Intervention du Dr Henri Lafont sur «L’embryon : Sujet ou Objet»








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Intervention du Dr Henri Lafont sur « L’embryon : Sujet ou Objet »




(14 Mai 2005, colloque de la Basilique de St-Raphaël : « Quelle place pour l’enfant à naître ? »)




L’accueil de l’enfant est, depuis le fond des âges, un des grands défits de la morale.

L’avortement est de tous les temps ( une des principales dispositions du serment d’Hippocrate étant de ne pas provoquer d’avortement)

Mais la nouveauté au XXème siècle a commencé par l’invention de la pilule contraceptive : slogan du planning familial et des associations alliées « Un enfant si je veux, quand je veux, comme je veux ».

Ce slogan est formidablement imprimé dans la psychologie des femmes de notre époque et même des plus jeunes.

Nous assistons aujourd’hui à 2 attitudes : - le refus de l’enfant pour lequel on invoque la liberté de la femme et - le désir de l’enfant pour lequel on va se livrer à des acrobaties biologiques (ce qui valorise grandement la science paradoxalement au fait qu’elle aille à l’encontre de la dignité de l’enfant). L’enfant est donc, qu’il soit refusé ou désiré, rabaissé au niveau d’objet dont on dispose comme bon nous semble ou comme la science nous le permet.
La question que la science doit se poser : la loi peut-elle limiter certaines recherches et interdire certaines pratiques ? Réponse : la recherche est bonne, souhaitable à condition d’être pour l’homme et non contre l’homme (ce qui nous renvoie à la place de l’embryon humain dans l’espèce humaine).
La PMA (procréation médicalement assistée)

Un couple infertile a la possibilité, si l’on peut prélever les gamètes de l’homme et de la femme, de faire procréer un embryon en laboratoire, il sera par la suite transféré dans l’utérus maternel où il va se développer. Mais il y a un préalable : se procurer les ovocytes de la femme par un abord chirurgical et un prélèvement des spermatozoïdes de l’homme par masturbation ou par ponction (les 2 prélèvements posent des problèmes éthiques que l’on élude couramment)

Les réussites de la PMA sont aléatoires (20 à 25 % de réussite dans les meilleurs laboratoires), cette technique s’est avérée pour beaucoup de couples décourageante.

2 inconvénients majeurs se posent :

1. La création d’embryons surnuméraires

En effet, compte tenu du faible % de réussite, on est contraint de faire une réserve d’embryons stockés dans un congélateur pour d’autres tentatives ultérieures (incarcération dans de l’azote liquide). Leur congélation est déjà une insulte à l’égard de ces enfants et leur sort s’avère lamentable puisque une fois atteinte la limite de vie (5 à 6 ans), ils seront soit décongelés soit utilisés pour des expérimentations : ce qui les ramène d’une manière évidente au statut d’objet.

2. La stimulation ovarienne

ce n’est pas un inconvénient éthique mais biologique. Il s’agit de provoquer la maturation d’une douzaine, voir d’une 15aine d’ovocytes dans l’ovaire alors qu’il n’en produit naturellement qu’un tous les 28 jours. On stress donc la nature d’une manière importante avec risque pour la santé de la femme.
Confrontation au jugement de l’Eglise

La fivete même homologue (gamètes homme et femme provenant du même couple), même sans destruction d’embryon crée une relation dominante des parents sur l’enfant, l’enfant est l’objet d’une fabrication.
Les dérives de la PMA sont innombrables

  • la fivete hétérologue a ouvert la voie à un tiers donneur, c.a.d. à la procréation d’enfants dont le père et la mère ne sont pas l’un ou l’autre parent génétique.

