PRÉface








télécharger 0.71 Mb.
titrePRÉface
page9/24
date de publication19.05.2017
taille0.71 Mb.
typeDocumentos
b.21-bal.com > loi > Documentos
1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   ...   24

Paragraphe IV



Ainsi, si nous nous en rapportons à lui, M. Didelot a vu et plusieurs témoins, parmi lesquels M. l'abbé Garo, chanoine à Nancy, ont vu un jeune homme, qui ne savait pas un mot de latin, écrire dans cette langue ! Le fait nous paraît invraisemblable, mais affirmé comme il l'est ne mérite-t-il pas d'être contrôlé si l'occasion s'en présente. N'avons-nous pas vu se vérifier les choses les plus inattendues, les plus invraisemblables dans le domaine de la suggestion dont nous avons parlé dans notre introduction ?

Nous avons promis de dire quelques mots au sujet des médiums, ces êtres plus ou moins déséquilibrés qui serviraient d'instruments aux « esprits » suivant la théorie spirite ; eh bien !

nous venons de voir dans l'observation qui précède un type du médium écrivain automatique.

Il existe, paraît-il, d'autres sortes de médiums écrivains ; certains médiums écrivent, par exemple, de la main gauche sans en avoir fait l'apprentissage, et à l'envers, c'est-à-dire que pour être lues les écritures ainsi obtenues doivent être vues dans un miroir. On écrit encore d'une manière différente, par exemple : Sirap pour Paris, et cette écriture de la main gauche et à l'envers est produite avec une rapidité supérieure à celle de l'écriture normale du « sujet ».

Il y aurait aussi des médiums écrivains intuitifs ; ceux-là entendent « dans le cerveau » une voix qui leur dicte ce qu'ils écrivent. Les médiums auditifs entendent par l'oreille la « voix des esprits », comme Jeanne D’Arc.

D'autres, enfin, obtiennent l'écriture avec un petit objet (coupe, corbeille, tablette, etc.) auquel se trouve fixé un crayon. Ce serait, paraît-il, le cas de M. Timoléon Jaubert, vice-président honoraire du tribunal de Carcassonne, chevalier de la Légion d'honneur, etc. M. Jaubert remporte, avec les poésies « que lui dictent les esprits », des prix aux jeux floraux de Toulouse.

Nous ne savons si la fable suivante a été couronnée, en tous cas elle nous paraît sentir le fagot d'une lieue par son manque d'orthodoxie à l'égard du péché originel, et nous ne serions pas loin d'admettre qu'elle a été dictée par le diable en personne, si nous croyions à l'existence de ce doyen des insurgés. Lisons plutôt :
Un dindon en cour d’assises

Fable.

J'ignore en quel pays et par quel maléfice

Un dindon figurait devant dame Justice.

Il était là sans peur, sans fiel et sans ennui,

Comme s'il s'agissait de tout autre que lui.

Douze graves jurés, chapons à forte tête,

Allaient se prononcer sur le sort de la bête.

Quelques poules sur le retour

Lorgnaient un vieux canard, chef de la haute cour.

Les débats eurent lieu comme à l'ordinaire.

— « Silence ! campagnards, dit un merle en colère ;

— « Silence ! » — Un perroquet, sur son bâton planté,

Prit la parole au nom de la société.

Il reconnut sans peine, en style de Sorbonne,

— « Que le dindon était l'innocence en personne.

« Mais le premier dindon désobéit aux dieux,

« Et ses fils répondaient de ce crime odieux. »

L'orateur s'animait et, plein de véhémence,

Il noyait les jurés dans des flots d'éloquence.

Dans sa péroraison jusqu'au ciel il grimpa.

Je dois vous l'avouer, son discours me frappa.

Le dindon désira se défendre lui-même.

— « On m'accuse, dit-il, ma surprise est extrême.

« Le premier des dindons fit mal, assurément ;

« Mais condamner le fils pour le crime du père

« Me semble un mauvais jugement. »

L'accusé se tira d'affaire ;

Il fut même applaudi, dit-on.

Pour démontrer à tous une chose aussi claire,

Il avait suffi d'un dindon.
M. Jaubert, l'auteur en seconde main de cette fable, fut très heureux, jadis, de trouver un défenseur dans la personne même de Napoléon III, qui était spirite, car il aurait eu, nous a-t-on dit, maille à partir avec ses supérieurs du ministère de la justice, que ses facultés médiumnitiques avaient émus.

La plupart des médiums sont médiums typtologues ou médiums de table, c'est-à-dire obtiennent des communications au moyen de coups frappés par la table mais, en général, ce ne sont que de faibles médiums.

