Chapitre 1 La poudre de Perlin pin pin ? …








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INTERMEZZO.

Se mettre dans la peau de l’autre

Ou savoir qui se trouve dans la vôtre ?

Bruine.

Il ne marchait pas en tête de leur groupe mais en troisième position et le plus silencieusement possible. Dans sa main droite il ressentit le pianotage des doigts de Zor : signification = danger proche : dragon à moins de cent pas. Il transmis de sa main gauche à celui qui le suivait, un jeune guerrier accomplissant son parcours initiatique et que l’on officialiserait sous le nom de Pluvo s’il en sortait vivant.

Puis, le vent agita les grandes fougères et tous purent apercevoir le ptérodactyle durant une seconde ou deux. Ils se dispersèrent en adoptant la communication télépathique. L’animal, de taille impressionnante, se révélait comme énorme ! Jamais Bruine, au cours de sa vie de chasseur, n’en avait vu de plus gros ! Il évalua une hauteur de quatre mètres au garrot et une envergure du double. Le sentiment de frayeur qu’ils en éprouvèrent tous devint évident, presque tangible. Mais cette troupe de dix huit adultes accompagnés de deux jeunes poursuivait un but précis, celui de tuer cette horreur !

Certes la Terre ne devait plus compter qu’une centaine de ces animaux antédiluviens que les gosses apeurés paraient du nom de  Dragons. Mais il ne fallait pas prendre le risque qu’ils prolifèrent et chacun devait contribuer à leur éradication totale. Du temps de l’arrière grand père de Bruine, notre planète en comptait encore de cent vingt à cent vingt cinq dont quelques dinosaures divers et un tiers de monstres volants, les plus redoutables. Le plus souvent, les hommes utilisaient des poisons pour les détruire partout où les populations leur en signalaient la présence. Mais, hélas, cela ne suffisait pas toujours car les monstres se méfiaient de plus en plus et refusaient d’absorber les drogues déposées sur les proies placées dans les pièges.

Alors, il leur fallait organiser des expéditions, toujours extrêmement dangereuses pour les chasseurs qui y participaient remplis de craintes. Bruine tentait un peu de les distraire ou de les amuser en leur mimant ses derniers poèmes ou en leur chantant sa plus récente composition que tous reprenaient à l’unisson pour se donner du coeur au ventre. Mais cela ne fonctionnait que loin de la Bête ! Dès qu’ils s’en approchaient, ils devaient utiliser leur grand art du camouflage pour ne pas devenir eux mêmes des proies ou de simples et délicieux casse croûte !

Lorsque le dragon se trouvait à portée de vue, il fallait prendre des dispositions particulières comme celle de se disperser sans bruit, de se camoufler au mieux et de modifier sa propre odeur. Ceux qui possédaient ce don naturel y parvenaient par simple volonté en changeant les caractéristiques de leurs glandes sudoripares. Les autres se contentaient de s’enduire avec les produits provenant de leur industrie chimique très spécialisée.

Arriver le plus près possible du monstre ne résolvait en rien le problème consistant à l’anéantir ! La peau en plaques de ces animaux pouvait se comparer à une cuirasse qu’aucune des armes fabriquées par les hommes ne pouvait percer. Les yeux eux mêmes ne pouvaient servir de cibles car ils étaient naturellement protégés par une cornée encore plus dure que leur derme. La seule possibilité consistait à lancer, dans la gueule ouverte de ces Dragons, des boulettes de poisons violents qui les tuaient en quelques heures.

Mais cette façon d’opérer présentait deux immenses inconvénients :

Premièrement, il faut leur envoyer du poison en quantité suffisante pour les achever

. Deuxièmement, durant tout le temps qu’ils mettent à mourir, ils voient où se trouvent les hommes qui les chassent et cherchent à en tuer le maximum.