  • Les mères porteuses

  • Les mères tardives (après la ménopause)

  • Les embryons sont désormais à la portée des biologistes qui peuvent disposer de ce nouveau « matériaux » pour faire un certain nombre de choses

  • Le diagnostic préimplantatoire implique nécessairement un tri embryonnaire (sélection)

  • Puisque la mère n’est pas toujours capable de produire des ovocytes, un nouveau marché apparaît : le commerce des ovocytes (cf. cette revue mettant en avant la demande licite d’une jeune étudiante souhaitant vendre ses ovocytes pour payer ses études).

  • Possibilité de donner un embryon conçu in vitro à un couple n’ayant pu avoir une fivete

  • Procréation de bébés médicaments (embryons créés et triés pour faire naître un enfant sur lequel des prélèvements seront faits pour sauver une autre personne ; un frère ou une sœur généralement)

  • Le clonage

Rien qu’en observant les dérives possibles de la PMA, on peut raisonnablement deviner que ce n’est pas une bonne chose.
Pourtant, qui aujourd’hui songerait à porter un jugement défavorable à un couple infertile utilisant les sévices de la médecine pour obtenir un enfant. Cette détresse apparaissant dramatique de ne pas avoir d’enfant (dont la bible nous donne l’écho : Rachel demandant à Jacob : « donne moi un enfant ou tue moi ») renvoie à cette réalité du besoin de fécondité (cette fécondité peut s’exprimer de bien d’autres manières). Il est donc très difficile aujourd’hui de dire non à ces procédés à un couple.
En 1994, la législation française autorise la fécondation artificielle

Le 6 août 2004, elle autorise la recherche sur les embryons conçus in vitro (embryons surnuméraires)

La France autorisera t-elle dans quelques années la création d’embryons pour la recherche ???

Le législateur sous la pression de scientifiques et des couples cède peu à peu du terrain aux déviances de la recherche.

Par l’expérimentation, l’embryon est traité en objet, il est utilisé comme un moyen 

  1. d’acquérir des connaissances

  2. d’accéder à des thérapeutiques nouvelles

  3. de renforcer le pouvoir de l’homme sur l’homme (notion idéologique)



Le principal traitement est la thérapie cellulaire (par les cellules souches), ce sont des cellules qui peuvent être mises en culture et avoir une durée de vie quasi infinie. Elles ont une capacité à se différencier (d’acquérir les propriétés de cellules appartenant à un certain tissu (peau, système nerveux, sang…)
Les toutes premières cellules de l’embryon ont la capacité de se différencier dans n’importe quel tissu (elles sont dites pluripotentes), l’embryon est donc la mine de choix pour prélever les cellules souches (ces cellules se divisant d’une manière très généreuse, on peut renouveler indéfiniment ces lignées de cellules souches et les utiliser).

Les cellules souches adultes sont la 2ème source : on les utilisait comme telles auparavant sans le savoir lors de greffes de moelle osseuse . On s’est également aperçu qu’à partir des cellules souches de la moelle osseuse, l’on pouvait fabriquer des cellules du sang, du système nerveux, de la peau, des glandes endocrines. Il est donc intéressant de savoir que l’on ne trouve pas des cellules souches que sur l’embryon. On a également découvert que le cordon avait un sang très riche en cellules souches que l’on utilise dans un certain nombre de pathologies.
Quelques rappels aidant à mieux appréhender ce problème :

A 5 ou 6 jours, l’embryon s’est creusé une cavité au sommet de laquelle se trouve un groupe de cellules appelé bouton embryonnaire. Ces cellules vont servir à fabriquer les annexes (placenta, enveloppe…), l’embryon se développe à partir de ce bouton embryonnaire et c’est pourtant ici que l’on prélève les fameuses cellules souches embryonnaires que l’on pense pouvoir utiliser en thérapeutique. Ce prélèvement induit donc la destruction de l’embryon que l’on sacrifie pour sauver un autre homme. L’embryon se trouve à nouveau instrumentalisé.

