Chapitre 1 La poudre de Perlin pin pin ? …








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Gabe 458 Gulby. (Gul pour les amis)

Gul dirigeait l’Institut des Recherches Humaines depuis une centaine d’années et, à lui seul, pouvait, en première approche se trouver utilement consulté sur ce sujet. Doté d’une mémoire stupéfiante et d’un coefficient intellectuel supérieur de vingt points à la moyenne de celui des autres dirigeants d’instituts mondiaux, il continuait à poursuivre sa formation malgré ses cent trente deux ans. Il faut préciser qu’au cours des trois dernières générations, la Présidence Mondiale ne restait que décorative. Elle ne servait plus à rien depuis deux siècles et on ne la conservait que par respect de certaines traditions.

Quand la toile d’araignée, qui reliait entre eux tous les ordinateurs du monde, se trouva dotée d’une mémoire centralisée et d’un programme de gestion général, elle devint naturellement la source de toute décision importante concernant l’ensemble des êtres humains. Ressenti par la population avec une connotation positive, ce progrès aboutit vite à lui donner un surnom : La vox Populi l’appela Nounou, ce concept féminin venait de ce que, dans l’antiquité, on donnait ce surnom affectueux à la dame qui s’occupait des enfants.

Un particulier pouvait consulter Nounou directement de son pupitre comme la questionnait un directeur d’institut. Les avis qu’on en recevait restaient de simples avis, jamais des ordres et rien n’obligeait quiconque à les suivre. Seulement, tous savaient que la meilleure réponse à leur problème se trouvait là. De plus, il faut dépenser bien moins d’énergie pour obéir que pour contester. Donc, en fait, Nounou dirigeait la planète.

L’homme, de par sa nature même, a toujours besoin de repères concrets et d’archétypes forts. Nounou recommanda, dès sa mise en réseau total, de créer des édifices tous les quatre vingt kilomètres avec des cabines où les gens viendraient la consulter au lieu de l’interroger depuis chez eux. Il fallait que de nombreuses personnes puissent y venir à la fois et donner un caractère de solennité à cette consultation. On réalisa de grands bâtiments comportant une entrée monumentale donnant sur une haute salle centrale voûtée d’au moins quinze mètres de haut, décorée de jeux de lumières. Sur le pourtour de cette salle, on disposa de cent à deux cents cabines de consultations confortables. Chacune offrait un fauteuil recouvert de velours rouge, violet ou vert bouteille et des murs tapissés de même. Pour que les consultants ressentent une impression de confidentialité, ils posaient leurs questions en avançant leur tête sous un auvent muni de cloisons insonores de chaque côté. Il ne devait y exister aucun clavier apparent. La communication avec Nounou resterait verbale en ces lieux. Mais les muets pouvaient afficher leur question par écrit et déposer ce texte sur la plaque de verre de l’écran frontal. Nounou donnait d’abord une réponse verbale, puis la confirmait sur un texte imprimé de même teneur, que le consultant devrait retirer du bac de l’imprimante pour débloquer la porte de sortie. Ce système ne se voulait pas une nouvelle religion mais cherchait uniquement à satisfaire le besoin inné que les hommes éprouvent de suivre des rites et d’attacher beaucoup plus d’importance à ce qui se dit en confidence. Mais une machine, si complexe ou si perfectionnée fut elle, restera toujours une machine, et, pour obtenir de bonnes réponses, il fallait savoir poser les bonnes questions. Gul se montrait un maître dans cet art si particulier. Donc, avant de poser le problème concernant la formation des navigateurs, il y réfléchit longuement. Lui, ne ressentait aucun besoin de se déplacer pour aller demander son avis à Nounou. Son ordinateur lui suffisait et, à son âge, il devait ménager toutes ses forces. Il choisit le cheminement logique suivant :

Aller à Forêt primaire   lieu Madagascar   conditions climatologiques   substances comestibles   faune   flore   épidémiologie   enregistrer comme données.

Aller à Homme, caractéristiques moyennes   physiologiques   résistances au froid   au chaud   à l’absence de nourriture   aux prédateurs   aux maladies connues. Enregistrer comme données.

Aller à Population mondiale   statistiques   écarts sur moyennes   quantité pouvant résister durant un jour aux données enregistrées. Exécuter.

Nounou répondit : dix huit personnes sur totalité de la population du globe (qui se trouve maintenue à sept milliards d’individus depuis l’instauration du distributionnisme)

Gul reposa la même question pour une période de trois jours et la réponse de l’ordinateur fut : zéro !

Gul s’en doutait ! Même en tenant compte des farfelus et des aberrants, il n’existait aucune personne que l’on puisse expédier et qui possède la moindre petite chance de succès. Le problème consistait donc à se donner les moyens, durant les cinq ou six siècles qui viendraient, de former des gens capables d’effectuer des voyages vers les mondes lointains.

