Chapitre 1 La poudre de Perlin pin pin ? …








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Questions pour ambassadeurs.

La première ambassade de la Terre sur Floric comprenait une vingtaine de personnes travaillant sous la responsabilité de Olaf 000 Sterne. Ce dernier vint s’y installer, accompagné de son épouse et entouré d’un personnel trié sur le volet par les Terriens afin d’accomplir le travail. S’y ajoutaient, en tant qu’honorables correspondants, Betty et Kog dont la mission restait tout à fait différente de celles des autres savants et fonctionnaires qui demeureraient dans la grande tour de Floric. De plus, il nous faut mentionner Secco qu’ils présentèrent vaguement comme appartenant, à part entière, à la maisonnée de Kog ! Ils ne dirent pas, mais laissèrent entendre, que Secco pouvait se classer comme un genre particulier d’animal de compagnie. Ne pouvant dissimuler le Ceph, ils choisirent l’option contraire, celle préconisée par Edgar Poe dans sa nouvelle intitulée : ‘la lettre volée’. En clair ils préférèrent mettre Secco bien en évidence. Ils l’installèrent dans son aquarium au milieu du grand hall de l’ambassade. Elle s’y ébattait quand elle ne voyageait pas en compagnie de Kog et de Betty.

Les Sages de la Terre fixèrent à ces derniers, comme axe principal de leurs activités de savoir ce qui se passait dans deux des mondes ‘ non encore aboutis’ et placés sous la surveillance cachée des Fédérés. Ceci devrait de préférence s’accomplir pendant que se raccordaient les réseaux de la Fédération et Nounou/Sapiens ce qui prendrait quelques semaines. Betty et Kog devraient tenter de trouver des réponses satisfaisantes aux questions suivantes :

- Pourquoi les dix à quinze mille ans d’avance que possédaient les plus anciens Fédérés sur les Terriens ne se sentaient ils pas plus ?

- Pourquoi, possédant le bon paradigme et utilisant l’hyperespace pour les transferts d’humanoïdes, ne mirent ils pas au point le système utilisé par le Ceph Voyageur ? Celui qui opérait selon un programme pré établi, la régénération ou le stockage en attente des personnalités utilisant les Mandalas ?

- Comment une question aussi importante put elle leur échapper après tant de temps ?

- Existerait il une menace, un péril grave ou un ennemi redouté dont les Fédérés ne diraient rien ?

- Comment, par exemple, un être aussi intéressant que Hydros put il échapper si longtemps à leurs équipes d’explorateurs ?

- Accessoirement, aussi, quels besoins les poussèrent ils à se fédérer ?

- Et pourquoi tant se réjouir de l’intégration d’un membre de plus ?

Clone Betty et clone Kog décidèrent, une semaine avant de partir, de régulariser leur union et se présentèrent désormais en tant que Monsieur et Madame Traoré. Ils se virent attribuer, dans l’ambassade, un logement de fonction. Du fait qu’ils se trouveraient plus souvent sur d’autres mondes que sur Floric, ils n’attachèrent que peu d’importance à la surface relativement réduite dont ils héritèrent ! Les cent mètres carrés suffisaient largement à l’établissement d’une base fixe. Les dimensions des meubles et la hauteur des pièces tenaient compte de ce que bien des humanoïdes dépassaient les Terriens en taille. Donc, avant de partir de Floric pour effectuer leur première mission, ils embauchèrent une décoratrice locale et lui donnèrent la principale instruction de tout adapter à leur usage. Une partie de la hauteur pouvait facilement devenir un agréable duplex. De plus, la réduction de la taille des meubles et le nouvel aménagement de la cuisine transformerait leur appartement en un habitat bien plus spacieux. Pour la salle d’eau, ils préférèrent laisser la douche et son bac de réception tels quels ! En effet, les dimensions de base prévues par les standards de Floric leurs convenaient parfaitement. Ainsi ils disposaient d’un volume de deux mètres sur trois avec une profondeur de cinquante centimètres. Cela leur procurait une piscine miniature. Tous ces travaux demanderaient du temps et rendraient leur logement provisoirement inhabitable. Ce qui entraîna qu’ils se mettent en quête d’une destination pour commencer immédiatement leur véritable travail.

Parmi toutes les possibilités qui s’offraient à eux, ils pouvaient :

- Visiter les principales autres planètes fédérées. Mais, ils ne pensaient pas que ce genre de tourisme leur procurerait le maximum d’informations susceptibles de les aider à répondre aux questions ci dessus énoncées.

- En variante, en lisant attentivement les rapports des gens qui y pratiquaient de régulières incursions de surveillance, choisir parmi les mondes peuplés d’humanoïdes celui qui leur paraîtrait le plus prometteur ou le plus capable de les aider à mieux comprendre.

- Ou encore, recenser parmi tous les mondes sur lesquels des Mandalas se trouvèrent un jour posés, ceux que n’habitaient pas les humanoïdes, mais, si cela se trouve noté, ceux que d’autres formes d’intelligences dominent. Ensuite, parmi celles ci choisir celles possédant une forme de civilisation ou la connaissance de sciences ou d’organisation sociale. Bref trouver des ‘extraterrestres’ au sens où l’entendaient les anciens auteurs de livres de science fiction.

