Chapitre 1 La poudre de Perlin pin pin ? …








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Les Capitaines.

On peut aisément deviner la manière dont se déroulèrent les cinq mois passés par les terriens sur cette planète. Pour plus de détails, nous prions le lecteur de bien vouloir se reporter, comme indiqué plus haut, aux oeuvres et travaux des experts classés sous la référence ‘Bilunes’. Ce qui n’y figure pas peut se résumer en ce que ce séjour joignit, pour tous les protagonistes, l’utile à l’agréable. L’île où se trouvait le monument représentant un gigantesque ‘Dieu’ en forme de seiche, se trouvait fort éloignée du continent et les paquebots les plus rapides, dans les meilleures conditions climatiques, mettaient plus de quatre vingts jours pour s’y rendre. D’un commun accord, ils décidèrent tous que le temps du voyage servirait à ce que Terriens et Bilunaires échangent leurs connaissances dans les domaines déjà évoqués au cours de la cérémonie de réception.

Chaque jour, ils travaillaient ensemble, du matin au soir avec de courtes interruptions pour manger. Quand l’île se trouva finalement en vue, Betty comprenait parfaitement le principe de base et les astuces par lesquelles fonctionnait la machine à langage ... Leurs hôtes, comme de juste, savaient l’essentiel sur les engins volants plus lourds ou plus légers que l’air. Kog dirigea même la fabrication d’une aile delta dans le but de se livrer à une démonstration devant les Bilunaires, si la configuration de l’île le permettait. Tous se montraient des plus satisfaits et la sympathie réciproque croissait entre ces gens nés dans des planètes si éloignées. Grâce à quelques billes de tungstène, les Terriens offrirent un somptueux repas aux Bilunaires la veille de l’arrivée sur l’île, alors que le sommet du volcan éteint, point culminant de leur destination, pouvait s’observer à l’œil nu.

Secco, qui ne pouvait se déplacer à la vitesse du navire, les accompagnait dans un aquarium et s’offrait une trempette en mer, de temps en temps, pendant que les marins renouvelaient son eau. Ses propres explorations et recherches ne lui apprirent que peu de choses. En effet, il n’existait, sur ce monde, aucun céphalopode doué d’intelligence ou simplement capable de télépathie. Certains crustacés, plus proches des Cralangs que les langoustes de la planète Terre, possédaient un cerveau bien organisé et une mémoire transmissible. Ils pouvaient émettre ou recevoir des émissions télépathiques, mais ne les utilisaient que lors de leurs rares incursions sur les rivages. Sinon, ils communiquaient par signes d’antennes. Leur histoire correspondait à celle d’une lente rétrogradation depuis qu’ils se trouvaient sur cette planète. D’après ce que Secco en comprenait, ils arrivèrent sur Bilunes en même temps que des Cephs et cet événement remontait à la nuit des temps. Les Cephs ne survécurent que le temps de quelques générations dans cet Océan. Peu nombreux lors de leur arrivée, les Cephs, à force de se croiser entre eux, finirent par dégénérer et, finalement par disparaître. Mais, du temps de leur existence, ils dirigeaient le travail de ces pseudo Cralangs. Lorsque Secco entra en contact avec eux, ils se déclarèrent prêts sans rechigner, à se tenir à sa disposition. Ce servage ou cette liaison psychologique de soumission paraissait inscrit dans leurs gènes. Mais Secco, bien sûr, déclina cette offre.

Bien que rongé par la curiosité, Kog décida de s’occuper avant toute autre chose, d’organiser sa démonstration de vol. Ce qui le guida dans ce choix venait d’un calcul. Il savait d’instinct qu’après une démonstration de vols réussis, les Bilunaires voudraient immédiatement se lancer dans ce genre d’activité ! Ils se passionneraient et tenteraient de voler à leur tour. De ce fait, Betty et lui se trouveraient bien plus libres de leurs mouvements et de leurs déplacements pour effectuer la visite des lieux sacrés.