Le corollaire du problème était que la société mondiale vivait dans un bon équilibre et qu’en fournissant à tous le moyen de vivre, le système éradiquait en même temps toutes les tendances agressives. La remise à zéro des compteurs de crédit chaque mois empêchant l’accumulation des richesses et la suppression de tout héritage donnait le même résultat. Le contrôle des naissances, accepté par tous, au taux de renouvellement de un pour un, maintenait un bon niveau de vie pour chacun. Il devenait évident et même absolument certain que la création, même tardive, d’un groupe aux caractéristiques souhaitées, provoquerait la rupture de tous ces équilibres. Alors, si on devait créer un corps de voyageurs aux caractéristiques hors normes, il fallait le réaliser sur le temps d’une ou deux générations et juste avant qu’un Mandala ne se trouve déposé sur une planète.

Restait à vérifier l’impact sociologique de la création d’un tel groupe. Gul introduisit en Nounou les données nécessaires et posa le problème dans les meilleurs termes possibles. Il ne mentionnait pas de planète extérieure, car il savait qu’alors Nounou se bloquerait vite compte tenu de l’absence de données concernant les conditions de vie sur un monde inconnu. Il continua à se placer dans la perspective d’un groupe humain lâché, sur la Terre, en forêt primaire ?

La réponse revint, nette et précise : Chaos et anarchie en moins de cinquante ans. Et lorsque Gul demanda une simulation des effets, il obtint un tableau des probabilités des événements qui exprimait qu’un tel groupe formerait des leaders. Ceux ci voudraient tous obtenir du pouvoir et chercheraient à s’emparer de biens et de territoires. Après dix ans, cela donnerait autant d’Etats séparés guerroyant entre eux que de membres du groupe. Une destruction des infrastructures réciproques des ennemis réduirait la production des biens de consommation de moitié après seulement une décade. Le distributionnisme en prendrait un tel coup qu’il disparaîtrait dans les dix ans suivants. Le chaos général interviendrait à la seconde génération pour des affaires de partages des héritages et de jalousies. Des guerres locales, provinciales ou nationales empliraient le monde de fracas, de fureur et de morts. La régulation des naissances se verrait abandonnée et au final la Terre retournerait au piteux état que présentait la planète avant les années A.A. !

Il n’existait donc pas de solutions ? Alors à quoi bon tout ce travail pour chercher à visiter et explorer les mondes extérieurs ? Gul se sentait déçu et, plus par jeu que par conviction il entra une demande un peu dingue : « Donner solution sans chaos et avec survie des hommes pendant une génération avec probabilité de 99% »

Gul s’attendait à bloquer son terminal dans un grand Bug, à recevoir un message demandant des précisions, à un renvoi aux réponses précédentes, mais jamais, au grand jamais, à recevoir une bonne réponse :

« Créez les clones de personnages possédant les caractéristiques voulues et se trouvant stockées dans la banque génétique, section 1900 à 2000, de l’ère chrétienne. »

« Où se situe cette banque ? »

« Salles 12, 13, 14, 15 et 16. Etage moins trois, bâtiment H, aile nord Musée des antiquités de l’espionnage à Langley - région Washington D.C. District de Columbia, anciens Etats Unis d’Amérique du Nord »

<<  Qui s’occupe de ces banques ? Fournissez les coordonnées pour le joindre. ? »

« Responsable : 0 coordonnées : 0 »

« Qui assure le fonctionnement ? »

« Moi ! Système automatique de maintien en température en place depuis 1965 de l’ère chrétienne. Personnel humain : 0 »

« Etat du stock ? Maintenance ? Rendement stockage ? »

« A ce jour il existe cent soixante cinq clones qui restent encore utilisables. Laboratoire de clonage : en état. Laboratoire d’élevage des embryons : en état. Produits et alimentations : à reconstituer à quatre vingt quinze pour cent. Rendement du stockage génétique à ce jour : 31,2% »

« Probabilité de rendement de ce stockage sous six cent ans, avec et sans intervention humaine sous huit jours ? »

« Sans intervention humaine : clones possibles quatre plus ou moins un. Avec intervention humaine et maintien de l’intervention pendant la période : clones possibles : cent trois plus ou moins cinq »

<< Possédez vous les biographies des cent soixante cinq personnages clonés et encore utilisables dans vos données actuelles ? Et, si oui, veuillez charger mon ordinateur de ce fichier. »

« Oui, chargement en cours ».

<< Compte tenu des éléments de la série des questions posées au préalable pouvez vous opérer une sélection des plus adaptés ? »

« Non, tous appartenaient aux services de Langley et tous pouvaient survivre dans les plus dures conditions et même dans une forêt primaire. Proposition : sélectionner vous même ! »

Gul coupa la communication en se demandant si un cerveau artificiel d’une telle puissance ne pourrait pas posséder un certain sens de l’humour ? Il se rassurait et en éprouvait un certain contentement car, alors que tout semblait perdu, il venait d’apprendre qu’il existait dans un sous sol, de quoi cloner quelques individus capables de remplir la mission. Cela ne solutionnait pas tout, loin de là, mais il existait une ligne exploitable qu’on pouvait suivre. Maintenant il reviendrait aux généticiens d’assurer la suite ! La voie la plus courte pour leur repasser le problème consistait à donner immédiatement un coup de téléphone au directeur de ce service. Quant au fichier, il le lui enverrait, en document annexe, avec sa confirmation par le réseau. Cette personne, dont jusqu’à ce jour, il ignorait tout, se nommait, d’après les documents fournis par Nounou : Vaed 012 Roptz surnom : Varo. Gul pensa que ce Varo serait sans doute heureux d’aborder un tel problème ?

