Mémoires de guerre








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Eléments de correction



  1. De Gaulle et son itinéraire politique







Après avoir volontairement quitté le pouvoir en janvier 1946 le général de Gaulle a complètement quitté la politique en 1954 et s'est retiré chez lui à Colombey-les-Deux-Églises où il écrit ses Mémoires de guerre.

Après son départ, le régime instable de la IVe République, que le général de Gaulle avait déclaré dès le début incapable de gouverner, ne parvient pas à maîtriser les difficultés politiques, sociales et militaires françaises.

En particulier la guerre menée dans leur ancien protectorat d'Indochine pour préserver ce pays d'un pouvoir autoritaire communiste, est perdue par les Français qui s'en retirent complètement en 1954 après la défaite de Dien Bien Phû. Les Etats-Unis prennent leur suite pour continuer la guerre à leur compte. Ils devront renoncer eux aussi quelques années après.
Après l'Indochine des soulèvements éclatent en Algérie, territoire conquis depuis 1830 et rattaché à la France. Après de nombreux meurtres de civils français ou arabes et le massacre d'une dizaine de soldats français capturés par surprise, l'armée française et les européens d'Algérie se révoltent et forment un Comité de salut public contre leur gouvernement métropolitain.

Devant la gravité de la situation tous les partis politiques français à l'exception des communistes font appel au général de Gaulle pour éviter l'anarchie sinon, la guerre civile.
Le général de Gaulle accepte de revenir à la direction de son pays. Le Parlement français lui donne l'investiture le 1er juin 1958 pour former un nouveau gouvernement, régler le problème algérien, promulguer une nouvelle Constitution.

Le général de Gaulle se rend aussitôt en Algérie pour y rétablir les pouvoirs de la République et lancer des opérations militaires actives qui rejettent les rebelles algériens hors des frontières algériennes.

L'armée française qui met en ligne un soldat pour 10 habitants écrase complètement cette rébellion qui n'existera plus militairement désormais, mais n'arrivera pas à éliminer les assassinats et les propagandes adverses.

Quoique sceptique sur les possibilités réelles d'une telle politique qu'il estime trop tardive, le général de Gaulle met tous les moyens de la France pour répondre à la politique d'Algérie française d'abord réclamée par les Européens et en grande partie des Arabes. Mais, s'apercevant au bout de 18 mois que, malgré une élimination militaire, la rébellion intérieure soutenue à l'extérieur par presque tous les pays du monde entier ne fait que s'accroître, il prend acte de l'impossibilité d'une victoire politique en Algérie. Après en avoir averti publiquement les Français et demandé leur approbation par référendum qu'il obtient massivement, il entreprend alors d'aboutir à la paix en négociant avec la rébellion une politique d'autonomie puis d'indépendance de l'Algérie, après un gouvernement provisoire commun durant un an, en sauvegardant les intérêts des 900 000 Européens qui y vivent. Ceux-ci se révoltent en créant une Organisation de l'armée secrète (OAS) qui s'oppose par des actions violentes et des attentats à la fois en métropole et en Algérie. Cette politique véritablement suicidaire pour eux aboutit à l'impossibilité de rester en Algérie et à leur exode massif en France.

L'indépendance de l'Algérie que les Français reconnaissent le 3 juillet 1962 après un cessez-le -feu le 18 mars précédant à la signature des Accords d'Evian, l'armée française achève l'évacuation de l'Algérie deux ans après soit le 15 juin 1964 et maintiendra encore durant près de 5 ans jusqu'en 1965 plus de 10 000 hommes dans la région d'Oran-Mers-EI-Kébir et dans ses centres d'expérimentation nucléaire et de missiles du Sahara. Au total 138 000 anciens auxiliaires de l'armée française (dits : Harkis) et leur famille soit 650 000 algériens seront évacués en France tandis que 840 000 Européens vivant en Algérie (dits Pieds_noirs) se replieront en Métropole, 80 000 d'entre eux généralement âgés, préféreront rester sur place.
Dans le domaine intérieur français, la nouvelle Constitution, celle de la Ve République est adoptée massivement par référendum le 5 octobre 1958 sur proposition du général de Gaulle qui est élu Président de la République le 21 décembre 1958 par près de 79% des suffrages.