Beaucoup de travaux sur les cellules souches montrent les difficultés de leur utilisation. Cette pratique est aujourd’hui exclusivement faite sur les animaux car interdite en France.
2 obstacles à l’utilisation des cellules souches embryonnaires :

  1. crainte des rejets

  2. danger de prolifération tumorale (les cellules embryonnaires pluripotentes sont tellement riches que l’on maîtrise très mal leur développement avec le risque d’apparition de tumeur)


en revanche, avec les cellules souches adultes, les perspectives sont beaucoup plus intéressantes car applicables à l’homme dès maintenant (prélèvement à partir d’un sujet vivant et ceci sans danger pour lui ou le receveur (risque de développement de tumeur presque nul) et sans inconvénient éthique ou moral.)
Le diagnostic préimplantatoire

Si le couple désirant un enfant est porteur d’une tare héréditaire que l’on sait transmissible avec une probabilité non négligeable, on pratique alors une procréation artificielle d’une 10aine d’embryons. Ils sont examinés, triés selon leur génotype et ceux porteurs d’une tare sont éliminés ; les autres étant transférés dans l’utérus maternel en espérant que l’un d’entre eux aboutira.

Les parents sont heureux, certes, mais à quel prix ? Au prix d’avoir « mis sur orbite » 10 embryons, d’en avoir sélectionner quelques uns et d’avoir éliminer ses frères et finalement de n’avoir qu’un élu à la vie.

Le bébé médicament : lors d’une maladie du sang d’un enfant, il est question de créer un enfant histocompatible afin de guérir son frère ou sa sœur avec une procédure assez similaire à celle du diagnostic préimplantatoire.

Ces différentes pratiques entraînent inévitablement comme on peut le voir le sacrifice de très nombreuses vies.

Le clonage


Il faut bien dissocier le clonage cellulaire du clonage embryonnaire
Le clonage cellulaire est la culture de cellules ( adultes ou embryonnaires)

Le clonage embryonnaire est le résultat d’un transfert de noyau dans l’ovocyte : nous sommes sur ce sujet dans le futur (sans toutefois l’espérer) car nous ne savons même pas si réellement 1 clone humain a été réalisé (dans l’illégalité) avec une durée de vie maximale de 3 jours.

Par contre, ce dont on est sûr, c’est que le clonage thérapeutique envisagé est une construction de l’esprit car on sait que la plupart des clones d’animaux sont anormaux (anomalies génétiques). Les % de réussite de clonage des cellules souches est tellement faible que le débat sur ce sujet est totalement futuriste et n’a pas de raison d’être.
Quelques réflexions :

  • Le désir d’avoir un enfant est légitime ; ce son les moyens utilisés parfois qui ne le sont pas.

  • L’embryon humain a t’il droit aux droits de l’homme ?

  • Le respect de la personne ne passe t’il pas par le respect du créateur ?


La grande révolution de la PMA est d’avoir réussi à extraire l’ovule de la femme et de le mettre pour la 1ère fois à l’air libre. C’est depuis l’extraction de ce trésor de la femme que l’homme s’est permis les expérimentations et manipulations de l’embryon.

J.Paul II l’a clairement exprimé en invitant l’homme à un profond respect pour les cellules responsables de sa reproduction.
L’embryon est-il un objet ? – oui s’il est fabriqué et produit par l’industrie médicale

  • oui s’il est un objet d’art, de satisfaction d’un désir plus capricieux que l’accueil de la vie elle même

  • oui s’il est utilisable comme médicament

  • oui s’il est source de cellules souches

  • oui s’il est à vendre


L’embryon est-il un sujet ? - Oui s’il est destiné à conduire son destin

  • oui s’il est respecté pour le faire lui même

  • oui s’il est sujet de son créateur


Nous nous retrouvons dans une société qui transgresse sans cesse ; l’ennui étant qu’au lieu d’avouer qu ‘elle transgresse, elle dit qu’elle a raison. L’objectif des défendeurs de la vie et de son respect n’est pas de condamner mais de révéler qu’il y a des actes qui ne sont pas bons.

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