- Dernière possibilité, se diriger vers des mondes paraissant complètement sauvages et aussi peu explorés que ‘Love’ dans l’espoir de mettre le doigt sur quelque chose les incitant à pousser plus loin que les Fédérés, l’étude de telle ou telle planète.

Après réflexions, supputations, consultations de Secco et lecture de nombreuses d’archives, ils se fixèrent le programme en trois temps, que Sapiens approuva. L’ordinateur précisait que chacune de ces trois destinations apporterait des informations précieuses aux Terriens. Un tel choix les aiderait à mieux comprendre les mondes, l’histoire des Cephs et les propriétés des Mandalas. Toute étude concernant les Cephs apporterait un corollaire utile à une bonne intégration des mathématiques sous jacentes au système des Mandalas. Voici les étapes qu’ils envisagèrent pour dérouler ce programme :

En premier lieu ils visiteraient une planète habitée par des humains ‘ non aboutis’ dont le degré d’évolution correspondait, en gros à quelque chose comme l’époque du début du vingtième siècle chrétien sur la Terre. Cette planète se nommait ‘Bilunes’ désignation qui montre le peu d’imagination du premier visiteur ! Celui ci, frappé par l’existence de ces deux satellites, utilisa cette particularité évidente pour la nommer. La taille de ses habitants correspondait à celle de petits Terriens actuels. Mais, Kog ou Betty ne les dépassaient guère. Betty supporterait sans trop de mal le climat un peu plus chaud que celui auquel elle se trouvait accoutumée en vivant à Washington. Pour sa part, Kog s’y sentirait comme un poisson dans l’eau. La science des habitants ne s’était pas développée de manière similaire ni parallèle à celle des Terriens. En chimie, par exemple, ils utilisaient encore l’analyse par voie humide. Leur aviation restait à inventer complètement. Par contre, en sociologie et en sciences humaines ils atteignaient, pour le moins, le niveau obtenu sur la Terre vers l’époque de Manius. Secco, consultée, insista beaucoup pour que ses amis humains se décident pour Bilunes. Elle se disait conseillée, en ce choix, par le noyau BaFeSi du vaisseau Ceph !

Un détail fournissait un bon argument supplémentaire pour y aller ! La moitié de la surface de Bilunes se trouvait recouverte par un seul océan entourant un unique énorme continent et quelques poignées d’îles et d’îlots. Cette particularité procurerait à la seiche une occasion de savoir s’il existait en milieu marin, une forme d’intelligence supérieure qui dominait. Une espèce du genre de celle des Cephs ou de celle des Cralangs ? Il existait un autre détail favorable du à une accession aisée à cet océan. Cela venait de la position géographique du Mandala d’arrivée, situé à faible distance de la côte, sur le promontoire d’un îlot rocheux. Les livres des anciens visiteurs notaient qu’il existerait un hameau plus ou moins abandonné situé à proximité ? Un générateur bulbe, placé dans une petite chute d’eau, fournissait l’électricité nécessaire aux anciens habitants de ce hameau et les précédents visiteurs venant de la Fédération se décidèrent à s’y brancher discrètement. A cela s’ajoutait le fait, non négligeable, que la précédente visite ne remontait pas à plus de dix huit années. Les informations dont ils disposaient gardaient donc une fraîcheur suffisante pour qu’ils s’y fient. Mais ce qui motiva le plus Betty vint surtout du ‘ton’, du non dit, de l’atmosphère, dans lesquels étaient rédigés les derniers rapports. Ils devinaient, entre les lignes, qu’une grave préoccupation de l’équipe, les avait incités à écourter leur séjour. Ils n’en exprimaient pas clairement la raison ! Ils se contentaient de laisser deviner que les autochtones semblaient se rendre compte de leur réelle identité et des motifs de leur présence !

Donc Betty et Kog visiteraient Bilunes avant les autres mondes.

Le second voyage les mènerait vers une planète peuplée par des êtres, non humains, parvenus au plus haut degré de civilisation jamais détecté par les voyageurs de la Fédération. De plus ils ne manifestèrent aucune hostilité particulière vis à vis des premiers explorateurs. Mais tout humanoïde se rendant en ce lieu devait s’équiper sérieusement. Il devait se munir d’une combinaison isolante (car la température avoisinait les moins cinq degrés Celsius) et d’un masque pour filtrer les molécules de fluor présentes dans l’air ! Sans cette précaution, cet halogène rongerait leurs poumons en quelques heures. Leur séjour, compte tenu de ces dangers, devrait se réduire à un bref passage. Les habitants, d’après ce qu’ils en comprenaient, présentaient l’allure de composés en matière plastique. Ils semblaient complètement lisses et translucides, laissant deviner leurs organes internes. On ne pouvait les comparer à rien de ce qui existait sur Terre, sauf à des protoplasmes ou à la rigueur à des méduses. Leurs formes restaient totalement modifiables en fonction des nécessités. Pour se déplacer, ils extrudaient de leur corps une multitude de petites excroissances et filaient comme des mille pattes. De plus, ils pouvaient rendre plus ou moins dure n’importe quelle partie de leur anatomie. D’après les visiteurs de la Fédération, qui semblaient les craindre plus que de raison, ils pouvaient aussi bien extruder d’eux mêmes une excroissance en forme de hache ou de pince. Totalement au repos ils adoptaient la forme la plus énergétiquement économique : celle d’une grosse goutte liquide aplatie. Celle ci mesurerait plus d’un mètre au diamètre et s’élevait au dessus du sol de quarante centimètres.