Il y a encore les médiums qui obtiennent l’écriture directe mais ceux-ci sont très fortement doués. L'écriture directe s'obtient de plusieurs manières : tantôt sur un papier placé sous les yeux des observateurs, ou caché ce papier se couvre instantanément d'écriture. Le baron de Guldenstubbe99, médium distingué, a fait un ouvrage sur ce sujet.

Une autre sorte d’écriture directe s'obtient à l'aide d'un crayon écrivant seul sur le papier ou sur l'ardoise. Nous avons étudié principalement ce dernier phénomène. Notons les médiums voyants qui voient les esprits et les décrivent, dit-on, de manière à les faire reconnaître par ceux qui les ont évoqués !

A ce sujet, nous avons fait la remarque suivante à un spirite : « Quand nous sommes morts, conservons-nous donc notre visage, notre barbe blanche si nous en avions une de notre vivant ? les bossus conservent-ils aussi leurs bosses ?

— Non, nous fut-il répondu mais les « esprits » prennent cet aspect pour être reconnus de leurs proches auxquels le médium voyant décrit leur aspect.

— Mais si les esprits prennent telle forme qu'il leur plaît, qui nous prouve que « l'esprit » annoncé est bien celui auquel il ressemble ?

— Pourquoi voudriez-vous qu'on nous trompât ? » nous dit notre contradicteur.

Ce raisonnement ne nous a pas pleinement convaincu.

Il existe aussi une certaine catégorie de médiums dits médiums à incarnations. Mais sur ce sujet nous avons besoin, plus que jamais, de faire appel à la bienveillance du lecteur en lui remémorant que nous sommes un simple historiographe qui expose et n'invente rien. Nous entrons, en effet, en pleine «possession» car ces incarnations sont ce que le moyen âge désignait par ce mot. Toute la différence, c'est qu'au lieu d'être possédés par Belzébuth et ses acolytes, les médiums le sont par des « esprits » qui, eux, ont l'amabilité de s'en aller quand on veut et sans qu'il soit nécessaire de recourir à l'arsenal des exorcismes et des incantations.

Nous avons vu de ces médiums attendant la venue de « l'esprit », comme les pythonisses attendaient celle du dieu qui les inspirait dans leurs oracles. Au bout d'un certain temps, le médium subit un mouvement d'oscillation comme autour d'un axe vertical ; tout à coup, il éprouve une convulsion brusque et le voilà transfiguré !

Nous avons vu des hommes parler comme des femmes et des femmes parler au masculin.

Nous avons assisté à des scènes pénibles, nous en avons vu d'autres ridicules ; ceux qui les jouent seraient bien misérables s'ils n'étaient pas convaincus. Sont-ils à plaindre ?...

Si des hommes devant l'autorité scientifique desquels nous nous inclinons n'avaient étudié des faits semblables qu'ils ont relatés en observateurs consciencieux, nous ne serions pas embarrassé et nous conclurions que tous ces personnages sont hallucinés mais, comment faire la part de l'hallucination et du « je-ne-sais-quoi », lorsqu'un savant comme M. Russel Wallace vient confirmer une observation du genre de celle que nous allons reproduire, et qui a été faite par son ami, M. Serjeant Cox, jurisconsulte et philosophe éminent de la Grande-Bretagne ? Voici le récit de M. Serjeant Cox confirmé par M. Russel Wallace : « J'ai entendu un garçon de comptoir, sans éducation, soutenir, quand il était en transe100. Dans nos expériences personnelles nous avons fait au sujet de cette manifestation, soi-disant spiritiste, des observations bien curieuses dont on trouvera l'exposé plus loin, une conversation avec un parti de philosophes sur la raison et la prescience, la volonté et la fatalité, et leur tenir tête. Je lui ai posé les plus difficiles questions de psychologie, et j'ai reçu des réponses toujours sensées, toujours pleines de force, et invariablement exprimées en langage choisi et élégant. Cependant, un quart d'heure après, quand il était dans son état naturel, il était incapable de répondre à la plus simple question sur un sujet philosophique, et avait toujours peine à trouver un langage suffisant pour exprimer les idées les plus communes ».

Nous ne savons pas trop comment on pourrait expliquer ce fait d'une manière satisfaisante à l'aide de ce que nous savons en physiologie. Les malins, qui n'y regardent pas de si près, ne manqueront pas de dire : ou bien que le garçon de comptoir était un grand philosophe déguisé qui a voulu se moquer de ces messieurs, et alors ces derniers seraient des imbéciles ou bien que MM. Wallace et Cox sont des imposteurs, et nous ne voyons pas pourquoi on n'en dirait pas autant de MM. Charcot, Luys, Dumont-Pallier, Bernheim, Liébeault et tutti quanti, lorsqu'ils viennent nous montrer les pages nouvelles du chapitre de la suggestion et de l'hypnotisme, chapitre appartenant au même livre que celui auquel nous travaillons en ce moment. Au lieu d'invoquer l'imbécillité ou l'imposture, nous préférons conclure que de nouvelles fonctions du système nerveux s'offrent à notre étude, et que nous avons le devoir de ne pas laisser échapper de nos mains le scalpel de l'expérimentateur sous peine de le voir tomber dans des mains indignes.

