Chapitre 1 La poudre de Perlin pin pin ? …








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LIVRE DEUX
Le monde des Cephs.


Avertissement pour ce « Livre deux » :

Je ne possède aucun instrument me permettant de reproduire les différentes langues ou moyens de communication dans leurs versions originales. Considérez que je m’accorde une licence d’auteur et que, pour rendre le tout aussi intelligible que possible, j’utilise le français courant. Pour éviter les erreurs de traduction qui conduisent souvent à des quiproquos, je me contente de limiter mon vocabulaire en le réduisant à un langage véhiculaire. Ainsi, si un curieux s’amusait à compter les différents mots auxquels je recours, il en trouverait certainement moins de trois cents. Je me suis rattrapé, comme je le pouvais, en créant de nombreux néologismes qu’on voudra bien me pardonner.

L’avertissement figurant au premier tome reste encore valable pour le second. Soyez patients et essayez d’aller jusqu’au bout de la saga si vous souhaitez obtenir toutes les réponses aux questions qui vous interpellent.

Marcel Herzberg.

Chapitre 1

« La poudre de Perlin pin pin ? …

C’est bien, bien, bien ! »


Merlin
OLAF STERNE

Olaf Sterne se trouva chargé de coordonner les études préalables aux problèmes soulevés par la possibilité d’expédier un « Mandala de Ducerf » sur l’une des deux planètes habitables les plus proches de la Terre. Les astronomes ne purent en sélectionner d’avantage, car toutes les autres semblaient bien trop lointaines et donc hors d’une portée réaliste. Comment décida t on ce qui pouvait s’envisager de ce qui resterait pour encore longtemps hors de notre portée ?

Tous ces mondes se trouvaient tellement loin ! Loin, oui, mais loin comment ? En terme de temps de voyage cela dépendrait surtout de la vitesse que l’on saurait donner aux vaisseaux. Mais ne pouvait on l’exprimer un peu mieux en utilisant l’année lumière, l’ancienne unité astronomique ?

Cette forme de mesure, employée quelques siècles plus tôt, ne pouvait plus s’appliquer depuis que la Théorie de Chassman² Berlier démontra, en huit cent soixante trois A.A. , que la lumière ne se propageait pas dans le vide à une vitesse constante, mais à une vitesse uniformément accélérée. Bien sûr, on pouvait utiliser la valeur théorique de l’ancienne année lumière, même si cela ne correspondait plus à rien. Mais à quoi bon ? Calculer le temps effectif du ou des voyages, en les traduisant dans leurs valeurs exactes exigeait que l’on connaisse les paramètres complets du calcul intégral. Disons alors simplement que ces deux planètes se trouvaient à une distance d’environ six anciennes années lumières, plus ou moins six pour cent. Des instruments, restés sur notre planète, suivraient le ou les vaisseaux depuis la Terre et la ou les trajectoires de ceux-ci subiraient les rectifications voulues à chaque fois que leur route initiale s’écarterait du programme.

De toutes façons, peu de savants s’inquiétaient de savoir combien de temps mettait la lumière émise par tel ou tel monde, pour parvenir jusqu’à nous ! Il importait surtout de connaître quelle durée de voyage il fallait envisager pour qu’un navire, porteur de Mandala, atteigne le monde visé. Les deux mondes envisagés, présentaient des atmosphères contenant de l’oxygène et de l’azote et montraient la présence d’eau. Aucune sonde ne put fournir d’autres paramètres fiables. Les natures des sols en restaient quasi inconnues, les savants analysèrent les spectres de la lumière réfléchie et en tirèrent quelques données. En gros, ils dirent que les sols, là bas, présentaient des compositions des plus classiques. Et puis, à quoi bon discuter plus avant, puisque tous les autres mondes pensables restaient bien trop éloignés.

Pensable, certes, se dit Olaf, mais cela représentait tout de même un sacré problème si l’on savait que la meilleure vitesse de croisière à laquelle on pouvait prétendre, dans l’état actuel de la science, restait de l’ordre de cent cinquante cinq kilomètres par seconde. Et, encore, pour y parvenir, il fallait opérer cinq accélérations successives. A peu près deux cents fois moins rapide que la lumière, supposée dotée d’une vitesse uniforme dans le court laps considéré. Ce qui voulait dire que le voyage, entre le moment du départ de l’expédition et celui de l’arrivée du Mandala, prendrait mille deux cents ans. Certes, la vie humaine gagnait un peu en longévité chaque année, mais tout de même !

