Note de lecture








télécharger 0.74 Mb.
titreNote de lecture
page4/20
date de publication16.05.2017
taille0.74 Mb.
typeNote
b.21-bal.com > loi > Note
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   20
ofondeurs marines

Gérard avait enseigné Odette, en tant que professeur, avant de tomber éperdument amoureux de cette jeunesse et de la convaincre de l’épouser. Au moment de leurs noces, elle frisait à peine la vingtaine alors que lui approchait de la quarantaine. Pour qu’elle puisse terminer ses études de biologie marine, le couple décida d’éviter de procréer. Cela chagrinait un peu Odette qui, en bonne Suissesse, souhaitait mettre au monde un garçon puis, une fille et pas plus, alors que Gérard, fils des Flandres, en souhaitait, mais à moyen terme, une demi douzaine ! Puis ils se trouvèrent pris par le travail intense des missions océanographiques. Celles-ci les envoyaient en missions, fort loin et trop longtemps à chaque fois, pour que la question de la descendance se pose vraiment. Du secteur public, ils partirent ensuite, vers des postes à hautes responsabilités dépendant du privé, c’est à dire dans la seule société française qui existait et travaillait avec profits dans le domaine sous-marin : La Comex.

Quand le problème, d’une vie possible sous la mer, se posa, de grandes réunions internationales se tinrent pour l’organisation et le financement du projet. Après des discussions qui durèrent trois années, les participants trouvèrent un accord et le programme fut lancé. Les nations se partagèrent les différents lots de cette installation spéciale et les francophones se virent, entre autres, chargés de trouver le couple qui resterait un an sous l’eau. Il fallait donc qu’ils mettent à profit les quatre ou cinq ans que demandait la réalisation technique pour sélectionner et surtout pour former le personnel sélectionné. Ils organisèrent un concours plurinational dont douze couples ressortirent, à la fois pour leurs qualités de résistance physique et pour leurs parfaites santés physique et mentale. Mais cela ne suffisait pas, ils devaient en outre, pouvoir se supporter l’un l’autre en restant enfermés durant un an dans une bulle de quatre vingt mètres carrés. De plus, le programme prévoyait que ce couple devrait, pendant ce séjour, tenter d’avoir un enfant qui naîtrait, non pendant la période sous-marine, mais immédiatement après. Autrement dit, ils devaient se tenir tranquilles de ce côté-là pendant les trois ou quatre premiers mois, puis laisser tomber pilules et autres contraceptifs et s’activer afin d’enfanter ! Les scientifiques voulaient savoir les modifications ou caractères particuliers que présenterait l’enfant ?

Gérard appartenait au genre des « braves types », et se montrait très compétent et placide. Son seul défaut résidait dans l’amour démesuré qu’il portait à sa jeune épouse. La jalousie le rongeait dès qu’un homme, plus jeune que lui, s’approchait d’elle. Odette, fille sérieuse et appliquée, effectuait très bien les boulots que sa hiérarchie lui confiait et tenait leur maison en ordre. Elle n’entretenait aucune mauvaise pensée se rapportant au sexe, son seul regret venant de son absence de descendance. Elle souhaitait ardemment enfanter ! La jalousie de son époux la laissait à la fois perplexe et flattée car elle savait ne pas posséder une beauté fracassante ! Elle se considérait comme une femme avenante mais pas assez pour appartenir à la classe des jolies. Mais l’amour ça ne se commande pas ! Elle atteignait ses trente trois ans lorsque la mission commença et elle se sentait très décidée à tout tenter pour avoir, enfin, un gosse. Elle admirait son époux depuis la faculté et il représentait pour elle son héros, son maître et le centre de son monde. De plus elle adorait l’impression qu’il lui procurait de se sentir une femme d’exception.

Ils ne furent choisis que sur de vrais critères et non par protection ou par favoritisme. Ils méritaient ce poste particulièrement bien payé dont ils savaient qu’ils tireraient un livre ensuite. Cela deviendrait un étrier pour enfourcher la gloire et passer le reste de leurs vies en conférences juteuses. Oui, les tests se révélèrent très durs et rester tête-à-tête dans une grotte isolée de tous pendant trois mois ne représentait que le plus facile de ceux-ci ! Pourtant, cette épreuve élimina de nombreux concurrents qui craquèrent à la longue. Eux, placides et conviviaux, ne sentirent pas le temps passer, se partageant le peu de travail et s’occupant le reste du temps à lire ou à jouer avec l’ordinateur. Ils ne créèrent aucune tension entre eux et, partant, ne trouvèrent aucune occasion de se disputer. Ces deux là se révélaient comme des gens remarquablement destinés l’un à l’autre.