Cette Constitution comprend :
1 - Un Exécutif composé :
du Président de la République, élu par un large collège de 200000 élus puis ensuite à partir du 19 décembre 1965 directement par le suffrage universel, qui a le pouvoir de choisir le Premier ministre et de dissoudre l'Assemblée nationale. Il est également Président de la Communauté des Etats français, africains et malgaches jusqu'à leur indépendance en 1962 et est responsable devant l'Assemblée nationale. De fait durant les premières années, le prestige du Général est tel que c'est lui qui fait adopter toutes les orientations gouvernementales.

2 - Un législatif qui est le Parlement constitué de deux chambres qui votent les lois et les budgets, à savoir :

 le Sénat renouvelable par tiers tous les trois ans élu au suffrage indirect des élus locaux (députés, maires, conseillers régionaux, généraux ou municipaux) et qui ne peut être dissout

 l'Assemblée nationale entièrement renouvelable tous les cinq ans, élue au suffrage direct des citoyens, qui a le pouvoir de donner l'investiture aux gouvernements, qui a le dernier mot pour le vote des lois et des budgets par rapport au Sénat, mais qui peut être dissoute par le Président de la République.

 le Conseil constitutionnel composé de 9 membres désignés pour 6 ans par les Président de la République, du Sénat et de l'Assemblée nationale chacun pour un tiers, et qui est chargé de vérifier la régularité des élections ou des votes.

 le Conseil économique et social, héritage bancal de la IVe République dont les membres sont désignés par le Président de la République et qui n'a qu'un rôle consultatif dans les domaines économiques et sociaux.

3. Enfin séparée des pouvoirs, mais reliée à l'Etat par le Garde des Sceaux et les Procureurs de la République, ainsi que par le Président de la République qui préside le Conseil de la Magistrature chargé de l'administration des magistrats, l'autorité judiciaire qui n'est pas un pouvoir proprement dit et est chargée d'appliquer les lois votées par le Parlement.

Dans le domaine social, l'œuvre du général de Gaulle généralement ignorée par ses bénéficiaires et occultée systématiquement par ses adversaires, est la plus importante du siècle.
Après avoir fait adopter le vote des femmes en 1944, le général de Gaulle a promulgué la Sécurité sociale par ordonnances d'octobre et de décembre 1945 malgré l'opposition des syndicats qui se sont ensuite empressés de la récupérer à leur profit.

Le Général porte aussi l'âge de la scolarité ou de l'apprentissage payé par l'Etat de 14 à 15 ans et de 15 à 16 ans. Sous ses gouvernements de 1958 à 1968 il décuple l'enseignement secondaire et les universités, effort qui n'a jamais été fait auparavant dans l'histoire de France.
Il transforme le salaire minimum industriel et agricole de croissance (ou SMIC et SMAC) afin de faire bénéficier les travailleurs des fruits de l'expansion. Dans le même ordre d'idée, il initie les lois sur la participation.

Le 31 décembre 1958 il crée l'UNEDIC ou Union nationale interprofessionnelle pour l'Emploi dans l'Industrie et le Commerce.

En 1961 il la complète en créant le Régime d'assurance chômage à une époque où les chômeurs n'atteignent que le minimum incompressible de 65 000 et le régime des retraites complémentaires de l'ensemble des salariés.

Le 20 mai 1965, il généralise la 4ème semaine de congés payés. Le 23 février 1968, il crée l'indemnisation du chômage partiel. Le 10 février, il instaure un accord sur la sécurité de l'emploi.

Dans le domaine des recherches scientifiques de la technologie, de l'industrialisation, le général de Gaulle joue un rôle capital en faisant véritablement entrer la France dans le XXe siècle.