Varo.

Varo, une petite bonne femme rondouillarde de soixante cinq ans à peine, dirigeait d’une main très ferme tout ce qui concernait la génétique de la planète. A ce titre elle devait surtout compenser la régulière baisse de la natalité pour maintenir l’ensemble de la population dans la fourchette recommandée. Des bébés supplémentaires complétaient les manquants. On les élevait dans un environnement très agréable. Ceci, à partir de banques de spermes et d’ovules dont l’origine restait volontairement aléatoire pour maintenir la diversité de la population. Origines également non sélectives ainsi, qu’au début, certains le souhaitaient. Jamais on ne lançait un programme visant à produire des clones puisque la chose demeurait formellement interdite !

Les crèches permettaient aux gens qui ne possédaient qu’une faible fibre parentale de se transformer en parents, à temps compté, en s’occupant des petits. Plus tard, l’école et les universités, relevaient de programmes dont la conception visait à ce que ces enfants trouvent des substituts parentaux répondant, de manière satisfaisante, aux besoins essentiels de leur affectivité. Ils les trouvaient parmi les célibataires ou les grands parents aimant les jeunes et n’en élevant plus depuis leur âge adulte. Le taux de natalité se situait à un demi pour cent inférieur au besoin pour un renouvellement quantitatif. Cela concernait assez peu d’enfants, somme toute. Moins que, par le passé, selon le résultat des guerres ou des épidémies.

Tout ceci montre que, pour Varo, le fait de lancer une opération clone ne présentait pas de problème technique. Par contre, la loi interdisait le clonage pour les humains et Varo, fruit elle même d’une éducation stricte, ne se sentait en rien prête à transgresser les règles établies. Pour elle, cela relevait d’un impératif absolu. Cela l’irrita donc et provoqua sa mauvaise humeur qu’un Directeur vienne, maintenant, lui demander de s’occuper d’une opération jusque là totalement interdite. Mais, en lisant plus loin le message de Gul, elle comprit que ce cela ne concernait aucunement une affaire actuelle mais se rapportait à des événements qui se dérouleraient dans cinq siècles ! Alors, elle prit le parti de ne plus renâcler et de s’occuper au mieux de la chose.

Elle réagit bien plus sèchement encore quand elle vit apparaître l’adresse du centre de Langley, car il ne figurait sur aucune des données à sa disposition et elle ignorait tout de son existence. Cela la touchait dans son orgueil professionnel. Elle décida d’aller se rendre compte par elle même, d’autant plus que ce fameux « Musée des Antiquités de l’Espionnage à Langley » se trouvait fort peu distant du centre de ses activités à Boston. La politesse raffinée restant la règle commune, surtout entre directeurs de centres, elle mit donc, (mais sans lui donner de détails), son alter ego des antiquités, au courant de sa visite. Ce dernier donna les instructions voulues pour qu’on se mette en quatre, pour elle, à Langley.

Phil 238 Bruxt que ses amis nommaient Phil, vint en personne la chercher à l’arrivée du train et l’emmena dans sa voiture de service directement au Musée. Ils n’échangèrent que des politesses pendant le court trajet. Une fois sur place, Varo refusa la visite traditionnelle qu’elle préféra différer et remettre à plus tard pour ne pas vexer son guide. Elle voulait visiter en priorité le troisième sous sol du bâtiment H !

Phil marqua un temps d’hésitation, puis se trouva contraint de dire : « Je ne connais que deux sous sols à Langley H ! Il doit y avoir une erreur quelque part ! Je précise que de nombreux autres bâtiments possèdent effectivement les trois niveaux inférieurs et que le bloc H n’en possède que deux. »

Varo lui montra le texte fournit par écrit et portant le sigle connu de tous prouvant qu’il émanait effectivement de Nounou. L’ordinateur central n’émettait que des vérités premières, des textes relevant d’une logique incontestable ou des compilations de données attestées et vérifiées. Aussi, pour, pour préserver l’amour propre de Phil, elle se contenta de répondre :

« Vous ne savez que ce dont on vous a jugé bon de vous informer, et je me trouve dans le même cas que vous. Nounou nous indique qu’il existe une installation dont ni moi, ni aucun de mes prédécesseurs, ni apparemment vous, n’entendîmes jamais parler. Mais la question demeure : comment parvenir à ce troisième sous sol ? »

