Centre rhone –alpes d’ingenerie sociale solidaire & territoriale








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Le Rhône, l'Isère, le Puy-de-Dôme, et dans une proportion moindre l'Ain, concentrent l'essentiel des pertes. Sur l'année, l’emploi salarié industriel perd 5 800 salariés en Auvergne-Rhône-Alpes, soit un recul de 1,2 %, comparable au niveau national.

Pour le troisième trimestre consécutif, les variations d'emploi dans le secteur de la construction sont sans commune mesure avec les lourdes pertes enregistrées en 2014 et 2015 (figure 4).



La région perd 300 emplois ce trimestre - après des gains identiques au trimestre précédent - soit une régression de 0,2 %, comme au niveau national.

Les variations départementales ne dépassent généralement pas une cinquantaine d'emplois. Seuls la Drôme et le Puy-de-Dôme connaissent des pertes un peu plus fortes, de l'ordre de 150 salariés. A l'opposé, l'Isère et l'Ardèche gagnent quelques emplois dans le secteur. En glissement annuel également, la situation de l'emploi tend à être moins dégradée dans la construction. Le secteur compte 1 700 salariés en moins, soit un recul de – 1,0 %, contre – 1,3 % au niveau national.

Si ce n'est une progression moins soutenue au trimestre dernier, le dynamisme du commerce ne se dément pas depuis début 2015. Le secteur continue de gagner des emplois, 1 800 ce trimestre, soit une hausse de + 0,5 %, supérieure à celle relevée dans l’ensemble du pays (+ 0,3 %). Aucun département ne perd des emplois dans le commerce ce trimestre : les effectifs stagnent dans l'Ain, l'Allier et la Savoie, mais tous les autres départements d'Auvergne-Rhône-Alpes gagnent de 100 à 300 salariés. Sur un an, le secteur compte 7 000 salariés supplémentaires, soit une croissance quasiment deux fois plus rapide dans la région (+ 1,9 %) qu'au niveau national (+ 1,0 %).

L'emploi des services marchands hors intérim connaît une nette hausse pour le cinquième trimestre consécutif. Le secteur gagne 4 300 salariés en Auvergne-Rhône-Alpes, soit une progression de + 0,5 %, proche de celle enregistrée en France métropolitaine. Pour près de la moitié, il s'agit d'emplois de services aux entreprises. Au total, les services marchands hors intérim gagnent 3 200 salariés dans le Rhône (+ 1,0 %), 900 dans le Puy-de-Dôme (+ 1,5 %), et 700 dans la Loire (+ 1,3 %). En revanche, deux départements connaissent des pertes dans ce secteur : l'Ardèche (- 200 emplois), et surtout la Savoie, qui compte 1 500 salariés de moins sur le trimestre, soit une baisse de – 2,7 %. Dans ce dernier département, l'hébergement - restauration concentre les deux tiers des pertes du secteur, par contrecoup d'une saison d'hiver meilleure qu'ailleurs dans les Alpes du Nord.

En un an, Auvergne-Rhône-Alpes gagne 17 400 salariés dans les services, soit une progression de + 2,1 %, contre + 1,6 % en France métropolitaine.

Avertissement : L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises. Durant la phase de montée en charge de la DSN, des adaptations sont réalisées dans la chaîne de traitement statistique des estimations d’emploi afin de tenir compte de ces changements. Ces modifications sont susceptibles de générer des révisions accrues sur les données.

Le taux de chômage diminue de – 0,4 point en un an

Le taux de chômage d’Auvergne-Rhône-Alpes diminue de – 0,2 point au deuxième trimestre 2016. Il atteint désormais 8,6 % de la population active (figure 5).



L’écart entre la région et le niveau national est d'un point. En un an, le taux de chômage régional a diminué de – 0,4 point, une baisse comparable à celle relevée en France métropolitaine (– 0,5 point). Auvergne-Rhône-Alpes est une des quatre régions françaises où le taux de chômage est le plus bas.