Bruine et ses amis savaient qu’il faudrait qu’au moins trois d’entre eux parviennent à jeter leurs charges empoisonnées, dans la gueule ouverte pour mordre ! Ainsi, la dose de poison atteindrait la quantité suffisante, celle de la dose létale et produirait son effet. Ceci impliquait que six au moins d’entre eux le tentent et se positionnent donc à portée du monstre pendant un court, mais particulièrement dangereux, moment. Les hommes qui ne finiraient ni avalés, ni déchirés, ni écrasés ou broyés au cours de cette action devraient s’enfuir et se dissimuler le plus rapidement possible. Tous savaient, par l’expérience de leurs prédécesseurs, que seuls deux ou trois d’entre eux en reviendraient, que la Bête meure ou non. Mais il fallait bien que certains se sacrifient et acceptent la charge de cette mission ! Tous les humains ne pouvaient pas se contenter de produire des parfums ou des poisons en usine. Tous ne limitaient pas leurs activités à construire des immeubles ou à confectionner des tenues de camouflage.

Alors on choisissait les chasseurs de dragons, parmi les marginaux, ceux qui devaient se sacrifier. Leurs groupes comportaient des bardes, des poètes, des chanteurs, des grandes gueules et des asociaux. Tous participaient courageusement, la chanson aux lèvres, mimant d’avance leur propre légende et se forgeant leur propre épitaphe.

Attention ! Les expéditions de chasse ne s’organisaient que rarement car elles n’existaient que suite au signalement de la présence d’un dragon. Peu de chose en réalité le long d’une vie ! Avec de la chance cela ne prenait qu’une petite semaine tous les vingt ans. Mais les poissards, les malchanceux pouvaient participer à trois chasses durant la même période ! Cela ne représentait, tout compte fait, que trois semaines de risques, mais quelles semaines !

Bruine sortit de son sac en bandoulière l’une des plus grosses boules pour s’apprêter à la lancer à la moindre occasion. Il émanait de lui une odeur de fougères qu’il s’efforcerait de garder pendant toute la partie la plus périlleuse de leur tentative. Sa tenue de camouflage le rendait invisible aux yeux du dragon. Il se trouvait maintenant à portée de l’haleine horrible du monstre et voyait avec effroi briller les terribles dents. Pourtant, pour augmenter la probabilité de réussir, il lui fallait encore avancer de deux pas. Il se sentait prêt à réaliser le premier mais il devait, au préalable, s’assurer que plusieurs de chasseurs en arrivaient au même point que lui.

L’expérience des anciens disait qu’il fallait, pour augmenter leurs chances de réussite, que plusieurs chasseurs lancent leur boule empoisonnée ensemble. Premièrement pour accroître les chances que le monstre en avale au moins une et secondement par ce que, immédiatement après, l’animal se jetterait sur les chasseurs. Donc plus nombreux ils se compteraient, plus certains conserveraient une petite chance de survivre ! Trente secondes plus tard et employant la télépathie, il sut que six d’entre eux se trouvaient assez proches pour qu’ils envisagent une action commune et simultanée, alors il émit le signal de l’attaque !

Tous les chasseurs présents à ses côtés se découvrirent au monstre et projetèrent leur boule dans la mâchoire qui s’ouvrait à leur vue dans l’intention de les dévorer. Bruine put brièvement se rendre compte qu’au moins quatre doses empoisonnées atteignirent leur but. Il pensa que maintenant le travail qu’on attendait de lui se trouvait accompli et qu’il pouvait se résoudre à mourir. Mais cela ne l’empêcha pas de tenter une fuite. Une des pattes armées de longues griffes lui arracha sa sacoche et ses vêtements le rendant encore plus visible et mieux perceptible pour le dragon qui bondit vers lui. Bruine tenta de se dissimuler derrière le tronc d’un arbre de forte taille. Mais un coup de queue de l’animal mit l’arbre au sol, motte terreuse de racines dirigée vers le ciel. Bruine ne trouva comme unique possibilité de survie que de tenter de monter se cacher dans les branchages à sa portée. Il venait de repérer, près de la principale fourche, que la foudre avait créé, un jour, un énorme trou dans lequel il pouvait, s’il l’atteignait, se dissimuler.