 Il crée l'industrie nucléaire, contre l'avis de presque tous, non seulement pour doter la France d'une arme de dissuasion efficace, mais encore pour pallier la carence énergétique de la France et notamment pour produire la quasi totalité de son électricité.

 Il lance un double programme aéronautique franco-allemand avec l'Aérobus plus tard appelé Airbus et franco-anglais avec l'avion supersonique Concorde qui ne sera pas exploité commercialement selon ses possibilités faute de volonté politique et de comprendre que sa rentabilité, pourtant réalisée plus tard, passe par des tarife beaucoup plus élevés que la moyenne.

 Il choisit entre plusieurs projets le modèle du futur TGV plutôt que le turbotrain trop bruyant ou le train à coussin d'air trop difficile à utiliser couramment.

 Il instaure un programme informatique et d'ordinateurs à grande capacité, nécessaire à notre industrie nucléaire et spatiale notamment.

 Il développe un projet de lancement de missiles d'abord avec la fusée Ariane dans le Sahara puis ensuite à Kourou en Guyane proche de l'Equateur.

 I favorise les programmes de médecine, de chirurgie, de radiologie et de biologie tels que nous en constatons actuellement les résultats.

Dans le domaine des affaires étrangères, des affaires économiques et de nos armées, il conduit fermement une politique d'indépendance de la Nation avec une coopération active vis-à-vis de nos alliés. En particulier c'est lui qui a effectivement mis en application le Marché Commun des Etats européens occidentaux basé sur la réconciliation franco-allemande notamment par coopération avec le chancelier Adenauer.

En Afrique il a maintenu les liens privilégiés avec les Etats du continent africain francophones même après leur indépendance, sauf l'Algérie, la Guinée, et Madagascar qui avaient rompu avec nous. De même n'y aura-t-il pas de relations avec le Vietnam que nous avions quitté en 1954, mais ces relations seront maintenues avec le Laos et le Cambodge.

En Amérique du Sud, Centrale et du Nord, le général de Gaulle établit des relations d'envergure qui n'avaient jamais existé auparavant avec la France.

En Orient, le général de Gaulle est le premier Chef d'Etat occidental qui reconnaît juridiquement la République populaire de Chine en 1964.

De fait jamais aucun chef d'Etat dans l'histoire de France n'a autant visité les pays étrangers, et jamais aucun, et de loin, n'aura autant et aussi souvent été voir sur place les villes et les départements français.

Mais avant qu'on ne lui rende finalement justice avec le recul de l'Histoire, beaucoup de Français, qui avaient pourtant atteint une grande sécurité et une prospérité inconnues auparavant, ne lui en auront aucun gré sur le moment. Des masses d'étudiants ou supposés tels auxquels on avait tout donné sans rien leur demander et des masses de consommateurs qui criaient aux injustices de " la société de consommation " provoquèrent des émeutes en Mai 1968, appuyés par une partie des politiciens dont il avait empêché les jeux stériles, ou la majorité du Sénat qui ne lui avait pas pardonné l'élection du Président de la République au suffrage universel alors qu'il exerçait auparavant depuis près d'un siècle une influence capitale dans cette élection.

Les désordres et la grève générale qui ont éclaté en Mai 1968, prirent fin après que le général de Gaulle avait pris ses distances avec Paris durant une journée. Cette manœuvre agit comme un catalyseur à un raz-de-marée inverse en sa faveur, concrétisé le 30 mai 1968 par une manifestation sur les Champs Elysées d'un million de personnes.

La vie de notre pays reprit son cours ascendant normal, mais avec une perte de production équivalente à près d'une année à rattraper.
S'étant aperçu à l'occasion des derniers troubles que la France souffrait d'un Etat trop centralisé, et voulant mesurer le soutien que les Français lui accordaient, il leur propose l'instauration de régions, la modification correspondante du Sénat et la suppression du Conseil économique et social par un référendum le 27 avril 1969.
Son projet ayant été repoussé il décide de lui-même de quitter les fonctions de Président de la République le 28 avril et de se retirer chez lui.

