Cours commun / Oral








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Pigeard de Gurbert

Colles


Première Supérieure

Gay-Lussac

Cours commun / Oral

2012-2013

ORDRE ET DESORDRE
1) La raison se définit moins comme une chose que comme un acte : l’acte par lequel elle prend conscience de l’angle qui est le sien et qui n’est justement qu’une vue partielle, et non pas totale, du Tout [la conscience]. Chaque raison a un angle de vue limité dans l’espace et dans le temps. Cet angle peut aussi se déplacer dans l’espace et s’élargir avec le temps. La raison humaine est par définition une raison finie. Cette finitude de la raison humaine oblige celle-ci à renoncer à la connaissance immédiate du tout pour se lancer dans la découverte progressive et à jamais incomplète de l’univers infini. Seule la raison de Dieu est infinie et ne connaît aucune limite, ni dans l’espace, ni dans le temps. Pour nous, la vérité du réel n’est jamais une donnée, mais toujours une tâche. Leibniz définit la raison par cette patience qu’il érige au rang d’impératif méthodologique. Dans De l’origine radicale des choses, il illustre en effet cette méthode philosophique de la patience de la raison qui repose sur l’opposition entre la vision divine du tout et la connaissance humaine des parties (tel lieu, telle époque). L’homme n’a qu’une connaissance incomplète de la vérité absolue et éternelle. Il ne connaît pas de façon absolue et éternelle mais de façon relative et progressive les vérités absolues et éternelles [la vérité]. Aussi l’obscurité du réel est-elle due, non au réel en soi mais à la finitude de notre raison dont la première tâche est de déplacer l’obscur de l’en-soi au pour-nous. La raison éclaire le réel en prenant conscience qu’il n’est pas obscur en lui-même mais que c’est pour nous qu’il apparaît tel : « Regardons un très beau tableau, et couvrons-le ensuite de manière à n’en apercevoir qu’une minuscule partie : que verrons nous dans celle-ci […] sinon un certain amas confus de couleurs, fait sans choix et sans art ? Et cependant, en écartant le voile et en regardant le tableau tout entier, on comprendra que ce qui avait l’air d’une tache faite au hasard sur la toile, est l’effet de l’art consommé du peintre. » Ce tableau dont parle Leibniz est une image de l’univers infini dans son infinie harmonie. L’univers est un tout harmonieux qui ne comporte rien d’irrationnel. L’univers n’est pas le fruit du hasard mais l’œuvre de Dieu qui est infiniment rationnel et infiniment bon. Par sa raison infinie, Dieu a mis dans l’univers la quantité optimum d’ordre, de façon à ce que toutes les parties s’harmonisent entre elles. Mais Dieu ne s’est pas contenté d’organiser l’univers le plus rationnel possible, il a en outre choisi l’univers le meilleur possible. Cette considération du meilleur ajoute à la dimension rationnelle du réel la dimension morale [l’art ; la morale]. La raison de Dieu n’est rationnelle que parce que sa volonté est elle-même moralement bonne. Un ordre qui ne serait pas un ordre bon serait irrationnel. La bonté de la volonté de Dieu accomplit la rationalité de sa raison. Or, le spectacle que le réel nous impose est celui du désordre et du mal régnant sur l’univers. C’est ce problème de l’irrationalité apparente du réel que Leibniz résout en soulignant la finitude de la raison humaine : ce que nous prenons pour de l’irrationnel n’est en vérité que du rationnel dont nous ne voyons qu’une partie, à un moment. En isolant une partie de l’univers, nous la voyons comme une chose dépourvue de raison. Pour saisir la rationalité et la bonté de l’univers, il faut prendre conscience de l’angle fini de notre raison. Leibniz définit les esprits comme des « monades. » Si Leibniz indique que « les monades sont bornées » (La Monadologie, § 60), c’est pour soutenir dans le même temps que toute monade est « un miroir de l’univers à sa mode » (§ 63). Chaque monade ouvre un champ de perception ou un angle de vue à l’intérieur duquel ce qui est perçu peut être perçu de façon claire et distincte. Tout ce qui est en dehors de ce champ de perception reste obscur et confus, et constitue un flux de « petites perceptions », selon l’expression de Leibniz dans la préface des Nouveaux essais sur l’entendement humain, petites en cela qu’elles sont en-deçà du seuil de clarté [la conscience ; la perception]. Une monade a donc une représentation « confuse dans le détail de tout l’univers », laquelle « ne peut être distincte que dans une petite partie des choses » (La Monadologie, § 60). Pour autant, la partie qu’une raison conçoit clairement lui donne accès à une partie de la vérité du réel : chaque monade est représentative à sa façon de la totalité de l’univers. D’un côté l’univers est perçu obscurément dans sa totalité, mais d’un autre il est perçu clairement dans telle de ses parties.
Le cas des monstres occupe une place centrale dans l’histoire de la pensée du vivant, c’est-à-dire du passage du vivant comme puissance personnelle au vivant comme objet de pensée. A partir du moment où la science se met à s’intéresser aux monstres et cherche à comprendre leur formation, c’est le vivant dans son ensemble qui cesse d’inspirer des sentiments de crainte pour se constituer en objet de connaissance. Les monstres ne sont plus des caprices ou des effets de la colère divine, mais s’expliquent par des causes rationnelles qui sont un arrêt ou un retardement du développement de l’embryon. Comme l’écrit Geoffroy Saint-Hilaire dans Histoire des anomalies de l’organisation (cité par F. Jacob, Logique du vivant, chap. 2), « la monstruosité n’est plus un désordre aveugle, mais un autre ordre également régulier, également soumis à des lois. » Le vivant n’est plus une scène magico-religieuse où triomphent le bizarre et le mystérieux mais un objet d’analyse accessible à l’ordre des raisons. La naissance de la tératologie (de teratos : « monstre » et logos : « étude rationnelle ») révèle que sous l’irrégularité apparente du vivant règne un ordre qui régit aussi bien ses phénomènes réguliers que ses phénomènes irréguliers : « il y a, selon la formule de François Jacob dans La logique du vivant (chap. 2), une rigueur dans l’anomalie. » Grâce à la biologie les monstres ne sont plus des entorses incompréhensibles à la logique du vivant, mais des phénomènes qui obéissent à d’autres règles tout aussi rigoureuses et également connaissables.