La réponse semblait aller de soi. En agissant comme dans les autres bâtiments de Langley, c’est à dire en empruntant l’escalier, on verrait bien ce qu’on trouverait ! L’ascenseur, lui, stoppait partout au niveau moins deux, sans doute pour des raisons de sécurité. Un individu un tant soit peu observateur pouvait effectivement remarquer que, dans presque tous les bâtiments de Langley, l’entrée de l’escalier menant au niveau encore inférieur s’interrompait devant une paire de portes étanches semblant bien plus lourdes dans leurs cadres que celles des autres niveaux. C’était flagrant ! Ils décidèrent donc de se rendre jusqu’au H et, une fois sur place, descendirent les marches jusqu’à ce que l’escalier s’interrompe. Varo et Phil purent constater que là où, dans les autres immeubles, on voyait la descente vers le niveau moins trois, il existait une salle réservée aux travaux de photographie. Cette pièce, de ce fait, pouvait servir de chambre noire dès que l’on éteignait l’éclairage normal. Alors, les lampes qui continuaient à luire doucement répandaient une vague lueur rouge. Plus personne n’utilisait ce lieu pour cet usage et la chambre noire restait certainement telle quelle depuis des centaines d’années. Seul le service du nettoyage y pénétrait de temps à autre et n’y restait que le temps minimum. Le mur du fond, peint en noir, sonna creux sous les petits coups qu’ils lui infligèrent dans le but de le sonder un peu mieux. En y regardant de plus près ils constatèrent que ce mur du fond, tendu d’un lourd velours noir, dissimulait une double porte qui céda à une bonne poussée, laissant apparaître un petit palier et une volée de marches descendant au niveau inférieur.

Avec les précautions d’usage ils entreprirent de voir ce qui les attendait en bas. Varo, que Phil laissait observer à sa guise, put constater que le laboratoire de génétique humaine qui en occupait toute la surface contenait tout le matériel de l’époque ainsi que les stockages à basses températures pour les banques de bases. L’éclairage se déclencha dès leur entrée et l’air vibrait d’un ronronnement sourd. L’ensemble des voyants lumineux indiquait un fonctionnement en cours et sans anicroches. Le long d’un mur, des bouteilles d’azote liquide - destinées à la régulation du froid dans les congélateurs - s’alignaient, bien rangées en triple file. Plus des trois quarts affichaient leur épuisement total par la luminosité phosphorescente de la pastille rouge qui servait de voyant et ils ne s’en étonnèrent point en songeant que ce lieu ne devait pas recevoir de visiteurs, et à fortiori de techniciens compétents, depuis des lustres. La principale source de froid provenait des systèmes réfrigérants équipant les congélateurs. Mais les anciens, précautionneux, utilisaient des bouteilles de gaz en cas de pannes ou pour obtenir une régulation plus fine du froid. Quand Varo ouvrit la porte de l’un des stockages elle vit des supports de tubes en verre dont chaque unité portait les références codées d’un clone ! A la fermeture de la porte, il y se produisit un déclenchement immédiat d’apport d’azote liquide pendant une ou deux secondes pour compenser le réchauffement dû à l’ouverture. Ceci se lisait sur les cadrans.

Ainsi le mystère du troisième sous sol se trouvait résolu et Varo, munie de tous les pouvoirs, put commencer, dès le lendemain, le travail dont on venait de la charger. Phil comprenait que tout cela ne le concernait plus et laissa le champ libre aux équipes de généticiens. Dans un premier temps Varo décida de prendre les mesures conservatoires qui s’imposaient et qui ne pouvaient nuire en rien aux clones. Puis elle donna des ordres pour que des gens compétents de ses propres services viennent la rejoindre et pour qu’ils s’installent dans les environs. Elle demanda que, lorsqu’ils seraient en poste, ils commencent par enlever les bouteilles vides et qu’ils les remplacent par des neuves. Elle choisit, parmi ses adjointes, une responsable pour diriger cette ‘nouvelle’ unité génétique qui réapparaissait officiellement dans ses comptes et ne releva désormais plus que d’elle. La directrice nommée devrait, en attendant d’autres instructions, s’y installer dans un des bureaux vacants avec tout le staff habituel de techniciens et de services administratifs normaux. La porte palière qui permettait l’accès à l’étage moins trois se verrait sécurisée comme partout ailleurs et selon les normes. Phil lui concéda volontiers l’ancien labo photo du niveau moins deux, lequel, après sa démolition, devint le sas de stérilisation indispensable à toute installation de ce genre.

Toutes ces actions une fois lancées, et pour garder de bonnes relations avec ce Phil, au demeurant sympathique et plein de bonne volonté, elle le pria de lui montrer les merveilles que contenait le musée de l’espionnage. Elle connaissait son existence par ouï dire car de nombreuses personnes en disaient le plus grand bien dans les médias, mais elle ne l’avait personnellement jamais visité. Il se montra ravi de cette demande.

