelle connasse ! Mon William ne fera pas ça : j’y veillerai personnellement !

En colère, Angelus se leva et détruisit le carnet de la même façon que la brochure. L’Observatrice le regardait avec stupeur, espérant qu’il s’en aille en l’oubliant. Le vampire fumait toujours son cigare, tournant en rond pour réfléchir.

  • Elle n’avait pas son sire pour l’aider… réfléchit-il tout haut. Si je le forme correctement, il passera inaperçu et je pourrai le garder…

Quelque chose l’agaçait dans la brochure. Encore une fois, il s’en voulu d’avoir agi aussi impulsivement. Il fit volte-face et se pencha sur l’Observatrice, entourant douloureusement ses poignets de ses mains.

  • Quand un fou engendre un vampire, le novice garde automatiquement son âme ? lui demanda-t-il, comme si elle pouvait avoir toutes les réponses.

  • Je… non… pas d’après mes connaissances…

La femme avala péniblement. Le regard d’Angelus se faisait menaçant.

  • C’est une légende… Les Observateurs cherchent le vampire avec une âme depuis des siècles… Il n’existe pas encore…

  • La légende de quoi ? ragea-t-il.

  • Si… si vous avez bien lu la brochure, c’était écrit qu’un vampire irait chercher son âme lui-même…

  • C’est impossible ! s’écria Angelus.

  • Je sais… sauf s’il a gardé une part d’humanité… s’il a été mal engendré… C’est une hypothèse… Dans le carnet que vous venez de brûler, c’était écrit que…

  • Je sais ce qui était écrit : je viens de le lire !

L’Observatrice laissa échapper un cri. Angelus se redressa et éteignit son cigare sur la main de sa victime, qui poussa un cri de douleur aigu. William avait gardé une part d’humanité et c’était la faute de Drusilla… En fait, c’était sa faute à lui, qui l’avait rendue folle, faussant la transmission du démon, de son sang à celui de William. Ça ne le rassura pas du tout. Il angoissait à l’idée que son William soit l’élu d’une prophétie qui sauverait l’humanité pour détruire les vampires et autres démons. Bien résolu à lui arracher cette part d’humanité, il fut rassuré à l’idée qu’il ferait en même temps disparaître l’emprise que son regard et le goût de son sang avaient sur lui. Il regarda à nouveau l’Observatrice, un sourire sadique aux lèvres, prenant son visage vampirique.

  • Par pitié… mes enfants… supplia l’Observatrice.

  • Je vais vous confier un secret…

Il se pencha sur elle, murmurant près de son oreille.

  • Je n’ai pas d’âme…

* * *
Pendant qu’Angel cherchait avec Andrew sur une carte de l’Afrique et qu’Illyria fouillait dans un bouquin pour trouver des informations sur le démon sans nom, Faith décida d’aller rejoindre son petit ami à l’extérieur. La lune se reflétait dans la luxueuse piscine extérieure de l’hôtel, reflet sur lequel Spike lançait des cailloux décoratifs.

  • Angel a décidé qu’Andrew resterait ici… se risqua-t-elle. Illyria nous accompagne…

  • Angel décide toujours tout ! répondit Spike sèchement en lançant un autre caillou.

Faith posa la main sur son bras doucement, puis lui entoura finalement la taille, cherchant ses yeux.

  • Pourquoi tu veux pas qu’on en sache plus… je comprends pas de quoi tu as honte…

Spike posa ses mains dans le cou de Faith, faufilant ses doigts dans les mèches très courtes de la base de ses cheveux, mais fuyait toujours son regard. Il soupira longuement.

  • Ça ne regarde que moi… mon âme… C’est comme si on voulait violer mon intimité… Je sais, c’est vraiment con, mais c’est comme ça !

  • Tu veux dire… ton intimité avec Buffy ? demanda Faith, sentant une pointe de jalousie.

  • Non…

Spike ne savait pas trop expliquer son sentiment.