Lorsque vint le moment d’aller habiter dans la bulle, ils empruntèrent le SAGA qui devint, par la suite, l’ascenseur les reliant au navire océanographique. Ce genre de Bathyscaphe de troisième génération avait été conçu pour être parfaitement autonome. Mais, les initiateurs de l’expérience voulurent qu’on le modifie afin qu’ils puissent le coller, comme un ormeau, sur la Bulle et qu’il devienne, en cas de besoin, un engin utilisable pour une remontée. La règle de leur séjour stipulait qu’ils pouvaient recevoir une visite de contrôle par quinzaine mais eux, ne devaient jamais ni sortir en scaphandre, ni remonter pendant toute la durée de l’expérience. Donc toutes les deux semaines, ils fermaient la liaison entre le SAGA et la Bulle et laissaient le sous-marin remonter pour qu’il puisse revenir ensuite avec un ou deux visiteurs. Cela représentait, pour eux, un moment toujours agréable, même si la durée de cette visite se trouvait limitée, selon le conseil des psychologues, à une heure maximum. Quand les visiteurs repartaient, le navire laissait le SAGA à la verticale et un plongeur, avant de remonter, fixait l’engin à la Bulle.

Le système de flottaison du SAGA se trouvait doublé. Il possédait des ballasts à essence légère de densité 0,8 et d’autres qui, d’une façon plus moderne, utilisaient des microbilles de verre enrobées dans une résine. Les commandes de ces ballasts fonctionnaient par magnétismes et cela devint dramatique quand les explosions atomiques se produisirent. En effet le Saga, qui se trouvait en train de remonter un visiteur, n’était plus qu’à une vingtaine de mètres de la surface quand le brutal flux magnétique bloqua tout ! Le commandant trouva juste le temps d’envoyer des plongeurs pour effectuer deux missions très précises. L’une : Celle d’aider le passager à sortir et à regagner le navire. L’autre à accrocher le câble sur le SAGA, à titre de précaution ultime, puis de le positionner sur le sas de la Bulle. Les plongeurs réussirent dans ces deux missions mais la vague de chaleur qui arriva une heure plus tard fut annoncée de toutes les façons possibles dont le Morse. Le Capitaine et l’équipage espérèrent trouver le temps de gagner un abri sur la terre ferme. Vain espoir, hélas car, comme six milliards d’autres individus, ils périrent de manière atroce !

Au fond, la situation se modifia. En effet, trichant un peu sur les dates, le couple, s’occupa et trouva bien du plaisir à mettre en route un enfant, quelques jours avant l’heure. Normalement, s’ils réussissaient dès les premières tentatives, la naissance se produirait une semaine après la fin de l’expérience et cela les rendait tout joyeux ! Ils s’en ouvrirent à leur visiteur qui partagea leur bonheur et les félicita quand la confirmation de la grossesse devint évidente. Puis arriva la grande catastrophe et ils surent que le SAGA ne pourrait pas les remonter. Toutefois l’engin se trouvait encore en place et Gérard rassura sa compagne en lui disant qu’il réparerait ou trouverait bien un moyen pour qu’ils puissent remonter. Il s’attendait, disant cela, à des cris et à des larmes et surtout, à ce qu’elle refuse de le croire ! Elle savait effectivement avec quel médiocre bricoleur elle vivait. Mais, Odette, avait bien d’autres chats à fouetter ! La confirmation de sa maternité modifia profondément son attitude car, Gérard cessa de représenter le centre de son monde. Seul, le futur bébé l’intéressait ! Elle se détacha un peu de son époux et reconsidéra le monde sous l’angle maternel. Bien qu’il le comprenne parfaitement, Gérard en éprouvait un peu de jalousie, mais il se dit que les lois de la nature le voulaient.

Le couple savait aussi bien que possible ce qui venait de se passer sur la planète et tous deux se considéraient comme favorisés par le sort qui devenait, désormais, le leur. De là à penser que Dieu les choisissait, pour devenir les « Adam et Eve » d’une nouvelle ère, il ne restait qu’un petit pas que la brave Odette, franchit allègrement sous le regard inquiet et réprobateur de son époux. Partant de cette conviction, Odette ne manifestait aucune inquiétude sur leur sort. Si Dieu prévoyait leur promotion, ils s’en sortiraient, d’une façon ou d’une autre et voilà tout ! Rassurée, elle retournait à la layette qu’elle tricotait, pour passer le temps comme, jadis, agissait son arrière-grand-mère. Gérard s’en sentit, au début, tout attendri et tout ému, Puis cela commença à l’irriter de voir à quel point elle se comportait en totale irresponsable ! Mais, je l’ai dit, il possédait un caractère placide ! Alors il se rendait dans le Saga et étudiait comment il pourrait, lorsque les radiations disparaîtraient que la température redeviendrait normale, réussir à utiliser les ballasts ?

