Chapitre 1 La poudre de Perlin pin pin ? …








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Océaniques.

Qui est le monstre ?,

Qui est la bête ?

(Secco)

Le monstre marin était de très mauvaise humeur et il le manifesta rageusement en expulsant un puissant jet d’eau. Un requin marteau qui passait un peu trop près s’en trouva déséquilibré et, effrayé, se dépêcha de quitter la zone profonde où sa perpétuelle faim venait de l’entraîner. Autour de lui, encore et toujours, une bande de seiches tournoyait sans relâche, échangeant des messages lumineux qui ne le touchaient guère.

Lui, le monstre, restait insensible à l’art, au contraire de tous ces petits êtres. Il consacrait la moitié de son temps à la satisfaction de ses besoins vitaux. L’autre moitié il devait servir de réceptacle, bien malgré lui, à la multitude de messages télépathiques arrivant de tous les Océans et Mers habités par le peuple des seiches sur cette planète. De proche en proche ils se communiquaient les résultats de leurs réflexions, théories, jeux d’esprit, questions et réponses. Puis ces millions de messages arrivaient jusqu’au petit groupe qui ne le quittait jamais et le tout se trouvait projeté vers lui. Ceci arrivait avec une force télépathique à laquelle il ne pouvait résister et s’inscrivait dans la myriade de ses neurones.

Voilà le moyen imaginé par ces êtres intelligents pour stocker l’ensemble des données de leurs sciences et aussi pour les consulter ! Le monstre n’était ni consentant, ni participant, simplement il ne pouvait pas agir contre ! Quand le flux devenait trop dense, il éprouvait de la douleur dans son immense cervelle. Ces céphalées douloureuses provoquaient son agacement et le rendaient hargneux.

Depuis que le Ceph voyageur de la planète des Cralangs s’était fragmenté, en expédiant toute sa science contenue dans ses archives vers les seiches de la Terre, la douleur ne cessait plus ! Chaque seiche transmettait à ses plus proches congénères ce qu’elle venait de recevoir et, comme une onde, les informations se propageaient et se trouvaient finalement stockées en lui. ! Le monstre n’analysait rien, n’utilisait aucune logique car il restait complètement stupide et réagissait plus qu’il ne sentait. De surcroît, depuis quelques mois, tout allait dans le même sens, on ne consultait pas les données introduites en sondant son esprit, les petits êtres se contentaient de les accumuler. Ainsi, aucun schéma conçu par les seiches ne venait remettre de l’ordre dans tout ce qu’il recevait et, donc, aucun soulagement ne venait.

À un moment, tout de même, se produisit la synthèse réalisée, à la demande de Secco, et concerna la meilleure façon d’aller chercher encore d’autres données. Cela le calma pendant presque un mois. Mais depuis, plus rien de ce genre. Heureusement que le monstre s’occupait de ses problèmes personnels de nourriture et pendant qu’il chassait de quoi alimenter les quatre vingt huit tonnes de sa masse, il ne pouvait penser à rien d’autre. Les communications avec ses bourreaux s’en trouvaient presque coupées. Ceux ci lui transmettaient en permanence des indications sur les lieux où il trouverait de quoi restaurer ses forces, et, en cela, ils se montraient précieux. Mais, le reste du temps, ils lui empoisonnaient l’existence. Par expérience le monstre savait que tout suivait un cycle et qu’après une séquence, toujours trop longue, de réceptions, viendrait le temps où les seiches utiliseraient et reclasseraient tout ce fatras et qu’il s’en trouverait alors heureux et soulagé.

Sans le rechercher aucunement, il comprendrait mieux des choses auxquelles il ne s’intéressait aucunement, ce qui augmentait son savoir mais pas sa faible intelligence. Sa mémoire restait infaillible et totale. Il aurait pu se rappeler le moindre des événements survenus pendant le déroulement des quarante années de sa vie. De la même façon il possédait la mémoire de sa race et pouvait rappeler chaque détail de la vie de n’importe lequel de ses ascendants. Mais à quoi bon ? Seules les seiches s’intéressaient à ces choses du passé.

