Résumé du Père Emmanuel








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« Je devrai me cacher loin de ta face » (Gn 4, 14) : l'éclipse du sens de

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Dieu et du sens de l'homme

21. Les communautés chrétiennes peuvent se laisser gagner par cet état d'esprit et en perdant le sens de Dieu, elles tendent à perdre le sens de la dignité de l'homme ; et, à son tour, la violation systématique de la loi morale diminue la capacité de percevoir la présence de Dieu. Après le meurtre d’Abel, si Caïn parvient à confesser que sa faute est « trop grande », c'est parce qu'il a conscience de se trouver confronté au Seigneur et à son juste jugement. En réalité, l'homme ne peut reconnaître son péché et en saisir toute la gravité que devant Dieu.

22. « La créature sans son Créateur s'évanouit ». L'homme se considère alors comme l'un des nombreux êtres vivants à un stade de perfection très élevé. Il ne considère plus la vie comme un don de Dieu, mais simplement « une chose » qu'il peut totalement dominer et manipuler. L'angoisse devant les conséquences de cette « liberté sans loi » amène certains à la position inverse d'une « loi sans liberté », comme par exemple dans des idéologies qui contestent la légitimité de toute intervention sur la nature « divinisée ». En réalité, l'homme perd le sens du mystère de Dieu, de son être et du monde.

23. L'éclipse du sens de Dieu et de l'homme conduit inévitablement au matérialisme pratique qui mène à l'individualisme, à l'utilitarisme et à l'hédonisme. C'est ainsi que les valeurs de l'être sont remplacées par celles de l'avoir. La prétendue qualité de la vie se mesure à l'efficacité économique, à la consommation désordonnée, à la beauté et la jouissance de la vie physique, en oubliant les dimensions les plus profondes de l'existence, d'ordre relationnel, spirituel et religieux. La souffrance, poids qui pèse inévitablement sur l'existence humaine mais aussi possibilité de croissance personnelle, est rejetée comme inutile et même combattue comme un mal à éviter. Lorsque disparaît la perspective du bien être, alors il semble que la vie ait perdu tout son sens et la tentation grandit en l'homme de revendiquer le droit de la supprimer. Le corps est réduit à n’être qu'un moyen de procurer le plaisir et le profit. En conséquence, la sexualité, au lieu d'être signe du don de soi et de l'accueil de l'autre, devient occasion et instrument de satisfaction égoïste. Les deux significations de l'acte conjugal, union et procréation, sont artificiellement disjointes; de cette manière, l'union est faussée et la fécondité soumise à l'arbitraire de l'homme et de la femme. La procréation n’est acceptée que dans la mesure où elle correspond au désir de la personne.

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24. La conscience de chaque personne est en cause, car dans son unité intérieure et avec son caractère unique, elle se trouve seule face à Dieu. Mais celle de la société est aussi concernée parce qu'elle favorise des comportements contraires à la vie. La conscience morale, individuelle et sociale, est aujourd'hui exposée à un danger très grave et mortel de la confusion entre le bien et le mal. La société actuelle est tristement semblable à une humanité faite d'« hommes qui tiennent la vérité captive dans l'injustice », ayant renié Dieu et croyant pouvoir construire sans lui la cité terrestre ; ils sont  « auteurs d’actions dignes de mort et approuvent ceux qui les commettent ». Quand la conscience appelle « bien le mal et mal le bien », elle est aveuglée. Cependant, la voix du Seigneur résonne en elle et l’appelle à respecter la vie humaine.

« Vous vous êtes approchés d'un sang purificateur » (cf. He 12, 22. 24) : signes d'espérance et appel à l'engagement

25. Comme le sang d'Abel et de tout homme mis à mort, le sang du Christ également, mais d’une manière unique, crie vers Dieu. Le sang des sacrifices de l'Ancienne Alliance montrait la volonté de Dieu de communiquer sa vie aux hommes. C’est désormais le sang du Médiateur de la Nouvelle Alliance qui implore la miséricorde du Père pour les hommes. Source de la rédemption parfaite, il révèle la grandeur de l'amour du Père et la dignité quasi divine de tout homme. C'est en contemplant le sacrifice du Christ que le croyant rend grâce à Dieu de lui avoir donné un si grand Rédempteur. S’il demeure en Jésus, il est entraîné à donner sa vie à son tour, afin d’accomplir sa vocation à l'amour. Il puise alors la force de s'engager en faveur de la vie avec la certitude absolue que, selon le plan de Dieu, la vie remportera la victoire.