Malgré son vertige congénital il tenta sa chance, manqua de tomber trois fois pour avoir regardé vers le bas et put enfin se blottir dans la partie creuse. Durant quelques secondes l’animal furieux dénuda le tronc de la plupart de ses branches, en arracha l’écorce et une bonne partie de l’aubier en cherchant, en vain, à trouver Bruine. Puis, ne l’apercevant plus, il attaqua d’autres chasseurs peu dispersés et malheureusement les tua tous : Ceux du premier groupe d’assaut et aussi les autres, ceux qui se tenaient pourtant un peu en arrière. Puis, rugissant et poussant d’affreux cris sous l’action du poison, il consentit à périr au bout de quatre longues heures d’agonie.

A cause de l’insoluble problème du vertige, Bruine, ne pouvait envisager de descendre de son arbre couché. Pourtant comme il aurait aimé pouvoir agir ainsi ! Simplement pouvoir descendre, ramasser sa sacoche, y prendre son transmetteur, se rendre à la sortie de la forêt et prévenir les autorités du sort de l’expédition. Ensuite, et avant de revenir vers la base, il devrait encore emporter une preuve de leur commune réussite. En général, le mieux consistait à ramener les yeux de la Bête ! Ceux qui les ramenaient, les rares survivants, n’avaient plus à travailler durant le reste de leur vie. Les magiciens ou les riches collectionneurs achetaient ces yeux au prix du diamant. Malheureusement, le vertige le paralysait complètement et il savait, par expérience, que rien ne pouvait y porter remède. Maintenant que le péril vital n’existait plus, le moindre des mouvements auxquels il tenterait de se livrer au dessus du sol, provoquerait en lui un écœurement, des nausées irrépressibles suivies de douloureux vomissements qui le videraient complètement. Puis la tête commencerait à lui tourner et s’il ne se raccrochait pas fermement à son support il tomberait en s’écrasant au sol.

Epuisé nerveusement et physiquement Bruine se blottit dans son trou et finalement trouva le sommeil. Le lendemain matin, il sortit prudemment la tête en évitant de regarder vers le bas, sauf pour y jeter de brefs coups d’œil. Prêt à vomir d’angoisse il aperçut de manière plus précise les caractéristiques objectives de sa mauvaise situation. L’arbre abattu enjambait un profond ravin sur plus des deux tiers de sa longueur. Le tronc lisse sous lui ne lui laissait guère de prises pour tenter, même les yeux fermés ou recouverts d’un bandeau, de redescendre en reculant avec précautions. S’il allait vers l’avant, outre qu’il passerait au dessus d’un dénivelé qu’il ressentait comme un gouffre, il devrait atteindre des branchages épargnés mais situés encore plus haut que sa position actuelle. Ce ne serait qu’ensuite, une fois au dessus de l’autre rive, qu’il pourrait entreprendre de rejoindre le sol à reculons. Cette hypothèse, compte tenu des vertiges insupportables, provoquerait immanquablement sa chute et, de si haut qu’il ne pourrait espérer y survivre. Bruine se savait perdu et il l’acceptait.