Avec leur imagination toujours aussi débordante, les explorateurs nommèrent cette planète : ‘Amibios’ et l’espèce civilisée qui y dominait sous le nom de ‘Silicones’. Cette désignation arbitraire correspondait à un abus de terme. En effet, si l’on ne pouvait nier que la chimie des vivants de ce monde comportait des radicaux fixés sur silicium, (et au moins autant de radicaux accrochés au titane), le reste, plus des neuf dixièmes, dérivait du carbone, comme partout ailleurs. Les visiteurs de la Fédération n’y restèrent que peu de temps et ne purent ramener d’idées précises sur leur degré de civilisation. Mais ils y notèrent la présence de robots mobiles et de nombreux appareils fixes sophistiqués. Secco ne pourrait les accompagner, pour ce voyage là puisque l’eau des océans et mers contenait également trop de fluorures. Les archives ne précisaient pas à quelle date le Mandala de réception se trouva transporté vers ce monde par un vaisseau porteur. Ceci signifiait qu’il s’agissait sans doute de l’une des plus anciennes opérations de ce type. Pour le commun des Fédérés, l’opinion généralement répandue voulait que les mondes non humains ne se visitent que pour résoudre un problème précis. Or, dans le cas de Amibios, il semblait qu’il n’en existe aucun. Cela venait du fait notable que les Fédérés n’avaient pas réussi à établir une communication sensée avec ces ‘silicones’ lesquels semblaient les ignorer complètement. Les gens chargés de la surveillance de ce type de mondes se contentaient d’y jeter un coup d’œil tous les millénaires et de se dépêcher d’en revenir. La dernière de ces brèves visites remontait à un peu moins de huit siècles.

La dernière de leurs explorations amènerait nos amis vers une planète dont la visite restait vivement déconseillée, par les autorités de Floric, car réputée dangereuse. A part quelques plantes, rien de réellement vivant n’existait sur ce monde. On y voyait s’agiter des machines de toutes sortes lesquelles, d’après les rapports, s’entretenaient elles mêmes et ce, juste après de venir de se détruire les unes les autres ! Une légende racontait qu’elles créaient en permanence de nouvelles machines et que la limite ne venait que de la relative rareté des matières premières disponibles dans ce lieu ! Ces engins, selon les dires des explorateurs de la Fédération, semblaient se comporter comme des mécaniques et ne posséderaient aucune assistance de type informatique (... ?) Mais comment le savoir puisque ces visiteurs éprouvèrent à chaque fois une telle trouille, pour ne pas utiliser le terme de panique, qu’ils s’enfuirent comme des lapins vers leur Mandala quelques minutes seulement après leur arrivée ? Seule chose curieuse, les machines ne s’approchaient pas de ce Mandala qu’elles pouvaient sûrement détruire pour en dérober les matériaux.

Les rarissimes et très fugaces visiteurs de ce monde le nommèrent ‘ Mécanica’ et ne trouvèrent pas d’autres désignations que celles de ‘Machines’ pour tenter de décrire ce qu’ils voyaient sur place. Betty et Kog, ne pouvant rien trouver dans les archives concernant l’origine de cet endroit, supposaient qu’au départ, cette planète servait de dépôt dans lequel s’entassaient des appareils obsolètes ou considérés comme dangereux par ceux qui les fabriquèrent. Ceux là donc, ne devaient pas venir d’un monde appartenant à la Fédération, puisqu’on n’en trouvait aucune trace dans les fichiers historiques des soixante  dix neuf mondes humabs. Les volontaires ne se bousculaient pas pour s’y rendre ! D’autant plus que la Fédération déconseillait cette destination et qu’aucun type d’assurance n’acceptait de couvrir les voyageurs, ni même de s’engager à aller les rechercher en cas de péril de mort.

Les trois planètes.

Ces trois expéditions se déroulèrent sur une période de presque deux ans. Après chaque visite, les voyageurs rentraient sur Floric et rédigeaient un premier rapport détaillé dans le cadre strictement privé de leur ambassade. Celle ci, après un tri éventuel, entraient les nouvelles données dans Nounou laquelle, partie intégrante de Sapiens, établissait la liaison avec l’ordinateur central de la Fédération. Puis, nos amis tirant quelques enseignements du voyage qu’ils venaient d’accomplir, partaient pour le voyage suivant. Le récit complet de chacun de ces périples ne paraissant pas indispensable à la compréhension ils ne s’étendirent pas trop sur les suites de ces aventures.