Complètement détaché de la vie politique, il rédige ses mémoires et effectue deux voyages à titre privé, l'un en Irlande du 10 mai au 19 juin 1969 durant lequel il a un entretien privé avec le Président de la République irlandaise M. de Valera, puis en Espagne du 3 au 27 juin 1970 durant lequel il rencontre de même le général Franco.

Le 9 novembre 1970, pratiquement à la veille de son 80e anniversaire (il est né le 22 novembre), il meurt subitement d'une rupture d'anévrisme dans sa maison de "La Boisserie" à Colombey-les-deux-Eglises où il est enterré sans la présence des officiels conformément à sa volonté.
Toutefois un hommage solennel lui sera rendu le même jour à Notre-Dame de Paris par 80 chefs d'Etat étrangers.

2. Le contexte historique (rappel)


LES ORIGINES DE LA GUERRE D'ALGERIE

    • L'Algérie est une colonie pratiquement soumise à la métropole.

Formée de 3 départements ( Alger, Oran, Constantine ) rattachée au ministère de l'intérieur, elle est dirigée par un gouvernement général.

Le statut, voté en 1947, est inégalitaire: il prévoit l'élection d'une Assemblée algérienne de 120 membres aux prérogatives restreintes: Les 9 millions de musulmans, de statuts " Coranique", élisent le même nombre de députés que le million de citoyens français. De surcroît, les élections de 1948 ont été truquées afin de faire élire des représentants de l'administration dans le second collège (musulman ).

    • La crise du Nationalisme algérien prive la France d'interlocuteurs représentatifs.

Le nationalisme algérien est formé de 3 courants:

- Le courant traditionaliste, celui des Oulémas , qui résiste à l'intégration française en s'appuyant sur l'Islam,

- Le courant des modernistes bourgeois et intellectuels, dont le principal chef est le pharmacien Fehrat Abbas et qui entend procéder par la voie légale,

- Le courant des révolutionnaires, dirigé par Messali Hadj , qui s'est doté en 1947 d'un groupe d'action directe, l'Organisation spéciale ( O.S ) , dirigé par Ben Bella.

    • Tous ces mouvements sont soumis à une intense répression, privés de perspectives locales et connaissent déclin, crises et scissions.

-Or l'Algérie de 1945 connaît de très graves problèmes.

    • Ils sont d'abord d'ordre économique : Il existe une agriculture moderne, qui exporte ses produits, et une industrie naissante, mais elles sont aux mains des Européens, alors que les musulmans pratiquent une agriculture archaïque et routinière et connaissent le chômage ou les emplois précaires.

    • Les problèmes sont aussi sociaux: liés au caractère inégalitaire de la société. Les Européens ( Dont 80 % sont nés en Algérie - les "Pieds Noirs" ) sont en grande partie des citadins, ouvriers ou membres de la classe moyenne, au niveau de vie assez médiocre, mais hostiles à toute réforme qui donnerait l'égalité aux musulmans.

Ceux ci sont 8 400 000 et connaissent une véritable explosion démographique. Si 2 millions d'entre eux ont un niveau de vie proche de celui des Européens, les autres connaissent la pauvreté, une scolarisation et un encadrement administratif insuffisant.

LE DECLENCHEMENT DE LA GUERRE D'ALGERIE ( 1954 / 1955 )

- L'insurrection de la Toussaint 1954 donne le signal de la guerre.

    • Dans le prolongement du retrait de la France d'Indochine ( Juin 1954 ) et pour unir les fractions divisées du nationalisme algérien, un groupe de jeunes militants ( souvent issus de l'O-S ) lance simultanément 70 attaques sur le territoire algérien; Attaques de bâtiments civils et militaires, bombes, attentats individuels...

    • La faiblesse du mouvement rend dérisoire l'annonce de la création d'un Front de libération nationale ( FLN ) et d'une armée de libération nationale ( ALN ) ainsi que la prétention de négocier avec la France la restauration d'un Etat algérien souverain.

- Les Français du Constantinois, en Août 1955, rendent la guerre irréversible.