Mais, avant d’abandonner, il se devait d’effectuer, au moins pour l’honneur, une tentative en tentant de glisser en reculant sur le tronc dénudé tout en gardant son équilibre. Surtout il ne devait pas quitter la génératrice supérieure de la branche. Il se savait capable de survivre trois jours sans boisson ni nourriture, mais il ne lui resterait pas l’ombre d’une chance, s’il quittait son trou au cours de la nuit. Donc, quelle que soit la longueur du parcours qu’il réussirait à effectuer en reculant, il devrait répartir ses efforts en plusieurs tentatives, au cours d’un même et unique jour ! Il tenterait de bouger un peu à la fois en évitant surtout de tomber. Bruine fredonna, pour lui même, un chant guerrier afin d’augmenter son courage et il se lança dans sa tentative. Après une reptation pénible de trois mètres en arrière, il se coinça malencontreusement la cheville entre un reste de branche brisée et le tronc duquel cette dernière partait. Sous la vive douleur, il se laissa aller à un brusque mouvement réflexe, perdit son fragile équilibre et tomba en arrière suspendu par sa jambe, la tête en bas. Il savait sa fin inéluctable. Le désespoir l’envahit car il se trouvait placé dans la pire des positions possibles pour une personne souffrant du vertige. Il ne tenta pas de résister à l’évanouissement qui succéda en lui à la perte de tout son contrôle. Minutes horribles durant lesquelles le monde se mit à tourner de plus en plus vite autour de lui. Lorsqu’il eut perdu toute conscience sous l’afflux du sang dans sa tête, Vrop le lémurien, qui recherchait à réussir un Hop, en profita immédiatement et se mit à attendre le réveil de son hôte involontaire.

Base Delta.

Le reste de l’expédition, à laquelle Bruine et sa petite bande participaient, en avant-garde,pénétra dans la zone de sous bois. A ce moment la communication entre la Base et eux se trouva coupée. Plus aucune nouvelle venant des chasseurs ne pouvait leur parvenir puisque les transmetteurs ne fonctionnent que dans les espaces découverts. Mais le temps passait et Brang l’ancien devait prendre une initiative. Si aucun d’entre eux ne survivait, il faudrait, le plus vite possible, rassembler un nouveau groupe de chasse et partir pour tuer le Dragon sûrement déjà affaibli par une ou deux doses de poison. Mais, si quelques survivants blessés vivaient encore, il faudrait leur envoyer, au plus tôt, une caravane de secours qui devait se hâter.

Brang, nommé responsable de la Base delta et des hommes qui devaient tuer le dragon, avait opté pour une organisation basée sur deux groupes lorsqu’il hérita de cette difficile mission. L’un ne donnait plus de nouvelles et l’autre se tenait prêt à toute éventualité. Brang restait songeur et tentait d’organiser ses pensées de façon plus cohérente : Normalement, si le monstre venait d’être repéré et attaqué à moins de cinq kilomètres de l’orée du bois, une communication télépathique pouvait se concevoir avec quelques chances de succès. Mais il ne recevait rien et, lorsqu’il émettait, ne ‘sentait’ pas la présence d’un autre. Conclusion : On irait voir ! Quelques chasseurs suivraient les traces laissées par le premier groupe en renvoyant chaque jour un des leurs pour leur donner le point sur leurs recherches de survivants ...

 ... Une marche forcée de trois jours les amena juste à l’entrée des sous bois et ils virent les traces aisées à suivre, que les chasseurs précédents laissaient avec le plus grand soin pour une telle éventualité. Un groupe de six personnes (trois secouristes et trois hommes munis de poison) pénétra sous les frondaisons et dès le premier soir, ils perçurent un appel télépathique en provenance de Bruine. Appel affaibli et bizarre car il y se produisait comme une sorte d’écho dans l’esprit de celui qui demandait du secours. Par contre ils surent immédiatement la bonne nouvelle : le Dragon ne vivait plus !

Le danger que représentait le monstre n’existant plus, ils foncèrent, en courant le plus vite possible, sur la piste ouverte. Moins d’une heure après, ils purent enfin constater dans quelle fâcheuse position se trouvait leur ami. Il les captait parfaitement mais ne disposait d’aucun moyen pour se sortir du piège dans lequel il se trouvait coincé. Les autres ne pouvaient pas grand-chose pour lui car, ici, tous les hommes ressentaient le même vertige. On ne pouvait pourtant pas le laisser crever de faim ni de soif. Alors, ils improvisèrent de longues perches avec des branches aboutées les unes aux autres. Avec cette rallonge ils parvinrent à hisser une gourde pleine d’eau et quelques rations placées dans une musette, à la bonne hauteur. Bruine, toujours la tête en bas, put ainsi reprendre un peu de force mais il ne voyait toujours pas comment se tirer de là ?