Toutes les questions concernant la géographie, l’histoire, la géologie, les mœurs, les populations, les progrès, la politique, les religions, et autres ne figurent donc pas dans ce que se transmirent les cerveaux électroniques. Pourquoi ? Mais pour éviter toute redondance. Ces éléments existaient depuis bien longtemps dans les rapports que remirent les spécialistes respectifs de ces questions précises. D’autres, poursuivant leurs oeuvres accompliraient leur travail de développement dans ces domaines. Betty et Kog n’en rapportèrent que ce qui leur semblait constituer l’essentiel de leur mission. Ils voulaient mieux comprendre la Fédération et expliciter le comportement qu’elle affichait, en général, vis à vis des autres mondes. En une phrase ils souhaitaient intégrer sa façon de voir les choses et de comprendre les autres. Voici donc, ci-après, les extraits les plus significatifs :

La planète Bilunes.

Lorsque Betty arriva, complètement nue, sur une planète déserte telle que Love cela ne lui posa aucun réel problème. Pas plus que lorsqu’elle se trouva brusquement transférée la première fois dans la salle de réception de la planète Floric et qu’elle vit les combinaisons attendant les voyageurs. Se retrouver dans un vaisseau contenant déjà tout ce qu’il fallait à bord (comme ce fut le cas pour Kog) lui assurait de trouver les vêtements utiles et la nourriture de départ. Dans le cas de leur mission sur Bilunes, ils arrivèrent, à poil, sur un caillou battu par de grosses vagues et démunis de tout. Seule Secco, lâchée immédiatement, trouva immédiatement confort et nourriture. Elle garda le contact télépathique avec Kog dès son immersion et durant tout leur séjour en se manifestant régulièrement par de courts flashes.

La Fédération surveillait ce monde depuis plusieurs millénaires et, après de nombreuses expériences, avait mis au point une procédure que devait suivre tout voyageur ! Des billes d’or pur, passées par le Mandala, se trouvaient stockées à un endroit proche mais dissimulé sous une grosse pierre. De plus cette cachette était, en permanence, recouverte de varechs. Les premiers voyageurs utilisèrent ces billes, en des opérations de troc, pour se procurer les éléments indispensables à leur survie auprès des pécheurs du coin. Ils se prétendirent les naufragés d’un voilier qui venait de sombrer sur les récifs.

Chaque fois qu’une équipe en repartait, elle abandonnait, à disposition de ceux qui viendraient après elle, un récipient étanche de forme tubulaire et de la taille d’une torpille. Il se trouvait immergé au bout d’un solide filin d’acier. A l’intérieur, ils laissaient des vêtements, des outils, des objets qu’ils jugeaient indispensables, des pièces de monnaies. Ils laissaient aussi des carnets imprimés qui semblaient posséder, ici, les qualités combinées des chèques et des billets. Quelques billes de Tungstène, non utilisées, en général, s’y trouvaient jointes en cas de besoin. Ce métal, en ce lieu, valait douze fois plus que le même poids en or. Enfin un rapport écrit dans la langue des ambassades (dont Betty et Kog ne possédaient encore aucune notion) donnait le dernier point des observations et actions réalisées sur place, juste avant le départ.

Les deux Terriens trouvèrent, dans tout ce fatras, quelques vêtements assez flous capables tout de même de répondre à une première nécessité ainsi qu’une longue vue qui leur facilita une observation discrète à distance. Ils virent, dans le village, en face du rocher, de quelle manière précise, il leur faudrait se vêtir, se chausser et s’équiper pour établir un premier contact. Ils recommencèrent à s’habiller, mais mieux cette fois ci. À l’aide d’une ligne, ils cherchèrent à pécher un peu, pour pouvoir manger. Il est probable que sans l’aide de Secco, ils auraient dû se résoudre à jeûner. Mais la seiche leur indiqua ce qu’ils pouvaient accrocher aux hameçons et où lancer les lignes. Il ne se passa donc que très peu de temps avant que trois beaux poissons, genre mulets, ne se trouvent pris et ne grillent. Avec des morceaux de bois secs laissés sur le roc par une grande marée ils allumèrent un bon feu. Betty déclara que sur une planète comportant deux lunes il devait se produire d’importants mouvements dans les eaux !

Après leur repas ils discutèrent de la meilleure façon de poursuivre. Ne possédant aucune notion de la langue parlée sur place il leur fallait, en premier lieu, en apprendre assez pour comprendre cette civilisation. D’autre part, la manière assez sournoise utilisée par les gens de la Fédération pour observer en douce les mondes peu évolués, ne correspondait vraiment pas à leur éthique ni même à leurs caractères. Ils préféraient, au contraire, se montrer ouvertement et ne pas cacher leur légitime curiosité ! Ils gardaient l’espoir de pouvoir échanger des idées et des informations avec les gens qui vivaient en ce lieu.

Pour cette raison ils allumèrent bien ostensiblement leur feu et se préparaient à entreprendre une petite nage vers le port tout proche. Ils n’eurent pas à se donner ce mal car un bateau, style garde côte, se dirigea droit vers eux. Sur le tillac, un individu gesticulait d’abondance en tentant de leur indiquer quelque chose à l’aide de ses bras. Ils s’approchèrent de la partie plus basse de leur rocher, laquelle pouvait certainement se considérer comme un substitut d’appontement et attendirent le sourire aux lèvres. Le bateau ne parvenait pas à se stabiliser car aucune bite d’amarrage ne permettait de le fixer. Plusieurs personnes à bord, leur indiquèrent par gestes, de sauter sur le pont, ce qu’ils accomplirent aisément. Aussitôt, pour ne pas se trouver drossée contre le roc, l’embarcation repartit en marche arrière. Kog et Betty eurent juste le temps de ramasser les sacs à dos, contenant le bazar qu’ils venaient de préparer et de les enfiler avant le saut.