26. Parmi les signes positifs d’une culture de la vie, beaucoup d'initiatives pour aider les personnes les plus faibles et sans défense sont prises dans la communauté chrétienne et dans la société civile. De nombreux époux prennent généreusement la responsabilité d’accueillir des enfants. Beaucoup de familles savent s'ouvrir à l'accueil d'enfants abandonnés, de jeunes en difficulté, de personnes handicapées ou âgées. Des centres d'aide à la vie apportent un soutien moral et matériel à des mères en difficulté. Des bénévoles s'engagent à donner l'hospitalité à ceux qui n'ont pas de famille, qui sont dans des conditions pénibles ou ont besoin d’être aidés à surmonter des habitudes nuisibles et à revenir à un vrai sens de la vie. Chercheurs et membres des professions médicales poursuivent leurs efforts en faveur

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de l’homme. Des organisations se mobilisent pour faire bénéficier de la médecine de pointe les pays touchés par la misère et les maladies endémiques. Des associations de médecins portent secours aux populations éprouvées par les calamités ou la guerre. Enfin les progrès accomplis dans la répartition des ressources médicales sont les signes d'une solidarité croissante et d'un plus grand respect de la vie.

27. Des mouvements sont institués pour sensibiliser la société en faveur de la vie. S’ils agissent avec une ferme détermination mais sans violence, ils obtiennent des engagements plus résolus pour la défendre. Tous les gestes quotidiens d'accueil, de sacrifice, de soins désintéressés accomplis avec amour dans les familles, les hôpitaux, les orphelinats, les maisons de retraite et dans d'autres communautés défendent la vie. L'Eglise, par la grâce du « bon Samaritain », a toujours mis en œuvre la charité : nombreux sont ses enfants qui consacrent leur vie à Dieu en l'offrant par amour du prochain le plus faible. Le Père leur fera porter des fruits durables pour le bien de tous. L’opposition au recours à la guerre conduit à rechercher des moyens efficaces mais non violents pour arrêter l'agresseur armé. L'opinion publique est toujours plus opposée à la peine de mort comme moyen de légitime défense de la société ; celle-ci en effet dispose de possibilités de réprimer efficacement le crime de sorte que, tout en rendant inoffensif son auteur, on ne lui ôte pas définitivement la possibilité de se racheter. Une attention grandissante est portée à l’écologie surtout dans les sociétés développées, où les attentes des personnes sont centrées sur la recherche d'une amélioration des conditions de vie. La reprise de la réflexion éthique se manifeste par le développement de la bioéthique favorisant le dialogue entre les croyants et avec les non-croyants.

28. Ce panorama fait d'ombres et de lumières nous montre l’affrontement rude et dramatique entre la vie et la mort. Nous avons la responsabilité de faire un choix inconditionnel en faveur de la vie et d’être fidèles à la loi du Seigneur.
CHAPITRE II

JE SUIS VENU POUR QU'ILS AIENT LA VIE

LE MESSAGE CHRÉTIEN SUR LA VIE
« La vie s'est manifestée, nous l'avons vue » (1 Jn 1, 2) : le regard

tourné vers le Christ, « le Verbe de vie »

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29. L'Evangile de la vie n'est pas une simple réflexion sur la vie

humaine, ni seulement un commandement destiné à alerter la conscience et à susciter d'importants changements. L'Evangile de la vie est une réalité personnelle et concrète, car il consiste à annoncer la personne même de Jésus. Jésus se présente comme « le chemin, la vérité et la vie ». Celui qui croit en lui, même s'il meurt, vivra. Le Fils qui, de toute éternité, reçoit la vie du Père fait participer les hommes à ce don. A partir de la parole, de l'action, de la personne de Jésus, l'homme peut connaître la vérité toute entière sur la valeur de la vie humaine. L’Evangile de la vie, déjà présent dans l'Ancien Testament et inscrit dans le cœur humain, retentit dans chaque conscience, en sorte qu’il peut être connu dans ses traits essentiels par la raison. Le Christ « par sa présence et par la manifestation qu'il fait de lui-même par des paroles, des œuvres, des miracles, par sa mort, sa résurrection et par l'envoi de l'Esprit de vérité, achève la révélation en l'accomplissant et la confirme en attestant divinement que Dieu veut nous arracher aux ténèbres du péché et de la mort et nous ressusciter pour la vie éternelle.