Soudainement, il ressentit l’impression qu’une voix étrangère lui suggérait quelques mouvements de balancements pour que ses bras puissent tenter d’atteindre un reste de branche très peu distant. Et, curieusement, il n’éprouva aucun mal à réaliser ce premier geste vers sa libération. Il se trouvait désormais presque à l’horizontale et sa cheville se trouvant moins fortement coincée, la douleur s’estompa. Bruine ‘entendit’ une suggestion : Celle d’extraire sa jambe de la botte en opérant à la fois une légère torsion et une traction aussi puissante que possible. Sans se demander qui lui adressait ce conseil, il le suivit et se trouva enfin complètement libéré. Maintenant, il s’accrochait de toute la force de ses bras à son bout de branche, trop heureux de retrouver enfin une orientation favorable. Il continua à se cramponner tandis que l’étourdissement dû à ce changement d’orientation de sa tête (et du liquide céphalo rachidien) se dissipait lentement. Puis, par un rétablissement dont il ne savait pas capable, il se retrouva de nouveau allongé sur la génératrice supérieure de la grosse branche de son arbre.

En bas, ils manifestèrent leur joie par des applaudissements, puis pensèrent à lancer une corde lestée jusqu’à ce qu’elle passe par dessus la branche maîtresse. Bruine put l’attraper et en nouer une extrémité. Ainsi, en fermant les yeux, il put se laisser glisser petit à petit jusqu’au sol.

Seul survivant du groupe de chasse, il bénéficia seul des compliments et plusieurs se chargèrent d’extraire, pour lui, les deux yeux du Dragon. Avant de quitter les lieux, ils s’assurèrent que cet animal monstrueux ne laissait pas d’œufs qu’ils devraient impérativement détruire. Mais ce ptérodactyle appartenait au sexe mâle et si une progéniture existait, quelque part, auprès de son éventuelle femelle, il faudrait que d’autres la trouvent.

Durant le voyage de retour Bruine expliqua aux autres quelle surprise il avait éprouvé en recevant un message télépathique qui, manifestement, n’appartenait pas au même genre que ceux qu’ils échangeaient entre eux. Il se demandait s’il s’agissait ou non d’un rêve ? Mais plusieurs, parmi les six présents, avaient capté, en même temps que lui, à la fois le message et l’étrange impression qu’il leur laissait. Mais pourquoi devraient ils se frapper ? En effet, dans la mesure où tous les humains développent des facultés plus ou moins acérées de transmission de pensées, pourquoi s’étonnerait il de constater une présence extérieure dans son propre esprit ? Ce qui les interpellait se rapportait à l’étrangeté du type de communication employé ! Ce denier n’utilisait ni des mots, ni des mimiques mais se fondait uniquement sur des concepts.

Ils décidèrent d’en informer de plus savants qu’eux lorsqu’ils reviendraient dans la Capitale. Débarrassé de ce souci, Bruine commença à composer, dans sa tête, un grand poème épique retraçant les péripéties de l’aventure qu’il venait de vivre. Cela occupa pleinement son esprit durant les quelques journées de leur voyage.

De retour dans sa maisonnette, il se retrouva seul enfin. Son contrat de liaison sexuelle venait de s’achever depuis une semaine juste au moment où le Comité le sélectionna pour la chasse. Nul ne l’attendait donc à son domicile et il s’en réjouissait pour une indéfinissable raison. Quelque chose qui, en lui, réclamait du temps disponible pour mettre ‘les choses’ au point ! Voilà un type de comportement qui ne lui ressemblait pas du tout ! En temps normal, sa première décision l’aurait poussé à se rendre au Club et une fois là, à offrir sa tournée à tous les humains présents. Ensuite il aurait mimé, pour la joie de tous, les péripéties de son exploit. Les autres, ne voulant rien lui devoir ni se sentir en reste, auraient offert les boissons suivantes. Ensuite, beaucoup plus tard, après beaucoup de chants et de rires, il se serait traîné vers son domicile pour y attendre tranquillement de dessaouler. Et voilà que, aujourd’hui, ce qu’il souhaitait le plus ardemment, consistait à boire un jus de fruit et de manger des crudités, en restant tranquillement assis dans son fauteuil !