2)Nietzsche, Le Gai Savoir (§ 109) :

« Gardons-nous de déclarer qu’il y a des lois dans la nature. Il n’y a que des nécessités : là nul ne commande, nul n’obéit, nul ne transgresse. » Nietzsche dénonce ici le concept de « loi de la nature » par lequel la raison projette sur le réel un schème politique : la raison se représente le réel comme un territoire sur lequel elle exerce son autorité politique. Philosopher, pour Nietzsche, c’est critiquer cette utilisation des concepts politiques de « loi » et d’« ordre » qui masquent l’a-rationalité du réel derrière l’idée illusoire que la raison « gouvernerait » le réel [la justice et le droit]. La raison doit se comprendre non comme la faculté de savoir mais comme une faculté de pouvoir qui exerce son gouvernement sur le cours des choses en lui imposant son ordre. Mais le réel n’obéit pas au désir de pouvoir de la raison, pas plus que la raison ne gouverne le réel : ce sont là de simples représentations politiques qui n’atteignent pas le réel lui-même mais trahissent plutôt le désir d’ordre et de sécurité de la raison et par là même sa peur de l’obscurité du réel. Philosopher c’est donc d’abord en finir avec le fantasme d’une « logocratie », qui dissoudrait le réel dans la lumière du concept.
3) Bergson L’Evolution créatrice

Quand j’entre dans une chambre et que je la juge « en désordre », qu’est-ce que j’entends par là ? La position de chaque objet s’explique par les mouvements automatiques de la personne qui couche dans la chambre, ou par les causes efficientes, quelles qu’elles soient, qui ont mis chaque meuble, chaque vêtement, etc., à la place où ils sont : l’ordre, au second sens du mot, est parfait. Mais c’est l’ordre du premier genre que j’attends, l’ordre que met consciemment dans sa vie une personne rangée, l’ordre voulu enfin et non pas l’automatique. J’appelle alors désordre l’absence de cet ordre. Au fond, tout ce qu’il y a de réel, de perçu et même de conçu dans cette absence de l’un des deux ordres, c’est la présence de l’autre. Mais le second m’est indifférent ici, je ne m’intéresse qu’au premier, et j’exprime la présence du second en fonction du premier, au lieu de l’exprimer, pour ainsi dire, en fonction d’elle-même, en disant que c’est du désordre. Inversement, quand nous déclarons nous représenter un chaos, c’est-à-dire un état de choses où le monde physique n’obéit plus à des lois, à quoi pensons-nous ? 

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