Donc, à peine l’équipe débarquée, une cohorte d’engins mécanisés, fonctionnant à l’alcool de bois, les amenèrent avec matériels et bagages, presque jusqu’au sommet. Celui ci culminait à mille huit cents mètres. Ils grimpèrent la dernière côte, une prairie de montagne constellée de millions de fleurs multicolores, peu pentue, mais truffée de pierres dures et pleines d’aspérités, qui la rendait impropre à la circulation des véhicules. Cette pente, longue de deux kilomètres, les amenait à gravir un dernier dénivelé de deux cents mètres. Ils durent porter le deltaplane sur leur dos pour arriver au sommet, cinquante mètres au dessus.

Une fois au point culminant, Kog leur expliqua comment il fallait choisir l’orientation en fonction du vent et, sans plus attendre, se lança dans le vide à la grande émotion de tous les Bilunaires présents. Par chance, il rencontra une configuration de vents réguliers avec des flux ascendants bien placés. Il resta plus d’une heure à tournoyer avant de commencer sa descente. Il réussit à se poser sur un méplat à l’altitude de mille deux cents mètres. La voiture vint le rechercher avec son deltaplane et ils remontèrent tout en haut. Pour le second vol, Kog demanda aux Bilunaires de lui présenter un volontaire qu’il prendrait comme passager. Lorsque, timidement, un individu sortit du rang pour tenter ce premier vol, Kog lui donna ses premières instructions. Celles ci tenaient en quelques concepts simples à appliquer : Ne pas gigoter dans tous les sens, ne pas s’effrayer et tenter d’agir, comme lui, sans aucune brusquerie. Ils se lancèrent et prirent leur essor sous les cris de joie des autochtones. Tout en volant, le Bambara expliqua à son passager la meilleure façon de s’y prendre et ils revinrent encore une fois se poser sur le méplat. Pour la suite, Kog leur abandonna l’engin et redescendit vers la grotte. Après tout, il venait de leur inculquer toute la théorie des vols aériens durant des mois au cours du voyage et ces gens la connaissaient parfaitement ! Ils venaient d’assister à une démonstration et se montraient, d’une façon générale, malins et doués.

Il ne se produisit aucun accident, mais tout de même quelques inévitables incidents tels que des bains forcés ou une cheville foulée lors de l’atterrissage. Ils se montraient de plus en plus joyeux, enthousiastes et bien décidés à tous participer aux essais. Ils projetaient déjà de construire de nombreux engins semblables par la suite.

Devant la grotte, Betty et Secco (dans sa grande cuvette) attendaient. Les Bilunaires qui se trouvaient avec eux insistèrent beaucoup sur deux points :

- Ils voulaient que les deux Terriens (avec ou sans Secco) entreprennent cette visite ensemble, et non l’un après l’autre !

- D’un autre côté, ils ne voulaient absolument pas les y accompagner !

Les Terriens en déduisirent sans peine que les Bilunaires manifestaient une sorte de crainte atavique et viscérale vis à vis de ce lieu ! On remarquait déjà, depuis l’extérieur, que la grotte plongeait vers le sous sol et devenait sombre quelques pas après la grille. Un bruit de ressac en provenait, indiquant la présence d’une autre entrée, certainement de nature sous marine. Kog et Betty commencèrent leur visite en descendant les quelques marches taillées courageusement dans le basalte, la roche magmatique la plus dure qui existe en quantité notable, dans tous les mondes de notre galaxie. Il devait exister un détecteur en état de marche quelque part, car la lumière s’alluma dès qu’ils parvinrent au niveau inférieur.

Le couple de Terriens marchait assez lentement car chacun d’eux tenait une des poignées de la bassine dans laquelle la seiche trempait. Ils arrivèrent devant la statue qui leur parut encore plus monumentale qu’ils ne le pensaient. Betty en estima la hauteur à une vingtaine de mètres. Ce monument impressionnant reposait sur un socle relativement large et de forme carrée dont le côté devait valoir la moitié de la hauteur totale du monument. Le tout se trouvait installé sur une plage sableuse, au niveau d’une nappe d’eau de mer communiquant ou non avec l’océan, selon la marée. La grande surface de la base conférait à l’ensemble la stabilité indispensable. Ce monument représentait un céphalopode, du genre seiche, dont les tentacules dirigés vers le sol, se trouvaient regroupés sous forme d’un faisceau et formaient un unique pied. Le tout taillé ou peut être moulé, dans le même basalte que les marches qu’ils venaient de descendre. Cette roche provenait sûrement du volcan. La partie la plus haute de la statue affleurait le toit de la grotte et il semblait qu’il existe encore une anfractuosité supplémentaire au dessus comme si, au final, les constructeurs eussent manqué d’un demi mètre de hauteur ?

