Centre rhone –alpes d’ingenerie sociale solidaire & territoriale








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Refuser l’imaginaire de la guerre

La séduction que revêt aujourd’hui le discours de la guerre relève de l’amnésie. L’an dernier encore nous fêtions le centenaire de la première guerre mondiale et nous regardions avec effarement l’enthousiasme pour ces départs vers le front qui devait durer quelques semaines et a détruit toute une génération dans une effroyable boucherie. Plus près de nous, comment ne pas reconnaître que l’enchainement des catastrophes est déjà le produit des appels à la guerre qui se sont diffusés depuis quelques décennies.
La propaganda des réseaux internationaux de lutte contre la différence s’active et se propage répondant ainsi au besoin instinctif de matérialiser la peur qui nous habite dans un objet, une institution, un pays, une religion, un homme ou un groupe d’hommes. Cette propaganda alimentée et soigneusement orchestrée par les lobbys de guerre puise sa force dans les nouvelles théories totalitaires à la Samuel Huntington rapidement mises en œuvre par Bush, père comme fils, ayant déclenché une guerre qui, comme l’explique Noam Chomsky , répond au besoin pressant ressenti aux Etats-Unis de « chercher » un autre ennemi pour justifier les budgets militaires en grande partie conçu dans les milieux des industriels. En fait, dès 1990, la stratégie de « dissuasion » des Etats-Unis a complètement cédé la place à celle de l’offensive militaire orientée essentiellement contre les pays du Sud et le Moyen-Orient notamment. Deux raisons sont avancées pour voter le budget colossal demandé par l’exécutif américain : le danger de certains pays du Sud « sur-armés » ; et la nécessité de maintenir « la base industrielle de notre défense » déclare le rapport présenté au Congrès. On est donc passé du principe de produire des armes pour faire la guerre au principe de faire la guerre pour produire des armes par le mensonge d’un pouvoir drapé dans l’autosatisfaction.
N’est-il pas frappant de voir que depuis l’invasion américaine en Irak, le terrorisme est le corollaire de la guerre ? Avec toutes ces tentatives d’« anéantir l’ennemi chez lui », le terrorisme et la terreur ne font qu’augmenter…. Le jeune que nous combattons chez lui, s’est invité chez nous. Que se passe-t-il aujourd’hui dans d’autres pays comme la Lybie, la Syrie, l’Afghanistan? Qu’est-ce que les expéditions étrangères ont apporté dans ces pays sinon le chaos ?

Refuser la guerre d’abord

Sortant de l’amnésie, nous ne pouvons accepter les suggestions d’auteurs comme Michael Walzer qui recommande de faire d’abord la guerre pour ensuite résoudre les problèmes de fond qui en ont été la cause. Même quand la résistance s’est imposée face au nazisme dans la seconde guerre mondiale, rappelons qu’elle n’a pas attendu la libération pour définir un projet de société. Le Conseil national de la résistance a réfléchi sur les finalités qui donnaient sens à la lutte. Aujourd’hui comme hier, la mobilisation collective ne peut reposer uniquement sur la désignation de l’ennemi. Nous devons reconnaitre le manque de projet commun, l’insuffisance d’un horizon qui se résume à un retour de la croissance sans cesse annoncé et différé, à une réalimentation du cycle sans fin de la production et de la consommation. C’est bien le compromis entre une économie réduite au marché et un social restreint à la redistribution qui est obsolète.

Comme l’ont mis en évidence bien des approches oubliées par des gouvernements qui croient se relégitimer par l’engagement militaire, il ne pourra y avoir de solution sans une autre politique dans les quartiers populaires.

Il est évident que les « jihadistes » sont, en grande partie, recrutés dans ces zones pauvres et délaissées. Il est évident aussi, qu’ils sont peu formés, peu occupés, facilement « manipulables », et présentent les symptômes d’une population qui, au fil des années, accumule des sentiments de hogra et d’amertume. Si ces éléments se sont transformés en une haine systématique, c’est que les réseaux islamistes ont été présents dans la proximité alors que les politiques publiques se sont désintéressées des enjeux micro-politiques de la socialisation quotidienne.
De la marche des « Beurs » à la liste « Motivés » de Toulouse ou aux multiples formes d’associations locales constituées dans une perspective d’intégration républicaine, il n’a été répondu que par le dédain ou la démagogie. Au lieu de déboucher sur une nouvelle manière d’appréhender et d’agir en commun, ces initiatives ont servi pour encercler la différence, étouffer les pauvres derrière des cache-misères, miner la société civile dans ces quartiers, et récupérer les « récupérables » parmi ses membres pour asseoir une pseudo-intégration. Ce modèle peut être électoral ou économique, mais il ne peut guère donner sens à la vie de tous les jours de cette partie de notre société.
Pour ne citer qu’un exemple, le réseau Ré-Actives (Réseau d’activités d’économie solidaire) de restaurants de quartier constitués par des femmes d’origine immigrée et de diverses cultures a dû disparaître alors qu’il conjuguait création d’emplois et réappropriation de l’espace public, sans parler des contributions à la cohésion sociale rendues possibles par la présence de tels lieux. Les autorités, en voulant rabattre les projets de ces femmes sur des programmes d’insertion, les ont condamnées accentuant le délitement des activités commerciales et culturelles.
Nous devons envisager l’avenir à partir de l’histoire récente pour comprendre l’origine de cette relation tendue caractérisant des espaces comme des groupes particuliers en France comme dans la plupart des pays européens. Arrêtons toute forme de stigmatisation et allons au-delà du discours alarmiste, pour nous ressaisir autrement en permettant aux exclus d’hier de devenir des faiseurs de sens. Il est suicidaire de revendiquer « nos valeurs » tout en profitant de l’état d’urgence pour porter atteinte aux droits de l’homme. Nos valeurs ne sont pas à essentialiser elles sont à concrétiser dans une conjoncture difficile, d’où la nécessité de construire un espace public pluricentré et diversifié capable de contenir des dynamiques citoyennes multiformes.

