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prédire : Tous les appareils fonctionnant sur des techniques électroniques devinrent totalement inopérants ! Plus de radios, plus de télévisions, plus d’informatique, tout mécanisme utilisant une puce ou un transistor cessa de fonctionner. Donc il n’exista plus de bulletins d’informations, ni de moyens de communications, ni de machines complexes ! Chaque nation en guerre comptant des nations alliées ou d’autres avec lesquelles existaient des accords de défense réciproque, la planète entière subit en quelques courtes minutes, un sort identique.

Mais certains des dommages annexes entrèrent dans le domaine de l’imprévu : Des ondes de chaleur élevant la température de l’air à cent cinquante degrés Celsius, tuèrent pratiquement tout ce qui appartenait au monde des vivants. Ces ondes, venant de tous les points du globe, se rencontraient, entraient en phase ou en opposition, et provoquaient l’éclatement de tout ce qui avait pu échapper au premier cataclysme. Des forêts entières explosèrent sous leur effet qui se combina à celui de la chaleur. La température monta fortement. En terme de moyenne elle s’établit aux environs de cent cinquante degrés, mais les instruments enregistrèrent quelques pointes atteignant deux cents degrés en certains lieux. La mer et les océans servirent de régulateurs en émettant une quantité énorme de vapeur qui cacha complètement le soleil. Dans les zones polaires, quelques humains et quelques animaux tentèrent de se protéger du flux calorique en s’enfouissant dans des failles de glace, mais ils éclatèrent sous les effets des ondes engendrées par les belligérants. La planète se trouva proche d’un basculement de ses pôles l’amenant à prendre une nouvelle position d’équilibre, comme cela se produisait à chaque nouvelle glaciation. Les savants avaient pourtant tenu leurs promesses car les engins ne restèrent radioactifs que pendant une relative et très courte durée. La demi-vie des radiations ne dépassait pas six mois. Ce qui entraîne qu’au bout d’un an elles disparaîtraient et, si un être vivant envisageait d’aller se balader, à ce terme, il ne risquait plus rien venant de ce péril là ! La température baissa lentement et redevint presque normale en huit mois environ avec des variations dues à la position géographique, la proximité des mers, à l’altitude etc. Il fallut attendre presque un an avant que le monde ne redevienne vivable pour ceux qui, comme Daniel purent éventuellement survivre. Dans le ciel, se trouvaient encore trois fois plus de nuages que par le passé, mais le soleil se montrait de temps en temps ! Après des averses diluviennes qui modifièrent profondément la géographie, la Terre redevint plus ou moins habitable. Mais habitable par qui ?

Daniel se préparait depuis longtemps à envisager une sortie. Il ne possédait rien qui ressemble, de près ou de loin, à un émetteur radio, et son récepteur, resté en bon état, ne détectait que le vide absolu sur toutes les bandes d’ondes. Pourtant, un peu pour s’amuser, mais aussi pour une future éventuelle expédition, il se bricola un poste à galène. Au moins celle-ci ne manquait pas sur le site ! L’intérêt évident de ce genre de radio vient de ce qu’il ne demande ni prise de courant, ni pile.

Ensuite, il commença à penser en termes d’avenir. Si la chaleur et les rayonnements venaient de détruire toute végétation et toute vie animale terrestre, il pouvait y pallier par deux voies. Dans les réserves du magasin il mit de côté des fruits secs, hier destinés à la préparation de compotes. Il commença par essayer d’obtenir, in vitro, le développement des espèces qui se trouvaient là. A partir de fruits à noyaux (pruneaux, abricots …) ou contenant des pépins raisins secs, les pommes ou les poires), il tenta d’obtenir des pousses. Il découvrit également, trouvé un unique sac contenant un ‘ mendiant’, et tenta le coup avec des amandes, des noix et des noisettes. La découverte d’un autre sac, contenant dix kilos de châtaignes, le remplit d’espoir. Il débarrassa toute une paillasse pour y installer ses plantes et bricola une rampe à ultraviolets pour renforcer celles donnant l’éclairage normal. Il y consacra beaucoup de temps mais cela le distrayait et les jeunes pousses lui tinrent, en quelque sorte, compagnie.