Cette représentation en trois dimensions d’un impressionnant animal marin ne résultait pas d’une sculpture réalisée à coups de lames ou d’objets tranchants encore plus durs. Il ne pouvait s’agir que du produit d’une technique de coulée. Ce qui supposait tout un art métallurgique comprenant la maîtrise des très hautes températures et une parfaite technologie du moulage. Ensuite, les constructeurs avaient dû exécuter le déplacement et le redressement de cette énorme masse ! Là, les Terriens se demandèrent forcément comment ils avaient pu mener cette tâche à bien ?

L’humidité marine ambiante recouvrait toute la surface, du socle et de la statue, d’une rosée qui lui donnait un aspect visqueux assez décourageant. Secco, portée vers le petit bras de mer qui venait effleurer et lécher la base de la statue, entra dans l’océan. Mais elle gardait un plein contact avec Kog, car elle venait de sentir la très forte présence d’un message télépathique exprimé en ce langage des anciens Cephs, celui que BaFeSi utilisait. Ce fut donc la seiche qui de ce fait et à partir de ce moment, prit entièrement le commandement de la suite des opérations.

En premier lieu, elle demanda à Kog de monter sur la statue, puis, devant son étonnement et son sentiment d’impuissance, elle lui indiqua d’aller se placer entre la paroi du fond et le monument. Il y trouverait de quoi monter jusqu’à un levier qu’il devrait trouver au quart de la hauteur. Effectivement, bien que discrètes et recouvertes de mousses gluantes, il put voir la présence de tiges en relief qui dépassaient un peu et devraient lui permettre de grimper. Il suffirait qu’il les gratte au fur et à mesure et qu’il s’entoure de précautions pour ne pas glisser. Très lentement et bien concentré, il commença à monter. Il portait un sac en bandoulière contenant un couteau à large lame pour pouvoir gratter la végétation parasite afin qu’elle retombe au sol. Il possédait aussi des chiffons en quantité suffisante pour tout essuyer ensuite, au fur et à mesure. Un bout de corde lui permettait de s’assurer au ‘piton’ du dessus. Ainsi équipé, Kog entrepris l’ascension du monument et la poursuivit sur environ trois mètres. Cela lui demanda vingt cinq minutes d’efforts intenses. Il pensa que le fait que le levier indiqué par Secco se trouve à cette distance du sol prouvait que le tentacule d’un Ancien Ceph de taille standard pouvait l’atteindre. Il en déduisit que la statue devait représenter le modèle réel et vivant mais en proportion seulement triple. Ce qui indiquait déjà une assez belle bête !

Ce qu’il vit, ne constituait pas proprement un levier, le message télépathique en donnait l’idée mais cela signifiait ‘contacteur’ et l’esprit de Kog alla automatiquement au plus simple. Il devait le remarquer, cela se produisait fréquemment dans ce genre de communication. On émettait une idée, et non pas une image. A l’autre bout, on recevait l’idée avec laquelle on se construisait une image et pas forcément la même que celle conçue par l’émetteur. Seule la suite des trains de pensées donnaient des précisions complémentaires, infléchissait à plusieurs reprises le sens pour converger sur un concept correspondant à ce que l’émetteur voulait transmettre. Cela résumait tout le problème de la sémantique, pensa Kog. Quand je pense et envoie l’idée ‘chaise’, je peux garder dans mon esprit l’image d’une certaine chaise. Par exemple une lourde chaise de cuisine en bois brut avec un fond en paille tressée. Lorsque mon interlocuteur reçoit ‘chaise’ il peut percevoir l’image d’une chaise de salon à haut dossier recouverte de velours rouge ! Mais, aussi bien, il pourrait y voir l’idée d’un meuble léger à cannages !