Lorsque Olaf reçut la lourde responsabilité de diriger le projet, il atteignait à peine ses quarante ans, donc son espoir de vie n’allant pas plus loin que la moyenne actuelle, il pouvait espérer atteindre environ cent trente cinq ans. Seuls ses lointains descendants sauraient si la mission à laquelle il consacrait désormais tout son temps et toute son énergie se termina par un échec ou se trouva couronnée de succès…

 ... Tout de même, pensa t il un peu trop rapidement, si je partais de l’idée d’un vaisseau n’emmenant rien de vivant à son bord, cela me simplifierait bien des problèmes. En premier, celui du poids de l’engin au moment du départ. Dans cette hypothèse non seulement le poids des provisions de bord décroîtrait mais, de plus, on pourrait carrément supprimer tout ce qui, lors de la onzième tentative, concernait le confort et les moyens d’existence des passagers ... Puis, il se rendit compte de la sottise de cette réflexion ! Il ne pouvait pas penser à l’économie de nourriture, ni à celle de l’eau, ni à celle d’un certain confort car lorsqu’on utiliserait le second Mandala pour expédier un voyageur, celui ci arriverait nu ! Il devrait donc, pour survivre, trouver une infrastructure d’accueil. Il fallait, par conséquent, que le vaisseau qui amène le premier Mandala puisse devenir sa maison, sa source de nourriture et de vêtements, jusqu’à ce qu’il s’adapte suffisamment au milieu. Mais il ne fallait pas jeter le bébé avec l’eau du bain ! Il pouvait penser à un vaisseau capable de déposer automatiquement le Mandala de réception et organiser sa cargaison pour qu’elle puisse permettre à un ou deux voyageurs sortant nus du Mandala, de survivre en s’y abritant et en trouvant assez de vivres, de médicaments, de vêtements et autres pour tenir un an. Beaucoup moins en tous cas que ce que contenait le vaisseau de la onzième avec ses passagers éveillés ou en stase thermique et tout ce qu’il leur fallait pour qu’hommes et animaux tiennent six mois éveillés et le reste en stase ! Il tenait là un début d’amélioration qui ne résolvait que le problème du poids initial et des équipements de bord. Mais il le considéra comme un premier point d’acquis !

Olaf pensa, poursuivant son travail intellectuel, qu’il devrait quand même fixer comme objectif aux ingénieurs, de parvenir à doubler, si possible, la vitesse maximale actuelle. Pour savoir si cette perspective appartenait à une probabilité d’espérance raisonnable, il demanda à Moïse 238 Yard de venir le voir pour en parler avec lui. Tout le monde, au C.T.B. (centre technologique mondial de Berne), le nommait simplement Mo, de même que pour lui, on se contentait de Olaf. Mais la manière de nommer les gens depuis le sixième siècle A.A. ne comportait que trois blocs : deux groupes de lettres séparés par un nombre de trois à cinq chiffres. Parmi les milliards de combinaisons possibles on essayait de garder, de préférence, un condensé prononçable. Tout le monde s’en foutait d’ailleurs, sauf l’administration. Dans chaque microcosme où les gens vivaient, ils se contentaient de courts sobriquets, et cela suffisait amplement. On prononçait ou on écrivait le nom officiel en entier seulement quand cela s’avérait nécessaire pour satisfaire aux exigences d’une administration ou pou éviter une confusion.

Mo arriva très vite, d’un petit coup de libellule, et, détendu dans une chaise longue, sur la terrasse abritée, à côté de son patron, buvant une citronnade considérée comme une spécialité du Centre, ils parlèrent en regardant les engins volants se déplacer dans le ciel. Le débat porta, tout d’abord, sur le poids auquel on pourrait se limiter sans mettre en péril la vie du futur voyageur. Ce sujet « bateau » ne constituait, pour eux, qu’une mise en jambes. Très vite, Olaf aborda les aspects concernant la vitesse et Mo lui indiqua son propre point de vue : Pour ce qui concernait les résistances mécaniques du vaisseau au cours du lancement et aux étapes d’accélération, les calculs démontraient que la vitesse limite ne devrait pas dépasser trois cent trente trois kilomètres par seconde. Aux niveaux actuels de nos possibilités et techniques, on ne pouvait pas raisonnablement envisager d’atteindre une telle vitesse, et ce, de très loin ! Ce qui constituait le principal obstacle à un tel espoir venait de la nécessité, au moment du départ, de lancer tous les étages simultanément alors qu’on savait qu’on devrait ensuite les éjecter, les uns après les autres. Exactement après leur contribution à créer un supplément de poussée. Mais leur masse totale, au moment du départ, multipliait le problème par dix ou douze.