Il se dirigea vers le garde manger, se saisit d’un avocat et d’une boîte contenant du jus de raisin en regrettant de ne pas posséder de jus de mangue. Bizarre réflexion, se dit il, car il n’aimait pas particulièrement le goût terpénique de ce fruit ! Puis, il se laissa complètement aller, complètement détendu, vers un état totalement passif et réceptif. Exactement comme lorsqu’il espérait quelques messages d’un ou d’une amie. Il se sentait bien et attribua ce fait à la décompression ! Il savait que ce genre d’état, ce retour à l’équilibre psychique, était normal. Il suivait nécessairement les nombreux stress qu’il venait de supporter depuis le début de la chasse au Dragon.

Bruine se laissa glisser vers une douce somnolence et ressentit comme un léger contact psychique. Une voix, en lui, tentait de le rassurer pour qu’il ne se révolte pas contre la présence d’une seconde entité dans son propre cerveau. Tout en douceur et en nuance, l’être présent lui expliquait que son incursion gardait un caractère très provisoire et durerait exactement un an. Il précisait qu’il se tiendrait, en lui, le plus discrètement possible car il souhaitait établir entre eux, une collaboration réciproque. Celle ci déboucherait sur des échanges d’informations concernant leurs cultures respectives, si totalement différentes. Chacun deviendrait à la fois un élève et un enseignant pour l’autre et leurs deux civilisations en retireraient le plus grand bénéfice.

Bruine, à ce moment précis, se demanda quel genre de délire l’envahissait ? Mais ce brave gaillard restait un poète, le surnaturel l’accompagnait en permanence tout au long de sa vie et il accepta vaguement l’hypothèse que ses copains, en l’occurrence, lui montent un drôle de canular. Il sourit à l’idée même en imaginant ces soiffards, réunis au Club pour lui concocter ce type de blague ! Sans doute voulaient ils le punir de ne pas payer sa tournée le soir même de son retour. Puis, petit à petit, il s’endormit complètement et se rêva comme un animal vif et leste qui, sans vertige, sautait de branche à branche en conservant toujours un équilibre parfait. Un beau rêve, quoi !

Fin de l’Intermezzo.



1 Un tome ultérieur leur sera consacré sous le titre Homo Nexius

2 Incise sur les machines à traduire les langages.

La machine qui recevait les visiteurs sur Floric, enseignait, par hypnose, la base véhiculaire du langage standard de la Fédération. Cela représentait, en tout, trois cents mots, verbes et la conjugaison de ceux ci. Le complément venait ensuite au fur et à mesure du séjour du voyageur. Ainsi, Betty se trouva rapidement à même de comprendre et de s’exprimer en termes simples le jour même de son arrivée. Cet engin n’apprenait pas le langage du voyageur et ne se livrait qu’à un sondage assez léger pour l’identifier.

Le système utilisé sur Bilunes appartenait à un autre genre : En premier lieu la machine traduisait le langage de chacun des participants en pensées. En un second temps, elle leur enseignait le processus mental de la parole et leur expliquait comment transformer leurs pensées en phonèmes compréhensibles par l’autre. Pour obtenir ce résultat elle devait analyser le psychisme du voyageur et s’y adapter. Ensuite, ce dernier pouvait totalement s’exprimer dans la langue locale. Réciproquement, un homme de Bilunes pouvait comprendre la langue de la Fédération, le Terrien standard ou le Bambara.

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