Donc Kog voyait, non un levier, mais un trou cylindrique horizontal d’un diamètre de cinq à six centimètres et d’une profondeur qu’il estima, en l’éclairant de sa lampe torche, à environ quinze centimètres. Au fond il semblait qu’il existe une sorte de grosse bille en verre ? Avec le manche de sa brosse, il pouvait toucher cette bille et appuyer, mais avant d’agir dans ce sens, il désirait en savoir un peu plus et il tourna sa pensée vers Secco.

La seiche lui expliqua qu’en pénétrant dans ces lieux, elle avait été alertée par une sorte de ’balise’ qui émettait régulièrement un signal télépathique destiné aux Cephs. Ce signal lui donnait l’emplacement de la commande d’un dispositif plus élaboré. Ce dernier se mettrait en marche si Kog enfonçait la bille. Aucune présence de vivant ne semblait exister dans la statue, ni dans la grotte. Il devait s’agir d’un message enregistré sur un quelconque appareil qui émettait depuis des siècles ou des millénaires ! Message uniquement destiné aux Cephs qui pourraient venir en ces lieux ?

Secco pensait qu’elle devrait pouvoir comprendre le sens de ce message. Elle se proposait, si cela s’avérait possible, tout en écoutant, de le communiquer et de le traduire simultanément pour Kog. Si cela s’avérait trop difficile, elle écouterait d’abord, une ou plusieurs fois, pour s’assurer de bien tout comprendre. Puis, elle mémoriserait soigneusement et ensuite en traduirait le sens pour Kog. Si des points demeuraient obscurs il suffirait d’enfoncer la bille autant de fois que nécessaire.

Lorsque Kog, d’une forte pression, sentit la bille bouger en s’enfonçant, Secco se trouva presque submergée par un flot ininterrompu d’idées et d’images. Pas question pour elle de pouvoir traduire en simultané ! Elle dut demander quatre fois à Kog de pousser à nouveau la bille pour laisser repasser l’enregistrement. Ensuite, Kog venant de redescendre de son perchoir, elle se mit à émettre tandis que l’homme notait sur un bloc de papier, ce qu’il recevait. Cela donna quelque chose comme cela :

« Vous êtes le premier visiteur depuis un million trois cent cinquante neuf mille quatre cent cinquante six rotations de cette planète autour de son soleil. Soyez le bienvenu. La balise automatique qui tient le décompte et vous reçoit fut construite par nous, l’équipage de la bulle dix neuf mille huit cent soixante quinze. Dans un bref laps de temps vous allez recevoir notre message »

Il se produisit un silence qui dura environ seize secondes et un message enregistré commença à émettre :

« Nous sommes arrivés en exploration sur cette planète selon les ordres de la Centralité et nous y voici établis depuis soixante cinq générations. Nous n’avons, par malchance, trouvé sur place aucun type de Cephs existant préalablement et avec lesquels nous aurions pu fonder une descendance valable. Nous savons donc que notre race, sur ce monde, va disparaître, faute de gènes nouveaux. Nous disposons des moyens techniques de revenir vers notre planète d’origine mais nos ordres s’y opposent. Ces instructions très précises s’appliquent, sans exception, à tous les équipages d’exploration qui se chargent de l’essaimage au cours de la grande dispersion. Si vous n’appartenez pas à un tel équipage nous devons vous informer du contenu de ces ordres que nul ne doit transgresser : « Votre mission consiste à trouver des mondes nouveaux que leurs conditions climatiques ou chimiques rendent habitables pour notre espèce. Mais sélectionnez en premier lieu ceux qui se trouvent riches en océans importants. Pour trouver ces mondes il vous suffira de choisir, en accord avec la Centralité, l’un des huit cent quatre vingt quatorze mondes présélectionnés par nos astronomes. Vous devrez vous rendre maîtres des océans sans utiliser de violence. Puis, vous aiderez les races de crustacés de taille valable à se développer et à vous considérer ensuite comme leurs dieux. Vous devrez laisser le domaine de la terre sèche à d’autres espèces plus précaires. Il vous faut nous informer, au moins une fois par siècle et en envoyant des messages radio vers le Centralité, du degré d’avancement de votre tâche. Les ordres précisent de ne jamais revenir, d’attendre quels que soient les dangers, les périls ou les circonstances. Un essaimage ne peut concevoir la possibilité de l’opération inverse que constituerait un retour. Quoiqu’il se produise attendez ! »