Au sein de la région, les disparités départementales sont structurellement fortes, avec des taux s'étageant entre 6,1 % et 10,9 % de la population active. Sur le dernier trimestre, ils diminuent dans l'ensemble des départements de – 0,1 à – 0,2 point, sauf dans l'Allier et le Puy-de-Dôme où la baisse atteint – 0,3 point.

Sur un an, les taux de chômage des départements d'Auvergne-Rhône-Alpes sont tous en baisse (figure 6). Le recul est plus marqué dans le Rhône, la Drôme et en Savoie (– 0,5 point). Il est en revanche plus limité dans l'Ain et l'Ardèche (– 0,2 point).

Figure 6 - Taux de chômage dans les départements d'Auvergne-Rhône-Alpes



Note de lecture : l’évolution du taux de chômage sur un an dans le Rhône est de - 0,5 point.

Note : données provisoires pour le 2e trimestre 2016

Source : Insee, taux de chômage localisés

Les mises en chantier retrouvent un rythme d'évolution positif

Au deuxième trimestre 2016, les autorisations de construire progressent en Auvergne-Rhône-Alpes de + 0,8 %, contre + 0,4 % (chiffre révisé) au trimestre précédent, portant le niveau des autorisations à 52 800 logements en rythme annuel. Pour la France métropolitaine, la hausse ralentit modérément, à + 2,3 % après un accroissement de + 2,7 %. Le nombre de logements autorisés dépasse ainsi 387 000 logements en rythme annuel (figure 7).



Le nombre de mises en chantier de logements augmente de + 1,5 %, alors qu’il avait diminué de – 0,8 % (chiffre révisé) au premier trimestre (figure 8).



Le niveau des mises en chantier s'établit à 48 100 logements en rythme annuel. Pour l'ensemble de la France métropolitaine, le nombre de logements commencés au deuxième trimestre 2016 augmente de + 2,0 % (après + 1,6 % au trimestre précédent). On compte désormais 341 000 logements commencés en rythme annuel.

L’activité hôtelière poursuit son redressement en Auvergne-Rhône-Alpes

La fréquentation hôtelière augmente de + 4,2 % au deuxième trimestre 2016 par rapport au deuxième trimestre 2015 en Auvergne-Rhône-Alpes, et s’établit à 5,5 millions de nuitées (soit 220 000 de plus qu’un an plus tôt). Comme au trimestre précédent, le Rhône, l’Isère et la Haute-Savoie contribuent fortement à cette progression. Le Puy-de-Dôme enregistre également une nette hausse de la fréquentation, après une stagnation au trimestre précédent. Inversement, la Loire et la Haute-Loire affichent des reculs sensibles. Dans un contexte de hausse modérée de l’offre de chambres (+ 1,2 %), le taux d’occupation gagne cependant deux points, à 54,9 % et dépasse d’un point le bon niveau de 2013. La part des nuitées étrangères s’accroît encore au deuxième trimestre 2016 pour l’ensemble de la région (+ 1,0 point, à 25,5 %), malgré le recul notable de la Savoie (– 1,5 point). Cette hausse est due à un excellent mois de juin, notamment dans le Rhône au moment de la coupe d’Europe de football.



Les exportations régionales redémarrent

En moyenne glissante, du troisième trimestre de 2015 au deuxième de 2016, les exportations d'Auvergne-Rhône-Alpes augmentent de + 0,4 %, après un recul de – 0,3 %. Pour la France métropolitaine, la baisse reste la même qu'au premier trimestre, soit – 0,3 % (figure 10).



Les exportations de produits pharmaceutiques se redressent (+ 6,3 % après – 4,5 %). Celles de produits des industries agroalimentaires conservent un rythme nettement positif (+ 3,0 % après + 2,5 %). L’accroissement des exportations d'équipements mécaniques s'établit à + 2,0 %, prolongeant une évolution positive depuis un an et demi.

Sur la même période, l'essentiel de la hausse concerne l'Union Européenne : les exportations vers cette zone se maintiennent au rythme du premier trimestre (+ 1,0 %), tandis qu'elles continuent à diminuer vers l'Europe hors Union Européenne (– 1,9 %). Celles à destination de l'Afrique, en repli au premier trimestre, progressent de + 5,9 %. Les exportations vers le continent américain restent orientées à la baisse (– 1,4 % ).