On distingue plusieurs autres sortes de médiums sur lesquels nous ne voulons pas insister, tels que les médiums inspirés, les médiums somnambules, guérisseurs, peintres et dessinateurs, musiciens, etc., etc. En résumé, les médiums se divisent en deux grandes classes : les médiums à effets physiques et les médiums à effets intellectuels. Nous ne terminerons cependant pas cette courte notice sur les médiums, sans dire quelques mots de certains effets d'apparitions, non seulement visibles mais tangibles — si on s'en rapporte à ceux qui les ont racontées, — obtenues par certains individus doués de cette force particulière nommée médiumnitique. Nous n'aurions peut-être pas parlé de ces phénomènes, encore plus invraisemblables que tous les autres, si les mêmes savants auxquels nous avons fait allusion n'en avaient rapporté de semblables, observés avec toutes les précautions scientifiques possibles. Voici encore un article lettre, que nous prenons dans l'un des journaux spirites français les plus lus, où se trouve racontée une séance de « matérialisation d'esprits », pouvant servir de type à toutes les histoires semblables qu'on lit dans les journaux spéciaux. Cette lettre est adressée par son auteur au directeur de la Revue spirite, qui l'a insérée sous le titre de Phénoménalité spirite à New York :
« Je suis toujours à bord de la Flore et en rade de New York, d'où j'ai écrit au Banner of Light, lui demandant l'adresse d'un médium remarquable ; ce journal m'adressa à M. Henri Lacroix. Nous croyons savoir que M. H. Lacroix est un honorable officier canadien retraité, spirite très serviable et très obligeant, bien connu à Paris, qui me conduisit chez M. et Mistress Caffray, médiums à matérialisations. J'allais donc pouvoir, de visu, me rendre compte de ces phénomènes, en les soumettant à une investigation sérieuse, la mienne, sur laquelle je compte beaucoup.

Nous étions quatorze personnes pour cette séance, dans une grande pièce simplement ornée, ayant pour meubles le bahut du médium sur lequel il s'assied pendant les expériences, deux canapés, une boîte à musique, deux guitares, deux tambours de basque et autant de clochettes ; une petite table cirée, un parapluie chinois suspendu obliquement par sa canne au mur opposé à celui auquel est adossé le bahut. Derrière ce parapluie, une lampe mue par un mécanisme à bascule, qu'un faible mouvement fait agir, et destinée à rendre la lumière plus ou moins intense à travers le tissu léger du parapluie. Les esprits meuvent ce mécanisme.

Quatre globes à gaz étaient suspendus au centre du plafond. Je palpai toutes choses avec soin et minutie ; je constatai que les personnes présentes étaient sérieuses, d'un âge déjà mûr, à l'air distingué, et restai convaincu, après un long examen, qu'une supercherie ne se pouvait, en me réservant de tout soumettre au contrôle de la raison. Nous nous plaçâmes en cercle, la main dans la main, le médium compris, pour la séance noire car on éteignit le gaz ; les instruments jouèrent ensemble, avec cadence, transportés dans l'espace, touchant les parois du mur, courant autour de nous, se plaçant sur nos têtes, etc. ; une boule lumineuse apparut au milieu du cercle et des mains nous frappèrent sur les genoux ; le gaz étant rallumé, nous vîmes tous les instruments à leur place primitive et les assistants de même. Je me disais qu'il eût fallu huit personnes pour agiter ces instruments, les transporter avec une si grande rapidité de la terre au plafond, qui était très élevé, et produire la boule lumineuse, sans bruit de pas, sans éclipser la boule lumineuse ; encore fallait-il que ces personnes ne pussent se rencontrer dans l'obscurité.

Pour l'écriture directe en pleine lumière, M. J. Caffray me présenta deux ardoises enchâssées chacune dans un cadre de bois blanc, une éponge et de l'eau marin par habitude, je trempai mon doigt dans cette eau que je goûtai, elle était pure et naturelle ; je nettoyai avec soin les deux surfaces de chaque ardoise : elles étaient simples, je le constatai ; nous mîmes dessus deux crayons d'ardoise, et recouvrîmes l'une par l'autre avec deux autres personnes, nous plaçâmes nos mains sur les susdites ardoises, et après quelques secondes, le grattement des crayons s'entendit très bien ; M. Caffray les plaça à terre, éloignées de tous les assistants, et le bruit se perçut on ne peut mieux de même placées contre nos oreilles.