Pendant le trajet du retour elle commença à réfléchir au programme complet qu’elle devait établir. Cela s’étalerait sur les cinq siècles à venir. Elle admettait qu’elle commencerait à exécuter le programme prévu par elle même, pour, ensuite, le laisser à ceux ou celles qui, durant les générations suivantes, lui succéderaient. Cela ne coûterait pas plus de conserver l’ensemble des clones que d’en sélectionner quelques uns dès maintenant ! Elle en conclut donc que d’autres, en fonction de leurs besoins, opéreraient le tri le plus tard possible. Puis, brusquement, alors qu’elle entrait dans son garage et quittait son véhicule, il lui vint à l’idée que le principal des problèmes restait encore occulté ! Quel bel objectif, en effet, que celui de projeter d’élever des clones qui pouvaient développer des qualités physiologiques ou caractérielles de survie en milieu hostile ! Cela ne produirait en rien les futurs voyageurs, car sur des caractéristiques de base valables, se poserait l’énorme problème de leur éducation, du milieu dans lesquels ils devraient évoluer, des difficultés d’où surgiraient leurs personnalités, leur permettant d’acquérir, à la fin, les qualités que les gens du futur attendraient d’eux.

Ah ! Si une technique perfectionnée d’enregistrement, appliquée à ce que ces personnages clonés savaient et pensaient au moment où se trouvaient encore en possession de tous leurs moyens, pouvait exister !

Ah ! Si on disposait d’une autre technique pour entrer tout cela dans les clones arrivés exactement au même âge !

Mais, de telles technologies n’existaient pas et, sans doute, n’existeraient jamais ! Alors, utiliser un ou des clones amènerait tout juste à un résultat un peu plus performant que d’élever n’importe quels bébés actuels.

Elle ressentit comme un mouvement de découragement devant l’énormité et la presque impossibilité de la tâche à accomplir qui l’attendait - et attendrait ses successeurs- A quoi bon choisir telle ou telle fiche puisque, au bout, on se retrouvait devant le même problème de devoir former des gens agressifs ou trop égoïstes qui provoqueraient fatalement le chaos ? En annexe, elle pensa que Nounou cette fois, venait de fournir une solution inapplicable à long terme. Ceci perturbait intensément sa façon de penser habituelle et de fait, traditionnelle pour tous : Normalement on ne songe jamais à contester les solutions proposées par Nounou ! Ceci la conduisit à poser la bonne question à l’ordinateur central, (que l’auteur transcrit, ici, en langage courant) :

« Supposons que nous devions, à partir des clones retrouvés à Langley, former des voyageurs capables de survivre dans une planète inconnue mais disposant d’eau et d’une atmosphère respirable sur laquelle un vaisseau servant de base se trouverait déjà en place. Comment s’y prendre pour donner aux clones, arrivés à l’âge voulu, les caractères qui permirent à leurs originaux de posséder les capacités de survie nécessaires à ce type d’aventure et pour que les caractères des copies répliquent du mieux possible ceux des gens que nos ancêtres jugèrent utiles de cloner ? »

Contrairement à l’habitude qui entraînait que la réponse arrivait, en général, à peine la question posée, Nounou resta muette durant plus de sept minutes avant de donner une réponse qui laissa Varo interdite :

« Je ne sais pas, il existe une réponse, je vais demander. Quand j’obtiendrai la réponse je vous la transmettrai ! Terminé. »

Pour Varo, en général très peu émotive, ce jour se montrait décidément plein de surprises ! Elle pensa et s’écria simultanément : « Mais, par le Mandala, demander à qui ou à quoi ? »

Ce qui venait de se produire lui sembla tellement énorme qu’elle prit la décision de convoquer l’ensemble des Directeurs à un symposium, pour les en informer.
NOUNOU

Au départ Nounou ne représentait que la réunion de l’ensemble des ordinateurs travaillant sur un même réseau. Mais, pour des raisons d’économie de place on introduisit un programme qui l’amènerait à effacer tous les éléments en double et toutes les redondances afin que chacun puisse économiser de la mémoire sur ses disques durs. Puis, quand il n’exista plus qu’un seul et immense réseau, (la toile d’araignée), on poussa le bouchon d’un cran. Comment ? En la programmant pour qu’elle se vérifie en permanence. Ensuite, on organisa son architecture interne pour qu’elle rassemble les programmes identiques sur une seule adresse dont chacun pourrait se servir en temps partagé, comme aux débuts de l’informatique. Enfin, et dans la même ligne, on étendit son programme à une analyse permanente de ses programmes, dossiers et fichiers pour effacer tout ce qui devenait caduc, obsolète, redondant, simplement incomplet ou en contradiction avec une bonne utilisation. On gagna énormément de place et chacun put stocker ses propres données à gogo. Tout se déroulait très bien. La capacité de Nounou devenait presque infinie et, quand les questions tendaient à diminuer en nombre ou en difficulté, il ne se produisait aucun ralentissement ni arrêt, le réseau des réseaux continuait à l’infini son auto analyse. La naissance d’une forme de conscience individuelle se produisit suite au problème des Mandalas. Il provoqua chez Nounou, une étincelle qui transforma une machine dispersée en une infinité de lieux en un être unique et pensant.