Encadrés

Contexte national : La conjoncture européenne résiste aux incertitudes politiques

L’activité dans les économies avancées a déçu au deuxième trimestre 2016, notamment aux États-Unis, et le commerce mondial n’a que faiblement rebondi. Dans la zone euro, la croissance est restée solide, notamment en Allemagne et en Espagne. Au second semestre, le climat des affaires se redresse timidement dans les économies émergentes et l’activité reprendrait un peu d’élan. De même l’activité américaine accélérerait à la faveur d’une reprise de l’investissement productif. En revanche, le vote pro-Brexit provoquerait un net ralentissement de l’activité outre-Manche via celui des dépenses d’investissements. Dans la zone euro, malgré la hausse des incertitudes politiques cet été, le climat des affaires résiste et l’activité progresserait de nouveau solidement. Principalement, la consommation privée resterait portée par un emploi et des salaires dynamiques, notamment en Allemagne, alors que l'inflation resterait contenue.

Contexte international : En France, l’activité a calé au printemps

L’économie française a calé au deuxième trimestre (– 0,1 % après + 0,7 %), ralentissant plus fortement que prévu en juin, avec notamment un repli des dépenses de services et des exportations anémiques. En revanche, l’emploi marchand a continué de progresser solidement (+ 30 000) et le taux de chômage a reculé de 0,3 point à 9,9 %. Au second semestre, la hausse des exportations progresserait plus en phase avec la demande adressée, et la production manufacturière rebondirait, notamment dans les branches affectées par les grèves au printemps. Au total, en 2016, la croissance s’élèverait à + 1,3 %, un rythme comparable à celui de 2015 (+ 1,2%). L’emploi total progresserait de 165 000, et le taux de chômage baisserait encore un peu, à 9,8% en fin d’année.
Des territoires inégaux face à la précarité

Medhy Martin, Axel Gilbert, Insee

Résumé

La région Auvergne-Rhône-Alpes jouit d’une économie dynamique. Toutefois, 12 % de la population se trouve sous le seuil de pauvreté, moins que dans le reste de la France métropolitaine. La précarité impacte inégalement les personnes : les familles monoparentales, les jeunes, les ruraux, notamment âgés, sont les plus fragiles. Localement, pauvreté et chômage vont souvent de pair. Le recours aux aides sociales, et surtout les minima sociaux, est un soutien essentiel, mais le surendettement des ménages prend de l’importance. Parmi les politiques sociales mises en oeuvre pour l’inclusion sociale figurent l’éducation mais aussi le logement social, surtout dans les agglomérations où les loyers peuvent être très élevés.

Publication

La pauvreté est généralement définie comme un manque durable de ressources pour vivre décemment et subvenir aux besoins de base. Ainsi, sa dimension financière, appréhendée au moyen du taux de pauvreté (définitions), est le principal indicateur visible. En Auvergne-Rhône-Alpes, 12,3 % des habitants de la région vivent en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 990 € par mois pour une personne seule. En France métropolitaine, 14,3 % de la population se situe sous ce seuil. La région fait partie des moins touchées par la pauvreté derrière la Bretagne, les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire, conséquence du dynamisme économique de la région.

Bien que ce soit sa principale composante, la pauvreté ne se résume pas à ce seul critère monétaire. D’autres aspects de conditions de vie, tels que la situation familiale, le chômage, l’accès à l’emploi et au logement, la scolarité, l’endettement, constituent des indicateurs de fragilité.

Des situations très diverses appellent des politiques différentes. Ainsi, le plan contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale (PPPIS) mis en place en 2013 ne vise pas seulement à réduire la pauvreté monétaire. Plus largement, 69 mesures favorisent aussi l’accueil dans les services publics, l’accès aux cantines scolaires, la lutte contre l’isolement des personnes âgées ou encore l’accès au logement et à l’hébergement temporaire .