Celui qui devait assumer les responsabilités à bord leur adressa la parole. Ne comprenant rien, ils exprimèrent leur ignorance par mimiques ce qui entraîna le rire de leur interlocuteur. Il donna un ordre assez bref à l’un de ses assistants et celui ci revint en rapportant deux coiffes évoquant des casques de moto, mais munies de grandes oreillettes. Il les leur tendit en rigolant. Lorsque ces engins se trouvèrent ajustés sur leur tête, le ‘capitaine’ sortit de sa poche un genre de téléphone portable, sans fil, dans lequel il commença à s’exprimer. Dans leurs écouteurs, au début, ils ne comprirent absolument rien ! Mais, cela devait être prévu dans leur système, car tous les supposés matelots attendaient patiemment. L’homme répétait inlassablement les mêmes deux ou trois phrases. Après une vingtaine de minutes et alors que le bateau entrait au port, soudainement, ils comprirent parfaitement, sinon les mots, du moins avec précision leur sens général :

« Vous qui venez d’un autre monde : Soyez les bienvenus sur la planète aux deux lunes ! Je vous précise que cet instrument n’a rien d’une machine à traduire2 mais qu’il vous enseigne notre langue. Vous devrez le garder sur vous jusqu’au lever du prochain jour. Ne soyez pas effrayés par ce que vous ne comprendrez pas, nous vous expliquerons tout plus tard ! »

Kog savait déjà qu’il ne s’agissait pas de la télépathie, car il ne recevait rien d’autre que quelques images lui venant de Secco, se baladant bien en dessous du niveau de la mer. Betty pensa que ces gens là possédaient une avance considérable sur les Terriens (et certainement sur les Fédérés) en ce qui concernait les sciences de la psychologie et de la communication. Elle se dit que les mimiques exprimées par les humains, et quelques fois même par des animaux aussi avancés que le singe ou le chien, pouvaient comporter des constantes universelles ! Donc elle pensa qu’ici, ils enregistraient, traduisaient et analysaient ainsi, peut être, les éléments que les enregistreurs des ondes encéphaliques des casques leur fournissaient. Pour les Bilunaires, comme les baptisa Kog, cela paraissait ne constituer qu’une simple opération de routine. Visiblement ils n’éprouvaient pas de surprise et connaissaient l’existence de visiteurs venant d’ailleurs. Ils semblaient plutôt s’en amuser, ce qui devenait un peu plus difficile à interpréter pour nos Terriens !

Tandis que chacun se livrait à ses propres réflexions, les protagonistes ne manquaient pas de s’observer réciproquement, les uns les autres. Ces gens et les Terriens se ressemblaient comme des frères. Le seul point qui les différenciait nettement de la plupart des Fédérés, résidait dans l’épaisseur de leur épiderme, double ou triple de celui des Terriens. Ceci se remarquait particulièrement à l’endroit des plis du poignet ou du cou ainsi que dans la forme des rides. Ils paraissaient recouverts d’un véritable cuir et d’un système chevelu bien plus dense que celui de Kog, pourtant d’ethnie Bambara ! Betty savait que les différences physiques dans les mondes peuplés d’humanoïdes viennent toujours de facteurs extérieurs. La conclusion logique qu’elle en tira, l’amena à supposer comme éminemment probable l’existence de plantes très urticantes. Elle envisagea également, en variante, la présence d’insectes piqueurs à longues trompes, voire munis de dards impressionnants. Elle se trompait, mais ses hypothèses de base restaient proches de la réalité.

Au bord du quai, un groupe d’officiels paraissait les attendre. Ces responsables locaux, sachant pertinemment qu’ils ne comprenaient pas encore bien la langue du cru, se contentèrent de leur adresser, pour un bon accueil, des signes valables sur tous les mondes humanoïdes, fédérés ou non ! Cela comprenait des sourires montrant leur dentition, une position des bras largement ouverts mettant en évidence l’absence de toute arme et l’affichage de mines réjouies pour forcer l’empathie réciproque.