Nous suivons scrupuleusement ces ordres et attendons, attendons en vain tout en continuant à réaliser notre travail, mais notre population décroît et nous nous sentons de plus en plus fragiles. Notre bulle existe et reste à son emplacement. Elle devrait se conserver en état de fonctionnement presque infiniment car nous l’avons mise en stase intemporelle. Si vous désirez pouvoir l’utiliser, nous précisons qu’elle se trouve placée au dessus de la statue. Mais seul un Ceph Capitaine, peut la manœuvrer car son pilotage requiert la connaissance parfaite de son fonctionnement. Un Ceph capitaine possède la maîtrise absolue du paradigme de l’univers à onze dimensions, tel que nos plus savants le conçoivent. Si votre groupe ne comporte pas un tel spécialiste, nous en déduisons que votre arrivée en ces lieux se réalisa par l’intermédiaire de l’un des dispositifs simples. Ceux qui se fondent sur le paradigme à six dimensions que nous, les Cephs, déposâmes dans tous les mondes habitables de la galaxie au cours des deux millions d’années écoulées. Dans cette occurrence, évitez surtout de toucher à la bulle, cela pourrait se révéler dangereux pour la trame même de l’espace temps ! Rejoignez l’océan où vous trouverez tout ce qui vous permettra de survivre. Si, par suite d’un accident, votre dispositif à six dimensions se trouvait hors d’état de fonctionner et que vous deviez tout de même voyager, il vous reste possible d’utiliser celui que nos anciens construisirent à l’origine sur ce monde. Cette statue qui nous représente ne poursuit aucun but décoratif mais sert à le contenir ! Elle ne peut vous en permettre l’accès que sur réception d’un ordre télépathique émis en langage Ceph. La mise en route s’opère en appuyant un tentacule sur la bille de verre qui se trouve située à droite de l’appareil. La statue se refermera automatiquement après votre départ. N’oubliez pas que seuls vos corps voyageront et que vous ne pourrez rien emporter avec vous. Seules les bulles permettent de transporter des êtres vivants et des objets mais il faut un capitaine formé spécialement pour les piloter. Conformément aux instructions explicitées dans le code général de la Grande Dispersion, ce dispositif à six dimensions nous a servi à envoyer les spécimens des animaux et des êtres pensants de ce monde vers la Centralité.

Ce que nous avons ressenti, vécu et noté depuis notre arrivée sur ce monde existe, il se trouve exprimé en enregistrement télépathique, et reste à votre disposition. Pour le recevoir vous devrez enfoncer le contacteur qui se trouve au sommet de la statue. Celui ci qui se voit juste avant d’accéder à la bulle. Mais cela ne vous aidera que dans la mesure où vous devrez demeurer, comme nous le devions, sur cette planète. Sinon, que l’un d’entre vous enlève l’enregistrement de sa niche, qu’il le copie, le remette en place et qu’il emporte la copie vers la Centralité. Message terminé »

Lorsque Kog termina la traduction en langue humaine de ce qu’il recevait de Secco il l’écrivit sur papier. Puis, ils vérifièrent ensemble que tout se trouvait bien enregistré. Ils s’assurèrent également que ce texte ne contenait aucune erreur de transmission ou d’interprétation, ni de non sens. Kog relisait ses notes et Secco ‘percevait’ les images de ses pensées. Elle précisait ou rectifiait au fur et à mesure jusqu’à ce que ce texte corresponde bien aux messages reçus. Ensuite Kog tendit le texte à Betty et lui laissa le temps de se pénétrer de sa signification. Lorsqu’elle releva la tête, ils se regardèrent d’un air réjoui, car ils venaient soudainement de comprendre bien des choses essentielles lesquelles ouvraient de vastes questions. Ces dernières se répartissaient, en vrac, ainsi :

- La technique des Mandalas ne se ‘découvrait’ dans chaque monde que sous l’influence que les Cephs exerçaient sur les humanoïdes ou, qui sait, sur d’autres êtres vivant sur le sol sec, et dotés d’intelligence ?