Des situations diversifiées

La pauvreté n’apparaît pas limitée à quelques groupes sociaux mais la composition familiale est un déterminant important. Les familles monoparentales sont particulièrement touchées : plus d’un quart se trouve en situation de pauvreté. Les ménages de cinq personnes et plus et les jeunes de moins de 30 ans accusent un taux de pauvreté de 20 %. Les habitants des départements ruraux pâtissent considérablement de la situation, notamment l’Allier qui compte les plus forts taux de pauvreté de la région pour ces trois catégories de population.

La précarité est également très liée à la situation des membres du ménage sur le marché du travail. Les chômeurs sont ainsi plus souvent exposés au risque de pauvreté. Le chômage constitue une situation de précarité financière et sociale pour les individus, a fortiori quand il se prolonge. Mais la pauvreté concerne aussi des personnes qui n’évoluent pas ou plus dans l’univers professionnel : des retraités avec des pensions faibles ou des personnes éloignées du marché du travail. De même, l’activité salariée ou indépendante ne protège pas totalement de la pauvreté en raison des temps partiels, des contrats courts et des faibles salaires ou chiffres d’affaires pour les travailleurs indépendants.

Importance du marché de l’emploi

Au niveau des territoires, la relative bonne tenue du marché du travail contribue à limiter la pauvreté. Dans la région, le chômage se situe à un niveau plutôt faible. La proportion de chômeurs dans la population active reste inférieure à celle de la France métropolitaine (8,8 % en Auvergne-Rhône-Alpes contre 9,9 % en France métropolitaine au premier trimestre 2016). Cependant, le nombre de personnes en recherche d’emploi a gagné du terrain dans tous les départements de la région durant la première moitié de la décennie. Cette augmentation, de 35 % dans la région entre 2010 et 2015, est plus importante en Ardèche et dans la Drôme, et plus modérée dans l’Allier et le Puy-de-Dôme. L’évolution du nombre de demandeurs d’emploi de longue durée est plus importante encore et les différences entre départements sont accentuées.

Chômage et pauvreté sont le plus souvent les conséquences de la faiblesse du marché local de l’emploi, spécialement dans les anciens territoires industriels et les villes de taille moyenne. Ainsi, les taux de chômage surpassent le taux national dans la Drôme, l’Ardèche, l’Allier et la Loire. Ce sont dans ces mêmes départements que les taux de pauvreté sont élevés (figure 1). À l’opposé, les taux sont plus faibles dans l’Ain, la Haute-Savoie et la Savoie. Le Cantal fait exception, avec le taux de chômage le plus faible de la région (6,4 %), mais le taux de pauvreté le plus élevé (15 %) (figure 2). La pauvreté est, dans ce département, liée au vieillissement de la population rurale.

Figure 1 - Les départements ruraux sont les plus touchés par la pauvreté



Sources : Insee, Filosofi, taux de chômage localisés, lieu de résidence, 2012


Des territoires inégaux devant la pauvreté

Auvergne-Rhône-Alpes se caractérise par une forte diversité des territoires, avec des niveaux de pauvreté très différents. C’est en général dans les territoires ruraux éloignés des principaux pôles urbains que les habitants sont le plus confrontés aux situations de pauvreté. Ces territoires se situent massivement dans les départements du Cantal, de la Drôme, de l’Ardèche et de l’Allier. Ceux-ci affichent ainsi des taux de pauvreté supérieurs à 14,8 %, au-dessus de la moyenne métropolitaine. Ces territoires, les moins densément peuplés de la région, sont également ceux qui comprennent les plus fortes proportions de personnes âgées. Le faible niveau de revenu tient à la présence de nombreux retraités aux pensions modestes. À partir des années 1960, les jeunes ont quitté massivement ces territoires et ont toujours tendance à partir étudier dans les pôles universitaires, et les personnes actives vers des zones plus attractives pour l’emploi. Cela a deux conséquences : la part de la population active dans la population totale diminue, et les travailleurs présents dans ces départements sont moins qualifiés, donc plus susceptibles d’être en situation de pauvreté laborieuse. Le niveau des pensions y est aussi plus bas, en particulier chez les anciens agriculteurs et les veuves.