Les gens du bateau descendirent à quai pour rejoindre le comité d’accueil et les Terriens montrèrent les mêmes signes de convivialité. Ce protocole achevé et sans autre perte de temps, ces gens les menèrent, en troupe et bien au milieu de leur groupe, vers un véhicule. Ce dernier ressemblait assez à ce que, du temps de Mat Ducerf, les Terriens nommaient un autobus ou un autocar. Quatre d’entre eux, les notables, sans doute, prirent place à l’avant et leur montrèrent comment s’installer confortablement sur les couchettes de l’arrière. Il fallait donc prévoir que le voyage durerait assez longtemps pour qu’ils éprouvent le besoin de dormir. Juste avant qu’ils ne s’allongent, l’un d’entre eux vint, timidement toucher de son doigt épais et rugueux, la peau fine de Betty et prit alors une décision. Il alla jusqu’à un coffre, en sorti deux grands sacs en plastique de deux mètres sur un et leur expliqua par signes de s’y introduire. Lorsque cette manoeuvre se trouva exécutée selon son souhait, il vérifia le lacet qui resserrait le sac autour de leur cou respectif et s’assura que les casques cachaient bien leurs oreilles. Puis, il leur indiqua, toujours par sa gestuelle, de s’allonger. Il semblait redouter une réaction vive de leur part, pensa Kog. Mais les Terriens ne pouvaient rêver, pour eux, d’une meilleure introduction à l’exploration de cette planète. Ils se plièrent volontiers aux exigences de leurs hôtes. Le véhicule roulait depuis déjà une demi heure sur une chaussée bien entretenue et ne produisait que peu de bruit. Autour d’eux, la nuit tomba vite, puis la première lune sortit, mais sa lumière ne les réveilla pas. La seconde lune éclipsait un peu le soleil levant quand le voyage sembla parvenir à son terme. A moins qu’il ne s’agisse uniquement d’une étape obligatoire ? Le véhicule ralentissait et il devenait évidant qu’un arrêt se produirait sous peu.

Betty la première, puis Kog, sortirent de leur plastique et enlevèrent les casques. Ils constatèrent avec grand plaisir que les bruits des conversations de leurs accompagnateurs se trouvaient maintenant complètement intelligibles pour eux. Puis, repliant les sacs dans lesquels ils venaient de dormir, dans un souci de participation au travail commun, ils virent sur la couche, grouiller une multitude de petites bêtes. Cela provoqua, chez eux, un mouvement de recul involontaire que Betty, toujours très scientifique, maîtrisa la première. Elle avait aussitôt identifié ces vermines comme appartenant à une espèce géante d’acariens.

Le terme de ‘géant’ - auquel elle pensa immédiatement - restait un abus de terme car il correspondait à l’exagération provoquée par sa surprise ! En effet, en y regardant de plus près, ils ne mesuraient que le triple ou le quadruple de la taille de ceux qui vivent dans les draps des Terriens. Ce qui les rendait hideux venait de ce que, sur cette planète, on les voyait à œil nu, alors que pour apercevoir ceux de la Terre il faut utiliser une très forte loupe. Là, comme ailleurs, ils vivaient sans doute en symbiose avec les humanoïdes en se nourrissant de leurs desquamations et en se gavant avec délices de peaux mortes. Sur Terre, la plupart des gens connaissent leur existence mais ne veulent pas les voir tant ils sont laids et horribles ! Le plus souvent, par un mécanisme de défense psychologique, ils les oublient. Quelques puristes traitent leur literie à la vapeur, régulièrement, tous les quelques mois et changent leurs draps plus fréquemment que les autres. Mais le subconscient collectif décidait, de préférence, de les oublier. Ici, la peau des autochtones se montrait plus épaisse. Ce phénomène devait se trouver lié à des facteurs climatologiques tels que de brusques changements de température au cours des cycles de la planète. En effet, les deux lunes en opposition devaient multiplier les ombres et les éclipses. Les acariens, pour pouvoir vivre, durent s’adapter et il fallait reconnaître que des gens aussi civilisés que les habitants des planètes fédérées pouvaient s’effrayer de les voir grouiller ainsi ! Les actuels habitants de la Terre éprouveraient la même aversion ! Mais, pour le mélange psychologique, la fusion plus ou moins bien réalisée, entre clone 001 Traoré et le Kog d’origine (tel qu’il existait au même âge) ce grouillement de petites bêtes ne présentait rien d’inquiétant ! Kémémani dans sa jeunesse dormit souvent à même le sol et écrasa fréquemment un scorpion de belle taille d’un bon coup de talon. Quant à son clone, grâce à l’entraînement particulièrement dur qu’il dut subir, grâce aussi aux missions périlleuses qu’on lui confia, il considérait que les insectes et bestioles ne valaient pas qu’il leur accorde la priorité. En ce qui concernait la Betty de base, elle triomphait de sa répulsion instinctive par le raisonnement. Par ailleurs, son clone, aguerrie par ses séjours chez les pygmées, ne se frappait pas outre mesure. Elle se souvenait que, chez ces petites personnes, un plat d’insectes peut parfois constituer un plat goûteux et toujours un apport précieux de protéines animales !

L’individu qui paraissait le responsable s’adressa à eux pour, en premier lieu, vérifier s’ils comprenaient bien. Puis, ensuite pour s’étonner de leur manque de réactions vis à vis des acariens. Il lui semblait clair qu’ils comprenaient tout, mais sauraient ils répondre ? Kog se décida à tenter un essai en s’exprimant naturellement, comme sur Terre, pour voir : « Nous vous comprenons et nous vous remercions de votre accueil. Votre appareil vous permet il également de me comprendre ? ».

« Parfaitement ! J’ai gardé une liaison permanente avec vous durant votre période d’apprentissage. Donc, de mon côté, je sais votre langue de base. Celle ci a été enregistrée et n’importe lequel d’entre nous pourra demander que nos appareils la lui ‘ instille’, si nécessaire. Il y a bien longtemps que personne de la Fédération n’a pris la peine de venir nous rendre visite et les derniers qui vinrent sont encore pour une bonne occasion de rire et ils suscitent encore de nombreuses plaisanteries ! ». « Ah ! Oui ? En quoi ? ».