Olaf demanda si, en variante du procédé classique de lancement, on n’envisagea jamais, par le passé, de tenter des essais au cours desquels on ne devrait pas abandonner les étages mais les brûler en tant que combustible supplémentaire ? Mo voulu savoir si Olaf se référait, par allusion, aux fusées de feux d’artifices, aux anciens avions à réaction ou s’il pensait à autre chose ? Olaf répondit volontiers en se jetant à l’eau, car il craignait toujours de se montrer ridicule : « Je vais poser une question stupide, mais si les étages comportaient une enveloppe combustible et susceptible de brûler à la même vitesse que le contenu, ne gagnerait on pas beaucoup sur le poids initial ? »

« Si cela ne nous saute pas à la gueule, je réponds : oui ! Ce qui implique qu’on devrait utiliser uniquement des propergols en poudre. Donc, et si je saisis bien votre idée, nous fabriquerions l’enveloppe avec la même poudre. Le même propergol solide mais mis en forme par compression et possédant mécaniquement suffisamment de rigidité pour pouvoir retenir le combustible pulvérisé. Voilà une idée qui me semble bonne à creuser mais, pour l’instant, je ne vois aucun produit chimique qui existe et qui pourrait convenir. Pourtant cette hypothèse me séduit et, de ce fait, je vais lancer mes chimistes sur cette piste. Je ne peux pas complètement exclure qu’on puisse trouver une voie à suivre, ou mieux une idée nouvelle, en consultant la littérature spécialisée. Mes techniciens examineront les textes anciens à la lumière de nos possibilités actuelles. »

« J’aimerais effectivement que vous lanciez très vite une telle recherche ! Mais, pendant que vos équipes se pencheront sur ce sujet, je souhaite vous orienter vers une réflexion approfondie concernant d’autres questions. Voici la première : quelle chance de survivre gardera ce fameux voyageur dont la dissociation durera, dans le meilleur des cas, plus de six ans ? A moins que, par une sorte de miracle, et selon Ducerf, le passage entre les deux Mandalas ne s’effectue en temps nul ? Puis, quand vous me proposerez votre réponse, je vous inciterai à penser à cet autre problème : Quel moyen de retour pouvons nous proposer au voyageur pour apprendre de lui ce qu’il sait de cette nouvelle planète ! Je vous signale que des questions de ce genre, je me sens capable de vous en remplir toute une valise ! ».

Mo, riant avec lui rétorqua :

« Je comprends, vous allez me demander quelque chose du genre : Doit on lui envoyer une compagne si on ne peut le ramener de là bas ?  De toute façon votre stock de questions restera toujours plus important que mon stock de réponses ! Mais, concernant le premier point je vous rappelle que dans la théorie de Ducerf, au cours du transfert par Mandala, pour une question d’entropie, le temps disparaît - ou, plus exactement que la reconstitution du voyageur dissocié s’opère, très exactement, aux temps de référence de son départ- Je pense ‘aux temps’ au pluriel et non au singulier pour m’aligner sur le paradigme de Ducerf. »

Ils se séparèrent fatigués de l’effort qu’ils venaient de fournir. Cette époque du distributionnisme, incitait, de plus en plus, les gens à s’amollir complètement et les laissait sans beaucoup de ressort. Le moindre travail, physique ou mental les épuisait. Sans antagonistes ni difficultés de survie, ils devenaient progressivement de gros marmots dorlotés ; des larves, en quelque sorte. Olaf s’en rendait parfaitement compte car le plus important des problèmes à résoudre viendrait de la difficulté qu’ils éprouveraient à trouver et à former des voyageurs qui puissent affronter l’inconnu d’une planète lointaine et y survive suffisamment de temps pour envoyer quelques messages radio, lesquels ne parviendraient à a Terre que six ou sept ans après leur émission ...

Mo alla au plus simple, il publia, sur plusieurs sites de l’Araignée, sa demande d’informations et de bibliographie concernant l’histoire des mélanges de propulseurs en poudre en envisageant de remonter jusqu’à l’origine de la technique des pétards, en Chine, au douzième siècle de l’ère chrétienne. Le nombre de réponses reçues durant les quinze premiers jours se révéla proprement impressionnant et il dut organiser un service de vingt personnes pour opérer un premier tri et sélectionner, là dedans, ce qui apportait réellement quelque chose d’utile. Le public se passionna pour la question posée car Mo, dès le début, ce dernier précisa et même souligna que la recherche concernait le projet de la future douzième tentative de voyage interplanétaire.

