Interviews 44








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Résultats phytosociologiques


Le recensement global de la végétation, nous a permis de faire la liste des taxons présents sur le terrain (tableau 3). Malgré que cette liste soit non-exhaustive, 61 espèces appartenant à 32 familles ont été déterminées sur l’entièreté de la parcelle du Bois du Foux. Douze taxons sont des représentants de l’alliance « Quercion pubescenti-petraeae » et cinq sont des représentants de l’alliance « Geranion sanguinei », ourlet xérothermophile, qui est souvent associé à la chênaie buissonnante (2008, Raymond Delarze & Yves Gonseth).

Cette tendance à l’association végétale « Coronillo-Quercetum », la chênaie buissonnante collinéenne, est aussi soutenue par les relevés phythosociologiques des trois premiers sites (tableau 4). En effet, de nombreux indicateurs de l’association ont été trouvés sur les surfaces inspectées. Les plantules de chêne sont omniprésentes sur toute l’étendue du site. Elles remplissent d’ailleurs une surface considérable au sol. Le genre Acer est rencontré très fréquemment, tout comme d’autres espèces thermophiles, par exemple : Ligustrum vulgare. Certaines plantes, bien qu’elles ne soient pas indicatrices d’une alliance spécifique, fournissent de précieux renseignements sur l’écologie de l’écosystème. Les caractéristiques « calcicole » et « xérothermophile » sont autant d’indices qui se recoupent avec les analyses pédologiques précédemment effectuées. Les espèces comme : Vinetoxicum hirundinaria, Trifolium rubens, Sesleria caerulea, Saponaria ocymoides, Quercus petraea, Melittis melissophylum, Melica ciliata, Laurus laurocerasus, Hippocrepis emerus, Carex flacca, Bromus sterilis et Acer opalus sont tous caractéristiques, car elles ont une préférence pour les milieux secs et chauds, selon « Flora Helvetica » de 2012. De plus certaines ont une préférence pour les sols calcaires. Le climat subméditerranéen, l’exposition du site, la pente et la nature du sol sont déterminants dans l’évolution de la chênaie (1983, Pascal Kissling).

En effet, la dalle de calcaire jaune fortement fragmentée et craquelée, le sol peu profond, la terre noire riche en matière organique, le plan très incliné qui facilite l’écoulement de l’eau et l’orientation plein Sud du site conditionnent la pousse des végétaux typiques de l’association « Coronillo-Quercetum ». Ces conditions sont entièrement remplies auprès du site N°1, au pied du premier profil pédologique, là où la roche calcaire morcelée affleure à la surface du terrain. Malgré cela il faut souligner que dans l’ex-futaie, les chênes étaient de grande taille (≥ 8mètres). De plus la présence Tilia cordata, Acer plantanoides peut faire penser à l’association « Tilio-Quercetum » (1983, Pascal Kissling). C’est bien l’abondance du genre Quercus et la présence d’Acer opalus qui nous font constater que le milieu penche plutôt du côté de la chênaie buissonnante « Coronillo-Quercetum ». Vu la coupe claire réalisé en décembre 2013, il est difficile de se décider entre les deux associations végétales citées précédemment, mais si l’on désire une chênaie buissonnante à proprement parler, il faudra favoriser l’association de « Coronillo-Quercetum ». Il faudra donc surveiller ce site et éventuellement séléctionner les espèces caratéristiques, si l’on veut favoriser l’une ou l’autre association.

En vue des formes d’humus présentes dans les deux profils de sol réalisés, on peut conclure que la végétation ne varie pas sensiblement entre le site N°1 et N°2. Le deuxième profil pédologique (proche du site N°2) a révélé, un sol limoneux plus épais et moins pierreux que le précédent. Après carottage, le sommet de la colline du Bois du Foux où se situe l’emplacement du 3ème relevé phytosocologique, est aussi constitué d’un sol épais de texture limoneuse. Les sites N°2 et N°3 sont plus riches en herbacées, notament Carex montana. La strate arbustive y est aussi plus développée. Lathyrus niger et Sorbus torminalis et Veronica officinalis se développent particulièrement bien dans le site N°3. Ce qui nous pousse à dire que l’association végétale au sommet de la butte serait un « Lathyro-Quercetum » (1983, Pascal Kissling). Tandis que Ribes alpinum et Ligustrum Vulgare sont plus abondants sur le site N°2. Ceci dit, le genre Quercus reste dominant sur les deux parcelles et les indicateurs tels qu’Hippocrepis emerus et Acer opalus ont été remarqués. Donc même si la nature du terrain favorise sur ces emplacements les strates herbacées et arbustives, nous sommes toujours en présence de l’alliance « Quercion pubescenti-petraeae ».

Le 4ème site est un milieu très perturbé où les engins sylvicoles ont compacté et labouré le sol. Le recouvrement végétal est quasiment, voire totalement détruit. Seules quelques espèces en périphérie de la zone d’inspection ont été retrouvées. Les fragments calcaires sont mis à nu, la litière a disparu. Ce site a été choisi pour qualifier et quantifier l’évolution botanique de cette parcelle.

Théoriquement, la formation végétale de l’ourlet xérothermophile « Geranion sanguinei » devrait, à l’avenir, remplir les espaces riches en lumière créés par le récent déboisement (décembre 2013), car la strate arborescente a été fortement réduite sur l’entièreté du Bois du Foux. Cette action sylvicole a fait subir à la forêt de nombreux bouleversements pédologiques et botaniques. Des espèces qui apparaissaient dans le sous-boisement d’une forêt tels que Polypodium vulgare, Anemone nemorosa, Hepatica nobilis, Lathyrus vernus ou Ilex aquifolium sont certainement condamnées par les nouvelles conditions écologiques (plus de lumière, plus de chaleur et moins d’humidité). Le passage des machines utilisées par les forestiers a labouré et compacté le sol, détruit la litière et la végétation. Ces zones perturbées (annexe 1) sont à surveiller de près. La nitrification et la minéralisation du sol dus à la décomposition des souches (annexe 6) en combinaison avec des surfaces nues nouvellement créées, pourraient favoriser l’implantation de nouvelles espèces pionnières qui nuiraient au bon développement du chêne. Ainsi donc les genres Urtica (nitrophile) et Rubus ainsi que l’Acer platanoides qui rentre en compétition avec l’Acer opalus et A. campestre, peuvent prendre la lumière essentielle au bon développement du chêne (annexe 9). C’est pourquoi, nous recommandons une surveillance active par des relévés phytososciologique à hauteur d’une fois par année, afin d’assurer la bonne croissance du chêne et des espèces indicatrices de ce milieu.

Le Bois du Foux est une forêt urbaine. C’est-à-dire qu’elle est placée au milieu d’un espace urbain ce qui l’a rend plus vulnérable à toute sorte de dégradations : pollution par les déchets, invasion de plantes exotiques, nuisances sonores et lumineuses pour la faune, etc. Mise à part la découverte de trop nombreux déchets parsemés dans la forêt, nous avons repéré une espèce de plante invasive. Le laurier-cerise (Laurus laurocerasus) est une plante cultivée qui s’implante avec succès dans la nature et rentre en concurrence avec des espèces natives.

C’est pour toutes ces raisons qu’il nous faut œuvrer à la protection de ce lieu à l’écologie si particulière.
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