« En premier lieu en essayant de s’infiltrer chez nous comme leurs prédécesseurs, sans que nous ne les remarquions ! Alors qu’un simple coup d’œil sur leur peau suffit à les identifier ! Secondement, au lieu de chercher à communiquer où à établir un rapport direct avec nous, ils ne trouvèrent aucune occasion d’acquérir notre langue et nous continuons à nous interroger sur les motifs réels de leurs visites. Mais notre hilarité vient surtout de la façon dont ils repartirent de chez nous. Les derniers ne restèrent, en fait, que deux jours ! Le premier de ces jours, ils restèrent cachés sur leur caillou en mer ! Le second, ils se rendirent dans une auberge du port. Là, ils retinrent, en s’exprimant par gestes, des chambres dans lesquelles ils se couchèrent en toute innocence et sans savoir quoi que ce soit concernant nos acariens. Il s’agissait, sans doute pour eux, d’une première étape en vue d’une exploration progressive de notre monde. Mais, au milieu de la nuit, l’un d’entre eux se réveilla et vit sur quel nid de petites bestioles il dormait ! Il poussa un horrible hurlement qui réveilla tous ceux qui logeaient dans cette auberge. Sans même attendre le lendemain, ils repartirent en courant et on ne les a plus jamais revus. Nous en rigolons encore ! J’ai pu constater que, pour vous, après la première surprise, votre réaction se présente comme très saine. J’ajoute que je me réjouis, en mon nom et au nom de notre conseil des anciens, que vous veniez nous voir, désirant lier connaissance avec nous, et ce, sans vous cacher le moins du monde ».

Le bus entrait dans la cour d’une énorme construction qui, semble t il, devait servir de bâtiment officiel. Il stoppa devant un perron où une dizaine de dignitaires attendaient. A leur descente, Betty et Kog reçurent de nombreux compliments et expressions de politesse. Ensuite, les dignitaires les accompagnèrent jusqu’à une grande salle. Dans ce lieu une bonne cinquantaine d’individus siégeaient, au milieu de cent places vides. Betty et Kog pensèrent que, sans doute, pour des raisons de distances ou de disponibilités, tous ne pouvaient se trouver là en aussi peu de temps. Sur une estrade, ils virent une longue table placée face à l’assistance et leurs hôtes les prièrent de bien vouloir y prendre place en occupant les sièges du milieu. Celui qui devait exercer le rôle de chef ou de Président, sans montrer d’impatience attendit que le bruit des chaises remuées et des voix s’arrête de lui même. Puis, lorsque le silence régna, il commença à s’exprimer très directement :

« Madame, Monsieur, sachez le d’emblée, vous n’êtes pas, pour nous, les premiers visiteurs venus d’autres mondes dans le but d’étudier notre planète ! Bien des voyageurs, au cours des millénaires passés, vinrent ici et laissèrent, dans nos légendes, des traces durables de leurs visites. Pour les plus anciens contacts, notre civilisation existait encore à l’état embryonnaire et nos ancêtres barbares les reçurent comme des divinités. Pour le plus récent, celui qui précéda le vôtre, notre progression, notre évolution venaient de réaliser de grands pas en avant. Et cela s’accélérait de siècle en siècle. Du fait même de cette maturation de nos esprits vos derniers envoyés nous parurent amusants et même assez ridicules. Chaque monde suit son propre développement et ce que nous savons diffère sur de nombreux points de ce que vous savez ! Même si, sur de nombreux points, nos sciences purent progresser de manière identique. Cette vérité se vérifie dans sa réciproque. Nous éprouvons, par exemple, et depuis une cinquantaine d’années, de grandes difficultés à réaliser des machines qui puissent voler ! Nous voudrions pouvoir nous en servir pour effectuer de longs voyages d’un point à un autre de ce globe. Vous devriez pouvoir nous aider à progresser dans cette voie de la connaissance si, pour vous, ce problème appartient à ceux que vous maîtrisez bien depuis longtemps. Nous déduisons en effet, par une logique évidente, que venant de l’espace, il semble plus que probable que vos débuts se portèrent vers la réussite de vols atmosphériques sur votre propre monde. Donc, une fois cela acquis, vous ne songiez ensuite, qu’à voyager vers d’autres planètes. De notre côté, nous connaissons assez bien les mécanismes du psychisme et les possibilités des cerveaux humains. D’ailleurs, et sans indiscrétion volontaire de notre part, nous venons d’apprendre que vous ne connaissez pas les machines à intégration de langues.