La Grande Quête venait de se terminer, bien des gens se trouvant assez désœuvrés, se sentirent ravis de pouvoir ronger un nouvel os. Grâce à eux, on put établir une étude exhaustive très complète qui résumait l’ensemble des connaissances acquises sur le sujet. Mo s’y attela pendant quelques semaines. Ce qu’il en tira ne représentait qu’une habile compilation de connaissances actualisées. Hélas, rien de nouveau ou d’étonnant n’en sortit !

Pourtant, six mois plus tard, il reçut une demande de rendez vous venant d’un chimiste bibliophile qui prétendait tenir quelque chose d’intéressant et désirait lui en parler face à face. Les demandes de ce genre restaient rarissimes car il n’existait, en général, aucune raison valable de prendre la peine de se déplacer ! Tout, en effet, pouvant se traiter par les moyens normaux de communications qu’offraient l’Araignée, le fax, la vidéoconférence, le téléphone et le visiovox.

Mais l’homme, Woglu 751 Job, dit « Wog’, pour appuyer ses dires, expliqua qu’il possédait un document précieux qu’il souhaitait lui montrer dans le cadre de l’actuelle enquête, mais qu’il ne voulait pas prendre le risque de s’en séparer, compte tenu de sa fragilité. Olaf curieux lui demanda de quoi il s’agissait et obtint la réponse suivante :

« Dans un texte antique de chimie, datant du dix neuvième siècle de l’ancien calendrier chrétien, je viens de découvrir la description d’un composé chimique qu’aucun document par la suite, (qu’il s’agisse de livres imprimés ou de disques pour lecture d’ordinateur), ne mentionna plus jamais. J’ai donc réuni les chimistes de mon secteur géographique pour recueillir leurs avis avant de vous déranger. Suite à de longues discussions menées entre nous, nous pensons que ce corps possède des caractéristiques permettant de le sélectionner comme porteur d’avenir dans le domaine de la propulsion. Je crois qu’il peut devenir un élément nous permettant de revoir nos conceptions actuelles ».

« Dans quelle région habitez vous et quelle activité exercez vous ? ». « Je suis professeur de chimie historique à l’université de Sydney, Secteur Perth, Australie et mon violon d’Ingres consiste à collectionner les livres techniques de la période allant du dix septième au vingtième siècle des années précédant le calendrier A.A.»

<< Et vous entreprendriez un si long voyage uniquement dans le but de me montrer un livre ? Mais, mon cher Monsieur, ici, à Washington nous possédons, dans les données de l’ordinateur de la Grande Bibliothèque, l’ensemble de tout ce que la Terre a pu éditer depuis que Gutenberg inventa l’imprimerie ! Tout, absolument tout, existe dans sa mémoire et je peux consulter n’importe quel ouvrage sans devoir quitter mon bureau ! ». « Même un exemplaire du Wurtz ? »

« Qu’entendez vous par un ‘Wurtz’? » Mo commençait à s’impatienter ... << << Il s’agit de ce que nos ancêtres nommaient un ‘ Dictionnaire de chimie pure et appliquée’. Cet ouvrage se trouva rédigé à l’intention des chimistes par un nommé Adolphe Wurtz, un allemand qui y a réuni l’ensemble des connaissances de son époque et cet ouvrage devint le livre de base utilisé par tous. Tous les grands, et moins grands, chimistes de son époque y contribuèrent et ils n’omirent aucune recherche ni combinaison nouvelle, même si certaines semblaient douteuses ou plus précisément à reprendre pour pouvoir mieux les préciser. Il exista de nombreuses éditions et celle que je possède comporte cinq volumes. Le corps dont je voulais vous entretenir figure à la page mille quatre cent soixante quatorze, colonne de droite sous le sous titre ‘fluoxyborates’. Il existe également quelques lignes à propos de son sel de sodium et de sa structure intime. Voilà ! ». « Vous me trouverez sans doute impoli, et j’en suis navré, mais je ne perçois pas l’intérêt d’un tel produit ! Je vous demande de bien vouloir attendre un instant. Je vais demander à mon secrétariat de vérifier que nous pouvons effectivement accéder à cette compilation. Si cela se confirme, je pourrais ouvrir, sur mon second écran, le texte que vous me citez. De cette façon je me trouverais à même de vous économiser un voyage pénible et de vérifier que je comprends bien le développement de vos idées. Ne quittez pas, je vous reprends dans quelques secondes. »