J'ouvris ces ardoises avec précaution, pour me bien rendre compte qu'il n'y avait pas de truc, et sur les deux ardoises, dans tous les sens, il y avait pour chacun des communications d'esprits connus.

Pour la séance de matérialisation, la lampe placée derrière le parapluie fut allumée et l'on éteignit les becs de gaz ; nous nous plaçâmes tous en fera cheval, faisant face au bahut sur lequel s'assit Mistress Gaffray ; son mari était au milieu de nous. La lumière s'affaiblit derrière le parapluie, indice de la présence de forces invisibles qui la réglaient. La boîte à musique fut remontée par des mains exercées et impalpables, et l'apparition d'une femme à taille petite, inférieure à celle du médium, se présenta vêtue de blanc ; en sortant du bahut où se tenait le médium, elle marcha jusqu'au milieu de notre cercle, et là, elle disparut après nous avoir salués ; la lumière, qui se modifiait, était souvent assez intense pour distinguer la couleur des yeux, du visage, des cheveux des assistants et des apparitions, ainsi que la blancheur de leurs dents et toujours elle nous éclairait assez pour ne perdre de vue ni le bahut où se trouvait le médium, ni les mouvements des spectateurs. Un autre esprit, plus grand que le premier, se dirigea vers une dame assise près de nous, l'embrassa et tint conversation avec elle ; c'était la fille défunte de cette dame ; elle s'en revint vers le médium et disparut. Un jeune homme se présenta, vêtu de gris, se dirigea vers son père présent parmi nous, puis il s'effaça pour faire place à d'autres.

M. Lacroix eut la matérialisation de son frère, puis de sa femme qui voulut me serrer la main ; je

fus très émotionné et surpris en dévisageant cette face blanche, humaine, dont la main qui pressait la mienne était froide et humide ; elle échangea quelques paroles avec son mari, me dit Good bye, et se retira pour disparaître.

Un esprit nous montra comment il se matérialisait ; nous vîmes un point blanc très petit, qui s'agrandit peu à peu, et atteignit la grandeur d'un foulard ordinaire ; un souffle l'agita, le souleva au milieu, ce qui l'élargit en lui donnant la dimension d'un voile très grand ; ce voile se releva, et au-dessous, se trouva une femme qui put nous parler, nous offrit des fleurs naturelles pleines de doux parfums. Ensuite elle se dématérialisa ainsi : ses vêtements et son voile tombèrent à terre en morceaux détachés nettement, se réduisirent en un voile large comme les deux mains, lequel devint un point imperceptible ; enfin tout disparut.

Six dames ou demoiselles, quatre hommes, trois enfants et un Indien nous apparurent dans cette séance et nous offrirent des bouquets et des fleurs prises dans les champs, dans les jardins, au dire des assistants, ou fabriquées par ces êtres étranges ; ces fleurs bien réelles nous restèrent dans les mains.

Une force invisible remontait la boîte à musique et réglait constamment la lumière ; j'avais inspecté préalablement le plancher, le bahut, chaque meuble du salon ; les portes sur lesquelles mon regard se portait n'ont jamais été ouvertes et j'ai bonne vue ; jeune et fort, point crédule, investigateur, j'étais assuré autant qu'on peut l'être que ce qui se passait devant moi n'était point l'effet d'un truc, d'autant plus que tous les assistants voyaient ce que mon toucher, mes oreilles et mes yeux constataient être la réalité. M. J. Caffray, médium, est un homme de trente ans ; sa dame, qui possède une si belle faculté, a vingt-cinq ans ; ils paraissent tous les deux pleins de franchise et leur physionomie porte l'empreinte sérieuse de gens qui ne font point seulement un métier... »

A. Teynac, de Biésignac (Gironde).
1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   ...   24

similaire:

PRÉface iconPreface

PRÉface iconPreface (2 pages) introduction

PRÉface iconPreface et objectifs du document 1

PRÉface iconEssai préface de Vittorio prodi

PRÉface iconSommaire Préface de Sylvie Simon

PRÉface iconPréface : L’idéal éducatif du collégien

PRÉface iconPreface a l'edition allemande de 1872

PRÉface iconPRÉface
«métapsychiques» a fait de remarquables progrès en France surtout du côté physiologique, et, pourrait-on dire, scientifique

PRÉface iconPréface
«La prise en compte des dimensions linguistiques de toutes les matières scolaires : équité et qualité en éducation»

PRÉface iconSommaire Préface : Un peu d’histoire Introduction : Présentation des Actes du Congrès
«L’homme est le meilleur ami de la femme, à condition que l'un comme l'autre apprennent à se faire respecter.»








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com