Un jardin au milieu de nulle part








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Un jardin au milieu de nulle part.
De l’aéroport de Joao Paulo 2 à Ponta Delgada nous partons voir les lacs de Furnas si beau si verdoyant et fournis d‘hortensias de gentianes, de camélias nains et autres que je ne saurai citer, dans le creux du volcan. Cela me rappelle un peu la Bretagne verdoyante mais surtout l’Irlande pour le relief et les jardins de Terra Nostra et de Furnas avec ses geysers : vraiment merveilleux. Enfin nous visitons le canyon de Ribera, impressionnant ! !

Je sais je n’ai pas beaucoup de vocabulaire pour décrire ces paysages mais nous sommes subjugués par tant de beauté de la nature et par la curieuse architecture assez austère, moitié anglaise, moitié portugaise.

Mais le temps n’est pas de la partie, il y a juste assez de soleil pour donner un éclat irréel à l’arc en ciel encadrant les cascades magnifiques des jardins de Furnas.

Des couleurs sombres très vivantes dans ce fjord de Ribera. Il faut le voir par temps nuageux, c’est tellement plus mystérieux.

On s’imaginerait « presque » voir arriver des bateaux à la découverte des nouveaux mondes. Des nuages le long des falaises, aux formes gonflés font penser à des voilures gigantesques, Ils se réfugient dans la moindre anfractuosité comme les premiers marins, sur ces terres inconnus pour se protéger, à bout de souffle, affamés, peureux et surtout forcés de franchir ce si grand océan. Combien d’âmes sacrifiées pour soi-disant la connaissance mais à seule fin de conquêtes et de commerce.

Notre périple est prometteur, les mirettes en extases, nous restons cinq jours à Sao Miguel, et partons à sept heures un matin pour Florès.

On nous a prévenus, pas d’avion de ligne pendant trois jours, pour cause : mauvais temps ! Mais le propriétaire d’un avion taxi nous propose de nous y emmener entre deux orages. « Trop cool » pour mon père.
Levé six heures, transport de notre matériel à pied de l’hôtel (deux kilomètres), car pas de taxi à cette heure… l’avion est tout juste assez grand pour rentrer tout notre équipement normalement prévu pour quatre personnes mais sans bagages, sans doute. Le pilote est très rieur, (peut-être satisfait du prix demandé).

Nous ne sommes pas très rassurés mais empressés de découvrir Florès. Le voyage est flippant surtout en survolant l’île de Sao Miguel, au dessus de la mer, le calme est revenu, mais pas très longtemps, avec les trous d’air notre petit déjeuner fait le yoyo entre notre gorge et notre estomac.

L’arrivée à l’aéroport de Santa Cruz est folklo, nous croyons que les deux roues se posent mais avec un violent coup de vent l’avion se pose sur une seule roue, et il pique du nez. Enfin il atterrit sur les deux roues ; le pilote arrête le moteur et s’essuie le visage d’un mouchoir, les mains tremblantes et baragouine quelque chose, mais mon père et moi n’étant pas forts en langue, surtout en portugais, plus des expressions açoréenes. Nous acquiesçons en le remerciant.

En sortant de l’avion après une heure de vol éprouvant pour nos cœurs qui battent la chamade et nos dents serrées tout le long du vol, nos jambes sont toutes flageolantes.
Kylian : papa, on reprendra la ligne normale au retour, quitte à rester trois jours de plus !

Patrick : oui pas de problème je ne remonterai jamais plus dans cet avion, même les pieds devant.
Ça nous a donné faim cette prouesse, un taxi nous prends à la sortie de l’aéroport et nous arrête au premier restaurant, à deux kilomètres.

Nous retrouvons notre pilote, déjà bien entamé, et gueulant des paroles inintelligibles, traduites par un français en vacances, parlant le portugais. Il dit qu’il n’avait jamais autant flippé pendant ce voyage mais aidé par des gens très courageux… En sortant, nous lui offrons un café, ainsi qu’au traducteur, et le remercions de nous avoir emmené à bon port; il est réjouit et nous embrasse goulûment, l’alcool aidant.