Mo, très à l’aise avec son terminal, opéra les quelques clics nécessaires pour pouvoir lire le texte qui, dans le Wurtz, avait attiré l’attention de Wog. Il ne comprenait pas pourquoi on le dérangeait, mais pourquoi ne pas attendre un peu, sans impatience, avant de rouspéter et de critiquer ceux qui devaient filtrer les appels ? Alors il repris son entretien avec le farfelu :

« Oui, nous possédons bien ce livre dans l’édition que vous possédez, et je viens de l’ouvrir à la bonne page. Dites m’en un peu plus maintenant, je me sens curieux de suivre le cheminement de votre pensée »

<< Mes amis et moi n’avions jamais entendu parler de cette famille de corps, alors nous avons consulté tous les ouvrages de type ‘ dictionnaires’ ou ‘encyclopédies’ que les générations suivantes purent utiliser. Là, nous dûmes constater que ce paragraphe, ne se trouvait plus repris nulle part. Un exemple : le livre de base des chimistes, cent ans après, se nommait le « Handbook of Chesmitry » large compilation des données sous la houlette d’un nommé Abraham. Il en publiait une nouvelle édition complétée tous les quatre ans. Pourtant, on n’y trouve pas la moindre mention de cette famille de corps. Vous voyez ? »

« Oui, je vois et je résume en reformulant pour vérifier que je saisis bien toutes les nuances : un chimiste du passé écrivit une monographie assez convaincante sur « l’acide oxyfluoborique et ses sels » pour que Wurtz la cite dans son dictionnaire. Puis, sans doute par ce qu’ils n’existaient que dans l’imagination de l’auteur, ceci ne se trouva pas repris par la suite. Bon et alors ? ». « Alors, après un raisonnement identique à celui que vous venez de tenir, nous venons de réaliser des essais expérimentaux. Nous concluons formellement que ces produits existent, nous en possédons même quelques grammes que nous pouvons vous montrer. De plus, nous parvenons à la conclusion que, puisqu’ils ne figuraient nulle part dans les livres de référence à l’époque de la naissance de l’aviation à réaction, jamais personne ne pensa à extrapoler leurs propriétés pour les adapter aux nouveaux besoins, ce qui m’a amené à vous appeler. Voilà ! ».» Effectivement votre réponse devient alors une de celles que nous pouvions espérer trouver au cours de notre enquête ! Mais, je ne comprends pas encore en quoi le fluoxyborate de sodium peut s’apparenter aux poudres de propulsion ? Eclairez moi mieux sur vos cogitations, je vous en prie »

<< Monsieur, je ne vous cacherai pas qu’en vous demandant un rendez vous j’espérais pouvoir vous livrer les idées de mon groupe sur le sujet mais aussi réaliser du même coup et hors de l’utilisation de ma carte mensuelle de crédit, un voyage lointain que vous ne manqueriez pas de m’offrir. Alors, accordez moi un crédit supplémentaire de vingt mille kilomètres et je vous amène le tout ! »

<< OK, d’accord sur le principe si ce que vous me fournissez se montre réellement utilisable. Donnez moi votre code carte »

Mo le nota et lui demanda de poursuivre. Wog ne demandait que cela. La conversation devait s’enregistrer chez lui, comme elle s’enregistrait automatiquement chez Mo. Ainsi, Wog pourrait ensuite parader durant des mois devant sa famille et le groupe de ses relations, mais, de cela, Mo ne se souciait guère.

<<< Si, mon cher Monsieur, vous remplacez le sodium par de l’hydrazine et cela ne vous saute pas au nez, vous obtiendrez, réunis en un seul produit, le combustible et le comburant, lesquels en brûlant, ne laisseront aucun résidu. Mais je sais qu’avec un simple nitrate d’ammonium vous obtiendriez le même résultat nonobstant la certitude de provoquer une magnifique explosion qui détruirait tout votre site industriel. Par contre avec notre préparation que nous nommons : Foby (pour fluoxyborate d’hydrazine) vous possédez une poudre stable que vous pourrez compresser aisément si vous n’y allez pas trop fort, et donc que vous pouvez utiliser dans la forme que vous voudrez lui donner. Ai je gagné les kilomètres ? »