Dans des boîtes destinées aux petits déjeuners il découvrit des mélanges de céréales écrasées qui contenaient du blé, du seigle, du maïs, de l’avoine et des fruits secs. Il passa des heures à les trier chaque matin avant de les consommer car cela constituait, après trois mois, l’essentiel de son alimentation. Daniel espérait trouver une ou deux graines qui auraient pu échapper au broyage. Mais, sans résultat hélas ! Par contre le riz « sauvage » donna très bien et, il se vit à la tête d’un potentiel de reconstitution de bases alimentaires convenables. Lorsque ces pousses atteignirent une croissance suffisante, il décida de les repiquer en pleine terre, en les éclairants artificiellement. Il dut creuser le sol de son antre mais réussit à accomplir son programme. Son idée de base visait à les transplanter à l’extérieur quand deux conditions se trouveraient remplies. Il attendrait donc que le soleil passe au travers des épais nuages et que les radiations disparaissent ! Cela n’arriva de manière satisfaisante que sept mois après les semis et donc onze mois après la grande catastrophe.

Daniel partant du principe qu’il ne pouvait pas être l’unique survivant de la planète et, pour cette raison, il accomplissait, avec pugnacité, le travail nécessaire à la création d’un lieu vivable aux alentours de la mine.

Il pensa aussi qu’il lui faudrait, un jour, savoir jusqu’à quelle profondeur le sol avait été réellement stérilisé car il devait rester, même assez profondément, des microorganismes non touchés par les ondes de chaleurs ni par les radiations, ni par les mouvements des sols lors des explosions. Il ne pouvait, dans cet ordre d’idées, exclure complètement l’hypothèse que certains arbres gardent encore intactes, quelques radicelles à partir desquelles il pourrait, qui sait, obtenir de nouveaux arbres ?

Mais le problème de la survie des animaux demeurait. Il restait possible que, comme pour les hommes, de rares espèces puissent survivre encore sur Terre, mais avec quelle probabilité ? Des bactéries enfouies dans de la terre assez profondément avaient certainement pu survivre. Mais les animaux supérieurs ? Le seul lieu qui pouvait encore en abriter se situerait dans la partie profonde des océans. La température avait dû, au voisinage des abysses s’y maintenir assez basse pour que certaines formes de vie puissent continuer. En l’absence d’autres espèces, il devait pouvoir trouver des poissons et des coquillages et toutes sortes de bêtes dans les grands fonds de ces abysses. Le cycle ancien pouvait donc se rétablir à partir de là et pour de futures générations, mais cela prendrait des millions d’années. Il trouva tout de même assez rassurante l’hypothèse de se constituer une compagnie animale dans un aquarium et en conclut que tout établissement définitif de sa part devrait être ’envisagé à un endroit le plus près possible de la mer.

Daniel restait parfaitement conscient de ce que la géographie venait de changer suite à la vaporisation d’énormes masses d’eau et de leurs chutes en averses continues qui tombaient depuis des mois. L’entrée de la mine se trouvait située à une altitude assez basse, soit mille trois cent cinquante mètres au-dessus du niveau de l’Océan. Les galeries qui partaient du magasin s’enfonçaient, en boyaux étroits, sur environ deux cents mètres de long pour soixante de dénivelé. Lorsqu’il décida de les explorer, il n’en ramena aucune information utile. Il lui fallait, maintenant, aller voir, sans prendre de risques, ce qu’il était advenu de la région avoisinant l’exploitation minière. Pour cela, il lui fallait concevoir un moyen de transport à sa convenance. Il choisit de construire un deltaplane et de se lancer dans le vide à partir du haut de la montagne qui culminait à quelques centaines de mètres au-dessus de la mine.