- Les premiers Mandalas de chaque planète venaient de la construction, vraisemblablement par les Cralangs, d’engins surtout destinés aux Cephs.

- Il existait un paradigme de physique fondamentale à onze dimensions dont la connaissance permettait pratiquement tous types de transports en temps nul. Mais, corollaire, cette science pouvait se montrer dangereuse pour ceux qui ne la connaissaient pas. Peut être même, le monde des Cralangs disparut il par suite d’une fausse manoeuvre ?

- Les Anciens Cephs considéraient qu’il existait, (dans cette galaxie ?) en tout (ou au minimum ?) et hors de chez eux, huit cent quatre vingt quatorze mondes où la vie leur paraissait possible !

Un cerveau, humain, si bien organisé soit il, ne peut absorber qu’une certaine quantité d’informations à la fois. Là, ils se trouvaient en face d’un total remaniement de leurs connaissances et même de leur façon de voir l’Univers. Un cerveau de Ceph peut s’adapter à tout ce qu’un autre cerveau de Ceph lui transmet, mais il existe également des limites à ce que son intelligence peut intégrer à la fois. Sans même devoir se concerter, ils décidèrent qu’il devenait des plus urgent de savoir attendre et remirent à plus tard le moment de discuter de tout cela. Ils profiteraient du voyage de retour pour en parler. Mais, avant de quitter ce lieu, Kog et Betty voulaient absolument jeter un regard sur la ‘bulle’ et sur le ‘Mandala’ qu’utilisaient les Cephs. Ils grimpèrent donc, tant bien que mal jusqu’au sommet de la sculpture et virent, au dessus d’eux une galerie, large de deux mètres, qui continuait à monter en pente douce. Ils s’y engagèrent, n’eurent que quelques pas à franchir pour se trouver devant une grande sphère transparente d’un diamètre d’environ six mètres. A l’intérieur, ils purent apercevoir, en moitié supérieure, une multitude de tableaux de commandes et dans la demi sphère du bas ce qui ressemblait à un genre de petite piscine dans laquelle le ou les voyageurs devaient se tenir. Ils décidèrent de laisser tout cela en place et, suivant les recommandations, de ne rien toucher.

En revenant vers la tête de la statue ils virent quelque chose qui se présentait comme un disque noir, lisse et brillant comme un miroir. Kog dut recourir à l’aide de Secco pour transmettre l’ordre télépathique d’ouverture. Ils commencèrent à redescendre en prenant toutes les précautions pour ne pas glisser. Ils ne s’arrêtèrent qu’au bas des échelons. Revenus au pied du monument, ils virent qu’un bloc, représentant deux des tentacules, venait de se détacher de l’ensemble et laissait voir deux solutions de continuité. En poussant tous deux fortement ils parvinrent à déplacer cette masse autour de son axe supérieur horizontal jouant le rôle de charnière, puis à pénétrer dans la statue. A leur passage une lumière s’alluma et ils purent effectivement voir à quoi ressemblait un ‘Mandala’ Ceph. En dehors du fait que la matière dont les fils semblaient constitués (ici du platine alors que dans les dispositifs de Ducerf il s’agissait de cuivre) ils ne différaient entre eux que par une question d’échelle. La taille semblait le quadruple de ce que Mat bricola dans son garage ! Un examen détaillé leur montra qu’il s’agissait de dispositifs très voisins. Ils préférèrent ne pas l’essayer car ils ignoraient où cela pouvait les envoyer ? Quand ils revinrent, et repassèrent sous les deux tentacules pour sortir de la statue, la lumière s’éteignit et la porte se referma derrière eux, redevenant invisible.