  • Pour une fille… J’entends encore Angel me le cracher à la figure… Le démon riait en me disant que la Tueuse m’avait castré…

Faith cherchait à comprendre ce que Spike voulait dire. Angel lui semblait être celui contre qui en avait Spike, mais elle avait du mal à s’expliquer pourquoi. Spike la regarda enfin dans les yeux. Il avait honte. Un vampire craint comme lui s’abaisser à demander à un démon de lui enlever ses sentiments amoureux… Buffy l’avait rendu faible alors qu’il en avait tué deux comme elle. Il avait rampé devant elle comme il avait rampé devant Angel et ensuite Drusilla. Sa quête n’avait eu rien de noble, rien qui ne le rendait digne de répondre à une prophétie.

  • En allant récupérer mon âme, j’ai mêlé les cartes… Angel était censé porter l’amulette à ma place, tu te souviens ?

Faith réfléchit un moment, fouillant dans ses souvenirs.

  • Oui, je me souviens… mais… Tu es resté quand t’aurais pu sortir de la bouche de l’enfer avec nous. C’est toi qui as décidé de te sacrifier, pas Angel ni Buffy.

  • Je croyais pas que t’étais aussi romantique…

Faith fit la moue et le regarda durement.

  • Je suis pas romantique !

Spike haussa un sourcil, sceptique. Il attendait qu’elle se justifie, mais Faith ne disait plus un mot, s’avouant qu’elle l’était peut-être un peu, finalement.

  • Pourquoi tu veux aller là-bas, au juste ? lui demanda-t-il après un moment.

  • Je veux savoir. J’ai l’impression que je suis celle qui te connaît le moins ici et c’est moi qui sors avec toi !

  • T’as qu’à lire un bouquin d’Andrew, dit Spike en haussant les épaules. Il en sait plus sur moi que moi-même…

Offusquée, Faith retira brusquement les mains de Spike de son cou. Elle tourna les talons et rentra dans l’hôtel rejoindre les autres, laissant Spike seul avec son obstination et ses petits secrets qu’elle n’arrivait pas à lui arracher.

  • Vous avez trouvé ? demanda-t-elle aux trois autres.

  • Je cherche encore… répondit Angel, qui releva la tête sur Faith. Tu devrais aider Andrew avec les bagages si on veut s’assurer de survivre…

Andrew était en train de mettre pêle-mêle des gadgets de son invention dans un grand sac de sport.

  • Il y a des armes, là-dedans ? lui demanda Faith.

  • …des gourdes fonction multi-breuvages, des lampes rayon-X pour voir à travers les coffrets en plomb et en aluminium, des protèges-poignets imperméables… énuméra Andrew en cochant des éléments d’une très longue liste intitulée « Nécessaire de quête improvisée ».

Découragée, la Tueuse préféra chercher sur les cartes avec Angel. Quant à Illyria, elle était à regarder avec ahurissement chacun des objets qu’Andrew sortait d’une boîte pour mettre dans le sac de sport.

  • C’est ici, dans le désert du Kalahari, à l’est de la Fish River. Vous n’aurez qu’à suivre les démons Custok : ils sont petits, bossus, tout noirs avec des tatouages blancs et ils ont trois bras.

Angel et Faith levèrent les yeux sur Spike, qui s’était immiscé entre les deux pour pointer un endroit sur la carte avec un crayon, en traçant une croix.

  • Tu viens avec nous ? lui demanda Angel.

  • Non.

  • Pourquoi t’as changé d’idée ? lui demanda Faith.

  • C’est toi qui m’a fait changer d’idée, amour, dit Spike en lui plaquant un baiser dans les cheveux. Mais j’y vais pas.

  • Pourquoi ? demanda à nouveau Angel, qui contrôlait mal son envie de lancer Faith par la fenêtre.

  • On ne peut pas le voir deux fois. Satisfait ? répondit Spike en s’éloignant du comptoir de la réception pour aller se poster devant le fameux miroir.

Faith ne savait pas trop ce qui avait poussé Spike à changer d’avis dans ce qu’elle lui avait dit, mais elle se sentit importante pour lui à cause de ça. Elle alla rejoindre son petit ami et le prit dans ses bras, souriant de ne pas voir son reflet avec elle. Elle l’embrassa.
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