    • Décidés à empêcher la politique d'intégration, le FLN organise les 20 et 21 août, un soulèvement de musulmans: ceux ci attaquent les quartiers européens des villes et massacrent les habitants des fermes isolées, faisant une centaine de morts autour de Constantine.

Il s'en suit une dure répression, en partie menée par les civils européens, qui réagissent par une "chasse à l'arabe". On compte un millier de victimes.

    • Un fossé de sang dépare désormais les deux communautés: les Européens se dressent en bloc contre les Musulmans, l'action du FLN, qui accroît ainsi son emprise sur la population. De son côté, le Gouverneur Jacques SOUSTELLE considère désormais comme sa tâche prioritaire de rétablir la paix en luttant contre le FLN. La guerre passe au premier plan.

    • C'est cette situation que doit affronter, en 1956, le Gouvernement de gauche qui arrive au pouvoir, sous la Présidence de Guy MOLLET.


LA FRANCE S'ENFONCE DANS LA GUERRE D'ALGERIE ( 1956 / 1958 )

    • Le Président du Conseil, Guy MOLLET donne la priorité à une victoire militaire sur le FLN.

- D'abord partisan d'une politique de négociations, MOLLET fait machine arrière, après avoir été conspué par les Européens d'Alger, le 6 février 1956, et pose désormais comme préalable une victoire militaire sur le FLN.

- Le ministre- résident en Algérie, Robert LACOSTE, laisse l'armée conduire la guerre à sa guise.

- 400 000 hommes bouclent les frontières de l'Algérie, la soumettant à un quadrillage mêlant opérations militaires, actions d'assistance sociale ( alphabétisation, soins médicaux ) et action psychologique pour gagner la population ( propagande, pressions... )

    • A Alger, pour lutter contre le terrorisme urbain, le Général MASSU, chef de la 10° division parachutiste, est chargé de la sécurité. Contrôles, fouilles, arrestations...se succèdent, certains militaires utilisant la torture pour démanteler les réseaux du FLN, qui, de son côté, multiplie les attentats.

Militairement, la France l'emporte: l'organisation du FLN est brisée par la " Bataille d'Alger" (1957 ) et sa force militaire est amoindrie.

    • Mais l'armée ne peut empêcher la poursuite de la guérilla et du terrorisme, ni le ralliement de la population musulmane au FLN, par conviction ou par crainte des représailles.

- La guerre d'Algérie et l'expédition de Suez détériorent la situation internationale de la France

    • En Octobre 1956, décidés à frapper l'Egypte, tenue pour la "base arrière de la rébellion" (elle abrite la délégation extérieure du FLN ), la France organise, en accords avec le Royaume Uni et Israël, une expédition contre le Canal de Suez récemment nationalisé par Nasser. Militairement, l'opération est un succès, mais, condamnées par l'ONU, soumises à la pression des Etats Unis et de l'URSS, la France et la Grande Bretagne doivent évacuer la zone du canal.

    • Désormais, la France est mise en accusation aux Nations Unies en raison de sa politique algérienne, elle est attaquée par les Etats du Tiers Monde et les Pays communistes sans recevoir, sur ce point, l'appui des Alliés américains et Britanniques.

Sur le plan intérieur, la guerre d'Algérie est un facteur de déstabilisation économique et social.

- C'est un gouffre financier qui relance l'inflation, creuse le déficit budgétaire, détériore la balance commerciale, épuise les ressources en devises.

    • Dés 1957, il faut freiner l'expansion et renoncer aux dépenses sociales. Par ailleurs, le conflit algérien provoque une profonde crise morale: des Intellectuels, des étudiants, des jeunes, des représentants des Eglises réclament la fin d'une guerre conduite contre les aspirations nationales d'un peuple et protestent contre l'utilisation de la torture.

Enfin, la guerre d'Algérie fait éclater la majorité de Gauche, victorieuse aux éléctions de 1956, et paralyse le pouvoir.