Puis, peu à peu, ils commencèrent à s’ennuyer. Avant le cataclysme, leur vie se trouvait cadencée par les contacts radio qu’ils maintenaient avec le navire. Ils devaient, également, se livrer à des mesures sur eux-mêmes : température, tension artérielle, test de glucose et d’albumine sur leurs urines, rythmes cardiaques, et cela, deux fois par jour. Cela créait une routine qui les occupait et coupait leur tête-à-tête. Maintenant, ils se sentaient seuls au monde et perdaient tout enthousiasme. Ils se nourrissaient par pulsions, sans s’asseoir à table ni manger ensemble, car lui perdait l’appétit alors qu’elle devait nourrir deux êtres. Il devint maigre et nerveux tandis qu’elle tourna boulimique. Au troisième mois de sa grossesse ils décidèrent, puisqu’ils en possédaient l’équipement, de voir si elle enfanterait un garçon ou une fille. Ils procédèrent à une échographie. Il constatèrent la présence de deux bébés et non d’un seul. Elle en ressentit une joie folle alors que lui n’y voyait que la multiplication de ses problèmes futurs.

Mais les choses se gâtèrent vraiment quand, au cinquième mois, elle lui refusa toute relation sexuelle au prétexte que cela pouvait nuire aux bébés. Au début, il prit assez bien la chose. Elle ne ressemblait plus tellement à la petite jeune fille dont il tomba amoureux et, de plus ne montrait, envers lui, que son agacement. Il se consola en se disant que dans la position où elle se trouvait, elle pourrait, aussi bien, manifester des « envies » de fraises ou d’oranges qu’il ne saurait pas satisfaire !

Au sixième mois il devint patent que les jumeaux appartenaient aux deux sexes et elle lui rebattit les oreilles durant quelques semaines pour qu’il contribue au choix des prénoms ! Tout à fait comme si de plus importantes préoccupations ne le tenaient sous pression ! Finalement, elle fixa son choix sur Léon et Natacha, il donna son accord, n’y trouvant strictement rien à objecter ! Ensuite, elle tomba dans une période d’affabulation durant laquelle elle parlait à ses bébés comme s’ils se trouvaient près d’elle, dans leurs berceaux placés d’avance au milieu de la Bulle. Alors que lui se tourmentait pour trouver un moyen de quitter la bulle et trouver de comment tenir le coup jusqu’à ce que la sortie soit envisageable. Il se demandait aussi ce qu’il devait prévoir pour l’accouchement car il ne possédait aucune expérience en ce domaine. Il savait tout juste qu’il lui faudrait de l’eau chaude et couper les cordons ombilicaux et ces gestes simples à accomplir l’emplissaient d’inquiétude.

Les derniers mois devinrent de plus en plus pénibles. Alors qu’elle conversait en permanence avec son futur fils, et un peu moins avec sa fille, elle ne lui adressait plus que rarement la parole. Gérard se sentit rejeté et jaloux. Il prenait chaque jour d’avantage conscience de leur différence d’âge et lui en voulait à mort. Il passa de plus en plus de temps dans le SAGA et réussit à bricoler un petit émetteur morse dont il se montra très fier. Il le dota d’un automatisme simple pour qu’il envoie des S-O-S en continu et, tous les soirs à 20 heures, il indiquait leur position pour compléter, espérant, sans trop y croire, qu’un autre survivant viendrait les aider. Une fois ce bricolage terminé, il osa quelques tentatives, en se forçant un peu, pour obtenir une relation sexuelle avec sa femme. Celle-ci mit les points sur les i, et ce, assez vivement pour qu’il perde un peu de son sang froid. Il lui balança, alors, une tarte magistrale qui laissa rapidement apparaître un oeil au beurre noir. Cela la terrorisa. Quand il voulut présenter ses excuses, elle prit l’attitude de l’enfant battu en se protégeant de l’avant-bras. Depuis, elle se recroquevillait dans son coin et restait prostrée durant tout le temps de son séjour dans la bulle. Elle devint de plus en plus laide, empâtée et bouffie, avec son oeil poché, mais lui frustré et contrit se sentait de plus en plus amoureux. Ainsi se montrent les hommes ! Après tout à quoi d’autre pouvait-il penser en tant que perspective agréable ? Heureusement d’ailleurs, car au neuvième mois, lorsque les provisions commencèrent à baisser, il imagina le « sauveur » qui les sortirait de là et il le voyait sous les traits de l’ange Gabriel, un beau jeune homme blond au sourire charmeur ! Et, tout à coup, il se dit que son épouse Odette, ne pouvait que tomber amoureuse de ce sauveur si gracieux, si jeune et si bien de sa personne. Alors, elle le quitterait emportant avec elle sa descendance pour aller créer un nouveau foyer avec quelqu’un de son âge. Les affres de la jalousie lui prirent le plexus et il en perdit son self contrôle, commençant à engueuler son épouse pour ce qu’elle lui infligerait, sans doute, avec l’homme qui viendrait les sauver. Puis, devant son air innocent et stupéfait il partait dans de grands discours vengeurs en disant qu’il ne se laisserait pas dominer !