Notre projet sociétal ne peut se résumer à une augmentation du budget de l’armée, surtout en ce moment si douloureux, il est indispensable de consacrer plus de moyens et d’efforts à l’éducation, à la culture et à la promotion sociale mais d’une autre façon, par la priorité conférée à la participation des personnes concernées : c’est la seule arme durable contre le fanatisme, l’obscurantisme et le terrorisme. Bien entendu, cet effort n’a aucun sens sans une refonte des indicateurs et mesures d’évaluation de nos politiques publiques, trop axés sur les mesures quantitatives et peu soucieux de la qualité des relations générées comme de l’utilité sociale des activités menées.

La guerre n’est qu’une riposte qui caresse l’égo d’une petite minorité, elle demeure incapable d’apporter des réponses plausibles aux attentes et aux besoins vitaux de la grande majorité.

C’est une véritable épreuve à laquelle, nous sommes confrontés aujourd’hui : comment combattre le terrorisme avec plus de liberté, de dignité, de respect et de différence ? Les réponses modestes basées sur les coopérations, du local à l’international, peuvent paraître dérisoires, elles n’en sont pas moins des jalons sur le chemin d’une cohésion sociale basée non sur l’uniformisation autoritaire mais sur une diversité admise et assumée. Le chemin est escarpé, il est pourtant susceptible de redonner une fierté collective qui est le meilleur rempart contre les appels à la haine. 
NE PAS SACRIFIER LA LAÏCITE SUR L’AUTEL DU TERRORISME

Après les divers attentats de par le monde et sur le sol français, en particulier, on ne peut sacrifier la laïcité des institutions pour la légitime émotion sur l’autel du terrorisme. On ne peut abandonner nos principes constitutionnels pour un retour à une logique concordataire. L’État ne saurait imposer à tous les citoyens un œcuménisme réducteur er trompeur autour de la « Conférence des responsables de cultes en France ». La vie politique et civile de tous les citoyens ne peut se réduire à la seule appartenance présupposée à six religions. Sur 66 millions d’habitants, on compte moins de 4 millions de pratiquants réguliers toutes religions confondues. Près de la moitié de la population se déclare sans religion. On ne saurait, sauf à exclure ou communautariser, enfermer la diversité des citoyens dans ce seul domaine religieux. 
Dans cette dérive politique construite à partir des religions, l’émergence de la question de l’Islam conduit à la tentation de consentir des assouplissements sous formes « d’accommodements raisonnables » à nos principes pour remettre en cause non seulement la lettre mais aussi l’esprit de la loi du 9 décembre 1905.

Les religions plus anciennement établies en France, en perte de vitesse, n’attendent que ces concessions faites à l’Islam pour entériner ou réformer leur rapport à l’Etat laïque dans une reconnaissance institutionnelle qui préfigure un remariage concordataire. C’est l’occasion inespérée de revenir à la situation antérieure à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat en conviant l’Islam à ces épousailles entre politique et religion ? Une telle idée conduirait à rétablir un ordre social ancien élaboré autour de quelques « cultes reconnus » où le citoyen serait assigné à résidence dans « son » origine, « sa » culture et affecté implicitement à une religion pour mieux lui être soumis. Un retour à l’ordre moral tel que l’entendait Adolphe Thiers, pour lequel « un curé valait cinquante gendarmes ».

Seule l'union de tous les français, indépendamment de leurs convictions ou croyances permettra d’assurer la cohésion nationale. L’obligation de respecter le principe constitutionnel de laïcité de chaque citoyen et non de quelques groupes ou religions arbitrairement choisies est la meilleure assurance que l’émancipation, la liberté, les droits et la sécurité de chacun d’eux soient garantis de manière effective. La laïcité c’est refuser tout privilège à l’athéisme comme aux religions.

Le rôle de l’État est d’assurer la sécurité et la liberté de culte et non de l’organiser. L’Islam en France doit rester l’affaire des musulmans. Ce n’est pas exclusivement la « liberté religieuse » que la laïcité garantit mais d’abord la liberté de conscience, laquelle permet le droit de choisir sa religion, n’en pas avoir ou d’en changer. Voire de militer contre toute religion.