Sur le navire qui les ramenait, Betty et Kog consacrèrent les trois quarts de leur temps à discuter entre eux en tentant surtout de dégager les points les plus importants de ce qu’ils venaient d’apprendre. Ils phosphoraient de toute la puissance de leurs cerveaux respectifs et, parfois, Secco, intéressée par tel ou tel argument, intervenait pour y ajouter son point de vue. Ils cherchaient toutes les implications de leurs découvertes. Il en existait une énorme quantité, dont certaines ne leur parurent pas évidentes dès le début, mais ensuite elles les interpellaient au fur et à mesure de leur prise de conscience ! Le meilleur exemple se retrouvait dans l’étonnement qu’ils éprouvaient quant au choix de la planète Bilunes que suggéra BaFeSi ! Et aussi, autre exemple, que le message laissé par les anciens Cephs datait de bien avant la disparition du monde des Cralangs. Mais cette grande colonisation indiquait qu’ils se sentaient inquiets de leur devenir et voulaient essaimer pour sauver leur espèce. Or, si on y réfléchissait bien, le monde des Cralangs ne se montra capable que d’envoyer vers une destination inconnue et aléatoire, un unique vaisseau ne transportant qu’un seul Ceph. Par conséquent, ce monde, bien que considéré par les Cephs et les Cralangs qui y vivaient, comme le plus important de tous, ne représentait, somme toute, qu’une des milliers de colonies de la Grande Dispersion. En fait, il s’agissait d’habitants qui régressaient régulièrement depuis leur arrivée, et ce, au point que plus aucun d’entre eux ne semblait maîtriser totalement l’usage du paradigme à onze dimensions. La Centralité appartenait à quelque chose qui devait dater d’environ deux millions d’années et pouvait ne plus exister du tout à l’époque actuelle. Mais ce genre de réflexions correspondait à des élucubrations philosophiques qu’ils ne devaient pas laisser perturber leur analyse. Ils voulaient, dans l’immédiat, s’attacher à bien plus important :

Les fameux quatre vingts mondes aboutis composant la Fédération, ne représentaient qu’une fraction de tous les mondes habitables. Les humanoïdes ne constituaient pas l’espèce la plus intelligente de l’Univers, ce rôle semblant revenir aux Cephs. Les habitants des mondes fédérés ne disposaient pas d’une connaissance totale acquise au cours de leur propre évolution mais se laissèrent simplement former par les Cephs quelques millénaires avant que ceux ci n’influencent à leur tour, l’esprit de Mat Ducerf sur la Terre.

Sur chacun des presque neuf cents mondes répertoriés par les Ceph, il devait encore exister, en un lieu à découvrir, une statue Mandala comme celle qu’ils venaient de voir. En utilisant le dispositif mis au point par Betty pour trouver le chemin de Floric, toutes ces statues pouvaient se transformer en des destinations et amener les humains à visiter les neuf cents mondes en question. Il ne fallait pas non plus oublier que l’un de ces mondes répertoriés par les anciens Cephs se nommait la Terre ! Donc, la première ziggourat ne constituait pas l’unique sas de passage qui s’y trouve ! Il existait donc, quelque part sur notre propre monde, une ‘statue’ de Ceph dissimulée quelque part !

Le paradigme à onze dimensions, que certains Terriens, du temps de Ducerf, commençaient à entrevoir, représenterait le concept le plus élaboré possible. Sa compréhension et sa maîtrise permettraient aux humanoïdes de transporter simultanément voyageurs et matériels partout, quasi instantanément.

Oui, ils ne manqueraient ni de sujets à traiter ni d’informations à commenter lorsqu’ils rejoindraient Floric à leur retour ! Et ils trouveraient encore plus à dire une fois revenus sur la Terre. D’un commun accord, ils jugèrent évident de devoir attendre l’achèvement de leur triple mission avant de livrer leurs propres idées et commentaires aux autorités. Mais ils informeraient la terre de tout ce qu’ils venaient d’apprendre. Qui sait vers quoi BaFeSi les envoyait maintenant et si ce qu’ils trouveraient compléterait ou invaliderait leurs premières conclusions ?

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