Il se débrouillait assez bien dans ce sport, le pratiquait régulièrement et s’accordait toute confiance pour effectuer son retour assez près de son point de départ malgré des vents, épisodiques, mais encore violents. La construction de l’engin ne lui demanda que d’y consacrer du temps et ses meilleurs soins. Il trouva tout le matériel nécessaire à sa réalisation des ossatures dans les différents magasins, mais il lui manquait encore le principal, la toile. Il se servit donc de vêtements qui se trouvaient dans les vestiaires et découpa des bandes de toiles diverses qu’il dût assembler. Or, malheureusement, aucune machine à coudre ne figurait à l’inventaire ! Ne se sentant pas très sûr de ses qualités de couturier, il procéda en effectuant un double travail. En premier lieu, il colla les morceaux de toile en les amenant à se recouvrir sur une dizaine de centimètres. Pour ce qui, concernait la colle elle-même, il prépara au laboratoire une dissolution bitumineuse de la façon suivante : Il piqueta, au sol, le revêtement de bitume qu’il laissa fondre à froid dans de l’essence pour automobiles. Il sépara la partie liquide de toutes les charges minérales par filtration. Ensuite il lui fallut concentrer la solution par évaporation lente et ajouter, pour améliorer le pouvoir adhésif, de l’huile moteur de haute viscosité, en petite quantité. Il obtint ainsi un mélange laissant, au séchage, un film souple et poisseux. Puis, à la main et à l’aide d’une allène (qu’il se fabriqua avec un bout de fil de fer) et de la fine ficelle utilisée par les cuisiniers, Daniel inventa ou réinventa un point croisé qui conférait de la tenue à l’ensemble. Une fois terminé cette aile Delta pesait un quart de plus que celle qu’il utilisait habituellement, mais cet excès de poids était, et de loin, inférieur à celui d’un passager et, donc, ne lui poserait pas de problèmes. Il se munit d’une gourde d’eau et de céréales broyées qu’il passa à la presse du labo pour en diminuer le volume. En trois blocs, qui tenaient dans sa poche, il emmenait de quoi tenir deux jours.

Il s’équipa d’une combinaison de travail, accrocha son compteur Geiger à sa ceinture et lia, sur le cadre de l’engin, un sac à dos vide pour pouvoir ramener des objets s’il le souhaitait. Puis, il poussa les deux battants de la porte et laissa entrer, pour la première fois depuis un an, la lumière falote du jour et l’air extérieur. Le spectacle de désolation qui s’étendait autour de lui ne le surprit pas. Le décor ne montrait plus de végétation, mais étalait les résultats de quelques explosions d’engins. Il vit des squelettes sur lesquels des lambeaux de chair restaient parfois encore accrochés, lorsque les pluies diluviennes n’avaient pas pu les entraîner mécaniquement. Mais, se refusant à toutes réflexions philosophiques ou à toute visite systématique des lieux, il entreprit d’installer, en pleine terre, les végétaux qu’il avait obtenus grâce à sa patience et à ses soins, à partir des graines et des noyaux. Il consacra trois semaines de dur labeur à cette tâche, mais, en s’y employant, il ressentait l’impression de réaliser la chose la plus utile qu’il lui reste encore possible d’entreprendre. Il refusa de s’occuper des morts car s’il le faisait, il lui faudrait alors recommencer à chaque fois et six milliards de cadavres à mettre en terre dépassaient les capacités d’un des rares survivants.

Bien d’autres besognes réclamaient soin énergie ! Jadis, sur le plateau qui jouxtait l’exploitation minière, de riches prés servaient d’herbages. Il décida d’y établir ses plantations mais en gardant de larges distances entre les pousses. Pourquoi lésiner ? Tout le terrain restait à sa seule disposition et, si les plantes voulaient bien croître, cette verdure s’étendrait sur une large surface. Cela donnerait, dans quelques années, une jolie tache riante de vie en plein milieu de la désolation ambiante et cela lui permettrait d’être repérée par d’autres éventuels survivants.

En ayant terminé avec ce dur et prenant labeur, il commença son ascension, laquelle, normalement, exigerait environ deux heures pour l’amener à atteindre le sommet. Mais, il manquait d’exercice et l’engin pesait davantage que d’habitude. Il lui fallut donc plus de trois heures. Une fois positionné sur la zone de départ, il jeta un regard sur ce que lui montrait le paysage. Plus une herbe, plus un arbre ! Son oreille ne percevait aucun crissement d’insecte ni de chant d’oiseau. Le sol nu venait de subir un long ravinement dû aux averses successives qui avaient rincé abondamment la surface. Par contre, les rails du train qui, jadis, emmenait le plomb vers la ville, brillaient et semblaient neufs. Les chemins de montagne semblaient encore à peu près en état, mais la route nationale apparaissait comme neuve et bien plus noire qu’avant la catastrophe. Le chimiste, en lui, déduisit que sous l’effet de la vague de chaleur, le bitume avait fondu et était remonté vers la surface.