Ni l’un, ni l’autre ne pouvait savoir que dans l’air qu’ils respiraient depuis le début de l’expérience, contenait des traces de protoxyde d’azote. Ces faibles quantités de gaz hilarant contribuaient à les maintenir détendus sans qu’ils le sachent. Il devait être renouvelé tous les six mois par l’équipe de maintenance. Mais le stock se trouvait maintenant épuisé et leur humeur correspondait à la plus normale possible pour deux animaux enfermés depuis presque un an dans une cage, si luxueuse soit-elle. Tout psychologue hypothétiquement consulté prévoirait que, bientôt, ils se déchireraient avec allégresse. Et ce qui commença avec une gifle, se poursuivait en disputes de plus en plus violentes et de moins en moins fondées. Chacun des deux se sentait plein de fureur et d’animosité envers l’autre. Odette trouvant que dans sa position de parturiente, il devrait manifester plein d’égards envers elle et la chouchouter au lieu de la frapper comme la brute qu’il se montrait ! De plus il se révélait sous son vrai jour de lubrique égoïste et complètement incapable de la sortir de leur mauvaise situation. Et puis il s’agissait d’un vieux ! Elle trouvait qu’il ne tentait vraiment aucun effort pour lui venir en aide. Gérard, de son côté comprenait enfin qu’une femme enceinte, ne se comporte plus principalement comme une épouse mais réagit prioritairement en tant que future mère. Dès qu’elles obtiennent de se trouver en cette situation, les femelles se détournent des mâles avec dégoût, quand, dans certaines espèces, elles ne les dévorent pas ... Et ces idiots de mâles obnubilés qui courent tout de même à l’accouplement ? Que de stupidité chez eux ! Mais lui, il comprenait tout et ne se laisserait pas abandonner au profit de ses enfants ou d’un autre mâle plus jeune que lui. Il se sentait tout à fait décidé à défendre ce qu’il considérait comme son bien !

Il se mit en quête de ce qui pourrait éventuellement lui servir d’arme et ne trouva pas grand chose d’assez sûr. Au cours d’un corps à corps contre un robuste jeune mâle, ce dernier prendrait forcément le dessus ! Il lui fallait donc trouver une arme agissant à distance. Il n’existait ni fusil, ni sagaie à bord. Il trouva quelques des couteaux mais il se savait incapable de les lancer avec assez de précision et de force. En cherchant plus intensément, il finit par trouver un lance harpon (ou fusil sous-marin), dissimulé, sous des couvertures et des combinaisons de plongée, dans le coffre de secours du SAGA. Cet engin devait se trouver inclus en tant qu’élément du matériel standard de survie, au même titre que la fusée de détresse, son lance-fusées ou la balise.

Quel dommage qu’il ne puisse sortir en tenue de plongeur pour regagner la surface ! Mais, s’il pouvait franchir le sas qui menait au Saga, il ne pouvait ouvrir, de l’intérieur, le sas qui leur permettrait d’en sortir. Celui ci ne pouvant se manoeuvrer que de l’extérieur. Aucun concepteur ne songea que tous les systèmes magnétiques pouvaient se trouver exceptionnellement bloqués et que le SAGA ne pourrait pas délester !