Les villes abritent d’autres formes de pauvreté. Ainsi, les centres des grandes agglomérations concentrent des ménages très modestes, bénéficiant parfois d’un logement social. En revanche, en banlieue des grandes villes réside une population globalement plus aisée et plus homogène. La banlieue de Lyon fait exception, avec une très nette partition spatiale de l’espace : quelques communes populaires situées à l’est et au sud concentrent les ménages plus pauvres. Les territoires périurbains, à vocation résidentielle, abritent une population peu exposée à la pauvreté.

Le surendettement en progression

Les situations de pauvreté peuvent engendrer un surendettement des ménages. En Auvergne-Rhône-Alpes, 7 ménages sur 1 000 ont déposé un dossier de surendettement en 2013 devant la commission de la Banque de France (8 en France métropolitaine). Dans l’Allier, ce taux monte à 10 alors qu’il n’est que de 5 en Haute-Savoie ou en Ardèche (
figure 3). Entre 2008 et 2014, le nombre de dépôts de dossiers de surendettement a davantage augmenté dans la région qu’en France métropolitaine. Cette croissance est très inégale suivant les départements, de + 5 % en Ardèche à + 52 % dans l’Ain.

Parmi ces dossiers de surendettement, la proportion de dossiers pour impayés d’énergie est importante. Elle reste relativement homogène dans la plupart des départements, sauf en Savoie où cette part est assez faible (27 %), et au contraire en Haute-Loire, Loire et Allier où elle est supérieure à 40 %. C’est un enjeu important pour la région, où la question de la dépense énergétique est majeure : en raison du climat de montagne qu’on retrouve dans les massifs, et qui implique une plus grande consommation pour le chauffage domestique, la précarité énergétique y est plus répandue qu’ailleurs.

Tous logements confondus (propriétaires, locataires du privé ou en HLM), la part des ménages qui consacrent plus de 8 % de leurs revenus pour le chauffage (logement et eau sanitaire) est plus importante dans les départements de l’ouest de la région. 23 % à 36 % des ménages s’y trouvent en situation de précarité énergétique liée au logement. Ce risque est encore augmenté dans les zones les plus rurales, où l’habitat est essentiellement individuel et occupé par des personnes aux revenus souvent modestes.

Des enjeux éducatifs…

La lutte contre la pauvreté des enfants, en particulier l’inclusion scolaire est un des pans des politiques du PPPIS. À la rentrée 2015, un élève sur dix d’Auvergne-Rhône-Alpes entre en 6e avec au moins un an de retard. Cette proportion, ainsi que celles relevées dans la plupart des départements de la région, est proche de celle de la France métropolitaine. Seuls se distinguent l’Allier, avec un taux plus élevé, et les deux Savoie avec des taux plus faibles.

En revanche, les jeunes de la région sont plus diplômés que la moyenne nationale. La proportion des personnes de 20 à 24 ans non scolarisées et n’ayant aucun diplôme supérieur au brevet est plus faible que celle de l’ensemble de la France métropolitaine. Le Cantal et la Haute-Loire ont un taux de non-diplômés inférieur à 15 %, contrairement à l’Isère et à la Drôme qui se rapprochent de la moyenne française, avec une personne de 20 à 24 ans sur cinq sans diplôme.

Les jeunes de 18 à 24 ans de la région sont légèrement mieux insérés que ceux de l’ensemble de la France métropolitaine. Ils sont tout de même 19 % à n’être ni en emploi, ni étudiants (2,5 points de moins que le taux national), en particulier parmi les jeunes les moins qualifiés. Les jeunes des départements alpins et ceux qui habitent à proximité des principaux pôles universitaires s’en sortent mieux. Au contraire, un jeune de 18 à 24 ans sur quatre dans l’Allier, l’Ardèche et la Drôme rencontre des difficultés d’insertion. Parmi les départements ruraux, le Cantal fait exception avec des taux d’insertion semblables à la moyenne régionale.