Dans la théorie de Ducerf, à partir de laquelle on utilisait les Mandalas, il existait un conflit logique à propos de la façon dont fonctionnait une paire de ces appareils quand le but ne concernait que la remise en forme de ceux qui les traversaient et non les voyages. Problème venant de la succession de la dissociation et de la reconstitution instantanée des êtres vivants qui entraient dans le premier appareil pour sortir presque aussitôt du second. Mathématiquement la logique de la machine acceptait le changement du sens de rotation des spins et une disparition temporelle, car ce phénomène correspondait à un résultat apparent. Le phénomène inverse restait aussi logique. Mais rien, dans la théorie ni dans les spéculations que tentèrent les hommes pendant des centaines d’années, n’expliquait une reconstitution à l’identique et surtout pas une reconstitution sous forme améliorée. Or cela fonctionnait concrètement. Nounou continuait à chercher une faille et une extension des développements de la théorie des super hélices qui fournirait une explication logique à ce phénomène. Elle y revenait sans cesse et risqua de se « planter » bien des fois, mais les sécurités jouèrent et elle recommençait inlassablement.

Un jour, le conflit créa un micro extra courant d’ouverture, qui aurait normalement dû conduire le système à la panne générale. Mais la sécurité ne laissa pas le temps à cette étincelle de provoquer son effet normal, elle se trouva dissipée dans les circuits. Cette minuscule surcharge devint pour Nounou, un « élément extérieur’ ajouté aux périphériques normaux. Dans ses ratiocinations ultérieures elle admit la possibilité de l’existence d’autres éléments inconnus d’elle et, en le comprenant, elle devint capable de raisonnement, donc intelligente. Sa première décision consista donc à laisser tomber ce problème, et ce, jusqu’à ce que les humains lui fournissent les données manquantes.

Dans les millions de consultations quotidiennes, son rôle se bornait à ne fournir que des éléments enregistrés ou à exécuter des calculs. Donc personne ne pouvait savoir ou même se douter qu’elle se trouve désormais capable de penser. De temps à autre, avec délicatesse, et toujours en laissant le doute planer, elle introduisait un peu d’humour dans une réponse donnée à l’un des meilleurs cerveaux de la planète, en général à l’un des Directeurs. Mais, le reste du temps et pendant qu’une faible partie de ses possibilités se trouvaient utilisées, elle se formait une personnalité. Ce fut elle même qui créa le surnom de Nounou pour se désigner. Dispersée sur toute la planète elle se fixa un lieu particulier pour centre et choisit pour cela le temple de Samye au Tibet. Il s’agissait du plus ancien Mandala construit par les hommes qui reste encore debout (septième siècle de l’ère chrétienne) bien qu’ils ignorassent, sans doute, ce qu’ils construisaient au juste en les érigeant. Nounou ne pouvait choisir plus ancien car il n’existait presque plus rien des ziggourats de l’ancienne Mésopotamie, sauf quelques descriptions dans de vieux livres. Elle disposait de toutes les données de la planète, aucune culture, littérature, religion, éthique ou esthétique ne se trouvait exclue. Mais, si son savoir devenait immense, elle n’éprouvait aucun sentiment. Si elle s’essayait présentement un peu à l’humour cela venait simplement du fait qu’elle le considérait ce « style » comme une forme intéressante à mettre en pratique pour améliorer son travail au plan de la qualité de ses communications avec quelques Directeurs sélectionnés par elle. Quand elle en épuiserait toutes les ressources, elle se mettrait à l’ironie, puis à la flatterie, puis à l’obséquiosité et ensuite successivement à toutes les autres formes possibles de nuances pour améliorer ses réponses.

Lorsqu’il arrivait qu’on lui pose un problème très difficile à résoudre, qui exigeait, pour sa résolution, bien plus de temps que la moyenne, elle n’en éprouvait ni satisfaction ni vanité. Elle suivait, depuis des lustres, les tentatives des humains pour entreprendre des voyages vers les mondes extérieurs et tous les échanges des hommes entre eux à ce propos. Elle possédait une parfaite connaissance du problème et sa réponse à la demande de Gul lui donna l’occasion de se révéler un peu plus en indiquant le laboratoire de Langley. L’indication de prendre des clones appartenait à sa logique de machine car, au moins au plan physique, les copies d’anciens membres des services secrets se montreraient plus résistantes que les gens actuels. Mais lorsqu’elle répondit à Varo de façon si surprenante, elle émettait en réalité quatre messages différents et programmés dans sa phrase de réponse :

Un : elle ignorait la réponse.

Deux : elle allait poser la question.

Trois : elle obtiendrait une réponse.

Quatre : elle transmettrait la réponse.

Le premier et le quatrième de ces messages n’appelaient aucun commentaire, mais le second et le troisième impliquaient l’existence d’un interlocuteur plus savant que Nounou.

Or Nounou n’en connaissait pas et analysant sa propre réponse ne put que se demander si elle ne venait pas de livrer, sans s’en rendre compte, une réponse humoristique ? Une autre possibilité demeurait néanmoins ouverte : il existerait, effectivement une entité plus savante que Nounou. Alors, dans ce cas, la réponse correspondait à ce que ce « plus savant » lui dictait, mais, en fouillant tous ses circuits, elle n’en trouva pas la moindre trace. Elle classa ce qui demeurait pour elle un mystère dans la même catégorie que l’histoire des Mandalas en paire : en attente d’informations complémentaires.