Nous mangeons un steak excellent sans doute de bovin de ces belles plaines herbeuses.

Le mauvais temps est fréquent au mois de juillet à Florès, mais le soleil réapparaît sur ce vert infini des collines.
A quatorze heures, il nous faut trouver le campement précis pour mon père : les grottes Dolgado.

Un seul chauffeur de taxi se propose, car il possède un 4x4. Après quinze bornes de piste nous arrivons dans un lieu assez austère; aucune habitation : le désert juste un bois de conifères qui descend sur la falaise, soi-disant l’endroit idéal pour observer les cachalots.

Mon père décide d’installer la tente dans un endroit somme tout douillet à l’abri du vent. Je découvre, pas loin, une profusion d’hortensias très vifs et très fournis, malgré leur petite taille. Ils nous protègent des vents marins. La flore est reine sur cette île, et l’endroit où nous campons est vertigineux, dominant d’au moins soixante mètres une petite crique !
Kylian : on va plonger ce soir, la mer est démontée, mais…

Patrick : t’es pas fou ; pour l’instant on s’installe, et demain on avisera. Essaye plutôt de trouver du bois.
Je cherche ce fameux bois, mais il n’y en a pas beaucoup ; je trouve des brindilles. La nature ici parait en pleine effervescence, je rencontre des lapins curieux d’être dérangés, me reniflant de très près, un chevreuil se pliant sur ses pattes tout frissonnant devant moi attendant, oreilles rabattues ma caresse pour se rassurer. Des passereaux très colorés et un blaireau qui me surprend et fuit ; j’ai bien plus peur que lui et je suis vraiment étonné de trouver une nature aussi exubérante, vierge et peu craintive.
Je reviens avec mon maigre fagot. Mon père a installé méthodiquement notre campement, dans un endroit idéal, une herbe épaisse et souple, fine et aussi confortable qu‘un matelas. Nous dînons frugalement, de pain complet et de sardines en boite.

Le lendemain je me lève vers six heures, mon père dort encore, la faune d’hier soir a éveillé ma curiosité. Je réchauffe le café, le prends en silence et part découvrir les environs, qui à mon étonnement fourmillent d’animaux se nourrissant de cette nature généreuse, je crois voir le premier jour de la terre, où tout était offert dans la quiétude d’un éden de senteurs et de couleurs ! !

Je m’approche d’un sentier rocailleux, bordé de plusieurs rangées d’hortensias bleus. Au bord d’une corniche vertigineuse, je vois des grottes plus ou moins grandes. Je descends sur la falaise inclinée de plusieurs dizaines de mètres, longeant la mer et j’aperçois une faille dans la roche. Petite au début mais s’élargissant en s’enfonçant rapidement. Les falaises semblent s’élever au fur à mesure de ma descente. Après une bonne marche, au détour d’un rocher, je découvre, fasciné, deux immenses arbres s’élevant fièrement ! Un séquoia et un eucalyptus qui forment une entrée. J’admire ces arbres d’une quarantaine de mètres.

Je passe sous ces honorables ancêtres végétales et découvre une grande carrière naturelle: une longue tonnelle de bougainvilliers : jaunes, roses, violets et pourpres, un environnement tellement fourni et à la fois paysagé. Autour de celui-ci, un petit bois diversifié d’eucalyptus, tulipiers, cyprès, lauriers roses, un exubérant flamboyant, et de la lavande, avec au milieu un bosquet de cèdres.

J’aperçois entre deux énormes dragonniers, une grotte sombre au bout de l ‘allée de bougainvillier. Je m’étourdis par les senteurs ; j’en ressens un frisson agréable. Je resterai bien là une heure ou deux mais à contrecœur, je reviens au campement. J’y reviendrai avec mon père !

Je suis de retour après deux heures, n’ayant pas remarqué avoir fait un tel parcours.

La mer est de plus en plus forte et le vent souffle par rafales violentes. Je retrouve mon père un peu déçu, de ne pas pouvoir plonger, et pendant le déjeuner, je lui propose de découvrir ce jardin d’éden sans le détailler.