« Tout à fait et je vous remercie pour vos informations. Nous allons reproduire vos expériences et voir si nous pouvons les pousser plus avant. Une dernière question, mais pas la moindre : les proportions entre combustible et comburant restent elles stœchiométriques ? »

« Hélas non, cher Monsieur, nous vous laissons un peu de travail. Mais, compte tenu de votre correction vis à vis de ma demande, je vous livre encore une idée, à vérifier : essayez de réaliser des tubes de Foby et remplissez les de poudre de magnésium ou, au contraire, réalisez des tubes de Magnésium pleins de Foby bien tassé. Vous devriez ainsi arriver aux bonnes proportions et obtenir quelques avantages auxquels vous ne pensez pas encore mais que mes amis et moi entrevoyons et que je vous livre en vrac :

- La couleur. Souvenez vous que, lorsque le mélange brûlera, tous les sels de bore donnent, en effet une belle lumière verte, que vous suivrez bien mieux avec vos instruments astronomiques.

- La poussée lumineuse que procurera, dans le vide, la combustion du magnésium s’ajoutera à celle du mélange poudre.

- Il n’existera plus du tout d’étages porteurs, ni de sauts d’accélération, mais une poussée s’accélérant elle même si vous savez bien régler votre bidule.

- L’engin devenu moins lourd, du fait de la disparition des étages, peut être pourrez vous l’assembler sur la lune et éviter ainsi de devoir vaincre une attraction terrestre consommant tellement d’énergie !

- De plus, en utilisant des navires containers, les éléments du futur vaisseau ne subiront aucun contact direct avec notre atmosphère. D’où, moins de chocs thermiques, moins d’échauffements intempestifs et, surtout, moins de risques d’oxydation ? »

« Mon cher, je crois que vous et votre groupe de recherche, venez de nous aider à réaliser une progression nette dans notre recherche de performances. Je demanderai aux médias d’en parler afin que tous le sachent. Par ma voix, la Terre vous remercie ! Au besoin nous n’hésiterons pas à vous demander de venir travailler avec nous. »

Mo, détectant à quelle hauteur vertigineuse montait l’orgueil de son interlocuteur, par gentillesse, lui renvoyait l’ascenseur.

Il prit le temps de réfléchir et de consulter quelques spécialistes puis informa Olaf qu’il tenait, sinon une solution, du moins une belle voie de recherches. Ils convinrent d’en parler tranquillement entre eux, étendus sur les chaises longues, dès le lendemain.

Ce fut effectivement la base du programme sur lequel ils se mirent d’accord pour le lancement du vaisseau qui porterait le Mandala. Ils se quittèrent avec un semblant de schéma directeur que les techniciens commencèrent à appliquer effectivement quelques semaines plus tard après l’accord des autorités et le feu vert du Président mondial .

 ... .La production industrielle quantitative de Foby demanda, à elle seule, cinq années pleines. Pour la construction des réacteurs ils envisagèrent différents moyens visant à obtenir à la fois une poussée uniformément accélérée et la combustion de ce qui constituait, tout à la fois, la forme requise et la nature du propulseur. Il s’avéra que la structure alvéolaire fournit la meilleure solution. Pour y parvenir, il devint indispensable de créer toute une nouvelle métallurgie du magnésium. Celle ci aboutissait à la création de nappes de ce métal sortant de production en forme de nids d’abeille ...

 ... On les remplissait à l’aide de poudre de Foby. La maille du nid variait progressivement de mètre en mètre et devenait de plus en large pour les parties les plus proches du vaisseau. Chaque nappe, roulée sur elle même, devenait un cylindre. Chaque cylindre se positionnait à l’intérieur d’un tube grillagé en alliage de magnésium pour devenir le propulseur lui même. Toute cette industrie monopolisa le temps de travail (assez court, il faut le dire) de beaucoup de monde durant des décennies. Pour gagner encore plus de temps ils choisirent d’utiliser le vaisseau qui revint, vide de vie, mais mécaniquement intact, de la septième expédition. Il stationnait depuis bien longtemps dans un cratère de la Lune, en attente. On l’avait soigneusement mis à l’abri des impacts de météorites en le recouvrant d’une solide charpente et d’une toiture protectrice...