Rarement, pourtant, pendant sa digestion, des pans entiers de l’histoire de sa lignée lui revenaient. A une époque lointaine les seiches durent trancher sur un énorme dilemme qui pouvait se résumer à : ‘ artefacts ou pas d’artefacts ?’

Autrement dit leur civilisation de philosophes et d’artistes devait se déterminer à propos de la voie qu’emprunteraient leurs descendants : devaient-ils utiliser (ou non) les qualités de certains crustacés munis d’outils naturels pour fabriquer des objets ? Le peuple des ‘ munis de pinces’ ne se comportait pas comme un peuple uniquement tourné vers la réflexion mais il s’accomplissait, plus volontiers, dans les actions. Ils communiquaient par un système sémaphorique de proximité mais assez volontiers par télépathie quand la distance devenait trop grande pour leur courte vue. Au cours des millénaires et après une difficile conquête de la télépathie, cela devint un jeu d’enfant pour les seiches que de les comprendre et d’utiliser la suggestion pour leur donner des tâches à exécuter. Mais, indéniablement, ils se montraient très intelligents. Les Seiches (les Cephs) devaient en tenir compte.

Ce qui provoqua cette question d’artefacts venait de conclusions sur la nature de l’univers auxquelles parvint un groupe de seiches plus tourné vers ce genre de discussion. La démonstration que pour concevoir l’univers, il fallait prendre en considération six dimensions, suscita pas mal de polémiques. Les seiches durent se résoudre à une vérification qui couperait court à ces échanges perturbateurs, donc ils durent se lancer dans la construction d’artefacts. Le premier problème qu’ils eurent à régler consista à amener, en l’ordonnant aux grands crabes, les nodules de magnétite bientôt indispensables sur une zone très précise et ils choisirent soigneusement à quel endroit ils effectueraient leurs expériences. Cela demanda quelques siècles. Puis, lorsque la quantité de nodules atteignit la masse suffisante, il fallut organiser une construction de forme particulière pour que des lignes aimantées tournent de telle ou telle façon au cours de leur entassement. A ce moment là, les ancêtres du monstre commencèrent à servir les seiches. Tous ces poulpes munis de bras et de ventouses savaient manier les objets et, pour stupides qu’ils se montrent, obéissaient parfaitement aux ordres reçus. Moins de vingt ans plus tard, l’oeuvre se trouva enfin achevée. Les essais prouvèrent que la théorie paraissait valable mais qu’elle restait assez peu efficace dans l’eau !

Maintenant que tout cela était bien compris et admis à l’unanimité, les seiches choisirent de ne pas pousser d’avantage leurs tentatives d’exploiter la voie matérielle. Ils continuèrent, comme par le passé, à s’adresser de beaux poèmes lumineux. Certaines figures provoquaient, par leur harmonie, le rythme des lumières, le choix des alternances de couleurs et le signifiant qu’ils délivraient, une telle impression de beauté que les seiches voulurent les stocker. Le choix se porta sur le premier poulpe venu. Ils introduisirent les données dans son cerveau et développèrent chez lui une mémoire transmissible en jouant sur ses glandes à sécrétion interne. L’habitude et la commodité entraînèrent qu’au cours des millénaires suivants ils durent conserver de plus en plus de ces belles harmonies lumineuses.

Les Cephs se décidèrent, par voie de conséquence, à modifier les hormones de croissance de l’animal porteur. Les descendants de ce vivant réceptacle grandiraient car il fallait accroître, en fonction des besoins, le volume et la surface de leurs cerveaux. Leurs capacités de stockage de données augmenteraient. Petit à petit sa taille devint monstrueuse ! Il dépassait maintenant le plus volumineux des géants de la mer. Il devint plus gros que la baleine ou que l’orque ! Quand viendrait l’heure de sa mort naturelle, événement prévisible à moyenne échéance, les seiches se chargeraient d’organiser la fécondation des œufs d’un autre poulpe femelle ! Puis elles sélectionneraient l’un de ceux ci pour qu’il devienne leur réservoir/musée suivant. Oui, le monstre, bien que stupide, restait pourtant conscient des raisons de sa présence et de son utilité.