Nous partons, sans que j’ai oublié de prévoir, une lampe torche et une corde de vingt mètres.
Patrick : pourquoi cet attirail ?

Kylian : surprise !

Patrick : voila qui ne me dit rien de bon !
Mais en parcourant cet endroit sans sentiers précis, mon père est enchanté par tant de luxuriance.
Kylian : nous arrivons !

Patrick : je comprends que tu sois revenu si tard ce matin.
Nous descendons la falaise très pentue, puis accédons à la grande fissure faite d’une roche schisteuse. L’endroit est protégé du vent.

Au bout de deux cents mètres, mon père s’étonne de voir soudain ces deux grands arbres et cette couverture florifère de bougainvilliers.
Patrick : nous sommes sans doute dans une propriété, cet endroit est entretenu dans le moindre détail.

Kylian : tu n’as pas vu de clôture ni de panneau l’indiquant alors, nous avons le droit de visiter !

Patrick : Peut être que la clôture se trouve côté route et ici, ce n’est pas nécessaire comme cette falaise est au bord de la mer !
Pour l’instant, il n’y a personne et nous nous approchons de l’entrée de la grotte qui étant cachée par deux superbes dragonniers, me paraissait plus petite de loin. À présent le sol descend et nous nous trouvons sous une arche d’une bonne quinzaine de mètres, recouverte de mousse et de lichen d’où sortent dans un vol léger, une multitude d’hirondelles.

A l’intérieur une voûte parfaite, faite je pense de trachyte un peu verdâtre, des plaques de biotites et plus loin, percée de cristaux de quartz et d‘alexandrite, magnifique ! Se reflétant dans les minerais environnants. En avançant, nous découvrons des amphiboles en formes de prismes pyramidaux parfaits, je suis étonné de voir cette diversité en si peu d’espace, j’étudie la biologie et la gemmologie m’intéresse.

Mais les amphiboles sont plus denses à présent et mêlés je crois à de l’azurite, des taches bleus et vertes, c’est somptueux, et en regardant cette voûte, je regarde aussi où je marche.

Le sol est sablonneux, brillant comme fait de graphite réduit en poudre et de gros massif de quartz purs transparents légèrement ambrés surgissent du sol. Je m’approche de ce que je crois être un gouffre. J’allume ma lampe torche et tout d’un coup j’entends un bruit assourdissant et en même temps un courant d’air qui me fait éternuer et en me retournant, je vois mon père plié de rire. Une multitude de chauves souris effarouchées s’envolent sous la voûte qui fait écho.

J’y avais pensé en entrant dans cette grotte mais là bon, j’ai paniqué et me remettant de ma surprise, je découvre un pallier étroit à peine à quatre mètres en dessous, plus loin un gouffre mais avec une curieuse lueur vers le fond.
Kylian : papa tu vois il y a un pallier là un peu plus bas, je vais descendre.

Patrick : à quoi ça sert, je sais que tu es curieux mais tu prends des risques là !

Kylian : quel risque ? Le pallier est à peine à trois mètres, tu t’assois et tu m’aides à descendre s’il te plait !

Patrick : bon demandé de cette façon ok.
Je m’attache avec la corde et mon père me descend lentement, arrivé sur la corniche qui est parfaitement lisse et rectiligne je fais quelques mètres et je découvre des marches, j’en descends une et je la trouve très haute, bien d’une cinquantaine de centimètres, mais tout aussi large, comme des marches de géants, cela m’impressionne de plus en plus, mon père m’appelle : ça va Kylian ?

Ça va ! Et je pars dans le sens opposé, là, en suivant la corniche sur la gauche, je découvre une sorte de toboggan, parfaitement lisse, taillé dans la pierre avec de grandes marches sur le côté.
Kylian : papa j’ai trouvé une descente plus facile pour toi. Essaye de trouver une saillie sur ta gauche pour descendre.
Deux minutes à peine s’écoulent.
Patrick : j’ai trouvé, on n’a pas besoin d’aller à Disneyland : ouaaaou !