 ... Les essais de poussée que l’on obtenait en utilisant le Foby montraient la validité de cette idée nouvelle. Le calcul disait que la vitesse obtenue permettrait de réduire largement le temps du voyage. Pour l’une ou l’autre des planètes que Mo et Olaf se proposaient d’atteindre, cinq siècles, plus ou moins vingt années, devraient suffire.

Du fait que les hommes souhaitaient mettre toutes les chances de leur côté, ils construisirent également un second vaisseau, neuf, celui là, pour doubler les chances de réussites, et pour la destination du second, ils choisirent, la planète possible qui venait en second rang de proximité. Toutes ces activités donnèrent du travail et de l’occupation à bien du monde. Donc, et de ce seul point de vue, les responsables de Terre estimèrent que l’idée du Foby se montrait comme une totale réussite.

Olaf et Mo travaillaient sur d’autres aspects du problème. Par exemple, ceux qui concernaient à la fois les voyages d’humains entre la Terre et la base lunaire et comment trouver une méthode de retour pour le ou les voyageurs. Les laboratoires et usines qui traitaient des Mandalas durent répondre à trois questions brûlantes :

-La première : Sachant qu’en entrant dans un Mandala de petite taille vibrant à la fréquence x on peut instantanément sortir d’un Mandala plus grand et assez proche géographiquement pour peu qu’il se trouve réglé sur la même fréquence, savoir jusqu’à quelle distance limite cela fonctionne ?

-La seconde question consistait à savoir si, lorsqu’on éteint le premier Mandala et qu’on positionne à sa place et dans son voisinage un autre Mandala encore plus grand que le second, toujours à la même fréquence, un voyage de retour devient possible ?

- La troisième découle des deux autres car, dans l’hypothèse où le retour deviendrait ainsi effectivement possible, quelle sera la distance maximale de fonctionnement ? »

Pour répondre à ces trois questions les savants disposaient de la théorie des super hélices et des notes laissées par Mat Ducerf. Un autre chemin, plus pragmatique, consistait à entreprendre des essais et des expérimentations. Mais tout devrait se dérouler sous un contrôle des plus rigoureux. En effet, il restait absolument interdit d’utiliser des paires de Mandalas pour voyager d’un point à un autre de la Terre. Les responsables jugeaient, comme terribles, les risques encourus. Tous les autres usages se voyaient encouragés. Olaf parvint, malgré de nombreuses difficultés, à renverser les obstacles, Il obtint des dérogations pour les essais. Et encore, ces autorisations se trouvèrent elles assorties de toute une série de restrictions.

Finalement, selon les instructions d’Olaf, les mécaniciens et ingénieurs créèrent, au Sahara, un genre de couloir destiné à mener les expériences au sol. Un Mandala et son identique, quatre fois plus important, se trouvèrent installés pour constituer le point fixe des expérimentations. On les plaça, côte à côte, dans une gare désaffectée de l’ancien chemin de fer transsaharien. Un autre Mandala, deux fois plus grand que celui affecté au ‘départ’, posé sur une plate forme de wagon, reculerait de plus en plus loin au fur et à mesure du déroulement des essais et la distance entre le point mobile et la base fixe augmenterait de plus en plus. On n’enverrait qu’un seul voyageur à la fois lequel accomplirait seul les aller (et, éventuellement les retours ?) pour trouver la limite ultime de bon fonctionnement. Lorsqu’on la connaîtrait, s’il en existait une, et que les paramètres dimensionnels des Mandalas se trouveraient bien établis, on cesserait tous les essais. Au terme de ces expériences, il faudrait détruire la station et cacher son matériel pour éviter que quiconque se trouve tenté de les utiliser à des fins personnelles.

En cas de succès, et uniquement dans ce cas là, un autre programme se fixerait comme objectif d’essayer d’envoyer, par Mandalas, une personne (et une seule à la fois) jusqu’à la Lune. Une troisième étape se dessinerait ensuite à l’horizon lorsque tout cela fonctionnerait parfaitement car on devrait alors attaquer la question symétrique : celle des moyens du retour. S’il s’avérait impossible d’envoyer quelqu’un vers la Lune, alors il faudrait abandonner le principe même de ce type de voyage vers une planète lointaine. Le voyage interplanétaire par Mandalas interposés deviendrait une de ces utopies de plus qu’il faudra ranger aux oubliettes. S’il fonctionnait pour l’aller mais pas pour le retour, alors on devrait envoyer un second voyageur dès qu’on saurait que le premier venait effectivement d’atteindre son but, soit au bas mot, six ou sept ans plus tard. Il parut évident que ce premier et ce second voyageur appartiendraient à des sexes différents et se trouveraient, tous les deux en état de procréer. Ainsi, à défaut d’assurer leur retour, la Terre garderait une toute petite chance de fonder un début de colonie si les lieux permettaient la survie de notre espèce. Que d’hypothèses et que d’incertitudes ! Mais les administratifs resteront toujours accrochés à des détails qui entravent les hommes et femmes d’action ! Mo et Olaf durent donner leur accord sur ce qui se prétendait un programme à long terme et se trouvèrent contraints d’en passer par ces fourches caudines