Ni le Monstre, ni les seiches ne réalisèrent vraiment qu’au cours des ères géologiques et des glaciations les pôles de la planète basculèrent plusieurs fois. L’édifice construit avec des nodules pour la démonstration de la théorie se trouva, un jour, au sec. Cela se produisit dans une région nommée, pendant une période, la Mésopotamie. Les sauvages humains qui la peuplaient donnèrent à cette chose étrange, le nom de ziggourat. Ils y voyaient un monument sacré qu’ils devaient adorer. Ces hommes primitifs constatèrent que, parfois, des gens qui s’y rendaient pour apporter leurs offrandes, disparaissaient sans laisser de trace. La ziggourat se vit alors réservée à la fréquentation de quelques prêtres. Ces derniers ne l’approchèrent plus que sous certains angles, à certaines dates et en prenant bien des précautions. Les humains en créèrent quelques copies au fur et à mesure que les populations s’en éloignaient par leur croissance exponentielle et ils les adorèrent au même titre que l’originale. Cette dernière s’effondra de vétusté après environ trois milles ans.

Un jour, toutes les données transmises par le Ceph voyageur commencèrent à arriver ! Il devint évident pour tous, seiches et le monstre, que sur le monde des Cralangs, l’option choisie différait du tout au tout de celle prise par les seiches de la Terre. La grande question, celle qui donnait lieu à de nombreux débats et réflexions, consistait à déterminer quelle meilleure suite fallait-il y donner ? Ou bien les seiches continuaient dans leur voie habituelle ou bien elles se dirigeaient désormais dans celle choisie jadis par Centrale, la planète disparue ? Le monstre se moquait de ce genre de préoccupations. Ce qui le motivait réellement ne concernait que sa nourriture. Son unique précaution consistait à se tenir à l’abri du seul prédateur qu’il pouvait redouter : l’Homme.

L’un de ses ancêtres déjà volumineux, (un peu plus du quart de lui même), eut directement affaire à eux. De bonne foi, et malgré les avertissements de sa nuée accompagnatrice, il s’attaqua aux navires de pêche qui sillonnaient l’interface eau/air. Au début il ressentit les ondes de terreur paralysante qui embrumaient les cerveaux humains comme ceux de ses proies habituelles. Puis, ces choses s’organisèrent et il dût renoncer à cette nourriture car il se trouva, et à plusieurs fois, blessé par des harpons. Il y perdit même l’extrémité d’un tentacule dont l’extrémité se trouva sectionnée d’un coup de hache d’abordage. Donc, lui et ses descendants décidèrent de se dissimuler du mieux qu’ils le pouvaient aux regards des humains. Puis ces créatures qui vivaient dans l’air se livrèrent, entre elles, à de nombreuses batailles. Le fond de l’océan, où le monstre se tenait désormais tranquille, se trouva maintes fois perturbé par des mines, des torpilles, des épaves mais aussi par beaucoup de choses bonnes à manger.

De tout cela les seiches retinrent surtout que le poulpe réussissait à recevoir des pensées émises par les humains. Ils en conclurent, en ce qui les concernait eux mêmes, qu’ils ne devaient plus exclure de réussir une communication avec ces êtres intelligents qui vivaient hors de l’Océan. Par télépathie, ils fouillèrent le contenu des émotions du monstre, trouvèrent le chemin suivi et surent comment procéder. La question qui se posa alors à eux concernait l’utilité de pousser plus loin et surtout s’il existait une seule bonne raison de tenter d’atteindre ce but ?