L’offre de pension et demi-pension dans les établissements scolaires peut permettre aux familles dans le besoin de proposer au moins un repas décent aux enfants à un coût moindre, voire un hébergement sur le temps scolaire. Dans la région, 71 % des élèves du secondaire sont demi-pensionnaires ou internes. Mais c’est surtout l’éloignement des écoles et la difficulté de leur accès en raison du relief de montagne qui entrent en compte. Ainsi, les élèves des départements ruraux profitent davantage de ces prestations. Mais l’Ain, la Savoie et la Haute-Savoie ont une proportion d’élèves demi-pensionnaires ou internes importante alors que le taux de pauvreté n’y est pas particulièrement élevé.

et des enjeux immobiliers

Le logement occupe une part croissante dans le budget des familles. Entre 2011 et 2013, le nombre de décisions d’expulsions locatives a augmenté en Auvergne-Rhône-Alpes, passant de 12 800 à 13 600. La proportion de décisions d’expulsions pour 1 000 ménages locataires est légèrement inférieure à celle de la France métropolitaine (10,6 pour 11,3). Ce sont dans les villes que se concentrent les ménages locataires. Suivant les départements, ce taux diffère beaucoup. Ces situations concernent en premier lieu les ménages des villes où le marché locatif est tendu, en Isère, en Haute-Savoie et dans le Rhône. Elles sont plus rares dans la Haute-Loire ou le Cantal.

En 2014, 528 000 logements sociaux sont proposés dans la région, soit 16 logements pour 100 ménages. Plus du quart se concentrent dans la Métropole de Lyon, qui offre une densité de 26 logements HLM pour 100 ménages. Le logement social est surtout présent et nécessaire là où les niveaux de loyers sont hauts, c’est-à-dire dans les grandes villes. Il est en revanche très inégalement réparti dans les agglomérations : on trouve de vastes quartiers presque entièrement consacrés au logement HLM et des communes aisées qui en sont dépourvues, malgré les effets correcteurs de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU).

En Ardèche, dans le Cantal et en Haute-Loire, le logement social se fait plus rare avec moins de 10 logements pour 100 ménages. Le parc social s’étoffe toutefois dans tous les départements de la région, notamment ceux qui sont en forte croissance démographique comme l’Ain et la Haute-Savoie. Enfin, dans trois départements peu favorisés (la Loire, la Haute-Loire et l’Allier), la baisse de la population urbaine et la modération des loyers privés entraînent une vacance non négligeable du parc HLM (entre 6 % et 7 % de logements disponibles sont vacants).

Figure 3 - La Drôme, l'Allier et l'Ardèche, départements les plus touchés par les situations de précarité

Principaux indicateurs départementaux

Département

Taux de pauvreté en 2012 (en %)

Taux de chômage localisé – 1ertrimestre 2016 (en %)

Part des ménages bénéficiaires dont les minima sociaux représentent plus de 50 % des revenus en 2014 (en %)

Décisions d'expulsions locatives pour 1 000 ménages en 2013

Nombre de dossiers de surendettement déposés pour 1 000 ménages en 2013

Part d'élèves entrant en 6eavec au moins un an de retard, à la rentrée 2015 (en %)










Sources : Insee (Filosofi, enquête emploi), CAF, ministère de la Justice/SG/SDSE, MENESR-DEPP, Banque de France

Ain

10,3

7,3

21,3

10,6

7,3

9,6










Allier

14,8

10,7

36,7

8,8

10,2

11,3










Ardèche

14,8

10,8

28,2

8,1

4,7

9,6










Cantal

15,0

6,5

27,0

5,6

6,7

10,2










Drôme

14,9

11,2

29,6

9,8

6,1

10,0










Isère

11,0

8,6

25,8

13,2

7,0

9,3










Loire

13,9

10,1

30,2

10,4

8,5

10,3










Haute-Loire

12,5

8,4

26,0

5,6

8,1

10,4










Puy-de-Dôme

12,4

8,9

30,6

7,6

6,4

9,6










Rhône

13,2

9,1

30,9

11,7

7,8

10,0










Savoie

9,9

7,6

22,7

6,7

6,9

8,1










Haute-Savoie

9,5

7,5

21,9

12,1

5,1

7,7










Auvergne-Rhône-Alpes

12,3

8,8

28,1

10,6

7,1

9,6










France métropolitaine

14,3

9,9

32,6

11,3

8,0

9,8









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