Les institutions publiques doivent demeurer incompétentes en matière de religion, ne reconnaitre institutionnellement aucun culte, aucune croyance. Cette séparation et cette stricte neutralité garantissent l’égalité des citoyens au regard de toutes les convictions.
La laïcité, pour l’Etat et les institutions publiques, n’est ni l’inclusion, ni l’exclusion des convictions ou des religions. LA LAÏCITE, PRINCIPE CONSTITUTIONNEL, N’EST NI CONTRE LES RELIGIONS, NI AVEC MAIS SANS ELLES. 

La laïcité c’est la neutralité, la séparation. Seule la neutralité effective de l’Etat et celle des institutions concrétise le primat de la liberté de conscience et garantit la liberté de culte pour ne placer aucune opinion au-dessus des autres. Ainsi l’Etat est le gardien de l’égalité républicaine.

Eddy KHALDI29 juillet 2016 Publié sur FACEBOOK et MEDIAPART
3 choses à faire face au terrorisme selon ​Abdennour Bidar

Publié par Camille Broyart le 27 juillet 2016



En réponse aux derniers attentats qui ont frappé la France, Abdennour Bidar, philosophe connu pour sa théorie de la modernité en Islam, a partagé un très beau texte rempli de sagesse. Un message fort qui désigne des coupables et met chacun face à ses responsabilités pour lutter contre le terrorisme.

Depuis janvier 2015, une série d'actes barbares frappe notre France et nous meurtrit profondément. Perpétrés au nom de l'islam, ils sont aussi bien le fait d'esprits malades que l'une des expressions les plus aiguës de la crise radicale dans laquelle sombre aujourd'hui la civilisation arabomusulmane. De là, une très grande difficulté d'analyse : quel lien entre ces cas psychiatriques isolés et l'état général d'une civilisation ?

D'aucuns disent qu'il n'y en a pas. Ils sont aveugles. Comme je l'ai montré dans ma Lettre ouverte au monde musulman, ceux qui nous agressent aujourd'hui sont parmi les métastases les plus meurtrières d'un cancer généralisé de l'Islam - qui tue à travers ses éléments les plus pathogènes. Chez les plus fragiles psychologiquement, comme du côté des régions du monde musulman les plus déstabilisées par les affrontements entre volontés de puissance locales et occidentales, le cancer de l'Islam trouve le terrain le plus favorable pour déchaîner son appétit de destruction.

Ne nous y trompons pas, nous recevons jusqu'ici les éclats d'une déflagration géante dont l'origine est le wahhabisme de l'Arabie saoudite. C'est elle l'épicentre du cancer - elle qui abrite les lieux saints de La Mecque et de Médine en trahissant honteusement leur sacralité. Égarée en effet par son obscurantisme depuis le XVIIIe siècle, cette région du monde a désormais pourri le monde musulman tout entier avec l'argent de son pétrole, qui lui a donné le moyen maléfique de contaminer et de faire dégénérer une civilisation dans le néant de son propre obscurantisme, vide de toute spiritualité digne de ce nom.

Plusieurs choses à faire face à cela, pour nous musulmans : réinventer de fond en comble une authentique culture spirituelle - de paix, de non violence, de fraternité universelle, de liberté de chaque conscience face aux dogmes, aux normes et aux mœurs de la tradition, et enfin d'égalité entre les femmes et les hommes.

Tous les musulmans qui osent dire qu'une telle culture est majoritaire en Islam sont trop optimistes. Ils prennent leur cas pour une généralité, et ne voient pas ou sous-estiment gravement la prolifération galopante de l'intégrisme. Cette persistance à ignorer la profondeur et l'ampleur du mal fait courir un terrible danger non seulement à leur propre liberté mais aussi au monde humain.

Trois choses à faire aussi face à ce cancer au cœur de l'Islam, pour nous français aujourd'hui. Déclarer la fraternité au lieu de déclarer la guerre, c'est-à-dire refuser le piège de la haine entre les identités et se solidariser dans l'affirmation de nos valeurs sans se laisser désunir par rien de ce qui nous agresse. Avoir le courage et la force de lutter non seulement contre la radicalisation des candidats au terrorisme mais interdire et punir sur notre territoire toute manifestation publique d'un islam intégriste, dont le critère simple est la contradiction avec notre culture - valeurs, lois, art de vivre. Avoir le courage enfin de ne plus entretenir de relations commerciales et diplomatiques indignes et lâches avec des États musulmans fondés sur le pouvoir d'une religion archaïque, intolérante et expansionniste - Arabie Saoudite, Iran, etc.

Ma conscience d'être humain et ma responsabilité de philosophe de l'Islam me conduisent aujourd'hui à répéter tout cela - et je le ferai encore coûte que coûte jusqu'à ce que l'Islam se régénère entièrement. De même, autre chose que je redis inlassablement, chacun a maintenant sa responsabilité face aux tragédies et aux périls du temps présent : non musulmans et musulmans ensemble, à nous tous échoit le devoir de lutter pour la paix à toutes les échelles.
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