Daniel se lança dans le vide et commença par attraper un courant ascendant bien plus fort et nettement plus froid que ceux qu’il utilisait dans le passé. Avec habileté il tournoyait en se dirigeant vers le village et en espérant pouvoir apercevoir l’état de la ville principale depuis laquelle la province fonctionnait jadis. Vingt kilomètres seulement séparaient cette agglomération de la mine. Au village, à mi-chemin, il se trouva frappé et interpellé en premier lieu, par la présence de tas noirs répartis un peu partout dans les rues ou devant les maisons. Il lui fallut un certain temps avant de comprendre qu’il s’agissait de véhicules dont les carburants, sous les effets de la vague de chaleur, provoquèrent l’incendie et l’explosion. Plus tard, il remarqua des sillons bien linéaires qui semblaient dessiner un maillage du sol de cette agglomération. La largeur de ces étranges sillons commençaient, pour les plus étroits, à un demi mètre mais, d’autres bien plus grands atteignaient deux bons mètres. Voilà donc tout ce qui restait des réseaux enterrés d’eau, de gaz ou d’évacuation qui avaient explosé sous la brusque montée en température ! Quelques maisons avaient l’aspect de celles qui viennent de subir un bombardement alors que d’autres semblaient intactes et attendre leurs habitants. La différence devait venir du système de chauffage employé. Tout ce qui fonctionnait en brûlant du gaz, toute installation comportant des radiateurs à eau avait explosé en détruisant l’immédiat environnement ! Ceux qui n’utilisaient que des convecteurs électriques ne subirent que les éclatements de conduites d’eau plus ou moins enfouies dans les sols ou les murs. Les radiateurs électriques à accumulation qui fonctionnaient en stockant les calories dans de l’huile résistant aux fortes températures restèrent intacts. Rien ne vivait plus au village. Il ne vit ni chien errant, ni chat, ni même de corbeau ! Cela le prenait aux tripes ! Il glissa vers le port et aperçut le mouvement dansant de quelques embarcations, ce qui resta le seul type de mouvement qu’il vit. Mais pas plus de vie là qu’au patelin. Les bateaux endommagés gisaient au fond de l’eau transparente de la zone portuaire. Quelques quilles de bois, navires de pêches particuliers ou appartenant à des vieux utilisateurs, flottaient ballottés autour de leur corps morts ou tournant sur leurs ancres. Daniel venait de commettre une erreur de navigation en descendant un peu trop bas. Il lui fallut fournir un bel effort pour attraper un courant ascendant de force suffisante. Il remonta autant qu’il le pouvait et se dirigea vers l’ouest, espérant pouvoir atteindre la ville de Santander. Mais le froid l’envahissait de plus en plus et il en vint à se demander si le climat n’avait pas été profondément modifié par le grand désastre ? Il claquait des dents en survolant la capitale provinciale et put constater que ce qu’il voyait correspondait à ce qu’il venait de voir en volant au-dessus du village, mais, en bien pire. Deux possibilités se présentaient à lui : Dans un premier choix il rentrerait de suite à sa base et remettrait à plus tard toute exploration utile. Au contraire, seconde option, il pouvait se poser, visiter à fond ces ruines pendant deux ou trois jours. Ensuite, pour repartir il envisageait de monter, avec son attirail, tout en haut du phare et il tenterait de décoller pour rentrer vers la mine. Le froid glacial qui transperçait sa combinaison le convainquit de penser à son confort. Il décida de descendre pour voir s’il ne pouvait trouver quelques vêtements plus chauds dans les décombres ? Il se posa sur la grande place auprès d’un tramway qui, il le constata au premier coup d’œil, contenait de nombreux ossements. Ces lugubres vestiges venaient des passagers et du conducteur. L’engin lui-même restait intact mais inutilisable en l’absence de courant électrique. De plus il gisait sur des rails tordus par les explosions souterraines des conduites. Quelques grands magasins, ne montraient que des dégâts minimes et leurs rayons et étagères contenaient encore tout ce qui résiste sans difficulté à une température de cent soixante degrés. Il semblait que rien n’avait perturbé les stocks en place depuis une année. Daniel venait de devenir, hélas, le quasi unique propriétaire de tout ce qui restait de sa planète ! Mais comme il se sentirait heureux de pouvoir partager en rencontrant un autre survivant !
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