Il ne fallut pas plus de dix années d’études, de calculs et d’essais pour apprendre que la distance, sur Terre, n’intervenait pas dans le processus du transfert des utilisateurs de Mandalas. On constata avec joie que le voyage de retour ne présentait pas plus de difficultés spéciales que celui de l’aller. Mais on nota d’autres détails : les gens qui en sortaient ne se sentaient pas ‘nets’ pendant quelques jours et subissaient deux ou trois nuits peuplées de cauchemars très étranges sur lesquels ils ne voulurent ou ne purent donner aucun détail. Mais, heureusement, tout rentrait dans l’ordre : ils reprenaient ensuite la vie qu’ils menaient auparavant et se déclaraient en pleine forme aussi bien dans leur corps que dans leur esprit. Les médicastres le confirmaient.

Alors commencèrent les tentatives de voyages Terre  Lune. Au début, les techniciens essuyèrent échecs sur échecs, puis en affinant les réglages, il apparut que la longueur d’onde utilisée devait se régler aussi finement que jusqu’à la sixième décimale, sinon rien ne se produisait. Il fallut créer de nouveaux instruments de mesure et des outils capables de parvenir, en utilisant toutes les ressources de l’électronique, à produire des dispositifs manœuvrables à la main. Car, au loin, il fallait toujours envisager la nécessité d’une fin de réglage opérée manuellement pour synchroniser parfaitement l’onde du Mandala se trouvant sur la Terre et celle du Mandala déposé sur la Lune. Ce qui compte se trouve explicité dans le résultat : Les hommes de la Terre franchirent tous ces obstacles en y consacrant le temps nécessaire et en y utilisant les bonnes volontés de nombreuses personnes extérieures au projet, mais qui furent consultées épisodiquement, se trouvant au sein du public. Tous ces instruments, toutes ces technologies nouvelles serviraient de plus, au progrès général de notre civilisation.

Par contre, les dirigeants durent constater que depuis la Lune nul ne trouvait comment on devait s’y prendre pour effectuer le voyage de retour vers la Terre. Le système du Mandala encore plus grand ne fonctionnait plus. Aussi, quand tout atteignit son allure de croisière, les ouvriers venaient sur le site lunaire afin de monter les vaisseaux et leurs propulseurs, mais ils ne pouvaient en revenir que par une navette. Certains songèrent à expédier, nus, vers la Lune en utilisant le système des Mandalas, mais ils y renoncèrent pour éviter que trop de monde en connaisse cette utilisation particulière. Donc, comme jadis au temps des précédentes expéditions, un flot ininterrompu de navettes exista entre notre monde et son satellite.

Par ailleurs, la direction du chantier se trouvait contrainte à ne pas les employer plus de quatre heures par jour puisque cela correspondait au rythme de travail qu’ils donnaient sur Terre. Les chefs constatèrent très vite quelles limites atteignaient les possibilités de travail de l’homme de l’ère A.A ! Le véritable problème se montra, alors, dans toute sa difficulté : Comment former un corps de voyageurs capables de survivre en milieu inconnu et potentiellement hostile, sans risquer de bouleverser l’équilibre du monde actuel ? Les directeurs disposaient de cinq siècles pour effectuer l’inventaire des ressources, établir un plan, former, au bon moment quelques individus dont deux seulement se trouveraient sélectionnés en fonction des besoins. Ceci concernerait d’autres responsables que Mo et Olaf, lesquels passeraient une bonne partie de leur vie à construire les deux vaisseaux et ne vivraient pas assez vieux pour espérer les voir partir ...
 ... Le premier départ put se réaliser fin 705 A.A. Il visait une planète distante de sept virgule un années lumières. Le second, prévu quarante ans plus tard, se dirigerait vers la planète la plus proche ce qui laissait un décalage de deux ans entre les arrivées respectivement prévues pour 1246 et 1248 A.A.
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