Deux jours plus tard, alors qu’ils sombraient tous deux dans la morosité et perdaient tout espoir, ils entendirent des coups frappés sur le câble ! Coups régulièrement espacés qui ne pouvaient signifier qu’une chose : Quelqu’un ayant reçu leur message se trouvait là afin de les aider ! Gérard attendit que sa pendule de bord marque vingt heures pour envoyer en français et en anglais le message que Daniel compris parfaitement. Puis le couple ne vécut plus que dans l’attente du signal. Le temps leur parut particulièrement long, mais ils venaient de conclure un tacite armistice, ce qui n’empêchait pas chacun d’eux de ruminer dans son coin. Quand le signal attendu résonna, ils passèrent dans le SAGA et le séparèrent de la Bulle. Puis ils attendirent de nouveau, grignotant leurs dernières provisions. Enfin, ils sentirent le mouvement de montée qui débutait puis qui s’arrêta quelques heures plus tard. Gérard exécuta les manoeuvres de rééquilibrage des pressions et en ressenti une violente migraine qui l’empêchait de penser normalement. Seule la douleur l’habitait alors qu’Odette semblait supporter au mieux cette phase. Cela réveilla sa colère et son ressentiment. Cette garce se montrait jeune et résistante, elle allait se jeter dans les bras de leur sauveur et, lui, vieux machin douloureux, dans l’état où il se trouvait, ne pourrait s’opposer à rien. Il posa le fusil, prêt à lancer, le long du sas de sortie, bien décidé à l’utiliser si celui qui les sortait de là, se présentait sous la forme d’un homme jeune et avenant. Mais s’il s’agissait d’une femme ou d’un vieux, il ne l’utiliserait pas ! Sa décision devenait irrévocable ! Bien plus tard, la céphalée disparue comme par miracle et son impatience à sortir de ce trou à rat grandissait. Elle, se montrait plutôt calme et souriante car tout se déroulait comme prévu. Dieu lui envoyait quelqu’un pour la sauver ainsi que ses bébés ! Cette satisfaction affichée d’un bonheur à venir exaspéra Gérard qui voulait en finir avec toute cette expérience et les contraintes subies pendant une année. Lorsque le SAGA se posa sur le pont, il leur fallut encore attendre un quart d’heure avant que la silhouette de leur bienfaiteur ne se découpe devant le hublot encore humide. Il s’agissait d’un homme, mais, faute de transparence suffisante, ils ne purent déterminer son âge. Les deux sas se trouvèrent ouverts presque simultanément et Gérard sortit le premier. Dès qu’il vit Daniel, il comprit le danger que son couple allait courir et lui envoya sa flèche en visant le coeur ! Daniel s’écroula dans une flaque rouge et resta mort sur le pont. Odette ne manifesta aucun réflexe à cet acte odieux. Elle se trouvait bien trop occupée à respirer l’air du large, à regarder l’horizon et à se chauffer au soleil de midi. Elle agissait dans un état second et se dirigea vers la cuisine où elle savait trouver de quoi reprendre des forces. Pour s’y rendre, elle décrivit un large crochet autour du corps sans même s’en rendre compte. Gérard la rejoignit, déjeuna avec elle sans mot dire, puis la tenant par la main, il la mena jusqu’à la coupée où une échelle de corde, installée par Daniel, permettait de rejoindre le voilier. Elle le suivit, muette, et le regarda vérifier les provisions préparées par leur victime. Puis, il leva l’ancre, hissa le foc pour se dégager du navire. Il envoya ensuite la grand-voile et prit la direction de la côte sicilienne. Il se sentait pressé d’arriver car Odette ressentait déjà quelques légères contractions. Avec un peu de chance ils arriveraient dans une ville où il trouverait, sinon une assistance, du moins du matériel et un lieu plus propice à un accouchement.

...................................................................................................
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   20

similaire:

Note de lecture iconUne note de lecture détaillée et précise de Stephane Menia pour Econoclaste

Note de lecture iconNote argumentée
«moyenne» n’est pas la même pour toute les disciplines. La note de 8/20 peut être une note moyenne ! Pour des interlocuteurs étrangers,...

Note de lecture iconCours 1 : Hérédité Mendélienne
«sauter» au prochain site d’épissage : on perd un exon dans l’arnm. Si l’exon manquant est un multiple de 3, on n’aura pas de décalage...

Note de lecture icon«Qu’est-ce qui permet de devenir vraiment un homme?»
«Comment le xxème siècle a-t-il modelé l’homme moderne ?». En ce qui concerne la modalité de lecture de l’œuvre, j’ai opté pour un...

Note de lecture iconNote de l’éditeur Science et perception dans Descartes
«Pourrez~vous former un plan de travail ?» Un large extrait de cette lettre d'Alain est cité dans la «Note de l'éditeur» qui se trouve...

Note de lecture iconUn peu de lecture au cdi…

Note de lecture iconExamen final lecture (10 points)

Note de lecture iconCM2 Période 3 Maitrise de la langue Lecture Séquence 1

Note de lecture iconGénétique et société : une lecture de l’innéisme contemporain 1

Note de lecture iconDivers internet, Voyage, Lecture, Musique, Permis de conduire B








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com