30. Jésus, « Verbe de vie », annonce et communique la vie divine. Grâce à ce don, la vie physique et spirituelle de l'homme acquiert sa plénitude de valeur : la vie éternelle en effet est la fin dernière de tout homme. L'Evangile de la vie, conformément à l’expérience et à la raison, accueille la vie et la porte à son accomplissement.

« Ma force et mon chant, c'est le Seigneur, je lui dois le salut » (Ex 15, 2) : la vie est toujours un bien

31. Dans l'événement de l'Exode, Israël découvre que Dieu protège sa vie si précieuse. La libération de l'esclavage est le don d'une identité, la reconnaissance d'une dignité indestructible et le début d'une histoire nouvelle, où découverte de Dieu et découverte de soi vont de pair. Cette expérience est fondatrice et exemplaire: dans les dangers, il peut trouver en Dieu un soutien efficace et progresser dans la perception du sens et de la valeur de la vie. Les livres sapientiaux montrent combien l’homme fait l’expérience de la précarité de sa vie. Devant les contradictions de l'existence, la foi mise à l’épreuve est appelée à offrir une réponse. Elle pousse à la confiance en Dieu qui peut réaliser ce qu’il conçoit. La Révélation fait saisir le germe de vie immortelle déposé dans le cœur humain qui attend de s'accomplir dans la vie éternelle.

« Le nom de Jésus a rendu la force à cet homme » (Ac 3, 16) : dans la précarité de l'existence humaine, Jésus porte à son accomplissement

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le sens de la vie

32. Jésus annonce aussi à ceux qui se sentent menacés dans leur existence que leur vie est un bien auquel l'amour du Père donne sens et valeur. « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ». Par les paroles du prophète Isaïe, Jésus explique le sens de sa mission : ainsi ceux qui souffrent d'une forme de handicap dans leur existence entendent de lui la bonne nouvelle de la sollicitude de Dieu pour eux. Les pauvres, les malades et les marginaux trouvent dans sa parole et dans ses gestes la révélation de la haute valeur de leur vie et de ce qui fonde leur attente du salut. Ainsi l'Eglise annonce Jésus comme celui qui « a passé en faisant le bien et en guérissant ceux qui étaient tombés au pouvoir du diable… »; son message de salut rejoint l'homme dans sa misère. La foi en Jésus, «auteur de la vie », rend à la vie sa pleine dignité. Celui qui reconnaît que sa vie est marquée par le péché peut, dans la rencontre avec Jésus, retrouver la vérité de sa vie. Au contraire, celui qui pense qu'il pourra l’assurer par la seule possession de biens matériels, se trompe : il sera vite privé de sa vie sans parvenir à en percevoir le sens véritable.

33. Jésus trouve l'accueil favorable des justes, qui s'unissent au « oui » immédiat et joyeux de Marie. Mais le monde hostile cherche l'enfant «pour le tuer ». Le contraste entre les menaces et la puissance du don de Dieu, fait resplendir la gloire qui se dégage de la maison de Nazareth et de la crèche de Bethléem. La pauvreté assumée par Jésus n'est pas seulement le dépouillement des privilèges divins, mais aussi le partage des conditions de vie les plus précaires jusqu'à l’acceptation de la mort sur la croix. Son sacrifice devient la source de la vie nouvelle pour tous les hommes. La valeur de la vie humaine est grande, puisque le Fils de Dieu l'a prise et en a fait l'instrument du salut pour l'humanité !