Vous devez savoir, par les précédents visiteurs, un certain nombre de choses sur nous et nous ne voyons aucune raison valable pour vous cacher quoi que ce soit. Il nous semble évident que vous ne dissimulez aucune idée de conquête car vous venez sans arme et par groupes minuscules. Pouvez vous nous en dire plus sur vous et nous parler un peu de votre monde et éventuellement des autres planètes que vous connaissez ? »

Betty se leva tout en prenant la parole à son tour. Elle s’exprimait assez lentement et en articulant bien, car elle s’appliquait à éviter le moindre contresens en utilisant une langue si nouvellement acquise. :

<< Je me présente en tant que Betty et je me trouve liée en couple avec mon époux qui se nomme Kog. D’autres noms et références plus complexes nous désignent, mais ici, ne nous compliquerons pas les choses : ces désignations courtes et faciles à retenir devraient suffire. Nous venons, à l’origine de nos voyages, d’une planète lointaine qui se nomme Terre et nous désignons la vôtre sous le nom de Bilunes. Nous voyageons en simples curieux car notre planète vient seulement d’entrer dans une Fédération de mondes qui en comporte, maintenant, quatre vingts. Mais les mœurs des Terriens diffèrent beaucoup de celles des autres Fédérés. Nous ne voyons pas quel intérêt nous trouverions à vous dissimuler quoi que ce soit et vous nous trouverez prêts à collaborer avec vous autant que nous le pourrons. Nous souhaitons vivement nous montrer capables de répondre à votre attente. Les autres mondes de la Fédération partent de l’idée que seules les planètes dont l’évolution arrive assez loin peuvent se voir admises en son sein. Mais ils ne tentent jamais rien pour accélérer les choses. Ils utilisent, entre autres, un critère pour mesurer cela : la maîtrise d’un certain paradigme expliquant l’Univers. Ils attendent donc qu’une planète découvre par elle même cette théorie pour la considérer comme recevable. J’exerce moi même la profession de physicienne et je me spécialise en ce genre de science, mais jamais je ne songerais à considérer qu’un degré de civilisation se mesure avec une seule idée en tête, cela deviendrait grotesque ! Mon compagnon et moi, profitons des facilités de transports interplanétaires mises à notre disposition par la Fédération pour nous promener et apprendre.

Mais nous ne refusons pas du tout de vous aider si nous le pouvons ! Nous n’emmenons, dans ce genre de voyage, que nos corps nus et nous ne pouvons pas vous ouvrir des livres de sciences. Mais nos esprits peuvent vous enseigner ce que nous savons ! Par exemple, je me trouve parfaitement à même de vous exposer quelques bons principes d’aérodynamique et de vous dessiner quelques formes de machines qui voleront. De son côté, Kog a utilisé des engins volants sans moteurs, sortes de grandes toiles tendues qui permettent de sauter depuis des hauteurs et de réaliser de longs vols. Nous pouvons également vous montrer comment fabriquer des ballons gonflés avec des gaz légers. Je dois vous dire que ceci ne constitue, dans notre esprit, qu’un premier contact et que nous ne prévoyons pas un très long séjour, mais nous vous aiderons du mieux que nous le pourrons. Je laisse la parole à mon compagnon. »

Elle se posa sur sa chaise tandis, que Kog, à son tour, se levait pour parler :

« Personnellement, je me sentirais très heureux de pouvoir vous aider à avancer dans les chemins que nous connaissons mieux que vous ! En échange, je me montrerai le meilleur élève possible si vous voulez bien m’enseigner comment réaliser une machine à intégrer les langages. Je dois, pour ne rien vous cacher, vous dire que nous ne sommes pas venus seuls, mais accompagnés d’un être marin très intelligent qui vit dans nos océans. Je reste en liaison télépathique permanente avec lui. Je ne sais pas encore si, sur Bilunes, vous connaissez une espèce semblable ? Mais je peux vous dessiner sa forme sur la grande feuille qui se trouve placée là, sans doute, dans ce but ? »

. « Veuillez, je vous en prie, illustrer votre propos par un dessin »

Kog esquissa, aussi bien que possible, la silhouette de Secco et il se produisit quelques murmures dans la foule. Alors il déclara :

« Voici Secco, la seiche qui nous rend de grands services et que je considère comme une amie personnelle. Existe t il une espèce semblable chez vous ? ».

« Pouvez vous nous indiquer quelle taille a cette Secco quand elle arrive à l’âge adulte ? »

Kog répondit en écartant les mains pour indiquer une taille de un mètre et vingt centimètres environ et reprit :

« Secco semble arriver à la croissance moyenne de son espèce, mais nous ne savons pas tout. Nous dirons qu’il en existe de plus petites et de plus grandes. D’autres animaux, moins évolués, possèdent également des formes avoisinantes, cela évoque t il quelque chose pour vous ? ».

« Tout à fait ! Nous ne connaissons pas directement un tel spécimen, ni aucun animal qui s’en rapproche. Par contre, dans l’une de nos îles, il existe un monument qui représente exactement ce que vous venez de dessiner. Seulement il mesure cinq fois votre propre taille et se trouve dans l’entrée d’une grotte décorée de gravures, qui nous restent incompréhensibles. Ces figures montrent la vie de ces animaux marins dans les océans. Depuis notre plus haute antiquité nous considérons cet endroit comme sacré et terrible car, selon la légende jadis, nos ancêtres y sacrifiaient des humains en les abandonnant dans la grotte. Personne ne les revoyait jamais plus ! Maintenant, ce lieu n’attire pas trop les visiteurs, sauf de rares scientifiques qui cherchent toujours à en comprendre la signification. Nous en utilisons les images pour effrayer les enfants qui ne se montrent pas assez disciplinés ou aimables. Trouveriez vous un quelconque intérêt à ce que nous vous y conduisions ? »

D’une seule voix, Betty et Kog répondirent par l’affirmative.
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