    • Une partie de la majorité rejette en effet la politique du Gouvernement de Guy MOLLET. Les ministères qui se succèdent en 1957 - 1958 cherchent une solution politique à la crise algérienne, mais sans oser le dire, car ils manquent d'autorité pour l'imposer au Parlement, aux Européens d'Algérie et à l'armée. Le pouvoir est paralysé et la guerre débouche sur une crise de régime.

    • Mais l'Algérie Française trouve aussi des défenseurs chez les Intellectuels de gauche. Pour une partie des Socialistes qui suivent leur secrétaire Général Guy Mollet, pour des intellectuels comme l'ethnologue Albert Bayet, l'indépendance algérienne constituerait un renoncement à l'oeuvre civilisatrice de la France qui a implanté en Algérie le progrès, la laïcité, les Droits de l'Homme et qui abandonnerait la population algérienne à un Islam réactionnaire, clérical, rétrograde.

    • Certains intellectuels de Droite se radicalisent à partir de 1960. On retrouve de nombreux professeurs et écrivains au colloque de Vincennes de Juin 1960 qui rassemble les partisans de l'Algérie française ou parmi les signataires en Octobre 1960, du "Manifeste des Intellectuels français" qui dénoncent les "121" comme des "professeurs de trahison".

Enfin, quelques-unes appuieront l'OAS tout en réprouvant les attentats sanglants organisés par celle ci.
LA GUERRE D'ALGERIE RENFORCE LES ADVERSAIRES DU REGIME.

    • Des partisans de l'Algérie française se rassemblent dans l'union pour le salut et le renouveau de l'Algérie française" autour du Gaulliste Jacques Soustelle.

- Ils sont issus de tous les Partis et craignent que le régime ne finisse par accepter de négocier avec le FLN.

    • Mais surtout, l'extrême droite trouve une nouvelle audience, essentiellement en Algérie.

- Elle entend s'opposer à toute négociation en installant à Paris un pouvoir autoritaire qui laisserait les coudées franches aux militaires et ferait taire les intellectuels.

- Réduits en métropole à des groupuscules fascisants comme ' Jeune Nation ", ce courant est beaucoup plus puissant en Algérie, dans la population européenne ( les "Pieds Noirs" ) et dans l'armée, où certains officiers rêvent de remporter la victoire en employant contre le FLN des méthodes révolutionnaires qui ont vaincu les Français au Viet Nam; ils ourdissent des complots pour renverser le régime.

    • Des partisans du Général DE GALLE attendent leur heure.

- Depuis 1953, le Général De Gaulle a mis en sommeil le RPF et s'est retiré de la vie publique. Mais la crise du régime le confirme dans ses analyses et on commence à prononcer son nom comme celui d'un recours possible.

- Ses partisans suivent avec attention l'agitation de l'extrême droite et les multiples complots, bien décidés, le moment venu, à les canaliser pour obtenir le retour au pouvoir du Général De Gaulle. Quant à lui, il feint d'ignorer ces préparatifs bien qu'il soit constamment tenu au courant.

LA FIN DE LA GUERRE D'ALGERIE ( 1958 / 1962 )

- L'émeute algéroise du 13 Mai 1958, entraîne la chute de la 4° République.

-Le Général De Gaulle impose à l'armée et aux Européens l'indépendance de l'Algérie.

    • Résolu à résoudre de manière pragmatique le problème algérien, le Général doit tenir compte des circonstances qui vont le conduire progressivement à l'idée de l'indépendance algérienne:

- La détermination du FLN qui forme un Gouvernement provisoire de la république Algérienne ( GPRA )

- Le désaveu de l'opinion internationale

- La lassitude des Français devant ce conflit interminable.

- Une série de discours jalonne sa propre évolution et prépare progressivement l'opinion à l'indépendance algérienne.

    • En Septembre 1958, De Gaulle propose en vain au FLN une reddition honorable, la "Paix des Braves".

    • En Septembre 1959, il franchit une étape décisive en reconnaissant aux algériens le droit à l'autodétermination. Puis il évoquera successivement " L'Algérie algérienne", un "Etat algérien souverain".