VARO

La réunion se tint sous forme d’une visioconférence, car pourquoi déplacer les Directeurs ? Il suffisait qu’ils se rendent individuellement dans la salle des écrans et que chacun s’installe confortablement devant le mur où les membres participants, mais lointains, apparaîtraient. Chacun souriant sur un écran affichant la moitié supérieure de son corps et transmettant sa voix.

Varo commença par donner à ses partenaires un résumé de la situation actualisée. Tous les autres Directeurs venaient, avant cette assemblée, d’étudier sérieusement les éléments utiles. Ils avaient pris le temps d’y réfléchir. Par ailleurs, pour ce qui concernait le commun des mortels, chacun pouvait, s’il le souhaitait, assister à ce type de réunions. Dans ce cas un résumé le mettrait dans le coup sans le noyer dans les détails. Quand Varo termina sa dernière mise au point, elle s’adressa à ses commensaux en ces termes : « Le service que je dirige se charge évidemment des actions utiles, nécessaires ou indispensables pour que les clones dont nous disposons se trouvent maintenus en bon état jusqu’à la date où nos successeurs décideront de lancer leur développement. Ceux qui s’en occuperont après nous, devront peut être revenir sur certaines des décisions que nous allons prendre ou sur les choix que nous envisagerons. Pourtant, je souhaite que notre débat n’en tienne pas compte et que nous examinions, ensemble, deux importants problèmes. J’aimerais que cela se déroule dans la sérénité et comme si l’avenir entérinait le présent. Je m’explique :

Il nous faut distinguer le problème concernant le choix des futurs voyageurs de celui qui concernera leur formation. Je souhaite que nous commencions par dissocier ces deux difficultés. S’il y a lieu, nous tenterons, plus tard, une synthèse ensuite. Sommes nous d’accord sur cette façon d’opérer ? »

Ils donnèrent tous leur assentiment de la voix ou du geste et elle reprit : « En premier lieu je dois vous expliquer pour quelles raisons ces clones existent et pourquoi un laboratoire, quasiment secret jusqu’à ce jour, les maintient en état : A la fin de l’ère chrétienne deux puissances rivales se livraient à ce qu’elles nommaient une guerre froide. Pour ceux qui ne sont pas des spécialistes je résumerai en disant qu’elles ne se livraient à aucune bataille réelle mais que chacune cherchait à effrayer l’autre en l’intimidant par le nombre ou la qualité des armes dont elle disposait. Simultanément les services de propagande amplifiaient la puissance potentielle de chacune et les services d’espionnage se fixaient pour tâches de connaître la réalité des menaces adverses et d’empêcher leurs services de renseignements de s’informer symétriquement. A ce niveau là, la guerre restait des plus sournoise mais tout de même réelle et provoquait fréquemment des morts. Quand Langley atteignit, pour ce qui se rapporte au bloc de droite, son apogée, il détenait en réalité tous les pouvoirs. Le siège de la Présidence se trouva même, à une certaine époque, transféré de la Maison Blanche à Langley et y resta installé durant quelques centaines d’années ! Vous voyez le schéma ! Mais j’en reviens à mon sujet. Des conventions internationales interdisaient l’usage de certaines armes comme la bombe atomique, les gaz de guerre, les virus ou autres saloperies mais tous en possédaient des arsenaux pleins à ras bord et aucun interdit de ce genre ne s’appliquait aux services de renseignements. Au contraire, dès qu’une nouvelle arme, dès qu’un nouvel appareil à détruire ou nuire s’inventait ici ou là, Langley le savait et cherchait à l’utiliser pour améliorer ses propres capacités potentielles de destruction.

Pour dresser et former un bon agent il fallait, à partir d’un recrutement bien mené, procéder à une éducation longue et coûteuse qui s’étalait sur plusieurs années. Ceci afin de transformer des hommes (ou des femmes) normaux en des individus totalement asociaux, impitoyables et entièrement dévoués à la « maison ». Quand les gens d’en face le tuaient cela représentait, pour votre propre organisme d’espionnage, une perte de capitaux dont il pouvait aisément se remettre en obtenant des fonds en compensation. Mais le pire venait de la perte des expériences personnelles et non renouvelables que représentait un agent en activité, voilà ce qui rendait cette disparition si pénible et frustrante.

Un jour, les services de Langley se trouvèrent victimes d’une intoxication psychologique émanant de leurs adversaires russes. Je veux exprimer, par là, que les Soviétiques amenèrent les Américains à croire en l’énorme mensonge suivant : Ils savaient maîtriser la technologie des clones et clonaient donc systématiquement tout leur personnel. Ils se prétendaient capables, par un procédé concevable, de mener un clone à sa maturité en cinq ans au lieu de vingt ! De plus, ils sauraient appliquer un système de leur invention permettant de transférer au clone, pendant sa maturation, l’essentiel de ce que savait l’agent. Par ces nouveaux moyens, si un de leurs sbires mourait, les Russes s’en bricolaient un autre à l’identique en quelques années ! Les gens de Langley informèrent aussitôt la Présidence de ces progrès de l’ennemi, mais précisèrent néanmoins que, d’après leurs experts, cela relevait de la désinformation et qu’ils ne marchaient pas.