« Appelés ... à reproduire l'image de son Fils » (Rm 8, 28-29) : la gloire de Dieu resplendit sur le visage de l'homme

34. La vie que Dieu donne à l'homme est distincte de celle de toute autre créature vivante. Toute la création est ordonnée à l'homme et tous les êtres vivants lui sont soumis. Les choses sont confiées à sa responsabilité, tandis qu'il ne peut être asservi à ses semblables et être ramené au rang des choses. Seule sa création est le fruit d'une délibération de Dieu qui établit un lien particulier avec Lui. La capacité d'accéder à la vérité et à la liberté sont des prérogatives de l'homme du 13

fait qu'il est créé à l'image de Dieu. Seul parmi les créatures visibles, il est capable de connaître et d'aimer son Créateur.

35. Dieu insuffla un souffle en l'homme pour qu'il entre dans la vie. L'origine divine de cet esprit explique l'insatisfaction de l’homme. Créé par Dieu, portant en lui une marque divine indélébile, l'homme tend naturellement vers Dieu. Il est sans repos « tant qu’il ne demeure en lui ».  Dans l’Eden, seule l'apparition de la femme, « chair de sa chair » en qui vit également l'Esprit de Dieu peut satisfaire l'exigence d'un dialogue interpersonnel. En l’être humain, se reflète Dieu, fin ultime qui le comble. La gloire de Dieu resplendit sur le visage de l'homme. En lui, le Créateur trouve son repos, selon saint Ambroise : «  Dieu s'est reposé à l'intime de l'homme, dans son esprit et sa pensée; en effet, il avait créé l'homme doué de raison, capable de l'imiter, assoiffé des grâces célestes. Dans ces dons qui sont les siens se repose Dieu ».

36. L’homme par le péché se rebelle contre son Créateur, pour finir par idolâtrer les créatures. Ainsi il souille non seulement en lui-même l’image de Dieu, mais est tenté aussi de l’abîmer chez les autres en substituant aux rapports de communion des attitudes de défiance, d'inimitié, jusqu'à la haine homicide. Quand on ne reconnaît pas Dieu comme Dieu, on porte atteinte au sens de l'homme et à la communion entre les hommes. Le Fils unique manifeste dans sa plénitude la gloire de Dieu par son obéissance rédemptrice ; il donne toutes les grâces aux hommes pour qu'ils deviennent « conformes à son image » et accèdent au royaume de la vie. Ainsi dans la splendeur de cette image, l'homme peut reconstruire la fraternité éclatée et retrouver son identité.

« Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais » (Jn 11, 26) : le don de la vie éternelle

37. La vie éternelle consiste dans le fait d'être engendré par Dieu et de participer à la plénitude de son amour. La génération par Dieu est une condition nécessaire pour pouvoir atteindre la fin en vue de laquelle a été créé l’homme. Quiconque croit en Jésus et s’unit à lui la possède. Jésus a les paroles de la vie éternelle que Pierre reconnaît dans sa profession de foi comme seules capables de communiquer la plénitude de vie. La vie éternelle est définie par Jésus dans le fait de connaître Dieu et lui-même et de communier à la vie divine.

38. Le croyant s’émerveille de l’amour infini du Père et lui rend grâce d’être son enfant, comblé par la promesse de lui être semblable dans la

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vision béatifique. C'est ainsi que la vérité chrétienne sur la vie parvient à

sa plénitude. La dignité de la vie n’est pas liée seulement à ses origines, au fait qu'elle vient de Dieu, mais aussi à sa fin qui est d'être en communion avec Dieu pour le connaître et l'aimer. Ainsi selon saint Irénée, la « gloire de Dieu est l'homme vivant, mais la vie de l'homme est la vision de Dieu ». Si l'homme aime la vie parce qu'elle est un bien, cet amour trouve une autre motivation et une profondeur nouvelle, dans les dimensions divines de ce bien. L'amour de tout être humain pour la vie ne se réduit pas à la seule recherche d'un espace d'expression de soi et de relation avec les autres, mais il se développe dans la conscience joyeuse de pouvoir faire de son existence le « lieu » de la communion avec Dieu. La vie que Jésus nous donne assume la valeur de notre existence dans le temps et la conduit à son destin final.
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