    • Dés 1960, il entame avec le FLN des pourparler qui aboutissent, le 19 Mars 1962, aux accords d'Evian, reconnaissant l'indépendance de l'Algérie.

- Les Européens et l'armée, qui ont porté De Gaulle au pouvoir, ont le sentiment d'une trahison.

    • Ils rêvent d'un nouveau 13 Mai qui le chasserait du pouvoir .En Janvier 1960,les activistes d'Alger déclenchent une semaine d'émeutes, la "semaine des barricades" .En Avril 1961, quatre Généraux ( Challe, Salan, Jouhaud et Zeller - les deux premièrs étant d'anciens commandants en chef d'Algérie ) provoquent un Putch qui échoue devant le refus des soldats du contingent de suivre les officiers rebelles et devant la fermeté du Chef de l'Etat.

    • Désormais, les activistes se retrouvent dans l'Organisation armée secrète ( OAS ): par une série d'attentats en Métropole et en Algérie, celle-ci s'efforce de rendre impossible tout accord avec le FLN, puis une fois celui-ci acquis, d'en empêcher l'application.

- 700 000 Européens doivent quitter avec déchirement l'Algérie.

L' action de l'OAS aboutissant en effet à rendre impossible la cohabitation des deux communautés européenne et musulmane, ils abandonnent une terre sur laquelle ils sont nés et laissent leurs biens, pour affronter un difficile reclassement en Métropole.

Quant à l'OAS, elle tente à diverses reprises d'assassiner le Général De Gaulle: le 22 Août 1962, celui-ci n'échappe à la mort que de justesse lors de l'attentat du

3 « Nul ne peut se méprendre sur la vaste portée de cet aboutissement en ce qui concerne, tant la vie nationale en France, que son œuvre africaine et son action internationale »













4. De Gaulle espérait sincérement une amitié entre les deux peuples; peut être à l’image de la réconciliation entre la France et l’Allemagne

Dans les mémoires, le fondateur de la V République reste l'homme qui a conduit l'Algérie à son indépendance, le seul sans doute qui en ait été capable. On peut donc se poser la question de savoir si le Général était partisan de l'Algérie française ou de l'Algérie algérienne. Les historiens hésitent en effet : pour certains, il a agi selon une politique déterminée ayant pour but l'indépendance ; pour d'autres, il a exploré différentes solutions, jusqu'à approuver la souveraineté algérienne. A la tête du GPRF jusqu'en janvier 1946, de Gaulle prend des mesures visant à garantir l'égalité des Algériens et des Français d'Algérie sur le plan économique et social. Mais il refuse tout désordre, faisant réprimer les émeutes du Constantinois en mai 1945.

Quand il revient au pouvoir en juin 1958, la Tunisie et le Maroc sont indépendants mais la situation en Algérie s'est gravement détériorée : le Front de libération nationale (FLN) a lancé une insurrection le 1er novembre 1954, entraînant une escalade militaire. En 1957, 400 000 soldats français du contingent sont présents en Algérie pour y maintenir l'ordre. Les Français d'Algérie sont convaincus que le Général préservera l'appartenance du territoire à la France, alors que les Français de métropole rappellent de Gaulle pour trouver une solution, quelle qu'elle soit, à la guerre. De Gaulle déclare le 4 juin 1958 à la foule de Français rassemblée à Alger : "Je vous ai compris !", tout en annonçant des réformes profondes et proclame une seule fois, après, à Mostaganem : "Vive l'Algérie… française !"

Mais, derrière ces phrases retentissantes, de Gaulle montre à ceux qui savent bien l'observer un visage plus nuancé. En octobre 1958, il s'écrie à Constantine : "Vive l'Algérie et vive la France !" et il convie le FLN à conclure avec la France une "paix des braves". Plus clairement encore, il confie en 1959 à un journaliste que "L'Algérie de papa est morte, et si on ne le comprend pas, on mourra avec elle".