Comme pour tous les êtres demeurant dans le milieu marin, la pollution (des mers par les hommes) devenait un problème vital ! Pouvaient ils diriger leurs pensées vers les humains et leur demander d’arrêter de tout saloper. De ne plus considérer les océans comme de vastes poubelles ? Comment s’y prendre pour s’approcher suffisamment d’eux ? Existait il, parmi les humains quelques télépathes plus doués que d’autres? Autant de questions qui restaient à résoudre. Ils savaient, par le biais de certains d’entre eux, conservés vivants dans des aquariums visités par les hommes, que le problème de la distance trouverait là sa solution. Mais les verres épais qui s’interposaient entre ces seiches et les hommes ne rendraient elles pas impossibles toutes communications ? Ils se résolurent à tenter un essai mais, ne possédant aucun langage à partager, ils durent se contenter d’essayer de transmettre un concept. Les hommes défilaient sans cesse devant l’aquarium, mais il ne passait jamais de télépathe ! Puis, enfin, un jour, un homme s’arrêta devant l’aquarium pour un long moment. Son l’esprit semblait absorbé dans de profondes spéculations concernant le concept qu’ils désiraient lui transmettre. Toutes les seiches qui se trouvaient dans la mer proche s’unirent avec celles qui se trouvaient en présence de cet individu particulier et lui envoyèrent, ensemble, leur message. L’homme tomba foudroyé et se trouva très près de mourir.

Les seiches, qui en prirent conscience, décidèrent de ne plus tenter de communiquer directement avec les hommes. Ils utiliseraient celles d’entre elles qui se trouvaient à proximité des humains pour leur inspirer des sentiments de respect de la nature. Elles préférèrent créer une ambiance générale durable plutôt que de recourir à la communication directe trop traumatisante. Moins de deux siècles plus tard, les humains cessèrent complètement de tout souiller. Ils recevaient enfin et comprenaient le message des Cephs, cinq sur cinq.

Une époque nouvelle s’ouvrait maintenant, toute emplie de promesses et de perspectives positives. Secco venait de rencontrer un humain télépathe avec lequel elle pouvait communiquer. La communication entre la lignée des seiches intelligentes et celle des hommes, qui y prétendaient, devint possible. Une porte venait de se voir ouverte vers d’autres planètes. Par voie de conséquences, il existait une possibilité d’essaimer ou de rencontrer d’autres seiches pour échanger des expériences et des idées.

Il leur faudrait en profiter assez vite, avant la fin des cinquante mille années qui venaient car l’espèce humaine montrait tous les signes d’une disparition proche. Ils perdaient de plus en plus le contact avec l’essentiel. Ils évitaient les difficultés à surmonter dans tous les actes qui constituent le déroulement de la vie. Bientôt, leur taux de natalité baisserait, leurs facultés non exercées s’amenuiseraient, leur désir de vivre s’éteindrait et une autre espèce les remplacerait. Une de celles qui devaient se battre pour manger, boire, se reproduire, asservir la nature et régner sur les autres.

Impossible de pronostiquer laquelle leur succéderait ? Mais les Cephs considéraient ce scénario comme des plus probables ! Ils virent, jadis, la fin les dinosaures, ils verraient les hommes disparaître et la planète Terre continuerait à tourner autour de son soleil. Les seiches, arrivées depuis des millions d’années à l’état parfait de leur évolution, continueraient à échanger des idées et des oeuvres d’art au fond des Océans. Pourquoi aller dresser les homards, substitut local des Cralangs, si un jour ils voulaient qu’on leur construise des artefacts ? Sur cette planète Terre, ils disposaient potentiellement d’une autre espèce supérieure aux homards. Oui, pour les cinquante millénaires à venir, ils exploiteraient la sous espèce intelligente : les hommes et ensuite ils reprendraient le problème.

……………………….

Fin du Livre Deux.

Note de l’auteur en guise de Postface :

La suite de la Saga se trouve dans le tome trois que j’ai intitulé : ‘ Le Hop double’. Il me semble utile, après coup, de créer une sorte de sas entre les deux premiers tomes et le troisième que le lecteur pourrait, sinon, trouver un peu trop déstructurant.

Ce qui justifie l’existence des lignes suivantes qui portent le sous titre d’intermède musical en italien : intermezzo.

Vous ne retrouverez aucun des héros humains de cette courte histoire dans la suite de la Saga, lisez si vous le voulez et oubliez. Vous pouvez également ne pas lire cet intermezzo, mais je vous assure que dans ce cas, vous y reviendrez de votre propre initiative dans très peu de temps.
Marcel Herzberg.
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