Et je le vois arriver en douceur, heureusement car le gouffre n’est pas très loin

Patrick : c’est super mais qui a créé ça, ce n’est pas naturel, surtout que j’ai vu de grandes marches pour remonter !

Kylian : oui ça commence à vraiment m’intriguer, surtout que j’ai trouvé aussi de mêmes grandes marches qui descendaient.

Patrick : ah ça ne me rassure pas, ce jardin et cette grotte sont tellement intrigants même fantastique : j’ai pas mal voyagé, même avant de connaître ta mère mais je n’ai jamais visité d’endroit aussi parfait et toujours inconnu.

Kylian : j’espère que cela le restera le plus longtemps possible…

Patrick : mais c’est incroyable ce site ne date pas de six mois, à moins qu’un milliardaire est décidé de planter des arbres adultes comme ces dragonniers centenaires et fait décoré la grotte de fausses pierres, et construit un toboggan pour s’amuser et personne pour surveiller ce petit paradis ?

Kylian : oui c’est vraiment étonnant ! On continu la visite ?

Patrick : je te suis, et heureusement j’ai apporté de quoi manger, parce que j’ai l’impression que l’on n’est pas au bout de nos surprises !
Nous allons dans l’autre sens et descendons les premières marches.
Patrick : elles ne sont pas à notre taille ces marches, mais elles mènent forcement quelque part, as tu remarqué cette légère clarté en dessous ?

Kylian : oui, dès que j’ai regardé dans ce gouffre.

Patrick : et bien on n’en est pas loin, j’espère que l’on ne va pas être reçu par un cerbère !

Kylian : Tu as vu les parois, elles scintillent, on dirait de l’or !

Patrick : ça serait trop beau, c’est sans doute des pyrites.
J’essaye avec mon couteau d’enlever un morceau de cette pierre mais elle ne cède pas, j‘arrive à extirper une fine lamelle et la mets dans ma poche, ça ne servirai à rien d’insister j’ai trop envie de continuer à descendre.

Nous descendons une à une les marches sur le coté, en changeant de jambe, tellement elles sont hautes ; la lueur se fait plus intense, nous descendons encore et mon père s’inquiète au bout de la cinquantième (je les compte).
Patrick : il faudra les remonter après !
Mais à peine a-t-il dit cela, je découvre sur le coté, des marches, plus petite de moitié. Elles sont à notre taille ; curieux, pourquoi ne l’étaient elles pas au départ, peut être pour éloigner les gens moins motivés !

Là c’est plus facile, et nous descendons environ cent marches ; le plafond est plus haut et sombre, mais il redescend et est reflété par cette lumière ce qui le rend très brillant.

Mais la lumière s’estompe doucement et nous apercevons plus bas une porte nous paraissant immense, se refermer sans bruit.

La lueur ayant disparue nous descendons les dernières marches à l‘aide de nos lampes torches et cherchons une fissure témoignant que cette porte existe. Mais rien, pas la moindre rainure ou défaut : ce mur est uni comme poli !

Nous remontons sceptiques et intrigués, nous l’avons bien vu cette porte entrouverte, que se cache t’il derrière ?

Nous regagnons notre campement sans s’adresser la parole mais notre cerveau à tous les deux je pense, travaille un max pour élucider ce curieux événement.

Le soir après avoir allumé le feu et mangé de bonne heure, nous échafaudons toutes sortes d’idées et nous pensons même à une autre civilisation ou à des extraterrestres voir même intra terrestres.

Nous entendons soudain des bruits de pas sur le chemin et voyons un homme paraissant âgé ; mais se rapprochant nous découvrons qu’il a une cinquantaine d’années ou peut-être moins, le visage bouffi !

Sans même nous saluer, il nous dit :
Vous savez que vous n’avez pas le droit de camper ici et encore moins de faire un feu, c’est une réserve ! Mais je ne dirai rien, vous n’êtes que deux personnes, mais plus de feu, compris, en plus, il ne fait pas froid et il n’y a pas de petits bois ici, vous n’allez pas vous en prendre aux arbres, ils sont si rares de ce coté de l’île !

Patrick :
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