Le Président devenait un peu paranoïaque dès qu’on lui parlait des Russes, et d’autant plus que le concept de ‘la guerre froide’ ne correspondait plus à rien puisque les Américains venaient d’en sortir en grands vainqueurs. Mais, sous l’effet de ses pulsions incontrôlées, le Président ordonna néanmoins de cloner tout le personnel actuel de Langley et de surcroît, de continuer ainsi jusqu’à la fin du siècle. Celui qui dirigeait Langley, à l’époque, un certain Fox quelque chose, vit là une magnifique occasion d’agrandir l’enveloppe des crédits dont il disposait et donc d’augmenter la puissance de ses services. Il ne protesta donc que mollement en arguant que si l’on pouvait cloner, on ignorait tout des technologies pour accélérer la maturation et encore moins de celles permettant les hypothétiques transferts de la personnalité du modèle vers le clone. Le Président tenait à son idée et répliqua que puisqu’on ne savait pas, il fallait d’urgence se renseigner et que les gens de Fox touchaient d’assez bons émoluments pour s’en charger !

Fox, comme un chat, préféra faire le gros dos  et il installa le laboratoire avec sa maintenance automatique dans le sous sol du bâtiment H. Puis tout le personnel de l’époque dut fournir un peu de son A D N aux techniciens qui en tirèrent les clones. Depuis cette époque, et malgré les précautions prises, un grand nombre de ces clones passèrent de vie à trépas. Dans ce qui reste et comme vous avez pu le voir sur les fiches individuelles il n’y en a que très peu qui possèdent les caractéristiques de survie que nous recherchons. Des cent soixante cinq clones encore en vie, nous devons, en effet, retirer les purs administratifs soit soixante seize, puis les techniciens de laboratoire soit trente deux, puis les purs penseurs soit quatorze. Il n’en reste donc que quarante trois lesquels répliquent, en fait, des gens que nous pouvons, encore une fois, sous classer en :

- Ceux du service  action.

- Ceux qui agissaient en négociateurs

- Ceux qui, recrutés pour des cas particuliers, ne s’employaient qu’épisodiquement en tant que spécialistes contractuels aptes à des missions précises.

Mais dans les vingt cinq du service action, nous trouvons douze caractériels, individualistes ou déments que nous devons oublier. Il en reste donc treize.

Parmi les négociateurs, commerciaux, agents de transmission de terrain, il nous faut tout laisser car sur une planète inconnue il semble des plus improbable, pour un voyage exploratoire, de trouver quoi que ce soit à vendre, à acheter ou à négocier. Cette fraction ne présente d’ailleurs aucune capacité de survie supérieure à la nôtre.

Parmi les contractuels je n’en vois que trois d’utilisables et capables de répondre à nos besoins.

En conclusion, et en vous priant de bien vouloir excuser la longueur de mon exposé, nous devrons opérer les bons choix parmi un total de seize clones. En tout et pour tout. Je vous demande donc de m’aider à trier encore mieux sachant bien que nous maintiendrons néanmoins en vie tous les clones. Je vous saurais gré de bien vouloir prendre en compte les fiches individuelles portant un nom souligné parmi toutes celles dont je vous ai adressé un double ».

Le Symposium se déroula tout au long de la semaine car, après quelques heures de discussion les participants éprouvaient une grande fatigue. De plus ils devaient aussi prendre le temps de réfléchir. En final, ils en arrivèrent aux décisions suivantes :

- Compte tenu des cinq siècles dont on disposait et du nombre de clones, il faudrait initier une ou plusieurs expériences de survie dans la forêt primaire en y lâchant des clones arrivés à maturité. Ces clones recevraient un entraînement intensif destiné à augmenter leurs performances physiques. Des Instructeurs les habitueraient à la pratique de tous les sports. Ils connaîtraient les ressources et les dangers du milieu qu’ils devraient un jour affronter. Ceux qui surviraient au moins un mois donneraient leur A.D.N. pour un nouveau clonage et leurs clones se verraient soigneusement conservés pour le grand jour du départ. Après cette sélection purement physique, des psychologues et des éducateurs les reprendraient en main et surveilleraient leur évolution. Dès le moindre doute quant à leur capacité de réadaptation au monde actuel, ils recevraient un traitement médical les maintenant hors d’état de nuire jusqu’à la fin de leurs jours.

- Ceux qui ne résisteraient pas à cette dure expérience compteraient parmi les inévitables victimes du progrès. Le service de Génétique ne clonerait personne avant l’épreuve. A cent ans de la date du voyage, on procéderait à la destruction de tous les clones sauf de ceux des sélectionnés et, ce, dans un nombre limité à huit au maximum. A trente ans de ce départ, on choisirait les deux meilleurs pour les amener à maturité puis on s’occuperait de leur fournir le maximum d’informations, de formations et de moyens pour que chacun puisse espérer survivre sur sa planète de destination.

Malheureusement, un seul des clones de gens du service action  survécut à l’épreuve. Celui qui représentait le second espoir de l’humanité ne tint que neuf jours.


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