Par ce cheminement, de Gaulle, en réaliste, amène l'opinion à évoluer par rapport aux positions des partisans de l'Algérie française ; ce processus trouve sa première expression le 16 septembre 1959 : le chef de l'Etat évoque ce jour-là trois options pour l'avenir de l'Algérie, annonçant ainsi le droit à l'autodétermination des Algériens. Si de Gaulle donne sa préférence à une Algérie algérienne étroitement liée à la France, il n'exclut ni le maintien de la souveraineté française sur le territoire, ni même la "sécession" de l'Algérie si la paix, toutefois, était intervenue au préalable. L'étape est décisive… mais ne règle en rien le conflit. De Gaulle refuse en effet toute négociation officielle avec le FLN qui multiplie les attentats en Algérie. Par ailleurs, les Français d'Algérie s'inquiètent des nouvelles orientations de De Gaulle et déclenchent des émeutes notamment lors de la semaine des barricades à Alger, du 24 janvier au 2 février 1960. Le Général se rend en Algérie et fait une "tournée des popotes" (3-7 mars 1960) pour essayer de faire comprendre sa politique aux militaires.

Le président de la République est convaincu que la souveraineté algérienne est la seule issue au conflit et va continuer d'en persuader les Français. Dans le même temps, il est vrai, l'Afrique noire accède à l'indépendance. Le 8 janvier 1961, de Gaulle organise donc un référendum sur l'autodétermination de l'Algérie, perspective qui recueille l'approbation de 75,2 % des suffrages exprimés. L'appui de l'opinion est un atout pour de Gaulle, qui est confronté à la colère des partisans de l'Algérie française. Certains officiers, en Algérie, en viennent à refuser l'autorité du chef de l'Etat, chef des armées. Derrière les généraux Salan, Jouhaud, Challe et Zeller, ils prennent le pouvoir à Alger le 22 avril 1961.

Face à cette menace, le Président exerce les peins pouvoirs en vertu de l'article 16 de la Constitution. A la télévision, où il apparaît en uniforme, il condamne fermement la tentative de putsch de ce "quarteron de généraux à la retraite", mettant fin en quatre jours à la tentative de coup d'Etat. Les partisans de l'Algérie française se regroupent au sein de l'Organisation de l'Armée secrète (OAS) et se livrent au terrorisme en métropole et en Algérie. Ils essaient d'assassiner de Gaulle à de nombreuses reprises (notamment le 8 septembre 1961 à Pont sur seine), et répètent leurs tentatives après l'indépendance de l'Algérie (par exemple le 22 août 1962 au Petit-Clamart).

Le contexte est donc tendu quand s'ouvre à Evian, le 7 mars 1962, la dernière phase des négociations entre les représentants du gouvernement français et le FLN. Ces négociations font suite aux entretiens de Melun (25 au 29 juin 1960) entre le gouvernement français et le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), qui avaient été rendu possibles par la maîtrise absolue du terrain par l'armée française mais qui s'étaient conclus sans résultat. Les accords d'Evian, signés le 18 mars 1962, mettent fin aux hostilités et donnent l'indépendance à l'Algérie. De Gaulle espère qu'ils permettront à l'Algérie et à la France de "marcher fraternellement ensemble sur la route de la civilisation". Les accords sont approuvés par 90,7 % des métropolitains (suffrages exprimés lors du référendum du 8 avril 1962).

De novembre 1954 à la fin de 1962, il y aura des dizaines de milliers de morts en Algérie. Les accords d'Evian sont suivis de nombreux drames, comme le massacre par le FLN des Algériens pro-français, en particulier les Harkis recrutés contrairement aux instructions du Général, le massacre des partisans de l'indépendance par l'OAS, l'exode massif des pieds-noirs. La déchirure engendrée au sein de la population française par cette guerre - que l'Etat français vient de reconnaître
5. Référendum: consultation par oui ou non du peuple français
autodetermination:expression utilisée par De Gaulle à partir de 1960 pour amener les Français à accepter que l’Algérie choisisse par voix référendaire son destin
coopération” théorie selon laquelle un pays ancienne colonie peut conserver des liens avec sa métropole qui coopére ainsi a son développement autonome

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